"La mésange et la pharaonne", par Paul Greveillac

Durée: 12m5s

Date de sortie: 12/02/2025

durée : 00:12:05 - Une histoire et... Oli - Paul Greveillac est novelliste et romancier français. Il s'est prêté au jeu de Oli et vous propose l'histoire "La mésange et la pharaonne", l’histoire ancienne et presque oubliée d'une pharaonne qui s’était perdue loin de chez lui…

Bonjour, je suis Paul Graveillac et je vais vous raconter l'histoire ancienne et presque
oubliée de la maison Gélapharone.
C'était comme tous les rois et reines d'Egypte avant elle et un peu plus que toutes celles et
tous ceux qui vinrent après elle, une femme très puissante. On vous mentirait si on affirmait
qu'il était atémer de tous. La pharaone était surtout crainte. Elle aimait son peuple mais
elle n'était pas très habile à le montrer. Toujours est-il que notre pharaone régnait sur l'Egypte.
Elle était née, elle y mourrait. Son grand pays, ses pyramides légendaires, faisait sa fierté.
Mais elle était l'asse, fatiguée du désert à perte de vue. Mais contente même de ne plus
jamais s'égarer dans ses palais immenses dont elle connaissait les moindres recoins.
Aussi un jour d'été, à moins que ce fut hiver, on ne s'est jamais trop dans le désert,
la pharaone convoquait-elle son premier ministre.
C'était un très vieil homme, plus chaud qu'une boule de cristal. Il avait fait le tour du monde
à dos de chameaux. Premier ministre, je suis fatigué. Les beautés du royaume ne m'enchantent
plus. Je ne les vois même plus. Premier ministre, dis-moi, que dois-je faire ?
Le vieil homme se gratta la tête, un dernier cheveu en tomba.
Votre thèse, votre question dépasse de beaucoup ma main grossagesse. Je ne saurais vous offrir
une quelconque réponse. La pharaone, on l'a dit, était crainte. Ce n'était pas sans raison.
D'une voix qui se fit menaçante, elle reprit. Premier ministre, c'est très simple. Trouve-moi
une solution sur le champ ou bien tu iras parler au crocodile.
Le vieil homme frissonna. Il lui fallait une idée, maintenant. Il voyait déjà la gueule
d'une bête vorace se refermer sur le nid. Enfin, il lutte une illumination. Votre
thèse, votre thèse voyagez. Vous verrez le monde et vous le trouverez lait. Et lorsque
vous vous assierrez de nouveau sur votre trône, vous serez rempli de la certitude que votre
pays est le plus magnifique au monde. Les préparatifs du voyage sont lancés immédiatement.
La pharaone voulait partir dès le lendemain.
Des centaines de chamois à deux bosses et même davantage purent aranachés.
Au petit jour, se put une véritable ville qui s'ébranla. L'expédition était à proprement
parler. Pharaonique. Fidèle à sa réputation, la pharaone était des plus tyranniques.
Au bout d'une semaine, on atteignait la mer morte. La reine pensait que c'était tout
de même intéressant cette grande étendue d'eau salée dans le désert. Perdue dans sa rêverie,
il ne se rendit pas compte qu'une partie de son cortège l'avait quitté en cours de route.
Au bout d'un mois, on aborda la capadosse, en Turquie. La pharaone trouva des petites
églises perchées dans la roche. Elle dressa elle-même une carte de l'endroit. Elle entra en
ravissement devant les peintures murales que le temps lentement effacait. D'autres membres de sa
suite trouvaient encore le moyen de prendre la poudre d'escampette.
On remonta par le coca à as, en prenant la direction de Moscou. On vit de charmantes
églises à bulbes, d'immenses champs de blé. La reine pensait que son premier ministre était
décidément un saut. Le monde était splendide, mais il ferait mieux de donner au crocodile un vieil
homme si ignorant. Mais la Russie est grande, on s'y perdit. Et lorsque la pharaone se retourna
pour demander à son chef de cortège si l'on savait où l'on allait, elle constata qu'elle était
désormais toute seule, perdu dans la montagne, sur son chameau frileux.
Une pharaone n'a jamais peur, pensa la pharaone. Pourtant elle ne m'en menait pas large. Et elle
continue à son chemin. Il faisait décidément froid. Elle était vêtu de sa robe et de sa
coiffe dorée, sorti de pierre précieuse. Elle se vit ridicule. Mais elle redressera fièrement
la tête. Et elle continue à son chemin. Elle se sentit tout de même bientôt triste et abandonné,
car toute pharaone qu'elle était, nul ne l'accompagnait plus. Elle était perdue.
C'est alors que survint une mésange. Attirée par la coiffe étince lande de la reine,
elle tournoyait autour sans manifester l'intention de se poser. La pharaone qui n'aimait pas les
volatiles, s'emporta. Oiseaux de malheur, cesse donc de me tourmenter, va-t'en ! Mais la mésange
s'enardit. Ooooooh toi tu viens de loin. Je n'ai jamais vu pareil menture. C'est un
chameau et il a froid. Ooooooh oui tu viens de loin. Je n'ai jamais vu pareil chapeau.
C'est ma couronne. Je suis reine d'égypte. Je suis la pharaone. Et elle continue à leur
conversation. La pharaone répondait aux questions d'une voie de plus en plus amicale.
Sa solitude disparue. Ce fut à son tour de s'intéresser à la mésange. Elle remarquait qu'elle était
très jolie. En liserie bleue entourait ses yeux rieurs. La mésange raconta ses nombreux voyages.
Lorsqu'elle était fatiguée de volter, elle se posait doucement sur l'épaule de la reine.
Sans s'en rendre compte, la pharaone avait retrouvé le chemin du sud, celui de l'égypte.
Elle l'huma une odeur familière. C'était celle du riche limon du Nil. La mésange était toujours
à ses côtés. Elle ne se parlait plus tant. Elle n'en avait plus besoin. Elle se connaissait par coeur.
Nous arrivons en Egypte, n'est-ce pas ? demanda la mésange. La pharaone fit oui de la tête.
Elle se sentait de nouveau un peu triste. Il faudrait bientôt à la mésange rejoindre son pays.
Et voici nos pyramides. La pharaone désigna dans le lointain et tombe aussi à conflexe de ses ancêtres.
Comme c'est beau ! Pépille a doucement la mésange et la pharaone vit bien que tout cela était beau.
La nuit tombait. La mésange bâti des ailes en guise d'adieu.
Puis elle se dirigea vers le nord, vers son nid. Elle ne pouvait pas attendre le jour.
Il faudrait alors trop chaud pour voler.
De retour dans son palais, la pharaone aimait plus que jamais l'Egypte et son peuple.
Elle les voyait avec les yeux de la mésange. Elle se languissait de son amie,
mais elle savait qu'elle serait toujours avec elle.
La reine parut soudain se souvenir de quelque chose. Elle fit appeler son premier ministre.
Celui-ci se rendit à petit pas dans la salle du trône.
On lisait la terreur sur son visage. La voix de la pharaone s'éleva. Le premier ministre baissa la tête.
« Tu avais tort, premier ministre ! »
Le vieil homme sentit des sanglots lui démanger le nez. Les crocodiles déjà se léchaient les babines.
Le monde est beau, mais c'est grâce à toi que je le sais.
Le premier ministre releva la tête. Il découvrait dans la pharaone une bienveillance nouvelle.
Le vieil homme sourit. La reine se rappelait l'oiseau qui lui avait ouvert les yeux et réparait le cœur.
Premier ministre, merci.
Et voilà, l'histoire est finie. Et maintenant, Oli ?
Non, une autre.
Oli est un podcast original de France Inter.

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