Radio classique présente des histoires en musique avec Elodie Fondaci.
Des étoiles, des étoiles, des étoiles ! Est-ce que je peux avoir une histoire, s'il te plaît ?
Tu me racontes une histoire ?
Encore une histoire ? Vous avez été sages, vous êtes sûr ?
Bon, d'accord. Je vais vous raconter l'histoire de l'Hogre et de la bête inconnue.
Vous êtes prêts ? Vous êtes bien installés ?
Alors, chut ! Plus de bruit ? Parce que l'histoire va commencer ?
Il était une fois un brave paysan.
Il n'était pas bien riche, mais il avait des bras solides et du courage à revendre.
Et il cultivait vaillamment son petit lopin de terre sans rien demander d'autre ciel que la santé pour les siens.
Hélas, pour son malheur, il avait comme seigneur un Hogre,
qui exigeait chaque été une part de ses récoltes et qui, d'année en année, se montrait toujours plus gourmand.
Un jour, l'Hogre va trouver le paysan et lui dit...
Cette année, tu devras me donner la moitié de ce que tu as cultivé.
La moitié ? C'est anglais le paysan.
Mais, Seigneur, j'ai six enfants. Comment pourrais-je les nourrir ?
Bah ! répondit l'Hogre.
Ils sont petits. Ils ne mangent pas grand chose.
Les espérés, le paysan s'en alla voir sa femme et lui raconte à tout.
Heureusement, sa femme était fine-mouche.
Elle réfléchit rapidement et sourit à son mari.
« N'inquiète pas, lui, » dit-elle,
« propose à l'Hogre de prendre tout ce qui pousse au-dessus de la terre
et de nous le donner. »
Il ne voulait pas laisser ce qui est sous la terre.
Il suffira de bien choisir ce que nous allons cultiver.
Le paysan s'en retourna donc voir l'Hogre et lui proposa ce marché.
Puis, avec sa femme, il se mat des radis, des carottes, des navets,
des bétraves et des pommes de terre.
De sorte que, quand l'Hogre va chercher sa part, il nu qu'un tas de feuilles.
Le paysan, lui, garda ce qui poussait sous la terre,
c'est-à-dire la meilleure part.
Furieux d'avoir été du paix, l'Hogre greniait.
« Tu m'as joué un tour, tu ne me le joueras pas de foi.
Pour l'année qui vient, à toi le dessous.
Je prendrai ce qui est dessus. »
Cette fois, l'Hogre croyait bien ruiner son métier.
Mais celui-ci se mat du blé, de l'orge, de la voine et du maïs.
Et qu'en vers le temps de la récolte, l'Hogre nue que des racines.
Le paysan, lui, garda toutes les graines dont il remplit son grenier.
Et cet hiver-là, non plus, ni lui ni ses enfants,
on euret à souffrir de la fin.
Mais l'Hogre était furieux d'avoir été Berné de foi.
Si bien qu'il décida de se venger du paysan et de lui prendre toutes ses derbes.
« Un matin, il va le trouver. »
Et lui dit.
« Nous allons jouer aux devines bêtes.
Qu'en es-tu ce jeu ? Non ?
Hein, tu verras, c'est très amusant.
Chacun de nous va amener une bête inconnue,
et il faudra que l'autre devine son nom.
Je reviendrai dans une semaine.
Si je devine le nom de ta bête, j'aurai tout le produit de ta terre.
Deçus et de saufs.
Si tu devines la mienne, l'affaire met à toi.
Tu seras seul maître de ton bien, et je ne te réclamerai plus rien.
L'homme fut à cabler.
Il dis sombrement à sa femme.
Notre Seigneur est riche et puissant.
Il va trouver une bête venue de quelques pays lointains.
Mais moi, hélas, je n'ai que quelques poules, un cochon ou une vache.
L'Ogr les reconnaîtra au premier coup d'un.
« Ne t'inquiète pas, » répondit sa femme.
« J'ai une idée. »
Puis elle se tourna vers les enfants.
Les enfants.
Allez donc rodés autour du château sans vous faire voir,
et essayez d'en savoir plus sur la bête qu'a acheté l'Ogr.
À tour de rôle, les enfants alertaient espionné le château.
Et au bout de deux ou trois jours, l'un d'eux revint en courant.
Tout est soufflé, il dit à ses parents.
« J'ai vu arriver une charrette qui transportait une cage.
L'Ogr et ses domestiques en ont sorti une bête, et ils l'ont poussé dans les tables.
Et comme elle ne voulait pas avancer, l'Ogr a crié.
Allez, avance, me dit-t-il les cornes de pamplune.
Le paysan éclate à drier.
Bravo mon garçon, grâce à toi nous sommes tirés d'affaires.
Le matin du jour où l'Ogr devait venir,
la femme du paysan se mit toute nue.
Puis elle s'enduisit le corps de Mielle,
du sombre et de la tête, jusqu'à la pointe des pieds.
Et elle alla se rouler dans la plume des volailles qu'elle avait tué la veille.
Son mari la regardait faire, et berluet.
Elle lui demanda de lui attacher une queue d'âne sous le nez,
et se mit à quatre pattes dans les dames.
Ensemble, ils attendirent la venue de l'Ogr.
Ce l'ici ne tarda pas à arriver,
à cheval sur une étrange bête.
Le paysan s'approcha tranquillement,
les mains dans les poches,
jetant un coup d'œil à l'animal,
et dit d'une voix amusée.
Quoi mon seigneur ?
Vous n'aviez pas une plus rare monture
qu'une simple licorne de pamplune ?
Logue fut ébaillie.
Mais...
Il ne put rien dire.
Le paysan le conduisit dans les tables.
À mon tour, à présent.
Voyons si vous devinez le nom de mon animal.
Logue redescendit de sa bête,
et observa celle du paysan.
Il en fit le tour,
lui tata les chines.
Il m'armonnait.
Voyons, voyons, elle a des plumes,
mais pas d'elle,
elle a quatre pattes,
mais je ne lui vois ni tête ni derrière.
Mais qu'est-ce que c'est que cette bête ?
Qui a déjà vu une créature pareille ?
À ce moment-là,
la femme du paysan poussa un cri terrible,
et elle montre à les dents en roulant des yeux fous,
comme si elle voulait sauter à la gorge de l'Ogr.
Elle mordre.
Logue reprit peur.
Il sortit de l'étable en courant,
très bûchant et...
plouf.
Ton bat dans la marre.
Il était si gros et si lourd,
qu'il coula comme une pierre.
Et se noyât.
Enfin débarrassé de son méchant seigneur,
le paysan vécute heureux au côté de sa femme,
qu'il les avait tous sauvés.
C'était L'Ogr et la Bête Inconnue,
un conte d'Oxitani,
adapté et raconté par Elodie Fondaci,
sur la Tarantelle de Camille Sincens.
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