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Pour les passionnés d'aventure du monde entier.
Colombia est fière d'accompagner le podcast Les Balladeurs.
Les Balladeurs.
Récite aventure et de mes aventures en pleine nature.
Et tous nos autres formes.
C'est le jour d'un fiorre de majestueux, ce petit village isolé du nord-ouest de l'Islande à déserts de bout du monde.
Ici, elle se prépare à vivre un mois d'hivernage, un mois à la découverte de la vie à bord, de la capricieuse météo locale mais surtout de l'étrange élasticité du temps.
Un ingrédient essentiel pour s'immerger dans les paysages glacés des alentours et rencontrer les âmes qui peuplent ces territoires, tout comme l'imaginaire de leurs habitants.
Une aventure à mi-chemin entre la réalité et le pays des rêves.
Pour moi, la peinture, c'est un refuge.
C'est un refuge, c'est-à-dire que c'est un endroit, c'est un univers que je crée qui ressemble beaucoup à notre monde, qu'on connaît tous.
C'est un endroit dans lequel je vais pour me réfugier.
C'est un endroit dans lequel je le tend d'une peinture ou le temps d'une imagination, je vais vivre parce que c'est un monde qui m'arrange.
Il y a aussi un petit peu au monde dans lequel on vit mais je fais des arrangements.
C'est-à-dire qu'il y a beaucoup plus de sauvages, beaucoup plus d'animaux, beaucoup moins d'humains.
Après, j'essaye, je crois, de faire aussi beaucoup appel aux rêves.
J'essaye de faire des associations qui sont toujours liées à des émotions ressenties ou à des histoires vécues.
Il y a toujours un départ réel.
Mais j'essaye d'aller vers le rêve ou vers des choses un peu plus oniriques.
J'avais jamais mis les pieds en Islande avant ça.
Mais là, on m'a parlé d'Isa Fjordur, c'est qu'il y a une petite ville qui est située dans la région des Fjord de l'Ouest.
La région des Fjord de l'Ouest, comme son nom l'indique, c'est une région qui est située au nord-ouest de l'Islande.
C'est une région qui s'étale sur la mer vers le Groenland.
Et cette région, c'est la région de la moins peuplée de l'île.
Et c'est aussi la région la plus isolée de l'île.
En fait, en Islande, il y a aussi une route qui fait le tour de l'île.
Donc c'est la route touristique.
Et cette route ne dessert pas la région des Fjord de l'Ouest.
Donc cette région est encore davantage isolée.
Et elle est rattachée à l'Islande par un petit isme de 7 km.
Et ce qui la rend inaccessible, c'est une période de l'hiver.
Moi avant de partir sur le voilier, ce qui m'avait attiré, c'était l'idée de l'isolement.
De vivre cet isolement, qui est un isolement triple.
Si tu pars sur une île dans la région la plus isolée d'Islande sur un voilier, ça fait un triple isolement.
Donc je m'attends à vivre ça.
Et donc je pars pour un mois, ce qui est une période assez courte.
Et sur place, ce que j'entreprends de faire, c'est de peindre au maximum, d'aller marcher là où c'est possible.
Donc voilà, je pars juste avec des chaussures, de quoi peindre, de quoi dessiner.
Et sans projet vraiment défini.
J'avais juste envie de me laisser traverser par cette région et de prendre ce que ces montagnes proposaient.
Pour me rendre sur le voilier, je me rends d'abord à Reykjavik.
Et depuis Reykjavik, je suis censée prendre un petit bus qui passe pas tous les jours et qui doit m'emmener jusqu'à Isafiordur, jusqu'au port, au sauvage du voilier.
Alors la petite ville d'Isafiordur, c'est la plus grande ville de la région des fiordes de l'ouest.
Il y a 2700 habitants pour une région qui en compte 4000.
La ville en elle-même n'est pas très jolie, mais il y a quand même des anciennes maisons de pêcheurs, ces fameuses maisons très colorées.
Mais tu sens que ça tombe un petit peu en lambeau.
Ce n'est pas ce qui est le plus intéressant.
Ce qui est vraiment intéressant, c'est les reliefs à l'entour.
Donc là, on est au fond d'un fiord.
Il s'appelle le Fiord de glace.
C'est un fiord très profond.
Et surtout, c'est un fiord qui est entouré de montagnes et de murailles.
Vraiment de murailles.
Donc il y a un côté ville fortifiée à Isafiordur.
Et donc j'arrive sur le port.
Il n'y a aucun bateau.
Il y a une épave et le voilier Adka qui est là.
J'aperçois les deux gardiens du bateau qui sont Baptiste et Machu.
Et ça accroche tout de suite.
Entre nous, il y a l'est très, très vite.
Baptiste, c'est le capitaine du voilier.
Alors lui, c'est un trentenaire jurassien qui est marin, donc capitaine.
Et qui a parcouru la plupart des mers du globe
et qui a sillonné chaque centimètre carré des mers arctiques.
Et lui, il est là essentiellement pour prendre soin du voilier,
pour faire les réparations.
Tous les jours, il y a des petites choses à réparer.
Parfois, il y a des gros choses à réparer.
C'est très aléatoire.
Mais ça lui laisse quand même beaucoup de temps libre,
dont il profite pour lire essentiellement.
Il lit beaucoup.
Il passe d'un livre à l'autre.
Il lit beaucoup de choses sur l'aboriculture.
Ce sont son futur projet professionnel.
Et Machu, Trentenaire aussi, qui vit à Chamonix.
Elle est CPE dans un collège à Chamonix en fait.
Et elle a pris ce qui s'appelle une disposition.
Et donc, elle s'est rendue sur le voilier
pour gérer tous les projets pédagogiques d'Adka.
Parce que l'association est en lien avec des écoles françaises
et elle envoie des nouvelles du voilier tous les mois.
Et des infos pédagogiques.
Donc elle gère toute cette partie-là.
Mais ça lui laisse à elle aussi pas mal de temps libre
pour sa donnée,
pas mal de loisirs différents.
Elle fait beaucoup de photos, de siens noctifs.
Elle faisait un petit peu de podcast.
Elle s'est mise à l'aquarelle en cours de route.
Elle essaye plein de choses.
Le premier jour, donc j'arrive à Borma,
j'arrive avec une autre illustratrice
qui vient aussi en résidence artistique sur le voilier.
Donc on arrive ensemble.
Et donc on est tout de suite accueillis par Baptiste Machu.
Très chaleureusement.
Donc voilà, on prend un café sur le pont.
En plus, il fait très beau.
Ils se sont pris plusieurs tempêtes d'affilée.
Là, il fait très beau.
Donc tout le monde est content.
On passe la journée comme ça.
Et moi, j'avais envie, donc après,
comme le trajet était un petit peu long,
j'avais envie de marcher.
Et en fait, à ce moment-là,
il y a une tempête qui se lève.
Ce qui arrive souvent en Islande,
puisque tu peux avoir des tempêtes à tout moment.
Et donc on est forcés de rester sur le voilier.
Et il se trouve que le jour de mon arrivée,
c'était le jour de mon anniversaire.
Donc moi, j'avais apporté quelques bouteilles de vin dans mon sac.
Et donc en pleine après-midi,
on décide de fêter mon anniversaire.
Et voilà, ça s'est terminé assez tard.
Mais ça nous a permis tout de suite de faire tomber les barrières.
Ça, c'est sûr que c'est très efficace.
Le voilier ATK, c'est un voilier de 15 mètres de long,
en double coque allu.
Il est prévu pour supporter la pression de la glace.
En revanche, c'est pas un brise-glace.
Donc tu ne peux pas traverser la banquise avec ce voilier-là.
Il ne supporterait pas.
Mais il supporte la pression de façon statique.
Donc quand il y a suffisamment de glace,
c'est un voilier qui va passer au-dessus de la glace.
Il va reposer directement sur la glace.
Au mois de mars en hivernage, les voiles sont rangées.
Et quand tu arrives, les hivernants qui se sont succédés
ont fabriqué une petite cabane en bois
qui est posée sur le pont,
qui fait office d'abris, d'arrangements,
de tout ce que tu veux.
Et ça donne vraiment un côté refuge à ce voilier.
Quand tu entres, c'est vraiment ce côté cabane.
Et alors après, quand tu entres dans le voilier,
il fait un petit peu sombre, l'espace est très restreint.
Tout est en bois, l'intérieur.
C'est un voilier qui est assez joli.
Il y a pas mal vécu.
Tu sens qu'il y a eu beaucoup de passages.
Il y a des photos qui sont encadrées.
Il y a beaucoup de dessins sur les murs, sur les portes.
Il y a beaucoup de choses.
Il y a beaucoup de vie dans ce voilier.
Il est tout en bois.
Il est très beau.
Et ça, donc, deux cabines,
deux cabines de deux personnes.
Et tu as quatre banettes.
On peut faire dormir huit personnes sur le voilier.
Et donc tu as une petite cuisine.
Tu as le poste de commandement.
Il y a une petite salle de bain
qui fait pas du tout office de salle de bain,
mais de Kajibie.
Et puis tu as ce fameux carré.
Le carré, c'est cet endroit.
C'est un espace de convivialité.
Donc, là, généralement, tu as une table et des sièges.
L'espace de vie, vraiment.
Voilà.
Et moi, dans tout ça, je dors dans une banette
qui est située à l'arrière du carré.
Je te mangeais.
Je choisis cet endroit-là.
Rien ne sépare le carré de la banette
sur laquelle je dors.
L'espace est quand même petit, en fait,
sur les voiliers.
Comme dans les cabanes,
tout l'espace est optimisé.
Et il y a des rangements partout.
Chaque objet a sa place.
Et il faut surtout pas le mettre ailleurs.
Donc, même si c'est très vivant,
il faut quand même être un petit peu rigoureux
comme dans tous ces espaces un peu restreints.
Il y a cette fameuse tempête qui se lève
en fin d'après-midi
et qui nous force à rester sur le voilier.
Et là, c'est une tempête qui a duré 2 ou 3 jours.
Donc, au départ,
on est restés vraiment tous les 4 sur le voilier.
Et donc, moi, il est vrai qu'au bout d'un moment,
je commence à trépiner.
J'ai quand même envie de voir ce qu'il y a à l'extérieur de ce voilier,
parce que là, j'en ai fait le tour.
J'ai une carte hygiène que j'ai regardée dans tous les sens.
J'ai envie d'aller arpenter.
Donc, même si l'ambiance reste
très sympathique et très accueillante,
j'ai quand même très envie de marcher.
Et le temps est encore une fois très long,
quand c'est sur un voilier bloqué par la plage.
Par la tempête, c'est assez long.
Et encore, c'était seulement 3 jours.
Ça peut durer des semaines.
Et donc, au bout de 2 ou 3 jours de tempête,
je peux enfin sortir.
Et donc là, je pars marcher,
parce que j'ai la carte hygiène en tête.
Je la connais par coeur.
Et donc, je commence à chercher des ouvertures dans les reliefs.
Et là, c'est parti.
J'ai essayé d'aller marcher tous les jours,
quand la météo le permettait.
Vous vraiment se figurez
un fjord recouvert de glace.
La mer est recouverte de glace.
Les montagnes sont complètement enneigées.
En fait, les montagnes prennent racine dans la mer.
Elles s'élèvent dans des pentes abruptes, vraiment.
Et elles sont coupées,
elles sont fauchées nettes,
et elles forment des plateaux au sommet.
Donc au sommet, il y a une sens sommet.
Ce sont des montagnes sans tête.
C'est quelque chose qui est étrange pour moi,
qui est un regard alpin.
Là, je me suis retrouvée avec des montagnes coupées.
Et pour y accéder,
c'est pas évident,
puisque les pentes, encore une fois, sont très raides.
Donc il faut longer la mer,
il faut trouver une porte d'entrée
pour une pente d'entrée qui soit pas trop raide,
pour pouvoir entrer dans les reliaves
et prendre un petit peu de hauteur,
et voir justement ces montagnes sans tête.
Alors il y a des endroits.
Parfois, j'ai pu trouver des passes
du peu inventés, des itinéraires,
qui m'ont permis d'aller jusqu'en haut des montagnes.
Sur ces plateaux, j'ai pu me balader un petit peu, parfois,
sur les plateaux, mais pas toujours,
puisque tu as très vite des barrières naturelles,
de glace, de falaises,
et un grand glacier aussi,
le grand gaillot cool,
qui fait une bonne barrière naturelle.
Donc parfois, ça se solde par un échec,
parce que tu essayes une ouverture
et en fait, ça te mène nulle part.
Du fait de la géomorphologie de ces montagnes-là,
je dois, à chaque fois que je veux marcher,
je dois longer la mer pendant une heure,
ou deux, ou trois,
donc c'est quand même assez long.
Et pour ensuite pouvoir monter, prendre un petit peu de hauteur.
Donc il y a un côté répétitif,
mais ces montagnes ont quand même quelque chose
de très attractif,
elles sont très majestueuses et très silencieuses.
Ce sont des paysages qui paraissent figés
pour l'éternité.
Il n'y avait pas de vie,
il n'y avait pas de traces animales,
il y avait à peine quelques oiseaux à ce moment-là.
On est au mois de mars, donc les oiseaux
ont pas encore effectué leur migration.
Il y avait quelques grands corbeaux.
Au niveau de la mer, au niveau des fiordes,
il y avait des huitriépis,
mais c'est à peu près tout.
Aucun, si il y avait des focs aussi sur les côtes,
mais en montagne en tout cas, il n'y avait plus rien.
Il n'y avait rien.
Il n'y avait pas de traces animales ni de traces humaines d'ailleurs.
Sur le voilier,
il y a un rapport au temps qui était complètement nouveau,
parce que c'est du temps très long.
Je connais le temps long
par la marche, par les marches longues,
ça oui, mais là le temps très long,
les journées qui s'étirent,
et le temps qui entre dans cette course molle,
je ne connaissais pas.
Il y a une seule règle à bord,
et elle est intéressante,
c'est qu'on ne se lève pas avant 9h du mat.
À partir de 9h,
chacun peut faire sa vie,
on peut faire un petit peu de bruit.
Mais c'est la seule règle.
En dehors de ça, il n'y a aucun repère temporel,
ni aucun rythme.
Dans les premiers jours qui suivent mon arrivée sur le voilier,
dans ma tête,
je suis toujours sur un rythme français,
je me réveille tôt,
et comme on ne peut pas se lever avant 9h,
j'attends dans mon lit,
je regarde par le hublot,
je regarde la lumière se lever,
ce n'est pas désagréable,
mais j'attends 9h pour pouvoir me lever.
Dans un premier temps, je ne lâche pas trop.
Je me lève, je prends un café,
je regarde l'heure.
Et petit à petit,
je commence à lâcher ce rythme-là,
et à me laisser complètement aller.
Je pense que c'est dû à la présence de Baptiste et Machu,
qui ont ce rythme-là totalement fluctuant,
ils sont complètement imprévisibles.
Je m'adapte à ça.
C'est-à-dire qu'au départ,
même avec eux,
on peut parfois se dire
« demain on ira marcher, on ira faire ceci-ci »,
moi je le garde en tête,
et le lendemain, il ne se passe rien.
Dans un premier temps, je ne comprends pas,
et petit à petit,
j'accepte complètement,
et je laisse les jours et les heures défilés,
sans aucune pression.
Au bout d'un moment,
je perds complètement la notion du temps.
Je ne sais absolument pas quelle heure il est,
je ne sais plus si j'ai faim,
si je n'ai pas faim,
parce qu'on peut être réglé aussi comme ça,
on peut savoir quelle heure il est,
parce qu'on a faim.
Il y a un moment où je perds complètement la notion,
il y a des journées qui passent très vite,
et d'autres qui sont plus longues,
des journées où il y a un petit peu d'ennui,
et d'autres où, tout à coup,
on va avoir une idée,
où je vais avoir une idée toute seule,
d'aller me balader à tel ou tel endroit,
ou alors on va avoir une idée
d'aller voir quelque chose avec Baptiste Machu,
et voilà, c'est hyper, hyper fluctuant.
Dans le bateau, je me sens protégé,
protégé et très enveloppé.
Il y a un jour,
où je pars marcher,
le ciel est dégagé,
et je repère avant de partir sur la carte,
qu'il doit y avoir une ouverture
dans les reliefs en direction du Sud-Est,
et donc je me lance par là en me disant
je vais pouvoir faire une belle marche aujourd'hui.
Et effectivement,
effectivement, je ne m'étais pas trompée,
il y avait un passage,
donc je marche pendant plusieurs heures,
et puis je tombe sur une petite cabane.
Je ne sais pas exactement ce que c'est que cette cabane,
mais en tout cas, elle est ouverte, je ne sais pas
si c'est un refuge, si c'est une cabane privée,
j'en sais rien,
mais j'entre en me disant que je vais pouvoir enfin
peindre ou dessiner sur une table
qui ne bouge pas avec une lumière suffisante.
Sauf que la veille pendant la nuit,
il y avait eu une tempête encore,
donc j'avais pas beaucoup dormi et j'étais crevée.
En plus de ça, j'ai ce fameux mâle de terre
qui fait que je me sens bercée tout le temps.
Donc je m'endors sur la table, je fais une sieste.
Mais tu fais une sieste pas très longue,
je sais pas, c'est pas 15-20 minutes,
mais quand je me réveille,
la vue est complètement bouchée.
Il y a un nuage qui a débarqué,
et en fait il y a de nouveau une tempête qui repart.
Et donc là, j'étais prise un peu de cours,
en plus je me réveille, donc j'émerge d'une petite sieste,
alors je sors,
disant, moi il faut que je parte
et que je redescende au voilier.
Je commence à marcher, mais je vois plus rien,
parce que il y a cette fameuse tempête,
et donc il n'y a plus aucun repère,
du blanc sur du blanc, tu vois plus rien.
Et je vois plus mes traces non plus dans la neige,
qui sont déjà recouvertes,
et mes temps pilles j'y vais quand même,
et là il se passe quelque chose d'assez étrange.
Je ne verse pas trop dans le paranormal,
mais j'avais quand même au loin
une sorte de repère visuel,
une sorte d'ombre,
et c'était mon seul repère dans le blanc,
donc je me dis, je suis,
c'est la seule chose que j'arrive à voir,
je m'approche,
et en fait je continue d'avancer comme ça,
avec cette espèce de repère
qui n'existe, qui n'existe pas, je ne sais pas trop,
mais en tout cas je descends
et je me retrouve en bas de la montagne,
et là je commence à avoir à nouveau des repères,
puisque j'aperçois la côte, la mer,
donc là c'est bon, je sais que je vais retrouver le bateau,
mais c'était quand même une expérience
surprenante, parce que je ne me suis pas,
a priori pas trompé de direction,
parce que j'ai suivi ce truc.
Et en rentrant au bateau,
je retrouve Baptiste et Machu,
et je leur raconte cette histoire,
je leur dis à Punaise,
j'ai failli me perdre, il y a eu une tempête,
à un moment,
et donc je raconte que j'ai eu l'impression
de voir une espèce d'ombre que je suis vie,
et là Baptiste m'arrête en me disant
que c'est quelque chose qui arrive
dans ces pays-là, autant en Islande
que au Groenland,
que quand les randonneurs,
ou les chasseurs sont perdus en montagne,
parce qu'il y a une tempête,
il y a en fait un esprit qui va les guider.
Et donc lui avait déjà fait cette expérience
auparavant au Groenland,
de la même manière qu'il était parti marcher,
et il s'était perdu,
et de la même façon,
il a vu cette espèce d'ombre,
qui roulait devant lui,
et qui l'a suivi,
et c'est comme ça qu'il a pu retrouver sa trace
et retourner au bateau.
L'idée au départ, c'est quand même
de peindre et de dessiner beaucoup.
Il se trouve que sur le voilier,
c'était pas si simple, parce que la lumière
était pas bonne, et que le voilier bouge,
donc tu t'invites le mal de mer
quand tu regardes un point fixe,
et qu'en extérieur,
il fait trop froid,
ou alors il y a de la neige, ou du vent,
et c'est pas évident de peindre.
Mais j'ai vraiment fait le choix aussi
à un moment de vivre des choses plutôt,
parce que j'ai besoin de ça aussi
pour avoir des idées.
J'ai besoin de vivre des choses,
d'aller marcher en montagne,
de rencontrer des personnes
qui se passent des choses
pour avoir des choses racontées.
Donc j'ai un moment où j'ai décidé
que j'étais là pour vivre des choses,
et que j'allais retravailler tout ça
en rentrant chez moi.
Mais voilà, je peux quand même
prendre des notes, en fait,
j'écris plus que je dessine
sur le voilier.
J'écris ce qui se passe
dans la journée, ça ressemble
à des petits récits de voyages assez factuels,
mais
j'essaye d'y coller
quelques impressions
avant de m'endormir.
J'avais tendance
à convoquer un peu
tout ce que j'avais vu
ou ressenti dans la journée
et à le transformer
en images.
J'avais toujours mon petit carnet de voyages
à côté de moi,
je m'arrive plusieurs fois de me réveiller
et de prendre des notes
pour être sûre de ne pas oublier.
Et après, pendant la nuit,
pendant le sommeil,
oui,
je fais beaucoup de rêves
en lien avec ce que je vois
ou ce que je ressens
encore une fois dans la journée.
Il faut savoir que je suis quelqu'un
qui rêve énormément et je me souviens de tout.
Et je note tout,
même chez moi
au matin,
je note les rêves ou les cauchemars que je fais.
Et en Islande, je garde cette habitude
parce que
les rêves sont très riches.
Puisque je suis dans un environnement
inconnu,
il y a la mer que je connais très peu,
des montagnes que je reconnais pas
et puis il y a
ce mouvement du bateau
qui n'est pas habituel
quand on dort.
Donc je rêve
d'océan, je rêve que je pars
au large. Il n'y avait pas beaucoup de doiseaux,
pas beaucoup d'animaux globalement
dans cet endroit-là, mais
à ce moment-là, il y avait
beaucoup de grands corbeaux.
Je rêve de cet oiseau-là.
Je fais parfois aussi
des cauchemars
dans lesquels
je peux être dans une
maison
qui se retrouve
au fond de l'océan
et je tiens
dans ma main
une petite souris.
Il y a vraiment d'explications
de tout ça, mais je tiens dans ma main
une petite souris qu'il faut absolument que je protège
parce que la maison va bientôt cédé
son poids
de l'océan et c'est ce qui arrive.
Donc l'eau
fracasse toute la maison, qui était
une maison en bois.
Et donc j'essaye de remonter
à la surface tant bien que mal
et je me réveille parce que je n'y arrive pas.
Je fais des rêves
en tout cas en lien avec l'environnement
dans lequel
je suis.
Et dans ces mêmes carnets
je prends note
de choses que j'apprends
sur des créatures islandaises.
Parce que
les créatures islandaises,
le fameux peuple caché
est quelque chose de très
présent en Islande
et je crois d'autant plus
dans cette région, puisqu'elle est
assez
éloignée du tourisme, elle est encore très rurale
et donc
t'apprends beaucoup de choses
sur ce peuple-là, ça m'a beaucoup
intéressé, donc j'ai essayé
de noter un maximum
d'informations là-dessus,
d'en faire des petits croquis aussi.
Parce que même si
j'y connaissais rien avant de partir
tu le ressens très fort.
Tu ressens très fort la présence
de ces créatures-là.
Les paysages de neige, de glace
pour moi, ça
quelque chose d'assez expansif
pour l'imaginaire.
Je sais pas si ça
tient
à un mécanisme psychologique qui fait qu'on a besoin
de peupler les endroits où il y a
personne.
Peut-être, tout ce peuple caché
islandais est très
présent
encore aujourd'hui sur l'île.
Donc c'est
un peuple
qui est composé de différentes créatures.
T'as essentiellement
des elfes, il y a les nains,
il y a les gnômes, il y a les trolls,
il y a les gens cachés aussi.
Et il y en aurait
entre 30 000 et 50 000
sur toute l'île.
On parle surtout des elfes,
les autres créatures sont un petit peu moins
présentes, mais
il faut savoir qu'en Islande
les gens prennent des décisions
en fonction de la présence
ou de l'absence
d'elfes. Il y a des routes
qui peuvent être déviées parce qu'il y a des elfes.
Il y a des projets de construction
qui peuvent être annulés
parce qu'il y a des elfes à cet endroit-là.
ce sont des créatures qu'il ne faut pas
contrariés.
C'est des choses que j'apprends
via
bâtiste, qui connaît bien
Islande, qui connaît bien Groenlande,
qui connaît aussi très bien
les cultures
scandinaves ou nordiques en tout cas.
Et puis
il y a quand même quelques habitants
à Isafior durant... J'ai quand même rencontré
quelques personnes
avec qui on en a un petit
peu parlé effectivement.
Et donc c'est là que je me suis rendu compte
que
le fameux peuple caché,
ou d'où le folk,
c'est pas du tout
un folklore, il ne faut pas s'imaginer que ce soit quelque chose
de folklore-rique ou de la légende ou du conte,
non, ça existe.
Quand on dit que les elfes existent,
moi personnellement, j'en sais rien.
Et en fait, je crois que la question
ne se situe pas là, mais
c'est qu'en Islande, en tout cas,
pour les Islandais,
ça existe. Il y a
un
grand respect
pour
ces créatures visibles
ou invisibles, il y a des personnes qui les voient,
mais la plupart des humains
ne les voient pas.
Et alors ce que les Islandais
expliquent, c'est que
le peuple caché
vit dans un
univers, vit dans un monde.
Nous les humains, on vit dans un autre monde,
mais que les deux
se rencontrent. En fait, la
frontière
entre les deux univers est poreuse.
En tant que français, ça nous paraît
bizarre, à force de se balader
dans des reliefs
déserts,
eh bien, je commence à
entendre des
sons, comme des
chuchotements ou des bruits
que j'arrive pas à identifier. Alors,
je veux bien croire que c'est
le psychisme qui
crée ces choses-là
pour créer des repères
ou pour se rassurer dans un espace
aussi vide,
mais il y a quand même un moment où je commence
à me dire, bah mince, qu'est-ce que
ça ? C'est quand même
j'ai quand même entendu un chuchotement, j'ai entendu
un rire d'enfant alors qu'il y a personne,
des choses comme ça, sur place, oui,
ça existe, oui, oui,
oui, oui.
Je trouve le plus intéressant, finalement,
c'est ce que les
gens aujourd'hui vont raconter.
Parce qu'ils ont tous
tous les Isambais
ont une histoire
avec les elfes, quelque chose qui leur est arrivé
ou qui est arrivé à quelqu'un
qu'ils connaissent, quelqu'un de leur famille
et donc ils vont tous avoir des choses à raconter
y avoir cette personne qui a été
enfant, qui allait
se noyer, qui a senti
des bras, la sortir
de l'eau, ou alors se
se berger, qui ne croyait pas aux elfes
et qui a déplacé
des pierres pour faire
un mur, pour
parker ces moutons
et qui n'a pas fait attention
parce que les elfes vivent
dans les montagnes, ils vivent dans les pierres
et donc ils ne savaient pas qu'il y avait
des elfes mais ils les a déplacés
ça n'a pas plu aux elfes et donc les moutons
sont tous tombés de la fallesse
des choses comme ça,
que les gens vont raconter
et même dans les
mairies, il y a
parfois des personnes
qui sont là pour
gérer les affaires elfiques
en fait. Et quand
il y a des travaux à mener
on fait appel à un médium
pour vérifier
qu'il n'y a pas d'elfes et si il y en a, le médium
va demander s'il
veut bien déménager. Alors est-ce
qu'on classe ça
dans le domaine de la légende ou pas ? Ben je ne sais pas
mais en tout cas j'ai envie de y croire
aussi parce que
ça ajoute un peu
des merveillements
quand même et ça
ça fait pas de mal
ça fait vraiment pas de mal, ça ajoute
un peu de magie, un peu de
rêve.
J'ai essayé
de travailler ces fameuses nuances
de blanc, le vent
aussi, les tempêtes de neige
et choses comme ça
et puis j'ai essayé d'intégrer
des touches
d'onérisme.
J'ai là comme ça en tête
j'ai des deux tableaux
qui me plaisent un peu plus
que les autres.
Il y en a un, c'est les
pêcheuses, j'appelais les pêcheuses
d'étoiles.
Et donc tu vois deux
personnages qui sont deux femmes alors qu'on
c'est Machu et moi
en fait.
Parce qu'un soir
il y avait des horreurs boréales
et Machu
s'exclame
« viens on va
sur la plage, on le verra mieux, on verra
plus les horreurs boréales.
On a couru jusqu'à la plage
et en arrivant à la plage, il y avait
plus de... le spectacle était terminé
il y avait plus d'horreurs.
Donc elle était un peu déçue
mais
en regardant un peu mieux le ciel
le ciel
était
complètement moucheté
d'étoiles
j'ai rarement vu un ciel aussi
chargé d'étoiles
ou un ciel autant moucheté
et puis il y avait cette grande
ours qui était là face à nous et qui était
immense dans le ciel
et c'était
un moment assez poétique
qu'on a vécu toutes les deux
c'était un beau moment et il y a aussi des
conversations qui ont jaillis
à ce moment-là et donc
c'était un beau moment d'amitié
et donc je l'ai fait un petit
un petit tableau et puis
il y en a un autre
qui me plaît beaucoup
enfin qui me plaît plus que les autres plutôt
j'ai eu
donner un titre, ça doit être la
baleine endoromie
et ça je l'ai peint parce que
donc sur le voilier
il y avait 2 temps
il y avait un temps
il y avait le temps du jour qui était le temps
de la marche, le temps du dessin
du croquis, des bavardages
le temps
des échanges de la fête aussi
et pour moi il y avait
le temps de la nuit
où en fait
au moment de dormir
le bateau, bon bah le bateau
tang un petit peu, je roule
légèrement
dans ma petite banette
et ça te berce
et la nuit
en fait, une fois que je fermais
les yeux
c'est à ce moment-là que j'imaginais
j'imaginais
toujours penser à toutes ces créatures
qui vivent dans les montagnes
aux sensations
intégrées dans la journée
à ce que j'avais appris, je mettais un petit peu tout ça
dans ma tête
je laissais un peu travailler
la chose, j'ai un peu l'imaginaire
travailler tout seul
et puis
vraiment au moment
de l'endormissement
comme j'étais percée par le bateau
j'avais vraiment l'impression d'être
sur
un énorme sétacé
quand je suis sur le bateau
je sens vraiment la masse
d'eau, la masse de l'océan
en dessous
qui te porte et qui t'emmène
vers le monde des rêves
j'avais l'impression d'être
sur un énorme sétacé et de m'endormir dessus
en toutes qui étudent
et cette sensation-là
aussi
j'ai essayé de la ramener en France
et maintenant, il est pas rare que quand je m'endorme
j'essaye de retrouver cette sensation
de portage
de l'esprit
alors en rentrant en France
j'ai ramené
quand même avec moi
ce rapport au temps
un peu plus libre, un peu plus détaché
c'est quelque chose que j'ai gardé
dans mon rythme circadien
avec
ce lâcher prise
lié au temps
au temps long, au temps très long
j'ai l'impression
que j'ai pu apprendre
à lâcher un petit peu
ma main en peinture
parce que jusque-là
j'avais un trait
qui était très contrôleant
une façon de peindre aussi
qui était très contrôleante
et là j'arrive à travailler davantage
en
j'arrive à travailler davantage
des atmosphères plus vaporueuses
plus
plus lâchées
je laisse un peu plus faire
en fait la peinture
je laisse un petit peu aller
où elle veut, je contrôle moins
et puis
j'ai ramené avec moi
ce fameux peuple caché
maintenant quand je vais
marcher en montagne
je me demande
si en plus
des animaux
il y a aussi des créatures
qui peuplent les forêts
les montagnes je me pose aussi la question
d'ailleurs par rapport à ça
je ne peux pas m'empêcher de faire
une sorte de parallèle entre
le peuple caché et le peuple
le peuple animal
dans le sens où en Islande
on dit que le peuple caché
est de moins en moins visible
parce que les gens y croient de moins en moins
et considèrent de moins en moins
les elfes, les gnômes etc
et je ne peux pas m'empêcher
de faire un parallèle avec
les bêtes
dans la mesure où
on peut avoir l'impression que parce qu'on ne les voit pas
ou peu elle n'existe pas
et donc on les considère plus
et donc on les respecte plus
et ils ont tendance à disparaître
et qui serait urgent
de
de reconsidérer un petit peu tout ça
de
retrouver un peu d'émerveillement
de remettre un peu de vie
là où on n'en met plus
de remettre un peu d'émerveillement
un peu de rêve, un peu de magie
je crois qu'il est urgent globalement
de rêver à nouveau
A son retour, Lorian Miara a sorti
une bande dessinée pour raconter
les meilleures anecdotes de son aventure
Elle organise aussi des expositions
avec des peintures inspirées du Grand Nord
Merci à elle de nous avoir raconté son histoire
et merci à vous
de l'avoir écoutée
Cette épisode a été réalisée
par Thomas Fyre
assisté par Nicolas Alberti
Le récit a été présenté par Clément Sacar
La musique est composée par Nicolas de Ferrand
Chloé Weibo s'est assuré du montage
et Antoine Martin
du studio Chris Pyrichord
du Mixage
A bientôt