Le robot sauvage de Peter Brown
Episode 3 Quand Jolie Beck prend son envol
Dans ce dernier épisode, on suit l'évolution de la relation entre Rose et Jolie Beck.
À mesure que l'oiseau grandit, il se pose de plus en plus de questions sur sa mère, sa nature de robot et la vie en général.
Après des moments de doute et de découverte, vient le jour de la migration où Jolie Beck quitte l'île pour rejoindre les autres oies.
La fin ouverte, marquée par les retrouvailles, invite les auditeurs à découvrir leurs aventures respectives en regardant le film et en lisant le livre.
Jolie Beck avait passé toute sa vie au bord de la marre et il était de plus en plus curieux de savoir ce qui se trouvait au-delà de son quartier.
Rose pose à l'oiseau sur son épaule plate et tout deux partir vers l'autre bout de l'île.
Il sortire de la forêt, traverser la grande clérière et gravir la colline puis arriver au sommet d'une crête.
Devant eux, une pente herbeuse descendait jusqu'au vague sombre qui clapotait tout autour de l'île.
C'est un océan.
À mon avis, pas un seul oiseau au monde ne serait capable de traverser un océan à la nage.
Des rouleaux déferlés depuis l'horizon, des moettes volées en cercle au-dessus du rivage, un vent régulier soufflé dans la pente.
Jolie Beck déployait dans la brise ses ailes couvertes de plumes.
Pendant un bref instant, le vent souleva Jolie Beck du sol.
Mais l'oison ne tarda pas à basculer vers l'arrière et à retomber dans l'herbe moelleuse.
L'oison continua sans relâche.
À chaque tentative, il flottait un peu plus haut et un peu plus longtemps.
Enfin, Jolie Beck décolla pour debout.
Il monta dans les airs et il resta en suspension, comme s'il flottait.
Bientôt, l'oison vola à la perfection.
Le robot et l'oison aimaient passer leurs après-midi à travailler les finesses du vol.
Et c'est lors d'un de ces après-midi qu'il remarquait quelque chose de mystérieux au large de l'île.
Le cerveau électronique de Rose trouva le mot exact.
C'est un bateau.
C'était le premier bateau qu'il voyait l'un et l'autre.
À cette distance, il paraissait petit.
Mais c'était en réalité l'un des plus grands navires jamais construits.
Le robot et l'oison le regardèrent croiser lentement sur l'océan, puis disparaître au sud.
Les jours d'été, Rose et Jolie Beck aimaient jouer les explorateurs.
Ils inspectèrent la pointe sablonneuse du sud de l'île.
Ils admirèrent les arcs-en-ciel qui naissaient de la cascade.
Ils observèrent la forêt depuis les branches de grands arbres.
Les soirs d'été, ils s'asseyaient et regardaient les lussioles qui brillaient autour de la marre.
Puis, ils s'allongaient et contemplaient le ciel du crépuscule.
Ils menaient une vie paisible, mais l'oison ne pouvait pas s'empêcher de se poser des questions.
C'était un après-midi caniculaire et la chaleur avait mis tout le monde de mauvaises humeurs.
Jolie Beck s'est batté sur l'eau.
Les autres oisons le taquinaient à propos de quelque chose, quand soudain, ils éclatèrent de rire.
Jolie Beck leur tournait le dos et rentra précipitamment à la maison avec une expression rageuse.
Il traversa le jardin à grandes engembées furieuses et passa devant sa mère sans un mot.
Qu'est-ce qu'il y a, Jolie Beck ?
Demanda Rose en suivant son fils dans le nid.
Maman, les autres oisons se moquaient de moi. Ils t'ont traité de monstres et après ils ont rigolé en répétant que ma maman est un monstre.
Depuis le temps, ils doivent savoir que ce n'est pas vrai. Tu veux que Jai leur parlez ?
Non, surtout pas. Ça ne ferait qu'aggraver les choses.
Le robot s'assit à côté de son fils.
Je sais que tu es un robot, maman, reprit Jolie Beck, mais je ne comprends pas ce que c'est.
Un robot, c'est une machine. Je ne suis pas née. J'ai été fabriqué.
Par qui ? Je ne sais pas.
Le robot aurait aimé tout expliquer à son fils, mais en réalité, il ne comprenait pas grand chose à son cas.
Comment s'était-il retrouvé sur cette rive rocailleuse ?
Mystère.
Pourquoi son cerveau électronique savait-il certaines choses et pas d'autres ?
Mystère.
Il essaya de répondre aux questions de Jolie Beck, mais ses réponses ne furent que l'embrouiller davantage.
Tu n'es pas ma vraie mère, n'est-ce pas ? demande l'oison.
Il y a toutes sortes de mères, répondit le robot.
Des mères qui s'occupent de leur petit, leur vie durant.
D'autres qui pondent des oeufs et les abandonnent aussitôt.
Et certaines prennent soin des rejetons d'une autre.
Je m'efforce de jouer le rôle de mère pour toi.
Mais non, je ne suis pas ta mère biologique.
Rose parlera à Jolie Beck de cette terrible journée de printemps.
On forme une famille bizarre, déclare à Jolie Beck avec un petit sourire.
Mais ça me plaît bien.
Moi aussi, dit Rose.
Ce que j'entends souvent de la part des recruteurs, c'est...
Oh là là Pierre, les petits nouveaux dans l'entreprise, il reste rarement plus d'un an.
Et moi dans ces cas là, je leur réponds, avec LinkedIn, on a les outils pour éviter de se tromper au moment du recrutement.
Grâce à nos données, vous pouvez enfin savoir si les candidats s'intéressent vraiment à votre entreprise, mais pas que.
S'ils ont les bonnes compétences ou s'ils sont à l'écoute de nouvelles opportunités.
En recrutant avec LinkedIn, il y a 42% de départ en moins la première année.
Vous aussi, ça vous intéresse ? Alors rendez-vous sur LinkedIn.com.slash Recrutez mieux.
Tourmenté par des questions, l'Oison est prouvé pour sa mère des sentiments qui alternaient entre l'amour et la confusion en passant par la colère.
Il y a d'autres robots sur l'île.
Demanda l'Oison lors d'une de leurs conversations.
Oui, il y en a d'autres, dit Rose.
Mais ils sont hors-service.
Je veux les voir.
Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
Pourquoi pas ?
Tu es encore un oison.
Tu es trop jeune pour voir des robots morts.
Je t'emmènerai les voir quand tu seras plus grand.
Joli bec, bomba le torse.
Je ne suis plus un oison, maman.
J'ai déjà quatre mois.
Sur ces mots, ils s'envolent.
Joli bec, tu es un oison, maman.
Rose se fit du souci.
Elle s'en fit autant qu'un robot est capable de s'en faire.
Joli bec n'avait jamais fugue, et voilà que tout d'un coup, Rose était forcée d'envisager la longue liste de problèmes qu'il pouvait rencontrer.
Une violente tempête, une aile cassée, un prédateur.
Il fallait qu'elle retrouve son fils avant qu'il ne lui arrive quelque chose.
Il n'y avait qu'un seul endroit où Joli bec est pu aller.
Le cimetière de robots.
Rose galopa vers le nord.
Elle sauta par-dessus les rochers, se baissa pour passer sous des branches,
et fonça à travers les clairières sans ralentir le pas un seul instant.
Elle courut jusqu'à l'autre bout de l'île et arriva enfin sur les falaises qui dominait le cimetière.
Joli bec était là.
Perché au bord du précipice, à regarder les fragments des robots éparpillés sur le rivage, on contrebat.
Il avait les yeux mouillés.
Le cimetière avait changé.
La caisse de Rose avait disparu, détruite par les intempéries ou les vagues.
Certains fragments de robots avaient disparu aussi.
D'autres étaient couverts de sable, enchevétrés dans les algues,
ou habitées par de petites bêtes qui se déplacaient à toute vitesse.
Un torse brisée avait encore une tête et des jambes accrochées dessus.
Cette chose te ressemblait avant ?
C'est au nage Joli bec.
Oui, nous sommes le même modèle de robot, dit Rose.
Tu vas mourir un jour toi aussi maman ?
Je pense.
Et moi je vais mourir ?
Toutes les choses vivantes finissent par mourir.
Les yeux de Joli bec s'amplirent de l'arme.
Sa mère le prit dans ses bras.
Elle se détourna et quitta le cimetière en marchant d'un bon pas sur ses longues jambes,
en portant son fils vers le pied des falaises.
Joli bec pensait au petit bouton qui se trouvait à l'arrière du crâne de sa mère.
Il ne pouvait pas s'empêcher de se demander,
ce qui se passerait si on appuyait dessus.
Un jour, il décidère qu'il était temps de le découvrir.
Clique.
Le corps de Rose s'avachit.
Son léger vrombissement s'arrêta progressivement.
Ses yeux s'assombrirent.
Maman, tu m'entends ?
Pas de réponse.
Joli bec contourna sa mère de sa démarche d'andinante et étudia son visage.
L'étrange est un sel de vie qui y brillait, c'était éteinte.
L'oison ne s'était jamais senti aussi seul.
Il était prêt à la rallumer.
Mais, et si elle ne se réveillait pas ?
Et si elle était différente à son réveil ?
L'oison avait peur d'appuyer sur le bouton.
Et il avait peur de ne pas appuyer sur le bouton.
Il inspira à fond.
Clique.
Le corps de Rose se redrait ça.
Son léger vrombissement reprit doucement.
Ses yeux si luminaires.
Bonjour, je suis Rosum numéro 71 34.
Mais vous pouvez m'appeler Rose.
Le robot avait prononcé ses mots automatiquement
dans une langue que Joli Bec ne comprenait pas.
Finalement, l'oison entendit de nouveau la voix familière du robot
qui dit dans la langue des animaux,
Bonjour mon fils.
Les jours passèrent.
L'automne était arrivée sur l'île.
Les feuilles des arbres qui avaient été vertes toute la vie du robot
devinrent jaunes, oranges et rouges.
Puis elles se détachèrent de leur branche et flotèrent jusqu'au sol.
Et la forêt s'amplit bientôt de bruit de petites bêtes
qui trottinent dans les feuilles mortes.
Les noix et les noisettes se mirent à tomber aussi.
L'île était en train de perdre son luxe d'odeur et de couleur.
Les oiseaux migrateurs se préparaient pour leur long voyage vers le sud,
au chaud, où ils rejoindraient leur lieu d'hivernage.
Et parmi les oiseaux sur le départ, il y avait les oies.
Le jour de la migration, Joli Bec inspira à fond.
Puis, il secoua les plumes de sa queue et bâtit des ailes pour rejoindre le troupeau.
Rose grimpe pas dans un arbre et regarde à son fils disparaître lentement à l'horizon.
Elle attendra le temps qu'il faudra.
Vous avez aimé cet épisode du robot sauvage ?
Alors allez vite découvrir la suite des aventures de Rose et Joli Bec, actuellement au cinéma.
Le robot sauvage, un film adapté et réalisé par Chris Sanders,
tiré du bestseller de Peter Brown.
Les épisodes sont interprétés par Sonia Imbert et sont produits par Studio Minuit.
Bonjour mesdames !