l'origine de la musique.
Quand l'univers, à qui on donne beaucoup de nom,
quand l'univers a créé le monde,
il a d'abord créé le ciel infini,
dans lequel il a mis des galaxies,
dans lesquels il a mis des étoiles,
autour desquels il a mis des planètes,
sur lesquels il a mis des endroits mouillés et des endroits secs,
sur lesquels il a créé les humains.
Mais de l'humain,
l'univers a d'abord créé l'âme,
immortelle et hétérée,
qui volait librement,
flânant au gré de ses envies et des vents cosmiques.
Mais l'univers s'est dit qu'il fallait un corps,
dans lequel rangait cet âme un peu trop étend l'air,
et il a créé le corps des humains.
Une machine...
une machine parfaite, certes,
car l'univers ne crée que du parfait,
mais à la perfection...
à la perfection relative, dirons-nous.
Un corps avec des genoux qui grincent,
avec des intestins qui gargouillent,
avec des dents où il y a toujours un petit bout de nourriture coincée.
L'univers a donc créé ce corps,
et il a dit à l'âme,
vas-y, rentre donc là-dedans.
Mais l'âme,
immortelle et hétérée,
et flânant au gré de ses envies et des vents cosmiques,
a regardé ce corps à la perfection relative,
et n'avait pas du tout envie de venir habiter dans ce corps,
avec ses genoux et ses intestins et ses dents où les trucs se coincent.
Alors l'âme a dit non.
Mais l'univers ne demandait pas.
Il a dit rentre là-dedans.
Non.
Allez.
Non.
Vas-y, sinon...
Alors l'âme, répondant très mal à la menace,
s'est envolée et est parti se cacher dans un coin de l'univers,
derrière un trou noir pour faire la tête.
L'univers a appelé, menacé, tempêté,
mais l'âme s'était muré dans un silence borné.
Alors l'univers a eu une idée.
Il a créé les tambours,
et un rythme, le tout premier rythme de l'histoire du monde,
est né des tréfonds de l'univers.
Tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum-tum.
Et derrière son trou noir,
l'âme a levé une oreille.
Qu'elle n'avait pas encore.
Puis l'univers a créé les cordes,
les alto, les violons,
et leur nappe douce aux épreunantes.
Pomp-pomp-pomp-pomp-pomp-pomp-pomp-pomp-tou-dou-dou-dou-dou-dou-dou-dou-dou.
Et derrière son trou noir,
l'âme a souri du coin des lèvres.
Qu'elle n'avait pas encore…
Et puis l'univers a créé les cuivres,
puissants, explosifs.
Pomp-pomp-pomp-pomp-pomp-pomp-pomp-tou-dou-dou-dou-dou-du bon.
Bam-pam-pam-pam-pam-pam-pam-pam,
et derrière son trou noir,
l'âme a commencé à taper du pied.
Qu'elle n'avait pas encore.
Et l'univers a créé les trombones,
les cymbales, les pianos,
les guitarts, les règles…
Dans un orchestre incroyable.
TOUT TOUT TOUT TOUT TOUT TOUT TOUT TOUT TOUT.
Et là, me dansez.
Virevoltais.
TOUT TOUT TOUT TOUT.
Bondissez sur ses pieds.
Quelle n'avait pas encore.
TOUT TOUT TOUT TOUT TOUT TOUT TOUT.
Et l'univers a continué sa musique.
Et là, ma continue à danser.
On se rapprochant toujours plus de sa planète, toujours plus proche,
Tum tutam, toujours plus proche,
Tum tutam, toujours dansante,
Tum tutam, toujours plus proche,
toujours plus proche, toujours plus proche,
Tum tutam, tutam, tutam, tutam, tutam, tutam, tutam,
Et quand elle sait suffisamment rapprocher,
OUH !
l'univers l'a attrapé,
OUH !
et l'a mise dans le corps et...
Tum tum,
Tum tum,
un rythme né.
Dans le corps où était enfermé l'âme dansante,
Tum tum,
Tum tum,
Tum tum,
un rythme qui commence quand on est,
et qui ne s'arrête que quand on meurt.
Tum tum,
Tum tum,
Tum tum,
le rythme du cœur qui bat.
Tum tum,
Tum tum,
Tum tum.
Et ainsi est né le monde,
et ainsi est né la musique.
Et c'est pour ça que quand on entend de la musique,
on ressent cette étrange sensation dans le ventre.
C'est notre âme qui danse,
notre âme qui danse en souvenir du temps où elle flanait,
immortelle et hétérée,
au gré de ses envies et des vents cosmiques,
en souvenir du temps où elle était libre.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org