A au fait maman merci pour le conseil.
Ah oui lequel ?
Ouvrir l'assurance vie carac et par une patrimoine ?
Ah oui.
En 2024, le fonds euro de la carac m'a rapporté 3,50%.
Mais oui la carac s'occupe bien de nous et depuis longtemps.
Et nous avons un conseiller en patrimoine dédié qui change tout.
Et jusqu'au 31 mars, la carac me donne 50 euros si je verse 2000 euros.
Et ça peut aller jusqu'à 1000 euros offert.
A la carac, on se bat pour vous.
Les taux passés ne préjuchent pas des taux à venir.
Taux net de frais avant prélèvement sociaux.
Offre soumise à conditions, plus d'informations sur carac.fr.
Mutuelle soumise au livre 2 du code de la mutualité.
On est prêt pour une cinquième saison.
On a fait une grosse pause.
Cinquième saison déjà ?
Ouais, ouais, ouais, tu te rends compte ?
Ça base beaucoup trop vite.
C'est bien, mais moi j'ai l'impression qu'on a commencé un peu longtemps quoi.
Ouais.
Tu te rappelles, bah je vous présente mes invités donc.
Stan, la rock, j'espère que tu vas bien.
Ça va très bien, bien.
Souvent tu viens en début de saison, c'est marrant.
Mais t'étais venu quand même dans la toute toute première, je pense, la 2e.
Enfin la première saison, mais la 2e émission dans la vie.
Ouais.
Ou 3e.
Mais ça change dans l'aventon effectivement.
La vieille.
À chaque fois tu viens dans un studio diffi branch, quoi.
Ouais, bah là c'est très bien décoré.
Bah, bah, toujours la vue sur la city quoi.
Et Tiffany évidemment.
Oui.
Fidèle poste, ça va ?
Ouais, tout à fait, très bien.
Bah c'est la première, du coup, si ça n'allait pas.
J'allais dire cette longue pause, t'as fait du bien.
Mais bon, t'as bossé donc...
Ouais, j'ai bossé.
Non, j'ai quand même pris un peu de jour, mais comme je le disais, je sais pas pourquoi, je suis déjà crevé.
Alors si vous...
Tiffany, Tiffany, crevé.
Si vous avez le même ressenti que moi, c'est fou, mais je trouve ça dingue.
C'est bon, Mikko, d'ailleurs plus vu un peu, plus...
Ah ouais, bah je pense que c'est la sagesse.
Oh, la claque !
Non.
J'interprète toujours de la meilleure manière.
Je pense que c'est clairement la sagesse dans mon avis.
Putain, cliques, j'avoue.
Du coup, il y a plein de gens qui sont venus en panique.
Parfait, bah bougez pas !
Bougez pas !
Car on a un super beau programme ce soir.
Nous allons parler des annonces de Meta, notamment de lunettes de rééteux augmentées.
Si comme moi, vous n'avez pas trop suivi, et bien tant mieux,
puisque on va pouvoir tout vous débriefer ce soir avec notre expère, Stan LaHawk.
Après, nous allons parler du VIX, ça fait longtemps, c'est un score.
On parle plus tant d'interface, du high, etc.
Et ça va être très intéressant, puisqu'on va parler de la Chine.
Et de pourquoi là-bas, les applis sont si bizarres.
Je pense que t'as déjà vu un capture d'écran d'une appli chinoise.
Ah bah ouais, juste WeChat, c'est un choc.
Bah voilà.
Du coup, on va expliquer pourquoi, enfin pas nous,
mais vous allez voir, ça va être hyper intéressant avec notre invité.
J'adore le nom de sa chaîne YouTube, qui est What's...
Attends.
Comment tu prononces déjà ?
Euh...
What the F... FIX ?
En gros, avec...
What the FIX ?
FIX, enfin bref, c'est génial.
Encore le droit de dire ça sur Twitch ?
C'est bon.
C'est pas votre banoueur, dans mon avis.
Vous allez voir, c'est très très cool.
Et en troisième partie, nous allons parler d'espace,
plus précisément, des technologies derrière SpaceX.
J'adore cette émission,
parce que vraiment, à chaque fois, on fait des grands écarts gigantesques,
mais c'est pas grave, c'est ça qui est cool.
Et on reçoit pas n'importe qui, des Français,
qui développent une entreprise qui fait décoller des fusées.
Ouais, je pense qu'il y en a pas beaucoup, c'est comme toi, on va en parler,
mais en avis des gens qui...
J'ai parlé avec eux, c'est fou.
C'est fou, hein.
Vous allez voir ça, c'est pas tous les jours.
Déjà, on parlait du fait que des gens qui développent des casques en hardware,
en Europe, il y en a pas beaucoup,
sur le doigt d'une main peut-être, non ?
Ouais, même moi.
Ouais, moins de doigts quoi, il a fait les restes.
Ouais.
Mais en tout cas, en décollage de fusées,
je pense que c'est un peu la même chose, des poids de privé.
Qui font des collés, qui font des lanceurs, c'est très rare.
Et donc ça va être trop intéressant de discuter avec eux
de qu'est-ce qui a changé depuis l'arrivée de SpaceX notamment,
et puis qu'est-ce qu'eux, ils développent évidemment.
Et je ne sais pas si toi, tu as une news, mais c'est pas obligé.
Eh ben non, ça va très bien,
parce que comme je suis arrivé hors part et tout, c'est très bien.
Il y a encore aussi moi non plus,
parce que surtout, je trouve que nos émissions, elles deviennent plus en plus longues.
Ouais.
Ce qui est génial, hein,
parce qu'on a des invités passionnants, et voilà.
Et du coup, je propose de recourser les intros.
Donc sans plus attendre, je te propose qu'on rentre dans le vif du sujet.
Est-ce qu'avant qu'on se lance sur le sujet meta,
tu veux nous faire un petit débrief d'eux ?
Ce n'est pas c'est quoi pour toi, depuis la dernière fois,
parce qu'il y a des intervalles d'un an, donc évidemment, pour une start-up, c'est...
Je crois que la première vidéo qu'on a fait ensemble,
il y a fort, fort longtemps, c'est 2017,
et effectivement, on se voit par intervalle semi-régulier.
Mais c'est du coup avant Underscore.
Ouais, mais même...
En fait, on commençait tous les deux quelque part.
Exactement.
Et c'est assez chouette de se suivre comme ça,
dans des studios toujours plus grands.
Mais grosso modo, la société Lynx, qui...
Représente vite fait quand même, parce qu'il y a des nouveaux.
Ouais, bien sûr.
Alors, en fait, j'ai créé une société,
il y a maintenant 6 ans, qui conçoit et fabrique des casques de réalité mixte.
Donc c'est des casques qui font aussi mal la réalité virtuelle que de la réalité augmentée,
un peu comme le Vision Pro qui a été sorti cette année en France.
Et aujourd'hui, on a fait deux levées de fonds,
nous arrivait plein de choses, c'est une vraie saga.
Vous pouvez demander au collègue chez Lynx,
qui sont là de...
C'est beaucoup depuis le début que c'est vraiment une vraie saga.
On a un peu amené la Silicon Valley à Paris,
parce qu'effectivement, on est les seuls à travailler sur des techno,
où il y a de l'optique de l'électronique,
des plusqualcom, la dernière frontière, l'interface on machine.
En tout cas, c'est comme ça que je vois cette techno toujours aujourd'hui,
où ça fait vraiment partie du futur.
Ce qui était intéressant aussi, c'est que toi, au moment où tu te lances là-dedans,
Apple n'a absolument rien sorti.
Donc même le concept d'ordinateur spatial, c'est des trucs que le grand public ne connaît même pas vraiment,
à part avec quelques démodes et HoloLens, etc.
Donc toi, tu démarres là-dedans.
Oui, en fait, j'étais en école et en dernière année,
j'avais mis un Oculus DK2 sur la tête.
Je crois que c'était juste avant qu'il se fasse racheter par Facebook pour 3000 $.
Et quand je l'ai mis sur la tête pour un projet, je me suis dit,
« Ça fait partie du futur, il faut que je trouve un moyen de bosser là-dedans,
et pas juste faire des sites web et des applis comme ce que j'allais faire
dans le début de ma carrière, a priori. »
Et bon, si j'avais su à quel point c'était dur, je l'aurais pas fait.
Mais en même temps, je pourrais rien faire d'autre aujourd'hui,
et c'est absolument passionnant comme industrie,
parce qu'en face, on est les plus grosses sociétés de la planète,
et c'est vraiment passionnant.
Surtout quand on voit ce que les gens font avec nos produits.
Oui, ça qui est beau aussi, c'est que toi, tu as cru tôt,
et en fait, tu as des prédictions entre guillemets qui se sont produites,
puisque aujourd'hui, l'idée de faire un ordinateur spatial,
on sait pas le truc qui est rentré dans la vie tous les jours comme un iPhone
ou une montre, mais il y a eu quand même
une évolution où tout le monde est à peu près sûr
qu'il y a un potentiel dedans.
Sinon, pour le grand public maintenant tout de suite, au moins pour les pros,
et tu as de plus en plus de boîtes qui se montent autour d'ici.
T'as Apple qui a fait son move l'année dernière,
qui a enfin révélé son produit, et quand Apple va sur un marché,
c'est généralement pas pour rien.
C'est plutôt bon signe, c'est pas pour rien.
Et puis, il y a tous les gars femmes, peu ou prouts,
qui font chacun des milliards, voire des dizaines de milliards d'investissements par an,
dans ces techno.
Donc, en fait, là je vais te citer un VIP,
un exécutif d'un gars femme qui m'a dit qu'on le veuille ou non,
en fait, ça va arriver, voilà, que vous aimiez les casques ou les lunettes ou pas,
ça va arriver.
Donc, voilà, il faut autant se préparer.
Nous, on l'avait vu il y a très longtemps,
parce que là, j'avais bâti une conviction là-dessus.
Et on a fait certains choix techno qui ont été validés
quand le casque Apple est sorti sur comment faire la réalité mix, etc.
Toi, t'avais pu tester les casques au fur et à mesure du programme,
on t'a vu que ça devient quand même des produits assez matures,
même si c'est pas encore effectivement aussi successful que les smartphones
ou que le reste du compte.
Je me souviens que c'était complètement obnubilé par ta première démo,
juste où le feel of view, la distorsion de tes yeux
était la même en dehors du casque et derrière l'écran.
C'est ce que fait Apple maintenant, etc.
Même le casque d'Apple, il est encore fermé.
Ils ont une bonne géométrie effectivement au niveau des décalards.
Il y a des gens qui font des modules où tu peux enlever le cache
et tu me vois que...
Oui, que ça matche bien.
Oui, ça matche bien exactement.
Mais évidemment, c'est Apple.
Donc tu t'attends à ce qui développe ça,
mais déjà dans ta démo, ça m'avait...
Il y avait une vidéo YouTube où je ski avec le casque sur la tête
pour prouver justement que la vue à travers des caméras est géométriquement bonne
et qu'on a la bonne latence aussi, parce que c'est très important.
La latence dans le genre de système,
qu'on peut faire plein de choses avec et que c'est pas...
C'est de la triche dans le sens où c'est pas de la lumière de ton environnement.
C'est pas des lunettes.
Voilà, c'est pas des lunettes.
Mais c'est de la triche, il marche tellement bien qu'en fait, tu peux ski avec.
Ça marche même mieux dans certaines conditions.
Oui, c'est ça.
En fait, en tout cas, c'était hyper intéressant.
Je m'étonne que tu n'étais toujours pas fait racheter entre humais.
En fait, c'est cool, je trouve ça cool.
J'allais poser cette question parce que...
T'aurais pu, non, mais en vrai, t'aurais pu.
Oui.
Objectivement.
Mais là, ce qu'on fait, c'est trop important.
Vraiment sur quand...
Oui, j'adore ça.
Auprès de nos utilisateurs, en fait, quand je vois ce que les gens font avec notre casque,
en fait, si pourquoi je n'ai pas commencé la boîte aux US
ou pourquoi je ne vais pas aller tout de suite travailler justement chez ces gens-là,
qui très honnêtement m'accueillent plutôt à bras au verre,
aussi avec mes premiers collègues,
c'est parce que, en fait, avec ces nouveaux produits,
ça reste encore nouveau,
on a l'occasion de ne pas louper le virage comme on a...
C'est ce virage qu'on a l'habitude de louper en Europe,
le virage du smartphone, du moteur de recherche, du laptop.
Et là, en se positionnant sur le produit d'après,
en fait, on peut ne pas avoir entre 2 et 10 ans de retard.
Et là, aujourd'hui, c'est encore plus important
que jamais d'avoir un peu de souveraineté là-dessus.
Donc, on est très bien là, on est.
Je ne dis pas que ça a été facile
et c'est très compliqué de financer ou de pas céder, etc.
Mais aujourd'hui, on est dans une configuration où on est très content.
Et aujourd'hui, la majorité de votre clientèle, c'est des particuliers ou c'est des entreprises ?
C'est plutôt des entreprises dans tout ce qui est industrie, défense et médical.
Donc, c'est pour de la formation professionnelle, de l'assistance à distance.
Il y a aussi des gens qui nous l'achètent pour jouer aux jeux vidéo
comme ils le feraient sur un autre casque avec Steam ou avec d'autres systèmes.
Mais à la base, on est plutôt bitoubis.
En fait, c'est là que le marché est vraiment aujourd'hui.
Parce qu'à mon sens, le marché, quand il s'y meurt dans l'AVR,
il est virtuel dans le sens où il est fabriqué par Meta,
parce que Meta vend des produits à perte.
À chaque fois qu'ils vendent des Rebanes, à chaque fois qu'ils vendent des Quests,
à chaque fois qu'ils vendent même le dernier casque qu'ils ont sorti, ils perdent de l'argent.
Donc, en fait, quand tu...
Non mais c'est une taux de financière.
Enfin, c'est un milliard par mois depuis que Marc-Luc Herbert...
On va en parler.
Ok, je ne se parle pas.
Mais j'ai les chiffres.
Ça m'intéressait.
Mais c'est évident que c'est le cas.
Et même, je voyais dans le chat qu'ils parlaient du Vision Pro, etc.
Et oui, c'est sûr que les applications, même pour le Vision Pro,
à mon avis, elles sont plus dans le business.
Parce que, franchement, aujourd'hui, nous, on en a un Vision Pro dans la boîte.
Je peux vous dire qu'ils dortent sur une étagère, franchement.
Et comme beaucoup, beaucoup d'autres gens qui ont acheté le Vision Pro,
c'est juste qu'il y a le jeune séquoi qui manque encore.
Enfin, bah, on va pas rentrer dans ce sujet-là.
Parce qu'aujourd'hui, on parle pas d'Apple.
Et je fais ma petite intro.
Le 25 septembre dernier, lors de la conférence MetaConnect,
Meta a dévoilé le Meta Orion.
Ça perd de lunettes holographiques en réalité augmentées,
sur laquelle ils bossent depuis dix ans.
Certains ont vu dans cette annonce l'équivalent de l'annonce de l'iPhone par Apple en 2007.
Mais...
Eh, on va en parler.
Mais ici, on se pose plein de questions.
Parce que moi, on m'a toujours dit que les lunettes comme ça,
pour le grand public de RetroGuementé,
c'était pas avant, mais des années et des années.
Alors, parce que les difficultés techniques sont beaucoup trop grandes.
Alors, c'est quoi le secret de Meta, justement ?
Où est-ce que se trouve la magie ?
Est-ce qu'il y a une douille quelque part ?
Et est-ce que le Meta Orion va être un succès ou un changement dans l'industrie ?
On va en parler, justement, avec toi, Stanley Rock,
puisque tu as l'unx, une startup qui est dans cet écosystème de développement hardware de casques.
Et justement, avant qu'on rentre dans le détail,
est-ce que tu peux revenir un petit peu sur les annonces qui ont été faites par Marc Zuckerberg ?
Oui. Alors, effectivement, c'est encore le gros leader sur le marché.
C'est eux qui vendent 95% des casques sur les différents marchés où la VR progresse bien.
Ils ont annoncé déjà un casque de VR,
enfin maintenant on dit de la réalité mixe,
parce que tu peux aussi faire la réalité augmentée à travers les caméras du casque,
qui est le MetaQuest 3S.
Alors, il est vendu à 300€, si je dis pas de bêtises.
Et donc, c'est très low-cost, très très low-cost.
Je partage pas mal de composants avec eux,
on sait combien on coûte les choses, etc.
On a les mêmes usines en Asie, etc.
Ils perdent de l'argent sur chaque produit vendu, je peux te le garantir.
Mais ils veulent continuer à être l'offre grand public, bon marché,
pour inonder le marché et se dire qu'ils feront le reste sur le contenu.
Quand on regarde les chiffres, ensuite ça ne suit pas du tout.
Donc, ils ont annoncé ce casque qui est un vrai produit,
que l'on pourra trouver à la FNAC et chez D'Artig, j'en suis sûr, dans les prochaines semaines,
qui vient compléter leur offre avec le Quest 3, qui est plutôt à 500€ ou 600€,
qui est un poil plus cher, qui fait un petit peu plus de choses.
Mais voilà, ils ont une bonne gamme de produits.
Nous, on est très contents, parce qu'ils continuent de démocratiser à leur frais,
et à éduquer les gens, en fait, le consommateur au casque et aux usages.
Donc, moi franchement, c'est son argent, c'est plutôt positif.
– En termes de spect techniques, etc., est-ce qu'il y a des trucs qui t'ont impressionné dans ce qu'ils ont sorti ?
– Alors, très noélement, en fait, c'est des bons produits.
Je ne vais pas cracher sur ce qu'ils font, parce que ce sont des bons produits.
Je vous encourage à mettre des casques sur la tête, en fait, quelle que soit la marque,
généralement, c'est des très grosses sociétés qui ont des milliers d'ingénieurs qui travaillent là-dessus.
Et pour le cas de Meta, c'est des très bons produits.
Alors après, est-ce qu'on est d'accord avec l'exécution de leur offre et leur politique de vie privée, etc.
C'est le travail de chacun.
– Mais le plan AirDWay, en tout cas, c'est impressionnant.
– C'est une très belle intégration. Ils ont une maîtrise complète du stack.
Ils font un travail très impressionnant sur l'architecture des Pusqualcoms
qui sont utilisés sur tous les casques, qui compris les nôtres.
Non, c'est très impressionnant. Il reste assez en avance, en fait, assez précurseur sur l'intégration à l'ardois.
– Moi, j'ai souvent entendu que le nerf de la guerre sur un casque, c'est pas nécessairement les specs que tu vas lire,
mais que beaucoup se jouent au niveau de la lentille.
C'est quoi l'expérience pour ton oeil ?
Et est-ce que si tu te déplaces d'un millimètre, c'est plus net ?
– Est-ce que c'est quoi le taux de rafraîchissement ? Est-ce que tu as un environnement où tu vas voir sur 60° ou sur 130° ?
Ça change pas mal l'expérience, etc.
De ce point de vue-là, il paraît que le Quest 3 est assez dingue, mais je suis pas un expert.
– En fait, quand tu regardes ce qu'il y a dans un casque, c'est très proche de ce qu'il y a dans un smartphone.
En fait, nous, chez Lynx, on voit un casque d'un point de vue système comme un smartphone qui a un écran bizarre.
Comme un drone, on pourrait dire que c'est un smartphone qui vole et qu'il n'y a pas d'écran.
Là, c'est un peu similaire dans le sens où tous les gens qui savent faire des smartphones pourraient faire des casques.
Et là où tu vas faire... Parce que tout le monde peut acheter les caméras, les puces, enfin, en tout cas, pas tout le monde,
mais toutes ces grandes entreprises ont accès, il y a une convergence du hardware là-dessus.
Ce qui va faire la différence, effectivement, c'est là où peut-être les gaffes âmes ont moins d'expertise,
ou alors qui est très nouvelle, c'est l'optique.
Parce que l'optique, c'est le composant le plus important de ton casque,
et c'est ce qui va définir tout le reste de ton forme-facteur et du gabarit du produit.
Donc, typiquement, avant, on utilisait des lentilles de freinelles dans les casques VR.
Maintenant, on est passé sur des lentilles Pancake qui utilisent la polarisation de la lumière
pour avoir un espace entre l'écran et la lentille plus petite.
Donc, tu as un casque plus fin, plus léger.
Donc, tu vois, c'est un impact sur tout le reste de ton produit.
Parce qu'avant, ça voulait dire que tu devais avoir un écran plus grand pour représenter le...
Il était plus grand et plus loin. Il y a encore quelques années,
les casques, c'était des gros frigos et des grosses briques qu'on se mettait devant les yeux.
Parce qu'il fallait cet écart.
Dans notre vidéo de 2017, tu testes un de mes premiers prototypes
qui utilisait encore ce genre de mécanisme optique.
Et c'était... Il y avait encore une certaine distance,
donc ça vient faire quelque chose de gros, de massif, plus lourd, plus contraignant, etc.
Et donc, il y a plein de progrès en optique.
Il y a des progrès pour les casques, il y a des progrès pour les lunettes, on va en parler.
Mais en tout cas, là, pour les casques, pour plusieurs années encore,
on va voir beaucoup de...
Ça va être très autour de ce qu'on appelle l'architecture pancake.
Alors ça, le nom que ça porte.
Mais ça joue, du coup, sur cette polérisation de la lumière,
qui te permet d'avoir, en fait, 2-3 cm entre le bout de talentier et l'écran.
Par rapport à avant, c'était 5-6 cm.
Et ça a un impact énorme, en fait, sur la tête que t'as quand tu portes le casque.
Et quand tu dis, par rapport à avant, parce que, du coup,
moi, j'ai testé le Quest 2, je l'avais acheté à l'époque.
Et là, le 3, en fait, ce que tu dis, c'est que c'est plus fin comme ça, en Z.
Et effectivement, c'est le bon benchmark.
Le Quest 2, c'est des lentilles de freinade.
Donc c'est encore la brique.
C'est une brique, en fait, quand tu regardes...
Parce que c'était super lourd, je m'en ai dit.
Ah ouais, c'est très gros.
Et le Quest 3, qui utilise une architecture aussi très semblable
à ce sur quoi on travaille, c'est une architecture pancake.
Et là, t'as un casque plus fin, plus léger, etc.
Ok, cool.
Ils ont aussi annoncé, enfin fait une petite mise à jour sur les Métarébanes,
qui sont de leur partenariat avec Réban, équipé de Liyama, etc.
Avec la possibilité de se souvenir d'information, la lecture de QR Code, la traduction en temps réel.
Bref, toutes sortes de choses.
Nous, ce qui va nous intéresser, c'est surtout leur annonce suivante,
qui s'appelle donc Métarion, c'est celle-là, en fait, qui a fait le plus parlé.
Tu peux nous expliquer, en gros, c'est des lunettes de réalité augmentées,
mais qu'est-ce que, d'où c'est possible, déjà, de faire ça ?
Et c'est quoi l'arnaque ?
Je pense que le produit idéal qu'on a tous en tête, sur ce formfactor-là de lunettes,
c'est les lunettes d'Ironman, qui pèsent 80 grammes,
et t'as la puissance de ton smartphone, en plus, t'a l'air cool.
Et bon, on n'y est pas encore tout à fait, mais en tout cas,
Métar à montrer, qui travaille dessus.
Et c'est intéressant parce que contrairement au métal Reban,
qui sont juste une caméra et des haut-parleurs,
il n'y a pas de display, il n'y a pas d'écran.
Donc, t'as beaucoup moins de contraintes, tout de suite,
t'as plus de questions vraiment d'optiques,
ou de display, de power-compute, etc.
Par contre, sur Orion, donc, ils ont un display,
ils ont essayé de tout intégrer et de faire celles-ci d'Ironman.
Bon, je ne sais pas si vous avez vu les photos,
je pense que ça va, en plan de coupe, ça va passer,
mais c'est pas encore exactement celle que t'as vraiment envie de mettre sur la tête.
Mais ça, c'en approche.
Et il a montré le produit, mais c'est pas un produit,
il n'est pas à la vente, parce que les technologies qui sont dedans
sont encore tellement chères que c'est un produit,
s'il était vendu dans le commerce de main,
ce serait un produit à 5 chiffres,
donc encore plus inaccessibles pour les mortels que nous sommes
que le Vision Pro.
Donc toi, ton estimation sur un prix, ce serait minimum 10 000 balles, en gros.
Mais vraiment minimum.
Parce qu'en fait, ce qu'il faut regarder dans ces lunettes,
c'est les technologies qui sont mis en avant,
donc le guide d'onde de l'optique,
ce qu'on appelle le Waveguide,
qui est la surface transparente
qui te permet de voir à travers les lunettes,
mais aussi d'afficher des objets 3D.
Donc ça, on va dire que c'est ton écran.
Si on peut rentrer un peu dans le détail,
parce que cette technologie, donc ces lunettes de réalité augmentées,
en termes de catégorie,
ce n'est pas de la réalité mixte, dans le sens où c'est pas un écran
comme sur l'Apple Vision Pro qui te renvoie la réalité par des caméras.
Tu vois vraiment ton environnement,
la lumière atteint ton oeil directement,
par en passant par un écran,
mais il y a un système hologramme, en gros, c'est ça.
En fait, c'est ça, c'est que tu as une surface transparente
sur laquelle tu vas venir envoyer de la lumière,
par un certain moyen,
et cette lumière va devoir être si puissante
qu'elle doit lutter contre la lumière ambiante.
Donc dans une pièce bien éclairée, c'est un peu compliqué.
Dehors, c'est impossible.
Il n'y a aucune lunette qui affiche les hologrammes qui fonctionnent dehors.
Ah, ça, c'est intéressant.
Voilà, parce que, en fait,
tu ne peux pas lutter contre la lumière du soleil
avec un petit projecteur.
En fait, ton hologramme va avoir un aspect fantôme
et tu vas presque même plus le distinguer.
Il ne monte pas dans la démolure.
Je ne vois pas toutes les vidéos qui passent,
mais les démons qui montrent, elles sont toutes en intérieur.
Déjà, ça te montre des petites limites
qui ne sont pas forcément déclarées,
mais il faut comprendre que la lumière qui est envoyée
sur cette surface transparente, dans ce guide d'ondes,
ce qui s'appelle un guide d'ondes,
doit lutter aussi contre la lumière
qui t'arrive naturellement dans les yeux.
Comme un vide-projecteur, en fait.
Dans une cuisine bien éclairée, c'est 10 000 nits.
Dehors, il faut 100 000, 1 million nits
pour lutter contre un ciel bleu.
Parce que, en fait, la perception de la lumière
et la lumière, c'est le garrhythmique.
Une salle mal éclairée, ça peut être 80 nits.
Il y a vraiment un gros gap,
alors que quand tu me montres...
Il y a un franchisable, quoi.
...près un franchisable,
et quand tu es dans un casque fermé,
tu es déjà dans une boîte noire,
et on t'affiche une image caméra,
donc il n'y a pas ce challenge technique.
Donc on a ce guide d'ondes,
et on a aussi... Donc ça, ça coûte cher.
Ça, par exemple, sur Allolence 2,
ça coûte 1000 euros par...
Il y a fabriqué.
Allolence 2, c'était le produit de Microsoft.
Je l'avais amené un jour sur le...
C'était le joujou à l'époque...
Tout le monde voulait tester.
Et qui écoutait déjà 3500 euros,
hors-tax, parce que, en fait,
il y avait tout un tas de techno,
dont ces guides d'ondes.
Et alors, eux, c'était un laser
qui éliminait le guide d'ondes.
Les Orion, c'est des micro-LEDs.
Alors ça, c'est vraiment intéressant,
parce que c'est le projecteur
qui t'envoie le RGB,
qui t'arrive ensuite dans les yeux.
Et en fait, t'as 3 projecteurs,
micro-projecteurs dans les branches des lunettes,
un projecteur rouge,
un projecteur bleu, un projecteur vert,
et qui vont ensuite tomber
dans le guide d'ondes
avec un jeu de miroir et de nanostructures.
Donc là, j'ai des démos qui coûtent très, très cher.
Et en fait, ce projecteur,
c'est une des premières démos publics,
des micro-LEDs.
Alors c'est pas les micro-LEDs.
C'est des micro-LEDs,
c'est une nouvelle techno de displet
qui est en développement
depuis plus de 10 ans, en fait,
véritablement.
Et c'est censé,
enfin, c'est pour qu'on ait
les pixels les plus petits
dans les écrans,
et qu'ils puissent venir,
au final, se mettre dans des branches de lunettes,
sur des smartwatch, etc.
Donc, typiquement, entre ça et ce que faisait HoloLens,
où est-ce qu'on a progressé ?
HoloLens 1, c'était un L-Cos,
donc c'est du liquide cristal en silicone.
C'est un projecteur que tu peux trouver
qui est miniaturisé,
mais qui est en fait une techno
qui est dans les projecteurs classiques
qu'on pourrait avoir chez soi.
HoloLens 2, c'est un laser.
Bon, ça approuvait que ça ne marchait pas vraiment.
Pour ceux qui ont essayé le HoloLens 2,
vous avez que les couleurs,
c'est un peu n'importe quoi.
Et là, le micro-LED,
c'est vraiment une étape en plus
d'efficacité et de gabarit,
donc de miniaturisation.
Et ça coûte extrêmement cher.
Donc, dans le produit A5-Cifre,
tu as une bonne partie
juste sur ce projecteur-là
qui vient créer la lumière
pour ensuite créer les hologrammes
dans le guide d'ondes.
En fait, on dit hologrammes,
mais c'est du jargon,
ce n'est pas vraiment le bon terme.
Mais en gros, c'est cette combinaison
de trois projecteurs micro-LED et du guide d'ondes
qui t'affichent Pikachu
que tu pourrais avoir là, dans ton salon.
Et je peux poser une question un peu naïve,
mais du coup, il y a longtemps,
on avait les Google Glass aussi.
Je ne les ai pas testés à l'époque,
mais en quoi est-ce que ça a dit faire,
du coup, aussi de cette...
Alors, là, je vais faire le turbot-nerde,
mais en gros, les Google Glass,
c'était un L-Cos,
donc c'était un projecteur
liquid crystal en silicone
qui est plutôt classique, tout petit.
Google Glass, c'était 15°.
Donc, pour vous donner une référence,
les aurions-là, c'est 70°,
ce qui est, genre, énorme
pour justement l'historique des lunettes.
Et les casques de verre,
les pires sont à 100°.
Ils commencent à 100°,
nous, on en a au bureau,
qui va jusqu'à 200°.
Par exemple, quand tu dis 100°,
c'est l'angle de vue.
C'est l'angle de vue.
Donc Google Glass, c'est 15°.
C'est un L-Cos,
et c'est une optique diffractive.
Donc, c'est un peu l'ancienne génération.
C'était pas un guide-donde,
c'était vraiment des miroirs
qui venaient réfléchir le projecteur.
Donc, c'est un peu plus simple,
et ça avait des grosses limites,
parce que tu pouvais, en fait,
juste afficher un bout de texte
et une notification.
Alors que là, la promesse d'Orion,
les fameuses lunettes d'Iron Man,
c'est tu vas pouvoir regarder un film ici,
tu vas pouvoir interagir.
Et donc, en plus,
de ce micro-led et de ce wave guide,
alors j'en parle pas énormément,
je vais pas rentrer dans le détail,
mais je vais quand même le dire,
parce que, comme je vous l'ai dit,
je suis en turbo-nerve,
mais le wave guide, en fait,
il est dans un nouveau matériau,
enfin, un nouveau matériau
pour les guide-dontes,
qui est du silicone carbide.
Donc, c'est nouveau,
mais il y a beaucoup de...
voilà, de usines,
de semi-conducteurs
qui vont commencer à faire
du silicone carbide,
et c'est le matériau
qui permet d'avoir
un angle de vue un peu plus grand, en fait.
Parce qu'il a une meilleure transmission
et son indice,
enfin,
l'indice du matériau est meilleur
pour la réflexion de micro-led
et de...
ou de Lcos.
Donc voilà, c'est juste que...
même la matière utilisée
pour faire le guide-dontes
est très, très chère.
C'est du premium, quoi.
C'est du premium.
Donc, il le montre, mais voilà.
Ce ne sera pas à la vente tout de suite.
Juste pour comprendre un truc
dont tu parles depuis tout à l'heure,
c'est les Waveguide, là.
En gros,
pour comprendre à quoi ils servent,
je dis,
est-ce que l'enjeu, c'est que,
du coup, t'envoies un rayon lumineux.
Tu veux qu'il puisse se réfléchir
sur un truc et revenir à l'entendoye,
mais en même temps que
l'endroit où ils se réfléchissent
soit transparent,
vis-à-vis de l'évire de mort, c'est ça.
C'est un peu ça le principe.
C'est...
Il faut comprendre...
Parce que quand tu en y penses,
tu as un pixel qui apparaît
au milieu du vide.
En gros, c'est ça.
Pour vous donner une idée
de la complexité de cette petite surface
transparente
dans un Waveguide,
c'est fabriqué
sur des waifers.
C'est les usines de semi-conducteurs
qui fabriquent ça.
Donc, ça ressemble à du verre.
Mais dedans, en fait,
t'as des nanostructures
qui viennent, justement,
en fonction de ce que le designer
du Waveguide a décidé.
Va dire, en fait,
quand la lumière arrive
à tel angle,
je veux qu'elle aille ici.
Ou quand elle a...
Si c'est du rouge,
je veux que ça se reflète comme ça.
Si c'est du verre,
je veux que ça aille dans cette direction, etc.
Donc, c'est une structure très complique.
Non, non, mais c'est fou.
C'est pour ça que ça coûte si cher.
C'est ça qui explique
que tu peux afficher un pixel
à la fin dans l'air.
Exactement.
Et donc, en plus de ça,
dans Orion,
il y a tout le reste,
donc des caméras
pour le tracking de tes mains,
le tracking de l'environnement.
Et donc, ils trichent un petit peu
encore parce qu'ils ont quelque chose
dans la poche
où il y a le compute,
enfin, vraiment tout le processus
qui se passe.
Ce qui est quand même innovant,
c'est qu'il y a une liaison sans fil,
très haute fréquence avec...
Alors, je sais pas quel protocole ils utilisent,
mais ils passent quand même beaucoup de données
entre les lunettes
et ce compute pack, en fait,
qui est dans la poche.
Donc ça, ça veut dire
qu'ils ont développé
du custom silicone dans les lunettes.
Il y a une puce spécifique
qui a été designée.
Alors, designer une puce,
c'est aussi un mot qui coûte très cher
parce que c'est tout de suite
entre 100 et 200 millions de dollars.
Juste le tape-out,
enfin, le fait de faire un chip.
Donc voilà, Métat peut faire ça.
Marc Zuckerberg, il a mis son argent sur la table,
il a dit, la VR, c'est mon truc,
il fait des trucs comme ça.
Il les montre.
Alors, est-ce qu'il fait ça
pour hypez le stock,
pour rassurer les investisseurs,
pour rassurer le marché et ses partenaires ?
Oui, sûrement.
Mais en tout cas,
ça montre une direction
et le fait qu'il lâche pas l'affaire,
malgré le fait qu'on puisse
avoir cette impression
que la VR ne trouve pas son marché,
que ça ne va pas aussi vite que prévu,
ce qui est vrai aussi d'une certaine manière.
Mais c'est un message,
en fait, on peut considérer
que c'est un message envoyé par un monde industriel
en mode, on ne s'arrête pas,
on va continuer.
Alors, ce qui ne dit pas,
c'est que, t'as vu, les lunettes,
elles n'ont pas encore un aspect...
Bon, on peut pas encore coller
le logo Reban de celui-là.
Ils n'ont pas accepté le partenariat.
Et la vérité, c'est que pour faire
10% de volume en moins,
c'est encore des milliards d'investissements.
Donc...
Juste sur la petite lunette-là,
si tu veux essayer de la...
On va encore miniaturiser.
Pour la ironmaniser un peu plus.
Ouais, c'est encore énorme.
Et si tu veux, dans les études ergonomiques
qui sont faites, que nous aussi,
on l'utilise pour la base de nos travaux
sur les coins de l'humain,
sur les coins de la tête,
qu'est-ce qu'on peut supporter
comme type de poids,
ou le centre de gravité de ta tête, etc.
50 g sur ton nez,
donc les lunettes,
ça pèse plutôt 30 g même aujourd'hui.
50 g, c'est déjà trop.
Si tu n'as pas un contrepoids
ou si tu n'as pas un truc.
Donc, ils ont encore un challenge
de miniaturisation.
Même avec budget limité,
toutes les meilleures technos, etc.
C'est même pas encore possible
de faire les...
Alors, à la fois,
tu as encore quelques challenges techniques.
Mais tu as beaucoup de gens
encore qui travaillent dessus chez META.
Et tu as tout le challenge,
la Supply Chain,
qui n'est pas du tout prête.
Donc, je parlais des silicone carbides,
enfin les Waveguide en silicone carbide.
Personne ne fabrique ça encore.
Personne ne fabrique ça,
même à l'échelle.
Donc, on est encore assez loin de tout ça.
En gros, est-ce qu'on peut pas dire
que le projet Aurélien,
c'est un kiff de milliardaire ?
Je pense que c'est un kiff de le montrer.
En disant,
la mienne est comme ça.
Il l'a montrée, il l'a posée.
Parce qu'en fait,
ce que les gens ne suivent pas forcément,
c'est que deux semaines avant,
il y a Snapchat aussi qui montrait sur Lünet.
Donc, il y a une guerre d'ego,
forcément,
à ta montrer de l'unique.
Les miennes, elles sont comme ça.
Bon, voilà.
On en est là, parce que Snapchat,
enfin,
il y a un historique.
Il y a un historique,
il s'apprécie pas forcément beaucoup.
Il est un peu dérivalisé là-dessus.
Mais donc, je pense que c'est un kiff de le montrer.
Mais ce que je veux aussi
qu'on retienne de cette intervention,
c'est que
la R et la VR,
si c'était un problème d'argent
et de gens intelligents,
ce serait résolu depuis très longtemps.
Il y a des milliers d'ingénieurs
et des dizaines de milliards par mois
qui sont injectés dans cette industrie.
Comme je vous l'ai dit,
ça va arriver,
qu'on le voit ou non.
Donc, autant travailler là-dessus
et essayer d'avoir un impact là-dedans.
Mais, voilà,
la science et l'ingénierie,
ça ne progresse pas aussi vite qu'on le veut.
Mais là, ça ne s'arrête pas.
– Est-ce que, de tout point de vue,
ce qui va faire que...
Qu'est-ce qui manque, en fait,
pour faire en sorte que
ce genre de lunettes-là
arrive dans le grand public ?
– Et bien, en fait, ce qui manque,
c'est que...
– C'est pas de l'argent,
c'est pas des gens...
– C'est que des gens,
comme Marc Zuckerberg,
qui ont le loisir et les milliards,
continuent,
continuent presque de manière religieuse
à investir.
Mais en fait,
moi, je peux critiquer
ce que fait Metta
sur plein d'aspects,
mais je peux pas oublier
que s'il n'y avait pas
des gens comme ça
qui mettaient autant d'argent,
moi, en tant que plus petit acteur,
j'aurais pas forcément
des Super Pius Qualcomm,
on n'aurait pas forcément
le si, le reste de la Supply Chain,
des caméras moins chères, etc.
parce qu'il y a des grands
qui acceptent de perdre
de l'argent là-dedans.
Donc, voilà, je suis
assez précautionné là-dessus
et je réalise
qu'il ne faut pas
en faire une guerre de chapelle.
Et donc, voilà,
ça continue d'avancer.
Je pense qu'on a encore,
pour les lunettes,
c'est plutôt entre 5 à 10 ans.
À l'horizon 2030,
on aura vraiment
quelque chose que t'as envie
de mettre sur la tête.
Tu vois que t'as envie
d'acheter dans un...
Ouais, ok, là,
ça m'apporte vraiment
suffisamment de valeur.
Moi, je porte pas lunette,
je pense que toi non plus,
pour te faire porter des lunettes,
je pense qu'il y a des bons arguments.
Il faut qu'il y ait des bons arguments.
Et puis,
il y a aussi tout ce qui est
dur et de vie,
enfin, je pense que...
La meséture.
Ça aussi,
enfin, si on veut pouvoir utiliser
ces lunettes-là
dans la vie de tous les jours,
puis les porter tout le temps.
Tu ne portes pas de lunettes,
mais pour les gens
qui portent des lunettes,
enfin, déjà,
il ne faut pas les perdre,
il faut les laver,
parfois, il faut les refaire.
Et maintenant, je vais dire,
il faut les charger,
il faut les mettre à jour.
Voilà,
ça va rajouter
un peu de charge mentale.
et c'est un produit
qui va lutter contre le smartphone,
que t'as déjà sur toi,
que tout le monde connaît,
qui apporte une valeur infinie
par rapport
à le fait de le charger
éventuellement tous les jours
et de ne pas l'oublier.
Donc,
non, les lunettes,
nous,
personnellement,
chez l'Inx,
on ne travaille pas dessus,
parce que,
pour nous,
ce n'est pas...
Pas du moyen terme,
même.
Ce n'est pas du moyen terme
au vu de nos ressources
et de la direction,
selon nous,
que prend le marché, en fait.
Ce qui est magique,
il y a une anecdote marrante
du chat,
c'est le fait que,
on ne se rappelle pas,
mais le premier smartphone
à clapper a été développé
par le PDG de Motorola,
qui était fan de Star Trek,
qui voulait faire comme dans la série.
En fait,
ça tient pas grand-chose,
mais...
En fait, je pense que,
l'Ironman,
c'est l'unique motivation
nécessaire pour...
En fait,
l'Ironman,
ça marche vachement bien
à l'écran,
sur un écran de cinéma,
un peu comme Minority Report.
Ça rend hyper bien,
quand tu le regardes,
et puis,
vraiment,
quand tu as le truc dans les mains
et que tu l'utilises,
Minority Report,
le fait d'avoir les mains
levées tout le temps,
c'est très désagréable.
C'est horrible,
ça ne marche pas.
Le fait d'avoir une interface
basée sur Light Tracking
ou avec le suivi des yeux,
ça va fatiguer
tes yeux extrêmement vite.
Mais je te parle
de quelques secondes,
boire quelques minutes,
maximum.
Parce que ton œil
n'est jamais habitué
à bouger à plus de 15 degrés.
En fait,
quand on bouge nos yeux,
on va bouger notre tête aussi.
Donc, voilà,
il n'y a pas un petit truc comme ça.
Apple a plutôt bien implementé,
mais même dans la Pro Vision Pro,
tu te rends compte
que ça a une limite
en termes d'interface.
Je trouve que c'est très limitant.
De devoir regarder partout
que tu veux interagir.
En fait,
quand tu es sur ton ordite,
tu passes ton temps
à interagir
avec des endroits
que tu ne regardes pas.
Tu as des automatistes
à des trucs comme ça.
En fait,
tu commences déjà
à regarder l'action d'après,
souvent.
Et c'est un des premiers trucs
qui te perturbe
quand tu veux essayer
d'utiliser ton Apple Vision Pro
pour faire des vrais trucs.
C'est qu'en fait,
tu es souvent beaucoup plus lent.
Nous, on travaille sur Light Tracking.
Et typiquement,
dans notre ui,
que c'est notre ui,
on sait très bien
qu'on va faire
quelque chose de différent
du dogme d'Apple.
Trop intéressant.
Moi,
j'ai envie de les essayer,
quand même.
Parce que moi,
j'avais testé les Google Glass
à l'époque.
Ouais.
Et vraiment,
on ne se rend pas compte
à quel point
c'était juste des petites notifications
dans un coin.
C'était vraiment pas plus que ça.
Mais oui,
c'était un projet avorté.
Mais c'était...
Oui, déjà, c'était ça.
Mais elles avaient l'air plus
légères et plus...
Oui, ils ont privé les vieilles.
Alors c'est marrant,
tu vois, Google Glass,
c'est sorti
à un an et quart
de l'Apple Watch.
Donc en 2012, 2013,
quelque chose comme ça.
Et ça n'a pas marché
parce que, alors que
l'Apple Watch a globalement marché au final,
parce que l'Apple Watch...
Enfin, tu vois,
les mondes connectées,
la montre, c'est quelque chose que tu tournes vers toi,
qui est dans ton espace.
Alors que Google Glass,
c'était quelque chose
qui pénétrait dans l'espace de l'autre.
Tu vois, avec la caméra,
tu venais
et on n'était pas encore près,
je pense, en tant que civilisation,
en tant que...
Tu vois, débat public
de avoir une caméra
à côté de chez nous.
Alors qu'aujourd'hui,
eh bien en fait,
un produit relativement similaire
dans cet usage
avec les métards ebam,
c'est un succès commercial.
Ils ont vendu
plus d'un million d'exemplaires de l'unus,
ce qui commence à être
relativement intéressant
dans ce marché,
même s'ils perdent de l'argent,
comme je vous expliquais,
à chaque vente.
Alors qu'il y a une caméra aussi
et pourtant,
il y a moins de débat public,
alors que c'est quand même métat,
enfin, excusez-moi,
Facebook qui a une caméra
greffée sur ta tête.
Maintenant.
C'est marrant de voir
comment les visages progressent.
C'est très étonnant.
Parfois,
au niveau de l'opinion,
tu as des trucs qui sont durs
à prévoir, à comprendre.
Oui, oui, mais après...
Ça devient cool de porter Facebook
sur ses yeux.
Enfin, c'est...
Alors après, c'est brandéreban.
Tu finis par oublier
que c'est métat
et puis c'est super bien intégré,
etc.
Mais je suis d'accord avec toi,
ça va soulever
quelques petits questions légales,
je pense,
en quelques années.
Moi, je propose,
maintenant qu'on a un peu
vu la partie Le Volet Technique,
qu'on revienne juste un peu plus en détail
sur...
C'est quoi les enjeux de Facebook ?
Pourquoi ?
En gros, pourquoi
il a mis ça en avant ?
T'as donné quelques pistes
super vite,
mais globalement,
typiquement,
tu parlais du cours de bourse
de métat,
de choses comme ça.
Déjà, pourquoi
il dépense autant d'argent
à vendre des casques à perte ?
En fait,
ils ont des investisseurs.
Après, oui, ils ne sont pas fous.
Il ne devrait pas faire
des trucs absurdes, normalement.
Normalement, non.
Surtout à ce niveau-là.
En fait,
il faut comprendre que
depuis que Marc Zuckerberg
a racheté Oculus,
il a dépensé
donc sur presque 10 ans,
100 milliards de dollars.
100 milliards,
je ne sais pas
ce que vous savez,
mais moi,
avec 100 milliards,
en France,
je te fais une politique publique
de fou.
c'est énormément d'argent.
Il ne faut pas oublier que,
par exemple,
tout le coût R&D
jusqu'à la productisation
de la Tesla Model S,
c'est 300 millions.
Enfin,
il faut mettre...
Il faut mettre les choses
en percée.
Une bagnole ultra high-tech,
etc.
Il faut remettre les choses
en percée.
100 milliards,
comme je l'ai dit,
1 milliard par mois
qui brûlent.
Comme ça,
il y a un gros tas
d'argent qui brûlent.
C'est le sien,
il peut le faire.
Alors, pourquoi il fait ça ?
Je pense qu'il y a plusieurs raisons.
Alors déjà,
il y a une raison
qui est qu'une conviction,
pour le coup,
que je partage avec lui,
que ça fait partie du futur.
Il faut qu'on y aille.
Il y a un usage,
il y a un vrai marché derrière.
Ça permet d'améliorer
la vie des gens.
moi,
ce que je vois
avec nos utilisateurs
et nos casques,
je trouve ça incroyable,
ce qui se fait.
Donc, je pense que ça a une vraie plus-value
qu'on développe ces techno
et en fait, ces produits.
Tu as des 2-3 exemples très vite faits.
Oui,
typiquement,
chez l'Ink,
ça a formé des chirurgiens.
Là,
on a fait,
tu vois,
avec le CNES,
on a fait de la formation d'astronaute,
on a fait des vols en zéro gravité.
Donc,
on travaille maintenant
avec l'Agence Faciale Européenne.
Ça peut être pour la formation militaire aussi.
Il y a plein de choses
qui sont faites
où,
au lieu d'apprendre quelque chose
sur un écran
ou un livre
comme on l'a fait
quand on était jeune,
tu as le Z,
tu mets un produit sur la tête
qui te permet
d'appréhender
ton univers,
vraiment,
comment il se comporte.
Et donc,
c'est des cours de physique chimie en VR
où on peut te faire manipuler
du matériel radioactif,
alors que,
en vrai,
t'es paix de physique chimie,
je sais pas,
toi et moi,
c'était pas aussi excitant que ça,
alors que là,
on peut simuler des choses
qui seraient très difficiles
à répliquer dans la vraie vie.
au-delà du simple jeu vidéo
qui est quand même
le marché numéro 1
dans l'usage de ces casques-là,
il y a énormément de choses à faire
qui bénéficient à la société.
Et nous,
c'est ce qui nous motive,
en tout cas, chez Lanks.
Donc, première raison,
il y croit.
Il y a des usages
et même,
lui,
il va jusqu'à dire
que ça va remplacer
toutes les dalles noires
autour de nous.
Donc, la télé chez toi,
moi, je pense que nos enfants
ou nos petits-enfants,
peut-être,
verront des télé éteintes
dans nos photos en disant
« Papa, papi,
c'est quoi ce rectangle noir
qui était accroché au mur ? »
Vraiment, je pense que ça va,
effectivement,
déplacer le marché des écrans.
Donc, l'écran,
c'est quand même,
avec ça, qu'on interagit
avec l'information aujourd'hui.
Et après,
il y a un enjeu de plateforme.
Marc Zuckerberg,
Facebook, en fait,
à l'époque,
a loupé, en fait,
le virage des smartphones
et il est tributaire,
il est victime
de Google et d'Apple.
Je sais pas si vous vous rappelez,
mais son cours en bourse
avait pris, avait dévissé
parce qu'Apple avait changé
une ligne
sur la régulation au niveau
des cookies
et du tracking.
Et donc, en fait, lui,
en tant que GAFAM,
mais en fait,
dans les GAFAM,
il y a quand même
une petite pyramide de pouvoir.
Il sait très bien
que le robinet peut se fermer
et donc,
il a cette peur viscérale
de pas avoir sa propre plateforme
et du coup,
que son portfolio d'application,
parce qu'il y a Facebook,
il y a WhatsApp,
il y a Instagram,
il y a d'autres choses, encore,
il a très peur de ces plateformes
qui peuvent changer leur politique
du jour au lendemain,
qui vont avoir un impact
économique
sur sa société et son empire.
Donc, il s'est dit,
je ne vais pas gagner sur les smartphones,
enfin, j'ai même perdu,
je vais investir
sur la plateforme d'après.
Et bon, c'est évident pour lui,
c'est évident pour moi aussi,
la plateforme d'après,
c'est la réalité mixe,
enfin, les technologies, merci.
Voilà.
C'est la justification
qu'on peut lui trouver.
Et effectivement,
quand tu vois
les codes qui sont pris
sur des Apple Store,
etc.,
avoir son propre domaine,
on en parle tout à l'heure,
en fait,
quand tu refais du software
ou posséder la plateforme,
c'est pour ça qu'on m'a créé
l'un des friseaux.
Quant à nous chez L'Inx,
ce qu'on fait, c'est le casque
et l'OS.
Et les gens,
nous voient souvent comme,
ah, les gens qui font le casque,
mais en fait,
on a plus de gens en software
chez nous
et qui travaillent justement
sur l'OS
et le middleware,
et même la couche applicative.
Parce qu'en fait,
quand tu as l'OS,
tu es à la poignée de l'éventail.
Tu vois, quand tu as la plateforme
et même quand tu as le hardware,
tu peux vraiment chez toi,
tu peux vraiment faire ce que tu veux.
Et c'est ce que lui a comme ambition,
c'est ce que nous aussi,
en tout cas,
pour cette partie de l'Europe.
Et ça, c'est vraiment très intéressant
parce que tu es plus à la même table
de négociations.
Tu peux, alors que,
en fait, quand tu fais du software,
quand tu fais une application
ou un SaaS,
tu es dans la couche la plus haute,
tu es dans la couche applicative
et donc, du coup,
tu vis sur une plateforme
où, en fait,
tu n'as pas beaucoup d'empris.
Même les plus grosses applications
se plient au 30%,
même 50% sur une plateforme
et aux règles des API
de ces plateformes.
– Et justement, est-ce que...
J'aimerais avoir ton avis
sur un truc, sur ce sujet-là,
c'est, en France et en Europe,
on entend énormément parler
d'enjeux d'autonomie,
de souveraineté, etc.
du fait de développer
notre propre écosystème d'entreprise
pour arrêter d'être en retard,
comme tu expliques.
Justement, de ce pendule-là
entre software hardware,
est-ce qu'on n'a pas un prisme
nous
à pousser beaucoup de projets
qui sont logiciels ?
Parce que juste,
on part du principe que le hardware
c'est trop dur, entre guillemets.
Est-ce que c'est un vrai truc
que le hardware c'est très, très dur ?
– Alors, moi,
la question,
alors c'est dans le mot hardware,
tu vois, tu as déjà
un indice.
Oui,
si j'avais su à quel point
c'était dur, moi, je n'aurais pas fait.
Vraiment,
et encore, je considère
qu'on est au début de l'aventure
et je pense vraiment
que l'ambition qu'on a,
c'est de créer
une des plus grandes boîtes
technologiques d'Europe
qui sera axée, du coup,
sur les technologies immersives.
Mais on n'a pas,
tu vois, côté financement,
moi, clairement,
j'ai vu quelques murs,
côté compréhension,
parce qu'en fait,
comme on a très peu de gens
maintenant en Europe
qui travaillent sur ces sujets-là,
donc je ne te parle pas que des cas,
je te parle
des laptops, des smartphones, etc.
Ben, vas-y, cite-moi,
comme ça, top of mind,
des gens qui travaillent là-dessus,
il n'y en a vraiment pas beaucoup.
Tout à l'heure, tu as cité Parotte,
ça m'a fait un flash,
oh ouais, putain, cette boîte existe.
Bah, Parotte, très sérieusement,
c'est une des boîtes les plus proches
de nous en termes d'intégration
et de tout ce qu'ils font.
Alors, oui, c'est un peu...
Du hardware plutôt grand public.
Du hardware, effectivement,
plutôt grand public,
avec des puces Qualcomm,
avec de l'électronique de très haut niveau
et des contraintes absolument folles.
Et en fait,
comme on n'a plus beaucoup de gens
qui comprennent ça,
dans nos décideurs,
on en a vraiment plus,
on en a encore moins,
du coup,
comme on ne comprend plus,
aussi on ne le respecte plus.
Et donc, du coup,
le hardware, c'est...
Ah ouais, c'est...
C'est en Chine,
éventuellement conçu aux US,
mais c'est fini.
On a perdu
et de toute façon,
il n'y a pas de valeur là-dedans,
parce que la valeur est dans le logiciel.
Ça, c'est ce qu'on te sort,
en fait, comme tête, en fait.
Et ce qui quelque part est vrai,
tu vois, on dit
la part du long est dans le logiciel.
Mais en fait,
si tu n'as pas ta plateforme,
le gars qui a la plateforme,
donc, en fait,
le logiciel juste en-dessous de toi,
il va te prendre
des parts plus en plus gourmandes.
Et c'est exactement ce qu'il se passe,
parce qu'aujourd'hui,
les grandes plateformes sont américaines,
on n'a pas de plateforme européenne.
En Chine, ils ont eu ce problème-là.
Huawei, tu sais, ils ont forqué Android,
pour pouvoir exister.
Nous, on n'a pas fait ça,
parce qu'on n'avait pas de fabricants
de smartphones
qui avaient les ressources d'un Huawei,
qui est en fait un acteur national,
énorme.
Alors que,
donc je pense que c'est super important.
La mission, en tout cas,
chez Linux, nous,
ça nous habite,
c'est très important.
Mais on a encore quelques embuches
culturelles
en Europe,
mais on fait du lobbying.
Ça donne pas envie de...
de bouler ?
Alors,
tu vois, quand il y a des jeunes entrepreneurs
plus jeunes,
ou encore plus motivés,
qui viennent me voir,
j'aimerais faire du hardware,
un peu comme vous, etc.
Le premier conseil que je leur dis, c'est...
Non, ne me fais pas ça.
Après, du coup,
on passe sur d'autres conseils, etc.
Est-ce que ça donne envie de bouger ?
Oui,
dans le sens où
là, tu vois, j'ai fait 2 levées de fonds.
J'en ai pas fait de 3e,
mais parce que j'ai pas su trouver
ou il n'y a pas eu assez de...
peut-être de répondants en Europe.
Par contre, maintenant, je travaille,
on a des...
très gros contrats
et des partenariats
avec des grandes sociétés américaines.
Mais en fait, je ne suis qu'un grain de sable,
dans un gros tas de sable.
Et je pense qu'il y a plein de boîtes,
dont certaines qui sont passées
sur ce plateau, en disant,
ben voilà, on a bien commencé,
ça marchait bien,
mais en fait, pour passer
le point d'inflection
et une marche importante,
ben en fait, le relais
aux États-Unis ou parfois en Asie,
c'est ça qui est frustrant,
c'est que...
enfin, la volonté...
Alors qu'on a tout ici, c'est ça ?
Les ingé, les talents,
même une partie de la supply chaine,
il y a plein de composants européens, en fait.
On travaille avec des sociétés
sur les caméras, les IMU, etc.
Française, enfin, STMicroélectronique,
ils sont à Grenoble,
enfin, il faut réaliser.
Et je trouve ça malheureux, en fait.
Ça bloque sur les levées de fonds, en fait ?
Ça bloque sur les levées de fonds,
parce qu'en fait,
en fait, ce qu'on n'a plus trop
en Europe, c'est un systémier.
On a beaucoup de composants de deep tech,
on a beaucoup de gens qui, tu vois,
qui vont faire une brique deep tech,
mais on n'a plus d'assembleurs
qui va soit faire ses propres composants,
soit en prendre d'autres,
les mettre en commun et faire un produit.
En fait, un systémier,
Apple, c'est un systémier,
sur ses produits, ils ne font pas tout eux-mêmes.
Et d'ailleurs, STMicroélectronique
fournissait les IMU des iPhones
jusqu'à y en encore pas très longtemps.
C'est vrai.
Enfin, pour réaliser qu'on a ce savoir-faire,
les ingénieurs,
les équipes de conception,
elles sont toutes en France,
en tout cas, pour Lynx,
on peut le faire.
Moi, le message que j'ai,
c'est ça, c'est très difficile,
mais on peut le faire,
il ne faut pas être défaittiste.
Et ça peut marcher.
La preuve, c'est qu'aujourd'hui,
Lynx, on est plus dans une bonne position,
on n'a pas besoin de relever des fonds, etc.
Donc, on a fait nos preuves, entre guillemets,
on a passé ces fameuses marches fatidiques,
mais c'est vrai que c'est compliqué.
Il faut comprendre qu'on parle de souveraineté
dans l'usage,
mais la souveraineté au niveau de la sub-wide chaine,
elle n'existe pas.
C'est-à-dire que même pour les acteurs américains
ou asiatiques,
il y a des composants européens,
tu vas te fournir,
par exemple, les puces fabriquées par TSMC,
elles utilisent 140 composants chimiques,
qui sont parfois sourcées en Ukraine, etc.
Enfin, il y a plein,
il y a une supply chaine qui est tellement globale
que ça sert à rien de prendre le sujet en disant
« Ah ouais, mais on n'arrivera jamais à tout faire nous-mêmes ».
Mais en fait, il n'y a personne qui fait tout soi-même,
même Apple, qui est une exception à tous les niveaux.
Donc, il faut prendre ça en compte.
Il faut essayer.
Voilà, il faut essayer.
Moi, ce que j'ai envie de voir,
effectivement, c'est plus de systémier
comme ce qu'on fait chez Lynx,
ou ce que Parrot fait.
Parrot est un systémier, en fait.
Est-ce qu'on est un peu en train de perdre comme culture ?
Alors qu'en fait, on a tout ce qu'on...
tous les ingrédients sont là, sont sur la table.
C'est assez frustrant, entendant.
Si tu veux, enfin, là, je parle
à ceux qui sont très motivés derrière leurs écrans,
mais les gars, vous n'avez aucune excuse.
Une imprimante 3D, maintenant, ça coûte 200 balles.
Il y a AliExpress,
vous pouvez acheter tous les composants que vous voulez.
Enfin, moi, quand j'ai commencé,
c'était une magnitude un peu plus chère.
Là, vraiment, on peut prototyper des choses vraiment très rapidement
et se forger une opinion sur l'usage
d'un produit qu'on peut designer,
même soit même de bout en bout, assez vite.
Le premier casque, qui est encore en démonstration au bureau,
je l'ai fait tout seul.
Ainsi par terre, dans ma chambre d'étudiant,
c'est possible, on peut le faire, c'est pas...
Et puis, il y a même des gens qui font des fusées
et qui vont en parler tout à l'heure.
T'as rien.
Tout à l'heure, on va passer sur une autre taille de produits.
Mais en tout cas, merci Stéran.
Hyper intéressant, toujours un plaisir de t'avoir.
J'avais juste une dernière question.
Je voulais revenir sur une phrase que tu as dit avant.
Tu as dit que la next step en termes de plateforme,
ce sera les casques et les lunettes.
Est-ce que ça veut dire que pour toi,
dans quelques années, on n'aura plus de téléphone ?
On va migrer dessus.
C'est une bonne question.
Je ne suis pas 100% convaincu que ce seront des lunettes.
Mais moi, je travaille sur des casques
et encore de belles années devant moi, je pense.
Par contre, ta question est super intéressante,
parce que je disais que ça lutte avec le smartphone.
En fait, ton smartphone n'a pas remplacé le laptop.
Le laptop n'a pas remplacé le desktop.
Le desktop n'a pas remplacé les serveurs.
Ce sont des produits qui existent encore toujours
avec des parts de marché, des usages différents.
Mais je pense que les gens qui disent
que ça va remplacer le smartphone,
ils se mentent à eux-mêmes et ils te mentent au passage.
C'est juste que l'usage va être différent.
Comme en fait, en fait, moi, je vois les lunettes
ou les casques un peu comme l'iPad.
Tu vois, tu peux l'avoir, c'est une option.
C'est nice pour certains usages.
Mais non, ça ne va pas remplacer ton smartphone.
Et on ne va pas trouver tout de suite
quelque chose qui va remplacer le smartphone.
Je pense que ça, c'est même Marzu Khabar, il ne dit pas ça.
Ce qui est intéressant, en fait, c'est les nouveaux usages
qui se créent.
C'est ce que t'as expliqué.
Moi, ce qui est, je trouve, le plus intéressant
dans toutes les démos, c'est l'éducation, par exemple.
C'est le fait que ton cerveau marche beaucoup mieux,
pour créer bien mieux des souvenirs en 3D
qu'en lisant du texte, en fait, sur un écran.
Et donc, en fait, pour l'école, etc.,
en fait, le poste de la base, c'est qu'on consomme
et on crée de l'information.
Cette information, aujourd'hui, on la consomme essentiellement
et on la crée par des écrans 2D, sur nos laptops
et sur nos téléphones.
Les casques, comme les iPad, c'est une nouvelle modalité
d'un Surface Home Machine.
Tu vas t'interfacer avec l'information de manière différente.
Mais ça ne veut pas dire en contradiction
ou en complément complet du smartphone.
C'est juste autre chose.
Il va falloir apprendre à vivre avec.
Ça ne veut pas dire que vous allez avoir besoin d'un casque.
Moi, par exemple, à une époque, j'avais une montre.
Au début, j'avais des Apple Watch et tout.
Et après, je me suis rendu con, je n'en avais pas besoin.
Donc, j'ai fini par abandonner.
Pareil, à une époque, j'avais un iPad.
Aujourd'hui, je ne me serre pas d'un autre.
Aujourd'hui, j'en ai un, mais...
C'est pas grave.
Mais, tu vois, c'est un très bon exemple d'usage.
C'est-à-dire que tu sors de chez toi,
t'as oublié ta montre connectée, c'est pas très grave.
T'as oublié ton smartphone, tu retournes chez toi.
Et les lunettes connectées ou les casques, c'est un peu pareil.
Ça n'a pas encore cette puissance indispensable
qu'a le smartphone.
Mais voilà, tout ça évolue.
Nous, on essaie de rester à la pointe sur ces sujets.
Trop cool.
Et bien, moi, j'ai hâte de te revoir dans un an.
Pour la prochaine version.
Surtout que, bon, vous bossez sur des trucs intéressants.
Il y aura sûrement des nouvelles vidéos à faire.
Je te confirme, mais je ne peux absolument pas en parler ce soir.
Mais il se passe des trucs...
Il y aura des nouveautés à traiter ensemble.
Et sur ce, je vous propose qu'on passe à notre partie suivante.
On va parler du VIX.
Jingle.
Bienvenue.
T'as vu comment j'ai galéré à dire l'ontagène ?
J'ai entendu, je me suis dit en même temps,
je ne t'en veux pas aller dire.
Il y a souvent cette question.
Donne-nous la prononcation officielle.
Pour moi, c'est What The Fuchs.
Mais je sais qu'il y a beaucoup d'autres personnes qui utilisent différemment.
Donc je ne sais pas, dites-le comme vous voulez.
C'est une très bonne nom de chaîne.
So, Maureen, tu es actuellement chez Asobo.
Peut-être que ça ne dirait rien.
Au genre, par contre, si je vous dis Flight Simulator,
là, ça vous dirait quelque chose.
Évidemment, éditeur de jeu bien connu.
Tu es designer UX.
Pour commencer, tu peux nous expliquer ce que c'est
avant qu'on rentre dans le livre du sujet d'aujourd'hui.
Alors, UX Designer,
en plus, dans un studio de jeu vidéo,
ou dans tout ce qui est web et application,
c'est un peu différent.
Ah merci.
C'est un petit peu différent.
Je vais me focus uniquement sur la partie vraiment UX Designer
dans un studio de jeu vidéo.
Ou pour le coup, c'est très transversal en fait.
C'est-à-dire qu'on va aussi bien travailler
avec les game designers,
qu'avec les sound designers,
qu'avec aussi bien tout ce qui va être UI,
donc l'interface utilisateur,
tous les métiers complètement différents,
pour avoir de manière globale, en fait,
être capable de proposer une expérience au joueur
qui est cohérente et consistante en fait tout au jeu.
Donc, on va aussi bien aider les game designers
dans tout ce qui va être les différents flaws de jeu.
Donc, c'est-à-dire, quand le joueur arrive sur ce jeu,
où est-ce qu'on l'emmène,
quels sont les différents impacts, en fait,
quand il fait certaines actions dans le jeu,
qu'est-ce qu'on affiche dans le HUD en objectif de mission ?
Exactement, oui.
C'est à quel point on gère la frustration aussi.
Et notamment pour faire tout ça,
on va orienter aussi les game designers
sur qui sont les joueurs qui viennent en cibler.
C'est-à-dire que si en fait on décide de cibler
tous les joueurs, c'est compliqué,
parce qu'il y a des personnes qui n'ont pas du tout
l'habitude de certains types de jeux,
et il y en a d'autres qui sont complètement habitués.
Et si on décide de faire un mix de tout,
on se retrouve avec une expérience, en fait,
qui est...
Il n'y a pas d'aigle à personne, quoi.
Exactement.
Donc du coup, c'est en essayant de déguider un peu,
en leur disant, ok, qui on va cibler en premier lieu,
et du coup, quelle est l'expérience qu'on va essayer
de proposer au maximum à ces personnes-là.
Et à côté de ça, on les accompagne aussi
sur les différentes options.
Alors, par exemple, des options d'accessibilité,
décider d'afficher plus d'informations dans un HUD,
ou décider, par exemple, la difficulté d'un jeu.
Typiquement, c'est des choses sur lesquelles on peut aider.
C'est intéressant.
C'est vachement plus large que...
Tu dis, X Designer dans le web, par exemple.
Oui.
En fait, c'est très, très lié à l'UI Design.
Et tu sais globalement que ça va tourner
autour de faire des...
Composer une application de manière intuitive, etc.
Alors que là, toi, tu fais 12 métiers, en fait.
Ouais, c'est assez flou, en vrai, ce métier,
parce qu'à la base, en fait,
il n'y a pas spécialement du X Designer,
c'était les Game Designer, les développeurs,
même, en fait, qui faisaient tout ce travail-là.
Et donc, ouais, c'est un métier hyper transversal,
pas forcément très bien compris, mais hyper intéressant.
Et du coup, vous êtes en amont de la chaîne,
ou vous testez le jeu une fois qu'il a été...
Bah, alors, il y a l'UI Design et il va y avoir la UI.
Donc la UI, c'est plus User Research.
Donc c'est vraiment tout ce qui est test utilisateur
et qui, pour le coup, vont être très, très focuss
sur, on fait des tests utilisateurs une fois que le jeu
est plus ou moins près, ou au fur et à mesure.
Et on donne des...
des avis, en fait.
On donne les résultats au designer
et on explique qu'est-ce qu'ils peuvent améliorer
pour que le jeu soit mieux ou plus intuitif.
Donc il y a vraiment ces deux métiers d'un petit parrain.
De toute chaîne, en fait.
Et en fait, on est un peu de partout, ouais.
On est aussi bien... Alors, en tout cas, personnellement,
moi, je suis à Cebo, ça se passe comme ça.
On est au tout début, aussi bien au moment
où le jeu n'existe pas vraiment encore pour le définir
et savoir qu'est-ce qu'on veut proposer
comme mécanisme et comme... comme expérience de jeu, en fait.
Au milieu, pour tester, designer, y térer,
faire justement tous les différents écrans
qu'on va pouvoir voir dans le jeu.
Et à la fin, là, pour le coup,
c'est vraiment... On teste le jeu
avec des utilisateurs, mais on teste aussi le jeu
de notre côté, non stop.
On va voir qu'est-ce qui marche,
ce que ça marche pas, comment on y térête ou...
Mais t'sais, ça va nous frustrer,
parce qu'aujourd'hui, on n'est pas là pour parler de ça
et pour toi, il faudrait...
J'étais à Hyperborsale, là.
Ouais, je propose qu'on se programme quelque chose
parce que franchement, c'est trop intéressant.
Mais est-ce que...
Ils ont tous des politiques différentes, les studios,
mais est-ce que tu peux nous dire vaguement
ce que tu fais chez Azobeau ou pas ?
Ouais, ouais.
Moi, pour le coup, je travaille sur Flight Simulator.
Je peux pas détailler exactement tout ce qui se passe
ou quoi que ce soit dessus.
Mais en tout cas, moi, c'est ce que je vous explique
un petit peu, les différents moments,
ou en tout cas, où je vais intervenir.
Il y a eu tout le début du jeu, en fait,
au moment où on s'est dit, ok, qu'est-ce qu'on veut faire,
concrètement, comme je l'ai dit au déo,
travailler directement avec...
C'est combien de temps que tu es là-bas ?
Ça fait deux ans et demi.
C'est vrai que je n'ai même pas dit...
Ça fait deux ans et demi que je suis à Azobeau Studio.
Donc il y a le début, vraiment,
où on va se dire, on travaille avec les game designers.
Et là, c'est vraiment la partie game design.
On fait beaucoup de flots.
Les flots pour illustrer ça, c'est un petit peu
une sorte de parchemin.
Il n'y a rien de visuel.
C'est vraiment beaucoup d'éléments
dispatchés un peu partout,
de se dire, ok, où est-ce qu'on va emmener le joueur,
qu'est-ce qu'il va faire concrètement,
qu'est-ce qu'on veut proposer dans le jeu,
quels sont les différents impacts,
s'il fait ça dans cette mission, s'il le fait correctement, voilà,
je ne sais rien, par exemple,
ce qu'il va pouvoir gagner, s'il le fait mal,
voilà ce qui se passe, les conséquences,
je ne peux pas donner trop de détails dessus, mais...
C'est intéressant.
Il y a toute cette partie-là.
Et après, effectivement, il y a aussi...
Dès qu'en fait, on aura commencé
à designer des interfaces, parce qu'il y a partie interface,
que ce soit, par exemple, tout ce qui va être
des skill trees dans un jeu,
donc les arbres de compétences dans un jeu,
les menus, les inventaires,
même encore une fois, dans le jeu même,
donc le HUD, les pannelles d'objectifs
qui apparaissent ou quoi que ce soit,
donc ça, on designait tout ça.
On va dire HUD, depuis le début.
Attention.
Moi, je dis HUD.
HUD, c'est vrai ?
Mais oui.
Pardon.
C'est moi.
J'ai toujours dit ça, mais je pense que...
Moi, je suis le seul, du coup.
Il y a un mix des deux.
Alors oui, effectivement, je disais pas HUD,
mais je disais HUD aussi.
Oui, oui.
Après, il y a clairement l'école
interface tête haute.
Interface tête haute ?
Oui, c'est en français, du coup, littéralement.
Mais...
Mais...
Pas interface.
Ah !
Ça marche ou pas ?
Ah non.
Non, c'est A.
Je dis peut-être n'importe quoi,
mais il y a le tête haute.
Je suis sûr de ça.
Je ne suis pas...
Je n'arrive pas à me le mémoriser en français,
parce que vraiment, pour moi,
c'est pas du tout naturel.
Comme souvent, oui.
Mais oui, il y a deux équipes.
Il y a HUD et HUD.
C'est vrai que je dis HUD.
Mais donc, il y a toute cette partie-là
où, effectivement, on va énormément
faire le design, y térer, quoi que ce soit.
Et à la fin, en fait,
c'est tout au long du process,
mais à la fin, encore plus,
on fait tester les utilisateurs.
Et c'est là qu'on se rend compte
en fait de tout ce qu'on a designé,
ce que ça fonctionne bien,
et ce qu'il y a des choses qui ne sont pas
à comprise.
Et ça, c'est assez fou,
parce qu'on se rend compte,
en fait, qu'il faut vraiment se le dire,
que le design, en tout cas,
ne peut pas être parfait dès la première fois.
Il faut vraiment accepter de se dire...
C'est imprévisible.
Il y a des choses qu'on peut prévoir.
Il y en a d'autres pas du tout.
Et en fait, une fois que tout est rassemblé
et tout est mis ensemble,
on se rend compte que les joueurs ne voient pas
les choses de la même manière que nous,
parce que nous, on a vraiment un tête dans le guideau.
Le tableau blanc versus la réalité,
par contre, c'est pas la même chose.
Oui, des fois, ça n'a rien à voir avec un purée,
mais ah ouais, ils ont une autre vision du truc.
En fait, il faut le faire complètement différemment,
et c'est là où il y a tout le roche de,
OK, comment on y inter,
comment on change les dernières choses.
Et des fois, c'est des petits tricks.
D'autre fois, c'est plus compliqué,
à rattraper les choses.
C'est trop intéressant.
Oui, c'est toi qu'on déteste
quand tu... Il faut changer les...
Oui, c'est un peu ça, ouais.
Quand tu fallait voir toutes les équipes.
Aujourd'hui, ce que je vais expliquer,
c'est qu'on ne va pas exactement parler de ça,
mais on va tirer parti de ton expertise en ergonomie,
donc en design d'interface, en particulier,
pas dans le jeu vidéo, mais dans autre chose.
Des applications de très loin.
Je vais faire ma petite intro.
Est-ce que vous êtes déjà tombés
sur une application chinoise ?
Vous avez peut-être remarqué que leurs interfaces
nous semblent à nous occidentaux.
Très étrange, c'est fouillé,
ça semble complexe et pas du tout attirant.
En tout cas, c'est très loin de nos habitudes.
Surtout qu'on ne parle pas de petites applis,
même des géants qui font des centaines de millions
de chiffres d'affaires,
ont des applications comme ça, entre guillemets, bordéliques.
Les sites e-commerce, notamment en Chine.
Alors pourquoi on a l'impression que ces interfaces,
elles viennent tout droit des années 2000 ?
D'où viennent ces codes chinois qui apparaissent
si différents des nôtres ?
Et pourquoi il y a des couleurs aussi vives ?
Pour répondre à ces questions, on a fait appel à Morin,
une designuse d'expérience utilisateur
dans le jeu vidéo qui connaît bien le sujet.
Est-ce que pour commencer,
tu peux nous expliquer quelle différence on observe
globalement entre les applications occidentales et chinoises ?
Ouais.
On remarque, en ouvrant une application chinoise,
le cerveau tout de suite, on voit à quel point
ça fait bizarre, en fait.
Ça fait bizarre parce que c'est ce que t'expliquais.
Les applications chinoises sont très très surchargées.
En tout cas, donne cette sensation-là.
Je sais pas, il y a des images parfaites.
Mais effectivement, il y a cette première impression
où on se dit je ne comprends pas
ce qui est en train de se passer à l'écran.
Et c'est notamment parce que nous,
en tant que occidentaux,
quand on a une application ou un site web,
ou quoi que ce soit,
il y a beaucoup de jeux
sur tout ce qui va être l'espacement.
On a besoin de blanc, en fait,
d'espacer justement les différents blocs
de l'application et des sites web,
alors que les applications chinoises
ou les sites web chinois, c'est pas du tout dans leur habitude.
Eux, en fait,
moins il y a d'espace blanc, mieux ça va être perçu.
Alors que nous, à l'inverse, plus il y a d'espace blanc,
plus ça fait épurer, plus ça fait qualitatif,
et notamment, voilà, épurer, qualitatif, et tout ça.
Donc il y a cette première différence
qui est assez marquante de se dire
que quand j'arrive sur une application chinoise,
il y a énormément d'informations.
À côté de ça, il y a aussi les couleurs
qui sont vraiment...
En fait, en nous verrant...
Ah ouais, très très criarde, beaucoup de rouge qui est utilisé,
on en parlera peut-être après.
Mais les couleurs font un effet
pareil encore une fois à notre cerveau
et à nos habitudes qui vont qu'on se dit
qu'il y a trop d'informations.
En fait, on n'arrive clairement pas à poser ses yeux quelque part.
Ils utilisent énormément la couleur
comparée à nous.
On me voit beaucoup notamment sur les applications
comme Maituan, qui est justement
l'équivalent de Deliveroo.
Il y a beaucoup de rouge de partout,
il y a beaucoup de codes promotion.
Tu me dis si je dis une bêtise, mais en Occident,
le rouge c'est plutôt interdit,
sauf si tu as une action destructive
ou quelque chose comme ça, quoi.
Le rouge, ouais, en Occident,
ça va être très...
Tu vas l'avoir justement sur bouton accroché.
Il y a ce bouton qui va être en rouge
pour te dire que tu fais ça,
et c'est une action réversible, quoi.
On va l'utiliser aussi, notamment,
donc par exemple, si tu veux
un exemple que ce soit
supprimé toutes tes données, il y a souvent
un bouton rouge pour confirmer
cette dernière action finale.
Eux, pour le coup, le rouge, c'est pas du tout vu de cette manière.
Nous, c'est vu comme une alerte,
même dans le paysage de la vie de tous les jours,
quand on a un panneau stop ou un panneau attention,
c'est rouge. Eux, c'est une couleur
qui est très positive, en fait.
Et on le voit notamment dans
le Nouvel An Chinois, il y a du rouge de partout.
Et dans leurs applications, c'est exactement pareil.
Ils en utilisent vraiment dans tous les sens,
parce que c'est positif et c'est un synonyme
de très...
Alors je disais heureux,
mais c'est pas heureux vraiment le terme,
mais c'est quelque chose qui est vu comme positif.
Notamment...
C'est notre vert ou notre jaune.
Et c'est ce que j'allais dire, c'est que notamment,
quand justement tu vas dans la bourse
justement chinoise,
nous, quand la bourse est en train de monter
la flèche est verte, quand sa descense est rouge,
apparemment c'est l'inverse.
C'est la bourse qui monte, c'est une flèche rouge
et si elle sa descense, c'est une flèche verte.
Donc c'est vraiment complètement,
pas du tout la même manière de voir les choses.
C'est marrant, parce que du coup,
le code couleur, ce que je comprends,
c'est que c'est culturel en fait. Alors que...
Très naïvement, moi je pensais que
par exemple le rouge...
Ouais, enfin en fait je pensais que le rouge
c'était parce que biologiquement parlant,
c'était la couleur...
Je sais pas si c'était le leçon, mais en tout cas
c'est une couleur qui flash
aux yeux et du coup,
pour moi ça représente bien
une forme d'alerte, mais uniquement
parce que notre œil le perçoit de cette façon-là
et je pensais que biologiquement parlant,
comme on est tous faits pareil,
c'était la couleur du
attention. Mais en fait, ce que tu es en train
de dire c'est que le design, c'est plutôt
culturel en fait. C'est tout à fait culturel.
En fait, on a vraiment une...
Il faut le voir comme ça,
je pense exactement comme toi moi aussi au début,
mais on a une vraie focale qui est placée
sur notre œil en fait depuis qu'on est tout petit
et on nous apprend différents codes
qui vont faire qu'il y a certaines choses, quand on voit
du rouge, par exemple, vous direz, ah ok, faut faire attention.
Ou quand on voit,
j'en sais rien, par exemple du violet ou du vert, c'est plus
tech. Vas-y, ok, c'est
une connotation plus tech. Mais
dans toutes les cultures, ça n'a pas
cette même connotation-là, donc faut faire hyper attention
en fait en designant. Parce que par exemple
si tu mets énormément de verre
dans les applications chinoises, je...
Ouais, ils ne le voient pas de la même manière.
Elle se passait. Donc la première
chose dont on t'a parlé c'est les marges.
Pareil, grande règle de design,
il faut mettre des marges partout
pour isoler et pour créer
des groupes logiques
entre les choses, etc.
Deuxième chose qui est très différente, c'est les couleurs.
Est-ce qu'il y a d'autres trucs? Alors il y a
les marges, les couleurs et il y a aussi
tout ce qui va être l'organisation
des différents éléments dans les applications.
Nous, c'est... Alors on a chacun nos codes
en occident, pareil, nos applications
elles ont un peu toute la même tête parce que
quelque chose qui marche, on essaie de l'aurait utilisé.
Mais pas tout le temps,
par exemple, on pourra remarquer que si on
utilise PayPal, il n'y a pas cette petite
barre en bas... Je ne m'arrête pas de
cogner le micro. Il n'y a pas
cette petite menu en bas qui est ancrée.
Voilà, on n'a pas
de petites menus en bas qui va nous dire
c'est la home, ici, c'est envoyé à
tes amis, etc. Il y a d'autres applications
en Chine pour le coup, ils l'ont très souvent
et elle est relativement chargée.
C'est notamment parce qu'en fait,
eux, dans justement leur culture
et leur manière d'apprendre
des designs, ils ont
ce besoin, et c'est vraiment crucial
de quand ouvrir une application en site web
de montrer le plus de fonctionnalité
possible que cette application-là
a proposée. Alors que nous,
à l'inverse, et c'est ce que je disais tout à l'heure,
plus ça va être épuré,
moins il va y avoir de couleurs, plus on va
se dire mais c'est qualitatif, en fait, et
c'est fiable. Eux, c'est complètement
l'inverse. Donc du coup, on se retrouve
justement avec ces éléments, dans tous les
sens, une barre de recherche tout le temps
aussi qui est très mise en avant. Nous, Pépal, on n'a pas.
Eux, pour le coup, leur équivalent, c'est à DIPA
et ils ont cette barre de recherche pour montrer
à quel point l'application
elle est complexe, elle est complète
aussi, et voilà,
qui a toutes ces fonctionnalités-là.
C'est hyper intéressant. En fait, derrière, c'est un peu
une histoire de valeur. C'est-à-dire que
la valeur première que tu veux montrer sur un
appli, c'est qu'elle est épurée, donc
il n'y a rien de trop. Donc je ne sais pas, c'est
la maîtrise ou c'est
l'inversement, plus c'est chargé,
plus il y a de...
En fait, eux, ils veulent plus prouver la
fonctionnalité. C'est exactement ça. Nous, ça va
être beaucoup plus... La qualité,
elle est montrée par le fait que ce soit
épuré, notamment
une application,
une seule et même application
est forte dans son domaine.
On va se dire, Pépal est très fort,
enfin, très fort, très pratique, très
sûr dans le transfert, justement,
d'argent. Les Chinois, pour le coup,
c'est pas une seule et même application
qui va être forte dans
un domaine spécifique, ça va être
une application qui a le plus de fonctionnalité
possible. Eux, c'est plus le terme
de super-up, notamment, qui
pousse ça. J'ai déjà vu le terme,
mais pour nous faire un petit peu le
décorum, c'est quoi les super-up
et qu'est-ce que tu peux faire dedans ?
Alors, les super-up, ça va vraiment être
une seule et même application qui
a plein de mini-programmes. Typiquement,
les Chinois, ils ont Wichat,
qui est l'équivalent de WhatsApp, mais
enfin, plus ou moins l'équivalent de WhatsApp, mais
qui a plein de mini-programmes dedans, c'est-à-dire
que tu vas sortir Wichat pour envoyer des messages
à tes potes, mais en réalité,
tu vas aussi avoir le QR code pour pouvoir
payer au magasin, tu vas aussi pouvoir
potentiellement commander un Uber
à manger. C'est vraiment
toute une application qui a plein de mini-programmes
à intérieur et elle a
pour eux, encore une fois, dans leur culture,
c'est vraiment cette notion de plus
il y a des choses qui sont faisables à l'intérieur
d'une seule et même application, plus elle est qualitative.
Alors que nous, pour le coup,
en Occident, si jamais on nous propose
une application qui a autant de
fonctionnalité, on va se dire, il y a un truc qui est l'huchouais.
– C'est l'ouffre. – Ouais, ce sera beaucoup moins bien
que des applications concentrées.
– Bah voilà, mais ça, c'est encore une fois très culturel.
C'est notre tête qui se dit, ouais, maintenant,
c'est pas... enfin, le mieux est l'ennemi
du mien et toute cette histoire
de si tu sais tout faire, c'est que tu sais
rien vraiment très bien faire, alors que
eux, ils n'ont pas du tout cette notion-là.
– Ah ouais, non, pardon. – Non, vas-y, vas-y.
– Après, moi, je me mets à leur place, j'imagine,
quand par exemple, ils viennent d'Occident
et puis qu'ils doivent télécharger 4 000 applications
pour faire plein de trucs différents, ils doivent
devenir fou. – C'est quoi, ça ?
C'est quoi cet arcaisme ? – C'est clair.
Alors moi, je pense, mais nous, on a
plusieurs applications de chat
pour parfois des groupes
d'amis différents.
Tu as Messenger, tu as WhatsApp, tu as Signal, tu as Telegram.
– Instagram. – Moi, je pense que eux,
ils ne comprennent pas. – Ouais, non, mais c'est sûr.
– Parce qu'il n'y a pas cette fragmentation-là-bas ? – Non.
Non, non, c'est vraiment...
Alors, ça, c'est aussi autre chose
qu'il a fait qu'ils ont évolué dans ce sens-là.
C'est que nous, pour le coup, quand on a
commencé à évoluer vers toute cette
ère du digital, on est d'abord passés par
les PC, les ordinateurs,
et ensuite le mobile.
Eux, pour le coup, vu que les PC
coûtaient trop cher par rapport au téléphone,
enfin au mobile, à produire,
à vendre, et quoi que ce soit, ils sont directement
passés, en fait, au mobile. Ce qui fait que quand nous,
on a toute nos cultures de design qui a été
faites autour du web, d'abord,
c'est-à-dire en design pour le web, et ensuite,
on s'est dit, ok, maintenant, faut qu'on l'adapte
sur les téléphones portables. Eux, ils se retrouvaient
directement sur les téléphones portables. Et donc,
il y a cette évolution qui est différente, où pour le coup,
nous, on faisait déjà beaucoup de choses sur Internet,
en fait, Google Maps, et sur Internet,
sur ordinateurs, Google Maps
existait sur ordinateurs,
transférer de l'argent, ben c'était nos comptes bancaires,
et ben quand ensuite,
les applications sont sorties, c'était un peu
plus difficile, et il y a eu ce besoin
de faire confiance, de passer sur le téléphone.
Alors que eux, vu qu'ils étaient directement, en fait,
sur le téléphone, il y a moins eu
ce besoin de se dire, ok, il faut avoir
confiance en ça, parce qu'ils avaient, en fait,
directement, ils ont eu
directement ça, et très rapidement, ils ont
eu aussi du coup ce besoin-là, qui était pas
d'être réassuré sur
la fiabilité des applications, mais plus
ce besoin de practicité, enfin, de
se dire, je ne veux pas télécharger
50 applications différentes,
et du coup, j'ai une seule et même
application, où je vais faire mes mini-programmes.
Après, vas-y, vas-y, plus, plus, plus.
C'est intéressant, parce que, justement,
tu peux avoir parfois, sur
des outils,
un conflit entre
ce qu'on va appeler les Powerusers,
donc les utilisateurs qui veulent
optimiser leur
productivité, versus
la personne lambda moyenne,
qui, ou, ou, qu'elle veut maximiser
la simplicité du usage.
Et parfois, ça arrive dans des applis, ou des logiciels,
qu'il y a un clash entre ces
deux populations-là, entre guillemets, et qu'on
choisit d'en prévéliger une. Et, typiquement, on parle
de l'espacements, le Powerusers
il voudra un maximum d'options
disponibles, compactées,
et tu le vois, dans les projects open source,
justement,
comme il y a beaucoup de Powerusers, ça crée
des interfaces parfois très chargées, parce que
ce n'est pas les mêmes envies derrière.
En fait, ce que tu dis, c'est que, comme nous,
on a été un peu plus
lent à la transition sur le mobile,
on est beaucoup plus d'énormies,
entre guillemets, et de leur
point de vue là, il fallait tout de suite
des applications. Oui, c'était tout de suite, ouais,
des applications puissantes, qui permettent de tout
faire, insentiellement, parce qu'il n'y a pas toujours
l'ordi. Mais il y a ça, mais il y a aussi la notion
vraiment, encore une fois, de culture,
c'est marrant, parce que
ça, pour le coup, j'ai appris
relativement récemment, mais
c'est off-tédé, d'ailleurs, c'est un psychologue
social, qui a fait plein d'études,
notamment, sur les cultures,
et à quel point les pays
peuvent être différents en fonction,
justement, de leur culture. Et pour
identifier, en fait, et essayer de comprendre
les différents pays, ainsi que leur culture,
il a essayé de créer tout un...
Alors, c'est un barème, ouais, c'est ça,
avec différentes dimensions, et notamment,
il y en a deux qui sont hyper intéressantes, c'est
à quel point le pays va être
collectiviste ou individualiste.
Collectiviste, ça va être vraiment...
On a l'habitude d'être entouré plein de monde, et on travaille
pour un groupe, on est là pour un groupe.
Individualiste, c'est plus justement l'Occident,
on pense individuellement parlant, c'est
pour le bien d'une personne.
Et la deuxième dimension, c'est
vraiment à quel point
on accepte le risque.
Et en fait, ces deux dimensions-là,
elles sont hyper importantes dans la compréhension aussi
de comment la Chine a évolué
comparé à nous.
C'est que parce que eux sont beaucoup plus collectivistes,
on l'habitude de, peut-être, tout le temps en groupe
la notion de vie privée, c'est aussi quelque chose qui
est beaucoup moins par rapport à nous.
Par exemple, tu décides... Moi, je sais que j'ai
été allée en Chine voir mon copain,
je voulais aller au Montagne-Jeune, je décide
de payer avec ma carte bancaire, pour
justement monter et voir ça. Il y avait
deux Chinois qui étaient à côté de moi au moment
du paiement, alors que je rentrais mon code
de carte bancaire et je me disais
mais il n'y a pas de
bic pour dire qu'il faut être
plus loin derrière. Non, ils n'ont pas
du tout cette notion, en fait, beaucoup moins
en tout cas par rapport à nous de
d'espace privé. Et donc, ils vivent vraiment
en collectivité,
beaucoup moins individuels.
Ce qui fait que les applications,
la manière dont elles sont designées,
ça reflète
la manière dont elles vivent de manière générale.
C'est-à-dire qu'ils ont besoin
de... En tout cas, c'est quelque chose
qu'ils ne dérange pas d'avoir
cette notion de tout centraliser.
De tout centraliser, parce que c'est bien
pour le groupe, parce que c'est plus pratique
pour tout le monde. T'as effectivement pas à dire
à ton pote, vas-y, je te fais un virement
par PayPal alors que lui, il a Lydia ou quoi que ce soit.
Donc il y a vraiment cette partie-là.
Et il y a aussi la partie de... Ils n'ont pas
du tout peur, en tout cas,
enfin beaucoup moins peur de nous. Ils acceptent
beaucoup plus facilement le risque que nous.
Et typiquement, avec justement la protection
des données ou de choses comme ça, eux, de savoir
que toutes leurs données sont sur
une seule et même application, c'est pas tant
un problème. Alors que nous, par exemple, quand
META a commencé à annoncer, on a
toutes ces applications ensemble. Et tout le monde
qui a dit, moi je pars sur signal ou je
switch d'applications, vraiment c'est... Parce qu'on a
des règles beaucoup plus strictes, enfin
pas tant plus strictes, mais on est beaucoup plus
éduqués entre mimés et regardants
sur la protection de nos données. Et surtout
encore une fois, on est individualistes, donc
on a peur pour nos propres données alors que
les Chinois, ils savent que ça part au gouvernement
et que le gouvernement légère, voilà,
comme eux le souhaitent, mais ils ont pas
cette peur là, en tout cas, de protection
de données quoi.
C'est vrai que si ça se trouve, même si c'était
techniquement possible, juste d'un point
de vue de la réception de l'audience,
si demain, tu avais META qui faisait
de... Qui pouvait aussi
te servir de banque et de...
Et de tout le reste, il aurait une...
C'est limitant, c'est limitant. C'est limitant.
C'est limite une information de valeur
de partir sur
des applications différentes et de se dire
non, en fait... Enfin, ouais, on
ferait une application comme Wichette,
même si c'est très pratique,
on serait beaucoup plus... D'ailleurs,
il y a META qui a tenté
un petit peu ça, justement, il y a
un... Je sais plus quel est le nom du reportage que j'avais regardé
là-dessus, mais ils ont dit qu'ils avaient essayé de tenter
ça, notamment en faisant l'annonce sur META.
Et ils se sont bien rendus compte que l'Occident
n'était pas après du tout à ça. Et ils se sont dit
en fait, si on arrive un jour potentiellement à faire
une super app, ça serait potentiellement
des applications mais plus
pour ce qui est médecine, quoi.
Tu veux dire, en gros, tu as tous tes documents, tes radios,
tes rendez-vous médecins qui vont être
là-dessus. Mais tout ce qui est
donné vraiment plus personnel, c'est-à-dire
tes propres messages, tes photos
que tu envoies, ton argent, ce que tu fais
et tout, ils avaient... En tout cas, du reportage
que j'avais vu, ils avaient l'air de dire que
c'était un peu compliqué, parce que l'Occident
n'est pas encore prêt à ça. Notamment avec
cette notion de protection des données, où effectivement
beaucoup plus peur, quoi, en Occident.
Trop intéressant.
On continue
sur le côté intro-chémé-culturel qui peut expliquer
des choses. Là, tu parles
de l'acceptation
d'avoir un truc complètement centralisé
vis-à-vis du collectivisme. Est-ce qu'il y a
d'autres choses, par exemple, on n'a pas
trop parlé de la langue, mais est-ce qu'il y a
des choses qui
se reflétaient par le fait qu'on a des langues
très, très éloignées quand même.
Effectivement, il y a cette notion, donc les travaux
de Offstede qui expliquent les différences culturelles.
Mais en fait, c'est bien plus profond.
Ça vient même, c'est ce que tu dis, en fait,
de la langue de base, déjà.
Eux, ils ont
des caractères qui sont logographiques, alors
que nous, notre langue, elle est romane.
C'est très linéaire. En fait, on lit un mot
de gauche à droite. Eux, pour le coup, les caractères,
c'est une image, en fait, en réalité,
qui est bidimensionnelle.
Donc rien que ça, en fait, c'est bête
à dire. Mais ils ont, dès la naissance,
en fait, une
manière de penser et de lire les choses
et d'appréhender les choses qui va
être beaucoup plus
complexe que la nôtre. Parce qu'en fait,
ils regardent l'ensemble pour ensuite
se concentrer sur un élément.
Alors que nous, on va beaucoup plus, en fait,
regarder un seul et même élément d'abord
pour ensuite voir ce qui se passe autour.
Si je dis ça, c'est parce que c'est très, très lié
aussi avec la manière de penser.
Donc ça, c'est deux autres termes qui sont hyper
intéressants aussi. Il y a
une manière de penser qui est très analytique
et une autre manière de penser qui est
très holographique, je crois,
que c'est comme ça que ça se dit. Mais en gros,
ce que ça veut dire, c'est que nous, en tant qu'Occidentaux,
quand on va regarder une application
ou un site web,
on va se concentrer
sur des boutons. Par exemple,
les boutons achetés pour moins 50%,
forfait
de pour le prix d'un.
On s'occusent vraiment sur différents
éléments, mais il se passait pas le tout.
Et c'est notamment ce pourquoi les applications
et les sites web sont beaucoup plus espacées,
beaucoup plus de blancs, parce qu'on va se dire
ok, on focus
l'attention sur différentes parties
sans trop charger sur le tout.
D'ailleurs, c'est hyper important,
on le dit toujours dans la design de sites web,
d'avoir des call to action, des
éléments sur lesquels
l'utilisateur doit se concentrer
et de mettre le paquet pour que...
C'est ça pour que tu cliques en fait.
Pour que tu cliques, pour que ensuite, tu partes justement dans leur flow d'achat
et d'ailleurs,
c'est fait comme ça.
Je sais que quand je faisais justement des landing page,
donc les landing page, c'est carrément...
On sort du site, on te fait
une page dédiée, où on est sûr que quand
tu cliques sur la pub, t'attérées sur cette page
toute faite, qui en fait a une explication
un peu détaille,
ensuite on converge de plus en plus vers
ensuite le call to action. Et c'est tout construit
pour que tous les éléments de réponse et qu'à la fin
tu achètes. Donc nous vraiment
on a cette manière-là,
qui est je vais lire mon titre, mon sous-titre, mon paragraph,
mes différents éléments qui vont me faire
me dire j'ai envie d'acheter et à la fin, mon call to action.
Mais on les identifie un par un,
alors que pour le coup, les finnois,
enfin les lasies en fait, de manière générale,
a une analyse qui est beaucoup plus
géographique et qui est liée à leur caractère
aussi, qui va faire que au lieu
de voir les différents éléments un par un,
ils vont vouloir voir le tout d'abord.
En fait, ils vont vraiment
se concentrer sur tout ce qui se passe
d'abord pour identifier, ben, quels sont
les différentes fonctionnalités, qu'est-ce que l'application propose,
quels sont les différents choses, et ensuite
se dire ok, je clique sur quelque chose
et je vais dans un flou un peu plus profond. Donc on a
une approche qui est complètement différente en fait.
En termes de design, très concrètement, ça change
quoi ? En termes de design,
c'est... Alors, ouais, clairement
de... En tant qu'occidentale,
c'est... Taobao,
Taobao. Et l'équivalent chinois.
En termes de design, ben en fait,
tu peux pas, en tant qu'occidentale,
designer comme un occidentale pour
des finnois.
Si tu gardes tes codes
à toi, tu...
Les gens, en fait, les chinois
ne fonctionneront pas comme toi, tu l'imagines.
Quand même fois, c'est tout,
tu n'es... Enfin, tout un design
qui est complètement différent. Et d'ailleurs,
il y a des applications chinoises comme
Chine, et même Taobao, TikTok,
qui en fait sont des entreprises chinoises,
mais qui ont fait un design occidentale.
Parce que eux, chez eux, le design
n'est pas du tout comme ça. Et donc c'est vraiment...
Ah, deux versions quoi. Oui, il y a deux versions.
C'est même pas le même nom, en fait,
d'applications. TikTok en Chine, je ne sais plus comment ça...
C'est Douyin. C'est ça.
Ben ça n'a pas la même interface.
Et donc, oui, vraiment,
c'est deux dizaines complètement différents.
Où faut vraiment te dire
que, par exemple, moi, en tant que designer,
si jamais j'ai envie de...
de faire une application chinoise,
il faut une mini-programme
pour une super app. Il faut surtout pas
que je me dise, ok, je suis très épurée,
je mets un titre qui en gras.
Parce qu'en plus, ils n'ont même pas le gras, en fait.
Ils n'ont pas le gras, ils n'ont pas l'italique.
Ils ne peuvent pas mettre d'emphase, en fait,
sur différents éléments du design.
Mais si j'essaie d'organiser ça de cette manière,
avec beaucoup d'espace, des boutons, mon texte,
puis ensuite le call to action, ça ne marchera pas.
Et donc, typiquement, tu vas faire quoi ?
Tu vas mettre beaucoup d'images, par exemple,
ou des vidéos partout.
C'est vrai qu'on n'en a pas parlé, mais effectivement,
sur les applications chinoises,
il y a ce côté où eux, ils ont besoin
de plus d'images, plus de vidéos.
Alors qu'encore une fois, nous, on rejoint ce côté
très épuré, où il faut le moins d'images possible.
Mais en tout cas, si tu veux utiliser
une image, c'est pour illustrer un propos.
Il faut qu'il n'y en ait pas trop,
parce que sinon, tu es surchargé.
Donc, il y a vraiment ce côté, déjà,
il faut se renseigner sur les différentes cultures.
Être sûr qu'effectivement,
tu n'es pas en train de designer pour toi
et que tu designes pour une culture qui est différente.
Il faut mettre un maximum
d'informations.
Je ne veux pas dire n'importe quoi, encore une fois,
parce qu'il faudrait tester,
il faudrait faire justement des comparos,
voir comment les gens réagissent
une fois que tu as designé.
Mais il faut mettre normalement un maximum
d'informations, pour que justement
l'utilisateur soit capable de dire, ok,
cette application est fiable pour eux.
Fiable, dans le sens, elle propose beaucoup de choses.
Elle n'est pas vide et elle est pertinente.
Donc, notamment,
j'avais vu, c'était
Dely Véroux
et l'équivalent chinois
qui mettaient, mais en fait, quand tu ouvres
l'application, tu as toutes les types de nourriture
mais il y a sur cinq lignes
et ensuite, tu peux encore tout switcher de cette manière-là.
Ça prend énormément de place.
Alors que nous, Dely Véroux,
le type de nourriture est très, très soft.
C'est sur une petite ligne.
Faut swipe.
Et en fait, tu arrives rapidement vers
les potentiels recommandations,
les dernières choses que t'as achetées.
C'est vrai que si on regarde en termes de surface d'écran,
là, nous, chez nous, il y a le place pour
trois...
trois économies, entre guillemets.
Mais c'est ça, ouais. Et nous, il y a beaucoup de place,
quand tu vois comme ça, tu vois, encore une fois,
t'arrives à dissocier vraiment
les différentes parties de l'interface en disant
là, il y a mon titre, là, il y a mes éléments
en dessous qui correspondent à ce titre-là.
Alors que, eux, c'est très rapidement tout
tout ce qu'on propose.
On maximise la surface d'écran.
Et ensuite, toutes les promotions aussi.
Et le rouge, là, qui est équipé.
Mais parce que dans le physique,
ils ont ça aussi, dans la vie de tous les jours.
Le design d'applications
et de sites web
est très inspiré de ce qui se passe
dans la vie de tous les jours, en fait.
Quand il y a beaucoup de...
Il y a une affiche dans la rue, ou un truc comme ça,
ça va prendre les mêmes codes et ça.
Mais affiche et même l'architecture,
l'organisation des rues, à quel point il y a du monde
aussi dans les rues. Tu peux voir sur YouTube,
il y a justement des personnes qui s'amusent
à filmer des promenades, en fait,
des promenades de nuit à New York,
à Shanghai.
Et en fait, tu vois à quel point,
en comparant, même si New York
c'est très éclairé, et il y a beaucoup de couleurs
et tout, c'est pas du tout
fait de la même manière qu'en Chine.
À Shanghai, tu vas avoir
justement toutes ces couleurs dans tous les sens.
Tous ces néons de partout.
Les affiches que tu vas lire, il y a de l'information
pareil dans tous les sens. Il y a très, très peu
d'espace, en fait, pour le vide.
Parce que eux, c'est pas bien vu.
Donc...
En fait, en plissant des yeux entre Shanghai
et une appli chinoise, on voit un peu les mêmes choses.
Tu vois un peu la même chose.
Je ne veux pas le juste là.
Mais du coup,
pardon que je ne m'en prie.
Pour les applications, c'est super intéressant.
Mais du coup, dans les jeux vidéo,
parce qu'on joue aux mêmes jeux vidéo,
et donc j'imagine que
toutes les règles que tu as dit avant,
elles s'appliquent aussi, j'imagine dans le game design.
C'est une bonne question, et j'aurais un peu peur
de m'aventurer sur ce terrain-là,
parce que autant dans le web et dans les applications,
en fait, c'est pareil.
L'ex-design, il y a beaucoup, beaucoup de règles
dans le web et dans les applications. C'est-à-dire que si demain,
toi, tu décides de dire, ok, j'essaie de faire de l'ex-design
sur une application ou un site web,
il y a tellement de codes, parce que ça existe
depuis longtemps, que rapidement, tu vas être capable
d'aligner quelques éléments
et d'avoir un début de wireframe,
donc de structure d'applications
et de sites web pertinents. Parce qu'il y a beaucoup
de codes. Dans le jeu vidéo, c'est pas du tout
comme ça, en fait. En tout cas,
en occident aujourd'hui, il y a
très peu de règles
où tu peux te dire, ok, je prends ma Bible
du X et je suis capable de me dire, bah,
ça s'organise de cette manière-là dans les interfaces.
Parce que même si tu as cette impression-là,
en fonction de ton jeu, en fonction de ce que tu veux
mettre en avant, en fonction
justement de
de manière générale de ce qu'il se passe, en fait,
dans ton jeu, tu as, justement,
des règles, mais faut quand même faire attention
parce que
déjà, c'est pas très intéressant
d'avoir des jeux qui ont tous la même tête.
Et ensuite, parce qu'encore une fois, en fonction
de tes contraintes et en fonction
des mécanismes du jeu,
t'as pas besoin de mettre les mêmes choses
en avant. Mais par contre, c'est vrai
que dans les jeux asiatiques, on a
très tendance, en tout cas, à se dire en termes
d'accessibilité.
Moi, j'entends très souvent dire, mais en fait,
il s'en foutent de l'accessibilité.
C'est-à-dire que tu vas devoir cliquer sur 3 boutons
en même temps, ton menu, c'est pas clair
l'ergonomie de manière générale.
Ça dépend. Encore une fois, il y a des jeux
qui sont très bien faits et
en tout cas, d'un point de vue occidental
et des codes, entre guillemets, 8x, on se dit
OK, c'est clair. Mais c'est vrai que très souvent,
moi, j'entends dire, oui, effectivement,
les jeux asiatiques, c'est un autre délire.
C'est ça qui est hyper intéressant aussi,
c'est que, en fait,
on se rend compte qu'en disant ça,
on a notre bien, encore une fois,
en occidental, mais c'est évident,
moi, je sais que le design, c'est ça,
les codes plus ou moins connus.
Alors qu'en fait, ça se trouve non.
C'est relativement truie, mais...
Non, c'est hyper intéressant.
Surtout que,
le chat m'a repris, j'ai fait une blague,
sans me rendre compte,
vous avez peut-être pas capté, mais...
Non, je n'ai pas capté.
C'est quoi ta glissade ? Tu veux revenir dessus ou pas ?
Tout à l'heure, je suis explosé.
Apparemment faut plus les yeux, bref.
Ah oui, ah oui, oui.
C'est bon, thread twitter.
C'est tout le tout.
En plus, c'est si naturel, vraiment.
On n'a pas du tout capté.
Exactement.
C'est ma faute.
Non, mais justement,
pour revenir sur le fait que c'est vraiment relatif,
c'est que d'un certain point de vue,
tu pourrais dire que c'est nous qui sommes en retard,
en réalité, sur le fait que
on a besoin de designer des
applis hyper intuitifs,
parce que vraiment, on a peur de perdre les gens tout le temps,
mais que
là-bas, justement,
ils sont plus ou moins dans l'étape d'après,
de maximiser la fonction...
De maximiser l'efficacité,
l'usage. On a notamment parlé
avec Vincent de la Cour,
qui est un français qui vit en Chine depuis 20 ans,
qui a eu des grosses expériences.
Tu le connais ?
On a discuté directement avec lui, avec Mathieu.
Il est CTO
de l'Oréal,
Asie. Il était notamment
CTO de Decathlon aussi.
Il a beaucoup de
expériences en développement d'appli de micro-programmes,
justement. C'est très intéressant d'ailleurs
de parler avec lui. On a vraiment beaucoup aimé
parce qu'il a fait part de plein
d'expériences différentes et de sa vision
justement de français en Chine.
Il a dit une phrase,
je crois, c'est
qu'il y a deux ou trois...
Enfin, c'est deux ou trois fois plus
ergonomique en réalité.
Alors si on enlève la partie
ou la colère de données,
évidemment,
à part ça entre guillemets en termes
de ce qui est possible, ce qui est pratique,
dans la vie de tous les jours,
qu'il y ait une avance de fou furieux.
Oui, je voulais...
Non, je réagis ça parce que
pour le coup, j'ai aucune expérience.
J'ai jamais été, et je n'ai pas utilisé ces applications.
Mais c'est souvent le retour que j'aide de gens
qui sont allés et qui ont testé.
Ils disent, en fait, c'est beaucoup mieux.
C'est nous qui sommes dans le retard.
Ça me surprend à chaque fois.
Je me dis, oui, il faudrait quand même
que je mette le nez dedans.
C'est hyper intéressant ce qu'ils sont capables de faire.
Mais en termes d'ergonomie, je dirais pas
qu'ils sont ultra en avance parce qu'encore une fois,
je pense que chacun, on a nos manières
de voir les choses et si demain
on décidait d'avoir le même design
que les Chinois, en fait, ça serait reprogrammé
de notre cerveau. C'est comme si tu me disais,
maintenant tu t'arrêtes au feu vert
et tu démarres au feu rouge. On a
trop cet impact culturel, en fait, sur nous.
Par contre, en temps d'expérience globale,
oui, ils sont très avancés.
Et c'est vrai qu'on a tendance,
moi je sais que quand justement, il expliquait tout ça,
je lui disais, mais en fait, j'ai l'impression
que c'est Black Mirror. Il nous expliquait
des cas où c'est très pratique, par exemple,
tu vas dans un... Alors très pratique.
Tu vas dans un magasin,
t'as pas ta carte bancaire, ton téléphone,
ou même juste à la flemme, en fait, de sortir tout ça.
Tu prends en fait un
élément dans le magasin, t'as besoin d'un chargeur,
t'as besoin d'acheter à manger, tu peux repartir.
Et vu qu'en fait, toutes les données sont partagées,
donc il y a ce problème de données,
et qu'il y a des caméras de partout,
ça scanne ta tête, et ils savent que t'as pris ça,
et t'as moins 5€ sur ton compte bancaire,
sans avoir rien sorti. C'est comme Amazon Go.
Oui, tu peux commencer à sortir.
Là, ça marche.
Ça marche, c'est...
Je crois qu'Amazon Go, au final,
la fin, les femmes ont été... Non, non,
ça les ont été, mais en gros, ça n'était pas du tout
traité de manière automatique, mais t'avais, je sais plus,
d'enquête de vie, exactement.
Oui, oui.
Exactement, t'avais des gens payés au l'inspire,
qui en fait, analysaient toutes les frames.
Il y a encore Amazon Go, et Seattle,
alors je sais pas comment ils font directement
là-bas aux yeux, mais c'est super intéressant,
parce que est-ce que ça marche, si genre,
moi, je suis touriste, et puis ils ont pas de bonnes questions.
Ils ont pas de bonnes questions.
Je prends un chargeur et je me bats.
C'est vrai qu'on lui n'a même pas demandé,
mais c'est une bonne question, parce que lui,
il expliquait même que, par exemple, il est un feu rouge,
s'il décide de traverser au feu rouge,
il y a sa tête qui est prise en photo,
qui est identifiée.
Alors là, je pense que oui, même en tant que touriste,
ça t'arrive, parce qu'il n'y a pas besoin de ton compte bancaire,
mais ta tête est prise en photo, et apparemment,
t'es affichée devant tout le monde,
sur le fait que t'as traversé au rouge.
Mais après, je sais vraiment...
Mais après, pour te faire payer le truc,
parce que, du coup, moi, il pourrait m'appeler ma tête
et faire payer à la Chinoise qui me ressemble plus.
Mais ça me bat...
C'est une bonne question.
C'est vrai, je sais pas du tout.
On lui a pas posé la question,
mais ça a été hyper intéressant de savoir comment ça a été traité.
C'est vrai, pour les personnes qui sont étrangères.
Peut-être que quand il voit que tes touristes t'arrêtent, mais...
Parce qu'on a dépeint, évidemment,
une vision assez stéréotypale,
dans le sens où on essaie de dépeindre
une certaine manière dont ça fonctionne.
C'est vrai, en moyenne.
Est-ce qu'il y a des exceptions, en gros,
est-ce qu'il y a des applis qui se démarquent,
qui font différemment...
Parce qu'on ne peut pas tester
toutes les applications chinoises en étant en France.
C'est un peu compliqué, à moins d'avoir VPN.
Mais je crois qu'on n'a pas toutes les fonctionnalités.
Donc j'ai pas pu tout tester, mais celles que j'ai testées,
les principales, elles ont toute la même tête.
Et on me demandait justement à Vincent,
lui, ce qu'il voyait de son côté.
Mais apparemment, il ne faut mieux pas
trop sortir de ce qui est déjà fait.
Déjà parce qu'il y a cette contrainte de Super App,
de se dire, maintenant, c'est plus tant
que tu fais une application qui est à côté
de WeChat ou à côté des géants Super App.
C'est plus que tu essaies de mettre
ton mini-programme dans ces applications-là.
Et il y a énormément de contraintes
à côté de ça, au-delà du design.
J'ai oublié de le mentionner tout à l'heure,
mais par le gouvernement.
C'est-à-dire que quand tu fais une application,
nous, il y a beaucoup plus de chances que ton application
soit mise sur Play Store et Apple Store.
T'as pas autant de régularisation.
Il y a beaucoup d'appli qui n'arrive jamais
sur l'app Store à cause des règles complexes.
Et eux, pour le coup, il y a aussi ça.
Il y a toute cette passe où
Vincent expliquait que, par exemple,
quand il avait sorti ses applications,
il avait dû envoyer par papier,
imprimer son code,
et envoyer ça par voie postale au gouvernement.
Il puisse reviser justement son code
et que son application soit approuvée.
Donc, de manière générale,
en tout cas, de ce que j'ai vu,
c'est que les applications chinoises
n'étaient pas trop deviées de ce qui existe
déjà, parce qu'en fait,
ça marche.
Du coup, on réussit ces codes-là.
Et en réalité, c'est un peu pareil pour nous en Occident.
On essaie de pas trop devier.
Et encore une fois, c'est pour ça qu'il y a des codes
et qu'il y a beaucoup plus de documentation UX
sur les web, enfin, le web
et les apps.
Parce que, en fait, c'est plus facile.
Il y a plus d'études, il y a plus d'applications,
il y a plus de cas d'usage. Et si ça marche,
on se dit, bon, voilà, on le réutilise.
Tu utilises tout ce que l'utilisateur a appris
avant de venir sur ton site.
Exactement.
C'est ça.
C'est ça.
Et c'est aussi la différence avec le jeu vidéo.
C'est que le jeu vidéo, tu as cette capacité,
de pouvoir réapprendre complètement autre chose.
Un joueur, tu as tout l'unboarding,
les tutoriels qui sont tout. Alors que dans une application,
tu as un besoin, tu veux transférer de l'argent,
tu n'as pas envie qu'on t'explique pendant 50 minutes
quand on se fait de l'argent.
Sur notre site, en fait, c'est pas une soule.
Elle marche à l'œil.
Mais donc, oui, il y a vraiment...
Non, il n'y a pas tant de différences,
en tout cas, une fois que les applications marchent,
ils essaient de réutiliser ça.
Et d'ailleurs, tu parlais de l'œil.
Il y a un truc qui est intéressant aussi de mentionner,
c'est quand je parlais justement
des différentes visions et du fait que
un Occidental va plus avoir tendance
à analyser justement
les éléments imparins.
Et les Chinois, pour le coup, vont plus avoir tendance
à voir l'ensemble d'abord.
Ça a été observé notamment par...
c'était l'ancien directeur de Google Asie,
comme ça existait encore,
qui pour le coup avait fait justement de light tracking.
Donc, light tracking, c'est un appareil
qui va permettre de voir exactement
où vont tes yeux sur des tests utilisateurs
et donc de voir comment tu scannes
le site et l'application.
Et ils se rendaient compte notamment
que les Chinois étaient très...
Je scanne tout. Et ensuite, je vais à un endroit
alors qu'ils ont testé ça sur des Américains.
Les Américains, c'était très...
Je m'arrête sur justement les différents call to action.
Donc, il y a vraiment ça...
Donc, c'est pas une filmestérie d'ergonome.
C'était mesuré, testé.
Et t'as une Hitmap derrière,
donc vraiment avec les zones de chaleur,
enfin, de chaleur de...
de... de regards, oui.
Là-dessus.
Voilà.
Et donc, c'est vraiment un truc qui est quand même super étudié,
mais en même temps, à raison, parce que, comme tu le dis,
c'est très facile de partir du principe
en toi, Ymec, tu peux simplement répliquer ton système
dans un autre pays et que ça va fonctionner.
Carrément, oui. Et je pense que beaucoup
on se biait là, parce que même moi,
pendant un moment, tu vois, et même avant de lire
toutes ces documentations, je n'avais pas...
parce que j'ai lu beaucoup de choses, en plus, tu vois, pour me dire
ok, je vais être sûr que je ne dis pas n'importe quoi, quoi.
Mais...
Mais tu te rends compte de à quel point
il y a énormément de facteurs à prendre en compte,
et à quel point, le NUX Design,
c'est quelque chose de compliqué. Il y a beaucoup de personnes
qui vont se dire, mais une fois que t'as un jeu
ou une application qui est sortie, c'est évident, en fait,
pourquoi ils n'ont pas fait ça de telle manière, moi, je leur ai fait comme ça.
Mais en fait, il y a tellement de choses
à prendre en compte, parce que parfois, il y a un design
qui va fonctionner pour vous, mais en réalité,
pour d'autres personnes, ce n'est pas du tout le cas.
Et en faisant des tests, on peut se rendre rapidement compte.
Même là, tu vois, je t'explique, on peut prendre
une application chinoise, on réplique
ce qui a déjà été fait et on le fait.
Ça se trouve pour le mini-programme que tu vas vouloir faire.
Peut-être que ça ne marchera pas.
Et c'est pour ça qu'il y a toujours besoin
de test utilisateur ou d'habitesting.
Donc vraiment, de te dire, j'ai potentiellement
deux designs que j'ai créés et que je vais faire
tester à mes utilisateurs pour voir
qu'est-ce qui fonctionne le mieux, qu'est-ce qui
fonctionne moins bien, qu'est-ce que je peux améliorer.
Et il y a encore une fois, cette notion
très très importante, il faut accepter
d'hystérie, en fait. De se dire, le premier
jet ne peut pas être le bon, parce que tu ne
designes pas pour toi, tu designes encore une fois pour
des utilisateurs qui sont
potentiellement différents de toi.
Et les super-apples,
est-ce que c'est des écosystèmes fermés
ou est-ce que
il peut y avoir d'autres acteurs
qui vont faire un partenariat entre y-mais
pour faire apparaître leur appli dans la super-appli ?
C'est-à-dire...
Est-ce qu'un tiers peut programmer
une super-appli à côté ?
Ah, ou dans ?
Est-ce que proposer un programme sur une super-appli
développée par un autre groupe ?
Oui, c'est normal.
Parce qu'en fait, ces mini-programmes, c'est vraiment
en fait, c'est vrai qu'en employant
ces termes-là, on a l'impression que c'est carrément
autre chose, mais c'est des applications, littéralement,
mais qui sont intégrées dans
WeChat. Donc dans WeChat.
Techniquement, ils refont un OS, en fait.
C'est un OS dans l'OS. En fait, c'est un peu ça, oui.
C'est un truc qui est vraiment très, très complexe
où ils vont...
Oui, c'est littéralement ça.
Et d'ailleurs, quand tu parles de ça,
j'y pensais, même les termes,
quand tu vas dire, par exemple, un chinois
de sortir son QR code pour pouvoir payer,
la notion de QR code, c'est quelque chose
qu'ils connaissent. Ils connaissent, mais pas
tels qu'elles. Eux, il faut leur dire, tu sors
WeChat. Parce que, quand une fois le QR code,
tu vois, le QR code, c'est pas forcément WeChat.
C'est de WeChat.
Oui, c'est WeChat.
Et non, oui, tu peux avoir justement
des mini-applications, mais c'est pas forcément
WeChat qui développe
les mini-programmes. C'est justement ces mini-programmes
qui vont s'intégrer à cette super app.
Mais en fait,
c'est des sortes de partenariats où tu profites
de tout l'écosystème WeChat.
Et eux, de leur côté, ils bénéficient
d'un nouveau service en tout cas.
Après, je t'avoue que là-dessus, je sais pas, exactement,
dans tout le détail comment ça fonctionne, parce que c'est
encore plus complexe, et je veux pas dire
de bêtises. Mais en tout cas,
c'est hyper intéressant de voir à quel point.
Même les applications, c'est encore
un autre fonctionnement par rapport à nous.
Ce que tu as dit en train de dire aussi, c'est que
potentiellement, chaque application,
ça peut être une entreprise
différente. C'est comme si
si on voulait faire
l'équivalent d'un WeChat, on aurait
cette espèce d'application qui engloberait
ton WeChat. C'est la question que je peux demander, mais peut-être
il y a des gens qui auront la réponse.
Actuellement, si tu regardes l'interface
de leur PayPal,
il y a plein d'app,
il y a même un dossier My Apps,
donc j'imagine que c'est un peu ça.
Oui, c'est potentiellement
carrément des entreprises différentes.
C'est pas WeChat qui va faire
ces applications-là telle qu'elle.
Notamment, le Hubber qui a dans WeChat.
C'est pas le Hubber de WeChat, c'est un mini
programme. C'est vraiment ça,
c'est un mini programme qui va être développé
par un tiers, peut-être même toi.
Mais ça, j'ai trop du mal à comprendre.
J'ai du mal à comprendre à quoi, c'est mieux
quand même parce que...
Tu dois réinventer le concept d'un OS.
Parce qu'en fait, c'est vraiment cette notion
de te dire, t'as pas à
sortir cinq applications différentes,
genre te dire, ok, là je suis sur Google Maps.
Ouais, t'as pas à télécharger tous ces trucs différents,
c'est pas...
Donc j'ai Google Maps pour aller à un endroit
où j'ai commandé mon café sur Delivero.
Maintenant je sors Google Maps pour savoir
où est-ce que je vais.
Nous on peut déjà commencer à voir ces exemples-là.
Aujourd'hui, Maps,
avant il n'y avait pas ça,
mais par exemple quand tu vas décider d'aller quelque part,
il va te proposer, tiens tu peux aussi y aller
en utilisant Bolt, ou en utilisant Hubbert.
Des choses qu'on n'avait pas à te base.
Et ces trucs-là, c'est quand même vachement pratique
parce que tu peux voir déjà directement dedans
combien ça peut te coûter.
Par contre après tu dois changer d'application
alors que tu serais en fin, il n'y aurait pas besoin.
Il n'y aurait pas besoin, tu serais sur WeChat
et t'as tes différentes fonctionnalités,
tu peux tout faire dans une seule et même application.
Et donc il y a un côté très pratique là-dessus.
Mais du coup quand tu télécharges WeChat,
tu télécharges l'aptor entièrement.
Oui c'est ça.
Ça doit mettre l'oui.
J'ai essayé, mais moins de WeChat je l'utilisais,
mais en fait vu que j'utilisais de l'Occident,
je ne pouvais pas avoir toutes ces applications-là.
En fait tous ces mini-programmes, c'est très restreint aussi,
ils ne donnent pas accès à tout.
Encore une fois, c'est ce que j'expliquais,
c'est toutes ces données de mini-programmes
et autres sont très très protégées aussi par le gouvernement.
Donc du coup en Occident,
c'est aussi ce pourquoi on a des applications
qui ne sont pas exactement le même dizaine
et pas les mêmes informations que ce qu'on en chine.
Donc j'ai pas eu cette opportunité
de voir effectivement
à quel point WeChat était complexe,
mais complet.
Mais je ne donnerais pas ma main à couper
sur le fait que quand tu télécharges WeChat,
tu as forcément toutes les applications en même temps.
Parce que quand il était, du coup,
tu l'as installé ?
Non en fait quand j'étais, parce que moi je suis allée voir mon copain
là-bas et j'ai installé WeChat avant,
parce que justement pour lui parler,
parce que Messenger et tout ça,
c'est des choses des fois en tout cas,
quand lui il était, c'était bloqué.
Je ne pouvais pas utiliser Messenger pour l'utiliser,
donc j'avais utilisé WeChat, mais j'avais
peut-être trois fonctionnalités dans WeChat
comparées à ce qu'il y a en Chine,
toutes les fonctionnalités que tu as.
Ok, ok.
Bonne nommage, j'ai plus de questions.
Non mais c'était vraiment intéressant, pardon.
Je pense, le petit thératome qu'on peut faire juste,
c'est que quand tu cherches aux...
Assistance Thetaute.
Non, non, non, je ne sais pas.
Je pense, ça va faire du pire tout.
Non, c'est Analytique versus Holistic.
Ah Holistic, j'ai dit quoi, je dis holographique.
Holographique, oui.
Il y a bien H et H.
C'est le jeu vidéo.
Pour ça, HoloLens, c'est...
Oui, donc effectivement, en Occident,
on a a priori plutôt une pensée analytique
versus Holistic.
On t'inquiète pas, on mettra des petites testeries,
parce qu'il n'y a aucun problème.
C'était trop cool franchement.
Et maintenant, j'aimerais que tu restes
pour qu'on parle du VIX de jeu vidéo.
Et en vrai, on va programmer ça.
Ça pourrait être très intéressant, oui.
Il y a beaucoup de trucs à dire.
En tout cas, en fait, ça m'a donné
à moitié envie d'aller en Chine
pour tester quand même.
Moi, je vais envie de tester.
Je ne sais pas, je me sens bien dans les nosintes.
C'est un très bizarre.
Je veux juste télécharger WeChat,
y aller, et tester une semaine.
Oui, oui, c'est ça.
Je pense que c'est une expérience.
Oui, ça fait un peu cher l'expérience,
mais c'est une expérience.
Tu le couples avec, je ne sais pas,
des vacances, des trucs à faire.
Je vais toujours visiter, mais ça m'a donné envie de tester.
Carrément, trop cool.
Et bien, sur sûr,
on va passer à notre prochaine partie.
On va faire une petite pause de 5 minutes,
mais n'oubliez pas, parce qu'on va parler de spatial.
N'hésitez pas surtout à aller voir la Chine.
Ah, c'est gentil.
C'est hyper intéressant.
C'est la seule fois que j'ai vu
cette vidéo, la plus vue,
c'était sur les différents types de joueurs.
Je vous la conseille, les oeufs fermés.
Si vous voulez savoir quel est votre type de joueur,
parce que oui, vous n'êtes pas totalement unique,
il y a des patterns.
Et c'était hyper intéressant.
Mais trop marrant, comment les studios de vidéos
approchent ton différent de cibles.
Différentes cibles, oui.
En gros, tu ne peux pas faire un jeu qui plaît tout le monde,
et donc tu vas maximiser certains critères.
Il y a des beaux graphes hexagons, c'est trop bien.
Je vais aller voir la chaîne YouTube et à cette vidéo.
Et on se retrouve après pour parler de
SpaceX et des technologies dans le spatial
pour ré-attérer des fusils, notamment.
Ah, trop bien.
Des ingénieurs vont rentrer ici,
qui font des collets de fusil.
Toi, tu fais des collets de fusil ?
Mais je connais personne qui fait de collets de fusil.
Voilà, maintenant plus tu vois.
A tout à l'heure, dans 5 minutes.
Salut ! Si vous appréciez un Northcore,
vous pouvez nous aider de ouf en mettant 5 étoiles
sur Apple Podcast, en mettant une idée
d'invité que vous aimeriez qu'on reçoive.
Ça permet de faire remonter un Northcore.
T'es l'une fusée.
Retour ! Non pas pour parler de littérature,
mais pour parler de spatial
avec nos merveilleuses invités, Deeper Space.
Exact.
C'est un honneur de vous recevoir aujourd'hui.
On fait un grand écart de sujet,
puisqu'on a parlé de lunettes,
de rétéaugmentés, d'interface utilisateurs,
et maintenant, on parle d'espace.
Et voilà, qu'est-ce que vous allez faire ?
C'est un Northcore, on fait ce qu'on veut.
Pour le coup, on s'est retrouvés
beaucoup dans le discours de Stan.
Cool ! Du point de vue de l'industrie,
il y a des cours au bourré.
Pas mal de choses.
Dès qu'on fait du hardware, on a les mêmes problèmes.
Pourtant, c'est pas le même taille de hardware.
Parce que vous pouvez nous poser un peu le tableau
avant qu'on rentre dans le vif du sujet,
qu'on parle de SpaceX, etc.
Sur ce que vous faites, depuis combien de temps
vous avez monté cette boîte-là ?
Qu'est-ce qui vous est passé par la tête de lancer des fusées ?
Moi, personnellement, je suis un peu un space geek
depuis bien longtemps.
J'ai toujours rêvé d'être astronaute.
J'ai fait pas mal de choses dans ma précédente vie
qui étaient quand même très orientées spatiales,
l'exploration spatiale.
Et un jour, je me suis réveillé,
j'ai envie de faire autre chose,
parce que j'avais fait un peu le tour de ce que je faisais avant.
Je pense qu'on y reviendra tout à l'heure.
Et puis, j'ai décidé de monter
ma boîte pour faire Hyper Space.
Et puis, Sylvain m'a été un truc qui m'a fait un truc
qui est introduit par un pote en question,
qui travaille dans la VR aussi, qui connaît Stan.
C'est vraiment...
C'est un truc de cosmos, c'est incroyable.
C'est super beau ?
Et donc, vous êtes une des...
Il y a combien de boîtes privées
qui font des lanceurs ?
Ça dépend
ce qu'on considère entre
les petits projets où il y a des gens qui ont envie de le faire,
mais ils sont encore trois dans un garage,
comme on a été au début,
et des gens qui ont déjà des contrats
à quelques millions, et qui sont plusieurs dizaines.
Le...
Le spectre est pas le même.
Mais je crois que de ce que m'avait dit...
Je crois que c'était Philippe Baptiste
du CNES qui m'avait dit
qu'au dernier recensement qu'il avait fait,
il y avait 250 projets de micro lanceurs dans le monde.
Ah ouais.
Il y en a quand même un petit.
Il y en a Europe, ou en France.
Ça doit être...
En France, on est 4 ou 5 ?
Oui, sur le retour,
avec l'appel de CNES, on est 4.
On est 4 sur l'appel de CNES, ouais.
Et c'est lequel d'entre vous
qui a participé à des simulations de vie sur Mars ?
C'est lui.
C'est ma précédente vie, ouais.
C'est complètement dingue. En vrai, on peut en parler un peu maintenant.
Avec plaisir.
Comment tu te retrouves à simuler la vie sur Mars ?
Par passion,
c'est comme ça.
Depuis le collège, en fait,
j'ai cette passion pour cette planète, je sais pas pourquoi,
je sais pas l'expliquer.
Ça m'est venu comme ça.
Et puis en fait,
en prépa, je tombe sur l'association La Mars Society.
En fait, j'ai eu Internet très tard dans ma vie.
Et c'est grâce à Internet que j'ai découvert La Mars Society.
Et j'ai commencé à participer
à leurs
à leurs séminaires,
à des discussions,
lire des bouquins, etc.
Et puis,
je suis un semestre au Canada.
Il y a le Séminaire de La Mars Society à Denver
cette année-là.
Je suis juste à côté.
Je suis juste à côté.
Il y a 4 heures de vol.
C'est mieux que traverser l'Atlantique pour ça.
Et là, je m'en rends compte
de vraiment
l'engouement qu'il y a dans cette association
et puis le nombre de personnes qui y travaillent
et puis les projets fantastiques que sont la MDRS
et la Base F Mars dans l'article.
Et je rencontre des gens qui y sont allés.
Je rencontre
les directeurs qui gèrent ces expéditions-là.
Et j'ai rencontré les gens qui y allaient.
En gros, pour les néophyteurs, on somme.
En gros,
c'est des boîtes de conserves qui font 8 mètres de diamètre.
Il y a 2 étages dans lesquels on met
des équipages de 6 à 8 personnes.
Les expéditions classiques,
ça dure 2 semaines.
C'est plutôt dans l'Utah.
La Base Article est quand même très très éloignée.
C'est beaucoup plus dur d'y accéder.
Donc moi, j'ai fait 2 fois 2 semaines
dans l'Utah.
Et ensuite, une mission beaucoup plus longue,
3 mois dans l'Utah.
Et ce qui devait être 2 mois
dans l'Arctique, mais finalement,
ça a été plutôt 1 mois parce qu'il y avait
des conditions météorologiques un peu
excécrable cette année-là.
Mais du coup, j'ai fait les 2 stations.
Donc t'es dormi 8 mètres cubes pendant 3 mois, du coup ?
Incroyable.
Mais tu coup, t'es enfermé avec
les personnes que tu côtoies
dans ta vie de tous les jours
pour manger,
un peu comme une vie de famille.
Et puis, tu travailles aussi avec eux.
Donc, c'est vraiment...
Il faut pas être claustro,
il faut bien s'entendre avec ses copains.
Ouais.
Et là, franchement...
Il y a un petit côté, tu mets quelques caméras,
c'est pas du tout.
Ce qui est arrivé à l'AMDR,
c'est F.Mars reste là-bas.
Mais vraiment,
une expérience fantastique parce que
au-delà de la passion commune,
des profils très différents.
J'avais des microbiologistes,
des journalistes, des géologues,
des âges très différents,
plus jeunes devaient avoir une vingtaine d'années,
le plus vieux, une soixante, soixante-dix ans peut-être même.
Des cultures très différentes.
Il y avait quasiment
tous les continents qui étaient représentés.
Donc, c'est vraiment
une expérience incroyable.
Et donc,
Long Story Short,
j'ai fait ces deux expéditions, la dernière, donc F.Mars,
qui remonte à 2017.
Et je me suis dit, bon, côté
Mars Society, j'ai fait le tour,
je ne pourrais pas faire mieux que ce que j'ai fait,
parce qu'en plus, j'étais commandant de ces deux expéditions,
donc j'étais un honneur incroyable qui m'avait été donné.
Et donc,
quand je suis revenu, je disais, c'est quoi la next step en fait.
Et alors,
j'ai attendu
les candidats,
enfin l'ouverture des candidats astronaute-européen
pendant longtemps, qui t'arrivait
finalement il y a deux ans.
Mais j'avais déjà lancé Hyper Space,
donc j'ai quand même candidaté,
mais j'avais vraiment, vraiment pour le coup,
pas le temps de me préparer sérieusement.
Mais du coup, pour moi,
la next step à l'issue de ces expéditions-là,
c'était
qu'est-ce que j'ai appris au cours de mes études
et au cours de mes petites expériences professionnelles,
parce qu'à l'époque, j'étais quand même
encore, enfin, je me considérais
encore assez jeune finalement, tant qu'ingénieur.
Qu'est-ce que je peux faire pour le secteur spatial, quoi.
Et donc, ça a été Hyper Space,
parce que j'ai fait ma thèse doctora sur le système propulsif
qu'on développe.
Et aujourd'hui, ben, je suis
incroyablement
fier
de ce qui est devenu Hyper Space,
quoi. Les gens qui travaillent
sont vraiment incroyables.
Les équipes sont folles. On a une équipe, génialissime.
On a passé la barre des 50,
sur moi-ci. Et il y a un an, on était
on était, je sais pas,
il y a deux ans et demi, on était cinq en tout cas.
Ok, alors...
C'est incroyable.
C'est incroyable. On va revenir, évidemment,
après
la prochaine discussion
sur toute cette histoire.
Toi, du coup, tu es
aussi cofondateur de hybride propulsion for space.
Exactement.
C'est ça, le terme, le nom officiel ? Le nom officiel, c'est ça.
Puisqu'on se base sur une technologie de propulsion hybride.
Donc c'est hybride propulsion for space.
Si on compresse, ça fait Hyper Space.
Ok, voilà.
Auditeur libre de l'école de guerre.
T'as fait, donc c'est ce que je fais en ce moment.
Parce que je m'ennuie un petit peu.
Je me suis dit, bon, je suis directeur de la stratégie
et cofondateur d'Hyper Space. Je sais pas
quoi faire de mes journées. Donc en même temps,
je vais suivre un an de formation à l'école de guerre
avec les futurs chefs militaires de demain.
Donc ça permet de m'ouvrir pas mal
sur plein plein de sujets.
Ça permet aussi de sortir de la vidéo.
T'as vu des points, enfin, c'est utile
bien sûr.
Tout à fait. En fait,
le spatial, c'est éminemment
lié à, comment dire,
c'est éminemment stratégique.
Il y a forcément des trèfours liens avec tout ce qui est militaires.
Défense.
Donc voilà, moi, ça me permet
de passer un petit peu de l'autre côté
de la barrière, puisqu'on travaille avec la défense.
Moi, ça me permet là vraiment d'aller avec, d'être
avec les gens, les futurs chefs, des forces
d'armée, de voir comment ça marche. Parce
qu'on parle pas toujours le même langage.
Et là, ça me permet de, ça fait une traduction.
Et je vous vois aussi que comme
Stan, mais je lui ai même pas dit tout à
dire, vous êtes dans les formes des 13 under
touching. Exactement.
Mais vraiment, on reçoit que la crève,
enfin.
Non mais ça c'est improbable quand même,
tous les trucs qui vous avaient en commun.
Je vous propose justement,
parce que je ne veux pas trop te poser de questions,
parce que c'est exactement le sujet dont on va parler.
Les liens entre
l'histoire
du spatial et le lien entre
le public, le privé,
comment tout ça évoluait et technologiquement
qu'est-ce qu'ils ont été les ruptures, etc.
Donc, je fais un petit intro et on y va.
Est-ce que vous avez déjà vu
un attérissage de fusée de
SpaceX ? Moi oui.
Et encore aujourd'hui, ça me paraît
de la pure science fiction.
Et ce qui est fou, c'est de se rappeler à quel point
cette idée simple
paraissait impensable, voire moqué il y a
encore une dizaine d'années, on retrouve facilement
des articles qui expliquaient pourquoi c'était
impossible, pas viable,
complètement débile. Par exemple
de, on a vu celui-là sur Forbes, etc.
On va dire qu'ils ont mal vieilli
SpaceX, par exemple un étage
de Falcon 9 qui a été utilisé
20 fois cette année.
Alors, quel est
leur secret ? Quels sont ces prouesses
technologiques qui ont complètement
chamboulé le spatial en quelques années ?
Pour en reparler, on reçoit
pas n'importe qui. Alexandre et Sylvain,
vous êtes co-fondateur de
Hybrid Propulsion for Space,
Hyper Space, vous avez dit. Vous faites votre
propre lanceur, en fait, donc vous êtes
dans la poignée de gens qui peuvent dire qu'ils
vont décoller, défuser. On va bien sûr
parler de votre projet, mais
avant, je veux justement profiter
de votre longue expérience dans le
spatial pour comprendre un peu ce qui s'est
passé. Avant, en 2010, on est d'accord,
le spatial, c'est un truc public.
En gros, c'est les agences gouvernementales
qui font ça. Qu'est-ce qu'il a changé ?
SpaceX.
Clarem.
Je pense que
ce qui a changé, c'est
...
Déjà, enfin, SpaceX est
un peu le
tête de prou de ce changement-là.
Finalement, quand on regarde
historiquement ce qui s'est passé, il y en a eu d'autres avant.
Et les autres avant,
ils ont échoué
pour des raisons que
je ne suis pas un spécialiste, donc j'ai vite
dévoqué le sujet, mais
globalement, SpaceX est un peu
on pourrait peut-être considérer
SpaceX comme un peu le fruit de la chance,
parce que d'autres avant eux
ont essayé et ont échoué.
En même temps que SpaceX a été créé,
il y a Blue Origin qui s'est créé et apprézit.
Enfin, jusqu'à aujourd'hui, ils ont toujours pas fait
un lancement orbital. Il y a du
lancement suborbital, mais le lancement orbital
tarde chez Blue Origin.
Donc
au-delà de la chance, sans doute,
il y a aussi l'accès au capitaux.
Du coup, Blue Origin et SpaceX
sont tous les deux fondés par des milliardaires, donc
je pense que en termes de capitaux, ça doit aller de ce côté-là.
Accès aussi à des contrats
de la NASA, du DOD.
Donc le marché
il fait aussi.
Je pense que entre les deux,
ce qui diffère, c'est
la méthode d'innovation, la méthode de développement.
Blue Origin est beaucoup plus
je pense
avec des méthodes de développement
qui sont très traditionnelles, celles qu'on peut retrouver
dans l'industrie spatiale européenne, historique.
Alors que SpaceX a vraiment
un mindset pour le développement technologique
beaucoup plus
on va dire Test and Learn
quelque chose qu'on retrouve beaucoup plus
dans le secteur du numérique
et c'est pas pour rien
si Elon Musk sort
de cette mouvance-là
puisque avant ça, il avait fait Pépal
donc
C'est des trucs qu'on entend parfois,
les Test and Learn. Moi, j'ai toujours
entendu ça dans des environs corporates
donc est-ce que, concrètement
tu peux nous expliquer
ça se traduit en quoi ?
Il faut comprendre que du Test and Learn
sur du logiciel, vous cassez que des 1 et des 0
globalement
Tu as une idée, tu la testes et tu le vois si ça marche
ou si ça marche pas, tu passes pas 10 ans un planifié
Si ça marche pas, ça coûte rien
ça coûte pas grand chose, ça coûte le temps
qui a développé
Casser du hardware
c'est quand même
il faut avoir un mindset pour dire je vais casser du hardware
et c'est pas grave, c'est comme ça que je vais apprendre
c'est comme si vous débarquez dans
une salle de TP de physique au collège
ou au lycée et que vous commencez à casser le matériel
le prof va vous
sortir de la classe
et pourtant il y a plein de choses à apprendre en cassant du matériel
et moi très petit, j'ai démonté
des radios et des télé qui fonctionnaient très bien
et après que je les ai démontés
je vais ne les voir que je ne les ai plus
j'ai appris plein de choses en faisant ça
Donc concrètement, sur une fusée
ça veut dire que là, traditionnellement
on
faisait tout pour que ça fonctionne du premier coup
qui t'a planifié très très très très loin
En fait, c'est ça
Traditionnellement on est plus en mode
ceinture et bretelle
on calcule tout, on essaye de se bétonner
sur absolument tout ce qui peut mal se passer
et on fait des justifications
des milliers de pages pour justifier que ce cas précis
il va pas se passer parce qu'on a essayé de tout prévoir
et on fait pareil sur tout ce qui peut se passer là
donc on passe beaucoup beaucoup beaucoup de temps
à faire ça
après on a un produit qui est
qui normalement
marche bien, c'est pas toujours le cas
Comme quoi, même essayer de tout bétonner
ça marche pas toujours, Arian 5
501 le premier vol de la Arian 5
il a foiré
et alors ils ont quand même passé beaucoup de temps
à faire toute la conception
et tout ça
donc ça c'est vraiment la façon de faire un peu
old space en opposition au new space
Dans le new space on va plus être
en test and learn, c'est à dire qu'on va essayer
d'avoir bon, qu'est-ce que je veux comme fonction principale
de mon système, on va faire un petit tébauche
voilà c'est mon idée, bon on va essayer ça
on va voir si ça fonctionne, si ça pète, c'est pas grave
on fera une autre version
et on est plutôt dans l'iterratif, un design iteratif
bon maintenant je pense que les Falcon 9
de Spacey, que ça le sent un petit peu tout cohérente
les unes entre elles, mais je sais qu'au début
elles étaient quasiment toutes différentes
à chaque fois on apprend, il y a un vol qui s'est pas passé
parfaitement bien, c'est pas grave, on a appris
on fait la modification et le vol
d'après, il sera toujours pas parfait mais il sera mieux
et donc c'est un petit peu un
aspect vraiment incrementale et iteratif
c'est bien raisons, et justement sur
SpaceX, tu parles déjà
des Falcon 9 etc, est-ce qu'on peut revenir
sur leur toute première fusée
si je dis pas de bêtises, le premier lancement
c'est 2010 non, au 2011
quelque chose comme ça
la Falcon 1, je dirais plutôt
au 2003
ah ouais, c'est ça, en fait moi c'est celle
de grand public entre guillemets
dont on entend lui parler mais en fait il y avait déjà des tests
oui, oui, alors la Falcon 1
c'était effectivement le premier lanceur
de SpaceX, au premier
étage on avait la première version du Merlin
et au deuxième étage
le moteur Kers Kressel
un autre nom, un autre moteur
qui a été abandonné, qui n'a volé
que sur la Falcon 1
c'est un lanceur qui a été fabriqué en 5 exemplaires
me semble et 4 sont allés au tapis
ah ouais
ça demande d'être prêt déjà à ce que même
médiatiquement etc, ce soit traité comme
des échecs absolus, des catastrophes etc
oui, alors j'ai plus les échecs en tête
mais globalement la fusée
à chaque essai allait être plus en plus haut
donc finalement on sentait bien qu'ils allaient y arriver
est-ce que c'était au 5ème vol, au 4ème
ou au 6ème, la question
était posée
et à cette époque là
SpaceX était dans
une situation financière très compliquée
parce qu'il commençait à manquer cruellement de cash
il faut comprendre qu'à l'époque
il y avait pas beaucoup d'investisseurs
pour investir dans un projet comme celui-là
maintenant je pense qu'il y a plein d'investisseurs
qui se bousculeraient ou pour tillon
pour pouvoir mettre des ronds dans SpaceX
mais à l'époque c'était
clairement pas le cas
et en fait c'est comme ça qu'ils sont commencés
et une fois que la NASA a vu qu'une boîte privée
pouvait accéder à l'espace
avec des coûts de développement qui sont complètement
une autre nature
par rapport à ce que la NASA avait l'habitude de faire
très clairement je crois qu'il y a un papier
qui est sorti, la NASA avait estimé
que s'ils avaient eu à faire le même projet
que SpaceX
ils auraient investi 10 fois
ou je pense d'un facteur 10
donc c'est vraiment
finalement même casser du hardware
ça coûte moins cher que
de faire du papier, il est essayé de tout prévoir
et tu le disais tout à l'heure, ça demande beaucoup de temps
et derrière
ce temps-là il y a des gens qui travaillent
et il faut bien les payer, c'est ça qui coûte cher en fait
dans le spatial
c'est pas tant le matériel qui coûte cher
c'est vraiment les gens qui travaillent sur le développement
sur la production
donc si tu arrives à réduire le temps
que dure le développement d'un nouveau modèle
t'as tout gagné en gros c'est ça
SpaceX a développé sa Falcon 1
en quelques années
là où pour développer A&C
ça a été quasiment une décennie
donc vraiment
les temps de développement sont
alors c'est pas le même gabaritusé on est d'accord
mais
prenons le Starship
qui est un ordre de grandeur
encore au-dessus de la capacité d'A&C
je pense qu'ils vont y arriver plus vite
arriver en orbite que ce qu'on a mis
pour faire voler A&C
donc c'est vraiment des philosophies
très très différentes
c'est intéressant parce que j'ai l'impression que souvent
il faut que ça vienne d'un outsider
c'est-à-dire que je prends l'exemple des néo-banques
par exemple, c'est pas des banquiers
qui ont développé, qui ont imaginé la néo-banque en fait
les acteurs établis, oui, ils ont tendance
si ça fonctionne et que ça va à tout le monde
ils ont pas intérêt à changer
ou même juste le...
l'inertie mentale, même
oui l'inertie, même le champ des possibles
est comme capé parce qu'il a déjà été fait
ce qui est normal de faire
en fait
et donc
SpaceX
fait des lancements qui fonctionnent
arrive à démontrer qu'en fait
ils peuvent les développer pour manquer
les fusées mais à quel moment ça intervient
cette histoire de les faire réatérer
entre eux, mais parce que je me souviens que déjà
euh...
en fait la date que j'ai évoqué
2010 ou 2011, c'est le premier
raterissage, je me suis trompé
c'était 12
mais en tout cas c'était dans ces...
je crois que c'est 2011
à quel moment ça intervient
parce que là pour le coup
on est... on change de
je sais pas comment dire, mais on change de level
c'est plus reproduire un truc fait par des agences
gouvernementales mais avec monde frais
et d'autres privés alors que ça va jamais t'aider
là c'est complètement nouveau entre y'en a
il faut se demander pourquoi
pourquoi Elon Musk a fait SpaceX
euh...
faire du lancement, faire des fusées
c'est pas ça qui rapporte beaucoup d'argent
euh...
on peut en reparler tout à l'heure
euh... c'est vraiment
enfin...
c'est vraiment pas sur ce secteur là
que tu feras vraiment le... le... le plus
d'argent donc pourquoi... pourquoi
une telle personnalité s'est lancée dans un tel projet
euh... quand il dit qu'il veut mourir
sur Mars, les gens se moquent
mais je pense que
il est intimement convaincu
enfin je suis convaincu que c'est
intimement ce qu'il veut faire
donc il se donne
tous les moyens possibles pour y arriver
alors on peut dire à ce projet
complètement absurde, enfin
euh... qui... qui peut juger
les rêves des autres, enfin je veux dire
on a chacun nos propres rêves, nos propres aspirations
et c'est un peu comme le goût et les couleurs
ça se discute pas
il a ce projet là, bon
euh...
et donc euh...
donc
si il veut un jour arriver
sur Mars, il va falloir qu'il développe
toute une infrastructure spatiale
qui va permettre de faire ce... ce... ce... ce trajet
sauf que en tant qu'entreprise privée
euh...
on peut partir du principe que
si il fait des fusées qui sont pas réutilisables
euh... il décagera
jamais de marges bénéficiaires
sa boîte ne sera jamais
rentable et donc à un moment donné
euh... faute de...
possiblement de marchés publics
sa boîte ferme donc c'est la... la fin du game pour lui
donc l'idée de faire la réutilisation
des fusées euh... c'est parce que
depuis historiquement quand on fait
des fusées on les jette à la... enfin
à la poubelle mais à le brûle dans
dans l'atmosphère où elle retombe au sol
euh... bien du coup...
pour récupérer si il y avait des gens c'est juste
la... en gros la capsule quoi c'est...
ouais mais c'est juste parce qu'il y a des gens
il n'y a pas de gens
euh... la fusée elle se crache au sol
où elle boule dans l'atmosphère et tant pis
et on en construira une neuf pour le prochain vol
ça... ça n'a... ça n'a aucun sens
c'est comme si il prend une voiture pour faire un trajet
je... je la détruisais à la fin de mon trajet
et j'en ai acheté une nouvelle
euh... enfin économiquement ça ne tiendrait pas
et en fait le secteur spatial tient
euh... sur ce modèle là
parce que on a une nécessité
euh... absolue d'aller dans l'espace
pour envoyer des satellites
euh...
mais... mais mais mais mais il veut faire autre chose
il a besoin de faire autre chose
il a besoin de construire une infrastructure
qui est pérenne dans le temps
euh... pour arriver jusqu'à euh... cette planète
et donc le seul moyen d'y arriver c'est
de faire en sorte que son... que ces fusées
soient réutilisables pour avoir un business
qui tourne de manière pérenne
euh...
pourquoi tout le monde a dit que ça serait jamais rentable
euh... que c'était impossible
parce qu'il faut de la cadence de vol
ça je pense qu'il s'en est rendu compte
et du coup... c'est un peu...
enfin pour certaines personnes
ça devient un peu une pyramide de ponzi
c'est que pour assurer la cadence de vol
il a créé Starlink, une constellation de
plusieurs dizaines de milliers de satellites
j'ai plus le nombre en antenne
c'est son propre plus gros client en fait
il s'achète ses propres vols
euh... j'ai pas la state mais je pense
que 90% de ses vols c'était
pour Starlink donc il est venu son propre client
c'est trop intéressant parce que... donc ça veut dire que
lui son projet de base en fait
c'est de faire du spatial
euh... une commodité donc un truc
euh... qui n'est pas une...
il fait en sorte de nourrir
son propre rêve en fait
et donc le seul moyen pour y arriver c'est d'avoir
beaucoup de demandes comme elle existe pas encore
il l'a créé lui-même en créant une autre boîte
c'est très américain
qui aura un business model
potentiellement rentable parce que
il va gagner de l'argent avec...
sur Starlink je pense qu'on est pas très loin
de la rentabilité
c'est beaucoup plus rentable de faire de vente de la donnée
puisque lui c'est ce qu'il a avec Starlink
que de faire... que de faire du lancement
donc là lui ça lui permet d'avoir
d'atteindre ce... c'est trop malin
c'est trop d'hygiénie quand même
il n'y a que des américains pour faire ce genre de choses
nous en Europe on est beaucoup plus timoré
beaucoup plus modeste
et pour... enfin...
faut faire tapis en fait pour que ça fonctionne
ça aide de commencer en intermilleardaire aussi
c'est que... et d'être le premier
parce que là des constellations
pour faire un concurrence à Starlink
je pense qu'il va falloir se lever sacrément tôt
ça va être compliqué et est-ce que
ce pari marche donc c'est à dire que est-ce que la...
on suppose que la demande
qu'il a réussi à entre guillemets à la lancer
et que ça va plutôt bien se passer pour spécisme
ou c'est même pas sûr
moi je... je...
peut prendre des paris si vous voulez
non mais... enfin moi de la... de la vision
que j'ai du... du marché
vu que je suis quand même pas mal en lien avec tout les gens
qui font des satellites et qui veulent avoir des lancements
c'est pas facile d'avoir des slots de lancements
parce qu'il y a pas de lanceurs
qui ont un accès
vraiment de projets terminés qui ont un accès à l'orbite
et...
bah du coup il faut quand même pas mal de temps
si on veut commander son lancement sur SpaceX
bon ça prend pas mal de temps c'est en dans six mois
et puis c'est... voilà donc je sais
il y a quand même une liste, une... comment dire
il y a la queue de clients
pour une demande
il y a vraiment une demande d'autant plus que...
d'être son propre client ça abaisse les coûts
d'accès à l'espace
et aussi ça rend du coup
l'accès à l'espace
plus facile pour tout le monde
et donc avec la miniaturisation de l'électronique
du coup maintenant tout... tout un importe état
université start-up se crée pour faire son
satellite avec un type de capteur
une donnée à vendre ou je sais pas un importe business model
il y en a autant que de boîte
mais du coup ça rend
beaucoup plus facile de développer son satellite
et de le lancer dans l'espace
donc ça s'auto-alimente en fait
là je vais envoyer un petit cube
les cubes sat
ça me coûterait combien d'envoyer ça
on peut aller sur le site de SpaceX et commander son...
tu peux ?
ah vas-y
SpaceX.com
le prix affiché est probablement pas le
coût réel qu'il y a derrière
mais en fait SpaceX
a aussi
une approche
commerciale
extrêmement agressive
donc là le prix
catalogue je pense qu'on doit être aux entours des
6000 ou 7000 dollars le kilo
pour arriver dans l'espace
kilogramme de satellites
le coût réel est probablement légèrement au-dessus
de ça
et en fait ce qui fait en proposant des prix
complètement cassés c'est un peu comme Stan
qui disait que META
vendait son casque à perte
c'est un peu pareil en fait
c'est vraiment pour absorber tout le marché
et laisser peu de place à la concurrence
assixier tout le reste du marché
et en gagnant beaucoup d'argent
sur plutôt tout ce qu'est lancement institutionnel
un des gros clients de SpaceX donc c'est le DOD
donc le département de la défense
donc c'est la salle de militaires
donc là les poches sont profondes
donc là il peut faire un prix au kilo
sacrément plus salé
et ça permet de faire un prix au kilo très bas
pour les petits acteurs privés dans le monde entier
et ça permet d'asseché un petit peu
et d'assefixier tous les autres
c'est ce qu'ils essaient de faire
alors l'inconvénient de SpaceX c'est qu'aujourd'hui
ça devient un autobus pour arriver dans l'espace
et parfois l'autobus
c'est le moyen de transport plus approprié
et deux fois c'est le taxi
et bon pour prendre le taxi ils viennent plutôt chez des micro lanceurs
comme ce qu'on développe
il y a quand même une place entre les années
il y a quand même une place pour la concurrence
qui est très très large aujourd'hui
mais c'est clairement pas les mêmes
c'est pas les mêmes besoins
il y a des...
parce que justement si on fait un si on désonne un petit peu
je te demandais qu'est ce qui a changé
concrètement entre la voie après
sur le spatial
ça a démocratisé l'accès à l'espace
il y a beaucoup plus d'acteurs aujourd'hui que ce qu'il y en avait à l'époque
oui c'est ça et ce que j'ai demandé c'est
c'est à tes quoi les conséquences
autre le fait que c'est coûte moins cher d'envoyer
des satellites
de l'irruption
d'une boîte privée dans le monde du spatial
donc c'est les changements de process
j'imagine est-ce que typiquement
les agences d'aimes européennes etc
on change leur manière de travailler pour essayer
de s'adapter
tout à fait
premier point je dirais que
que cette démocratisation d'accès à l'espace
a permis d'ouvrir les portes de l'espace
à des acteurs bien plus nombreux
bien plus diversifiés avec des méthodes
des approches de développement
bien plus
riches que
qu'auparavant
en ce qui concerne les agences spatiales
la NASA a ouvert un peu la porte
en disant
à l'époque je développais mes propres programmes
pour accélérer l'espace
maintenant je me base sur du privé
pour le faire à ma place parce qu'ils le font de manière plus économique
et je peux recentrer mon activité sur des problèmes
beaucoup plus
plus institutionnels
comme des missions scientifiques par exemple
des trucs qui n'ont pas de modèle économique par exemple
voilà exactement
et je crois qu'on peut être fier
en France d'avoir la seconde
agence spatiale
dans le monde qui a fait la même chose
Le CNES nous a acheté nos
nos lancements
avec d'autres concurrents en France
a essayé ce modèle de la NASA
donc on fait partie des cobayes
et on est très heureux
donc finalement ça a ouvert
la porte à un autre mode de fonctionnement
mais après on voit aussi
ce mode de fonctionnement sourire sur d'autres industries
le nucléaire par exemple
à une certaine époque jamais on aurait imaginé
des boîtes privées
se lancer dans du nucléaire
que ce soit de la fission ou de la fusion
et pourtant aujourd'hui même en France
on a des acteurs, des petites boîtes, des startups
qui se développent dans ce secteur là
et je trouve ça incroyable
et j'ose espérer que
parce que des startups ont des moyens
des méthodes de fonctionnement
et de développement
beaucoup plus agile, beaucoup plus rapide
qu'on arrivera à développer des technologies
plus efficaces et à moins de recours
et je pense qu'aujourd'hui avoir accès
à de l'énergie propre
et pas cher
c'est un enjeu tout aussi crucial que l'accès
à l'espace
et ça peut aider
si on
on peut dresser le tableau génial
si on se voit un petit peu sur la technique maintenant
parce que c'est quand même ça qui nous intéresse le plus
on a dit, ça avait globalement jamais été fait avant
des atterrissages de fusée
ou c'était juste pas
pas à cette échelle là
pas à cette échelle là sur des énormes lanceurs etc
il faut quoi pour faire
atterrir ce machin
quand on lit les articles qui expliquaient
que c'était impossible
ils expliquaient, c'était des ingés avec
super chou en physique etc
qui expliquaient que globalement c'est comme essayer
de faire atterrir un stylo et qui tombe pile poil
et qui reste au droit
moi j'y connais rien
est-ce que vous pouvez nous faire un petit tableau
de pourquoi c'est très compliqué de faire ça
juste une petite parenthèse
un ingé qui vous dit que c'est impossible
un bon ingé
je trouve qu'il m'est dit pas son titre
je vais lui dire c'est peut-être violent
mais c'est quelque chose
que tu en je discute avec mes équipes techniques
mais dites pas que c'est impossible, dites-moi
ce que je dois vous mettre, comme ressources
pour que ce soit possible mais ne me dites pas
que c'est impossible
si je peux rajouter, il faut aussi se méfier des grands experts
qui sont dans l'industrie
quelques-uns d'industries qui sont n'être plus 40 ans
qui ont un avis très tranché
c'est pas forcément engage
de sûreté
d'écrédibilité de ce qui va arriver
si on prend le cas de l'atterrissage
en particulier
techniquement, pourquoi c'est dur ?
c'est vrai que c'est difficile
je sais pas si vous avez déjà joué avec un manche à balai
et à le maintenir
à la verticale en déplaçant votre main
il faut être agile
là on fait la même chose
mais avec un truc qui pèse plusieurs tonnes
et qui fait plusieurs dizaines de mètres d'eau
qui traverse l'atmosphère
à des vitesses supersoniques
et qui va falloir
arrêter et faire intérêt au sol
déjà
dans un mouchoir de poche
et surtout
faut comprendre que quand on allume le moteur
pour ralentir sur la phase terminale
au moment où on ralume le moteur
on a très peu
de contrôle
d'amplitude de contrôle
sur la puissance du moteur
pour faire en sorte que quand il arrive au sol
il ait une vitesse nulle
il faut qu'il repart vers le bas
et il ne faut pas qu'il repart vers le haut
et ça c'est vachement compliqué
parce que au moment où on ralume le moteur
on est encore à vitesse supersonique
donc il faut
mesurer précisément cette vitesse
on n'aurait pas pu faire ça
à une époque où finalement l'électronique
n'était pas aussi précise
je me souviens par exemple que
les Soyus qui quand ils se posaient
sur la surface de la Lune
l'intérêt ça était
c'était relativement
précis entre eux
on visait un point et on pouvait se retrouver
à D-Born
les modules Apollo
qui se sont posés sur la Lune
déjà ils étaient pilotés par un être humain
déjà un peu plus simple
en termes de contrôle
d'ailleurs l'électronique était dans le cerveau
même si effectivement il y a quand même d'électroniques
pour aider les astronautes
et sur la Lune
surtout il n'y a pas d'atmosphère
donc en fait
contrôler un système complexe
dans un environnement où il y a peu de perturbation
voire pas du tout
ça reste relativement simple
la seule perturbation que vous avez sur la Lune
c'était l'imprécision de l'arugosité du terrain
on pouvait vouloir s'approcher du terrain
et détecter qu'il y avait un caillou
qui fait 4 mètres de large
et sur lequel on ne peut pas se poser
problème qu'on n'a pas avec SpaceX
cela dit puisqu'il se pose sur une dalle de béton
mais par contre il traverse l'atmosphère
qui est hautement perturbé
à des vitesses supersoniques où finalement
les écoulements autour du lanceur sont pas modélisables
de manière parfaite
il y a toujours des incertitudes
l'allumage moteur aussi
peut y avoir des incertitudes
sur le délai de l'allumage
sur le fonctionnement propre du moteur
il y a toujours des dispersions
des variations
donc c'est finalement quelque chose de compliqué
après
l'image du silo qui se pose sur un tas
mais pas tout à fait vrai
parce qu'il y a quand même 4 pieds qui sont quand même très larges
j'ai vu une Falcon 9
posée au sol
l'en base des 4 pieds
ça doit bien faire 5-6 mètres de large
une toute petite marge d'heures
mais ça on le voit
sur les premiers tentatives
je crois qu'il y a une Falcon 9
qui se pose vraiment sur un seul pied
et le pied se casse en deux
et puis t'as le lanceur qui tombe et qui expose
donc
en plus de l'altitude
de la vitesse et de la précision
de positionnement
horizontal
il faut aussi l'inclinaison
si elle est pas bonne
pas parfaitement vertical
au sol ça va piller un pied
et il va s'éclater
donc il y a plein de paramètres
à contrôler finement
et effectivement
donc c'est pas impossible
la preuve en est
c'est difficile
mais le
moi en tant qu'ingénieur
résout des problèmes faciles ça m'intéresse pas
je veux dire 2 plus 2 ça m'intéresse plus
de faire l'addition
je suis là et mon métier c'est de résoudre
des challenges importants
et par exemple parfois
et c'est pour ça que ça m'a fait penser à ça quand t'as parlé du rêve de Mars etc
parfois ce qui compte c'est même pas forcément le rêve
entre les émulsions
exactement
et le fait que tu vas embarquer
les meilleurs esprits de la planète
sont parfois meilleures
à résoudre des gros problèmes très compliqués
qu'un truc un peu intermédiaire
dont on sait que c'est possible
il faut que ça soit extrêmement stimulant pour arriver à un moment
pour être tout le néergi possible
donc on sait
estimer un truc inutile
ce que ça a
nécessité de développer par exemple juste ce programme là
en termes de re-sources
de complexité etc c'est impossible
j'imagine
l'atterrissage des Falcon 9 de SpaceX
je sais pas du tout l'estimer
j'imagine plusieurs dizaines de millions de dollars
Falcon 9
pour arriver au premier vol
de mémoire c'était
130, 150 millions de dollars
alors effectivement ils ont pas fait à l'intérieur de la Falcon 9
sur les premiers vols
il a fallu attendre quand même quelques temps
quelques centaines de millions de dollars
je pense
avec une fusée qui vole de manière régulière
une fusée jetable à l'époque
donc
c'est pas évident
après la réutilisation
la navette spatiale était réutilisable
l'orbiteur était réutilisable
mais c'est un avion qui planait dans les couches
de l'espace
jusqu'au sol
piloté par les astronautes
encore une fois aidé par l'électronique
qui s'est amélioré pendant plusieurs décennies
donc ça c'est une autre méthode
pour faire atterrir quelque chose qui revient de l'espace
il y a la méthode très simple
vous le faites
survivre à la rentrée atmosphérique
vous ouvrez des parachutes, vous vous aurez c'est dans l'eau
ce qui est possible c'est que les moteurs
ont peu d'apétance
pour l'eau salée
c'est mieux de les faire atterrir sur une barge en mer
pour l'auté qui prenne un bain
mais
Rocket Lab a tenté
cette méthode
le lanceur descend sous parachute
il fait un splash d'hommes dans l'océan
et avec un bateau ils viennent le récupérer
à ma connaissance aujourd'hui
l'électron n'a pas réutilisé
il récupère mais il ne réutilise pas encore
ça viendra peut-être
nous chez Hyper Space
on envisage
cette technique pour réutiliser nos lanceurs
si un jour on devait le faire
c'est quand même ultra simple
c'est juste à déployer un parachute à la bonne altitude
et attendre qu'il touche l'eau
en termes de complexité
c'est plusieurs ordres de grandeur
et ne serait-ce qu'en termes de performance technique
donc performance économique
pour récupérer
donc si moi j'ai mon premier étage
dans l'espace je vais le faire redescendre
il faut qu'il retourne, qu'il fasse un boost
pour retomber dans l'atmosphère et ensuite pour le freiner
il faut refaire un boost
ça demande du carburant
qui n'a pas servi à pousser plus de masse de satellites
donc ça coûte
techniquement et ça coûte en rentabilité
de réutiliser
donc il faut s'assurer
qu'il y ait du volume suffisant
qui fait que ça devient
oui voilà c'est ça, il faut avoir du volume
mais en fait c'est une équation
technologique mais c'est aussi une équation
économique
qu'est-ce que ça me coûte pour que ça me coûte moins cher
parce que si je ne me retrouve pas
sur l'atterrissage on a vu passer
un papier qui parlait
d'avoir des modèles de deep learning
utilisé je ne sais pas si vous avez vu ça
de réinforcer le learning
théorique, ils ne sont jamais utilisé en pratique
évidemment
qui permettait de faire des simulations
d'atterrissage qui fonctionnent etc
avec ces simulations
je me suis posé la question de si vous avez déjà vu des trucs comme ça
qui ne sont pas bullshit
je pense que c'est au-delà de mes compétences techniques
on demanderait aux équipes
mais je pense que dans mes équipes techniques
il y en a certains qui ont dû voir ça et qui sont très
qui connaissent le papier par coeur
mais disons que
je pense que c'est pas mal pour faire plein de simulations
au sol
j'ai envie de dire sur un pc
donc très bien par contre
avoir ça en embarquée pour calculer
ça me paraît beaucoup plus compliqué puisqu'on ne peut pas faire décoller
des choses
en France je pense que c'est pareil
en Europe je pense que c'est pareil aux US
pour avoir le droit de décoller
il faut que les autorités aient validé le modèle de vol
le software et que tout se passe bien
parce que en France
par exemple le gouvernement se porte garant
si on fait décoller une fusée et qu'elle va s'écraser
sur un autre pays
c'est la France
qui va payer les dommages
donc avant d'autoriser le lancement
il vérifie qu'il n'y a pas n'importe quoi
et donc là du coup la spécifique est dix pleins
il n'y a pas une boîte noire
donc on ne sait pas ce qui peut se passer
si l'algorithme t'inquiète frère ça ça va pas fonctionner
en fait je l'en parlais
parce que vous voyez qui s'est soigné
de chez vous
je pense que lui a lu le papier
parce que c'est l'anecdote que même il m'a tué
il a tenté pendant quatre nuits pour l'émission
de coder une simulation d'atterrissage
from scratch pour rever que c'est possible
en piton et Kerbal Space
il est forcément en train de nous regarder actuellement
avec le module piton krpc je ne sais pas ce que c'est
apparemment il apparaît aussi mais c'était pas si le mot
en bref c'est pas son métier en plus
faire la simulation non ? pas du tout
mais si tu finis ta simulation n'hésite pas à nous l'envoyer
on la passerait en illustration
si on
donc on a parlé de la partie
d'atterrissage
sur les grosses différences
aussi en termes de design
de leur fusée est-ce qu'il y a des
changements ?
expliquement la propulsion
il y a un peu plusieurs écoles si j'ai compris
pour nous expliquer c'est quoi le...
les différentes technologies de propulsion
ce qui est différent
aujourd'hui il y en a deux qui sont exploités
dans le secteur spatial
la propulsion liquide, la propulsion solide
la propulsion liquide, les deux réactifs chimiques
que l'on met dans la chambre de combustion pour brûler
sont à l'étaliquine
dans la propulsion solide
les deux réactifs chimiques sont à l'étal solide
en fait sont jamais lancés au sein de la même patte
et mis dans une chambre de combustion
en fait sont stockés directement
dans la chambre de combustion
parce que injecter un solide dans un autre objet
c'est quand même compliqué
donc cette technologie de propulsion
vous les avez sur Ryan 5, Ryan 6
sur Ryan 5 et 6 les deux boosters
sur les côtés sont en propulsion solide
et les corps centraux sont en propulsion liquide
SpaceX n'utilise que la propulsion liquide
ça a des inconvénients et des avantages
qui sont diamétralement opposés
la propulsion solide globalement
enfin si je vulgarise à l'extrême
c'est de l'explosif dans un tube avec un trou au bout
donc c'est très simple à développer
à construire
c'est un feu d'artifice quoi on voit tout ce très bien ce que c'est
on a tout utilisé
sauf que comme tous les réactifs chimiques sont mélangés au sein de la même phase
et directement à la chambre de combustion
une fois qu'on allume le moteur
on ne peut plus l'éteindre
donc ça part et si ça part pas droit
il faut courir
donc ça c'est le principe la propulsion solide
donc pas cher
les performances
propulsives sont pas les meilleurs
comparé à la propulsion liquide
et en propulsion liquide du coup
on a des turbopompes qui viennent
pomper les réactifs chimiques
dans leurs réservoirs respectifs pour les injecter dans la chambre de combustion
qui a très haute pression
et donc faut comprendre que ces turbopompes
c'est des objets qui... bon ça a la taille varie
en fonction du moteur mais globalement c'est des objets qu'on peut poser
sur ce table qui font
la puissance d'un TGV
donc c'est vraiment un concentré
de technologie qui a la limite du génie humain
et c'est ça qui coûte
et que c'est... enfin en tout cas c'est une grosse partie
du coût du développement et de fabrication
d'un lanceur
j'ai lu à un papier l'autre jour qui disait
une turbopompe sur un lanceur classique telle que la Falcon 9 de SpaceX
c'est 40% du prix
alors que c'est contenu dans un...
alors que ça tient sur la table
sur un lanceur qui fait plusieurs dizaines de mètres d'eau
et ça quelle que soit taille de la fusée
finalement ce sera à peu près le même coût
parce que finalement c'est la même complexité
la taille change
finalement assez peu de choses à ce niveau-là
donc finalement quand on développe
un nouveau lanceur aujourd'hui
si on veut exploiter des technologies qui sont matures
dans le secteur aérospatial on a le choix entre le pest
et le colérant
voilà
je ne peux pas faire la pub de notre...
c'est ça qui va être intéressant
c'est d'avoir aussi votre prisme
donc vous pour expliquer aux gens qui n'étaient pas tout à l'heure
vous avez monté Hyper Space
c'est une entreprise qui crée des lanceurs
vous avez dit elle ne rétérise pas
mais
tu as encore un peu de tête
mais si on refait un peu l'historique
vous avez tous les deux un passif dans le spatial
donc vous avez tout le temps
comment on se lève
en se disant qu'on va mon créer une boîte
qui lance des fusées
et qu'est-ce qu'il en coûte
pour guillemets
moi personnellement je cherchais
un nouveau projet pour donner
une autre orientation
à ma carrière professionnelle
j'avais plus envie d'être salarié
j'avais une petite expérience dans une start-up
industrielle française
juste après ma thèse doctora
où j'ai participé au développement du siège d'avion
plus léger du marché
donc c'était une expérience fantastique
parce que j'étais vraiment l'un des premiers employés
j'étais au contact des fondateurs
et ça m'avait vraiment donné cette envie d'entreprendre
t'attends c'était sur quoi déjà ta vie ?
la propulsion hybride
donc tu viens de te parler
je le crée peut-être tout à l'heure du coup
mais c'est une hybridation entre les deux technologies de propulsion
que j'ai cité tout à l'heure
et donc on essaye de développer
cette technologie de propulsion pour en faire
un peu le meilleur des deux mondes
qui n'est plus le choix entre la peste et le coléra
mais plutôt que le choix entre une technologie
qui soit beaucoup plus idéale
pour le secteur spatial
et donc toi à ce moment-là tu te dis
après cette expertise-là
je vais faire une fusée
allons-y
d'autres clons faits
en France je voyais que
finalement on prenait du retard
notamment vis-à-vis des États-Unis
mais aussi même en Europe
puisque on a des concurrents
en Espagne
et en Allemagne et même en Angleterre
qui se sont créés avant nous
je me dis finalement en France ça va finir pas à arriver
et finalement on a créé la boîte
et
dans les mois qui ont suivi
d'autres l'ont fait aussi
alors on sait pas qu'ils nous ont suivi
je pense qu'on est tous arrivés au même moment
en fait le constat on était plusieurs
j'arrive à réfléchir sérieusement
c'est un coup à jouer
à l'époque on s'est pas dit
il y a un coup à jouer
il y a un coup à jouer
dans le sens bon
pas déconnant ça peut être faisable
après faut aussi la passion
se dire je vais faire une fusée
allez allons-y
et c'est ça aussi je pense
moi personnellement j'étais du monde plutôt aéronautique
j'ai eu les trucs qui volent j'aime bien
mais plus ça vole haut mieux c'est
maintenant je veux bosser dans les fusées
donc je t'échais à rien de groupe à l'époque
et on avait ce projet
un petit peu en mode soirée week end
on testait notre
architecture innovante de propulsion hybride
on pourra peut-être en parler un petit peu plus tout à l'heure
non je propose qu'on y aille parce que vous en parlez
moi ça m'intéresse
je continue sur talents
on testait ça en mode soirée week end
donc on faisait des essais de mise à feu dans le jardin de chez mon père
et bon avec nos mesures
on disait mais en fait
c'est pas déconnant ça fonctionne
donc on s'est dit bon bah tant qu'à faire
faut déposer un brevet pour ça il faut créer la boîte
quitte à créer une boîte et bah on quitte nos boulots
et c'est ça aussi je pense l'aspect
test and learn c'est pas avoir peur de
en fait c'est une histoire
d'aversion à l'échec
et c'est ça aussi se dire
bon bah au pire je quitte mon boulot je fends de ma boîte
au pire je me plante et je suis sûr j'aurais appris plein de choses
donc de toute façon c'est pas grave
donc c'est un petit peu dans cet esprit là qu'on a
vous aviez la chance peut-être d'avoir un peu
de saut de côté etc pour ça le permettre
j'imagine
ou la négociation
de rupture conventionnelle
mais c'est ça il faut un truc au début
qui permet et à un moment il faut y aller
et justement cette histoire
enfin ce truc breveté donc
de
de trucs hybrides
propulsion hybride
tu feras l'architecture
je sais que tu vas t'amuser sur l'architecture
donc Alex a parlé tout à l'heure
des deux technos qui sont utilisés la propulsion liquide
et la propulsion solide
nous quand on dit hybride
ça a rien à voir avec une Toyota Prius
c'est moitié solide moitié liquide
donc pour une combustion
il faut un combustion et un carburant qui vont réagir ensemble
et donc nous on en a un des deux
qui est solide et l'autre qui est liquide
donc en général c'est le combustion qui est à l'état liquide
stocké dans un réservoir qui ensuite est injecté
dans une chambre de combustion qui contient
le carburant qui lui est à l'état solide
et les deux à leur contact vont réagir ensemble
bon il faut une énergie d'activation puis une fois que la combustion est
commencé
ça continue comme ça
donc c'est une techno qui est connue quand même
depuis pas mal de temps, depuis plusieurs décennies
sur le papier elle est parfaite
elle est simple, elle est pas chère
on peut moduler la poussée, on peut éteindre le moteur
on peut le rallumer, tout est faisable
dans ce cas là
si je dis ça on a envie de dire
pourquoi il est pas utilisé partout en fait
parce qu'en fait dans la réalité
elle souffre d'un verrou technologique
qui fait que ça marche à petite échelle
mais dès qu'on refait un moteur un peu plus grand
et pour utiliser il faut faire un beaucoup plus grand
là ça fonctionne
plus trop, on se heurte
à des soucis techniques
que Alex fera une joie à d'expliquer
si on a le temps
effectivement je suis intéressable
sur le sujet donc on va se méfier un petit peu
mais
bon j'ai eu
d'utiliser pendant ma thèse d'octoras cette technologie
de propulsion un peu en large
et en travers
et globalement je me suis rendu compte
qu'il y a plein de chercheurs
autour de la planète qui ont essayé d'améliorer
cette technologie qu'on connaît depuis les années
pas d'ailleurs de bêtises mais 50 ou 60
et je me suis dit en fait
est-ce que c'est vraiment les chercheurs scientifiques
qui sont les meilleurs
enfin, qui sont les meilleurs
moi est ce question mais
qui sont les plus appropriés
plus pertinents
pour vraiment
pour vraiment améliorer une technologie
si t'y a pas
cette nécessité impérieuse
économique d'en faire une innovation
et de l'améliorer
et de t'en servir
je pense que t'y a pas la bonne approche
pour l'améliorer
bref maintenant que j'ai dit ça
on n'a pas dit grand chose
donc pour décrire un peu le
verrou technologique
globalement dans cette chambre de combustion
vous avez le carburant solide
comprenez que
la propulsion hybride c'est un peu
l'équivalent
d'un barbecue
c'est le même principe de combustion
vous avez un carburant solide
qui serait l'équivalent des bûches de bois
et vous avez l'oxydant qui est dans l'air
qui vient nourrir cette combustion
et donc vous créez une flamme
à l'endroit où
les gaz issus
du bois qui est réchauffé par la flamme
ambiante
rencontre l'oxydant
dans la chambre de combustion d'un propul cérimbrine
vous avez exactement ce même phénomène
on chauffe un carburant solide
nous en l'occurrence c'est du plastique
et il y a une flamme qui se crée
à l'endroit où il y a le bon rapport
de mélange entre le carburant qui s'est gaz-aifié
et l'oxydant qu'on injecte dans la chambre de combustion
sauf que dans un grand moteur
cette flamme là va se situer
relativement loin de la surface du bloc carburant
et quand on fait une fusée
on a envie de consommer
très rapidement notre carburant
et donc si la flamme est éloignée
finalement notre carburant est consommer moins vite
donc c'est le premier problème
c'est que sur un gros moteur hybride
la flamme est suffisamment éloignée de la surface du carburant
pour générer trop peu
d'espèces gazoses
qui vont nourrir la combustion
et donc finalement on pousse pas assez
première limitation
la deuxième limitation a le problème du fait
de la combustion qui va être éloignée
un peu de la même manière que pour la flamme
dans une grande chambre de combustion
finalement il faut arriver
à mélanger les réactifs chimiques
le carburant et l'oxydant
sauf que dans une grande chambre de combustion
ce qui va mélanger ces réactifs chimiques
c'est un peu les turbulences
qui est dans la phase gazose
et dans une grande chambre de combustion
en fait ces turbulences ont pas assez d'énergie
pour mélanger suffisamment rapidement
les réactifs chimiques
et si on n'a pas une grande poste
chambre de combustion
ce qui va lourré dire la fusée
on va éjecter au train de la tuyère
des ingroups brûlés
donc c'est des réactifs chimiques qui n'ont pas brûlé
donc c'est une perte d'énergie
et donc une perte d'efficacité du moteur
et donc il faut résoudre ces deux problèmes
donc ce qu'on a fait nous c'est au lieu d'avoir
une chambre de combustion qui est classiquement cylindrique
et donc plus on grossit la taille du moteur
plus le cylindrique grand
et plus la chambre de combustion est volumineuse
et donc plus on a ces problèmes là
on est passé sur une chambre de combustion qui est
toroidale
et donc finalement
toroidale
un anneau
mais toujours ça ressemble toujours à un cylindre
vu de l'extérieur mais dans cet anneau là
on a une chambre de combustion
quelle que soit sa taille
qui fait quelques centimètres d'épaisseur
donc globalement même à la taille
de notre moteur qu'on a testé cet été
qui fait 6 mètres de longs à 1 mètres de diamètre
on a une chambre de combustion qui fait 1 cm de large
et donc sur 1 cm
finalement
les quelques turbulences qui sont dans la chambre de combustion
mixent très très bien les réactifs chimiques
alors ça te c'est extrêmement complexe
mais est-ce que si tu regardes en dessous de la fusée
du coup tu vois juste un truc très fin
tout autour du truc comme une plaque de cuissance
si
exactement mais si on enlevait le fond du moteur
c'est exactement ce qu'on verrait
précisément ce qu'on verrait
alors sur le fond du moteur en fait on prend tous ces gaz
qui ont bouillé dans la chambre de combustion
on les ramène au centre et on les éjecte par la tuyère
c'est la tuyère en fait qui fait la
qui crée la poussée du moteur
et donc
finalement si tu regardes par en dessous tu vois pas ça
mais il suffit d'enlever la partie
fond arrière et tu verrais ça
et donc à l'aile à notre innovation technologique
c'est vraiment une histoire d'architecture
du moteur parce que personne n'avait fait
cette architecture avant
et ça du coup pourquoi ça permet quoi
en truie guillemets il y a le plaisir
d'avoir fait un truc qui n'était pas possible
pas mal
après en gros c'est qu'est-ce que ça débloque
alors
d'un point de vue marché
d'un point de vue business
d'un avantage en gros est-ce que tu peux envoyer
le même volume avec moins d'énergie
c'est quoi les...
globalement notre fusée elle va faire à peu près la même taille
qu'une autre fusée qui enverrait la même charge utile
avec une autre technologie de propulsion
il n'y a pas des différences vraiment fondamentale
à ce niveau-là
la différence fondamentale c'est sur le coup
on a fait
on a fait cet été un essai
je dis un essai moteur mais en fait c'est plus qu'un essai moteur
c'est vraiment un essai d'étages complets
parce qu'on avait
on avait tous les systèmes
que l'on va retrouver sur notre fusée
futur
quand on a fait nos essais cet été
et on a fait ça
avec moins de 50 personnes
puisqu'on embauche la 50e personne
là en ce moment
là où nos concurrents aujourd'hui
font la même chose
et encore je suis même pas sûr que ce soit à ce niveau-là
d'arrangements en termes de développement
avec plus d'une centaine de personnes
et comme je disais tout à l'heure
c'est les gens qui faut payer qui coûtent cher dans le spatial
j'ai plaisir à payer mes employés
pas même m'éprendre
mais n'empêche que...
Est-ce que tu sais faire la même chose
avec moins de gens?
et dans le spatial je pense que tout le monde considère
que les choses coûtent encore trop cher
c'est là que notre technologie
nous apporte
un gros intérêt
c'est qu'on va pouvoir mieux maîtriser nos coûts
aujourd'hui c'est...
faut comprendre qu'à part SpaceX
il y a vraiment un exemple très très à part
il n'y a aucun business de lanceur
qui soit rentable
si il y a des boîtes qui arrivent encore
à... ah, nos essais moteurs
si il y a des boîtes qui sont
encore là après plusieurs années
d'existence
c'est qu'ils ont d'autres activités
autour qui permettent de combler ce déficit
dû à la partie lanceur
alors nous on viendra probablement
sur un modèle un peu similaire
parce qu'on n'a pas que des applicatifs dans le civil
donc on aura probablement d'autres activités derrière
mais ce que l'on veut pouvoir montrer
au monde c'est qu'avec la propulsion hybride
il est possible de faire
un business de lanceur qui soit rentable
et ça ça va être...
ce serait le premier
peut-être SpaceX avec sa réutilisation
mais je pense que nous on sera capable
d'atteindre la rentabilité sans même réutiliser
donc le jour où on les réutilise
encore plus grand
pourquoi on n'avait pas entendu parler de voix avant
parce qu'il fallait la technologie de propulsion
c'est ouf
j'imagine
le gros de votre travail c'était de développer
cette technologie de la TEC parce que vous êtes les tout premiers
pour développer la reste
de la phase d'une fusée aujourd'hui
c'est aussi complexe qu'avant
ou justement du fait qu'il y a une multiplicité d'acteurs
ça aide aussi quand même
de bosser sur les étages
en complexité technique
bon c'est toujours pareil
la physique n'a pas changé donc on se retrouve toujours
avec les mêmes problèmes techniques
que depuis qu'on soit diffusés
après
il y a
quand même une démocratisation du spatial
enfin le spatial redevient cool
ça l'était
pendant de la lune jusqu'à un petit peu après
après c'est tombé un petit peu en désuétude
et là depuis qu'il y a SpaceX
tout le monde est reparti dans une course à l'espace
et donc ça ça permet d'avoir
plein de gens, plein d'entreprises
motivés, plein de soutiens
institutionnels et donc c'est là que c'est plus facile
la technique va toujours être aussi difficile
mais on a plein de gens motivés
en interne et en externe
qui nous suivent
et nous et puis enfin le spatial en général
et donc ça c'est
ça c'est bien, ça nous permet de bien avancer
tu nous disais tout à l'heure que t'étais
à l'école de guerre
tout à fait
dans ton emploi du temps chargé
justement je trouve ça intéressant que
en gros tu disais que l'industrie du spatial
c'est pas une industrie comme les autres
puisque par définition
t'es assez proche
enfin t'es proche de la défense
par nécessairement vous le disiez
quand vous le lancez une fusée
en fait la France est responsable
si vous vous crachez sur un voisin
justement
c'est quand on est
une boîte privée
ça doit être
particulier enfin nouveau entre guillemets
parce que quand c'était une agence gouvernementale qui faisait les programmes spatiales
bon évidemment c'est la porte d'un côté entre guillemets
d'aller voir la défense
ça se passe comment de votre pondu est-ce que
vous êtes surveillé de près entre guillemets
est-ce que vous en fait
vous avez des certifications
à passer
est-ce qu'il y a des enjeux
d'intelligence économique aussi ou en fait
on vérifie que vous êtes pas trop espionné
par les chinois ou les trucs comme ça
il y a plein plein de
plein plein de choses
donc en effet cette industrie là
l'industrie spatiale en fait entre une fusée
et un missile c'est la charge utile qui change
d'un côté c'est un truc qui explose
de l'autre c'est un satellite mais vraiment enfin c'est le même principe de véhicule
donc c'est pour ça que
techniquement c'est les mêmes personnes
c'est les mêmes formations c'est les mêmes expertises
donc c'est regarder un petit peu de près
par la défense, regard de près
tout ce qui se passe
tout ce qui se passe à ce niveau-là
on est
en effet tout l'industrie spatiale
est quand même pas mal suivi par la défense
mais
ce qui est intéressant
c'est qu'on se retrouve à parler à des gens
qui n'ont absolument pas l'habitude de parler à des startups
en fait on est très proches des équipes de la DGA
la direction générale de l'armement
surtout la partie SM missile
donc là les essais qu'on a vu on les a fait chez eux
sur les infrastructures d'essais
je crois que c'était la première fois qu'il y avait des privés
qui venaient essayer des choses
et encore plus une startup
et en fait on parle pas le même langage
c'est vraiment étrange ils ont pas l'habitude
de voir cette façon de faire
et choc culturel
et aussi cette vitesse de développement
eux ils essayent
déjà SM missile à côté de Bordeaux
ils essayent surtout des propulseurs solides
donc ils essayent un truc super
prochain essais dans 6 mois
nous on arrivait faire l'essai on a fait un premier essai le jeudi
deuxième essai le jeudi suivant
troisième essai le jeudi d'après
donc là ils se sont dit ok c'est une façon de faire
différente ça va vite
mais ils sont vraiment extrêmement
bienveillants et on travaille vraiment
main dans la main et en fait ça fait plaisir
et c'est presque inattendu
de travailler aussi bien avec des gens
qui sont à l'opposé du spectre dans les habitudes
de travailler les façons de penser
mais tout se passe bien
et j'imagine après vous
en termes de
de criticité c'est comme tu parles du nucléaire
c'est le même genre de truc
j'imagine qu'il y a
que
il y a un standard
en termes de
de qualité etc que vous devez attendre
je pourrais la question de certification
de trucs comme ça si ça doit être un bordel
de faire des marines fusées
mais on n'a pas de certificats
il n'y a pas d'enjeu
de certification comme on a dans la aeronautique
aujourd'hui on ne
met pas d'être humain dans notre lanceur
le gros enjeu
c'est vraiment de montrer
que si on nous autorise à voler
on ne va tuer personne
et en tout ça
on ne va pas détruire des maisons
ou des infrastructures publics
après
les ennuis arrivent vraiment avec les humains
Si on arrive à faire ça, finalement, on nous autorise à voler.
Après, il y a des enjeux de contrôle export.
Il y a des enjeux d'espionnage, d'intelligence économique,
de stratégie industrielle.
Est-ce que vous êtes...
Parce que typiquement, les gens qui bossent sur vous, c'est ça,
ils vont être sensibilisés à ça, l'idée qu'en fait,
vous bossez avec des trucs sensibles, quoi ?
Oui, tout à fait.
Ils le sont.
Ils le sont.
On répète plus, peut-être.
Autant qu'on peut, aussi bien qu'on peut.
Mais clairement,
avec les tensions géopolitiques,
il ne faut surtout pas ignorer des approches en direct
ou des approches par des moyens indirects ou numériques,
beaucoup plus subtiles ou cachés vis-à-vis d'ingénieurs
qui n'ont pas forcément l'habitude de ce genre d'activité.
Donc oui, on est très sensibles à ça.
Tout à fait.
Et même, on est accompagnés par les agences gouvernementales
pour nous préparer et pour faire en sorte que les technologies
qu'on développe chez HIPPR Space ne soient pas réutilisées
par des pays inamico dans le but de nuire à nos propres intérêts.
Ce serait quand même la pierre des choses.
Oui, et c'est assez de la France aussi, parce que du coup,
ce que vous devez dire, c'est la charge d'utile qui change,
entre guillemets, pour envoyer des missiles de fois en moins cher.
J'imagine que ça peut t'assayer.
De trois personnes.
Pour se faire un peu une idée de votre roadmap entre guillemets.
Là, en gros, vous en êtes où par rapport à ce que vous voulez faire?
Et c'est quoi un peu les prochaines étapes?
Alors, on n'a pas encore fait vous les tuer, mais ça va venir.
Promis, ça va venir.
Là, en gros, ça, quand tout m'attend, j'imagine, on est allé dans le chez HIPPR Space.
Vous n'avez pas une deadline ou vous n'avez pas fixé encore?
Si, si.
Alors, en gros, on a commencé par faire des essais de petits moteurs,
donc petits moteurs qui tiennent sur la table, 50 cm de long.
Voilà, on en a fait trois versions différentes.
En parallèle, on a conçu le gros moteur.
Donc là, il sera, enfin, il est à l'échelle 1 par rapport à ce qui nous faut sur la fusée.
Donc c'est plein échelle.
Donc c'est 5 mètres de long, 5 mètres de long si on compte la tuaire, 1 m de diamètre.
C'est la vidéo qu'on a vu.
Donc lui, ce moteur là, qui est en configuration étage du point du fonctionnel, c'est un étage.
On l'a testé cet été sur les infrastructures de la DGA.
Donc dans les mois qui viennent, il y aura une autre campagne de test qui va être fait.
Ensuite, pour 2025, on prend le même moteur,
mais on lui fait faire un bon gros régime à main 600,
parce que là, on l'a fait en très, très lourd, en acier inox,
pour être sûr que même en cas de problème, on vient pas tout exploser.
Donc c'est infiniment lourd.
Ça s'appelle une bombe durci.
Je trouve ça...
Comment un petit type bombe durci ?
Ouais, dans le jargon des GA, c'est ça.
Mais c'est vraiment ça.
Il ne faut pas qu'il expose.
La bombe n'a pas explosé.
Et donc ensuite, pour 2025, on va faire le même moteur, cette fois-ci, en version beaucoup plus légère.
Donc on va avoir des composites avec une épaisseur optimisée.
Là, c'est le moteur de vol qu'on va d'abord essayer au sol en 2025,
pour ensuite faire un premier vol suborbital en 2026,
avec donc notre premier véhicule qui s'appellera Baguette One.
Baguette One.
C'est génial, j'adore.
Proposé par Hugo.
C'est l'idée de Hugo Lisoire.
Je tiens à la crédité.
C'est un... Il va voir une...
une légatie, un héritage...
Donc ça, c'est la première suborbital.
Le jour où vous êtes une multinationale, il y aura Baguette 12.
Ce serait quand même une fierté.
Parce que le suborbital, c'est Baguette One, mais l'année suivante, c'est le vol orbital.
Donc cette fois-ci, on met quelque chose en orbite.
Donc là, c'est orbital Baguette One, ce compriment Obi-Wan.
Obi-Wan.
Voilà, c'est aussi l'idée de Hugo.
Très bon.
Donc ça, tu lisais pour...
2027.
2027, exactement.
Non.
Pour nous, ça nous paraît loin,
mais j'ai mis qui dans le spatial.
C'est vraiment agressif.
C'est très vite.
C'est très très proche.
Incroyable.
Et bien, on a vraiment traité de vous recevoir en 2027.
Mais on viendra avec plaisir.
Baguette.
Je fais finir avec une petite anecdote dont j'avais pas eu le temps de parler.
Mais sur une vidéo de SpaceX, on a pu voir une webcam de l'intérieur de la cabine.
Et on voyait qu'ils n'utilisaient pas des interfaces de contrôle avec des classiques,
mais des écrans tactile géants, un peu comme dans les Tesla.
Et je trouvais ça mourir derrière de voir ces astronautes en train de...
avec leur petit doigt, en train de piloter une fusée littéralement.
Ce qui est marrant, c'est qu'il y a un développeur de SpaceX qui s'est rendu sur Reddit
et qui répondait aux questions de ceux qui voulaient.
On lui expliquait qu'en fait, c'était des chromium à l'intérieur des écrans.
Toutes les interfaces, en fait, c'était des chromes avec des infrémoires que j'y ai.
Maison, fait par SpaceX.
Je me suis dit ça...
Si le gars qui a fait Javascript, je ne sais plus comment s'appelle là,
il s'imaginaient que ça allait servir à piloter des fusées.
Je pense qu'il n'y aurait pas cru.
Pour l'index doigt, en fait, la capsule Dragon 2 a volé en 2020
pendant le Covid avec les deux premiers astronautes.
Et pour l'occasion, SpaceX avait mis à disposition des internautes.
Alors c'était un soft qu'il fallait installer sur le PC
où on pouvait avoir directement accès par le navigateur.
Je ne me rappelle plus très bien.
Mais on avait accès à l'interface, la même interface que les astronautes avaient.
Et on pouvait se docker à la Station spatiale internationale.
C'est génial.
Et j'ai joué...
C'est un peu pour longtemps.
C'était vrai, c'était vraiment fun.
Mais il y avait un modèle de vol derrière qui était très realiste.
Donc c'était...
Bah, si ils l'ont développé à un maison pour des simulations, on imagine.
Exactement.
C'est comme si Flies Simulator était vraiment le truc utilisé par les pilotes.
Et le fait que ça tourne sur Chromium, je pense que c'était...
Que c'était relativement, entre guillemets, simple à transférer pour du grand public.
C'est quand même fascinant.
Mais surtout quand on pense...
J'ai envie de faire des mêmes.
Mais quand on voit la quantité de rames disponibles sur les fusées qui ont fait décoller les produits...
Sur Apollo, par exemple, c'est résiduliant.
Après, on met Chromium à côté.
J'ai plus de puissance de calcul dans ma montre connectée.
Je pense que ce qu'il y avait à bord des...
Des missions à peurre.
Oui, ils avaient pas peur.
Oui.
Non, on a fait...
Enfin, on vit une époque de dingue.
C'est pour le spatial, c'est incroyable.
Ouais, tous les jours, on vit des trucs fous.
C'est fatigant, mais c'est tellement stimulant, c'est grisant ce qu'on vit.
En tout cas, c'est...
Je pense que ça va donner...
Vous allez peut-être recevoir des petits postulages.
Oui, oui.
Avec grand plaisir, on recrute en ce moment.
Et quoi ?
Comme le profil.
Des ingénieurs.
Ingénie.
Un peu toujours.
Bah...
Des techniciens aussi.
Des fonctions de support.
OK.
Pour une fusée, il faut un peu de tout.
Principalement des ingénieurs.
Ouais.
Ce n'est pas tombé dans l'oreille de sourd qui nous écoute.
Merci encore d'être venu.
C'était une longue, mais intéressante émission.
Merci pour nous avoir invité.
C'était vraiment très très cool.
Et puis vraiment hâte de vous recevoir la prochaine étape potentiellement.
Avec plaisir.
Super.
Et moi, je vous dis une très, très bonne soirée.
Des bisous et on se retrouve dans deux semaines.
Mercredi à 19h.
Des bisous.
...