
Bernard Moitessier, le marin qui renonça à la victoire pour "sauver son âme"
Durée: 7m31s
Date de sortie: 24/02/2024
Quand Bernard Moitessier se lance dans le "Golden Globe challenge", en 1968, c'est un marin aguerri. C'est la première course autour du monde en solitaire. Organisée par un journal britannique, le "Sunday times", elle ne prévoit ni escales ni moyens de communication élaborés...
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Avant de démarrer, je voudrais vous dire un mot sur l'opération Voyage au cœur des pages, menée par Paris Aéroports qui soutient cet épisode.
De quoi s'agit-il ? Du 9 décembre 2024 au 5 janvier 2025, Paris Aéroports propose aux passagers à l'arrivée ou au départ de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly de participer à la magie des fêtes.
Les voyageurs sont invités à déposer un livre dans l'un des points de collecte installés dans les terminaux.
Des livres qui seront ensuite mis à disposition du public par le Secours populaire français, ou vendus à l'occasion de Bradrice Solidaire.
Et si vous n'avez pas de livres, ou que vous ne passez pas par un aéroport parisien pendant cette période, il est aussi possible de faire une recommandation de livres sur voyageaukeurdépage.com, voyage avec un S.
Et pour chacune d'entre elles, Paris Aéroports reversera 1€ au Secours populaire français.
Mais ce n'est pas tout, puisque pendant cette même période, les aéroports se transformeront en lieu de fête, au front aux passagers, une multitude d'animations littéraires, musicales, gourmandes et festives pour petits et grands.
Une jolie initiative des aéroports parisiens pour faire rayonner la culture française.
Vraiment, je suis hors et en mer, je ne vous avais pas aidé à quel point je suis bien. Vous en avez pas aidé, c'est formidable.
C'est fantastique à tout ce que j'ai pu sentir, tout ce que c'est quelque chose.
Je ne sais pas si je pourrais raconter tout ça, je ne sais pas comment je pourrais raconter, c'est fantastique.
Je n'ai pas envie de m'arrêter maintenant, ce serait une connerie de rentrer en Europe.
Je vous en parlerai, mais je ne vois pas ce que je vais refoudre en Europe maintenant.
Il y a trop de choses qui sont fausses aussi. J'ai fait que gaveler dans ce pays.
Je n'ai jamais pu vivre un mois plein, ce que j'appelle vivre, vous voyez vivre vraiment.
Mais laisser le soleil rentrer en soi, laisser avoir vraiment l'âge.
La grande paix, je n'ai pas trouvé ça en France, je n'ai jamais trouvé.
Alors je ne peux pas rentrer en France. Vraiment, je ne peux pas.
L'amour de la mère, Bernard Moetécy l'a contracté très tôt.
Peut-être sur le voyet de son père qui l'emmène enfant dans de longues ballades,
ou auprès des pêcheurs de son Indochine natale qui l'enseignent les secrets de l'océan.
En tout cas, cet appel du grand large, il l'entendra toute sa vie.
Moetécy ne se sent vivre que quand il est sur l'eau.
Alors au début des années 1950, encore adolescent, il part pour l'Australie, sur une simple jonque.
Durant toute sa vie, il sillonne ainsi les mères du monde, de Madagascar aux Antilles,
en passant par la polinaisie et la Nouvelle-Zélande.
Aux abords du Cap Horn qu'il franchit deux fois, il affronte les fureurs des quarantièmes rugissants.
Et pour avoir fait nos frages plusieurs fois, il connaît les trittrices de la mer.
Mais c'est aussi comment l'apprendre.
Donc quand Bernard Moetécy se lance dans le Golden Globe Challenge en 1968, c'est un marin aguerri.
C'est la première course autour du monde en solitaire.
Organisée par un journal britannique, le Sunday Times, elle ne prévoit ni escale, ni moyenne communication élaborée.
Les participants devront faire confiance à leurs seuls instruments, s'extend et boussole,
pour se frier une route à travers les océans.
Seule exception, ils peuvent tout de même emporter un petit poste de radio, mais Moetécy et lui, le refusent.
C'est sûr le Joshua qu'il fera la course.
Baptisé ainsi en l'honneur de Joshua Slocum, le premier navigateur à avoir réussi un tour du monde à la voile en solitaire,
se fier-voilier a déjà emmené son propriétaire, Moetécy, donc jusqu'à Tahiti.
Quand le vent gonfle les voiles de ce catch en acier, il trace dans les vagues qui le soulèvent un puissant sillon d'écume.
Au départ, neuf concurrents.
Ils doivent accomplir leur tour du monde en franchissant les passages obligés que sont le Cap Horn,
le Cap de Bonne Espérance et le Cap Leuwin.
Ils doivent constamment rester en mer sans recevoir l'aide de personne.
Et fait étonnant, dans cette course d'un nouveau genre, il n'y a pas de ligne de départ bien définie,
chacun part du port qu'il a choisi.
C'est ainsi que Bernard Moetécy s'élance de Plimous, le 22 août 1968.
Dès le début, le navigateur britannique Robin Knox-Johnstone prend de l'avance et mène la course en tête.
Moetécy est le suis de près.
Le Joshua font les fleux de l'Atlantique qui traversent à une allure rapide.
Après avoir franchi le Cap de Bonne Espérance et pénétré dans le Pacifique, il talonne son concurrent.
Dans les parages de la Nouvelle-Zélande, il essuie une première tempête, mais son voilier tient bon.
Fin janvier 1969, il se dirige vers le Cap Horn, qu'aucun marin ne franchit sans ressentir une émotion particulière.
À l'approche de ses eaux tumultueuses, le vent forcit et la mer blanchie d'une écume jaillissante.
Moetécy réduit la voilure et installe son arnais de sécurité.
En traversant le Cap, les lourdes nuages se déchirent pour laisser filtrer de long filaments roses et verts qui éclairent le ciel plombé.
Le navigateur, qui le raconte dans un livre, regarde, médusé le spectacle fantastique de cet aura austral.
On comprend déjà, il a la tête ailleurs.
Plongé dans la contemplation des étoiles et des vagues, il se sent communion avec les éléments.
Les traits émacier, il a désormais la barbe et les cheveux d'un sage hindou.
Et la course et ses prestige s'estompe peu à peu dans son esprit.
En attendant la folle décision à venir, il célèbre début février sa victoire sur le Cap Horn.
Aucune ne serait-elle plus grande pour un marin que le franchissement de ce seuil ou le,
où le vent déchaîné peut faire reculer un navire.
Tant de bateaux y ont coulé à pic que le navigateur ne peut que remercier sa bonne étoile.
Et puis, d'un coup, tout bascule.
A la mi-mars, Moitessier va vraisemblablement gagner.
Il longe les codes de l'Afrique du Sud et s'apprête à rejoindre l'Europe.
Il a bouclé son tour du monde et va remporter la course.
Robin Knox-Johnstone est d'ailleurs lui et tous les autres concurrents ont abandonné.
L'un d'entre eux, Donald Crohurst, qui avait donné de fausses informations sur sa position,
s'est même jeté à l'eau dans un geste désespéré.
Alors bien sûr, les nombreux amis de Moitessier et tous ceux qui suivent avec passion,
cette première course en solitaire et sans escale prépare l'arrivée victorieuse du navigateur.
Mais une stupéfiant nouvelle leur parvient.
C'est avec un lance-pierre que Bernard Moitessier a projeté le message sur le pont d'un cargo qui a croisé sa route.
Et que lit-on dans ce message une nouvelle incroyable ?
Le navigateur arrête la course.
Il met le cap sur les îles du Pacifique.
Indifférent à la gloire, aux honneurs et à l'argent, il refuse de retrouver la civilisation occidentale.
Il préfère, comme il dit, sauver son âme.
Dans cette traversée au long cours, seul avec lui-même, il n'a plus que jamais trouvé sa patrie intérieure,
comme disait Saint-Exupéry.
Et cette patrie, ce n'est pas l'Europe et ce que Moitessier appelait ses faux dieux.
Mais la mer s'en limite.
Il dira plus tard, la solitude qui fait mal, je l'ai connu dans la foule à Paris.
Jamais en mer.
Et pris de liberté, les oripaux du succès ne l'intéressent pas.
Seule l'immersion dans une nature insouillée par l'homme le rend vivant.
S'il était revenu en Europe, il aurait eu l'impression de n'être jamais parti.
Ce voyage n'avait de sens que par l'aboutissement que lui avait donné le navigateur.
Il y avait gagné, non pas de l'argent ou un trophée, mais une plus grande richesse intérieure.
Sa vraie récompense, c'était la liberté de choisir son destin, et donc en l'occurrence, celle de foutre le camp.
Pour l'appétit histoire, Robin Knox Johnston, seul à finir la course,
sera déclaré vainqueur du Golden Globe Challenge après 313 jours de navigation.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
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