franceinfo junior du mardi 31 décembre 2024

Durée: 5m47s

Date de sortie: 31/12/2024

durée : 00:05:47 - franceinfo junior

Dans France Info Junior aujourd'hui ce sont des CM2 qui posent les questions ceux de
l'école et tiennent de l'aie d'Alfortville.
Il se trouve que nous allons parler de zombies.
Alors CM2 c'est peut-être un peu tôt pour avoir lu ou vu Walking Dead par exemple.
Mais ça tombe bien puisqu'on va découvrir ensemble que les zombies à l'origine, eh
bien ce n'est pas tout à fait Scollywood en effet.
Bonjour Philippe Charlier.
Bonjour.
Comme je rappelle que vous êtes le commissaire d'une exposition qu'on peut voir au Musée
du Quai Branly à Paris qui s'appelle Zombie, la mort n'est pas une fin.
Et nous commençons avec Elias.
J'aimerais savoir si les zombies ont été déjà vus et si ils ont attaqué les personnes
qui les ont vus.
Alors je vous laisse répondre.
Alors des zombies oui, on en a déjà vu.
Quand on va en Haïti on peut voir des gens qui sont zombies, vraiment quand on se perd
complètement dans la campagne.
Sinon on peut en voir qui se sont échappés de ce statut, principalement dans les hôpitaux
psychiatriques.
Mais par contre les zombies auxquels tu fais référence, qui attaquent les humains et
ça c'est vraiment dans les films de Hollywood, ça ne correspond pas du tout à la réalité
anthropologique de terrain en Haïti.
Alors dites-nous en quelques mots qu'est-ce que c'est qu'un zombie dans la réalité finalement.
C'est une croyance, c'est ça ?
Oui c'est une croyance en fait.
Ce sont des individus qui en Haïti font le mal, qui sont des voleurs, des violeurs,
des captateurs d'héritage, des gens qui vendent une terre qui ne leur appartient pas, qui
sont jugés par une société secrète qui vive une vie d'esclaves après avoir été
enterrés vivants puis ressortis de leur tombeau pour faire croire qu'ils sont morts.
Mais en fait ils vivent toujours loin de tout.
Donc rien du tout à voir avec le zombie de Hollywood qui est plutôt une sorte de figure
de la mort contagieuse.
C'est deux salles de ambiance.
On continue avec Jarelle.
Est-ce que c'est Haïti qui a parlé pour la première fois des zombies ou en un pays ?
Les zombies telles qu'on vient de les décrire c'est vraiment uniquement en Haïti.
Par contre le mot zombie lui ne vient pas d'Haïti.
Le mot qui est un tout petit peu différent qui s'appelle zombie, il vient de République
démocratique du Congo ou du Gabon et signifie le fantôme d'un individu qui est mort.
Donc c'est un esprit qui n'a pas de corps.
Et on voit qu'en traversant l'Atlantique avec les esclaves lors de la traite négrière
dès le XVIe siècle, eh bien le mot a changé, la pratique a changé et le zombie en Haïti
est devenu un corps sans esprit.
C'est strictement l'inverse.
Est-ce qu'on s'est daté le moment où ça va être transformé et remodelé avec l'image
que l'on en a aujourd'hui à savoir c'est mort-vivant et ce côté épidémique qu'il peut y avoir autour des zombies ?
Eh bien c'est très récent, ça date des années 1950-1960 et on le doit principalement à un homme
qui est Georges Romero qui est un réalisateur américain qui a fait un film qui s'appelle La nuit des morts-vivants.
On se rappelle qu'on sort de la 2ème guerre mondiale, il y a eu également des périodes d'épidémie assez importantes
et le zombie avec Hollywood devient un être complètement différent.
C'est une sorte de vampire, Gore.
Antoine vous interroge maintenant sur votre travail pour l'exposition.
Comment vous avez fait pour savoir à quoi ressemblaient vraiment les zombies dans les croyances
alors que peut-être qu'il y a des gens qui n'ont pas les mêmes versions ?
Eh bien oui, en fait ce travail anthropologique a montré qu'il n'y a pas un zombie
mais différents types de zombies.
Le zombie qui a été condamné par une société parce qu'il faisait du mal, ça c'est le zombie classique.
Il y a un autre type de zombie, le deuxième qui est le zombie criminel.
C'est quelqu'un qui est empoisonné sans passer devant une société, sans jugement,
simplement par exemple parce que la belle-mère ne supporte pas son gendre et elle va l'empoisonner
ou parce que le mari ne supporte pas son épouse et il va l'empoisonner.
Il y a un troisième type qui est le zombie psychiatrique, quelqu'un qui est fou,
il est persuadé qu'il est mort et dans ce contexte-là on a dit
la métaphore qu'il va utiliser, le symbole qu'il va exprimer, c'est celui du zombie.
Il y a un quatrième type de zombie qui est le zombie social,
complètement isolé socialement parce qu'il a perdu sa famille
et puis une famille à qui il manque un membre important de son clan
et l'un va adopter l'autre alors qu'ils n'ont absolument rien au commun.
Et pour faire passer la pilule, si je peux dire, pour faire accepter cette usurpation d'identité,
c'est la métaphore du zombie à nouveau qui va être utilisée.
Et ça, c'est l'étude anthropologique de terrain en rencontrant des zombies,
en allant dans les hôpitaux, notamment psychiatriques,
en passant des jours et des nuits dans les cimetières en Haïti,
ce que j'adore faire pour tout vous dire,
dans le tribunal également de Pauvrop-Prince qu'on a dégagé ces quatre grands types de zombies.
Une petite info utile maintenant au cas où ?
Bonjour, je m'appelle J.G. ou je voudrais savoir si il y a un remède pour les zombies ?
On a bien compris qu'il ne s'agit pas d'un remède pour revenir à la vie,
mais est-ce qu'il y a des zombies qui, d'une manière ou d'une autre,
ont pu se réinsérer dans la société et ne plus être zombies ?
Eh bien c'est un vrai problème juridique,
parce qu'on a établi des certificats de décès pour ces zombies,
mais on ne peut pas faire de certificats de résurrection.
Du coup, le tribunal de Pauvrop-Prince est en train de réfléchir
à une façon de réintégrer ces faux morts dans la société des vivants.
Ça peut passer par une adoption, ça peut passer par un changement d'identité,
un nouveau nom qui leur serait donné.
Donc c'est ça le vrai traitement, le traitement il n'est pas médical,
ce n'est pas des médicaments, des drogues qu'il faut donner,
c'est plutôt une réinsertion sociale de ces individus qui en grande partie sont innocents.
Merci Philippe Charlier, zombie la mort n'est pas une fin,
c'est au musée du quai Branly, Jacques Chirac à Paris,
c'est jusqu'en février, et précisons que c'est tout à fait adapté à une visite d'enfant.
Merci d'ailleurs aux élèves de l'école Etienne de l'Alfortville
et à Estelle Fort qui a recueilli leur question.
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