
Le Boléro de Ravel 2/2 | Chez les grands
Durée: 13m58s
Date de sortie: 02/12/2024
Conte-moi la musique "Chez les grands", pour découvrir l'histoire des grandes œuvres musicales, et la vie des compositeurs et compositrices...
Le Bolero de Ravel, c'est d'abord l'histoire d'une rencontre entre Ida Rubinstein et Maurice Ravel.
Un dialogue imaginaire entre la danseuse commanditaire du Boléro et le compositeur dévoile les secrets de fabrication d'une des plus célèbres pages de l'histoire de la musique.
Ponte-moi la musique, un podcast de la phénomonie de Paris.
Pour tous les enfants, ponte-moi la musique, chez les grands.
Sorsvez-vous ce candidat-vous, chère Maurice, que vous êtes un véritable enfant ?
C'est vrai.
Eh bien, je l'avoue, chérida.
Mes amis disent que je suis aussi facécieux et joueur qu'un petit garçon.
Si je devais choisir une période de la vie, je choisirais l'enfance.
Ma maison est pleine de jeux de cartes, jouets mécaniques, castettes.
J'aime rire et jouer des tours à mes amis.
Comment s'appelle votre opéra, déjà celui qui parle d'un petit enfant ?
L'enfant et les sortilèges.
C'est une fantaisie d'iris, pour être exact.
C'est l'histoire d'un enfant qui ne veut pas faire ses devoirs.
Sa maman le dispute, évidemment.
Quand il passe sa colère sur les objets du salon, leur loge, la tasse, la théière,
ceux-ci prennent vie et décident de se venger.
C'est fantastique.
L'histoire a été écrite par l'écrivaine Colette.
Et moi, je me suis bien amusé à composer la musique.
J'ai failli mourir, de rire en écoutant le duo violet.
Des chocs qui chantent, c'est si comique.
Si vous aimez les compos enfants, vous allez adorer ma merlois.
J'ai composé cette oeuvre pour les enfants de mes amis Godepskis,
en m'inspirant de la belle et la bête, le petit poussé, la belle au bois dormant.
Les petits étaient ravis.
Vous savez, Hida, parfois quand je pense au boléro,
je me sens comme un enfant malicieux.
J'ai joué un bon tour au monde musical.
C'est presque une plaisanterie.
Comment ça, une plaisanterie, Maurice ?
Le boléro, c'est votre plus grand succès.
La première représentation en 1928 a été un triomphe.
Vous avez conquis le public.
Dès le lendemain, les journaux en France et dans le monde louaient votre création audacieuse.
Oui, les gens disent que c'est mon plus grand chef d'œuvre, mais...
Il est vide de musique.
Vide de musique ?
Comment pouvez-vous dire une chose pareille ?
Ah, ne vous emballez pas, Hida. Je vais vous expliquer.
Allons, Maurice. Parlons de boléro. Parlons de musique.
Ah, la musique, c'est toute ma vie.
À votre avis, si j'étais un instrument de musique, lequel serait-je ?
Hum, vous me prenez à mon propre jeu, Maurice.
Si vous étiez un instrument de musique...
Je sais, vous seriez le piano ?
Bien essayé, Hida. Mais non.
Le piano est l'instrument dont je joue depuis l'âge de sept ans.
C'est celui sur lequel je compose mes œuvres. C'est vrai.
Mais si j'étais un instrument, je serais...
La caisse claire.
Cela ressemble à mon caractère.
La caisse claire, elle est nette, précise et concise, comme moi.
C'est un tambour qu'on trouve dans l'orchestre, mais surtout dans les fanfares et la musique militaire.
Je vois, je vois.
Mais parlez-moi du boléro, enfin, Maurice.
Comment avez-vous conçu cette œuvre ? Pourquoi dites-vous qu'elle est vide de musique ?
Le boléro, c'est comme un jeu de construction. La base, c'est ce rythme.
Tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac, tac.
Ce le rappelle le castagnette qui marque le rythme de danseur espagnol.
Oui. La caisse claire répète ce rythme inlassablement du début à la fin de la pièce, très exactement 169 fois.
Au début, on l'entend presque seul. Et petit à petit, les instruments viennent s'ajouter.
D'accord, c'est le rythme ensuite, Maurice. Poursuivez.
La flûte commence avec la première mélodie. Appelons-la, mélodie 1.
Une mélodie assez simple en somme. Puis, la clarinette reprend la même chose.
Ensuite, on passe à la mélodie B jouée par le basson. C'est une réponse à la mélodie A
qui est reprise après par une petite clarinette plus aiguë. Et cela reprend. Mélodie A,
deux fois, mélodie B, deux fois. Et on répète l'ensemble encore et encore. C'est tout.
Non, ce n'est pas tout Noirise, vous exagérez. Chaque répétition de la mélodie est un peu
différente à cause des instruments, non ? Oui, à chaque fois, c'est un instrument différent qui
joue le thème. Plus le temps avance, plus les instruments sont nombreux et plus ils jouent fort.
Cela commence pianissimo, c'est-à-dire tout doucement, pour arriver à la fin à un accord fortissimo,
le plus fort possible. Vous parlez d'un crescendo, Maurice. Je suis une danseuse,
mais je doute même un peu de vocabulaire musicale. Oui, il a parfaitement le bolero. C'est un
immense crescendo sur 17 minutes exactement. Formidable. C'est formidable. Je suis la danseuse
principale du spectacle. L'intensité monte progressivement. Ma chorégraphe Nezhinska
a bien travaillé également. Les autres danseurs m'entourent et finissent par me dévorer. Que l'oeuvre.
Pour la fin, j'ai ajouté quelque chose. Une modulation. C'est-à-dire que la mélodie reste
la même, mais on change de gamme. Tout sonne un peu plus églue.
Cela donne une sensation de monter en puissance, juste avant le fortissimo.
Bravissimo, Maurice. Bravissimo.
Vous savez, Ida, je commence à aimer votre jeu du portrait. Posez-moi une autre question.
Avec plaisir, cher Maurice. Si vous étiez un objet, vous seriez...
Si j'étais un objet, je serais une machine. Je suis fasciné par les machines depuis toujours.
Une machine ? Comment cela, Maurice ? Saviez-vous que mon père était ingénieur ?
Il a travaillé pour les chemins de fer. Il a inventé des moteurs pour les automobiles.
Enfants, je ne me lassais pas d'observer ces dessins de machines extraordinaires.
Quand je vois des usines, des complexes industriels, je rêve de châteaux de fonte,
de cathédrales incandescentes, les courrois, sifflet et coups de marteau forment pour moi une merveilleuse symphonie.
Je vous comprends très bien, Maurice. Cela me fait penser à certains tableaux qu'on voit en ce moment.
L'industrie inspire beaucoup d'artistes comme les peintres cubistes, Picasso, De l'Honneur.
J'ai entendu faire non-légère dire que pour ces peintures, les formes des objets mécaniques et l'industrie moderne
n'intéressaient plus qu'un paysage ou une nature morte.
Nous vivons une époque extraordinaire, n'est-ce pas ? Je parle des progrès techniques lorsqu'on en fait bon usage.
Absolument. L'humain a inventé les premières automobiles, les premiers avions en moteur.
Tout va si vite. La communication, les transports.
C'est cela. J'admire tout ce qui est mécanique. Dans mes œuvres musicales, je recherche la perfection technique.
C'est mon but en tant qu'artiste.
Et le bolero, c'est une perfection technique, Maurice, n'est-ce pas ?
C'est une usine qui m'a inspiré le bolero. Le rythme répété de la caisse claire comme une machine qui tourne sans arrêt.
Les autres éléments viennent se greffer dessus comme des roues et des engrenages.
Le secret, c'est le travail d'orchestration. C'est-à-dire l'art de faire sonner ensemble les timbres des instruments
de les mélanger comme un peintre joue avec les nuances de couleur.
Lorsque tout sonne harmonieusement, on a la sensation d'une machine parfaitement huilée.
Et c'est très réussi, Maurice. Félicitations !
C'est vous qui le dites. A la première représentation du bolero, une dame s'était criée « au fou, au fou ! »
Et bien, je pense qu'elle avait tout compris.
Oh, Maurice, je vais faire comme si je n'avais rien entendu.
Dites, Maurice, je suis un peu voyante, figurez-vous. Voulez-vous connaître l'avenir du bolero ?
Oui, bien sûr.
Hum. Je vois, je vois. Oh, je vois une destineur du commun.
Je vois du succès, beaucoup de succès. Jusqu'à la fin du XXe siècle, oui, ça continue au XXIe siècle.
Nous sommes en 2024, presque 100 ans après sa composition.
Le bolero est l'une des oeuvres de musique classique les plus célèbres et les plus jouées dans le monde.
On dit qu'une interprétation du bolero commence toutes les 10 minutes.
Comme l'oeuvre dure des 7 minutes, cela veut dire qu'on ne cesse de jouer votre oeuvre sur la planète Terre. Maurice !
Oh, Ida, quelle imagination !
Oh, pour l'amour du ciel, ne vous moque pas, Maurice. J'ai de véritables dons de voyances.
Je vois des musiciens reprenant l'oeuvre à leur façon, des chansons tragiques, humoristiques, du jazz et même des styles de futur, le rock'n'roll et le rap.
Je vois des films et des livres écrits sur le bolero.
Je vois des chorégrapes du monde entier qui reprennent le balai.
Ah voilà, j'ai trouvé. Parmi les innombrables versions du bolero, voici ma préférée.
C'est celle d'une chanteuse beninoise, Angelique Kijou.
Elle a mis des paroles sur le bolero, des paroles qui parlent d'amour, Maurice.
Écoutons, voulez-vous ?
C'est la maurichouille, écoutons, Ida.
Oh, pour l'amour du ciel, je vois des chansons de voyances.
Je vois des films et des livres écrits sur le bolero.
Je vois des films et des livres écrits sur le bolero.
Elle a mis des paroles sur le bolero, des paroles qui parlent d'amour.
Elle a mis des paroles sur le bolero.
Elle a mis des paroles sur le bolero.
Non, non, je ne veux pas que tu me dévies, je ne veux pas que tu me dévies, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non
Vividà N'cool J'istonne non, non, non, non, non, non non, non, non, non
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Des histoires fabuleuses, drôles et poétiques, imaginées à partir des instruments du Musée de la musique.Illustrations © Frédérick Mansot
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À la recherche de la voix volée | Saison 5 - Épisode 1