#86 — Les vertiges du Sahara, avec Régis Belleville

Durée: 38m25s

Date de sortie: 02/04/2025

En 2005, Régis Belleville a entrepris sa grande aventure : traverser le Sahara, de l’Atlantique à la mer Rouge, en suivant le 20ᵉ parallèle. Après cinq mois de marche et 4 000 km parcourus, il a atteint le désert du Ténéré, l’un des plus inhospitaliers au monde. Mais à 180 kilomètres du prochain puits, la tempête se lève, et avec elle, le vertige de la soif.


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🎙 Cet épisode a été réalisé par Thomas Firh, accompagné par Inès Cochard. Le récit a été présenté par Clémence Hacquart. La musique est composée par Nicolas de Ferran. Chloé Wibaux s’est assurée du montage, et Antoine Martin du studio Krispy Record du mixage.


🤝 La saison 8 des Baladeurs est soutenue par Columbia.


Plus d’infos sur l’épisode :

En 2005, Régis Belleville se lance dans une grande aventure : la traversée du Sahara, depuis la côte l’Atlantique jusqu’à la mer Rouge. Plus qu’un voyage, une expérimentation scientifique. Sur place, il collecte des données et met son propre corps à l’épreuve, pour comprendre l’adaptation humaine face à l’extrême.

Après cinq mois de marche et 4 000 kilomètres parcourus, Régis progresse au cœur du Niger. Au 126ème jour de sa traversée, il atteindra les portes du désert du Ténéré, l'une des mers de sable les plus inhospitalières au monde. Devant lui, 180 kilomètres à parcourir, avant de rejoindre le prochain puits. Là, où l’ombre se fait rare et l’eau n’est qu’une chimère, la tempête rôde… et avec elle, le vertige de la soif.


À propos de Régis Belleville :

Régis Belleville, ancien militaire et humanitaire, a fait du désert son terrain d’exploration. À partir de 1998, il s’est initié aux savoirs des nomades et a appris le métier de chamelier. Il a réalisé une traversée historique de 1 137 km entre la Mauritanie et le Mali avant de se lancer, en 2005, dans une expédition d’ampleur à travers le Sahara. En 2009, il a encore repoussé les limites de l’exploration en menant une expérience scientifique inédite sur la déshydratation dans la redoutable Majâbat al-Koubrâ. Reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes mondiaux du désert, il se consacre aujourd’hui à la recherche sur la survie en milieu saharien et partage sa passion pour le désert à travers ses ouvrages.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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Le Sahara est une terre de mirages et de tempêtes, où le vent hurle et le soleil brûle sans relâche.
Impitoyable, il attire pourtant des âmes intrépides, comme envoûtées par cette immensité dorée.
Régis Belleville en fait partie. Ancien militaire et humanitaire, il a fait du désert son terrain
d'exploration. A partir de 1998, il s'est initié au savoir des nomades, a appris le métier de
Chameulier pour devenir spécialiste de la survie en milieu aride. Au fil de ses aventures sahariennes,
il a affiné sa compréhension du désert et a trouvé son mode d'expédition, la méarrée.
Une itinérance à pied en totale autonomie, où les drômes adhères, gardiens de ses réserves,
deviennent ses seuls compagnons. En 2005, il se lance dans une grande aventure,
la traversée du Sahara depuis la côte atlantique jusqu'à la mer rouge. Plus qu'un voyage,
une expérimentation scientifique. Sur place, il collecte des données sur la faune, la flore,
le climat et la préhistoire. Mais surtout, il met son propre corps à l'épreuve,
devenant un véritable laboratoire vivant pour comprendre l'adaptation humaine face à l'extrême.
Après 5 mois de marche et 4000 km parcourus à travers la Mauritanie et le Mali,
Régis progresse au cœur du Niger. Au 126e jour de sa traversée, il atteindra les portes du désert,
du ténéré, l'une des mers de sable les plus inhospitalières au monde.
Devant lui, 180 km à parcourir avant de rejoindre le prochain Puy,
là où l'ombre se fait rare et l'eau n'est qu'une chimère, la tempête rôde et avec elle,
le vertige de la soif.
De 7 à 9 ans, j'ai suivi mon père qui était professeur en fait à Oran, à l'université d'Oran,
et au lieu de passer les hivers à la neige, en France, on les passait dans le Sahara.
Le Sahara, c'est une région qui couvre 9,5 millions de kilomètres carrés,
qui sépare le continent noir du Maghreb et qui a toujours été un lieu craint par tous les gens
qui ont été obligés de traverser pour le commerce caravanie.
L'avantage du Sahara, c'est que ça n'a pas de frontières,
c'est des régions qui sont très peu contrôlées par les autorités et donc ça traverse la Mauritanie,
le Mali, Niger, Libye, un bout de l'Algérie et puis l'Egypte et ensuite la Somalie.
Le biotope Saharéen est très particulier, déjà c'est un biotope qui est adapté au milieu chaud,
mais il peut être sous la forme de règle, c'est-à-dire des platitudes de petits graviers
ou de roches, soit sous forme montagneuse récente, qui sont des formations volcaniques,
soit des plateaux très rabotés et sinon on est allés pleines sableuses,
mais aussi avec toute forme de dunes en fonction des vents dominants.
Et au début, j'ai traversé le Sahara avec des camions, des véhicules et je me suis vite rendu compte
que la seule manière d'apprécier cet élément, c'était de la traversée au rythme des Dormadaires.
J'ai commencé au 98 à apprendre ce métier avec un maître chameulier qui s'appelait Taoul Boussif,
qui avait donc les techniques moritaniennes de maïariste et de chameulier et à côté de ça,
j'ai aussi travaillé sur la psychologie et la physiologie en déshydratation extrême pour voir les limites
justement du corps humain dans la solitude, en milieu chaud et en déshydratation.
Et par la suite, j'ai appris auprès de différents tribus de façon à acquérir leur savoir,
ce qui m'a permis en 2005 de vouloir essayer de traverser la totalité du Sahara sur le 20e parallèle,
donc dans sa zone la plus désertique.
L'itinière, c'était de suivre au plus près le 20e parallèle.
Le problème est qu'en octobre 2005, quand je suis parti, les températures étaient déjà élevées.
J'aurais dû partir beaucoup plus tôt, mais là, il y avait plus de dromadaires,
il a fallu que je les importe d'une autre région, ce qui a demandé un peu de temps de camion,
et je suis parti du 20e parallèle avec du retard et surtout des dromadaires à soifer.
Donc j'ai été obligé de zigzaguer la plupart du temps sur les 301er kilomètres
pour pouvoir les abrever régulièrement, ce que je comptais pas faire.
Donc là déjà, j'ai commencé à perdre un peu de temps et ensuite l'hiver est arrivé.
Là, tout s'est relativement bien passé, j'ai remplacé mes dromadaires, etc.
Et puis arrivé dans le Ténéré, au mois de mars, le Ténéré, c'était un endroit que je connaissais pas.
Dans les sables, le Grand Pleine, complètement vierge, avec une vision illimitée sur l'horizon,
et avec des dromadaires qui ne connaissaient pas non plus cette platitude extrême de sable.
Je démarre de tablette. Le dernier petit village avant la Grande Pleine du Ténéré.
Alors le village de tablette, en fait, c'est un petit village de quelques maisons en durs,
pas mal de maisons en taux, des huts, qui salinent le long d'un ouaide, le plus souvent à sec.
C'est un village qui est au pied d'une montagne, donc il y a du pâturage, il y a un peu d'humidité.
C'est pour ça que les gens se sont installés là-bas. C'est assez rocailleux comme terrain,
mais ça permet l'élevage des dromadaires et des chèvres.
Alors en général, quand je traversais un village comme ça, je m'arrêchais juste pour me ravitailler.
S'il faut que je change de dromadaires, les négociations sont non souvent deux, trois jours.
Donc je suis obligé de m'installer à proximité du village, ou être détraîbergé chez l'habitant.
En l'occurrence, la personne à qui je vais acheter un dromadaire, à qui je négoci le prix,
mais sinon je me ravitaille, je charge en eau et je repars le plus vite possible.
Dans le Saras, c'est assez simple en fait la navigation.
Déjà il y a le soleil qu'on a du matin au soir.
Il y a également des vents dominants dans le désert qui vont avoir des caractéristiques telles que on saura,
on saura où on peut tirer notre azimuth pour la journée.
On n'avance pas en ligne droite dans les massives d'un air.
On contourne les dunes sans arrêt, etc.
Après, quand on arrive à un puits, c'est très simple.
Quand un puits est actif, il y en a tellement peu dans le désert
qu'on commence à avoir des traces d'animaux de bétail à 50 km convergentes.
Donc même si je rate mon puits 50 km trop ou trop bas,
c'est pas important.
J'ai trouvé des traces d'animaux qui vont aller vers le puits.
J'arrive jusqu'à l'arbre du ténéré, donc en grosso modo 150 km après ta blotte.
Le puits de l'arbre du ténéré, il a à peu près une hauteur de 1 m,
c'évite au chèvre de tomber dedans,
ça évite au lésar parce que ça pourrait rendre l'eau impure et impropre à la consommation.
C'est un des puits les plus horribles que j'ai connu
parce que c'est de l'eau à 40 mètres de profondeur avec une petite poulie grinsante.
Il fallait que je remonte des outres de 30 litres, ce qui est épuisant.
Donc c'est difficile après un effort pareil sous chaleur,
parce qu'il devait faire à peu près 40 degrés.
C'était difficile pour moi de repartir dans l'immédiat.
J'abreuve une dernière fois mes drômes à d'air
et je veux surtout prendre juste la quantité nécessaire d'eau
qu'il me faudra pour aller jusqu'au prochain puits.
Je prends 80 litres, juste 4 litres par 24 heures.
Alors 4 litres par 24 heures, quand on peut perdre 12 litres par transpiration, c'est risqué.
C'est pour ça qu'il faut gérer aussi sa journée de méarrêt.
Et j'en emmène pas plus parce que je ne veux pas surcharger inutilement mes drômes à d'air et les affaiblir.
Je pars de l'arbre du ténéré, je veux atteindre le puits d'Ajgour.
J'estime 180 km, la distance à parcourir en ligne droite sur ma carte.
180 km, c'est grosso modo, ou maximum 6 jours de marche.
En admettant que j'abattent 30 km par jour.
Donc je pense que c'est possible en emmenant que 80 litres d'eau.
En général, je prends toujours 10% d'eau supplémentaire en cas de problème.
Parce que je peux avoir un accident avec un drôme à d'air, avoir un problème de santé,
avoir une morsure de VIPR ou une pique de scorpion.
Donc je prévois toujours 10% d'eau en plus par droit à la distance que j'ai à parcourir entre deux puits.
Je pars de l'arbre du ténéré fatigué avec la chaleur qui était devenue assez importante
puisque ça atteignait 42 à 43 degrés.
Ça faisait plus de 4 mois que je marchais en déshydratation, donc ça devenait un peu compliqué.
Et je pars, vous l'enforcez un peu le rythme pour rattraper le temps perdu
et traverser le ténéré le plus vite possible pour atteindre des contreforts du Sud Libyen et du Nord du Tchad, donc les Nédis.
Donc je repars de l'arbre du ténéré avec mes trois dormadaires, Abzan, Abarro, Azareff.
Abzan, lui, porte tout ce qui est nourriture, tout le ravitaillement.
Et Abarro, le dernier acheté à tableau, lui porte tout le nécessaire à l'attraer, jusqu'au prochain puits.
Azareff, c'est un dormadère que j'adore parce que c'est mon plus vieux compagnon de route.
Donc Azareff est capable de dormir avec moi juste à côté de moi sans être entravé.
Azareff, ça fait depuis le Mali que je l'ai, donc on a voyagé ensemble durant plus d'un mois sur environ 1000 km.
Azareff, c'est mon indicateur qui me permet de voir si on peut encore aller plus loin, si les autres dormadaires vont suivre,
parce que c'était le leader, il faut savoir que chez les dormadaires, il faut tout de suite déceler le leader et le mettre en tête pour que les autres suivent.
Azareff, lui, porte uniquement ma salle, parce qu'il me sert aussi de dormadaires de survie,
je ne l'ai jamais, il faut que je m'en aille très rapidement dans le désert, au pas de course, donc il porte ma salle et mes effets personnels.
En l'occurrence, une salle que je change en fonction des divers régions que je traverse, parce qu'il faut que je puisse être le moins visible possible,
donc je rachète à chaque fois du matériel local utilisé par les tribus sur les territoires que je traverse.
C'est toujours compliqué de traverser ces zones-là seules, c'est dangereux.
L'intérêt pour moi, c'est d'être le moins visible possible, de fondre le plus souvent dans le Sahara en évitant les populations pour éviter les ennuis.
Donc le matériel est uniquement local, la nourriture aussi, ce qui me permet de quitter le bivouac en laissant très peu d'indices.
Donc le premier jour, je vais chercher mes trois dromadaires, je les ramène au campement, je les charge et je parle le plus rapidement possible avant le lever du soleil.
C'est-à-dire que le plus important, c'est de profiter des heures les plus fraîches de la journée.
Donc avant 10h30, 11h avant que les températures soient supérieures à celle de mon corps, j'essaye d'abattre des kilomètres.
Après je ralentis un peu le rythme, je m'arrête pas le midi parce que j'essaye de marcher au biorhythme de mes dromadaires.
Mon hydratation commence le matin avec le thé, c'est à peu près la seule boisson que je prends, des fois un petit verre d'eau.
Ensuite, j'ai une réserve de 4 litres, jusqu'au lendemain matin, l'eau dans mes bidons pour pouvoir la conserver longtemps.
Je les mets sur les dos de mes dromadaires et elles chauffent à plus de 80°C la journée.
Ce qui fait que c'est comme un autoclave, ça élimine toutes les bactéries, tout ce qui pourrait en fait la rendre impure et non potable.
C'est pour ça que j'ai 4 litres, que j'isolent en fait 4 litres dans un petit bidon, parce que l'eau dans mes bidons métalliques est trop chaude, je peux pas la boire.
Et elle commence à être froide qu'à partir du moment où le soleil s'est couché.
Bon, il faut savoir qu'en mes arrêts, ces conditions drastiques hydriques ont des conséquences sur la physiologie,
parce qu'on est capable de perdre 10 à 12 litres d'eau uniquement par transpiration sur une progression de 8 heures en plein soleil avec des dromadaires.
Or, moi je n'ai que 4 litres par 24 heures.
Ce qui fait que je suis obligé de mettre en déshydratation la journée.
Et ma technique, c'est d'essayer de réduire au minimum sa consommation hydrique tant que les heures et la température est au-dessus de celle de mon corps, ce qui évite de transpirer.
Et je garde l'eau et je commence à la consommer quand la température extérieure est en-dessous de celle de mon corps, donc dans ces cas là, elle doit servir uniquement ma physiologie à éliminer mes toxines.
Enfin, une journée, je commence à avoir des crèmes de déshydratation, là j'aurais tendance à vouloir boire plus.
Et c'est là où ça devient compliqué, difficile à gérer et psychologiquement il faut tenir.
La langue qui s'épaisse, la soif, les crèmes de déshydratation, c'est des signes que j'ai tous les jours.
Donc je continue à avancer jusqu'au moment où le soir il y a un dromadère qui tombe d'épuisement.
À ce moment-là, je sais que il ne faut pas que je pousse leur physiologie parce que je ne les hydrate pas, parce que ça peut être dangereux pour eux.
Donc dès qu'il y en a un qui tombe, j'arrête en général la marche et j'établie mon bivouac.
À savoir qu'il n'y a absolument rien d'en ténéré, donc j'avais au préalable, cueilli du foin pour mes dromadères.
Donc je fais mon petit feu, mon petit thé, je m'y drate un petit peu, je nourris mes dromadères, je m'accroupis au niveau de les jambes antérieures
et je les serre avec une corde et je termine par un noeud, ce qui permet d'avoir un écartement, des pattes avant de 20 à 25 cm,
et ce qui les empêche en fait de courir.
Donc j'établie mon petit campement, on se pose tous tranquillement et dans la nuit, commence à se lever un petit vent.
Ça ne m'affole pas dans un premier temps, je suis assez confiant.
Dans le ténéré, comme il y a très peu de serpents et de scorpions, je dors directement sur mes couvertures à dromadère,
donc directement sur le sable, et ce qui me permet aussi de pouvoir être très actif rapidement si jamais je suis attaqué.
J'ai testé plusieurs techniques de bivouac, ça a été l'attente, les couvertures de dromadère.
Le problème des couvertures de dromadère c'est qu'il faut faire des bourrées de chaque côté, tout autour pour éviter les scorpions de monter.
Et le problème d'une tente c'est que le temps de sortir de la tente, etc., c'est des secondes qu'on perd alors que sur une couverture on peut se lever rapidement.
Sarah, c'est une zone de contrebandes ancestrales, et il y a toujours des passages qui vont du nord au sud pour des denrées alimentaires,
pour du gasoil, l'essence, de la traite humaine également, et plus récemment, ça a été aussi des voies de passage pour l'héroïne et la cocaïne.
Donc plus d'argent dans la contrebande, plus de violence, plus d'armes et plus de dangerosité de façon générale.
La vie d'un individu à peu d'importance dans le Sahara, on est toujours armé, tout le monde est toujours armé quand il sort, quand il est hors des limites de son territoire,
ou ne serait-ce que pour chasser et pour survivre.
Et donc voilà, ça crée toujours un peu de conflit quand on se rencontre.
Je me suis fait attaquer trois fois dans le désert.
Alors la première fois, je me suis fait attaquer au nord de Gao, il y a deux personnes qui sont venues avec des machettes,
qui étaient plutôt des voleurs de dromadaires pour la viande, pour aller les revendre à la boucherie,
et donc ils arrivent, je les vois arriver au loin, on est le soir, mes dromadaires sont en travée, je commence à poser mon bivouac et ils viennent vers moi avec des machettes
et commencent à être un peu agressifs dans leur façon de parler.
À ce moment-là, moi je sors mon pistolet et je tire deux fois en l'air et ils sont partis.
Évidemment, j'ai repris mes dromadaires et j'avais encore avancé de 10 à 15 km plus loin pour pas qu'ils reviennent avec des compères.
La deuxième fois, là c'était un peu plus chaud, c'était sur une voie de contrebande qui est très connue, qui est au nord,
enfin à la frontière avec le Mali et le Niger, et là j'arrête le bivouac, je commence à allumer mon feu
et je me mets bien en sécurité au milieu d'un petit cordon d'une pour être sûr que les véhicules ne puissent pas arriver directement sur moi.
Et je vois dans la nuit des phares allumés et qui allaient d'ouest en est, donc ça m'interpelle un peu.
Et puis je les vois à 2 km s'arrêter et des gars descendre de véhicules.
Et avec des frontales, ils commencent à avancer dans ma direction en suivant en fait les traces de mes dromadaires.
Et là j'ai compris que comme j'étais sur un territoire de fort contrebande, il fallait pas du tout que je reste dans le secteur.
Donc là j'ai vite tracé les mes dromadaires, on est partis et on a fait 20 km dans la nuit à l'aide de Jumeil Avignon de Nocturne.
Et je me suis reinstallé un peu plus loin, donc ils m'ont partout.
La troisième fois, là ça a été, je crois, la fois où j'ai eu plus peur, c'était au Niger.
Là c'est deux gamins armés d'une kalachnikov que j'avais repérée qui s'amusait à venir s'approcher à 200 m de moire, partir, s'approcher, repartir.
Jusqu'au moment où ils arrivent carrément sur moi et ils me mettent la kalachnikov entre les côtes et ils me démontent de m'arrêter.
Donc je descends, je calme un peu le jeu parce qu'ils étaient très excités,
ce qui me laissait supposer qu'ils étaient sous drogue.
Et en fait, sur les uns des deux gamins étaient malades et donc ils commencent à m'expliquer sa maladie, on fait un feu, on prend un thé et je lui donne quelques médicaments.
Du coup, ça s'est terminé, j'ai laissé un dromadaire, la moitié de ma nourriture, ils m'ont laissé l'eau qui me restait et les deux dromadaires.
La réalité du Sahara c'est qu'on peut y laisser sa vie bien sûr parce qu'un dromadaire coûte plus cher que la vie d'un homme.
Et le lendemain matin, je me lève dès que le jour apparaît, c'est à dire dès que je peux suivre en fait les traces de mes dromadaires en travée et aller les récupérer.
Par contre, les cordages que j'avais placés sur mes bidons à eau que portait Abarro, avaient été soufflés par le vent et étaient à moitié enterrés.
Et c'est là où ça m'a déclenché cette petite flamme de dangerosité justement parce que je me suis dit que le vent allait continuer à souffler.
Et que c'était pas un petit vent passager de deux jours, ça allait commencer à être les grands vents du printemps et grands vents de sable du printemps.
Donc j'avance cette deuxième journée. Le vent commence à monter mais les vents ne sont pas violents, le sable est relativement fin encore dans l'atmosphère.
Donc je ne m'affole pas trop. En fin de journée, j'arrive sur ces fameux cordons d'un air qui traversent perpendiculairement mon trajet,
où la visibilité descend sur un peu moins de 100 mètres et j'ai du mal à trouver des passages pour mes dromadaires donc j'avance en zigzag.
Alors j'avance premier cordon d'un air qui fait carrément une ligne de dunes, c'est pas des petites barcades que je peux contourner, c'est carrément un mur de sable.
Les deux solutions sont soit de trouver un passage un peu moins haut avec un sable plus porteur, soit de passer tout droit et moi à la main d'affesser la crête de la dunes pour que mes dromadaires puissent franchir.
Donc j'ai opté pour plutôt trouver des passages plus adéquates pour mes animaux et c'est là où j'ai commencé à progresser en danse si car la visibilité avait chuté beaucoup trop pour que je puisse anticiper le passage à l'avance.
Le fait d'avancer en danse si faisait que l'avancé plus droit du tout pour vouloir atteindre ces 30 km par jour, j'ai essayé de faire des efforts en plus d'avancer plus vite pour pouvoir atteindre l'objectif.
Même malgré les conditions climatiques qui augmentaient en intensité et c'est là que je fais des efforts supplémentaires par rapport à mes déshydratations et mes dromadaires avancent également moins vite avec du sable dans les yeux.
Je tirais beaucoup plus mes animaux ce qui était aussi plus épuisant et en fin de journée par contre, là le vent était tellement puissant que c'était des centaines de mètres de hauteur de columnme de sable et là le soleil passait plus à travers.
Donc ça faisait un univers complètement en étrange, orange et là ça devenait en fait inquiétant.
J'établis quand même un bivouac que je leur donne un peu à manger avec peine parce que le foin s'envole et je me pose sur mes couvertures et je me dis qu'il faudrait quand même que tout ça s'arrête parce que je vais pas avoir suffisamment d'eau pour finir et arriver jusqu'à chougour.
Au troisième jour, au matin, là je commence un peu à prendre conscience qu'il peut y avoir un risque et donc je réunis rapidement mes dromadaires.
Je prends juste mon thé, j'essaye de battre mes dromadaires le plus rapidement possible et d'avancer.
Le vent soufflait vraiment très fort au point où les grains de sable en friction contre mes vêtements, contre mon visage, etc.
étaient capables de générer une électricité statique qui me permettait de faire des étincelles entre mes doigts.
Évidemment mes dromadaires avancent les yeux micro, donc ça ralentit encore la progression et en début d'après-midi je tombe sur les restes d'une caravane sans doute transsaharienne
avec des cadavres et des ossements de dromadaires, ce qui plombe un peu le moral.
A moi et à mes dromadaires, parce que mes dromadaires ont flairé les ossements.
Je découvre sur ce des sacs, ils vont entrer par le temps et je ramasse un chapelet que je garde avec moi en me disant ça va peut-être me porter chance.
On s'accroche souvent des petits détails comme ça quand la progression devient un peu complexe.
Azarèf m'inquiétait aussi beaucoup parce qu'il commençait à avoir la veine du coup qui gonflait et son coeur qui sortait un peu de sa poitrine.
J'ai isolé du groupe parce que je ne voulais pas que les autres dromadaires voient le geste que j'étais en train de faire.
Et je lui ai donné 5 litres d'eau à boire parce qu'il était en déshydratation très très avancée.
J'avais un peu honte de donner de l'au cas à Azarèf et pas ni à Abdon, ni à Abaron.
Je voulais surtout pas le perdre.
Je fais plus de pauses pour chercher, pour essayer de progresser et en fait j'ai réduit ma distance quotidienne énormément.
Je commence à douter de la possibilité d'atteindre le puits d'Ajgour.
Il y a des rafales devant sans arrêt. La visibilité je ne vois plus rien.
J'ai mes lunettes fixées mais le sabre passe à travers donc je cligne en permanence des yeux.
J'ai du mal à avancer la tête en regardant l'horizon.
Je baisse la tête régulièrement donc je regarde surtout mes pieds et j'ai mes dromadaires derrière qui tire.
Ils veulent plus avancer, pour eux c'est trop dur d'avancer face à la tempête en général.
Un dromadaire quand il y a une tempête de sable il se couche, il se met d'eau au vent et il attend.
Donc là moi je l'efforce à avancer.
La lumière c'est assez terrible parce qu'on arrive non seulement à voir les cordons d'une air mais à voir l'horizon à 50 mètres.
C'est à dire que le ciel et la terre forment un nuage en fait orange, complètement orange.
Et c'est compliqué d'avancer donc on voit rien.
Elle est d'une platitude qui rappelle la mort.
C'est quelque chose d'angoisseant de cette zone du ténéré où il n'y a pas un harpaire, il n'y a pas une plante,
il n'y a pas quelque chose qui montre que la vie existe.
Et au soir du troisième jour, l'alléchaînement est total.
J'ai du mal à nourrir mes animaux, la paille s'envole sans arrêt, je n'avais pas de pierre pour retenir la paille.
Je me fais rapidement, très rapidement un thé, je grignote quelques gâteaux.
Et puis je m'affâle, je m'écroule. J'avais une journée très épuisante, je m'écroule.
Et c'est là que je me suis rendu compte dans la nuit que j'avais atteint une déshydratation déjà très avancée.
J'ai un indicateur en fait par rapport à la déshydratation que je dois gérer au quotidien.
J'ai un indicateur qui est très fiable.
En général, en fin de journée, évidemment, il y a des déshydratations, je n'ai rien qui est très foncé.
Je m'hydrate la nuit, je dors, j'élimine en principe mes toxines.
Et au matin, si ma première mixtion est claire, à ce moment-là, je sais que j'ai rétabli ma physiologie dans la nuit.
Donc là, je peux avoir une progression normale.
Si jamais elle est encore foncée le matin, c'est qu'il y a un problème.
Parce qu'il y a une chose qui est très importante dans la déshydratation, ce sont les reins.
Si les reins sont affectés, si on commençait uriner du sang, c'est irréversible.
Et là, c'est également la mort.
Dans la nuit du troisième jour, le vent de sable était tellement important
que je m'étais mis une couverture sur moi et j'avais 30 cm de sable qui s'était accumulé.
Je sort ma tête en fait, sous cette couverture remplie de sable.
Je m'aperçois que le vent n'a pas faibli.
L'aube commençait à arriver.
J'essayais de mettre sur mes genoux.
Impossible de mettre sur mes jambes.
Beaucoup de mal à ma genouillée.
Tout d'un coup, je me mets à vomir.
Je me disais que ça, c'est absolument normal.
J'avais jamais connu ça.
Donc je commence à me réhydrater.
J'essaye de manger quelque chose, mais ça me déclenche une envie de vomir.
Donc je pars vomir.
À nouveau, j'ai une diarrhée qui se déclenche aussi.
Ce qui a aggravé la déshydratation, c'est à ce moment-là que je descends,
et je me suis dessous de 8 % d'eau dans le corps.
Je m'aperçois que mon urine est très foncé.
Tous les cines sont réunies et prouvent une déshydratation très intense.
L'épuisement fait que je me recouches.
Et là, je sonne dans un coma,
un espèce de coma avec des pensées un peu délirantes.
Et puis un esprit qui va aussi entre l'angoisse,
des pensées angoissantes, des pensées complètement euphorisantes.
J'ai des visions un peu étranges qui correspondent à des lyriums très minces.
Je passe rapidement d'un tas à l'autre,
avec tout ce que ça accompagne.
J'ai l'impression d'avoir des serpents sous ma couverture.
J'ai du mal à réfléchir, j'ai du mal à avancer dans mes pensées.
Et j'ai des flashs, des flashs très bizarres.
J'ai revu le visage d'une copine que j'avais quand j'étais au lycée,
qui malheureusement décédait.
Et je vois son visage parfaitement,
alors que je l'avais.
Elle était plus revenue dans mes pensées depuis quasiment 30 ans.
Il y avait des choses comme ça très étranges
qui m'alertaient sur un problème psychologique.
Le problème de ce délirium,
c'est qu'on est incapable de raisonner correctement pour sa survie.
C'est-à-dire qu'on a atteint les limites,
tant qu'on n'est pas dans cette situation,
on est capable de prendre des bonnes décisions.
Mais quand on a dépassé et franchi ce cap,
on va vers la mort.
On va forcément vers la mort.
C'est comme ça qu'on meurt dans le désert,
on ne meurt pas parce qu'on se perd dans le désert,
parce qu'on a perdu sa route, qu'on a raté un puits.
Ce n'est pas ça.
C'est la déshidratation qui va conduire
à se poser de façon statique sur un endroit,
d'admirer le paysage, de ne plus penser à rien
et de ne pas se rendre compte qu'on va sombrer dans un délirium,
qu'on va s'allonger sur le sol et mourir de déshidratation,
parce que le coma va arriver très vite.
C'est à dire qu'à partir du moment où il y a le délirium,
en 1h ou 2, on peut sombrer dans le coma
et 2h après, on est mort.
J'arrive plus à me lever.
Là, je me pose, je réfléchis un instant et je me dis que faire.
Pas évident qu'on vienne me scourir
parce qu'en plein invente sable,
il n'y a pas beaucoup de chauffeurs qui prendraient le risque
avec un cas de cas de devenir me chercher.
Donc, il faut que j'essaye de me reposer,
peut-être quelques heures, peut-être quelques jours,
de façon à reprendre des forces,
à reprendre une hydratation normale,
donc arrêter de faire des efforts et à pouvoir poursuivre.
Je suis prêt à faire cet effort-là.
Il faut savoir que je gardais mes dromadaires jusqu'au dernier moment
parce que si jamais j'étais obligé de repartir les jours suivants,
le dromadaire est aussi une réserve d'eau.
C'est-à-dire que l'estomac du dromadaire
peut contenir jusqu'à une dizaine de litres d'eau et de sucre gastrique
qu'on peut presser et ça peut produire
cette lit de d'eau qui permet de survivre encore deux jours.
C'est la technique qu'emploient les nomades,
c'est de garder l'ordre de dromadaires jusqu'au dernier moment
et ensuite de l'edu brs si il n'y a rien d'autre à faire.
Mais ça reste un moyen de survie.
Au quatrième jour, je décide de prendre mon téléphone SAT
et d'appeler ma base arrière.
Là, j'en peux plus.
J'ai tout donné.
Je crois que je peux plus aller plus loin,
j'ai déclenché les secours.
Mais celle-là que Jean-Christien me dit,
écoute Régis, ça ne va pas,
tu prononces des phrases qui sont incohérentes,
qu'est-ce que tu décides ?
Alors je lui dis, j'en christien, je voudrais que tu m'apportes de l'eau
et du fouin pour mes dromadaires,
moi je vais me reposer encore quelques jours
et je vais repartir un peu plus tard.
Il me dit, ok, on va essayer de faire le maximum.
Et donc je me pose là en les attendant.
Je pensais toujours que j'allais pouvoir continuer
parce que s'il m'amener de l'eau, de la nourriture pour les dromadaires,
c'était bon, j'étais sûr de pouvoir partir.
Et dans un autre élan de lucidité,
parce qu'à chaque fois je retombais dans une forme de coma,
j'allumais ma frontale en mode lignotement.
Donc je les attends.
Je retombe dans une espèce de torpeur,
donc j'ai du mal à sortir,
et je retombe dans cette torpeur jusqu'à l'heure arrivée.
Ça a duré 24 heures.
J'en christien avait réussi à trouver un chauffeur,
un contrebandier,
qui avait accepté de prendre le risque de venir me secourir.
Ma frontale,
ça leur a permis de me retrouver dans le vent de sable en fait.
C'est ça qui leur a permis de s'orienter.
Ils avaient un point GPS, mais qui était incertain,
parce que je captais mal les satellites dans le vent de sable.
Donc ça ne donnait pas un point GPS très précis.
Là, j'en christien en soulait de la couverture,
vois mon état,
ils ont commencé par m'y darrater.
J'avais le sourire sur le visage, j'étais content des voix.
Je savais que c'était la fin du calvaire.
Enfin, je soufflais parce que ça allait se finir,
ça allait se terminer.
Parce que je souffrais pas mal.
Et surtout, j'avais cet état psychologique
qui m'inquiétait énormément.
Je savais plus quoi faire, quoi penser.
Je ne mange pas dans l'immédiat.
Je prends déjà un peu d'eau,
ensuite je consomme deux, trois gâteaux de chamollet.
Et en même temps, ils m'apprennent
qu'ils n'ont pas pu avoir de paille
parce qu'ils ont décidé de partir rapidement
et que sur le marché d'Agades,
il n'y ait pas de paille disponible.
Donc,
il fallait que je prenne une décision rapide
qui n'était pas une évidence,
mais qui l'ait devenue.
Il fallait que je rentre avec Agades
et c'est à ce moment-là que tout sert à lâcher.
J'ai lâché mes dromadaires
pour qu'ils aient une change de survie.
Donc je suis monté dans le véhicule
et là je me suis réendormi dans le véhicule
jusqu'à l'arrivée à Agades.
Dans un premier temps, j'étais très déçu
de réussir à atteindre la mer rouge,
donc le but de m'a traversé.
J'ai mis quelques mois
à admettre ma défaite,
convaincu que, de toute façon,
les éléments étaient trop puissants pour un homme.
Et surtout, surtout,
je sais très bien que ça a été un des milieux les plus durs au monde.
C'était un univers
où je pouvais
enfin voir un miroir
qui me renvoyait mes faiblesses,
mes forces, mais surtout mes faiblesses.
J'ai positivé par rapport à tout ça
parce que j'avais atteint mes limites.
Cinq jours plus tard,
ces trois drômes adhères ont été retrouvés en bonne santé
dans un village lointain.
Bien que cette aventure ait été une épreuve pour Aegis,
elle n'a fait que renforcer sa passion pour le désert.
Aujourd'hui Chameulier et expert en survie saharienne,
il est également l'auteur de plusieurs ouvrages sur le désert.
Son expédition de 2005-2006
a été immortalisée dans le documentaire
Le Sahara Sur un Fil.
Merci à lui de nous avoir partagé ce récit
et merci à vous de l'avoir écouté.
Les Balladeurs est un podcast du média Les Ozzers.
Cet épisode a été réalisé par Thomas Fyr,
accompagné par Inès Kochard.
Le récit a été présenté par Clément Sacar,
la musique est composée par Nicolas de Ferrand,
Clou et Vibos est assuré du montage
et Antoine Martin du studio Chris Pyrichorde,
du mixage.

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Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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