C'est l'histoire de Milidae. Coucou ! C'est moi Milidae. Être un fauteuil roulant, ce n'est pas toujours facile.
Mais quand une grenouille et un pigeon vous aident à faire bouger les choses, la vie devient plus douce.
Tu es bien installée ? Je vais te raconter.
En pleine nuit, alors que tout est calme dans la rue piétonne, une petite voix se fait entendre.
Oh oui, oh oui, allez, allez un petit effort. Mais la côte n'est pas si raide. Et c'est pas vise.
C'est pas évident, mais allez, ça va passer.
Un pigeon qui d'en mettrant tranquillement sous les toits se réveille en sursaut.
Qu'est-ce que c'est que ce raffut ? Qui se promène à trois heures du matin dans cette rue ?
Il est l'heure de dormir. Mais qui est là ? Montre-toi.
Désolé de nous avoir réveillé, monsieur le pigeon. C'est moi.
Qui ça ?
Bah moi, le fauteuil roulant.
C'est alors un fauteuil roulant qui parle tout seul ?
Ah oui, et qui roule aussi tout seul.
Normalement, je suis accompagné de mon passager que j'emmène là où il a envie. Il peut pas marcher.
Alors moi, le fauteuil roulant, eh bien je roule pour lui.
Mais qu'est-ce que tu fais dehors à cette heure-ci sans passager avec toi ?
Bah je m'entraîne.
Tu t'entraînes à rouler ?
C'est tonne le pigeon.
Pourtant, un fauteuil roulant, ça s'est roulé naturellement.
Bien sûr que je s'est roulé. Mais qu'est-ce que tu crois ?
Le problème, ce n'est pas moi. Mais ces rues qui montent et qui descendent,
oh là là, c'est la poisse et tout s'est pavé.
Mon pauvre passager est secou et comme un prunier quand je passe par ici.
Oui en effet, ça ne doit pas être marrant. Il faudrait peut-être des plus grosses roues.
Un fauteuil 4x4 ?
Peut-être.
Maintenant que je suis réveillée, je peux t'aider ?
Allez, vas-y, monte la côte, je vais t'encourager.
Le fauteuil prend son élan et monte le plus vite possible en transpirant un gros sauvage.
Bravo !
Le félicite, le pigeon, en se posant sur le fauteuil roulant.
Merci. Et maintenant, on change d'entraînement. Direction, le trottoir.
Le fauteuil essaye alors de monter sur le trottoir, puis de descendre et de remonter.
Mais à chaque fois, l'exercice est périlleux.
Oh là là !
Panique le pigeon.
Mais fais attention, sinon tu risques de te renverser.
Ben c'est bien le problème. C'est pour ça que je m'entraîne.
Je n'en peux plus, moi, de ces trottoirs et de ces marches partout.
C'est vrai que ce n'est pas pratique.
Constate le pigeon en deux delinons de la tête.
Ah, mais j'ai une idée.
Attends.
Je vais appeler une copine.
Elle va t'aider.
Renette ! Renette ! Renette !
Tu m'as appelé Raymond.
Salut Renette.
Oui mon nouvel ami le fauteuil roulant a besoin de ton aide.
Toi la grenouille, tu es champion en saut. Tu pourrais lui apprendre.
Oui, bien sûr. Alors regarde, c'est comme moi.
Et la grenouille se met à sauter sous l'œil attentif du fauteuil roulant.
Je monte sur le trottoir.
Je descends. Tu comprends ?
A toi.
L'encourage de la grenouille. Le fauteuil prend son élan pour sauter sur le trottoir.
Hélas, il rate son premier essai, puis son deuxième et aussi le troisième.
Oh zut ! Oh mais zut zut zut et rezut !
Se plaint le fauteuil roulant.
Oh j'en ai assez.
Mais c'est pas possible pour moi de sauter comme une grenouille.
Mais je suis pas un fauteuil sauteur. Je suis un fauteuil roulant.
Mais pas grave ! On va trouver une autre solution.
Déclare la grenouille en sautant sur le fauteuil pour le réconforter.
Mais oui, Rénait a raison. A chaque problème, c'est la solution.
Apprendre à voler. Tu y as déjà pensé ?
Ha ha ha ha ha, très drôle. Mais je suis pas un fauteuil vol non plus.
Je suis un fauteuil roulant.
Ah non, je suis sérieux. Parce que tu fais comment si l'ascenseur de l'immeuble est en panne
et que tu dois monter au cinquième étage ? Tu ne peux pas prendre l'escalier.
Bien sûr que non. Je reste en bas en attendant que l'ascenseur soit réparé.
Mais parfois, je suis aussi bien embêté. Car il arrive que l'ascenseur soit trop petit pour moi.
Et ce n'est pas le seul endroit trop étroit. Dans les restaurants, parfois, je peux pas aller aux toilettes.
Je suis trop large et je ne passe pas.
Ou alors, une fois rentrée, je peux plus fermer la porte. Et là, c'est gênant.
Raconte le fauteuil dépité.
Oh la la la, mais c'est très très embêtant.
Oui, surtout quand on a une envie pressante.
Piuu !
Faire rainette à la grenouille.
Ce n'est pas une vie ça. Il faut que ça change.
Hure le rainette en faisant des bouts.
Du changement, on va en parler à tout le monde.
Mais les gens sont au courant. Ils me voient régulièrement galérer dans les rues. Ou sur les trottoirs.
Et qu'est-ce qu'ils font dans ces cas-là ?
Demande le pigeon curieux.
Rien. Ils passent leur chemin. Ils font comme s'ils ne me voyaient pas.
Explique le fauteuil roulant.
C'est bien ce que je pensais. Moi, c'est pareil. Ils ne me voient pas. Ou alors, ils me regardent de travers.
Quand ils font ça, je me vange.
Hop, ni vu ni connu. Un petit cacat a tari sur leur tête.
C'est vrai quoi, il y en a marre d'être des pigeons.
Ça gasserait mon toit. Le fauteuil roulant, tu dois te faire entendre. Allez, coco.
Il faut que les gens te voient. Essayez de voyager avec toi pour se rendre compte.
D'ailleurs, ça tombe bien. Le jour se lève et les passants arrivent.
Ajoutent un net en coissant pour ameter le quartier.
A toi de jouer.
Le fauteuil roulant se met à rouler et invite une première passante à monter.
Au début, elle hésite. Mais le fauteuil insiste. Alors elle accepte.
Après un tour sur les pavés, la passante descend tout secoué.
Puis arrive un jeune homme.
Comme il est très musclé, il pense monter la côte en deux tons trois mouvements.
Mais finalement, il met dix minutes pour arriver en haut de la rue.
Le visage ruit selon le sueur.
Toute la journée, le fauteuil enchaîne les voyages avec les gens qui découvrent la vie en fauteuil roulant.
Oh la la ! Elle se n'est pas émise !
Dure !
C'est pas évident !
Dure !
C'est pas évident !
Le soir, le fauteuil rentre chez lui retrouver son fidèle passager qui n'a pas bougé de la maison.
Découragé, ils n'ont plus envie de sortir.
Tout leur semble trop compliqué.
Mais quelques temps plus tard, Raymond le pigeon vient roucouler sous leur fenêtre.
Hé ! C'est une sacrée bonne idée d'inviter les gens à circuler avec toi en fauteuil roulant.
Ça les a fait réagir.
Vous devriez ressortir !
Curieux !
Le fauteuil invite son fidèle passager à monter et ensemble ils décident d'aller se promener.
Et alors là, ils n'en reviennent pas.
Wow !
Oh ! Incroyable !
La ville n'est plus comme avant.
Les trottoirs sont plus grands.
Il y a moins de marche aussi.
Et sur les côtés des rues pavées, des passages ambitumes tout lisses ont été ajoutées.
On aperçoit aussi des rampes pour s'accrocher.
Et toutes les toilettes sont adaptées aux fauteuils roulants qui peuvent entrer et sortir
sans avoir à se contortionner ou à laisser la porte ouverte.
J'ai l'impression qu'avec ça, la vie serait un peu plus douce avec toi.
Rouh rrrrr !
Rouh coule le pigeon.
Euh, mais tu fais quoi ?
J'emmène mon passager et visiter les nouveaux quartiers et on part en voyage.
La vie est belle quand tout roule !
Oh non, l'histoire est déjà finie.
T'en fais pas ?
Tu peux retrouver Milide en t'abonnant à son podcast, Les histoires de Milide.
Mais oui, le podcast est disponible gratuitement sur Apple Podcast, Spotify, la RTS et toutes les plateformes de streaming audio.
C'est super facile.
Il suffit de taper dans la barre de recherche les histoires de Milide.
Tu peux y écouter toutes ces aventures.
Il y en a une nouvelle chaque dimanche matin.
Troublant !
Alors, ça t'a plu ?
C'était La vie en fauteuil roulant, écrit par Christine Pompéi.
Allez, et ciao bisous !
Voilà, c'était l'histoire.
L'histoire de Milide.