Henri Guillaumet : héros de l'aéropostale

Durée: 18m44s

Date de sortie: 14/12/2022

durée : 00:18:44 - Les Odyssées - par : Laure Grandbesançon. - Découvre la folle aventure d’un pilote de l’aéropostale chargé de porter le courrier, au péril de sa vie, il y a presque 100 ans. Une histoire d’engagement et d’amitié qui t’embarque au cœur de la cordillère des Andes, une forêt d'immenses pics glacés. - réalisé par : Anne-Sophie LADONNE

Les Odyssey de France Inter avec Pronote, toute la vie scolaire en une seule appli,
pour les profs, les élèves et aussi leur famille.
13 juin 1930.
Le ciel est une gigantesque soupe blanche.
Depuis plusieurs heures, la neste tourne.
Elle a envahi le monde.
Ah, pire, on n'y voit rien !
Le sépar le vent contre d'immenses vagues invisibles.
Un avion apparaît et disparit entre les nuages.
Des rafales en pagaille soulèvent comme une petite feuille.
Il fait des peaux, il tange, il tombe, il chute.
C'est un petit modèle, ancien, rustique, sans cabine pour le pilote.
Un pothèse 25.
À son bord, un an, les yeux injectés dessus,
à les deux mains crispés sur le manche à balais.
Les doigts jeûnés, ils luttent toutes ces forces pour redresser la machine.
Allez, mon coucou d'amour, remonte !
Le bonhomme survole les montagnes, de la cordière des hôtes.
Une forêt d'immenses piques glacées.
S'il s'écrase, il va finir en pâté pour chien !
Cet homme s'appelle Henri Guillaume.
Il travaille pour l'aéroposta.
Une compagnie de joyeux dargots qui achéminent le courrier en passant par les ailes.
Pour ces aviateurs de l'enfer, la vie est une véritable roulette russe.
Il pilote à vue, sans protection.
Ils affrontent les tempêtes, ils accomplissent des miracles !
Là-haut, dans les ailes, le monde est incertain.
Sans cesse, les ventours, il faut réagir à la seconde près.
Chaque voyage, peut-être le dernier.
A bord de son coucou, Henri réussira-t-il à sauver sa peau ?
Rien n'est moins sûr.
Tu sais ce qu'on dit.
Ce que la cordière des hôtes prend, jamais, elle ne le rend.
Au-delà de la chambre, il y a souvent une vocation.
Nous sommes en 1916.
C'est un après-midi d'été, ensoleillé,
comme on en voit souvent dans le village de Bouis,
dans le nord-est de la France.
Le ciel est bleu,
et le ciel est bleu.






Les champs de l'userne, violents.
Dans la famille d'Henri, on était le veu.
À 14 ans, le petit s'est nourrire les cochons,
l'abourré la terre et moissonnait les blés.
Les épis jusqu'à la taille,
il avance lentement.
On dirait qu'il traverse
un immense osillant végétal.
Soudain, il y a du grabuge.
Un bruit assourdissant, un syclément lourd,
arrive tout droit du ciel.
Aurilève les yeux.
Quatre aéropleines s'approchent de la terre.
Ils se mettent à courir vite
pour les suivre le plus loin possible.
Et tout à coup, au milieu d'une clérien,
ils les voient, là,
s'opposés sur le sang.
En frissous, comme en éclate,
parcours de dos d'oré.
Sa vie, il le sait,
il la passera dans les airs.
Il s'est mis à l'aéroport.
Trois ans plus tard, à l'âge de 17 ans,
il entre à l'école d'aviation.
Henri apprend à piloter.
Les avions de ces années-là sont archi-rodimentaires.
Qu'importe!
Des corps hypo-séphèses dans la carlingue,
il devient un autre homme.
Son immense corps, carré,
massif, se fait aussi léger qu'une petite pluie.
Il attache son casque.
C'est lunette.
Son cœur bat la chamade.
Le mécanicien fait tourner l'élice.
Le moteur s'enclenche.
Henri lâche les gaz.
Sa respiration s'accélère.
L'avion roule sur la piste.
Il tire sur le manche et puis...
Yarrouuuu!
Il décore!
Dans les airs, Henri fait corps avec son avion.
Ils sont à carlingue vibrée dans ses jambes,
ses épaules, son con, ses bras.
À cette époque, on pilote au fesse.
Seuls les perceptions de son corps indiquent au pilote.
Si l'avion se maintient bien en équilibre!
C'est déplisant, risqué et dangereux.
Mais Henri est extrêmement doué.
Son brevet, il l'obtient au la main.
Et maintenant, que faire?
Sur les conseils de son ami Jean-Mermose, lui aussi pilote,
il postule à l'aéropostale
une compagnie d'aviateurs sacrément cascouts
qui n'obéissent qu'à une règle,
acheminer le courrier croûte que croûte.
Euh... oui, non, euh...
Coutte que coûte!
À cette époque,
très peu de personnes possèdent le téléphone.
Le meilleur moyen de se donner des nouvelles
c'est encore les lettres!
Henri passe des essais au siège de la compagnie,
à Toulouse.
Son vol est pas tout le monde!
Avant d'être officiellement engagé,
on lui pose une dernière question.
Les gens écrivent tous les jours.
Alors vous voyez, les lettres doivent partir tous les jours.
Êtes-vous prêts à décoller par tous les temps
au péril de votre vie?
Oui, je suis prêt.
Bienvenue à l'aéropostale, M. Guillaume.
En 1927,
l'aéropostale a réussi à mettre en place
deux lignes pour relier l'Europe à l'Afrique.
Les liaisons Toulouse-Casablanca
et Casablanca-Dakar.
C'est une véritable prouesse!
Henri apprend à survoler
la mer et le désert.
Comme un oiseau,
il s'aurait en tant suivant les montagnes,
les routes et les lignes dessinées par la côte.
La terre doit toujours être en vue.
C'est mon seul repère!
Au sud du Maroc,
Henri retrouve un autre de ses grands amis,
Antoine de Saint-Exupéry.
La nuit,
les deux pilotes passent des heures à causer looping,
tangage, rouler, lassé, piqué et chandelle.
Ils étudient les cartes
et Antoine lui parle
de la beauté du désert.
Tu vois, Riton?
Lui confie-t-il?
J'ai toujours aimé le désert.
On s'assoit sur une dune sable,
on voit rien,
on n'entend rien,
et cependant,
quelque chose rayonne en silence.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
Évidemment,
il faut des pilotes
à la hauteur.
Le morceau le plus dangereux,
celui qui relie
Buenos Aires
en Argentine
à Santiago du Chili
est confié à Henri Guillaume.
Entre nous,
qui d'autre?
Accompagné par son épouse Noël,
Henri rejoint l'Argentine en bateau,
son avion,
chargé dans les cales.
Sur place,
il se met vite à l'œuvre
et traverse la cordillère des ondes
plus de 90 fois.
Chaque année s'évole
et un véritable prodige.
Le vendredi 13 juin 1930,
Henri ouvre les yeux
5 minutes avant son réveil.
À 7h,
il arrive à l'aéroplace
de Santiago.
Bon, lui, tant est-elle grave?
Si elle ne joue à jeu avec trou.
Ah zut!
Bon, après tout,
s'il y a des trous,
c'est qu'il y a des couloirs
dans lesquels s'engouffraient.
À 7h45,
son avion,
un pothèse 25,
quitte les engards.
Un quart d'heure plus tard,
Henri décore.
A Dieu plancher des vaches,
c'est parti!
400
800
1200
2000
2500
3000 mètres d'altitude
Le coucou craint comme une flèche!
Face à Henri,
le mur de la cordillère des autres.
Au-dessus de lui,
une épaisse mère de nuages.
Oh purée!
Ça commence fort!
Derrière ces lunettes de protection,
ses yeux brillent.
Le pilote impla.
Pour franchir les montagnes,
je vais m'élever
au-dessus des nuages.
Il tire sur le manchabalais.
Le pothèse monte.
3500
4 nuages
4500
5000
6000
6000 500 mètres!
Tout autour d'Henry.
Ces blancs, ces gris,
ces cotonneux,
ils n'y voient absolument rien.
Allez!
Un petit coin de ciel bleu, là!
Une minékerci, quoi!
Hélas!
La situation au pied.
La neige, épaisse,
commence à tomber.
Le vent souffle.
Une tempête se lève.
Bousculé par des rafales
de plus en plus fortes,
l'avion tangue
plus épique vers le bas.
Le pothèse perd de l'altitude,
il chute, il chute,
il chute
de plus en plus vite.
Oh non!
C'est pas vrai!
L'avion est pris par un courant descendant.
Juste au-dessous de lui,
Henri reconnaît une tâche saut.
Le lac lac ou la dentelle diamantée.
Il paraît que c'est assez plat tout autour.
Il faut que je me pose là.
On ne sait pas quel miracle.
Henri réussit à terrer.
Il est 11h35.
Le pilote se détache de son siège.
Il tombe.
La tête en bas.
Le pothèse est à l'envers.
Ok, bon.
On voit là une drôle de la vie.





La tempête continue de battre son plein.
Vite! Henri se réfugie sous la carlingue
en emportant avec lui quelques provisions
et les précieux salles de courrier.
Puis,
il attend.
Je l'ai
frigorifié.
Deux jours passent.
Enfin,
la tempête semble se calmer.
Il sort.
Souda,
un bruit là-haut
attire son attention.
C'est un avion!
Un avion!
Henri fait des signes,
il crie, il saute,
il court.
En vain.
L'avion,
son lac,
l'avoir vu,
a déjà disparu.
L'aviateur regarde autour de lui.
Il n'y a rien.
Rien.
Sinon,
la neige,
la montagne
et le silence.
Si je reste là,
je vais crever.
Ma seule chance,
c'est de marcher.
Le prochain village
est à 60 km.
Henri va devoir se frayer
en chemin
à plus de 4200 m d'altitude.
Il n'a ni matériel,
ni expérience.
Ben là,
ouh,
eh eh eh,
ben,
je sais pas trop quoi dire,
à part,
bonne chance.
Le dimanche 15 juin,
à 10h du matin,
Henri s'éloigne de son pothèse.
Il tient dans sa main gauche,
une petite valise rouge,
contenant un peu de nourriture.
La marche
est difficile.
Chaque mouvement
est une effroyable lutte.
Lorsque la neige est dure,
il glisse.
Lorsque elle est molle,
il s'enfonce
et disparaît presque entièrement.
Chaque fois qu'il tombe,
il se relaie.
Il ne s'arrête jamais de marcher,
même la nuit.
D'ailleurs,
il ne dort pas.
S'il ferme les yeux,
il le sait.
Il a très peu de chance
de se réveiller.
Deux.
Puis trois jours passent.
Henri
est épuisé.
Parfois,
il s'envient sur l'œil.
Ça y est.
C'est la fin.
Et puis,
il pense à sa fin.
Noël, mon amour,
je sais que tu m'attends.
Patientes encore un peu.
J'arrive.
Alors,
un pas devant l'autre,
Henri poursuit sa route.
Un matin,
il perd en gant.
C'est la catastrophe.
Quelques heures plus tard,
il aperçoit un deuxième avion,
mais il disparaît,
hélas,
aussi vite que les premiers.
C'est l'aéropostale
qui envoie des pilotes
à ma recherche ?
Henri a raison.
Son ami,
Antoine de Saint-Exupéry,
alertait de son retard,
sillonne le ciel
pour tenter de le retrouver.
Mais pétard,
arrivé à repérer
un homme perdu
au milieu de cette immense idée blanche,
ça tient du miracle.
Le pilote tient toujours debout,
même s'il est extrêmement faible.
A cause de l'altitude,
il a des hallucinations.
Il entend des coques
et des sifflements de train.
Alors,
il se met à crier.
Ouh !
Je suis là !
Hé !
Mais,
personne ne lui répond.
Le mercredi 18 juin,
avant le lever du jour,
Henri chute de 30 mètres
dans un ravant.
Il ne peut plus bouger,
plus respirer.
Les secondes,
les minutes passent.
Ah, Léonrie,
relève-toi, mon vieux !
Oh non,
oh non, purée !
Il ferme les yeux !
Non, Henri,
non !
Péniblement,
le pilote se met à bouger.
Lentement,
il se relève.
Il souffre le martyre.
Ses chevilles pissencent.
Ses pieds gelés sont s'y gonfler.
Qu'il doit la serrer ses chaussures
pour continuer à avancer.
Cela fait cinq jours qu'en rymarche,
à bout de force,
au beau milieu de la cordière des andes.
Qui sait combien de temps
elle peut encore tenir ?
En fin de journée,
il commence à remarquer ça.
Et là,
de petites herbes.
Cette extrêmement boussigne !
Son cœur tape dans sa poitrine.
Et puis, tout à coup,
il aperçoit pas très loin de lui
un troupeau de chèvre.
Henri cligne des yeux.
Purée,
encore une hallucination ?
Mais non,
les chèvres sont bien réelles !
Dans le lointain,
une femme est en train de s'approcher.
Il crie alors de toutes ses forces.
Je suis l'aviateur perdido !
Je suis l'aviateur perdido !
Enfin,
Henri est sauvé !
Le lendemain,
il envoie un télégraphe à Noël.
Je vais bien.
Je rentre.
Trois semaines plus tard,
notre pilote reprend du service
et retourne dans les aides.
Quand au courrier qui est transporté avec lui,
ce fameux vendredi 13 juin 1930,
une fois récupéré,
il est expédié avec la mention
« Retard, Dieu service ».
Mieux vaut tard que jamais !
Derrière cet épisode,
il y a
Anne-Sophie Ladonne,
Fanny Le Roi,
Basil Boccaire,
et moi,
leur grand Bézinsan !
Antoine de Saint-Exupéry,
le grand ami d'Henri Guillomé,
est aussi l'auteur d'un livre génial
que tu connais peut-être.
Le petit prince.
Je te le recommande,
c'est sacrément merveilleux !
D'ailleurs,
les petits mots que prononce Antoine
sur le désert,
on s'en est extraits.
Les Odyssey
est un podcast
original
de François Inter.

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