Hailibu, le chasseur au grand cœur

Durée: 15m16s

Date de sortie: 09/08/2022

Un chasseur généreux, un grand pouvoir, de grandes responsabilités… Aujourd’hui, c’est HAILIBU, LE CHASSEUR AU GRAND CŒUR qui sort du vieux grimoire !

Pour quel âge est cette histoire : à partir de 5 ans.

Qu’est ce que pourrait me faire peur dans cette histoire ? Beaucoup de serpents qui grouillent, et le héros se sacrifie pour son village et meurt.

Qui suis-je?

Je m’appelle Samuel Genin, et après avoir raconté mes histoires pendant 10 ans sur scène, j’ai décidé de vous les offrir, au format podcast !

Si vous voulez me faire plaisir, dessinez ce que vous avez entendu dans mes histoires, et envoyez-les moi (en me précisant si je peux les diffuser publiquement, et si oui, si je peux citer le prénom du ou de la dessinateurice) !

Et n’hésitez pas à me laisser des gentils mots, et des étoiles, sur l’app où vous m’écoutez !

Je peux également venir raconter mes histoires sur scène, dans votre centre culturel, bibliothèque, centre de loisirs, école, etc.

Contactez moi, pour vos dessins ou autre, à :

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Illustration : Jeanne Prigent

Aili Bhu, le chasseur au grand cœur.
Dans une forêt dense qui ponctue l'étendue infinie des steppes, Aili Bhu chasse.
Arcs et flèches à la main, il bouge comme une feuille dans le vent, les oreilles et
les yeux à la vue.
Et soudain, dans le bruissement étouffé de la forêt, il entend un cri.
Un cri humain, ou presque humain.
Peu importe.
Sans hésiter, il bondit, saute à travers les branchages et par-dessus les fossés
en direction des cris qui se répètent et arrivent dans une clérière où il voit
un aigle qui se bat avec un serpent.
Et l'oiseau commence à avoir le dessus.
Il attrape le reptile dans ses serres et d'un preste coudèle, s'envole.
Et là, le serpent qui se tord et se débat ouvre la bouche et crie.
Oh !
L'écrit humain vient de lui, vient du serpent.
Alors poussé par l'instinct avant même que son cerveau ne connecte pour se poser des
questions comme par exemple, pourquoi est-ce qu'un serpent aurait une voix humaine ?
Aili Bhu encoche sa flèche, arme son arc et tire.
La flèche part droite comme un rayon de soleil et frappe l'aigle en plein cœur.
Il s'effondre, le serpent se libère et disparaît dans les fourrés.
Aili Bhu, le cœur battant à tout rompre, l'adrénaline courant dans ses veines, se
remet doucement de ses émotions quand une voix se fait entendre derrière lui.
Ces émotions m'en font oublier mes manières.
Merci mes sirs de m'avoir sauvé la vie.
Le chasseur se retourne, la voix sort du serpent, une voix presque humaine.
Aili Bhu est très impressionné par la magie puissante qu'il voit, alors il s'incline
très bas.
« Seigneur serpent, je ne vous ai pas sauvé en sachant que c'était vous.
Mû par l'instinct, vos cris m'ont touché et j'ai abattu cet aigle sans vraiment y
réfléchir.
Votre conduite n'en est que plus honorable.
Si vous voulez vous adresser à moi, appelez-moi prince serpent.
Seigneur serpent, c'est mon père, le roi loup.
Suis-moi humain.
Mon père voudra sûrement te remercier.
» Et le serpent repart en ondulant entre les feuilles mortes.
Aili Bhu hésite mais pas longtemps et décide de le suivre, un peu par peur de lui désobéir
mais aussi par curiosité.
Ils avancent donc tous les deux, l'un sur deux pattes, l'autre sur son ventre, toujours
plus loin dans la forêt.
Après quelques temps, Aili Bhu se retrouve dans un endroit de la forêt où il n'est
jamais allé.
L'épain gigantesque semble caresser les nuages et bloque la majorité de la lumière
du jour.
Au sol, un épais tapis déguir lui donne l'impression de marcher dans du coton.
L'odeur sucré de la sève des arbres l'ennivre un peu.
Mais le serpent continue, alors il continue, lui aussi.
Bientôt, une brume basse couvre le sous-bois et il a de plus en plus de mal à apercevoir
son guide.
Il se débase souvent avec des toiles d'araignées qui semblent venir de nulle part et qui se
prennent dans son visage.
Le froid commence à se faire sentir mordant à travers ses vêtements de peau.
Mais le serpent continue, alors il continue, lui aussi.
Et l'homme et la bête finissent par arriver devant un an chevêtrement de racines entre
mêlées qui forment un mur de trois mètres de haut.
« Amis, laissez passer votre prince ! » siffle le serpent.
Et devant les yeux ébaillis d'Aili-Bou, les racines se mettent à bouger et défonnt
leur neuf serré pour ouvrir un passage aux deux marcheurs.
Les racines étaient en fait des serpents qui avaient traissé leur corps pour créer
un mur.
Un passage vers un tunnel souterrain se dévoile alors.
Le serpent s'y engouffre, alors Aili-Bou s'y engouffre, lui aussi.
Le souterrain froid est humide, descend vers les profondeurs de la Terre.
Des percées de lumière créent régulièrement des puits de soleil qui permettent à Aili-Bou
de voir où il met les pieds et de ne pas marcher sur les serpents, de plus en plus nombreux.
S'il ne voyait pas la Terre et les racines pendantes sur les parois du tunnel, il pourrait
se croire lui-même à l'intérieur d'un serpent géant.
Son guide à écailles finit par le mener au bout du tunnel, jusqu'à…
Wouah !
Une grande salle jonchée de ruines de pierre d'une civilisation disparue.
Sur un trône de pierre, au centre, se tient un serpent gigantesque, épais comme la cuisse
du chasseur et dont les écailles jaunes à son front semblent dessiner une couronne.
« Approche, toi qui as sauvé mon fils et viens chercher ta récompense. »
Aili-Bou s'apprête à faire un pas, mais devant lui, le sol de la salle est recouvert
d'une marre de serpents grouillant comme des verres de terre dans un sol humide.
Il jette un regard interrogateur au roi des serpents qui ne dit rien.
Alors Aili-Bou baisse doucement son pied et, juste avant qu'il n'écrase les reptiles,
ceci s'écarte, dévoilant la pierre dure et stable du sol.
Le chasseur avance ainsi doucement, la multitude de serpents s'écartant à chacun de ses
pas et referment les trous derrière lui, dans un bruit sement humide continu.
Il arrive devant le roi des serpents et s'incline très bas en signe de profond respect.
À sa grande surprise, le roi des serpents s'incline à son tour.
« C'est à moi de te saluer humain, tu as sauvé mon unique fils de celui qui font du ciel,
et pour ça je veux te remercier en t'offrant quelque chose.
Désir-tu la richesse ? »
« Je vous remercie de vos gentils paroles, majesté, mais ma vie n'a pas besoin de plus de richesse,
et à vrai dire, je ne saurais pas quoi en faire.
Très bien. Désir-tu la gloire, alors, la célébrité ?
Désir-tu que ton nom soit connu dans tout le pays ?
Je serai bien malheureux de ne pas pouvoir faire un pas sans qu'on m'arrête pour me parler.
Non, non merci pour la gloire.
Soit-tu trouver l'amour, alors ?
Ma magie est puissante, et je peux te créer l'amour parfait.
Oh, là encore, non merci, Seigneur Serpent.
Si ma vie doit être remplie d'amour, je crois que je préfère trouver celui ou celle qui sera l'élu de mon cœur par moi-même.
Donc non merci, encore une fois.
Ah ben, bien je ne sais pas quoi t'offrir.
As-tu quelque chose en tête ?
À vrai dire, oui, majesté, j'ai quelque chose en tête.
Je t'écoute.
Le seul rêve que j'ai, Seigneur, serait de pouvoir comprendre tous les animaux comme je vous comprends vous.
Votre magie est grande, et je suis sûr que vous saurez me faire comprendre le langage des bêtes.
Le roi des serpents réfléchit un instant, puis fouille dans un grand coffre de bois qu'il avait derrière son trône,
et il en ressort un petit caillou plat, de la taille d'une pièce de monnaie, d'un gris si clair qu'il paraît blanc.
Il donne le caillou à un serpent devant lui, et la marée décaille fait avancer la pierre jusqu'à Aylibou, qui s'en saisit.
Pose cette pierre sur ta langue, et tu pourras comprendre le langage de toutes les bêtes.
Si tu l'enlèves, tu ne le comprendras plus.
Si tu le remets, tu le comprendras de nouveau.
Tu ne pourras pas leur parler toi-même, mais tous ceux qui le disent, tu le comprendras.
Mais prends garde, humain.
Tu ne pourras le dire à personne.
Gardes cette pierre secrète, et utilise-la comme bon te semble.
Mais si tu dis à quelqu'un que tu la possèdes, ou si tu répètes à quelqu'un ce que t'ont dit les animaux,
un grand malheur t'arrivera.
Va maintenant, remonte à la surface, et considère ma dette payée.
Aylibou s'est incliné dans une respectueuse révérence, jusqu'à ce que son nez touche presque les serpents qui jonchaient le sol,
assaluer le prince, et est remonté à la surface, la main serrée sur son précieux trésor au fond de sa poche.
La porte de serpents s'est ouverte de nouveau, et il a refait le chemin dans le sens inverse.
Une fois de retour dans les coins de la forêt qu'il connaît mieux, très pignant d'impatience,
Aylibou sort enfin son trésor, et avant de l'utiliser, t'en l'oreille.
Il entend ici deux petits rossignoles qui chantent, là un ibou qui ulule, là-bas un serre qui brame.
Puis, il pose le caillou sur sa langue, et soudain, il comprend tout ce que les animaux disent.
Il entend tout de la même manière, mais il sait ce que ça veut dire.
Il entend les rossignoles parler du vent froid qui vient du nord.
Il entend le ibou qui a hâte que la nuit arrive.
Il entend le serre qui cherche l'amour.
Il enlève le caillou de sa bouche, et il ne comprend plus rien.
Il le remet sur sa langue, et l'écrit lui son de nouveau clair comme sa propre langue.
Et Aylibou a vécu des années heureux avec son secret.
Il ramenait toujours une chasse exceptionnelle au village, vu qu'il pouvait comprendre les animaux qu'il traquait.
Et ni ses proches, ni lui, n'ont eu faim pendant ces années bénis.
Parfois, il allait simplement s'asseoir dans la forêt, sur la branche d'un arbre,
ou sur un tapis de mousse, la pierre magique dans la bouche, et il écoutait les discussions de la forêt.
Il adorait ces moments.
Il se sentait ne faire qu'un avec la nature.
Il était à son tour un animal, ou un arbre, ou une pierre.
Et l'histoire aurait pu s'arrêter là.
Mais un jour de printemps, alors qu'il écoute la forêt,
il sent que les animaux sont plus inquiets que d'habitude.
Il n'arrive pas vraiment à savoir pourquoi, mais tous les animaux semblent fuir vers l'est.
Il entend, finalement, deux mésanges qui volent, qui filent, elles aussi vers l'est.
Et en volant, elle dise,
« Le printemps d'où a fait fondre les glaciers plus vite que d'habitude ? »
Et l'arrivière gonfle, gonfle, gonfle dangereusement.
Le barrage qui retient l'eau est trop fragile, il va craquer.
Il faut s'enfuir, car demain, toute cette vallée sera inondée.
Ah, il y boue en tant que ça, il est complètement paniqué.
Il se dépêche de rentrer au village et presse les gens de faire leur bagage
et de quitter leur maison le plus vite possible.
Mais pourquoi donc, grand chasseur ?
Pourquoi devrions-nous quitter vos maisons ?
Je ne peux pas vous le dire, mais vous devez me faire confiance, pas de temps à perdre.
Fuié.
Mais enfin, explique-nous pourquoi nous devons fuir, et nous fuirons.
Je ne peux pas vous expliquer, je vous en supplie, faites-moi confiance.
J'ai vécu ici toute ma vie, et ma mère avant moi, et sa mère avant elle.
Je ne vais pas quitter ces terres sans raison.
Désolé, Hailebou, mais sans plus d'explications, je ne bougerai pas.
Tous les villageois regardent Hailebou avec défiance.
Le chasseur soupire, il sait ce qui lui reste à faire.
Il plonge la main dans sa poche et montre sa pierre magique aux habitants.
Et il leur explique tout.
L'aigle, le serpent, la flèche, le chemin secret, le mur vivant, le tunnel, le roi.
Et il leur explique ce qu'il a entendu des mésanges, du barrage qui va craquer,
de l'eau qui va envahir à la vallée, de la mort certaine qui les attend s'il ne bouge pas.
Et au fur et à mesure qu'il avance dans son récit, il sent le froid à l'envahir.
D'abord par ses pieds et qui remontent.
Il baisse les yeux et il voit qu'il est en train de se changer en pierre.
Ses pieds sont en statut, puis ses molets, ses genoux, ses hanches sont en statut.
Alors il accélère et il leur raconte tout jusqu'à ce qu'il soit entièrement de pierre,
que seul sa bouche bouge encore.
Et il ajuste le temps d'articuler un « FUILLEZ, SAUVEZ-VOUS »
avant que sa bouche aussi ne se fiche pour l'éternité.
Les habitants ont plié bagages et se sont enfuis du village.
Et le lendemain, quand le barrage a effectivement cédé et que les eaux ont envahi la vallée,
il ne restait plus personne.
Tout le monde avait été sauvé, tout le monde avait été sauvé par le sacrifice d'Ail Libout,
le chasseur au grand cœur.
Et on raconte qu'aujourd'hui, si vous vous rendez dans le pays de mon histoire,
vous pourrez trouver un lac incroyable, car au fond du lac,
on peut trouver des forêts et des villages engloutis,
qui ne sont aujourd'hui plus habitées que par des poissons multicolores.
Et dans un de ces villages, sur la place centrale,
vous pourrez trouver la statue d'un homme, figé pour l'éternité,
qui tient dans sa main droite une petite pierre plate,
grosse comme une pièce de monnaie, d'un gris si clair qu'elle paraît blanche,
une pierre magique qui permet de comprendre le langage des animaux.
...
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Après avoir raconté ses histoires pendant 10 ans sur scène, Samuel Genin les transforme en podcast ! Des contes colorés et vitaminés, pleins de personnages drôles ou effrayants, pour les enfants et les moins enfants. Sautez dans mon vieux grimoire, on part à l’aventure !!! Une nouvelle histoire tous les mercredis ! contact@samuelgenin.fr - twitter @samgenin - facebook @ContesVieuxGrimoire
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