
franceinfo junior du lundi 17 février 2025
Durée: 7m56s
Date de sortie: 17/02/2025
durée : 00:07:56 - franceinfo junior
France Info
France Info Junior, un invité et des questions d'enfants.
Bonjour les enfants !
Bonjour !
Donc aujourd'hui nous sommes à France Info Junior.
On est la classe de quatrième une au collège du Bois D'Honne à Confersat-en-Horine.
Aujourd'hui nous allons vous parler des réseaux sociaux.
Avec notre invité Julien Lebot.
Julien Lebot qui est avec nous.
Bonjour Julien.
Bonjour.
Journaliste spécialiste du numérique des Internet des réseaux sociaux.
Un de vos derniers livres dans la tête de Marc Zuckerberg aux éditions Actes Sud.
D'abord les enfants, est-ce que vous utilisez beaucoup Internet et les réseaux sociaux ?
Oui.
Quel réseau sociaux ?
Instagram, TikTok et Snap.
Donc un peu tout.
Facebook c'est trop vieux, c'est ça, c'est pas pour vous.
C'est vrai que c'est...
On le constate de plus en plus.
Aujourd'hui on va parler de toutes les règles sur Internet.
Ce qui est permis, ce qui n'est pas, ce qui est légal, quels sont les dangers.
Parce que 17 février, on fait le premier anniversaire d'un nouveau règlement en Europe.
C'est un peu technique, le Digital Service Act.
Pour pas que ce soit une grande jungle sur Internet.
Pareil pour un règlement intérieur au collège, par exemple,
pour pas que ce soit n'importe quoi dans la cour de recré.
Et donc on va s'intéresser à toutes ces règles, à toirement.
Pourquoi les réseaux sociaux ont été créés à la base ?
C'est une excellente question.
En fait avant les réseaux sociaux, il y a ce qu'on appelle Internet.
Internet en fait ce sont des ordinateurs, des machines qui sont en réseau.
Et donc ça permettait au départ de partager de la connaissance,
des informations entre des chercheurs, des journalistes, des gens qui avaient envie,
quelque part d'être connectés, de part et d'autre de l'Atlantique, du Pacifique,
pour échanger des choses, dirais, constructives.
Et puis c'était quand même un peu compliqué de se connecter.
Donc il y a des gens qui ont commencé à se dire,
est-ce que si on veut qu'il y ait un maximum de gens qui puissent se connecter à Internet,
on ne devrait pas créer des plateformes qui facilitent la mise en relation,
non pas entre les machines, mais entre les personnes.
Et donc il y a eu des réseaux sociaux, comme le plus connu,
parce que c'était un peu le premier qui avait vraiment réussi à faire le coup, c'était Facebook.
Et donc l'idée, c'est de faciliter des relations entre les individus.
Donc les réseaux sociaux, ils ont été inventés quelque part pour que
des gens qui ne sont pas codeurs, informaticiens, puissent parler entre eux.
Ils posent aussi des questions, je crois que vous en avez à ce sujet,
autour de l'information aussi Hugo.
Pourquoi en fait ils créent des fake news ? À quoi ça sert en fait ?
Et qui créent les fake news ?
Et qui aussi oui ?
Alors d'abord une fake news, c'est un mot anglais,
on peut revenir à un mot français un peu plus ancien qui est les rumeurs.
Quelque part une fake news, c'est une sorte d'industrialisation de la rumeur,
qui fabrique des fake news.
Souvent ce sont soit des gens qui ont envie de modifier notre perception
de ce qui se passe dans la société, soit parfois aussi des acteurs étatiques,
par exemple des gouvernements, qui sont par exemple en guerre,
une sorte de guerre un peu lointaine, mais ils disent
on va gêner le fonctionnement démocratique de ce pays,
et donc on va fabriquer des fausses informations
pour que les citoyens de ce pays se mettent à voter dans un sens ou dans un autre,
en tout cas dans un intérêt qui nous semble favorable à notre vision du monde.
Est-ce que vous les enfants ça vous est déjà arrivé de croire à une fake news en fait,
et de vous rencontre plus tard que c'était pas vrai ?
Oui j'avais vu sur internet qu'en fait on n'ait jamais allé sur la Lune et que c'était un font-faire,
et après on m'a dit qu'ils sont comme à aller en fait.
Et est-ce que tu sais pourquoi tu t'es dit bah ouais,
c'est vrai en fait peut-être qu'on n'ait jamais allé sur la Lune ?
Parce qu'ils ont montré des preuves.
Est-ce que c'est des preuves vraiment ?
Non du coup c'est des fausses preuves mais...
Alors intéressant Alia Faelor, Clayton, Armand Hugo et Eliès,
vous nous avez dit bah on est sur TikTok, Instagram, Snap,
est-ce que vous êtes sur ces réseaux sociaux avec vos vrais noms ?
Hugo par exemple, toi c'est ton prénom, c'est ton prénom et ton nom ?
Non c'est juste mon prénom mais après je donne aucune autre information,
par exemple mon âge ou mon nom de famille.
Et est-ce que ça c'est le bon comportement à avoir quand on est jeune sur les réseaux sociaux,
en dire le moins possible sur nous-mêmes ?
Alors en fait ça dépend à qui on s'adresse,
ce qui est sûr c'est que d'abord les fournisseurs d'accès internet savent très bien qui vous êtes,
les réseaux sociaux c'est-à-dire les entreprises qui sont derrière,
elles finiront par vous retracer et sachez que toute trace que vous laissez sur internet,
elle est entre guillemets, elle existe pour toujours,
c'est-à-dire quand même si vous avez l'impression que vous n'avez donné que des initiales,
toutes les photos, toutes les vidéos, tout ce que vous allez poster,
peut potentiellement vous poursuivre quand notre vie numérique elle est faite de donner.
Et le donner ce sont des traces, et il se trouve que le numérique a une sorte de mémoire entre guillemets éternel,
enfin en tant qu'électricité pour faire retourner les serveurs,
et donc il faut être très très vigilant par rapport à ça.
Parce que c'est vrai quand on parle avec ces camarades encore une fois dans la cour de récréation,
au fond on a l'impression que les paroles s'envolent, sauf que sur le numérique les écrits restent.
Et donc ça il faut être très très prudent par rapport à ça.
Donc quel est le bon comportement, j'ai envie de se dire qu'il faut toujours penser le numérique comme un espace public.
Et donc en fait ce qu'on fait dans l'espace public, il faut qu'on soit capable de dire que si on est sur un réseau social
ou sur internet, il faut être capable d'assumer tout ce qu'on raconte, tout ce qu'on dit, tout ce qu'on voit.
Les adultes, ils parlent souvent des réseaux sociaux comme quelque chose qui peut être un peu dangereux,
ou il se passe un petit peu n'importe quoi.
Est-ce que vous qui les utilisez à votre âge, c'est quelque chose que vous vous dites aussi,
il faut faire attention, il se passe un peu n'importe quoi, ou vous trouvez que c'est exagéré ?
Moi je pense qu'il y a des bons côtés, des mauvais côtés.
Les bons côtés c'est qu'on peut parler avec nos amis etc.
Et les mauvais côtés je pense que c'est...
Il y en a qui peuvent se faire passer pour des gens qui ne sont pas, par exemple des enfants, alors que c'est des adultes.
Vous en passez beaucoup du temps d'ailleurs ?
Moi oui, oui.
On peut.
Est-ce qu'il y a des choses que vous ne savez pas si vous avez le droit ou pas le droit de le faire ?
Oui, est-ce que c'est légal d'écrire des commentaires méchants ?
C'est quoi un commentaire méchant ?
Par exemple quelque chose avec insultant ou quoi ?
Encore une fois, le numérique c'est un espace public, insulter les personnes, ce n'est pas autorisé.
Tu peux dire que tu n'es pas d'accord, et internet c'est ça qui est fabuleux,
c'est que un réseau social peut permettre de discuter.
Par contre, insulter les gens, pas du tout.
Et on peut se faire sanctionner pour ça ?
On peut se faire sanctionner pour ça, puisque si des personnes portent plainte,
et même si par exemple ton compte s'appelle, je sais pas moi, des initiales,
si la personne porte plainte et qu'à la police et la justice,
il considère que l'attaque est suffisamment grave,
ils peuvent remonter jusqu'à ton adresse de connexion et ensuite jusqu'à toi.
Quel sont les effets négatifs des réseaux sociaux sur les jeunes ?
Alors il y en a beaucoup et je comprends tous les aspects très positifs que tu mettais en avant
sur le fait de profiter de ses amis, de converser avec parfois,
je sais pas moi, des collègues, des gens que tu fais du sport, etc.
ou de voir des vidéos un peu sympas.
Mais il y a plein d'aspects très ambigus encore une fois,
il y a les risques de ciberhar seulement dont on parlait,
le fait qu'il y a aussi beaucoup de contenus, on ne sait pas trop d'où ils viennent,
et qui parfois peuvent nous créer comme un trouble dans notre perception du quotidien
ou de la politique, donc toujours être vigilant.
Et puis la dernière chose, c'est qu'en fait, la gratuité de l'accès aux réseaux sociaux,
c'est pas vraiment une gratuité, parce que quand vous créez un compte sur un réseau social,
en fait vos données personnelles, elles servent à financer de la publicité.
Et donc l'intérêt de la personne qui crée Facebook, Instagram, TikTok ou Snapchat,
c'est de vous garder un maximum de temps sur sa plateforme pour dire au publicitaire,
regardez et regardez grâce à moi, vous êtes capable de toucher des jeunes
qui restent longtemps sur ma plateforme.
Mais par exemple, aussi, il y a des jeux avec des conditions d'utilisation
où ils disent, ils demandent autoriser pour utiliser nos informations personnelles
ou genre si on refuse, on ne peut pas jouer.
Eh bien effectivement, mais c'est comme quand t'es dans l'espace public,
il y a peut-être des boutiques où tu vas pas rentrer,
parce que les conditions qui sont fixées à l'entrée, tu veux dire,
bah non, je ne veux pas donner ça.
Donc en fait, je pense qu'en permanence, il faut se dire que la vie numérique, c'est la vie réelle,
et que donc il faut se poser les questions dans le troc que vous faites vis-à-vis d'une entreprise.
Est-ce que pour cette entreprise, et ce qu'elle me propose, je suis OK pour lui donner tel ou tel niveau d'information ?
Merci infiniment, Julien Lebot, d'être venu dans France Info Junior,
journaliste spécialisée sur les réseaux sociaux, notamment auteur de ce livre,
dans la tête de Marc Zuckerberg, chez Actes Sudpure,
récemment les Futures Optolets aussi, chez le même éditeur.
Et merci à vous, les enfants, d'avoir participé à cette émission,
préparé par Jeanne Sarfati-Karmareck et Elstelford,
et c'est un podcasté sur la Piraille au France.
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