La maison du podcast présente
Bienvenue dans Wilde, le podcast animalier.
Je suis ombre et je suis reporter animalier.
Je vais vous emmener à la découverte d'espèces qui peuplent notre métropole d'ex Marseille Provence.
Ensemble nous allons parcourir notre formidable territoire sur les traces d'animaux,
tour à tour minuscule, majestueux, gigantesque ou effrayant,
mais toujours surprenant, ouvrez grands vos oreilles et suivez-moi.
Il a fallu se lever tôt aujourd'hui, c'est le printemps et j'ai rendez-vous au lever du soleil
avec une espèce que vous ne connaissez peut-être pas,
elle est pourtant emblématique de notre région sud,
un oiseau discret mais charmant qui fait l'objet d'un programme de conservation.
C'est Alexandre Lothier qui nous emmène sur ces traces, non loin de la commune de la Barmain.
On a attendu un matin ensoleillé pour se donner rendez-vous.
N'oubliez pas vos jumelles et couvrez-vous, la semaine dernière les températures étaient encore négatives la nuit.
Venez avec moi, je vous emmène sur les traces de la Pigue-Rieges.
Alexandre est un des agents de la métropole, il suit la Pigue-Rieges Méridionale,
mais aussi les Rapaz, l'Aigle de Bonéli, le Circahète, l'Aigle Royale et toutes sortes de Pâssereaux.
En tout il y a 250 espèces d'oiseaux sur le site, certaines sont marines,
d'autres vivent au cœur des collines provençales, des oiseaux qui sont bien là,
même si on ne les voit pas forcément.
Alexandre, merci de nous recevoir sur ton site,
ce matin on s'est retrouvé au lever du soleil, où ça exactement, on est où ?
On est sur le site Garry de Lançon et Chienaland tour,
sur la commune de la Barmain, en plein cœur du pays Salonné, au sein de la métropole X Marseille Provence.
Ce site est là pour abriter plusieurs Rapaz, dont le Plumella-Saint-de-France, l'Aigle de Bonéli.
Il abrite aussi des espèces plus cachées, moins connues du grand public,
et aujourd'hui on est là pour la Pigriache Meridionale,
qui est une espèce typique des milieux méditerranéens, elle vit dans la Garry-Basse,
dégrattée positivement par le feu.
Garry-Basse, qu'est-ce que tu veux nous décrire, qu'est-ce que c'est quand on ne connaît pas forcément ?
C'est quoi comme type de végétation ?
Donc c'est la végétation semi-aride, on va dire, surtout avec du Chien-de-Carmès,
du Romarin, du site Cotonneux, on en a autour de nous,
et aussi des maths de Chien-de-Verbe, ça peut être aussi parsemé de pelouse,
un brachipaud rameux qui est ouvert par les troupeaux, qui paturent au sein du site Naturen 2000.
C'est très dégagé, c'est ce qui est bien pour l'observation.
Oui, exactement. Après c'est assez plat, donc on a besoin quand même de points hauts pour observer les couples de Pigriache.
T'es équipé comment, du coup, pour rechercher cette Pigriache ?
On est équipé de jumelles pour observer tout autour de nous,
ensuite d'une longue vue pour aller rechercher vraiment l'espèce en elle-même,
ou les couples, puisque c'est une distance de fuite assez importante, très créative,
elle va vraiment se cacher, puis elle est à un massime imméthique dans son milieu.
On a un petit terrain de juste matin de 1300 hectares, c'est ça ?
C'est ça.
C'est quand même.
Aujourd'hui, nous ne sommes pas venus faire des captures ou des bagages de Pigriache,
simplement nous sommes là, en observateur, trouver leurs nits, les repérer, les compter,
les marquer sur la carte, voire d'année en année si leur population augmente,
c'est ce qu'on appelle un suivi d'espèces.
Je suis chef de projet espace naturel et agriculture,
on s'adnonne à la métropole X Marseille Provence, territoire du pays salonné.
Donc j'en charge la gestion du site naturel de 1000 gargues de Vincent et Chanel entours,
mission en biodiversité, agricole avec appui aux éleveurs, appui à la filière agricole.
Troisième mission de gestion foracea, c'est un métier de passion,
il faut quand même de la patience aussi et d'observation,
on n'est pas une échelle humaine, on est sur des espèces qui prennent le temps,
puis tendent la nature.
Par exemple, sur le suivi de la Pigriache, c'est quoi l'objectif ?
D'y réussir à comprendre ses habitudes pour mieux la comprendre, pour mieux la préserver ?
Exactement, on travaille donc avec la LPO depuis 2020 jusqu'en 2022.
Sur un programme de capture, de marquage, de recapture,
pour connaître l'espèce, avoir le suivi des couples,
comment elle se comporte, le taux de reproduction,
combien de jeunes à l'envol on peut espérer chaque année sur l'espèce,
comprendre ses causes de disparition,
surtout adapter les mesures de gestion qu'on met en place,
soit développer du passoralisme,
ou adapter les travaux forestiers,
parce qu'il y en a énormément sur le site.
Voilà, c'est toute la concertation derrière,
on n'est pas là juste pour compter les oiseaux derrière.
Il y a tout un plan de proposition et d'action à mettre en place
de gestion de l'utéritoire,
puis des fois aussi de laisser faire tout simplement la nature.
Un peu de patience, mais pas beaucoup,
car déjà, nous apercevons notre premier spécimen de Pigriache.
C'est notre premier Pigriache de la matinée, elle n'a pas mis longtemps à arriver ?
C'est une boule blanche, j'avais surnommé la pirate des Garigues,
parce qu'elle a un masque noir sur la tête,
et donc c'est vraiment une bosse.
Elle est de couloir noir et blanche,
puis de loin, donc ça ressemble à une petite boule de neige
avec une longue queue, qui a un pinceau un peu noir.
C'est comme ça qu'on arrive à les choper à plusieurs centaines de mètres,
puis elle se perche surtout sur les arbres morts,
en hauteur des cimes, des buissons,
c'est vraiment sa caractéristique.
Donc quand c'est la période de la reproduction,
donc elle se perche et chante un champ typique
qui est assez reconnaissable, qu'on a vite à l'oreille.
C'est quelque chose qu'on a l'impression de connaître déjà.
Et là c'est un man qui chante pour rappeler sa femelle du coup ?
Oui, et pour dire aux autres que c'est chez lui, c'est son territoire.
Pour attirer la femelle et pour assouir c'est son territoire.
C'est une espèce territoriale ?
C'est ça, exactement.
Ça c'est fréquent, beaucoup plus fréquent sur les rapaces par exemple.
Alors là Alexandre, tu es avec tes jumelles,
et tu es en train de faire un tour d'horizon des crêtes.
Et des cimes, des arbres.
Tous les pains, les chaînes vert, un peu dénudée.
Puis qu'on a d'autres comme espèces, tu disais,
tu entendais tous les voiseaux chantez, tu m'en as cité plein ?
Donc on a les lululs, là qu'on entend,
qui font lululululululou,
on a le fouette piquechou,
fouette pâtes frinettes,
les mères, le noir.
La pillerie, elle qu'on habite avec qui comme ambifères ?
On a croisé un lapin sur la roue ?
Ouais, voilà, avec les lapins, avec les renards, ça peut être ce prédateur
puisqu'il vient chercher les oeufs dans le nid.
Après, elle va chasser tout ce qui est micro-magnifère,
les souris, les muleaux, les campagnioles...
Ah oui, elle est carnivore, la pigrige ?
Elle est insectivore et elle peut être aussi carnivore.
Elle va manger les criquets, elle va manger tout ce qui a sa portée,
et puis surtout, possiblement dans,
qui a pu se porter aussi jusqu'à son nid,
ou jusqu'à ce qu'on appelle ses mangeoires,
et sur un... Ça s'appelle des lardois.
Elle vient piquer sur les vieux kermesses ou sur les vieux romarin
qu'on voit autour de nous, là.
Elle vient piquer les insectes, donc ça la fait sans garde manger.
C'est-à-dire qu'elle les pique dans les branches ?
Comme avec un pique à brochettes, quoi.
Un pique à brochettes, voilà.
C'est ce fait, ces brochettes autour de son nid
pour nourrir, bah, celui qui couve, donc soit la femelle, soit la mâle,
s'il y a des relais.
Et ensuite, pour nourrir les jeunes, quand ils sont en âge de voler,
ils viennent manger sur l'ardois.
Là, on est fin avril, les nids sont déjà prêts.
Ils sont déjà...
Oui, ils ont déjà condensé à construire,
et même certains couples déjà couvent.
Avec un peu de chance, on va peut-être voir un couple
en train de couver dans son nid.
Allez, on croise les doigts.
On va essayer.
Ça y est, on a trouvé une petite pigrierche, là.
Elle est dans un bosquet de chêne vert, perchée en haut.
On voit bien son ventre qui est rose-pâle.
Puis après, il y a ce fameux masque de pirate,
avec une tête grise.
Il y a un petit...
Un bec, un petit peu crochule.
Là, il est à peu près 8h30 du matin.
C'est quoi son activité à cette heure-là ?
Soit construire son nid, soit achasser.
Dès que les premiers rayons de soleil chauffent le sol,
les insectes commencent à se réchauffer.
Voilà, tout ce qui est criqué, sauterelle,
commence à bouger, et c'est parti pour la tracque.
Il va durer toute la journée ?
Plutôt, la matinée, après-midi,
il va se reposer, puisqu'il fait commencer à faire frais chaud.
À partir de mois de mai, là,
il va se faire un peu chaud,
et après, ça va reprendre l'activité en fin d'après-midi.
Et la nuit ?
C'est les oiseaux qui dorment la nuit ?
Dorment.
On dit toujours que les oiseaux ne dorment que d'un oeil.
Ils sont toujours en alerte du fait des prédateurs.
Et les prédateurs, justement,
la pigrièche, on parlait du renard tout à l'heure, il y en a d'autres ?
Oui, alors la pigrièche, c'est la pire bavarde,
celle qu'on connaît, elle est beaucoup plus grosse.
C'est un prédateur, puisqu'ils vivent,
ils chassent et ils vivent dans les mêmes endroits.
Pourquoi est-ce que la pigrièche est un animal remarquable ?
Dans le sens où, ben, il n'y en a pas beaucoup dans le monde,
et puis surtout, elle est représentée chez nous
que dans le pourtour militaire néanmoins.
Elle est présente qu'en France, c'est en monesthpagne.
Et donc aujourd'hui, il y a le UCN, la classée menacée d'extension.
Ces habitats sont plus en plus dégradés
et surtout disparaissent, à vue d'oeil,
par la l'urbanisation, l'extension des villages et des villes,
par la fracma-attention des habitats, par la création de routes,
d'infrastructures, de carrières, de parcs photovoltaïques, etc.
Pourquoi est-ce qu'il y a une espèce importante ?
On sait que chaque espèce compte.
C'est quoi sa petite contribution ?
Elle limite par exemple les ravageurs, les insectes,
puisqu'elle chasse pleins de criquets, de sotres ailes,
donc d'araignées, même pareil pour les micro-manifères.
C'est une auxiliaire de culture pour les agriculteurs.
Elle régule tout ce qu'il y a de micro-manifères,
les souris, les mulots, c'est une aide pour les agriculteurs naturels.
Et qu'est-ce qu'on peut faire pour l'aider et pour la soutenir ?
Surtout l'action phare, c'est vraiment de redéployer le pastoralisme
et les troupeaux en collines.
Parce que finalement, quand les brebis sont là,
ça aide à réguler la végétation qui est propice à la pigrierche, c'est ça ?
La pigrierche fait partie d'un plan national d'action.
Pour la défendre, une piste principale est étudiée,
redéployer le pastoralisme.
Et oui, c'est le retour des troupeaux dans nos collines,
car quand les brebis sont là, elles se régâlent avec le chêne kermesse,
les buissons, elles maintiennent la garic basse à la bonne hauteur,
c'est ce qu'on appelle l'ouverture du milieu.
Finalement, il faut revenir à des pratiques ancestrales
pour maintenir l'ordre naturel.
Entre 1500 et 2000 brebis par cours chaque année le site,
l'an dernier, 45 poussins de pigrierche sont ici.
C'est la preuve que cette méthode fonctionne.
Pourquoi est-ce que toi, la pigrierche,
j'imagine qu'elle te plaît à force ?
Tu devais y être très attaché ?
Oui, on commence à connaître vraiment les couples,
c'est vraiment une espèce phare,
on devient spécialiste de l'espèce,
on a commencé à comprendre, à la connaître,
petit à petit, et finalement on en apprend chaque jour, chaque matin.
Merci à la Métropole d'Aix-Marseille-Provence
d'avoir aidé à la réalisation de ce podcast.
J'espère que cet épisode vous aura donné envie de chercher
vous aussi des pigriersches, ce petit oiseau pirate,
si charmant, qui peuplent pour notre plus grande chance, notre territoire.
Si cet épisode vous a plu, rendez-vous sur le site de la Métropole
d'Aix-Marseille-Provence pour partir à la rencontre
des nombreuses autres espèces remarquables à découvrir chez nous.
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