"La petite fille qui avait peur du blanc", par Marie Nimier, racontée par Philippe Katerine et sa fille Edie

Durée: 11m43s

Date de sortie: 18/12/2024

durée : 00:11:43 - Une histoire et... Oli - Écoutez l'histoire de Zina, une petite fille qui avait peur du blanc. Son histoire, racontée par le chanteur Philippe Katerine et Edie Blanchard, a été écrite par Marie Minier, romancière et parolière dont "La Reine du silence" lui a valu le Prix Médicis en 2004.

Bonjour, je suis Philippe Catherine.
Et moi, Eddie Blanchard.
Et nous allons vous raconter une histoire de marine niemillée.
La petite fille qui avait peur du blanc.
Tu connais l'histoire de Zina ?
Zina qui dormait le jour et vivait la nuit.
Comme les hibous et les chauves-souris.
Quand on lui demandait pourquoi, elle répondait...
Le jour, c'est trop clair pour moi.
Trop brillant, trop éblouissant.
La vérité, c'était que Zina n'avait pas peur du noir.
Comme beaucoup de gens, elle avait peur du blanc.
Quand on lui demandait ce qu'elle fabriquait
toute seule dans sa chambre la nuit,
elle répondait qu'elle faisait ses devoirs.
Et quand j'ai fini mes devoirs, je me mets à la fenêtre.
J'écoute la nature.
Les chouettes ulottes, les chouettes effrées,
les grenouilles vertes et le vent de la montagne.
Quand le temps le permettait,
elle grappait sur le toit de la maison.
Là, elle s'asseiait,
le dos appuyé contre la cheminée
et comptait les étoiles.
Chaque fois, au matin, elle tombait sur un nombre différent.
Alors le lendemain, elle recontait et recontait et recontait.
C'était doux, c'était lent.
Ça n'avait pas de faim.
2000, 2001, 2002, 2003.
Mais un soir de pleine lune, Zina s'est réveillée
avec une pensée nouvelle.
« Les étoiles peuvent bien se compter toute seule, se dit-elle.
Elle se pencha à la fenêtre de sa chambre,
tourna la tête vers le ciel et lança aux étoiles.
Il ne faut plus compter sur moi pour vous compter.
C'était un peu brutal.
Zina regretta d'avoir parlé si durement.
Elle eu peur que les astres palis,
verdis ou s'éteignent carrément.
Mais non, non, non,
il continuait à briller comme si de rien n'était.
Alors je sers à quoi, moi ?
Se demanda Zina un peu vexée.
Ne servira rien à la longue.
C'est déprimant.
Zina se sentait vide, comme une fleur,
sans pétale, à l'asset, sans chaussure,
une cour sans récréation.
Une nuit de septembre,
comme elle tournait en rond dans sa chambre,
elle sortit de la maison et elle a se perché
sur l'une des ailes du moulin
qu'il se trouvait non loin de chez elle.
Je m'ennuie, je m'ennuie, je m'ennuie.
Les mains en porte-voix, elle cria dans le noir.
Je m'ennuie, je m'ennuie, je m'ennuie.
Nuit, nuit, nuit, nuit répondit les couves.
Elle allait redescendre quand elle entendit
une sorte de bruit se ment.
Chut, chut, chut.
Mais est-ce que le bruit venait du jardin ?
Non.
Est-ce que le bruit venait de la boulangerie ?
Non.
Le bruit venait de plus loin.
Il venait des montagnes.
Le jour allait bientôt se lever,
Zina aurait dû aller se coucher,
mais elle n'avait pas sommeil.
Elle voulait résoudre le mystère du
chut, chut, chut.
Elle retourna chez elle,
se prépara des sandwichs,
fourra du chocolat dans son sac
et empie-la sur son nez une de
trois paires de lunettes
pour protéger ses yeux de la lumière
blanche du matin.
Elle sortit du village
et se met à un marché
en direction du chut, chut, chut.
Elle rencontre un dévâche,
un tracteur, un facteur.
Quand arriva le soir,
elle déroula son sac de couchage
sous un arbre.
Elle se voit et pour la première
fois de sa vie épuisée qu'elle
était d'avoir tant marché,
elle dormit la nuit.
Le lendemain,
elle se réveilla avec le soleil.
Chut, chut, chut.
Elle remise ses lunettes
et se dirigea vers la montagne.
Elle grimpe à jusqu'au dernier
col, les découvries de l'autre côté,
un vallon recouvert de neige.
Tout ce blanc,
quel choc !
Malgré les lunettes de soleil,
c'était trop pour Zina.
La peur lui faisait battre le ventre.
Elle allait perdre l'équilibre,
basculer dans le vide,
elle n'avait qu'une seule envie,
faire demi-tour et retrouver la douce
obscurité de sa chambre.
Mais une autre partie d'elle-même,
la partie qui voulait savoir
d'où venait le bruit,
respira à un grand coup
et continua d'avancer.
Je n'ai pas peur du blanc.
Je n'ai pas peur du blanc.
Je n'ai pas peur du blanc.
Je n'ai pas peur du blanc.
Je n'ai pas peur du blanc.
Se répète Zina pour se convaincre elle-même.
Je n'ai pas peur du blanc
et elle se mit à compter ses pas.
Un, deux, trois, quatre, cinq,
comme avant, elle comptait les étoiles.
Ses pieds s'appuyant sur les chiffres,
prirent de l'assurance.
25, 26, 27, 28, 29...
Il y avait toujours un après
et un après et un après.
Au détour d'un sentier,
le bruit se fit plus fort encore.
Il était tout prêt maintenant.
Zina risquait un œil.
Et là, dans la brume,
elle vit
un petit yéti qui balayait la neige.
Zina aurait dû s'enfuir,
aller se cacher,
mais elle resta là, comme hypnotisé.
Le yéti ne ressemblait pas du tout
à quelque chose d'abominable.
Au contraire, il avait leur tout doux,
avec sa fourrure épaisse
et ses grands bras.
Pardon de te déranger,
pourquoi balayais-tu la neige ?
Tout en continuant son ménage,
le petit yéti lui expliqua
qu'il balayait
pour repousser la nuit.
Dès qu'un peu de noir veut tomber,
chut chut chut.
Et l'obscurité disparaît sur la neige.
Ici, il te fait jour tout le temps,
24 heures sur 24.
Et c'est grâce à qui ?
Ha ha, grâce à Bibi,
grâce au petit yéti.
Mais pourquoi ne pas laisser la nuit
tomber de temps à autre ?
Demande Azina.
Et bien je ne devrais pas le dire,
parce qu'en principe, les hommes
les neiges, ça n'a peur de rien.
Mais tu vois, tout ça, ce sont des légendes.
Il y a des yétis sérieux,
des yétis farceurs, des yétis rêveurs.
Mais moi, je suis un yétis trouillard,
un yétis qui a peur du noir.
Alors seulement le petit yétis
leva les yeux vers Zina.
Des yeux plein de t'adresses
ronnt comme des boutons.
Son cœur bondit.
Boom, boom, boom.
Et celui de Zina aussi.
Boom, boom, boom, boom.
Je vais te faire une confidence.
Dis la petite fille en pécant la foi.
Moi, ce n'est pas du noir que j'ai peur.
Mais du blanc.
Père du blanc ?
Ça alors, c'est marrant.
Je n'aurais jamais pensé qu'une chose pareille
puisse exister.
Marrant, marrant.
C'est beau le blanc.
Il n'y a qu'à regarder autour de toi
ses doux, ses veloutés.
Et si tu enlèves tes lunettes de soleil,
tu verras que le blanc contient
toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.
Zina enleva ses lunettes.
Une paire d'abord, puis deux.
Ses yeux s'habituèrent à la lumière.
Et quand elle enleva la troisième paire,
elle comprit ce que voulait dire le petit Yeti.
Autour du blanc, effectivement,
il y avait du rouge, du jaune,
et même un peu de bleu.
Zina se revit sur le toit de sa maison
en train de compter les étoiles.
Elle pensa qu'un jour, peut-être,
elle pourrait retourner chez elle
avec son nouvel ami.
La nuit assie tous les deux sur le toit.
Elle l'aiderait à privoiser sa peur du drapeau.
Elle s'est arrêtée de se voir.
Mais il ne faut pas aller trop vite,
Zina. Il faut commencer doucement.
Tu veux un carreau de chocolat ?
Demandatelle en tirant une tablette de son sac.
Un petit carré noir dans tout ce blanc,
ce serait un revigorant.
Le Yeti n'était pas simplement peureux.
Il était aussi gourmand.
Et bavard.
Il posa son balai.
Un carreau de chocolat, deux carreaux,
trois carreaux.
La tablette fut vite terminée.
Comme le froid tombait,
ils allairent se réfugier dans une grande.
Ils se racontèrent leur vie,
pendant qu'autour deux, lentement, tendrement,
apparaissaient les premières lueurs de la nuit.
Ainsi,
se termine l'histoire de Zina et du petit Yeti.
Il n'y a plus d'un côté le noir
et de l'autre côté le blanc.
D'un côté le jour
et de l'autre la nuit.
D'un côté Zina et de l'autre le petit Yeti.
Non, le monde est plein de nuances
et plein de questions aussi.
Où va le jour quand il fait nuit ?
Où va la nuit quand il fait jour ?
D'où vient l'amour ?
D'où vient la vie ?
La mer est pleue,
les chats s'engrient.
Quelle est la couleur de la brume ?
Pourquoi on dit être dans la lune ?
Où est le pays des merveilles ?
Le père s'oreille, percent-ils vraiment les oreilles ?
Où va le soleil quand il pleut ?
Où va l'ennui quand on est deux ?
Où va le jour quand il fait nuit ?
D'où vient l'amour ?
D'où vient la vie ?
Où va le soleil quand il pleut ?
Où va l'ennui quand on est deux ?
Voilà, l'histoire est finie.
Et maintenant, au lit ?
Non, il n'y a pas d'autre.

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Oli

Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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