Robinson Crusoé fait une drôle de rencontre - Épisode 3

Durée: 22m17s

Date de sortie: 07/07/2020

durée : 00:22:17 - Les Odyssées - Après des années passées seul son île désolée, Robinson fait une incroyable découverte : il tombe sur une empreinte de pied humain !

Robinsons est sur la plage. Le vent caresse le sable, de petits grains se
faufilent à l'intérieur de scénarines.
Fistre, le sable des Caraïbes s'est bormé sa grotte.
L'aventurier est sous le choc de sa découverte. Depuis une demi-heure, il est planté comme une
aubergine géante devant la trace de pas. Il regarde, il re-regarde.
Les orteils, le talon, à ma foi oui, tout y est, mais c'est bien une empreinte de pied humain.
Puis il cligne des yeux au cas où il aurait le pouvoir, on ne sait jamais de l'affaire disparaître.
Mais non, il a beau fermer et ouvrir les paupières 1000, 1100, 1200 fois.
La trace est toujours là.
Bon, au moins j'ai compris que je ne suis pas magicien.
En conclut Robinsons avec une petite pointe d'humour.
Il blague, il blague, n'empêche, il est très préoccupé.
Dans sa tête se bousculent tout un tas de questions.
Pourquoi n'y a-t-il qu'une seule empreinte ? L'île a-t-elle été visitée par un humain unijambiste ?
Ah non, au moins qu'il ne s'agisse d'un fantôme, mais comment cette trace de pied s'est-elle retrouvée là ?
Et qui appartient-t-elle bon sang ?
L'inconnu ?
Ouh ! Robinsons ! Oh, salu-fil, sacrément les chocottes !
Complètement paniquée, il prend ses jambes à son cou.
Commence alors une course folle, la plus folle de toute sa vie.
Il saute au-dessus d'un rocher, il esquive un pigeon puis un autre, et encore un autre.
Tous les 30 cm, il tourne à la tête pour vérifier qu'il n'est pas suivi.
Alors oui, franchement, bah, il se prend un peu de cotron d'arbre en plein visage.
Mais bon, ça va, plus de peur que de mal.
Chaque fois, il se relève sans aucun beau beau.
Tant mieux, car il n'a sous la main ni pensement reine de neige, ni bandage, ni lourçon.
Lorsqu'il arrive à sa forteresse, épuisée et tout est soufflé, il s'écroule comme une pierre au fond de son amac.
Cette nuit-là, il n'arrive pas à trouver le sommeil.
Les pensées les plus sombres envahissent son esprit.
Et si ce n'était pas un fantôme, mais le diable ?
Se demande-t-il.
Mais de l'autre côté, que viendrait faire Satan sur cette île perdue ?
L'enfer, c'est un royaume très compliqué à gérer.
Et en plus, c'est infiniment loin.
Alors, franchement, pourquoi faire tout ce trajet pour ne laisser au final qu'une toute petite trace de pas ?
Non, vraiment, c'est absurde. L'hypothèse du diable ne tient pas du tout.
Analyses finement notre petite insomniac.
Mais si ce n'est le diable, alors qui ?
Robinson sait que son avis raffénoffrage
prête l'embouchure du majestueux fleuve Aurénoc.
Pas très loin, il y a les terres d'Amérique
découvertes par les très cruels conquistadors espagnols,
mais aussi...
Oh non, catastrophe !
Des régions où vivent des peuples mangeurs d'hommes qu'on appelle...
Cannibal !
Le courant a sûrement fait dériver leur piroque jusqu'à l'île ?
C'est ce que l'aiment-t-il, les yeux tout plein des froids.
Et cette trace de pas ? Mais oui, c'est sûr, c'est l'un d'eux qui l'a faite.
Robinson a la tête qui tourne, il a du mal à respirer son cœur bas à la chamade.
Depuis son arrivée sur l'île, comment beau poulet fermier,
il a gombadé au grand air, il a le cuisson bien musclé.
Il le sait, grayé à la bonne température, avec un brin de romarin,
il serait pour ces cannibales un succulent rôti à déguster.
Oui, évidemment, à la sauce Ayoli !
Trois jours durant, il n'ose pas mettre le nez dehors.
Enfin, il reprend courage.
Après tout, il a peut-être rêvé cette trace de pas.
Et puis, il ne s'en souvient pas, mais cet emprunt dans le sable,
oh oui, c'est sûrement lui qui l'a laissé.
Tu vois, le pauvre Robinson se rassure comme il peut,
avec beaucoup de courage, car il en faut pour affronter ses peurs,
il retourne sur place pour vérifier.
Hélas, l'emprunt est beaucoup plus grand que son pied,
et même que ses deux pieds mis ensemble.
Véritablement très surpris, il s'interroge.
La fâche ? Mais il chose du 56 ou quoi, ces cannibales ?
Quel que soit leur pointure, l'aventurier doit se rendre à l'évidence.
Lille a été visitée,
et même pire, elle est peut-être encore habitée.
À tout instant, Robinson peut-être découvert par ses dangereux cannibales.
Cette terrible révélation le plonge dans un état de panique gigantesque.
En un quart de seconde, sa vie se transforme en mission commandeau.
Objectif, garantir sa sécurité.
Pour protéger sa tante et sa caverne,
il se lance dans la construction d'un deuxième rempart.
Sur la palissade extérieure, il trouve sept meurtrières,
ce sont de petites ouvertures, dans lesquelles il installe des fusils.
Ainsi, en deux minutes chrono, il pourra offrir le feu si nécessaire.
Pas mal.
Oui, mais non.
En fait, il ne se sent toujours pas en sécurité.
Être protégé par deux remparts bourrés de fusils et d'armes à feu,
ce n'est pas suffisant.
Il faut passer inaperçu et donc se cacher,
oh, ou mieux encore, se camoufler.
Tout autour de sa forteresse,
il plante environ 20 000 petits arbres.
C'est moins que la forêt amazonienne, c'est sûr,
mais c'est bien plus que le squarre en bas de ta rue,
oh, je te le garantis.
Dans quelques années,
ils formeront un petit boitoufus et très épais,
presque une forêt impénétrable.
A moins de savoir qu'elle se trouve là,
personne ne pourra jamais soupçonner l'existence de sa forteresse.
4 années passent.
Robinson n'a toujours rencontré personne
et pourtant, il vit nuit et jour la boule au ventre.
Attention, je ne parle pas de boules de bowling
ni de boules à facettes,
mais de l'effroyable, de la turiste,

de l'attrape, de la peur.
C'est cannibal, l'obsède.
Sans cesse, ils occupent ses pensées.
Comment peuvent-ils se dévorer les uns les autres ?
Tiens, et si je les attaquais ?
Ce demande-t-il,
mais ils se ravisent.
Ce serait franchement injuste de sa part.
Pour l'instant, il ne lui a encore rien fait.
Sans compte égâpres et tout,
il se demande bien qui il est
pour juger une culture qui n'est pas la sienne.
Quoiqu'il en soit,
lorsqu'ils seront de retour,
il sera prêt.
C'est il, il l'habite depuis 25 ans,
il la connaît comme sa poche.
Robinson fait des rondes,
il guette les cannibales,
il les attend.
L'ontent,
très longtemps.
Ma parole, mais où sont-ils ?
Enfin, un matin, très tôt,
il aperçoit...
Un, deux, trois, quatre,
cinq...
Oui, 5 canaux sur le rivage.
L'aventurier a de respirer.
Ils appartiennent au cannibal, c'est sûr.
Cependant, il n'en voit aucun à l'horizon.
Incroyable.
Où sont-ils passés ?
Pour en avoir le carnet,
il grimpe au sommet d'un rocher.
À plat ventre,
pour ne pas être repéré,
il observe les environs avec une longue vue.
Sapristi.
Là, ils sont là.
S'exclament l'apprenti détective,
tout excité.
Robinson compte 30 hommes,
réunis autour d'un feu.
Autour d'un feu ?
Mon Dieu,
tu sais ce que ça veut dire ?
Il se prépare à croquer
dans de la viande humain.
Et en effet, un peu plus loin sur la gauche,
de cannibal emmène un pauvre homme à son supplice.
Dans ses yeux,
Robinson lit la panique et le désespoir.
Que faire ?
L'aventurier est étanisé,
son cœur bat très fort,
il ne peut plus bouger.
Tout d'un coup,
incroyable !
La victime se met à courir à toute vitesse.
L'homme prend la fuite, bien joué !
Les cannibales le coursent,
mais il est plus rapide.
Ça alors, on dirait qu'ils volent !
À la bonne heure,
enfin, peu d'action sur cette île pernue.
S'exclament Robinson.
Il descend de son rocher,
il court en direction du fuillard.
Zut !
Il est toujours poursuivi par ses bourreaux.
Robinson l'appelle.
L'homme se retourne.
À sa vue, il prend peur.
L'aventurier lui fait signe
qu'il n'a rien à craindre.
Puis, il s'attaque au cannibal.
Ils sont deux.
Les premiers,
Robinson la somme avec son fusil.
Quant au second,
ouille !
Le voyant sortir son arc et ses flèches,
il n'a pas d'autre choix que d'appuyer sur la gâchette.
La balle part.
Elle atteint l'homme en plein cœur.
Il s'écroule à terre.
Plus aucun orteil ne bouge,
il est mort.
Le nouveau camarade de Robinson
tremble comme une feuille.
Complètement sous le choc,
il se jette à ses pieds
en faisant de petits baisers sur le sol.
L'aventurier, qui, je te le rappelle,
se prend pour le grand seigneur de l'île.
Pense tout de suite.
Tiens, tiens, intéressant.
Parole, mais cet homme veut devenir mon fils.
On esclave.
N'importe quoi !
Pétard !
Oh, il n'a pas du tout les yeux en face des trous.
Mais enfin, bref,
ce n'est pas le moment de traîner.
Fils à fissures,
Robinson conduit son camarade à sa forteresse.
L'aventurier n'est plus seul.
Lorsqu'il entend, pour la première fois,
la voix de son compagnon,
il a l'impression
qu'un fil et d'or et d'argent
se glissent dans son oreille.
Oh, sublime !
Ce dernier, épuisé de fatigue,
s'endort comme une masse.
Robinson le regarde.
C'est un grand jeune homme
d'environ 26 ans.
Il a de longs cheveux noirs,
soyeux, magnifiques.
Ses yeux, quand ses paupières ne sont pas close,
sont aussi ardents.
Wow !
Que de belles flammes qui dansent !
Lorsqu'il se réveille,
il est tellement heureux d'être en vie
qu'il se jette une seconde fois au pied de Robinson.
Encore une preuve.
C'est ce que l'a me l'aventurier
en sautillant à cloche-pied.
Le rêve, il veut me servir
et me baillir toute sa vie.
La barbe !
Oh, décidément, il ne comprend rien à rien.
Et puis, franchement,
il est bien foufou de penser qu'un être humain
pourrait avoir envie de devenir
le serviteur d'un autre être humain.
Dis donc,
ils en avaient de drôles d'idées
et les Européens des années 1600.
Et attends, ce n'est pas fini.
Parce qu'ils se croient supérieurs à lui,
Robinson se donne pour mission d'éduquer son camarade.
Et il ne perd pas de temps.
Tout de suite, il commence à lui apprendre l'anglais
et puis il lui donne un nouveau nom,
comme ça, sans lui demander son avis.
Comme ils se sont rencontrés un vendredi,
il l'appelle...
Mercredi !
Mais non !
Vendredi.
Ensuite, il lui dit...
Vendredi, désormais tu m'appelleras Maître.
Oh, décidément, mais pour qui il se prend ?
Jusqu'à présent, je l'aimais bien,
mais là, il commence à faire vraiment n'importe quoi.
Et sur ce grand n'importe quoi,
commence la vie de Robinson et Vendredi.
Robinson lui apprend à cultiver l'orge,
à pétrir la pâte et à faire cuire le pain.
Vendredi est vif et rapide.
De plus, il est très doué avec les mots.
Le soir, les deux hommes ont des conversations très agréables.
Euhh, oui.
Excepté les fois où Robinson, tout excité,
se met à parler de la grandeur de son Dieu.
Là, vraiment, il est un peu lourdain.
Et ainsi passe... 3 années.
Pour Robinson, ce sont les plus merveilleuses
depuis qu'il est arrivé sur son île.
Un matin, Vendredi le réveille en criant.
Robinson, Robinson, ils sont arrivés.
Comment ?
C'est ce que la M'tite-là s'entoure,
en faisant deux surprises, 3 tours dans son hamac.
Qui ?
Eh bien, oh, tu ne vas pas me croire.
Vendredi a vu un bateau, un bateau anglais.
Génial !
Vite, Robinson prend sa longue vue.
Il s'approche du rivage pour observer les nouveaux arrivants.
Hélas.
Oh, ce qu'il découvre n'est pas réjouissant du tout.
L'équipage s'est révolté contre le capitaine.
Il est retenu prisonnier sur l'île,
il a perdu le contrôle de son navire.
Sacre bleu.
Oh, triple croat de tortues des verres.
Ces nerfs, Robinson.
Bon, on va se débrouiller.
Ajoute-t-il.
Il sait que ce bateau, c'est leur ticket de sortie à vendredi et à lui.
Voyons, voyons.
Comment faire ?
Rassure-toi, ils ne perdent pas à trouver une solution.
Je vais passer un marché avec le capitaine.
Si nous les dons à reprendre le contrôle de son bateau,
il ne pourra pas refuser de nous prendre à bord
et nous pourrons rentrer en Angleterre.
Ouais, sacré bon plan.
Bon, je ne te cache pas qu'il y a des tirs de pistolet,
des menaces, des gouttes de sang qui coulent
et quelques fils outrits en douche dans la nuit.
Mais ça marche !
Le capitaine arrive à retourner sur son bateau.
Voilà.
Tout est prêt pour larguer les amars.
Robinson est un peu déboucholé.
Ouah !
Après tout ce temps,
il n'arrive pas à croire qu'il va enfin rentrer chez lui.
Pour la dernière fois,
il regarde l'île, les autres,

l'arbre, les petits grains de sable blanc.
Puis, sans que personne ne s'y attende,
en montant à bord,
il lance très solennellement.
Sayonara !
Où a-t-il après le Japonais ?
Je l'ignore.
Il a passé 28 ans sur son île.
Après un long voyage en mer,
Robinson et Vendredi arrivent à Londres
le 11 juin 1687.
Ce qui leur est arrivé ensuite,
je ne sais pas.
Enfermé dans mes toilettes,
j'ai tourné la dernière page du livre.
Oh !
Quelle aventure !
Et quel drôle de personnage ce Robinson !
Aujourd'hui encore,
j'ai parfois du mal à le comprendre.
Mais c'est ce qui le rend incroyablement fascinant.
Quant à moi,
ouf !
Mes cousins ont fini par rentrer de la plage.
Et tout comme Robinson a quitté son île.
Alléluia !
J'ai enfin réussi à quitter mes water.
Les Odyssey est un podcast original
de France Inter.
Je t'ai beaucoup parlé de Robinson
car c'est le héros du livre écrit par Daniel Default
que j'ai trouvé dans mes toilettes.
Mais Vendredi est lui aussi un super personnage.
Pour en savoir un peu plus sur lui,
je te conseille de lire un autre livre
qui s'appelle Vendredi ou la vie sauvage
et qui est signé Michel Tournier.
Michel Tournier a lu le livre de Daniel Default.
Il a beaucoup aimé cette incroyable aventure.
Mais il y a deux ou trois petites choses
qu'il voulait changer, transformées.
Alors il l'a fait.
Il a réécrit l'histoire de Robinson Crusoe
à sa façon.
D'ailleurs, toi aussi, si tu en as envie,
n'hésite pas à t'amuser à réécrire
cette folle aventure
à ta façon.

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