Bonjour, c'est Clément Sacaar du podcast Téléballadeur. Vous avez appris la nouvelle ?
Après trois ans de travail, on vient de lancer notre toute première bande dessinée,
Alaska Highway, signée par l'illustratrice Marie L'Arrivée. Elle raconte, à la peinture,
le récit d'une aventure du photographe animalier Jérémy Villet, et sa rencontre avec un loup
dans les terres enneigées du Grand Nord, que vous avez peut-être écouté dans cette émission.
La BD est disponible dès maintenant sur notre site lesballadeur.fr et dans toutes les
livrées de France. C'est pas un beau cadeau de Noël ?
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Des montagnes au sentier côtié, chaque sortier est l'occasion de découvrir de nouveaux horizons
et de vivre des moments inoubliables en pleine nature. Inscrivez-vous à l'une des aventures
sur colombia.com. Columbia est fière d'accompagner le podcast Les Balladeurs.
Les Balladeurs. Récite aventures et de mes aventures en pleine nature.
Un podcast du Média Leosers. Rendez-vous sur notre site leosers.com,
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Lorsque l'hiver s'empare du cercle arctique, ces terres lontaines plongent dans l'obscurité
de la nuit boréale. Les températures s'effondrent, les animaux disparaissent sous la surface,
et les dernières traces de présence humaine s'effacent les unes après les autres. Le temps se
fige, la mer se pétrifie. Mais plutôt que de fuir, une poignée de marins choisissent de s'y
confronter. Ils laissent leurs bateaux se faire emprisonner par la banquise. Là,
commence une autre forme de voyage, un hivernage polaire. Non plus dans les lents,
mais dans l'attente, non plus porté par les flots, mais par le silence.
A 27 ans, après une première navigation en solitaire à travers l'Atlantique,
Tamara Klinck répond à cet appel du grand blanc. A bord de son voilier de 10 mètres,
sardine à 2, elle makeup vers le Groenland, son objectif. Arrivée à temps dans le fiorre
d'isoler de Kitterminguit, afin d'y jeter l'encre et de laisser les glaces se refermer sur elle,
pour quelques mois. Loin du tumulte du monde, l'espoir. L'espoir de trouver dans cette solitude
une liberté insoupçonnée. L'espoir de découvrir ses limites et de percer le mystère de sa propre
existence. Dans cet exil volontaire, l'inconnu est immense et le quotidien réserve bien des surprises.
Ma passion pour les bateaux est l'année d'une absence. D'abord, mon père était navigateur et il partait
très souvent pendant longtemps de la maison. Quand j'étais enfant, j'y vivais avec ces vides
de mon père parce que mon père était parti pour faire un tour du monde, mon voyage en Antarctique,
une traversée de votre antique. J'ai essayé d'imaginer ce qu'il vivait et quand il revenait, il avait l'air
d'être à peu près la même personne avec un peu plus de barbe et avec plein de nouvelles histoires
qu'il nous racontait avant qu'on allait dormir. Et moi, mes soeurs, on adorait cette histoire.
Ils parlaient de ces animaux géants qui sortaient du fond de l'eau et qui étaient très calmes aussi,
qu'ils l'appelaient Balen et ils parlaient de ces oiseaux qui faisaient le tour du monde,
presque sans battre des ailes qu'ils l'appelaient les abattros. Ils parlaient des folk, des machos,
des icebergs, ces cathédrales géantes faites d'eau congelées et j'avais envie de vivre,
j'avais envie de entendre les sons des animaux, les odeurs, j'avais envie de sentir qu'est-ce que c'était
d'être dans un vent tellement fort qu'on pouvait s'envoler. Et je pense que pendant mon adolescence,
ce que j'ai fait c'était d'essayer de garder cette envie en m'entourant d'autres histoires.
Ma première navigation insolitaire, ça a été entre la Norvège et les Brésil sur un tout petit bateau.
Ça c'était pour moi une école, pour mon voyage suivant où j'ai voulu m'y faire prendre dans les glaces au Groinland.
Les Groinland, ils ne savaient pas dire si c'était possible ou pas, si c'était autorisé ou pas.
Ça rentrait dans aucune case administrative donc ils ne savaient pas trop comment prendre des dossiers.
J'essaye, j'y vais, en arrivant là-bas, j'ai dit que j'y poserais la question et s'ils me disent non, j'ai fait des mi-tours.
Quand j'ai pensé à l'idée de passer l'hiver dans les glaces, j'imagine que j'aurais la possibilité de vivre hors du temps.
J'imagine que j'aurais la possibilité de ne plus avoir des genres, de découvrir desquels j'en étais capable seule.
Je pense que je vais découvrir à quel élément nécessaire pour vivre en autonomie.
Et j'ai pensé découvrir si on peut être heureux, seul.
Beaucoup de gens m'ont dit que j'étais trop jeune pour faire ça.
Je ne voyais pas quelle serrée l'autre moment où ils m'écouteraient moins.
Mes parents, ils n'étaient pas malades ni trojets.
J'avais pas de gens qui dépendaient de moi.
J'ai essayé de raconter au minimum de personnes que j'allais faire ces projets parce que plus j'y ai raconté, plus les gens m'éprojetaient des peurs.
Les gens m'ont disait que j'allais être attaquée par des ours, que j'allais tomber à l'eau et mourir.
Les gens m'ont disait que la force de mes bras ne serait pas suffisante, que les mômes bateaux allaient être écrasés par les glaces,
que les bateaux allaient pas être assez grands pour les voyages, qu'ils étaient trop vieux, que j'étais trop immature,
qu'ils allaient être brésiliennes, ils allaient être en soucis parce que je ne serais pas adaptée au climat froid,
que je n'allais pas supporter les nuits, qu'ils allaient être trop longues.
Donc j'ai m'éconcentré sur mon bateau.
J'ai passé deux ans après pas à être bateau.
Il n'était pas la meilleure bateau du monde, mais c'est des bateaux que j'ai pu acheter à ce moment-là.
C'était un bateau à nassier de 10 mètres, assez petit pour les voyages, mais assez grand pour une personne qui est seule.
Quand je commence la préparation, je me rends compte qu'elle va être beaucoup plus complexe que je lui pensais.
J'ai essayé de préparer les meilleurs que je pouvais.
J'ai essayé de démonter et remonter toutes les équipements possibles.
J'ai essayé de participer à toutes les étapes.
J'ai essayé d'être tout les temps à côté dans mes quéniciens pour poser des questions quand il arrive paris mon moteur.
J'ai commencé à demander à des amis de m'aider.
J'ai demandé à mon ami Marie, qui est médecin, de m'apprendre à faire des la sutures,
de m'apprendre à faire des injunctions sur moi-même.
J'ai fait un club des tiers sportifs pour apprendre à porter un fusil avec sécurité.
J'ai fait des séances de thérapie une deux fois par semaine pour essayer de partir avec les minimums de poids,
des expériences précédentes qui pourraient éventuellement rendre la solitude plus dure à vivre.
A un mois du départ, je me sentais encore très loin d'être prête.
Mon plan était de partir à un mai 2023.
Un mois de mai, j'étais encore super loin.
Les bateaux, ils étaient sans mâ, sans moteur, sans fenêtre, sans peinture.
J'avais pas des moyens de financer, des réparations.
Plein de gens me disent désistent.
Il y a trop de mauvaises signes qui ne vont jamais arriver.
Je pense qu'à ce moment-là, j'ai savé qu'il y avait beaucoup plus de chances que ça marche pas,
que de chances que ça marche.
J'ai mis en compte que les bateaux ne seraient jamais aussi près que j'ai l'aurait aimé.
Mais moi non plus.
Les 21 juillet 2023, j'ai quitté mon dernier pas en France,
Kamahé-sur-Mer, pour naviguer auprès jusqu'à Nirlande.
On s'approchait dès la fin de l'été, donc j'allais avoir de moins en moins de lumière pour naviguer.
À Nirlande, j'ai regardé la météo.
Je savais que probablement j'allais prendre du mauvais temps.
J'ai parlé à Nirlande pour 13 jours de navigation jusqu'au Grand-Hélande.
Dans les premiers jours, j'ai été très malade de mer, donc je suis tout le temps avec mon saut à côté.
Mais il faut quand même sortir pour faire la manœuvre.
Je n'ai pas le choix. Il faut que j'y aille, il faut que j'y prenne les riz,
il faut que j'y sorte les riz, sinon je n'avance pas.
Il faut que j'y aille vers des bords, il faut que j'y réparte des soucis quand ils arrivent.
Les temps sont très souvent gris. La mer est grise.
Ce n'est pas comme la mer de ma première transat où il y avait des longues vagues bleues, presque violettes,
qui étaient tout le temps entre de pousser les bateaux dans les bons sens.
Les vagues étaient courtes, grises, les cieles étaient souvent gris, les nuages étaient assez basses.
On avait toujours l'impression qu'il y avait des plévoires.
Plus j'avancais dans la latitude, plus les vents étaient froid.
J'avais parfois l'impression de réveiller en arrière dans les temps,
parce que plus j'y ai remonté, plus les journées étaient longues.
Je commence à prendre pour l'arrivée, parce que plus j'ai approché à Dugan-Hélande,
plus il allait avoir les risques de croiser un iceberg.
Et après 13 jours de navigation, j'ai tout le temps regardé autour du bateau
avec les jumelles pour varcir des glaçons.
J'ai regardé les radars tout le temps, j'ai commencé à avoir peur de dormir.
J'ai cherché les glaces et j'ai commencé à avoir une tâche noire, assez longue et fine.
Et j'y réalise que c'est la Terre.
Plus j'ai m'approche de cette Terre, plus je commence à avoir des icebergs.
Ils étaient énormes.
J'avais l'impression que les icebergs étaient plus grands que des villes entières.
Ils étaient très hauts.
J'ai navigué entre les icebergs sans savoir encore quelle était la distance sur ou pas.
J'ai pris beaucoup de marges au début.
Je me dis que je vais essayer de m'éloigner de cinq fois la distance de l' iceberg.
J'étais fascinée par ces morceaux déglacés en regardant.
J'aimais disait que ça valait déjà la peine, que c'était pour ça que j'étais venue.
J'étais dans la côte ouest et j'ai choisi la côte ouest justement parce que c'était la côte où il y avait plus d'abris.
L'hiver s'approchait déjà, il fallait que j'ai trouvé vite un endroit.
Sur la carte, je commençais à regarder des endroits possibles.
En hiver, les vents plus forts viennent de la terre, des lacalotes polaires du Grand-Hélande.
Les vagues viennent très souvent de la mer de Baffine, donc dès l'Ouest.
En cherchant un abri, j'ai trouvé cette petite baie.
J'ai regardé sur les photos satellites, quelles sont les endroits où la banquise est restée stable pendant les trois dernières années.
J'ai choisi un des ces fiordes qui était sur la carte et sur lesquelles la banquise était ferme.
J'arrive au fiord, il fait nuit. Il y a plus que trois heures de paix nombreuse.
Il y a même plus vraiment de soleil.
Dans les fiordes, il y a une chaîne des montagnes très raides et sombres qui cachent la lumière du ciel.
Il y a quelques icebergs au milieu du fiord et la mer n'est pas encore gelée.
J'ai froid, j'ai regardé tout autour et je me disais qu'est-ce que je suis venue faire ici.
Quand j'ai regardé ces montagnes autour de moi, j'ai aucune envie d'y marcher.
Je me suis dit que je faisais peur.
Pendant deux semaines, je me demande encore si je choisis les bons endroits,
si il ne fallait pas plutôt avoir choisi une autre baie.
Je me pose la question si tous les gens qui m'ont dit que je n'étais pas prête, ils avaient raison.
J'étais venue de tellement loin pour y être que je me posais la question.
C'était vraiment ça que je suis venue chercher.
C'était un endroit sombre avec une mer froide et noire, presque pas de lumière dans les ciel.
Aucun signe d'autre vie, même pas animal.
Il n'y a pas des folks autour, il n'y a pas de baleines, je n'ai regardé la terre, je ne vais pas donner un art.
Je ne vois rien.
Pourquoi je t'ai venue là ?
Donc je pleure.
Je ne sais pas quoi faire sinon rester.
J'ai évidemment envie d'abandonner.
Il y a aussi une autre part de moi qui veut découvrir si ça va rester comme ça ou pas,
qui veut découvrir si la mer va vraiment geler, si je n'allais vraiment y arriver ou pas.
Je m'éveille dans ces fjords, j'ai regardé par la fenêtre, les vents ont disparu.
Il y a une lumière dans les ciel qui a une espèce de faux jour.
C'est une espèce de peau nombre que à midi et jusqu'à 13h, elle est plus claire comme s'il faisait jour.
Et très vite, elle disparaît.
À 15h, il fait déjà un jour qui est plutôt bleu.
J'ai plutôt l'impression qu'il y avait un long coucher de soleil qui durait l'après-midi.
J'ai descendu la nex et j'ai cherché des loups.
J'ai râme jusqu'à la sortie du fjord.
J'ai cherché un bout d' iceberg.
Il avait l'impression d'être assez petit, mais quand j'ai l'air de l'eau, il est super lourd.
J'ai dû aller casser un peu de petits morceaux pour pouvoir les remonter.
J'ai retourné sur mon bateau, j'ai mis dans une casserole, j'ai les fonds.
J'ai fait du thé.
J'ai pas envie de manger.
J'ai répart à terre.
Je commence à marcher sur la neige qui venait de tomber.
Mes pieds rentrent dans sa neige et ça fait crache, crache, crache, crache.
Après, je commence à remonter sur les cailloux.
J'ai regardé les cailloux comme si j'avais fait la rencontre des quelqu'un.
En disant bon, on va passer longtemps ensemble.
J'espère qu'on va s'entendre.
J'ai commencé à essayer de créer des réperts.
J'ai commencé à donner des noms au plage pour pouvoir me souvenir des chemins que j'ai faites.
Les bontagnes autour étaient très hautes et pointues.
Il y a caché la lumière du soleil qui était déjà bas sur l'horizon.
J'essaye de remonter les bontagnes, les pentes sont très raides.
J'ai galéré un peu, je descends à ma séguence sur la neige.
J'ai rien rentré sur mon bateau.
Quand je suis dans les bateaux, mon espace de vie est composé dans un canapé, dans les carrés.
C'est là où j'adore aussi.
J'ai une petite cuisine, j'ai un petit chauffage reflex.
C'est ce chauffage qui réchauffe les bateaux.
C'est sur ces chauffages que j'ai fait à manger.
Dans les bateaux, il y a aussi une bibliothèque.
J'ai 15 livres différents.
J'ai une cabine qui est pleine de nourriture.
Dans l'autre cabine, il y a des gasoiles.
Je ne sais pas combien de temps ça va durer.
J'essaie de consommer les minimums des gasoiles possibles.
Au bout du bateau, j'ai un panneau solaire qui sert à rien quand il n'y a pas de lumière.
Et une néolienne qui sert à faire de l'électricité.
Dans les bateaux, toutes les fenêtres sont recouvertes de glace par l'intérieur.
Dans les carrés, je suis dans les sols.
Il y a entre 0 et moins 4 degrés.
Au niveau de mon ombreille, il y a autour de 8.
Dans ma tête, il y a autour de 15 degrés.
J'ai découvert que j'ai une espèce d'allergie au froid.
Mes pieds commencent à gratter beaucoup et gonfler.
J'ai trop mal à marcher.
Ils grattent tellement que je n'arrive pas à dormir de nuit
parce que je suis toujours en train de les gratter.
J'essaie d'accrocher mes pieds à un bout sur les chauffages.
Pour qu'ils soient un peu plus au chaud, comme je fais à l'intérieur du bateau.
J'adore avec une bouteille d'eau chaude à l'intérieur du sleeping bag.
Les journées changent beaucoup en fonction de la lune et de la météo.
J'égate par la fenêtre s'il y a du vent.
Quand il y a beaucoup de vent, j'y reste à l'intérieur du bateau.
J'ai lit beaucoup.
J'ai l'impression de vivre avec les personnages des bouquins.
J'ai lit Hermès, Cidarta, Knoup.
J'ai aussi lit Agnierno, un peu de Jack Tondon, l'appel de la forêt.
J'ai lit des bouquins brésiliens aussi.
J'ai lit Grange Sertan Verred,
qui est, je pense, les plus grandes classiques de notre littérature.
C'est un bouquin de presque 1000 pages que je n'aurais jamais osé lire en ville.
Parce que tellement, ce n'était plus trop un bouquin adapté à la vitesse dans laquelle on vit.
Mais là-bas, j'étais super contente que les bouquins étaient longs.
Parce que je pouvais vivre avec les personnages pendant plusieurs semaines.
J'ai rêvé de ces personnages.
Quand j'ai sorti à terre pour marcher, j'avais l'impression d'être avec eux, de penser à eux.
Je me souviens d'être en train de lire, ainsi par les Aratustras, Denich.
Dans les premiers chapitres, il raconte que c'est monsieur qui a vécu longtemps isolé dans les eaux d'une montagne.
Quand il descend et commence à raconter ses pensées au peuple,
dans les deuxièmes chapitres, je commence à me dire que c'est vraiment bizarre d'être seule, isolée des gens.
Dans les troisième chapitre, je me rappelle que je le suis.
Ça ne semblait pas ce que j'avais imaginé comme solitude.
J'ai mis en place des moins en moins seuls, des plus en plus confortables.
À être là-bas, j'ai commencé à apprécier cet endroit, je commence à apprécier la vue par la fenêtre,
je commence à apprécier les vents et la neige.
C'est tant que je passe à être avec moi-même.
J'apprends à guitare, j'avais oublié de prendre les chiffres des chansons que j'étais en train d'apprendre.
J'ai créé des chansons basées sur rien, sur les bruits que j'entendais, sur assez que j'étais capable de faire avec mes doigts.
J'écris aussi beaucoup.
Quand j'essaye d'écrire ce que j'ai ressent, ce que je vois,
j'énerve avec les mots parce que je sens qu'ils sont faux, qu'ils m'aiment,
parce qu'ils ne sont pas suffisants pour écrire ce que je suis en train de voir.
Les vers que je décris, il n'est pas suffisant pour écrire les vers que je vois dans les orores.
Ils ne sont pas suffisants pour écrire la raideur de montagne, la sensation de froid,
les odeurs. Il m'est manque de mots pour écrire les odeurs que je sens, les goûts,
les lots d'icebergues et dos de neige qui n'ont rien à voir.
J'ai des tests, des vards jetés avec l'eau de la neige.
Les mots ne sont pas suffisants pour écrire les différences des gouttots.
Je crois des mots à la langue, je crois des mots à l'humour.
Je n'ai pas de personne.
La sonnerie, la sonnerie,
les girerons en bouche de sonnerie.
La sonnerie, la sonnerie,
les caisses,
les latitudes entre nous.
Pendant la nuit, j'aimerais n'est pas avoir besoin de dormir pour pouvoir regarder les ciel.
Il y a des orores vertes qui forment une bande qui traverse les ciel.
Il y a des orores qui sont roses, qui s'ouvrent comme les ailes d'un papillon.
Il y a des orores qui s'éforment comme une série de tranches dans les ciel.
Elles semblent être très lentes et à la fois, quand j'ai ferme les yeux,
j'ai réouvert, un second plus tard, elles ont changé de forme.
J'essaye de absorber ce que je vois, mais c'est comme si mes yeux n'étaient pas capables de rétenir tout ce que se passe.
Les nuits étaient très différentes, les unes des autres.
Quand il y avait la pleine lune, tout était super éclairé.
La lumière de la lune était réfléchie par les montagnes blanches.
J'avais l'impression de pouvoir voir aussi bien que des jours.
J'avais pas besoin d'utiliser la lampe rentale pour faire des balades pour aller dehors, pour aller à terre.
J'avais l'impression que la pleine lune, c'était mes jours.
Au fil des lits verts, plus on s'approchait du solstice, plus j'ai passé du temps avec la lampe rentale sur la tête.
J'essayais de profiter des heures d'épénombres pour aller dehors chercher des l'icebergs, pour faire des lots.
Pour faire des balades.
Et petit à petit, je commençais à apprécier beaucoup la nuit.
J'ai commencé à aimer la possibilité de voir ces étoiles.
Quand les ciel étaient complètement couverts, elles me manquaient beaucoup.
J'ai apprécié à connaître les constellations.
J'avais l'impression que l'hiver, il était composé de mille hivers différents.
Quand il n'y a pas de vent et il fait froid, la glace commence à s'éformer sur la mer.
C'est d'abord une fine couche transparente de Nilace.
Après elle commence à s'épaissir.
Et quand il y a des journées de beaucoup de vent, les ventes et les touffes.
Quand j'étais arrivée, il faisait moins 15, là il commençait à faire moins vent, moins 30, moins 40.
Quand j'ai regardé autour de moi, parfois j'ai douté que quand je veux que la mer s'éformerait suffisamment pour que je marche.
Les jours du solstice, les divers, les ventes et en décembre, il fait moins 42.
Il y a beaucoup beaucoup de vent.
Pendant la journée, je vois qu'il y a plein de pancakes, des glaces qui commencent à s'éformer.
Au départ, elles étaient transparentes, après elles sont blanches.
La lumière commence à disparaître, donc on rentre dans la nuit.
Il y avait beaucoup de ventes, les ventes étaient très fortes.
J'entends les chocs, des morceaux de glace contre les ponts, les vagues qui couvrent le pont.
J'ai ouvert de temps en temps l'oublo.
J'ai pris ma torche pour éclairer la mer.
La première fois que j'ai fait cliqu-clique, il y a plein de pancakes qui font à peu près la taille d'une assiette.
J'ai part pour dormir 10 minutes.
J'ai mes réveils pour regarder tout autour.
J'ai pris un nouveau la torche.
Il y a des pancakes qui font à peu près la taille d'un pneu.
J'ai rentré dans les bateaux, je suis super tendue.
J'essaie d'écrire, j'essaie de lire pour mes distraires.
J'ai réouvert l'oublo, j'ai rééguardé dehors les pancakes qui font à peu près la taille d'une voiture.
J'ai commencé à entendre encore plus de bruit.
La 4ème fois que j'ai réguardé dehors, il y a une énorme plaque de glace qui fait la taille de la moitié du fiord
qui pousse contre la chaîne de mon bateau.
La chaîne de mon bateau ressemblait à un fil de cheveux près de cette énorme plaque de plusieurs tonnes.
Je ne pense pas que cette chaîne a été dimensionnée pour ça.
Je ne pense pas qu'elle va tenir.
Mais si elle ne tient pas, qu'est-ce qui tiendra ?
Et j'attends.
Au bout d'un moment, la glace n'est à peu plus.
Les vents ont diminué et il n'y avait plus beaucoup de bruit.
Il n'y avait plus de son.
J'ai sort du bateau.
Dans les moments où la lumière commençait à apparaître.
Et tout autour, il y avait une couche de glace ferme et blanche.
Dans ces premiers jours de mer solide, j'ose pas marcher sur la glace.
J'ai peur qu'elle soit trop fine et qu'elle ne tienne pas mon corps.
Tout autour de moi, je vois que la banquise, elle reflète.
Les ciels, je vois les aurores deux fois.
Sur les ciels et sur la terre, j'ai encore plus la sensation d'habiter les ciels.
Il n'y a pas vraiment notre planète.
La pleine lune est ultra réfléchie par la blancheur des labanquises.
Tout autour du bateau, il y a plein de signes, des traces, des animaux.
J'ai fait un trou pour pêcher.
J'ai pêché une montrue, j'ai relèst sur les ponts.
Dans trois jours, ça sera Noël.
C'est les jours du solstice, les jours les plus courts de l'année et les plus courts de ma vie.
La journée, la lumière du jour n'est qu'une pénombre très très bleue.
J'ai su un peu coincé dans les bateaux, je ne s'pas encore marcher et je ne peux plus mettre l'annexe dans l'eau.
J'ai préparé mon bateau pour l'hiver.
J'essaye de mieux isoler les parois avec du tapis.
J'ai range les bouts que je ne utilisera plus.
J'ai range mon encre d'espère.
J'ai pris bien mes voiles, j'essaye que maintenant je n'aurai plus besoin.
J'ai mes sens heureuses, mais je ne ouvre pas ma bouche pour sourire.
J'ai paire petit à petit l'expression du visage.
Quand je suis énervée, frustrée, j'ai les mêmes visages que quand je suis contente.
J'ai marché pendant toute la durée de la demi-heure du jour.
Mes seules préoccupations sont ma survie et mon plaisir.
J'ai perdu l'habitude de devoir plaire.
J'ai réalisé qu'il y a une énorme quantité d'énergie
qu'on dépense dans la vie à terre.
Pour plaire ou pour paraître,
là-bas je n'ai plus besoin de paraître.
Quand j'ai marché, j'ai sens que c'est ça des bonheurs.
Les bonheurs c'est de mettre un pied après l'autre parcourir en chemin.
J'apprends aussi à un peu plus contrôler ma température.
Lors de la marche, si j'ai marché trop vite,
pendant trop longtemps, j'ai commencé à transpirer,
à perdre beaucoup de chaleur.
Il fallait que je trouve les justes rythmes
pour pouvoir être dans la bonne température.
J'ai commencé aussi à utiliser d'autres parties de mon corps pour m'aider de passer.
Pas que le pied.
Après une chute de neige, la neige elle est très molle et aérée.
Et pour ne pas trop rentrer dans la neige,
j'ai marché avec mes pieds, mes genoux et mes mains.
J'essaye de déplacer mon corps.
C'est un état presque infantin.
C'était comme si dans mon adolescence,
dans la jadute, j'avais désappris à utiliser mon corps
et à prendre du plaisir par les sens.
Tout paraissait à nouveau fascinant et impressionnant.
Je me sentais plus proche d'un enfant que des explorateurs
que j'avais lu dans les livres des gens qui m'avaient inspiré.
Il y a un nouvel an, j'avais préparé l'amour vu que j'avais péché.
J'ai laissé dehors.
C'était mon frigo.
Pendant la nuit, vers 2h du matin, je suis en train de lire.
J'ai commencé à entendre un bruit super bizarre.
J'ai compris pas ce bruit.
A chaque fois que j'entends un bruit, j'ai peur de ce que ça peut être.
J'ai commencé à marcher très doucement dans mon bateau.
J'ai regardé par la fenêtre, je ne vois rien.
J'ai ouvert la fenêtre où j'ai rangé ma nourriture.
Mon frigo, je commence à regarder par là et je ne vois plus le poisson.
Il y a plein de traces de renard.
J'ai sort du bateau, je commence à regarder tout autour.
Je commence à voir un petit animal de la taille d'un chat
qui saute sur mon annexe et qui saute dès l'annexe à mon bateau.
Il commence à marcher sur le pont du bateau.
Il prend un truc et là, je suis surprise.
Il me voit, il s'arrête, il est paralysé.
Moi, je suis paralysée, il attend un peu.
Il saute à nouveau vers l'annexe, il saute à nouveau vers la banquise.
Il continue à me regarder, il relâche les trucs, il s'assoit.
Il commence à marcher tout doucement sur l'ombre.
Je peux à peine les voir cacher, camuffler dans les ombres du bateau sur la banquise.
Je les vois s'émettre derrière des objets du bateau
dans un angle que je ne pouvais plus voir.
Je ne vois qu'un oeil qui passe à travers un tas de bouts.
Il attend, j'avais l'impression qu'il pourrait attendre des heures.
Moi, je commence à voir froid et j'attends très passiellement.
Au bout d'un moment, j'étais trop froid, je commençais à bouger mes mains.
J'ai fait signe comme quoi je vais rentrer.
J'ai commencé à rentrer et là, il court, il court, il court, il court, il court, il court,
il court, super vite, il disparaît.
Et je sais, en regardant les autres animaux,
que j'ai su l'animal les plus inadaptés à cet environnement-là.
J'ai pas les yeux aux poils de renard, je ne peux pas voler comme un corbeau.
Mon corps ne supporte même pas la température de l'air.
Je ne peux pas survivre sans une source d'énergie.
Les animaux se cachent toute la nourriture et elles fuient, elles courent, elles volent, elles nagent.
Et elles font tout ça beaucoup mieux que moi.
Moi, j'ai suivi là que grâce aux objets, que grâce aux récits,
que grâce aux conseils des personnes qui sont venues avant moi,
grâce à ces erreurs, ces apprentissages, ces découvertes.
Mais moi, sans les objets et sans les connaissances, je n'ai survie pas.
Je n'ai pas vu les soleils pendant à peu près 100 jours.
A la fin, je n'avais pas l'impression qu'il m'ait manqué.
J'étais heureuse avec la lumière que j'avais.
Peu importe que ce n'était pas du soleil,
c'était beaucoup plus éclairé que dans mon imagination,
que ce que j'avais imaginé par les récits que j'avais entendus.
Quand j'ai passé les solstices et j'ai commencé à observer qu'il y avait de plus en plus de lumière,
ça s'est fait de façon très graduelle, très douce.
D'abord par les ombres.
Puis tout à petit, il commençait à avoir des descents, des ombres dans les fiordes.
J'ai voyé les montagnes de la partie sud qui étaient dessinés sur les montagnes de la partie nord.
J'ai voyé toutes les couleurs, mais dans des positions différentes,
c'était les cieles qui étaient plus éclairées.
Les pics des montagnes étaient très roses, les bas des montagnes étaient très bleus.
Et jour après jour, cette frontière entre les roses et les bleus, elle descendait
jusqu'à en arriver dans les bas des montagnes.
J'ai commencé à marcher les plus haut que je pouvais pour pouvoir voir les soleils.
Ça faisait tellement longtemps que j'avais envie de voir les soleils.
J'ai rivé de ce moment.
Et quand j'ai tourné mon visage vers les soleils et j'ouvre mes yeux,
j'avais pas à les garder ouvert.
J'avais l'impression que les soleils perçaient mes yeux, ils les brûlaient par l'intérieur.
J'ai essayé de les écarté avec mes doigts et ça fait mal.
Donc j'ai obligé de tourner mon visage.
Et j'ai regardé la reflète du soleil dans la neige,
les reflètes du soleil, mes crânes, mes yeux aussi.
J'ai...
J'ai savé pas que pendant tous ces temps, j'avais vécu dans l'ombre.
J'ai croyé avoir vécu dans la nuit, mais j'avais fait dans l'ombre.
Sous les soleils, les icebergs brillaient.
La mer était encore plus claire qu'elle avait été.
C'est comme si il y avait une lumière qui venait d'elle.
Quand le soleil est parti, au retour, j'étais triste.
J'ai senté que l'ombre était plus écrasante.
J'ai senté que l'ombre était plus écrasante.
J'ai senté que l'ombre était plus écrasante.
J'ai senté que l'ombre était plus écrasante.
J'ai senté que l'ombre était plus écrasante.
J'ai senté que la sorte était de l'asile.
J'ai senté que l'ombre était plus écrasante.
La hiver du soleil change les couleurs.
Les couleurs du ciel, de la terre.
Je peux faire des marches plus longues,
des plus en plus longues, parce qu'il y a plus de lumière.
Et j'ai commencé à faire des marches dans des endroits
où je n'osais pas aller avant.
J'ai fait des marches de 7, 8 heures, 9 heures dans les fiers de la Côté.
C'est dans la lumière qu'il y avait.
Et en allant dans les fiers de la Côté,
j'ai une autre dimension du mien.
Je vois que le mien est beaucoup plus sombre que les fiers de l'Oisean,
parce que les montagnes au sud sont beaucoup plus hautes.
Il y a beaucoup plus d'animaux que sur les miens.
J'ai vu à dorénaire, en renaire blanche, en renaire noir.
J'ai voici plus d'écorbo, j'ai vu une aigle.
J'ai promis une espèce de bonheur, des sortures de mon fjorde,
parce que je peux découvrir des endroits qui sont plus beaux
et plus vivants que là où je suis.
Je prends beaucoup de confiance.
Je me sens bien quand je marche,
je me sens bien quand j'ai d'or sur la banquise.
J'ai envie que ça dure pour toujours.
J'ai envie de pouvoir continuer à vivre comme ça.
J'ai envie de vivre toujours seul,
de garder, de faire durer cette solitude de plus en temps possible.
Les soleils me rappellent que ça ne durera pas pour toujours.
Et les températures commencent à monter petit à petit.
J'ai envie que ça dure, c'est en haut.
J'ai su ma propre génératrice de plaisir
et j'ai mescentré libre.
Pas parce que je peux faire ce que je veux,
mais surtout parce que j'ai surmonté plusieurs petites limites
et plusieurs petites frontières.
J'ai mescend plus humaines.
Peut-être qu'à ces moments-là,
j'ai oublié aussi les dangers du site.
Ce jour-là, il y a eu une mariée plus haute que d'habitude.
La banquise a beaucoup rémonté pendant la nuit.
Et quand j'ai commencé à marcher les jours d'après,
j'ai réalisé que les bords de la banquise, ils l'avaient fondu.
Il y a des morceaux qui ont été cassés,
la glace elle est beaucoup plus molle.
Et j'ai par à terre pour référer les chemins.
J'ai fait presque tous les jours.
Il y avait un bord de 4 mètres de largeur d'eau liquide
qui entourait la plaque.
Et je n'ai trouvé pas un accès à la terre.
J'ai parcouru une distance de 4 à 5 km
en essayant de trouver un passage
où il y avait de la glace un peu plus proche de la terre.
Je ne trouve pas.
À un moment, j'ai trouvé cette petite glace
qui faisait à peu près la taille d'un pneu.
Qui était justement en milieu entre la banquise et la terre.
J'ai la test avant avec mon talk.
Les talks, c'est un bâton comme un bâton de ballet
avec un couteau au bout.
Ça a l'air d'aller.
Et au moment où j'ai sauté sur cette plaque,
la glace, elle casse mes pieds et j'ai tombé dans l'eau.
C'était ma plus grande peur.
Deux minutes avant, si quelqu'un m'avait demandé
quel est le pire problème que tu peux retrouver
dans ce voyage, j'aurais dit, c'est sûrement tomber dans l'eau.
Parce qu'une fois qu'on tombe, c'est trop dur d'éventer.
Parce qu'un très peu de temps,
on peut être complètement frigorifié,
mourir d'hypothermie.
Parce que plus de temps on passe dans l'eau,
plus il est difficile d'arrêter.
J'ai si dans l'eau.
J'ai sang,
qui a des l'eau qui rentrent petit à petit dans mes bottes.
Mes jambes elles sont des plus en plus mouillées.
Il y a un froid qui commence à rémenter
les longues des montments à long.
Avec mes mains, j'ai commencé à chercher un endroit
où je pourrais m'accrocher.
J'ai cherché une prise sur la banquise où j'étais.
Il n'y a pas de prise.
J'ai touché la banquise et ma main glisse.
Donc j'ai commencé à tourner autour de moi
et chercher un endroit où la glace peut être plus pourrie.
Et là j'ai trouvé un caillou
découvert d'une glace pourrie qui est simple à envier de feuilles.
Et j'ai commencé à faire plein de trop
dans cette glace pourrie, plein de trop, plein de trop.
Et dans ma tête, j'ai pas le temps d'avoir peur de mourir.
J'ai pas le temps d'avoir peur de ne pas y arriver.
Il faut que j'y survive, il faut que je me sorte ici.
Et ma seule préoccupation c'est de me sortir de l'eau.
J'ai l'impression que tout mon corps est concentré
dans cette tâche de me sortir de là.
Et j'essaie que à chaque seconde
que je passe dans l'eau,
il devient plus dur de pouvoir sortir de là-bas
parce que mes bottes commencent à être plus lourds,
mes habits commencent à être plus lourds.
Le moment où j'ai ma main dans la prise de la glace,
j'ai concentré toute la force de mes bras
à me sortir centimètres par centimètre de l'eau.
Centimètres par centimètre, centimètre par centimètre.
Je me concentre juste à ça,
jusqu'au moment où j'ai commencé à utiliser mes coudres
pour m'aider à sortir.
J'ai pousse avec mes coudres,
tirer mon corps avec toute la force de mes abdos.
J'arrive à sortir mes genoux,
j'arrive à sortir mes jambes.
Et là je suis débout dans un caillou
qui est complètement entouré d'au moins un mètre et demi d'eau.
J'ai besoin de sortir d'ici, je ne sais pas comment.
D'un côté, il y a l'eau où je suis tombée.
Un mètre et demi d'étince,
il y a la banquise qui est peut-être trop loin,
qui est peut-être fragile.
À un mètre 30 de mois,
il y a une paroi de cailloux
recouverte des verres glaces.
Je ne sais pas comment la rémonter à ce moment-là,
mais j'ai pensé que c'est la meilleure sortie
possible, une sortie la plus sûre.
Je me souviens que j'étais tombée avec les toques.
Je commençais à chercher les toques.
J'ai vu sur l'eau un centimètre et demi d'un bout de bois.
J'ai les tirs, j'ai les sortes de l'eau,
et j'utilise les toques pour faire des trous dans la paroi,
pour faire des petites prises.
J'ai fait deux prises pour les jambes,
quelques prises pour les mains.
Je commence à rémonter avec les toques
qui faisaient deux mètres et demi de long.
J'ai fait plein de petites prises.
J'ai sauté comme un chat,
dans un saut que je n'aurais jamais fait,
si ma vie ne dépendait pas de ça.
J'ai ma croche avec toute la force de mes pieds,
toute la force de mes jambes,
toute la force de mes doigts.
J'ai rémonter les petites prises que j'avais faites.
J'ai continué à garder tout mon corps super tendu
jusqu'au moment où j'ai sens que je suis déjà à l'horizontale.
Quand j'arrive au bout, je suis là-haut,
je regarde ce que j'ai rémonter,
je me sens soulagée.
C'est comme si toute la tension de mon corps
est lâchée dans le cou.
J'ai regardé la lumière du soleil
sur la neige blanche.
J'ai envie d'y rester.
J'ai envie de démasseoir
et de me faire couvrir
par cette lumière chaude du soleil.
Les poids des l'eau dans mes jambes et dans mes bottes
me dérangent.
J'ai ma soie pour vider mes bottes.
J'ai vider mes chaussettes.
J'ai une image qui m'éverse l'esprit.
Cette image de thermomètre,
quand j'étais sortie du bateau,
qui indiquait un mois 26,
j'ai une deuxième image qui m'évit en l'esprit.
Cette image de quand j'ai sorti les poissons des l'eau,
et que très vite, ils étaient déjà tous congelés.
J'avais même pas le temps de tuer les poissons,
parce qu'ils géraient avant.
J'ai dit, ce qui va se passer avec mon corps,
c'est exactement ce que c'est de passer avec les poissons.
Il faut que j'y rentre,
il faut que j'aimais y chauffer.
J'ai rémuné mes chaussettes très vite,
j'ai rémuné mes bottes, et je commence à courir, courir, courir.
J'ai coulé le maximum que je peux.
J'ai pensé que j'étais à 4 km du bateau.
En courant, je me réchauffe un peu plus.
Je trouve un passage.
J'ai sauté le plus loin que je peux.
J'ai attendu la banquise.
J'ai coulé jusqu'à mon bateau.
J'arrive sur mon bateau.
J'enlève mes pantalons, qui étaient durs.
Mes sous-couches étaient durs.
Mes chaussettes étaient blanches.
Mes bottes étaient blanches.
J'ai ma soie.
J'ai demandé,
est-ce que je suis en vie,
ou est-ce que je suis morte,
et mon corps est resté dans l'eau,
et mon esprit est venu tout seul jusqu'au bateau.
Il s'est peut-être pour ça
que je n'ai pas peur,
que je n'ai pas de douleur,
que je ne sens pas froid.
J'aimerais avoir quelqu'un qui me dise
non, tout va bien, ça va, tout va bien.
J'aimerais avoir quelqu'un qui me donne
une sensation de réconfort,
des retours à un environnement
sécurisé.
Quand j'ai regardé dehors,
j'ai vu la même banquise où je suis tombée.
Je vois la pointe
où j'ai rémonté.
J'ai malange sur les lits pour dormir,
et je me disais,
est-ce que si jamais je suis un esprit,
est-ce que c'est pendant la nuit
que l'esprit s'est détaché et qu'il part,
est-ce que c'est maintenant que tout disparaît,
à partir de quel moment
on s'est rendu compte qu'on n'a plus envie
de dormir.
Les lents de main,
j'ai regardé autour de moi, autour du bateau.
J'ai peur de sortir.
J'ai peur de ce que se peut se passer,
c'est jamais que je tombe à nouveau.
Je ne suis pas sûre que j'y survivrai
une deuxième fois.
J'ai eu une chance hier
et pendant quelques jours,
je suis restée dans ces doutes.
Si avant,
je me sentais très heureuse d'être là
et très libre,
à partir de ce moment,
je commençais à me sentir dans une prison.
J'ai mes questions si j'avais pris trop de confiance
et j'ai commencé à ne plus voir les dangers,
si j'ai commencé à m'exposer plus au risque
parce que je ne les connaissais pas,
les limites.
Je sens que j'ai été naïve
sans les savoirs
et on était encore un fin janvier
et je commence à sentir que la fin va être trop longue.
Je pourrais rester sur mon bateau
et attendre qu'il y ait un termin
pour pouvoir répartir un bateau.
Peut-être que ma vie,
elle aurait eu plus de chance d'être préservée.
Si je restais à bord,
si je ne marchais plus,
je serais en train de rénoncer aussi
la vie que j'ai voulu vivre.
Quelque part, je serais en train de mourir
petit à petit,
en rénoçant l'essence
de ma venue.
Probablement, je n'aurais pas un deuxième hiver
là-bas, je ne ferais pas un autre hivernage,
même si j'aime beaucoup ma vie
et je veux qu'elle dure beaucoup.
Si j'étais tout le temps en train de
essayer de la préserver au maximum,
je serais aussi en train d'accepter
une espèce de mort.
J'essaierais en train d'accepter une mort
gratuelle tous les jours.
Je me prépare pour sortir du bateau.
Je commence à mettre mes bottes,
mon pull,
mes gants
et j'irégale dans mon bateau.
Je me disais
que si jamais je meurs,
quelqu'un va rentrer ici.
Quand personne ne rentrera ici,
elle va essayer de faire
les films de ce que s'est passé
avant que j'y disparaisse.
La personne va commencer à regarder
les lits, qui ne va pas être bien fait,
parce qu'on commence à les pimper.
Elle va regarder les bouquins que je suis en train de lire,
elle va lire mes journaux,
des bords, elle va regarder
ma cuisine qui est un peu bizarre.
Avant de sortir, j'ai range bien
au bateau, je laisse un petit message.
J'y suis, je suis, je fais une balade,
tout va bien.
Je laisse un bateau prêt
au cas où j'ai meurre
et quelqu'un arrive.
J'ai commencé à faire ça presque tous les jours.
Je laissais un peu les bateaux
comme s'il était prêt pour que quelqu'un
vienne rendre visite.
Je commence à écrire des façons différentes.
Et j'ai commencé à vivre chaque seconde,
comme s'il était un seconde de plus.
J'ai marché sur la banquise
et les ciel, il me paraît plus beau,
plus intéressant.
Quand j'ai froid dans les doigts,
j'ai presque plaisir de sentir froid dans les doigts
parce que ça me rappelle que j'ai encore, encore.
J'ai sort du bateau,
j'ouvre une chaise de camping
sur la banquise,
j'ai regardé les ciels
et je suis capable de regarder
pendant trois heures ce qui s'est passé.
Et je ne sens plus très froid
parce que maintenant il fait moins dix.
Et je peux rester assise
juste en train de regarder
ce que s'est passé devant.
Ce ne sont aucune attentes,
ce n'est pas sans aucune peur,
sans aucun manque.
J'ai tous ces dont je pouvais rêver,
j'ai un corps qui marche,
j'ai une réserve de nourriture,
j'ai assez de chaleur à l'intérieur de mes puls.
Ma vie, elle est
elle est tellement
plus riche à partir de ce moment
où j'essaie que je peux la perdre.
J'aimerais que ça dure
plus ou plus toujours cette lumière blanche
que je vois quand j'ai les yeux fermés.
J'ai l'impression que mon corps
l'évite, j'ai l'impression que
j'ai plus de, plus aucun poids
et que
si jamais ma vie
terminait, elle aurait
déjà valu la peine pour cet instant
que je suis en train de vivre.
Et je suis sûre
que si les paradis existent,
il est exactement comme ça.
J'ai l'impression
que c'est un ennemi
qui est enceinte.
J'aimerais que ça dure
plus ou plus toujours
que j'ai l'impression
que j'ai plus de, plus aucun poids
que j'ai plus de, plus aucun poids
que j'ai plus de, plus aucun poids
que j'ai plus de, plus aucun poids
que j'ai plus de, plus aucun poids
que j'ai plus de, plus aucun poids
que j'ai plus de,ucks
je m'aommy
mais alors
k maybe
Afin de transmettre cette expérience, Tamara se consacre aujourd'hui à la création d'un film et à l'écriture d'un livre.
Merci à elle de nous avoir partagé ce récit. Et merci à vous de l'avoir écouté.
Les Balladeurs est un podcast du medialet Ouzers.
Cet épisode a été réalisé par Thomas Fier, accompagné par Inès Kochard.
Le récit a été présenté par Clément Sacar, la musique est composée par Nicolas de Ferrand.
Chloé Vibo s'est assuré du montage et Augustin Bretillard du studio Wild Times Records, du mixage.
A bientôt !