
Joséphine Baker, des cabarets à la Résistance
Durée: 18m57s
Date de sortie: 14/12/2022
durée : 00:18:57 - Les Odyssées - par : Laure Grandbesançon. - Extravagante, drôle, courageuse, engagée, personne ne résiste à l’incroyable Joséphine. Qu’elle danse à 6 ans dans les rues de Saint-Louis ou sur la scène des théâtres parisiens, elle électrise, surprend et fascine. Découvre l’incroyable destin de cette femme artiste, libre et engagée. - réalisé par : Anne-Sophie LADONNE
Les Odyssey de France Inter avec Pronote, toute la vie scolaire en une seule appli,
pour les profs, les élèves et aussi leur famille.
C'est une salle sombre derrière un immense rideau de velo.
L'arrière-scène, dans théâtre.
Une jeune femme, la peau noire, les lèvres rouges comme de cerise,
et sauce des chevilles et ses poignets.
Dans ses yeux, il y a tout.
La lumière, la joie, la liberté, la folie, la force, la détermination.
Tu es prête, Joséphine ? C'est à toi, dans une minute.
D'un y a le rideau, la salle est comble.
Les spectateurs ont fait la queue pendant des heures.
Ils sont fibrils, ils s'impatientent.
Ils veulent l'avoir, elles, l'artiste, la danseuse, le phénomène.
L'orchestre commence à jouer.
Le public applaudit, ils siffle.
Oh là là, ils sont chambouillants ce soir.
Le rideau se lève, plein feu sur Joséphine.
Elle ne fait pas, ne pas, elle remue ses hanches.
Bonsoir tout le monde.
Elle saute dans les airs.
C'est un moment explosif, plein d'énergie, d'humour, de vitalité.
Joséphine Baker, rien ne peut l'arrêter.
Danseuse, actrice, espionne, femme libre et sacrément engagée.
Notre pays lui doit quelque fierchandelle.
Et voici Yopii.
Son odyssey.
Le 16 mai 1913, dans la ville de Saint-Louis, aux États-Unis,
il fait une chaleur à crever.
Dans la rue, la foule va et vient, elle se presse et...
Là là là là là !
Tu vois ces deux petits souliers, taillent trente-un, qui sautent, tournent, virvaultent.
C'est Joséphine.
Le petit à huit ans et déjà tout le monde la regarde.
Oh, c'est plus fort qu'elle.
Elles sont comme en courant électrique, parcourant son corps.
Alors elle gigote.
Elle fait des grimages à celles louches.
Les passants autour d'elles sont pliés en deux.
Soudain, leur loge de la ville sonne.
Quatre heures ! Je suis sacrément retard, ça va faire mal !
Joséphine, saisis son sac de provisions et courot si vite que les clairs.
Elle bouche qu'une passante ou deux.
Elle sent au-dessus d'un étalage.
Oh, pardon !
Elle manque de se prendre un vélo en pleine poire, mais pétard !
Pardon, désolé !
C'est largement préférable, à la colère de Mme Kaisa.
Joséphine !
Mme Kaisa ?
Joséphine !
Oh !
Joséphine !
Elle est attracée.
Joséphine !
La petite vue chez elle, depuis que sa mère lui a confié sa fille en dernier.
Joséphine, écoute-moi.
Ton beau-père vient de perdre sa place à la mine.
On ne peut plus vous nourrir tous les six.
Tu vas habiter chez une dame blanche.
Ne pleure pas, c'est une chance.
Tu me mangeras à ta fin.
Et puis Mme Kaisa s'occupera de ton éducation.
En échange, tu l'aideras un peu à tenir sa maison.
L'aider un peu !
Tu parles, Charles !
Joséphine, c'est tout le seuil boulot !
Le ménage !
Le ninge, la vaisselle !
En plus, la vieille peau la nourrit à peine et l'oblige à dormir à la cave.
C'est pas confort, cette vieille paillasse.
Dans la famille de Joséphine, on en batve depuis des siècles.
Descendant d'esclaves, très vite, la petite a compris la leçon.
Les blancs, il vaut mieux les faire rire.
À cette époque, aux États-Unis, c'est la ségrégation.
Les lois, racistées et ignobles, rendent les blancs, tout puceau.
École, magasin, restaurant, tout en tas de lieux sont interdits au noix.
Et si ces voirnis se révèlent, la police s'empêchit, les roues de coups.
Parfois jusqu'à la mort.
Mais, revenons-en à la tournade, Joséphine.
Qui arrive enfin ? Tout est soufflé.
Elle range les courses et se met-t-il des coprestos à la vesselée.
Elle ouvre le robin et d'eau chaude, ensuite, elle frotte.
Une eau, lentement, grandi dans son dos.
C'est Madame Kayser.
De l'eau chaude ? On va bien que ce peau de toi qui paye !
Puis, elle plonge les deux mains de Joséphine dans l'eau bouillante.
Elle brûlait la petite hurle de douleur.
Les années passent.
Joséphine grandit et elle a du culot.
À l'âge de 13 ans, elle pousse la porte d'un théâtre réservé au noir
et demande à parler au directeur.
Monsieur Barton m'attend, j'ai rendez-vous.
Joséphine bluff et elle a diablement raison.
Face au directeur, elle ne se dégonfle pas.
Elle agite.
Un orteil.
Puis, la jambe, puis la hanche, puis la taille, les épaules, le cou, les bras,
sa façon de bouger et son style.
Le directeur n'a jamais vu ça.
Joséphine est engagée.
Elle jouera Cupidon, le dieu de l'amour.
Enfin, un peu de doux air dans ce monde de brutes !
Le lendemain, Joséphine est sur les planches.
Enfin, oui, eux.
Ha ha, façon de parler.
Suspendue à un fil, elle doit traverser la scène en volant
avant de se poser délicatement sur le sol.
Joséphine s'envole.
Mais...
Oh, oh, ha, qu'est-ce qui se passe ?
Au moment de redescendre, elle reste suspendue en l'air.
Elle jicote dans tous les sens.
Impossible de débloquer les poulies.
Vite, on fait baisser le rideau.
Dorage, Joséphine éclate en sanglots.
La salle, elle, est-il là ?
La jeune artiste se débrouille pour jouer dans de nouveaux spectacles.
Le monde du théâtre, elle l'adore !
Bonjour, mesdames.
Mon Dieu, que vous êtes belles.
La troupe, c'est comme une deuxième famille.
En plus, pour la première fois de sa vie,
elle a des dollars dans la porte.
Sur scène, la jeune femme casse la barraque.
C'est mimique bien à elle.
Sa façon d'enduler son corps, de jeter ses jambes dans les airs.
Cette tine dite, c'est drôle, c'est débloissant.
Joséphine Baker, ma foi, c'est de la dynamite !
La dynamite finit par se faire opérer.
En 1925, elle est engagée avec une vingtaine d'autres artistes afro-américains
pour jouer à Paris dans un nouveau spectacle musical,
qu'on appelle alors la revue Meg.
Sur le pack beau qu'il emporte, elle regarde la côte s'éloigner.
Bye bye, pays réservés au blanc.
Chez toi, on a peur d'être noirs.
Une nouvelle vie commence, je vais en sorceler la terre entière.
Joséphine tourne, elle danse, elle rit, et son sourire est si lumineux
que les matelots, l'impression qu'en far, vient de s'allumer là, au beau minuet de l'océan.
Oh purée, ça promet !
Un événement bien parisien.
Nous mènerons au Faux Libéreger.
A Paris c'est les années folles.
Pour se remettre des blessures de la première gambe mondiale,
les Parisiens font la fête comme des timbrées,
ils se régale de jazz, de théâtre,
un vent de liberté souffle sur la ville,
les couples s'embrassent dans la rue,
ce qui est interdit aux Etats-Unis.
Joséphine tombe follement amoureuse.
Mais de Paris, par Dix !
En tout revient toujours !
Au Théâtre des Champs-Élysées, les artistes répètent d'arrache-pied.
Quelqu'un suggère à Josephine de danser sa nu.
Chocée, elle refuse.
Non mais je suis pudique moi !
Et puis, elle réfléchit.
Après tout, tout le monde a des fesses, une poitrine, au moins les miennes seront célèbres.
Le soir de la première.
Elle triompe !
Ses cheveux courent, son humour et ses mouvements totalement débridés sont la sensation du moment.
Josephine Becker libère la danse et le corps des femmes.
Elle en voutent, surprend, séduit, fascine.
Picasso, Cocteau, Picabia, Colette, tous les grands artistes se pressent pour venir la voir.
Et là, à Paris, il y a aussi des racistes.
Certains spectateurs l'a eu, une femme noire qui dans sa nu.
Et pourquoi pas un singe qui mange des bananes ?
Josephine ne se laisse pas démonter.
Ils vont voir ce qu'ils vont voir.
L'artiste se présente sur scène, vêtue d'une ceinture, composée de 16 bananes.
Son nouveau numéro est du tonnerre ! Elle fait la une de tous les journaux !
Josephine a désormais ses propres spectacles, qu'elle joue dans les plus grands théâtres.
Le public l'adore. Elle est bien plus qu'une star. Elle est devenue une idole.
Alors, elle s'habille de tenues extravagantes, pleines de plumes et de froufrou.
Chiqueta, son gappard, Zoso, son laiseur et Kiki, son serpent.
Ne sont jamais loin d'un.
Tout comme... Pépiton, son troisième mari.
Il s'occupe de sa carrière et lui organise une tournée internationale.
Nous sommes en 1929. Josephine fait un carton. Mais pas tout à fait partout.
En Autrichée en Allemagne, où les nazis se rapprochent dangereusement du pouvoir.
Le public montre les crôts.
Je vais vous chanter une chanson qui a été créée par la chanteuse des grands chanteuses.
Qu'importe. Josephine poursuit son chemin. De retour à Paris, elle se réinvente.
Elle joue au cinéma et elle chante.
En 1939, la France entre en guerre contre l'Allemagne nazie.
Très vite, c'est l'Europe entière qui s'embrase.
Josephine ne compte pas rester les bras croisés. Mais... que faire ?
Un soir, elle reçoit la visite d'un certain... M. Fox.
Il travaille pour les services de renseignement français.
Vladiva accepterait-elle de se servir de sa célébrité pour l'aider à faire passer... des messages secrets.
Of course !
Répondait-elle sans hésiter.
Les Français m'ont tout donné. En particulier leur cœur. Je suis prête à leur offrir ma vie.
Josephine, yahoo !
Entre dans la résistance.
Vladiva connaît du beau monde.
Bonjour.
Elle a ses entrées. Partout.
Réception. Gala. Dîner. Elle va et vient. Elle ouvre grands ses oreilles.
Hello.
Et transporte des messages secrets dissimulés dans ses partitions.
Ou bien... c'est soutir gorge.
Ouh !
Grâce à elle, leur résistance obtient des informations extrêmement importantes.
Sur le front, les nouvelles ne sont pas bonnes du tout.
Les soldats allemands mettent la pâtée aux troupes françaises. Ils arrivent à conquérir le Nord.
Bientôt, ils menacent d'envailler le reste du pays.
Tenez le flanc droit !
En 1941, les Spyones se réfugient en Afrique du Nord.
Très discrètement, évidemment.
Enfin, presque.
Elle emporte avec elle 28 mâles et tous ses animaux.
Oh !
Lors d'un voyage au Maroc, elle tombe gravement malade et passe 19 mois à l'hôpital.
Pas question pour autant d'arrêter ses activités.
Plein de ressources, elle transforme sa chambre d'hôpital en bureau de renseignement pour la résistance.
Aider par M. Fox à l'accueil des officiers américains et anglais, les informations, youpie, continuent de circuler.
Oh, Miss Baker ! Vous êtes époustouflante !
Remise sur pied, l'artiste veut continuer à aider.
Il faut remonter le moral des troupes.
Au Maroc, en Algérie, en Syrie et en Égypte, la voici qui parcourt des kilomètres et parfois le désert pour chanter devant les soldats.
Mission accomplie !
Son incroyable énergie réchauffe tout leur petit cœur.
Durant l'été 1943, à Algiers, une tête dépasse celle de tous les autres spectateurs.
Il y a de la lumière.
C'est celle du général de Gaulle, le chef de la France libre !
Après le spectacle, il lui remet la Croix de Lorraine, une médaille extrêmement importante pour les résistants.
Vive la République ! Vive la France !
Josephine, allez l'armes aux yeux.
En 1945, enfin, la guerre se termine. La France est victorieuse.
Deux ans plus tard, l'artiste s'installe avec son nouveau mari, Joe Bouillon, dans le sud-ouest de la France, au château des Milordes.
Oui, oh oh ! La Baptiste n'est pas en très bon état.
Après tout, on finira tout son ruine. Au moins, celles-ci sont belles.
Sa nouvelle demeure, elle veut en faire un endroit spécial.
Une sorte de capitale de la fraternité universelle.
Les humains n'ont pas tous la même couleur, ni la même langue, mais ils ont le même cœur, le même sang, le même besoin d'amour.
Josephine, qui ne peut pas avoir d'enfant, adopte 12 orphelins venus des quatre coins du monde.
Sa nouvelle famille, elle l'appelle.
Ma tribu arc-en-ciel.
Foule du sang, le dernier. Foule du soleil. Mais tous les cinq sont mes enfants.
Et mon cœur de maman les aime tous autant.
L'enfatiquable Josephine Baker poursuit son combat contre le racisme et les injustices.
En 1963, vêtue de l'uniforme de l'armée française, elle est à Washington, aux États-Unis.
Au côté du docteur Martin Luther King, un pasteur qui milite pour l'égalité de droit entre les noirs et les blancs,
lorsqu'il prononce son célèbre discours,
I have a dream.
I have a dream.
Hello ? Est-ce qu'il y a quelqu'un ?
Après la fermeture, une fois les lumières éteintes,
avec Victor Hugo, Marie Curie, Voltaire Jean Moulin et Simone Veil,
à mon avis, ça doit sacrément swinger.
Derrière cet épisode des Odyssey, il y a Fanny le Roi, Cécile Lafon,
Barjamor Jéré et moi, leur Grand Besançon.
Tu connais peut-être cette danse des années folles qu'on appelle le Charleston ?
Eh bien, c'est Josephine Baker qui l'a fait connaître en France.
Sur Catherine, note, et c'est tout.
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