Nouvelle Céroïne
Est-ce qu'on va un jour en finir avec la haine et les injures ?
Est-ce que quelqu'un d'un grand intérieur
vous aime et que c'est pas un pur ?
Pour pas que je pense à en finir,
beaucoup m'ont tournée de l'ailleurs
pour le meilleur pour le pire
je pourrais mettre à main un jour c'est sûr.
Salut toi Nouvelle Héroïne,
je suis Céline Steyer,
celle qui murmure à tes oreilles
des récits d'aventures insolies,
des stimes de soie et de destins extraordinaires
à travers des histoires vraies
de femmes qui ont osé faire de leur rêve une réalité.
Des histoires pour t'aider à grandir en confiance
et trouver ton propre chemin.
Bienvenue sur Nouvelle Céroïne,
le podcast des filles qui osent rêver grand.
Nouvelle Céroïne
Elle est une nouvelle héroïne
née en 1996 à Versailles,
ville du roi soleil en région parisienne
sous le nom de Mathilde Gernert.
Mais c'est à Montigny le bretonneux
que Mathilde grandit.
Dans le cocon d'ouillet de l'appartement du dessous
où vivent ses grands-parents,
Mathilde passe ses après-midi
versées par des mélodies d'autrefois.
Le salon se transforme en scène
lorsque son grand-père fait tourner un vieux vignet.
Les premières notes s'élèvent
et la voix de Jacques Brel remplit l'espace.
Chantant rien que pour elle,
la chanson intitulée Mathilde.
Sur son tapis de jeu,
les yeux pétillants de joie
Mathilde se laisse transporter
par cette mélodie qui semble écrite juste pour elle.
Sa grand-mère avec un sourire aussi doux
que les rayons du soleil en fin d'après-midi,
elle me lui rappelait cette douce légende.
« Tissé, ma chérie,
Jacques a écrit cette chanson
pour toi, une Mathilde,
étoile de nos vies.
Chaque note, chaque parole devient
un fil d'or tissé
dans le grand livre de sa jeune existence.
Lui rappelant que, quelque part,
il y a toujours une mélodie qui nous attend,
écrite juste pour nous.
Qu'en m'a-t-il de franchis
le grand portail de l'école primaire,
ce n'est pas les cours des mathématiques
et des dictées qui font battre son cœur ? Non.
Mais une mélodie bien plus douce
qu'il attend chez elle.
« Maman, je vais faire du piano !
» dit-elle un jour les yeux brillants.
Petit à petit, Mathilde s'immerge
dans le monde des touches noires et blanches.
Elle apprend le langage des notes,
découvre l'harmonie du clavier
et les rythmes du solfège.
Elle se tient droite,
les doigts dansant délicatement sur les touches,
apprenant à faire chanter le piano
sous ses mains âgées.
Mais à son retour de l'école,
un autre genre de musique la tire.
S'appalant dans le fauteuil moelleux du salon,
elle se laisse porter par les riffs
électrisants des Rolling Stones.
Ce groupe anglais que son père,
un ancien punk, vénère.
Vénère, exactement.
Les vibrations rock'n'roll
remplissent l'espèce,
éveillant en elles
une passion assez différente.
Pour ses 10 ans,
un cadeau inattendu de sa grand-mère
Édite, affectueusement appelée
Babouchka, vient changer
le cours de ses passions.
Une guitare acoustique.
Au début, l'instrument reste
dans un coin, comme un trésor
un peu caché, attendant
d'être découvert.
Puis, à un accord après l'autre,
Mathilde commence
à explorer sa guitare.
Elle délaisse progressivement le piano,
apprenant la guitare en auto-didact,
grâce à des tutoriels sur Youtube,
guidés par son oreille musical.
Avec chaque corde,
qu'elle pince, chaque chanson,
qu'elle déchiffe, Mathilde
écrit peu à peu ses propres morceaux.
À l'école, elle joue au clavier
pour la chorale.
À la carmesse de fin d'année,
une place se libère en chant.
Et avec la boule au ventre,
Mathilde se met à chanter
une des chansons qu'elle connaît
par cœur,
Zombie.
Les Crans-Bérises.
Mathilde découvre que la musique
est un voyage sans fin.
Entre les touches du piano et les
corps de guitare, elle tisse
sa propre symphonie.
Une ode à la liberté, de choisir
et d'aimer la musique,
à sa manière.
Et désormais, elle sait
ce qu'elle veut faire.
Faire de la musique et chaque note
qu'elle joue, un pas vers son rêve.
Mathilde est très engouragée
par sa grand-mère
et décide de prendre un chemin
assez
peu traditionnel.
Elle décide de jouer dans la rue,
près de la gare, et du marché
de 50 ans en Yvine.
Elle transforme ainsi ses sessions
de rue en véritable spectacle.
Elle crée un petit coin de magie
musicale où les passants peuvent
s'évader le temps d'une chanson.
Et peu à peu, elle gagne
non seulement en confiance, mais
aussi en audience.
À côté de ça, elle monte
un groupe, Transhistorie,
qui devient un nom familier dans les cafés
les petits salles de concert de la vie.
Mathilde y interprète l'eau,
sa première composition.
Une chanson qui parle de rêve
et d'indépendance.
Mais à la maison, l'ambiance se tend.
Séparant, bien qu'ils aiment leur fille
et admirent son talent,
s'inquiètent de la précarité
d'une vie d'artiste.
Ils craignent que Mathilde
ne puisse pas sécuriser un avenir stable.
Pourtant, chaque fois que le doute s'installe,
Mathilde descend chez sa grand-mère
pour chercher du réconfort.
Baboucheka,
avec sa sagesse et son soutien
inébranlable,
est sa boussole.
Ma chérie,
chaque chanson que tu écris, chaque note
que tu joues, c'est ton âme
qui s'exprime, lui dit Baboucheka.
Ne laisse jamais le monde
éteindre cette lumière en toi.
Ta musique, c'est ton cadeau au monde.
Lance-toi, de toute façon,
tu ne peux que réussir,
puisque tu en as envie.
Tu auras toujours peur que ça marche pas
ou que ça s'arrête. Mais si tu ne le fais pas,
ce sera le plus grand regret
de ta vie, de n'avoir même pas essayé.
Armée de cet amour et de cette conviction,
Mathilde continue de jouer,
de chanter et d'écrire,
prouvant à chaque performance
qu'elle n'est pas juste une musicienne
de rue, mais une artiste en devenir
qui forge son propre destin.
Note, après note,
chanson, après chanson.
Mathilde a 14 ans
et le collège
ne rime pas
avec Mathilde, amour et rock'n'roll.
Dans la cour de récréation,
Mathilde se sent souvent isolée,
observant silencieusement ses camarades.
Son regard se porte instinctivement
plus sur les filles que sur les garçons,
la plongeant dans un océan de questions,
sur son identité et sa sexualité.
Est-ce que j'aime plus les filles que les garçons ?
Un jour d'hiver,
le climat au collège devient
aussi glacial que la température
extérieure.
Une élève s'approche brusquement
de Mathilde
et dans un geste brutal,
la plaque violemment
contre le sol gelé.
L'attaque est féroce
et ce n'est que l'intervention
rapide d'un surveillant
qui met fin à l'assaut.
L'agresseuse avec une touffe
de cheveux de Mathilde toujours dans sa main
n'est exclu que pour
une journée.
Laisseant Mathilde hantée
par la peur d'autres représailles
à l'intérieur,
comme à l'extérieur de l'école.
Est-ce à cause de mes regards
que j'ai été ciblée ?
Se demande Mathilde,
gardant pour elle ses interrogations
pour ne pas inquiéter davantage ses parents.
Un an plus tard,
une nouvelle épreuve se présente
lorsqu'une amie de son ancienne agresseuse
s'en prend à elle.
Poussée à bout, Mathilde
décide de porter plainte,
mais ses efforts semblent en vain.
Cette enchaînement
d'événements devloureux marque un tournant dans sa vie.
Au lieu de se laisser
submerger par la peur et l'isolement,
elle trouve en elle la force
de se redéfinir
et de s'affirmer en écrivant des chansons
toujours et encore.
La musique et l'écriture
deviennent sa safe place.
Un jour,
les sonneries du téléphone enterront le calme
de la maison.
Mathilde, c'est pour toi !
L'appel est de la production
de l'émission de télé-crochet The Voice,
qui invite Mathilde
à participer aux auditions,
après l'avoir découvert dans la rue.
Ses parents,
souvent préoccupés par l'avenir
incertain d'une carrière musicale,
trouvent un peu de réconfort
à l'idée que leurs filles puissent évoluer
au sein d'une telle institution.
Mathilde réussit la première étape,
mais lorsqu'on lui demande
d'interpréter
le petit ball perdu de Bourville,
le défi se complique.
Fans de rock,
elles tentent de donner une nouvelle interprétation
à la chanson, mais cela lui semble
aussi incohérent que de proposer
du l'art à un vegan.
Consciente, content de la conformer
à un style qui n'est pas le sien,
Mathilde décide
de rester fidèle à elle-même
et quitte l'émission
en claquant la porte.
Quelques mois plus tard,
une autre chaîne lui propose de participer
à Rising Star. Elle accepte,
se sentant plus libre dans son expression
artistique. Mais malgré son interprétation
passionnée de Mistral, gagnant de Renault,
de la vie, elle aimait même si
le son est assassin
et on porte avec lui
le rire des enfants.
L'émission ne rencontre pas le succès
escompté et elle n'y gagne pas.
Depuis son enfance, Mathilde,
qui a maintenant 18 ans, est
une fervente admiratrice
de la culture japonaise.
Elle rêve de Pokémon jour et nuit,
imaginant même
vivre dans un Pokémon Center
au Japon.
Elle adopte alors le pseudonyme
Oshii, qui signifie
étoile en japonais,
en hommage à sa grand-mère
qui la surnommait mon étoile filante.
Un soir,
suite à une rupture amoureuse,
Mathilde trouve une marinière
sur son lit. L'inspiration
la frappe soudainement
et elle se met à écrire une chanson,
canalisant ses émotions brutes
dans la musique son refuge.
Et sur ta marinière,
je cherche un autre trait d'union
tu l'as jeté à la mer
pour donner à bouffer au poisson.
Deux ans après,
son expérience télévisuelle,
Oshii signe avec le label
Joenko. Le 3 mars 2017,
elle lance son tout premier single
Comment je vais faire ?
Puis, elle dévoile un EP du même nom,
suivi de 3 autres titres au cours de l'année,
Manage à 3,
En gros Tout est gris
et Parking Sun.
Malgré son ascension,
Oshii continue de jouer dans la rue.
Un jour, en apercevant
une dame en marinière,
elle lui chante, ce qui deviendra
la première pièce de son album
Il suffit d'y croire.
Sorti à l'été 2018,
ce titre se transforme en véritable succès,
obtenant le statut de single door.
Cependant, quelques semaines après
ce triomphe, Oshii apprend qu'elle a la maladie
de maignère.
Une condition caractérisée
par des vertiges, des accouphènes
et une perte d'audition,
expliquant ses outils très curantes
et ses vertiges d'enfance.
Avec une perte auditive de 50%,
les médecins lui annoncent qu'elle
pourrait, ne plus être capable
de chanter.
Oshii a peur,
mais elle fait le serment
de continuer à chanter coûte que coûte.
Chaque chanson et chaque concert
deviennent pour elle un défi
contre son soeur.
Bien que ses jours de collège soient derrière elle,
le harcèlement de la cour de récréation
est transféré dans la basse cour
d'Internet.
Lors des victoires de la musique,
le 14 avril 2020,
elle choisit de célébrer l'amour
en interprétant amour sans sûr,
un hymne à l'amour et à la tolérance
qui touche des milliers de fans.
En embrassant une fille sur scène,
elle déclenche aussi
une vague de messages et de tweets homophobes.
Face à cela,
Oshii refuse de se taire
et dénonce ouvertement
le harcèlement dont elle est victime en ligne.
Les échos douloureux
de son adolescence refont sur face,
rappelant que les défis auxquels
elle fait face, sont non seulement
musicaux, mais aussi profondément
personnels.
...
Oshii est une figure emblématique
dans la lutte contre l'homophobie.
Même si aborder ce sujet
est souvent douloureux pour elle,
elle est consciente que sa parole
peut soutenir de nombreux jeunes et leurs familles
à traverser des périodes similaires.
L'un des victoires de la musique en 2022,
Oshii touche profondément son audience
avec sa chanson
« Fais-moi signe ». Qui lui vaut
une standing ovation ?
Sur scène, elle dévoile un message vocal
de son orl.
Je viens de recevoir vos résultats
et j'ai pas de très bonnes nouvelles.
Vous avez déjà perdu 50%
d'auditions sur les deux oreilles.
J'ai peur que vous puissiez pas
faire ce métier toute votre vie.
Comme elle le dit elle-même,
sa vie, ces six dernières années,
est une suite de hauts et de bas
comparable à des montagnes russes.
Passionnée de musique, elle vit de son art,
mais doit constamment faire face
à des critiques, sur sa sexualité
et son physique.
Quand vous regardez Oshii, par exemple,
qui a un talon incroyable, indiscutable,
enfin, vous mettez un poster
de Oshii dans votre chambre,
mais elle est frayante. Elle a du talent,
cette fille, vraiment, mais qu'elle donne
ses chansons à des filles sublimes.
Les commentaires sur son apparence
ont souvent été durs et injustes.
Certains critiquent en ouvertement
son style et son refus de se conformer
aux normes esthétiques
dites traditionnelles.
Malgré ça, Oshii
utilise ses défis comme source de force,
prouvant que le talent
et l'intégrité artistique
transcendent largement
mes attentes superficielles
de notre société.
Bravo Oshii !
Elle écrit pour aller mieux,
elle se réfuge chez sa babouche cas
et surtout, elle répond
comme dans cet odieux.
L'apparence, en tout cas, est physique,
n'a rien à voir avec la musique, en fait, vraiment.
Franchement, je n'ai pas répondu à un critère
pour signer un maison de disques. Ils ont écouté
mon dictaphone,
enfin, le téléphone et j'ai signé.
Voilà, c'était l'histoire de
Mathilde Gernert, au début
de la grande histoire de la vie d'Oshii.
J'espère que ça t'a plu.
Si tu as aimé cette histoire,
dis-nous-moi en laissant un commentaire
et cinq étoiles sur Apple Podcast,
sur Spotify, ou en demandant à tes parents
de m'envoyer un message vocal
sur le répondeur ou écrit sur Instagram.
Et avant de te laisser retourner
à tes occupations et rêver
encore plus grand,
nouvelles héroïnes et aussi disponibles en livre,
tu peux le retrouver chez ton libraire
préféré ou en ligne.
Je mets tous les liens dans la description
de l'épisode. Ton soutien est tellement
précieux pour continuer de raconter
ces histoires à encore plus de filles
et de garçons. Je compte sur toi
pour en parler à ton école,
à ton cours de danse, théâtre, football,
à la boulangerie et même au contrôleur
de bus. À bientôt, avec
Nouvelles Héroïnes