
Alexandre Jacob : cambrioleur et justicier
Durée: 16m39s
Date de sortie: 23/03/2020
durée : 00:16:39 - Les Odyssées - Dans la vie, il y a des hommes et des femmes qui n'aiment pas le monde tel qu'il est. Ils le trouvent injuste et franchement mal organisé. Alors à leur manière, ils inventent des moyens de lutter, ce sont des rebelles. Alexandre Jacob est de ceux là. Et ce n'est pas pour rien qu'il a inspiré le personnage d'Arsène lupin
Tous les vendredis soir chez Happy Nooye, tu te souviens ? C'est mon restaurant chinois préféré.
Ils organisent de super soirées karaoké.
Récemment, moi qui suis plutôt du genre vieux loup de mer solitaire, je ne sais pas ce qui m'a appris.
Je me suis laissé tenter.
J'arrive, je m'installe au bar, j'ai mis le serveur polyglotte et t'es là,
alors on a commencé à discuter.
De toute la soirée, je n'ai pas osé m'approcher du micro.
Tu parles, j'avais trop peur, je chante comme une vieille casserole qui queen.
Jimmy non plus d'ailleurs, il n'a pas poussé la chansonnette.
Je crois qu'il n'était pas trop d'humeur, il avait plutôt besoin de parler.
Alors il m'a servi mon petit risquis et je l'ai écouté.
Cette nuit-là, je m'en souviendrai toute ma vie.
Il m'a raconté l'histoire d'un type incroyable.
C'est son aventure que je vais maintenant te dévoiler.
Dans la vie, il y a des hommes et des femmes qui n'aiment pas le monde tel qu'il est.
Il le trouve injuste et franchement mal organisé.
Alors à leur manière, ils inventent des moyens de lutter.
Ce sont des rebelles.
Alexandre Jacob est de cela.
Son métier, cambrioleur et justicier.
Justicier cambrioleur quoi.
Oh, oh, oh, je te vois venir.
Tu dois sans doute te dire, mais qu'est-ce qu'elle nous raconte ?
Ça y est, ha ha, elle nous a griller une cartouche.
La dame des Odyssées.
Je te comprends.
Moi aussi, ça m'a étonné.
Mais tu veux que je te dise un truc ?
Avec ce type-là, mon petit pote, on n'est pas au bout de nos surprises.
Crois-moi.
Pour Alexandre Jacob, cambrioler, ce n'est pas seulement cambrioler, c'est un art, une passion.
Si il vole, c'est uniquement les riches.
Si il vole les riches, évidemment, c'est pour tout redonner aux pauvres.
Tu vois, c'est vraiment injusticier.
Notre Odyssée commence à Marseille, dans le sud de la France.
Nous sommes, à la toute fin des années, 1800.
Alexandre a de la chance.
Son père est un grand rêveur.
Tous les dimanches, il l'emmène sur la digue à l'entrée du port.
Il pointe son doigt vers l'horizon et lui dit...
Alexandre, tu vois la ligne qui s'est parlée.
Tu es dans la mer du ciel.
Bien plus tard, tu dois aller derrière, derrière le dernier point visible.
Tu devas vivre libre, dans tes tachances.
Une vie réussie, c'est une vie pleine d'aventures.
Alexandre est encore tout minot.
Il regarde son père avec de grands yeux.
Il se dit qu'il doit avoir raison.
Ce doit être tellement bien de vivre une vie pleine d'aventures et aussi de liberté.
Chiche, il le fait.
À 11 ans, il jette son cartable à la poubelle, puis il embarque sur un gros pâque beau.
Youhou, c'est parti !
De la mer méditerranée à l'océan indien, il parcourt presque toutes les mères du monde.
À bord, Alexandre fait toutes sortes de taches.
Il frotte les ponts, il range et il déchiffre les cartes.
Il apprend beaucoup et surtout, il se promène dans tous les recoins du bateau.
Il rencontre des gens très différents les uns des autres.
Parmi les passagers, il y a des premières, des secondes et des troisième classes.
Certains sont très riches, ils portent de beaux manteaux de fourrures
et les autres le sont un peu moins, voire carrément moins.
Ils dorment tout en bas, dans les ponds inférieurs.
Sur leurs épaules, on ne voit aucun manteau luxueux pour leur donner du style et les protéger du froid.
Alexandre se demande...
Pourquoi certains ont tout ?
Ou en tout cas vraiment beaucoup ?
Et d'autres rien ?
Ou pas grand chose ?
Ils trouvent tout cela vraiment très bizarre.
C'est injuste, ça lui font le coeur.
Lors d'une escalassinée en Australie,
il s'enfuit, il devient pirate.
Et puis, il en a marre.
Il décide de rentrer en France.
Il a dans les saisons environ le voilà de retour à Marseille.
Très vite, il se fait de nouveaux copains.
Ensemble, il forme une belle bande de coeurs ardents.
Il veille tard la nuit, ils aiment faire du grabuge, ils veulent changer le monde.
Alexandre est fauché.
Il n'a pas le sous, comme on dit.
Mais il possède quelque chose de bien plus précieux à ses yeux.
La liberté.
Au billet de banque et aux beaux vêtements,
il préfère l'indépendance.
Ne pas avoir de patron, ne obéir qu'à lui-même,
et puis penser aux autres, et des ceux qui n'ont pas assez.
Voilà son ambition, c'est comme ça qu'il veut vivre sa vie.
Oui mais...
Comment faire ?
Comment se débrouiller pour partager les richesses ?
Alexandre aime bien vivre dangereusement.
Il décide de devenir Cambriola.
En 1899, il prépare son premier coup.
Pour l'aider, il se trouve des complices.
Rock et Morel, de loustiques impodinques,
comme lui, fanat de justice et de liberté.
La victime du cambriolage s'appelle Gilles.
Il est prêteur sur gage.
Dis-moi, tu vois ce que c'est ?
Les prêteurs sur gage prêtes de l'argent à des gens comme toi et moi,
en échange d'un objet précieux,
tel qu'une montre ou des bijoux.
Ces personnes disposent de quelques mois pour rembourser leurs prêts.
S'ils n'y arrivent pas, ou s'ils sont en retard,
eh bien, ils perdent tout simplement leur objet.
Dans la boutique d'un prêteur sur gage,
tu t'en doutes, s'abris du sol au plafond,
on trouve toutes sortes de trésors et d'objets plus merveilleux,
les uns que les autres.
Le 31 mars, veille du 1er avril,
Rock, Morale et Alexandre sont devant la boutique de M.Gilles.
Ils ont prévu de lui faire un sacré numéro.
Pour s'amuser un peu, ils se sont déguisés.
En quoi ?
Oh oh, tu ne devineras jamais !
En inspecteur et en commissaire de police !
À approximativement 15h30,
il pousse la porte.
Il entre.
La fausse moustache d'Alexandre lui gratte un peu sous le nez,
mais, ouf, il l'a collé avec de la triple superglue,
elle tient vraiment hyper bien.
Rock, avec son gros bidou et sa statue de colosse,
joue le rôle de l'inspecteur.
C'est donc lui qui prend la parole en premier.
Monsieur Gilles, nous sommes de la police.
Dans votre boutique, il y a une montre qui a été volée lors d'un horrible crime.
Si nous ne la retrouvons pas,
on vous prendra pour un complice et vous irez en prison.
Cela ne fait aucun doute.
Oh les mains, peau de lapin, on va fouiller le magasin !
Gilles, allez choucote,
c'est à peine si l'eau se clignait des cieux.
Les trois cambrioleurs ont le champ libre et c'est tant mieux,
car ils ont apporté avec eux une énorme valise.
Niveau, ni connu, il la remplit à rabord.
Tout se déroule à merveille,
le prétère sur gage n'y voit que du feu.
Avant de prendre la fuite,
il le dépose devant le tribunal.
Rock s'adrassa à lui une dernière fois sur un ton extrêmement menaçant.
Le juge veut vous voir, surtout ne bougez pas.
Il viendra vous chercher dans quelques minutes.
Puis ils disparaissent dans la poussière,
en faisant crisser les pneus de leur automobile.
Le pauvre homme, paraît-il, a attendu toute la nuit.
Au fond de chichou, c'est vraiment une chouchou.
Le lendemain, le cambrioleur fait la une des journaux du 1er avril.
Tous Marseillais, t'oséclat.
Alexandre s'est donc y faire en matière de cambriolage.
Alors, pourquoi s'en priver ?
Pendant quelques temps,
il dévalise toutes les maisons des riches quartiers marseillais.
La police commence à faire les gros yeux des yeux de Gobi.
Le 3 juillet 1899, il est arrêté à Toulon.
On n'est pas tout à fait sûr, mais il était sans butile
en train de déguster une délicieuse glace à l'italienne sur la plage.
On lui passe les menottes, le cône tombe dans le sable.
Oh, bonne mère !
Les chouchous sont délicieux goûter.
Le cambrioleur est condamné à plusieurs années de prison.
Mais ne t'inquiète pas pour lui, il a plu d'entours dans son sac.
Quelques mois plus tard, à peine, il réussit à s'évaluer.
...
Il est très tôt, vers les 5-6 heures du matin.
Le soleil qui se lève a coloré le ciel en mauve.
C'est magnifique !
Alexandre prend quelques secondes pour regarder,
puis il respire l'air à plein poumon.
Ma parole ! Oh, ce que ça fait du bien d'être libre !
Enfin bon, ce n'est pas vraiment le moment de traîner assez
façon poète de carpostale.
Quand on est un cambrioleur en cavole, il faut trouver une planque,
et vite, histoire de ne pas se faire repérer.
Pendant quelques semaines, Alexandre se cache dans la charmante ville de Sète.
Et puis, il est prêt à repartir à l'aventure.
Cette fois, il ira plus loin, il fera plus grand.
Il ne va pas se contenter de reprendre les cambrioles.
Non, non, non ! Il va créer un vaste réseau de grands voleurs !
De Sète, il se rend à Montpellier.
Il recrute quelques hommes.
Il appelle sa bande les travailleurs de la nuit.
Il leur impose quelques règles.
Primo, ne jamais tuer.
Deuxiô, ne volez que les riches, jamais les pauvres.
Voilà, c'est simple, c'est carré, pas d'angates,
chacun sait où il met les pieds.
Les affaires marchent du feu de Dieu.
Entre 1900 à 1903, les travailleurs de la nuit
commettent plus de 300 cambriolages.
C'est du jamais vu, ils rendent les policiers complètement chèvres.
Alexandre n'est pas un cambriolaire comme les autres.
Il se distingue par son esprit et son élégance.
Une nuit, alors qu'il croit s'être introduit dans la maison d'un riche capitaine,
il s'aperçoit qu'il est en train de cambrioler le grand écrivain Pierre Lottin.
Immédiatement, il remet la maison bien en ordre.
Puis il laisse ce petit mot...
Pardonnez-moi.
J'ai pénétré chez vous par erreur.
Je refuse de voler un homme qui vit de sa plume.
PS, voici quelques pièces pour réparer la vitre brisée.
Avec tout ce qu'il vole, Alexandre pourrait être très riche,
portée de beaux vestons de soie.
Mais non, il ne garde jamais rien pour lui.
Tout ce qu'il dérobe, les objets, les pièces, les billets, tout.
Il est redistribué autour de lui.
Alexandre est heureux.
Il a trouvé sa façon de faire le bien.
Et puis un jour, le ciel tourne à l'orage.
Lors d'un cambriolage qui dérape...
Attention Alexandre, derrière toi !
Par erreur, il tire une balle dans le torse d'un policier.
Notre honnête cambrioleur est de nouveau arrêtée.
Cette fois, il est envoyé au bagnage, à Cayenne.
Cayenne, c'est très loin.
Et le bagnage, c'est à frais.
Très peu, on revient vivant.
Mais Alexandre tient bon.
Il s'accroche à la vie comme un chapeau chinois sur un rocher,
balayé par les vagues.
Il est reste 19 ans.
Quand il rentre en France, en 1925, ce n'est plus un jeune homme.
Plus question pour lui d'aller cambrioler les riches maisonnés.
Alors, il profite de la vie et il fume la pipe
devant les cieux maux au bout du petit matin
et il continue d'aider tous ceux qui en ont besoin.
Quand Jimmy a terminé son histoire,
il était tard, vers les 3-4 heures du matin.
J'étais estomacée, je ne savais plus quoi dire.
Ce type quand même, oh quelle vie incroyable.
Alors, plutôt que de parler,
avec Jimmy on se fait, ouais, un petit karaoké.
Les Odyssey est un podcast original de France Inter.
Durant l'Odyssée, tu as peut-être entendu
quelques mots que tu ne connaissais pas.
Ce sont des expressions typiquement marseillaise.
Je dois te faire une confidence,
je suis née et j'ai grandi dans la belle cité fosséenne.
Alors, j'en ai profité, je me suis fait un peu plaisir.
Faute de temps, je ne peux élast'expliquer le sens de chacune
de ces expressions si chères à mon cœur, mais seulement quelques-unes.
Vers le milieu de l'aventure, j'ai prononcé la phrase
au fond de Chichoun, c'est vraiment un chouchou.
Au fond de Chichoun, c'est une expression pour dire son étonnement,
c'est comme dire, oh c'est incroyable,
et chouchou, cela signifie idiot.
Quelques lignes plus tard, j'ai parlé des yeux de Gobi.
Un Gobi, c'est un poisson avec de gros yeux.
Quand on dit que quelqu'un a des yeux de Gobi,
bah, cela veut dire qu'il a un regard, pas franchement flatteur.
Le sens des autres expressions marseillaise que j'ai utilisées,
tu les retrouveras toutes sur la page des Odyssées.
Episode suivant:
Les infos glanées
Lesodyssées
France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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