Nelson Mandela, une vie d'injustices - Épisode 1

Durée: 17m26s

Date de sortie: 14/10/2020

durée : 00:17:26 - Les Odyssées - L'Afrique du Sud a connu des siècles de colonisation et la ségrégation. Le combat pour la liberté et l'égalité, plusieurs hommes l'ont mené. Parmi eux, il y a Nelson Mandela. Toute sa vie, il s'est battu pour défendre son peuple. Et tu sais quoi ? Il a réussi. Voici l'Odyssée d'un homme incroyable qui deviendra le premier président noir de L'Afrique du Sud.

À l'extrême-sûde de l'Afrique, mais un peu à l'est, s'élève le Dragon's Berg,
la montagne du dragon.
Si tu t'y promènes un jour, tu découvriras de magnifiques dessins très anciens qui te
raconteront l'histoire de ce bout du monde qu'on appelle l'Afrique australe.
Il y a des milliers d'années, sur ces terres vertes et rouges, sèches et luxuriantes,
vivent les Khoisan.
Plus tard, et je veux dire des centaines d'années plus tard, ils sont rejoints par
d'autres peuples.
D'abord les Kosa, puis les Zulu, les Tsonga, les Soto, les Venda, les Pedi, les Debelé
et les Tsuanas.
Bien sûr, ils ne restent pas chacun dans leur coin.
Ils se rencontrent, ils échangent et ils se font parfois la guerre.
Dans cette région, sont au ciné de grands royaumes, comme le Mapungubwe, qui a aujourd'hui
disparu, mais dont on a retrouvé des traces.
Et attention, pas n'importe lesquels.
Des septres et des rhinocéroses.
Waaah, entièrement fédores.
Oula, sans nous en rendre compte, nous avons laissé filer le temps, nous sommes arrivés
à la toute fin des années 1400.
À cette époque, les Européens cherchent à aller aux Indes, par la mer.
Des Portugais, puis des Hollandais, passent en bateau dans la région.
Les Portugais ne restent pas.
Les Hollandais, si.
En 1652, tout au sud, au bord de l'océan Atlantique, ils fondent la ville du Cap.
Puis ils s'emparrent des terres, tout autour.
Ici, vivent des colcolles, mais ils s'en fichent.
Ils sortent leur fusil, ils font tirer les canons.
Ce qu'ils sont en train de faire, porte un nom.
La colonisation.
Entre-temps, les Hollandais ont décidé de se faire appeler « africaneur ».
Cent ans plus tard, les Anglais décident, eux aussi, de coloniser la région.
Des guerres éclatent.
En 1910, les Anglais gagnent la partie.
Ils créent un nouveau pays sous le contrôle du roi d'Angleterre.
L'Union Sud-Africaine.
Les africaneurs sont verts de rage.
Ils ne rêvent que d'une chose, reprendre le pouvoir.
Les africaneurs et les Anglais ne s'entendent pas très bien.
Soit.
Mais il y a une chose sur laquelle ils sont à peu près d'accord.
Ils veulent dominer les africains.
Pourquoi ?
Eh bien, ils croient en une idée affreuse, fausse et criminelle.
La supériorité de l'homme blanc.
Depuis l'arrivée des Européens, les Koikoi, les Kosa, les Zulu ont tout perdu.
On leur a volé leur terre, leur droit et leur liberté.
Pour mieux les contrôler, on les oblige à vivre sur des tout petits bouts de terre,
un peu comme des réserves, complètement séparées des plans.
Cela apporte aussi un nom, la ségrégation.
Très vite, les populations noires commencent à s'organiser pour se défendre.
Mais la lutte prend du temps. Elle est dure, difficile.
Les Anglais et les africaneurs n'ont pas peur de la violence.
Ils ne veulent rien lâcher.
Ce combat pour la liberté et l'égalité, plusieurs hommes l'ont menée.
Parmi eux, il y a Nelson Mandela.
Il est Kosa.
Toute sa vie, il s'est battu pour servir son peuple.
Et tu sais quoi ? Heureusement, il a réussi.
Voici l'odyssée de Nelson Mandela, un homme incroyable qui deviendra
le premier président noir de l'Afrique du Sud.
Nelson Mandela, la paix de Kona, la paix de Likona.
Nous sommes dans le Transqueil, une magnifique région située au sud-est,
au bord de l'océan indien.
Entre les collines toute ronde, s'étendent des prairies.
Au milieu des prairies, coulent des milliers de rivières.
Nelson, né le 18 juillet 1918.
Il ne s'appelle pas encore Nelson, mais Rolirlarla, ce qui en Kosa signifie
tirer la branche d'un arbre, ou, plus familièrement, celui qui crée les problèmes.
Rolirlarla, grandi dans le village de Kunu.
Son père est chef de tribut.
Il descend de la famille royale des thèmes bons.
Son rôle, conseiller les rois.
Lorsqu'il sera grand, Rolirlarla le sait, lui aussi,
parlera l'oreille des grands chefs.
C'est son destin, ainsi le veut la tradition.
Mais tout cela, oh oui, c'est pour plus tard.
Pour l'instant, il a dans les cinq ou six ans, et franchement,
il a bien d'autre chose à faire.
Quoi ? Mais vivre de folles aventures dans la campagne,
avec ses amis, partit.
Ensemble, ouh, il se régale.
Il garde les chèvres et les vaux,
ils apprennent à se battre avec des bâtons,
ils sautent dans les rivières fraîches,
et, comblent du délice,
ils boivent le lait directement au pied de la vache.
Un jour, on l'envoie à l'école.
A peine arrivé en classe, la maîtresse lui donne un nouveau nom,
un prénom anglais.
Rolirlarla s'appelle désormais Nelson.
Bon, ça paraît bien étrange, n'est-ce pas ?
Mais n'oublie pas que les cossas ont été colonisés.
Alors, c'est comme ça, les Anglais obligent les enfants
à devenir un peu plus...
British !
D'accord.
Se dit Rolirlarla.
Mais je ne vais pas changer.
Je vais plutôt garder les deux prénoms.
Vers l'âge de 9 ans, Nelson Rolirlarla quitte son village.
Il va habiter à la cour du Régend des Thembous
dans le palais de Mekhezwény, qu'on appelle la Grande Demeur.
Avant de partir, sa mère le regarde droit dans les yeux,
elle lui dit,
Sois courageux, mon fils.
La route est longue jusqu'à Mekhezwény.
Lorsqu'il part, le soleil ne s'est pas encore levé.
À son arrivée, il est presque couché.
Le Régend traite Nelson comme son propre fils.
Il est sévère, mais juste.
À ses côtés, il apprend beaucoup.
Il faut dire que Nelson est très curieux.
Il ne pose pas de questions, mais il apprend en regardant.
Il observe tout.
Sur tous les réunions tribales.
Régulièrement, le Régend invite tout le monde
à la Grande Demeur pour parler de la sécheresse,
du bétail ou des nouvelles lois.
Lors de ses réunions, chacun a le droit de parler.
Sorcier, agriculteur, guerrier, le Régend les écoute tous.
Nelson est très impressionné.
Il se dit,
Ça, c'est un grand cher.
Quand on commande, il faut d'abord écouter.
Nelson grandit.
Il va au collège, puis au lycée.
Ces professeurs blancs lui apprennent que les meilleures idées du monde
ont été inventées par les Européens.
Ça, par exemple, il trouvait vraiment bizarre.
Et puis, quelque chose d'autre le chiffonne.
Chaque fois qu'un noir croise un blanc, il doit courber la tête.
Le jeune homme se demande bien pourquoi.
Un après-midi, les élèves reçoivent la visite exceptionnelle
d'un grand poète Kosa.
Sur les épaules, il porte le carrosse.
C'est le manteau traditionnel.
Il est très beau en peau de léopard.
Et dans chaque main, il tient une lance.
Cette vision, c'est un choc pour Nelson.
Comme si tout d'un coup,
l'univers entier s'est déroversé.
Fasciné, il ne peut quitter l'homme des yeux,
alors il le regarde et surtout, il écoute.
Le grand poète raconte l'histoire du peuple Kosa.
Il raconte les grands guerriers, les batailles et l'arrivée de l'homme blanc.
Il dit...
Les étrangers ne s'intéressent pas à notre culture.
Nous ne pouvons pas les laisser s'emparer de nos terres.
Nous ne devons plus obéir à leur Dieu.
Un jour, je le prédis, les forces africaines vaincrons.
Peuple Kosa, je te donne l'étoile du matin
car tu es un peuple fier et puissant.
Nelson tremble de tout son corps.
Il a la chair de poule et les larmes aux yeux.
Jamais, il ne s'est senti aussi fier.
Ce soir-là, il regarde le soleil se coucher.
Le ciel s'embrase puis devient noir.
Lorsque la nuit arrive, pense le jeune homme.
Le jour n'est jamais loin derrière.
Le temps passe.
Nelson étudie le droit à l'université de Fort-Air,
la seule dans tout le pays où les noirs ont le droit de s'inscrire.
Il apprend à débattre, à présenter et à argumenter ses idées.
Pour se maintenir en forme, il fait pocoubox.
En deuxième année, Nelson participe à une grève
pour donner plus de pouvoir aux étudiants.
Il tient tête au rector de l'université.
Très poliment, c'est vrai, mais tout de même,
il faut un certain courage qui n'est pas tout à fait récompensé.
Nelson est renvoyé.
Chochelosa
Cours les études d'abastum et l'âge pour mesad Afrika
Chochelosa
Cours les études d'abastum et l'âge pour mesad Afrika
When we are back
Bon, ce n'est jamais agréable.
C'est vrai, mais tant pis.
Ces études de droit, il les finira par correspondance.
Et puis, surtout, tu sais ce que ça veut dire.
Yoooou !
Une nouvelle vie commence
et ce sera à Johannesbourg, la plus grande ville du pays.
Lorsqu'on veut se rendre à Johannesbourg,
il faut remonter plus au nord,
passer à travers les montagnes,
entrer dans les terres.
Le voyage dure plusieurs jours.
À Johannesbourg, les immeubles sont immenses,
ils touchent presque le ciel.
Les voitures roulent à toute vitesse
et les lumières ne s'éteignent jamais.
La ville est en ventre, en ventre énorme,
où les hommes s'engouffrent pour trouver de l'or au fond des mines.
J'ai dit les hommes.
Oh, pardon. Je voulais dire les travailleurs noirs.
Ce sont eux qui, nuit des jours,
descendent à 100 ou 200 mètres sous la terre,
creusent la roche et les cailloux.
Les blancs, oh non !
On ne voit jamais la pioche à la main.
Ce sont les patrons, ils font travailler les autres,
les mines leur appartiennent.
Nelson trouve un emploi à la mine de Cronm Mine.
Il a de la chance, il se fait engager comme gardien de nuit.
C'est beaucoup moins fatigant et dangereux que de creuser la terre.
Le jeune homme regarde autour de lui.
Partout, il voit la tristesse, la misère et la désolation.
Le bruit des machines est infernal.
Les mineurs ont l'air agar et marchent dans la poussière.
Ils sont maigres.
Ils sont épuisés.
Le soir, ils ne peuvent même pas rentrer chez eux.
Ils s'entassent les uns sur les autres
dans de toutes petites barracques,
sans eau ni électricité.
Les blancs n'ont pas seulement pris nos terres.
Pense Nelson.
Ils volent nos richesses, notre santé, nos vies.
Notre pays tout entier est entre leurs mains.
Sans se gêner, ils nous dévorent à pleine dent.
Un nouveau mot apparaît soudain dans son esprit.
L'exploitation.
Comment un homme peut-il faire ça à un autre homme ?
Se demande-t-il.
A la fin de son service,
Nelson aime bien prendre le frais
sous les jarracondas en fleurs.
Lorsque le soleil se lève,
pendant quelques secondes,
il inonde la terre et alors...
On dirait que les arbres se transforment
en énorme bouc et d'or.
Le jeune homme pense à ses ancêtres.
Il pense à son village.
Il regarde la ville.
Elle est si belle et en même temps si terrible.
Souvent, il a une grosse boule au ventre.
Pourquoi n'a-t-il pas eu le droit
d'aller étudier dans la même université que les blancs ?
Pourquoi n'a-t-il pas le droit de voter ?
Pourquoi les noirs, sans cesse, doivent se courber ?
Le poète Cosa avait raison.
Quelque chose ne tourne pas rond en Afrique du Sud.
Un matin, Nelson prend une décision.
Il va devenir avocat.
Pas c'est libon que petit l'homme venait,
pas c'est libon que quoi non non,
pas c'est libon que petit l'homme venait,
pas c'est libon que quoi non non,
Les Odyssey est un podcast original de France Inter.
Mais au fait, pourquoi les colons hollandais
ont décidé à un moment donné de se faire appeler africaneur ?
Après avoir fondé la ville du Cap,
tu te souviens, c'était en 1652,
les hollandais ont fait des enfants.
Plusieurs générations de colons blancs
sont ainsi nées en Afrique du Sud.
Ces derniers, pour se diviser,

pour différencier des colons nés en Europe,
ont décidé de se donner un nouveau nom.
Ils ont choisi le mot africaneur
pour bien montrer que leur pays a eux,
et bien c'était l'Afrique du Sud,
pas les Pays-Bas.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org

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Lesodyssées

France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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