Florence Foster Jenkins, une chanteuse d'opéra extraordinaire

Durée: 24m1s

Date de sortie: 07/07/2020

durée : 00:24:01 - Les Odyssées - Voici l'histoire d'une des chanteuses d'opéra les plus incroyables et originales au monde. Florence Foster Jenkins savait tout chanter sauf les notes ! Mais si elle chante atrocement mal, elle le fait de manière spectaculaire et avec panache !

Dans la vie, il y a les gens qui chantent faux.
Façon vieille casserole qui queen.
Et puis il y a le niveau encore au-dessus.
Il y a FFJ, Florence Foster Jenkins.
Incroyable cette voix, n'est-ce pas ?
On dirait un greipin qui fait des bulles,
mélangé à un vieux tracteur rouillé.
Oui, Florence Foster Jenkins chante mal, archimale.
C'est bien simple, chaque fois qu'elle ouvre la bouche,
il y a quelque part dans le monde un crapeau qui pleure.
Et pourtant, elle chante.
Dévoré par le feu sacré de la musique,
elle ne désire qu'une chose,
rendre les gens heureux grâce au pouvoir de sa voix.
Florence donnerait tout, je dis bien tout,
pour accomplir son grand rêve,
devenir une immense senteuse d'opéra.
Ça, par exemple, comment compte-elle s'y prendre
avec sa voix de furée qui queen ?
Va-t-elle y arriver ?
Et si oui, par quel miracle ?
Voici l'odyssée de Florence Foster Jenkins,
la pire et la plus incroyable chanteuse d'opéra du monde,
la femme qui paraît-il, savait tout chanter ?
Oui, sauf les notes !
La ville de Wilkes-Berry, tu connais ?
C'est au nord des États-Unis, dans l'état de Pennsylvania.
C'est là, dans la vive lumière d'un matin d'été,
qui est née Florence.
Quand ?
Eh bien, oh là, il y a ma foi un certain temps.
Le 19 juillet de l'année 1868.
Sa famille habite une grande maison à plusieurs étages,
au numéro 27 de la house Franklin Street.
Allez, on pousse le portail, on entre !
Tu le vois là, devant nous ?
L'homme qui fait claquer ses bretelles près de la cheminée ?
C'est Charles Foster, le père de Florence.
Mister Foster est businessman, il est dans les affaires, quoi.
De l'autre côté du salon, debout devant la fenêtre,
c'est Mary Jane Foster, la mère de Florence.
Elle vient d'une grande famille, rouge, connue, respectable.
Bref, pas la peine de te faire un dessin, c'est les Foster,
la porcelaine est fine, et à chaque étage, le parc est bris.
Avant d'avoir le champ et l'opéra dans la peau,
la petite Florence joue du piano.
Oh, c'est une passion dévorante, éclatante.
Elle est d'ailleurs très douée.
Ah, toute allure, ses pieds, eux, non, ses mains, cours sur le clavier.
Elle le sait, un jour, elle sera une grande pianiste professionnelle.
Florence n'aime pas perdre son temps.
À l'âge de 16 ans, elle annonce à son père.
Badi.
Ça veut dire papa en anglais.
Will's Paris est jolie, mais c'est super minus.
Je veux aller étudier la musique en Europe.
Hélas, Mr Foster ne l'entend pas de cette manière.
Il fronce les sourcils, il tape du pé, un nom du pied, ses moustaches frisent.
Créait-il en faisant claquer toutes les portes de la maisonée ?
Et la maison est grande. Il y en a beaucoup.
Tu comprends ? Pour Charles Foster, ça va rejouer de la musique ?
Oui, c'est sympa, ça fait cultiver, intelligent et même carrément chic.
Mais de là en vivre, à gagner sa vie avec ça,
ça ne se fait pas du tout dans son monde.
Et puis, sa fille, en plus du piano,
il sent qu'elle a envie de pousser la chansonnette.
En Europe, il le voit gros comme une maison,
elle va vouloir apprendre, travailler sa voix et chanter devant un public.
Et ça, comment dire ?
Ce n'est pas possible. Florence n'est pas du tout douée pour le sang.
Sa voix est tout bonnement atroce.
Il le sait, il a entendu.
Si elle se met à donner des recitals,
les gens se moqueront et ce sera la honte,
la méga maxi honte pour elle et toute sa famille.
Voilà pourquoi, non, c'est non.
Ah oui, vraiment ?
Florence n'attend pas, elle fait son balle-sons, elle s'en va.
Elle épouse un homme, beaucoup plus vieux qu'elle,
elle prend son nom, appelle-la désormais
Madame Foster Jenkins.
Autant te le dire tout de suite,
le mariage ne s'est passe pas bien du tout.
A cause de son mari, Florence attrape une sale maladie.
Tous les jours, elle doit avaler un médicament affreux,
un mélange de deux poisons, l'arsenic et le mercure.
Au bout d'un moment, ça va à quoi ?
Elle en a plein le dos.
Crac, boum, bada boum, zoom, zoom, elle divorce.
Alleluia !
Elle est libre, libre mais archipauvre.
Son porte-monnaie, pfff, archivide.
Pour gagner quelque sous, elle donne des cours de piano.
Quelques mois passent.
Un matin, elle ne comprend pas très bien pourquoi,
mais elle a très mal au bras.
Vraiment, c'est comme des aiguilles qui la piquent jusque dans les proches.
C'est fiscrement embêtant, car la douleur lui fait rater ses croches
et ses doubles croches sur le clavier.
Florence a voir un médecin, puis un autre.
Il lui annonce la pire nouvelle du monde.
A cause de sa blessure, elle ne pourra jamais devenir
une grande pianiste professionnelle.
En un quart de seconde, ses rêves se brisent,
comme ça, crack d'un coup net.
Elle vacille, elle perd l'équilibre, elle tombe.
L'estuant moral, je ne vais pas te mentir,
ce n'est pas la grande forme.
Heureusement, ses parents ne l'ont pas oublié.
Son père lui propose de revenir habiter chez eux
dans la grande maison de Wilkes-Berry,
mais à une condition.
Tu dois renoncer à la musique.
Tout ça, ça a assez duré.
Florence répond.
Oui, oui.
Mais dans sa tête, elle pense.
On verra ce qu'on verra, mon petit père.
Je ne peux plus jouer du piano, soit,
mais peut-être que je pourrais faire autre chose qui sait.
Oui.
Yuppie, peut-être m'a me chanter.
Allez !
Commence alors une drôle de période.
Une période sans musique.
Tu imagines ?
Pour elle, c'est tout simplement insupportable.
Mais ne t'en fais pas, cela ne dure pas.
En 1909, son père meurt.
C'est triste, je suis bien d'accord.
Mais de l'autre côté,
elle est enfin débarrassée de son contrôle.
Et en plus, elle érit de toute sa fortune.
Les poches remplies de billets de banque,
elles commencent une nouvelle vie,
elles déménagent à New York.
Yalla !
La vie est folle, incroyable, pleine d'énergie.
Florence s'y sent comme en poisson d'un loup.
Évidemment, elle n'a pas oublié la musique.
Malgré les secousses de la vie,
elle continue de croire en ses rêves.
Ce qu'elle a dans la tête.
Oh, tu t'en doutes !
Elle veut devenir une grande,
une immense chanteuse d'opéra.
Hélas, sa voix n'a pas changé.
Elle est toujours atroce.
Oh, allez, c'est pas si grave.
Elle la travaille, elle prend des leçons
avec les chanteurs d'opéra les plus connues du monde.
Depuis qu'ils l'ont rencontré,
ils ont chacun acheté
un bon stock de boule-qui-esse.
Quelques mois à peine,
se sont écoulés depuis la mort de son paix.
L'hiver, cette année-là, est particulièrement froid.
Froid, mais beau !
La neige a recouvert toute la cinquième avenue,
le ciel est bleu, la terre est blanche.
Florence se dépêche.
Il est 8h30 du matin.
Elle est invitée à un super petit déjeuner
à l'hôtel Astoria.
Pas très bien réveillé,
elle enchaîne les tasques de café.
Elle se frotte les yeux lorsque...
Wouah !
Soudain, parmi la foule réunie en paquet près du buffet,
elle la perçoit.
Lui...
Lui qui ?
Mes Sinclaires béphiles de voyons qui d'autre ?
Il est beau, il parle bien, il est anglais.
C'est un acteur sans grand succès.
Sinclaires, à 34 ans, Florence, 41.
Il tombe et perd du ment amoureux l'un de l'autre.
Il ne se quitteront plus jamais.
L'amour, pardon pour sa horrible cliché,
mais ça donne des ailes.
Le temps est venu pour Florence,
de rencontrer son public,
elle décide de donner son premier concert.
Nous sommes en 1911,
Florence, à 43 ans,
elle s'apprête enfin à réaliser son grand rêve.
Et, pas n'importe comment, s'il vous plaît,
elle chante à une fête,
c'est le président des États-Unis,
William Howard Tuft.
Florence n'est pas nerveuse.
Au contraire, elle se sent très sûre d'elle.
Elle a pris des leçons
avec les meilleurs chanteurs d'opéra du monde.
Et puis, sa voix, oh, sans blague,
n'est-elle pas un cadeau des dieux ?
D'un signe de la tête,
elle salue son public,
elle ouvre la bouche,
elle prend une grande respiration,
et puis...
...
Le public est...
Où y a...
comment dire...
très surpris,
un peu dérouté.
...
Florence, de son côté,
elle les joue toutes rouges.
Le récite à la peine terminée,
elle coure aux trouvées Sinclair.
Oh, c'était incroyable, c'était puissant,
c'était grandiose !
Darlene, comment tu m'as trouvé ?
Oh, Florence.
Le répond-il est larmes aux yeux.
Tu étais magnifique.
Magnifique ? C'est vrai ? Super !
Alors, pas que t'as à perdre. Je continue.
Enfin, on continue.
Florence n'est plus seule à croire en ses rêves.
Désormais, Sinclair est à ses côtés.
Maintenant qu'elle est lancée,
rien ne pourra l'arrêter.
...
Pour le chant, Mme Jenkins dépense,
sans compter.
...
Elle s'offre les services de grands musiciens
et de compositeurs très talentueux.
...
Elle continue les concerts, elle n'a peur de rien.
Elle s'attaque au plus grand morceau d'opéra.
Parmi ses préférés,
il y a l'air de la Reine de la nuit
dans le grand opéra de Mozart.
...
La Reine de la nuit est une reine féroce.
...
Son chant, c'est un puissant appel à la vengeance,
plein de douleurs et de fureux.
...
Très aigu.
...
Le rôle est à si difficile.
Il repousse les limites de la voix humaine.
...
Même pas peur.
Florence se lance, elle le chante.
...
...

...
Oui, son interprétation est, disons,
originale, non conventionnelle.
...
...
Quoi qu'il en soit, Florence rencontre le succès.
...
Ça paraît complètement dingue,
mais ils sont de plus en plus nombreux à venir la voir.
...
Dans le lot des spectateurs, c'est vrai,
il y a ses amis et des petits filous
qui l'aflattent dans l'espoir d'obtenir ses faveurs
ou bien de l'argent.

Mais il y a aussi des hommes et des femmes
qui la trouvent absolument fascinantes.
Pourquoi ?
Eh bien, Florence a beau chanter atrocement mal.
Elle chante avec panache, avec fougue,
avec du coeur, avec ses tripes,
mais sans basket.
Et puis, y a pas à dire,
notre diva des fausses notes,
à le goût du spectacle,
elle sait se mettre en scène.
...
Florence est une artiste totale
qui fabrique elle-même ses costumes.
C'est tenu son folle extravagante
et souvent pleine de plumes.
...
Madame Jenkins ne recule devant rien.
Elle est exigeante, envers elle-même,
mais aussi envers son public.
Il paraît qu'elle sélectionne ses spectateurs.
Oui, oui, ha ha, tu as bien entendu.
Elle choisit qui pourra venir,
ou pas l'entendre chanter.
C'est drôle, non ?
On dirait qu'elle vit dans une bulle.
Florence est tellement heureuse
qu'elle n'entend même pas les critiques.
De toute façon,
Saint-Claire veille au grain.

Il éloigne tous ceux qui disent du mal de sa voix.
...
Ah ça !
Orde question que quelqu'un brise les rêves
de sa diva adorée.

Le temps passe.
Florence fait fureur.
C'est la sensation du moment.
Sa voix bizarre attire les foules.
Son public la presse,
il veut l'entendre dans une grande salle.
Eh, ma foi !
Qui est-elle pour lui refuser ce plaisir ?
...
En 1944, Florence a 76 ans,
elle loue le Carné Guillaume,
l'une des plus prestigieuses salles de concert du monde.
...
Les places se vendent en 1,25 secondes.
Toute la ville de New York veut voir ça.
...
Le 25 octobre, c'est le Georgien.
Pour Florence, c'est un grand moment.
Chanter au Carné Guillaume,
c'est comme mettre une couronne sur sa tête.
Seuls les artistes les plus talentueux
y donnent des concerts.
Après toutes ces années,
enfin, elle y est arrivée.
Pour la première fois,
elle a le traque.

Bon, quand faut y aller, faut y aller.
Elle entre sur ses.
Elle s'avance.
Pétard !
Mais il y a combien de personnes à la scise devant elle ?
C'est un sang ?
633 ?
Tu parles ?
Pas du tout.
2800, oui.
Elle transpire.
Elle a les mains moites.
Florence commence son premier chant.

Très vite.
Elle se rend compte que quelque chose ne se passe pas comme d'habitude.
La salle est dissipée,
un peu agitée.
Les spectateurs murmurent,
ils se retournent, ils pia-pia-tent.
La cantatrice jette des coups d'œil paniqués
en direction du public.
Elle se demande.
Mais qu'est-ce qui se passe ?
Mes spectateurs chiris adorent.
Pourquoi ne m'écoutent-ils pas ?
Hélas, elle n'a pas trop le temps de réfléchir.
Soudain,
un rire tout nutruant,
un rire énorme éclate dans la salle.
Une femme solaire,
elle pointe Florence du doigt.
Elle continue de rire.
Elle rit de plus en plus fort.
Son corps se tordre dans tous les sens.
Elle n'arrive pas à se retenir.
Elle hoquette, elle pouffe,
elle se fait pipi dessus.
Elle fait tellement de bruit qu'on doit lui faire quitter la salle.
Florence, en grande professionnelle,
continue de chanter.
Mais le mal est fait.
Quelque chose en elle s'est brisée.
Ce rire, ce rire méchant
qui s'est élevé d'un coup dans la salle,
elle a du mal à l'oublier.
Toute la nuit,
il résonne dans sa tête.
Quelqu'un s'est moqué d'elle.
Elle comprend la terrible,
la fraise vérité.
Le public la trouve ridicule,
mauvaise,
sans talent.
Sa petite bulle de bonheur
éclate.
Florence n'est plus tout à fait la même.
Un mois plus tard,
elle meurt.
Ces derniers mots sont, paraît-il ?
Ce devait être
le poulet à la crème.
Ça alors,
qu'a voulu-elle dire ?
Nous ne le saurons jamais.
Certains croquent dans la vie
comme dans des pommes.
Florence Foster Jenkins
croquait dans les fausses notes.
Elle chantait faux,
introssement mal.
Qu'importe, elle a chanté.
Et c'était pour elle
le plus important.
Florence Foster Jenkins
était-elle la pire chanteuse du monde
ou l'une des plus originales ?
A-t-elle massacré la musique
ou la telle fête raisonnée
différemment ?
Tu connais maintenant son histoire ?
Je te laisse te faire
ta propre opinion.
Les Odyssey
est un podcast original
de France Inter.
Dis-moi,
dans la bande dessinée Tintin,
te souviens-tu de la casta fiorre ?
De ses bijoux,
de ses costumes et de sa voix ?
Alerte aux abris !
Elle va chanter !
Terrible !
Eh bien, il paraît que ce drôle de personnage
serait directement inspiré
de notre merveilleuse et incroyable
Florence Foster Jenkins !

Les infos glanées

Je suis une fonctionnalité encore en dévelopement

Signaler une erreur

Lesodyssées

France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Tags
Card title

Lien du podcast

[{'term': 'Society & Culture', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}]

Go somewhere