Comment Tim Jenkin s'est-il évadé de prison ?

Durée: 5m38s

Date de sortie: 02/03/2024

Tim Jenkin naît en Afrique du Sud en 1948. Après ses études secondaires, il exerce divers emplois alimentaires, puis s'installe en Grande-Bretagne en 1970. Jusque là, rien ne l'incite à s'intéresser à la situation politique de son pays. De son propre aveu, il accepte l'apartheid sans trop se poser de questions. Revenu dans son pays pour y étudier la sociologie, sa conscience politique émerge peu à peu. Avec un ami, rencontré à l'université, il finit par gagner l'Angleterre, où il rejoint le Congrès national africain (ANC). Principale organisation de lutte contre la ségrégation raciale, elle est interdite en Afrique du Sud...

Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Avant de démarrer, je voudrais vous dire un mot sur l'opération Voyage au cœur des pages, menée par Paris Aéroports qui soutient cet épisode.
De quoi s'agit-il ? Du 9 décembre 2024 au 5 janvier 2025, Paris Aéroports propose aux passagers à l'arrivée ou au départ de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly de participer à la magie des fêtes.
Les voyageurs sont invités à déposer un livre dans l'un des points de collecte installés dans les terminaux.
Des livres qui seront ensuite mis à disposition du public par le Secours populaire français, ou vendus à l'occasion de Bradrice Solidaire.
Et si vous n'avez pas de livres, ou que vous ne passez pas par un aéroport parisien pendant cette période, il est aussi possible de faire une recommandation de livres sur voyageaukeurdépage.com, voyage avec un S.
Et pour chacune d'entre elles, Paris Aéroports reversera 1€ au Secours populaire français.
Mais ce n'est pas tout puisque pendant cette même période, les aéroports se transformeront en lieu de fête, au front aux passagers, une multitude d'animations littéraires, musicales, gourmandes et festives pour petits et grands.
Une jolie initiative des aéroports parisiens pour faire rayonner la culture française.
Notre homme se nomme Tim Jenkins. Il n'est en Afrique du Sud en 1948. Après des études secondaires, il exerce divers empoises alimentaires, puis s'installe en Grande-Bretagne à l'âge de 32 ans.
Jusque-là, rien ne l'incite à s'intéresser à la situation politique de son pays. D'ailleurs, de son propre aveu, il accepte l'apartéide sans trop se poser de questions.
Mais revenu dans son pays natal pour y étudier la sociologie, sa conscience politique émerge progressivement.
Avec un ami rencontré à l'université, il rejoint le congrès national africain, la N.C., en Angleterre. Il s'agit de la principale organisation de lutte contre la ségrégation raciale, interdite en Afrique du Sud.
De retour une nouvelle fois dans ce pays, et malgré cette interdiction, dès 1975, Tim Jenkins fait une propagande active pour la N.C.
Et ce qui devait arriver arriva, il est finalement arrêté et condamné. Reconnu coupable, il écobe de 12 ans de prison.
Avec d'autres camarades de combat, il est dès lors incarcéré dans l'immense prison de Pretoria.
Là, tout de suite, Tim et ses amis examinent les lieux et recherchent d'éventuels failles dans le système de sécurité.
Rapidement, il se rende compte que la seule manière de s'en échapper serait de franchir le mur de la cour.
Mais problème, cet endroit est surveillé en permanence, y compris la nuit, sans cesse baleillée par des projecteurs et occupé par des chiens féroces.
Pourtant, il remarque un petit battement entre le retour en cellule le soir et l'arrivée de ses chiens.
Ils en sont convaincus, c'est à ce moment précis qu'il faut s'évader.
Mais il y a bien sûr un préalable à cette évasion, sortir des cellules.
La seule manière d'y parvenir serait de se procurer des clés.
Comment faire ?
Tim Jenkins et ses compagnons ne sont pas séoriés, alors comment reproduire les énormes clés de la prison ?
Eh bien, une idée va germer en lui, une idée un peu folle.
Il va fabriquer lui-même ses clés.
Dès lors, il se met à étudier la serrure de très près pendant de longues heures, surtout la nuit, quand aucun gardien ne peut voir son manège.
Il enflamme une allumette et examine les traces que laisse la clé sur un morceau de papier introduit à l'intérieur, qu'il presse fortement au moyen d'un couteau.
Ces marques lui serviront de moule, et elles lui donneront les indications nécessaires à la fabrication de la toute première clé.
Tim Jenkins passe ainsi des jours et des jours à suzer les yeux sur la serrure de sa cellule.
Il adopte de nombreuses techniques et dès qu'il le peut, examine attentivement les clés manipulés par les gardiens.
Quant au matériau, il a décidé, les clés seront en bois.
Pourquoi ?
Car ils travaillent dans un atelier.
Et là, se trouvent des chutes de bois, reliquats du travail des autres détenus.
Ces chutes sont disponibles et les travaillés n'éveillera pas les soupçons des gardiens.
Oui, les prisonniers ont l'habitude de confectionner avec ces chutes de petits objets pour leur usage personnelle, comme des boîtes pour ranger leur stylo.
Alors une fois récupéré ces pièces de bois, ils les dissimulent dans un thermos de café,
un thermos que les détenus sont autorisés à emporter dans l'atelier et à ramener le soir en cellule.
Et puis Jenkin réussit également à voler de la colle de bois.
C'est ainsi qu'une fois, seul dans sa cellule, il se met au travail.
Il parvient rapidement à un résultat et une fois la clé fabriquée, les battements de son cœur s'accélèrent,
il tourne lentement l'objet artisanal et miracle, elle fonctionne à merveille.
A tel point que Jenkin pense qu'elle s'est cassée.
Mais soudain, il est pris d'une angoisse.
Et si des caméras étaient braquées sur lui ?
Et si des micros avaient pu enregistrer le léger bruit de la clé ?
Il parvient tout de même à s'apaiser et c'est à nouveau et la clé fonctionne toujours.
Cependant, il n'ose quand même pas ouvrir la porte, de peur de ne pas pouvoir la refermer.
Alors donc maintenant, les prisonniers ont une première clé.
Ils s'attèlent à la fabrication de toutes les autres.
Et toutes fonctionnent parfaitement.
Elles ne laissent aucune trace dans les serrures et ne font aucun bruit.
En tout, il va leur falloir trois mois entre août et novembre 1978
pour trouver le moyen d'ouvrir une seconde porte, après celle des cellules.
Au total, Jenkin parviendra à fabriquer les neuf clés différentes.
Neuf clés pour ouvrir les neuf portes qui les séparent de la liberté.
D'ailleurs, bientôt les détenus auront presque plus de clés que les gardiens eux-mêmes.
Où les cachés, et bien l'endroit idéal est trouvé, les toilettes, attenantes à la salle de douche.
Enfin, après plusieurs reports, vient le jour J.
L'évasion aura lieu début décembre 1979.
Les détenus sortent alors de leur cachette leurs vêtements civils,
puis trempe leur tenue de prisonniers dans de l'eau savonneuse.
Ainsi, les chiens ne pourront pas retrouver leur piste.
Comme prévu, pendant que l'un de leurs camarades occupe les gardiens,
les trois candidats à l'évasion profitent d'un changement d'équipe pour ouvrir toutes les portes,
les unes après les autres.
Et finalement, ils arrivent devant la dernière.
Ils constatent alors, en regardant par le juda, que la rue est déserte.
La porte s'ouvre sans encombre et c'est enfin la liberté.
Commence alors un périple qui les conduit d'abord au Mozambique voisin,
puis dans d'autres pays africains,
pour enfin atteindre la Grande-Bretagne quelques semaines seulement après leur spectaculaire évasion.

Episode suivant:


Les infos glanées

Je suis une fonctionnalité encore en dévelopement

Signaler une erreur

Lafolleépopée

Tous les samedis, je vous raconte une histoire vraie complètement folle.

Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Tags
Card title

Lien du podcast

[{'term': 'Society & Culture', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}]

Go somewhere