Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Aujourd'hui, Karine Ernevon vous racontait une histoire de Lila et les Salgos, la série
imaginée par Thomas Le Petit-Corps.
Il s'intitule « Le retour ».
Ah, l'usine à Salgos, elle m'avait manquée pendant ces petites vacances.
Je passe le portail, je longe le chemin en zigzag et j'arrive dans la cour.
Ça crie, ça se bouscule et ça joue.
Oh, culos ! Rien n'a changé ! Je repère Samuel et Bernard près du terrain de sport
et je file les rejoindre.
Sur le trajet, depuis le sommet de ses gradins, Big Ben me fait un petit signe de la main.
Je lui réponds et bébé me décroche un de ses sourires timides qui pourrait faire fondre
le soleil.
Mais attention, hein ! Quand je dis « bébé », c'est pas l'un de ces surnoms affectueux
que les couples rameau-l'eau du cerveau se donnent.
Non, bébé, c'est juste les initiales de Big Ben.
En traversant la cour, je vois que les Salgos sont toujours aussi créatifs.
Les fabricants testent une de leurs inventions, le jet-sac, une sorte de sac à dos à propulsion.
Les tricheurs mettent au point une nouvelle manière de ne pas réviser.
Le cerf volant a bonne réponse.
Un engin sur lequel ils ont écrit leur leçon et qu'ils font voler devant les fenêtres
des classes.
Les dispensés sortent leur mouchoir de l'hiver dernier du congélateur.
Car pour maximiser leur chance de tomber malade dans les reniflants à nouveau, ils les
gardent au froid pour maintenir les microbes en vie.
Les cadeaux heureux expérimentent un nouveau sport, le bon dipolo.
Assez sur des ballons sauteurs, ils frappent dans une balle à l'aide de clubs de golf.
Vaut mieux pas rester dans les parages.
J'arrive à côté de Sam et Bernard.
Salut ! Alors, c'était cool vos vacances ?
J'ai ramassé des patates avec mon papi.
Oh, c'était pas trop la corvée ?
La corvée ? Passez toute la journée sur un tracteur les mains dans la terre ? T'appelles
ça la corvée toi ? C'était génial ouais.
Ah ah ah ouais d'accord, j'imagine ouais.
Et toi Sam ? J'ai fait pas mal de guitare électrique et avec l'ampli 400 000 watts
que les fabriques m'ont fait, je peux vous dire que c'était concert tous les soirs à
la maison et dans tout le quartier d'ailleurs.
Et toi Lila ?
Je m'apprête à répondre mais la sonnerie est retentie.
Alors on file se mettre en rang et on attend que nos profs viennent nous chercher.
C'est là que je le vois.
Un homme qui passe dans la cour à toute vitesse.
Cascades noires, lunettes noires, colle remontée jusqu'au nez.
Il a tout du type qui ne veut pas qu'on leur remarque.
Vous avez déjà croisé cet adulte là-bas ?
Nope.
Jamais de la vie.
Ça doit être un prof en plaçant.
Ou un nouveau cuisinier, j'espère qu'il nous donnera un max de rables à la coteche.
Mais mon instinct me hurle que ce n'est pas ça.
Cette façon de se déplacer, ce petit nez de fouine, ce dos légèrement voûté ?
Ah, je suis sûr que je l'ai déjà vu quelque part.
Alors la filature commence.
Je laisse Sam et les Bernard partir en cours et je me lance sur ces traces.
Mais il est rapide.
Il entre dans le hall, prend le premier couloir sur sa droite et grimpe une volée de marche
en tapant un sprint.
En suant un gros goutte, j'arrive à le suivre.
Sauf qu'il continue au pas de course, plus pressé qu'un sale gosse qui veut échapper
à une intérus surprise.
Au bout d'un moment, je le perds de vue.
Ah, quel truffe ! C'est là que j'entends une porte claquée.
Oh yes ! Je me rapproche et colle mon oreille à toutes les salles du couloir.
Et dans celle de physique chimie, je perçois des murs murs et une table raclée le sol.
Il est là-dedans, j'en suis sûr.
Je regarde autour de moi et un plan se construit dans mon esprit.
Un plan bancail, un plan risqué, mais un plan quand même.
J'escalade les casiers des troisième, je soulève l'un des carrés du faux plafond
et je me glisse dans le conduit d'aération.
Je ne suis plus Lila la sale gosse, mais Lila l'agente secrète.
Après un dernier effort, j'arrive devant la grille de ventilation qui est au-dessus
de la salle de chimie.
Si blanc vu, alors qui es-tu petit cachotier ?
L'homme tire une chaise pour l'installer derrière la table près de la fenêtre, fenêtre
qui donne sur la cour.
Puis il enlève son manteau, sa casquette et ses lunettes.
C'est là que je comprends, c'est là que je le reconnais.
Oh non, je pensais qu'il nous avait oublié, mais il est de retour.
Vite, il faut que j'en parle à Sam et Bernard tout de suite.
Quoi ? Vraiment ?
Tu t'es pas trompé.
Mais non, je vous assure, c'est Monsieur Terrine.
L'examinateur horrible qui allait fermer l'usine à sale gosse ?
C'est ça.
Celui qui voulait virer ton père ?
Ouais, tout à fait.
Et tu dis qu'il observe la cour depuis la salle de chimie ?
Ouais, il est là incognito et il regarde chacun de nos faisais gestes.
Comme on se doute de rien, il pense nous coincez plus facilement.
En faut qu'on trouve un moyen de le faire des guerres pires d'ici, je pourrais peut-être
l'enfermer avec l'évage de mon papy.
Oh, le balancer dans un concert de trash metal hardcore ! Il y a des gens qui y sont
allés où les a jamais revus.
Euh, ouais, c'est pas mal, mais je pense qu'on doit dénicher un truc plus...
Une idée qui fera en sorte qu'ils reviennent jamais nous casser les pieds.
Cette idée je la cherche.
Je fouille dans les recoins de ma tête pour mettre le grapeint dessus.
Pas de bol, je ne trouve rien.
Alors je m'assois et je regarde devant moi.
C'est l'heure de l'arrêt créé et les salles gosses s'endonnent à cœur joie.
Parfois j'ai du mal à comprendre comment ils peuvent imaginer, créer et inventer autant
de trucs.
C'est vrai quoi.
La course de saut d'obstacle en marche à rien, fallait y penser quand même.
Hé, ouais, mais c'est ça, je l'ai, mon idée.
Ah, tu vois Bernard, je te l'avais dit.
Quand elle a les yeux dans le vide comme ça, c'est qu'elle est en train de me trouver
un plan.
Ah, c'est bon, t'as gagné.
Tiens, les voilà, tes traités de bouillée.
Merci.
Alors Lila, c'est quoi ta stratégie de génie ?
Je vais vous la dire, mais je vais aussi l'annoncer à toute l'usine à sale gosse.
Ha, bougez pas, j'arrive.
Sous les regards surpris de Sam et Bernard, je fonce jusqu'au bureau du directeur.
Autrement dit, celui de mon père.
J'entre comme une tornade et sans qu'il ait le temps de faire quoi que ce soit, j'appuie
sur le bouton du micro, celui qui sert à faire entendre sa voix dans tout le collège.
Oh yeah, oh yeah, cet après-midi, un grand spectacle est organisé dans la cour.
Chaque élève devra présenter un numéro qu'il aura imaginé.
Tour de magie, acrobatie, comédie, tout est permis.
Alors, trois, deux, un, que le show commence.
Quand je relâche le bouton, papa me regarde, les sourcils levaient si haut qu'ils sont
au milieu de son front.
Tu sais qu'avec ce que tu viens de faire, je vais devoir te donner environ 6 000 heures
de colle.
En vrai, ça valait le coup.
Je quitte le bureau pour retourner auprès de Samuel et Bernard.
Et déjà, dans la course, ça s'active.
Les fabricants construisent une scène avec des morceaux de bois, tandis que les cadeaux
d'or suspendus à des cordes d'escalade accrochent des lumières multicolores.
Les tricheurs, à l'aide d'un double déclé de la réserve, ont emprunté des bancs pour
accueillir le public.
Les dispensés à force de sniffer leurs vieux mouchoirs ont réussi à tomber malade.
Ils ne peuvent donc rien faire, comme par hasard.
Franchement, Lila, c'est une bonne idée, mais je vois mal comment ça va nous aider
pour Terrine.
C'est vrai que c'est un pari risqué, mais ne partons pas des fétistes.
Donne-nous à fond et ça va le faire.
En disant ça, je n'y crois qu'à moitié.
Je jette un coup d'œil vers le troisième étage, là où se trouve la salle de chimie.
J'aperçois la silhouette de Monsieur Terrine, qui regarde par la fenêtre, cachée derrière
le rideau.
Parfait !
Je monte sur scène pour m'adresser à la foule de sale gosse devant moi.
Le spectacle peut commencer !
Des ours à retentisse est le premier numéro des marres.
C'est Bernard qui s'y colle.
Il nous propose une performance de jonglage qu'il réalise avec des pommes de terre.
Oui, c'est ça.
Une patate, deux patates, trois patates, sans patate ! Bernard est incroyable !
Ensuite, c'est Samuel qui prend le relais.
Et là, ça change de style.
Mon ami monte sur scène avec sa guitare électrique.
Trois, quatre, un son strident déchire le ciel.
Les oiseaux s'envolent, les adultes se bougent les oreilles, les sales gosses se trémoussent
comme des verres de terre.
Samuel multiplie les solos une vraie rockstar.
Briac, le petit blagueur que j'avais affronté dans un concours de bêtises, nous propose
ses meilleurs gags.
Puis vient le moment des clans.
Les tricheurs se lancent dans un tour de magie où ils font disparaître des choses.
Chaque fois, ça rate !
Cartable, trousse, yo-yo, rien ne bouge.
Sauf une fois.
Et comme par hasard, c'est une pile de devoir énorme qu'ils avaient à faire qui se volatilise.
Pour le plus grand bonheur de tous, les fabricants nous dévoilent l'une de leurs créations,
le robot peinture.
Un engin capable de repeindre les couloirs de l'usine à sale gosse du sol au plafond.
Pas de chance, là c'est tout le premier rang qui se fait asperger.
Oups !
Sur fond de musique épique, les cadors se lancent dans une démonstration de carasté
crim.
Un mélange de... de caraté et d'escrime quoi.
Leurs épées s'entrechoquent et les escalades se multiplient.
Ils vont si vite qu'on a du mal à les suivre.
Et pour finir, les dispensés nous offrent un numéro surprenant.
Ils attrapent des béquilles et grimpent dessus pour s'en servir des chasses.
Puis ils réalisent une pyramide humaine comme celle qu'on fait en acrogime.
Ils s'élèvent plusieurs mètres de haut.
Sauf qu'ils ne faut pas oublier qu'ils sont malades.
Et l'un des dispensés tout en bas de la pyramide lâche un éternument qui fait
trembler la scène.
La pyramide vacilleuse, bam ! Les salles gosses s'écroulent par terre.
Aïe ! Eh ben au moins là ils auront une bonne raison de mettre des plâtre.
C'était trop bien tout ce qu'on vient de voir.
Mais c'est déjà fini.
Je vous ai prévu une dernière surprise.
Allez c'est parti !
Le feu d'artifice que j'ai mis sur le toit fuse dans le ciel.
Les détonations retentissent et mille et une couleur vole au-dessus de nos têtes.
Tous les salles gosses sont émerveillés.
Mais moi, moi j'ai remarque que Monsieur Théryne n'est plus à la fenêtre.
Mais où est-ce qu'il peut bien être ?
Je cours jusqu'à ne plus avoir de souffle et je le retrouve sur le parking devant
sa voiture.
Il est toujours en mode incognito.
Alors je féminine de ne pas leur connaître.
Bonjour Monsieur.
Vous cherchez quelqu'un ?
Mon père c'est le directeur donc je peux peut-être vous aider ?
Euh non non non.
C'est bon.
J'étais venu visiter cet endroit et je me suis rendu compte qu'il était vraiment,
vraiment très beau.
Au revoir.
Monsieur Théryne s'installe derrière son volant et enlève ses lunettes de soleil.
Ses yeux sont rouges.
Il essuie la larme qui roule sur sa joue et s'en va.
Apparemment ému par le spectacle auquel il vient d'assister.
Je savais bien qu'il y avait un petit cœur d'artichaut qui battait sous ce grand corps
de fils de fer.
Eh, Paris réussit !
Voilà l'histoire est finie.
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En plus maintenant je peux vous répondre directement.
Trop bien non ?
J'ai hâte de vous lire.
Je vous embrasse et je vous dis à bientôt.