Nouvelles héroïnes !
Salut toi ! Je suis Céline Steyer, celle qui murmure à tes oreilles
des récits d'aventures insolites, des stimes de soi et de dépassements de soi
à travers des histoires vraies, de femmes qui ont osé faire de leur rêve une réalité.
Des histoires pour t'aider à grandir en confiance et trouver ton propre chemin.
Bienvenue dans le monde surprenant des nouvelles héroïnes.
Nouvelles héroïnes !
Un pays à l'ouest du continent africain entre l'Algérie au nord,
la Mauritanie à l'ouest et le Niger à l'est.
L'histoire que je vais te compter commence le 10 mai 1995,
quelques jours après l'élection à la présidence de la République française de Jacques Chirac
et quelques semaines avant l'apparition d'une épidémie de choléra au pays d'Aya.
La maman d'Aya est griotte.
Non, rien à voir avec la cerise sur le gâteau.
Au Mali, un ou une griotte est une compteuse magique,
une gardienne des histoires anciennes et des chansons de son père.
Cette personne est très respectée et aimée car elle aide à transmettre la culture et l'histoire de son peuple au futur génération.
La légende raconte que les griottes auraient des pouvoirs magiques.
Alors, à Braqadabra, à la maison encore plus petite que Patrogrande,
hors de son matelas, Aya passait journée, bercée par la douce mélodie de la voix de sa maman.
Quand la famille ne parle pas le bambara, la langue du pays,
et que les chansons africaines de sa maman ne résonnent pas dans toute la maisonée,
c'est le son de son papa, égrenant les cordes de la Korah.
Pour imaginer une Korah, tu prends une grande arpe avec une longue tige verticale et une grosse calbasse en bas.
Cette calbasse sert de caisse de résonance et est souvent recouverte de peaux d'animales,
comme une peau de chèvre, pour amplifier le son des cordes.
Aya est née d'une fratrie de 5 enfants, avec 3 petites soeurs et un petit frère.
Et très vite, la famille Danyoko quitte Bamako pour s'installer à Olnés sous bois dans la cité des Trois-Nuets.
Là-bas, une autre femme que tu dois connaître a grandi, elle s'appelle Alice Diop.
Elle est réalisatrice de film et a justement obtenu un César pour son premier film Saint-Omer.
Non, rien à voir avec les Simpsons.
Le soleil chaud et les chanses africains ont donc été remplacés par le ciel gris et le froid parisien.
Dans sa chambre, Aya freudonne les paroles de ses idoles dont les postères tapissent les murs, comme Amel Bent et Loris.
Comme je suis, malgré tout ce qu'on me dit, je reste le point levé pour le meilleur comme le pire.
Je suis métisse mais pas martyre, j'avance le cœur léger, mais toujours le point levé, ve la terre, bombe et le torse, sans cesse redoubable.
Un jour, encore à l'école primaire, l'institutrice d'Aya convoque ses parents.
Est-ce parce qu'elle a de mauvaises notes ? Non.
Est-ce parce qu'elle est insolente ? Non plus.
Est-ce qu'elle est méchante ? Mais non.
Madame, monsieur, ce n'est plus possible.
Aya ne fait que chanter toute la journée et écouter de la musique sur son baladeur fait quelque chose.
Prévient une institutrice, Patrème et Lomane.
Les parents sont abbas sourds, mais ne sont pas si surpris que ça par son comportement.
Allez, à la bonne heure, Madame l'institutrice.
Comportement bas ouais, je dis comportement bas ouais, je suis dans mon comportement bas ouais, je dis comportement bas ouais.
Le soir redigné, il demande à leur fille Aya.
Mais Aya, pourquoi chante-tu au lieu de faire la dictée ?
Mais je veux être chanteuse.
Ses parents tentent de la raisonner, en lui affirmant que chanter n'est pas un métier.
Aya sort de table fâchée, retourne dans sa chambre et continue de chanter.
Parce que si Aya chante, c'est qu'elle se sent incomprise.
Alors, elle invente sa propre langue pour se faire comprendre.
À côté, dans leur chambre commune, ses soeurs commencent à craquer.
Aya, elle, est dans sa bulle.
Aya n'a pas l'intention de ranger ses rêves solauréées.
Encore plus déterminés, après chaque nouveau reproche,
notre nouvelle héroïne se réfugie dans sa chambre pour y remplir les pages vierges de son journal intime.
Il déversant, le flot incessant est toujours plus créatif de ses pensées.
Pour qu'on la laisse tranquille, elle commence des études de mode dans une école à la Courneuve,
mais, à 19 ans, alors qu'elle est sur son compte du réseau social Facebook,
elle décide de publier une vidéo d'elle en train de chanter un texte intitulé « Karma ».
Le clip a été tourné avec sa bande de copains de la cité des Trois-Nis.
Le bouton publier « À peine relâchée »,
les coeurs partagent et autres commentaires ditirambiques affolent le compteur.
Aya choisit un nom de scène, en printemps celui d'un de ses héros,
ou plutôt Hiro's préféré, Hiro Nakamura.
Ce personnage provient de la série Hiro's,
qui a le pouvoir de se déplacer dans l'espace et le temps jusqu'à le figer ou l'accélérer.
Il espira accomplir de grandes œuvres, refusant de se laisser enfermés dans l'ombre.
Et c'est bien la lumière qui vient à Aya.
Aya Nakamura est née.
Après une première diffusion sur Internet, elle décide de continuer à publier ses productions
sur un autre réseau social YouTube.
Son clip « J'ai mal » dépasse le million de vues en un temps record.
Ton amour, je le ressemble.
Je pensais que toi t'étais loyal.
Ça l'habite, je finis déçu.
Pourtant, pour l'entourage d'Aya, le succès de ses chansons n'est qu'effet mère.
Mais ça ne marchera jamais !
On ne comprend rien avec des expressions qui veulent rien dire.
Ce sont des reproches qui se bousculent autour d'Aya,
et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça glit sur elle comme le micro sur la scène de l'Olympia.
À 20 ans, elle met à la poubelle les patrons de tissu de son école de mode et publie un nouveau succès, brisé.
Ces chansons, diffusées en radio, arrivent jusqu'aux oreilles d'une célèbre maison de disque qui décide de produire un album.
Waaah !
Lors de la signature du contrat, Aya n'arrive pas celle.
Et oui, elle porte en elle une nouvelle vie, depuis quelques mois.
Mais elle choisit de garder cette nouvelle pour elle, estimant que cela relève de sa sphère privée et faisant fin ainsi des avertissements de ses proches.
Mais une chanceuse ne peut pas avoir un enfant, tu vas gâcher ta carrière !
En tant-elle à longueur de journée.
Pfff ! Fati.
Aya est décidée à signer.
Pour elle, elle va pouvoir travailler avec les meilleurs artistes, ce qu'on appelle les beat makers.
Ce sont ses compositeurs de morceaux instrumentaux, sur lesquels elle va pouvoir poser ses mots, ses paroles, ses expressions.
Bref, sa vie.
Aya aime chanter une musique qui se danse.
Un jour de l'année 2018, à peine âgée de 23 ans, un nouveau titre est diffusé sur toutes les ondes de la bande FM
et arrive aux oreilles de tout le monde, dans le monde entier.
Oh, Jajah, il va m'ailler un Jajah.
Elle a comme un rap, oh yeah.
Elle a pas pimenté qu'il n'y ait pas ça.
J'entends les paillettes en sont moins.
A ce qu'il n'y pas, je te cours après.
Mais ça va pas, mais t'es taré.
Mais comment ça ?
Le monde est petit peu.
Tu croyais quoi ?
Qu'on se lait plus jamais.
Je pourrais t'afficher, mais c'est pas mon délire.
T'as pas le room, tu vas y dans ton lit.
Avec Jajah, Aya, Dede, toute l'industrie musicale.
Le clip est visionné plus de 230 millions de fois en 7 mois.
Et surtout, c'est la première fois depuis 1961 qu'une artiste française est autant écoutée dans d'autres pays du monde.
La dernière artiste française détenant ce record était Edith Piaf.
Que tu connais peut-être par ses chansons « La vie en rose » ou « Je ne regrette rien ».
Stop, maître Mozart de la Philharmonie, qui est Edith Piaf ?
Alors, l'histoire d'Edith Piaf commence dans les rues de Paris 80 ans avant la naissance d'Aya.
Avec des origines italiennes et maghrébines, Edith grandit sans beaucoup d'argent ni de confort,
mais renferme un trésor, sa voix.
Elle chante dans les rues de Paris et sa voix est si puissante et émouvante
qu'elle ne tarde pas à attirer l'attention de gens travaillant dans le monde de la musique.
« Quand il me prend dans ses bras, il me parle tout bas, je vois la vie en rose. »
Tiens, un peu comme Aya, mais sans les réseaux sociaux.
Même la télévision n'existe pas à l'époque d'Edith.
Edith Piaf devient célèbre pour ses chansons qui parlent d'amour, de tristesse et d'espoir.
Le public l'appelle la môme Piaf, ce qui signifie le petit moineau du fait de sa puissante voix et de sa petite taille.
Bon, là, ce n'est plus vraiment comme Aya qui mesure un mai 75.
La vie d'Edith n'a pas toujours été facile, mais elle n'a jamais cessé de chanter
et sa musique l'a aidée à traverser les moments difficiles.
Comme Edith Piaf, les chansons d'Aya culminent au sommet des charts.
Sur les bancs de l'école, les jeunes filles collent des photos de leurs nouvelles idoles sur la couverture de leur cahier.
Quand la cloche sonne la fin des cours, ces mêmes filles murmurent Jajah, Pouki ou Copine devant les murs grilles du beille.
De l'autre côté de l'Atlantique, les stars Rihanna et Madonna donnent sur ses chansons
et clament leur admiration pour celle qui devient l'artiste française la plus écoutée au monde.
En novembre 2021, elle est la première femme noire française à faire la couverture du célèbre magazine de mode Vogue Paris.
Après la top modèle Naomi Campbell en 1986, plus puissante qu'elle même avançant dans les salles du château de Compiègne,
qui rappelle Marie-Antoinette au château de Versailles dans le clip Pouki,
et encore plus forte avec ses milliards de vues sur YouTube, Aya chante sur scène
et semble indétonnable, mais quelque chose qu'elle ne maîtrise pas se passe au-delà du top 50 et des salles de concert.
Quand elle est invitée sur les plateaux télé, les présentateurs écorchent son nom,
d'autres dénonces qu'on ne comprend pas les paroles de ses chansons,
qu'elle ne parle pas français ou la langue de Molière,
ou encore qu'elle devrait mettre un fond de tin plus clair pour dissimuler sa peau noire.
Aya veut juste chanter une musique qui se danse.
Aya le sait, depuis qu'elle est arrivée à la cité de 3000 à Honnais-Soubois,
une jeune femme noire doit se préparer à affronter les critiques, et une artiste ne peut pas plaire à tout le monde.
Ainsi, lorsque les critiques fousent, Aya préfère se réfugier chez elle, entourée de sa famille et de ses filles.
Là, elle continue de chanter perpétuant la culture de ses ancêtres maliens.
Parce qu'au fond, Aya se voit dans le miroir de celle qui a été toujours sa source d'inspiration.
Sa maman, comme elle, Aya, est une griotte.
Elle aime tisser les récits, raconter des histoires qui relient le passé au présent,
en chantant l'essence de son héritage et tout simplement la vie est belle en Aya Nakamura.
Une femme libre qui assume qui elle est avec son propre langage de Puki dans le sein.
Alors chers nouvelles héroïnes, l'histoire d'Aya doit te rappeler l'importance de rester fidèle à Terracine,
tout en étant ouvert aux nouvelles cultures, la valeur de la persévérance face aux défis et le pouvoir de suivre ta passion.
Aya enseigne aussi l'importance de la confiance en soi et de l'authenticité dans un monde
où il est facile de se conformer aux attentes des autres.
Alors reste toi-même, assume qui tu es et n'écoute que toi.
Nouvelles héroïnes.
Voilà, c'était l'histoire ou le début de la grande histoire d'Aya Nakamura.
Je tiens à dédicasser cette histoire à Lisa, Alex et Marie qui ont laissé un super message sur les plateformes d'écoute Spotify et Apple Podcast.
Merci les filles.
Si toi aussi tu veux que je te dédie une histoire, parles-en autour de toi à ton école et demandes à tes parents,
ou grands frères et grand-sœurs, de mettre 5 étoiles et un avis sur ta plateforme d'écoute préférée.
Je compte sur toi.
Si tu as aimé cette histoire d'Aya, tu aimeras les histoires de Wendy Renard,
Suba Brunel, Luan, Taylor Swift, Cynthia Brown, Angel ou encore Clarice, Abegleinou et Simone Biles.
Alors abonne-toi pour ne pas rater une nouvelle histoire chaque mercredi.
Nouvelles héroïnes.