Partir à l'aventure, c'est confier son destin aux éléments, à son expérience et parfois même à son matériel.
Chez Backmarket, nous comprenons l'importance de pouvoir compter sur son équipement au quotidien.
C'est pourquoi nous proposons des appareils tech de qualité reconditionnés par des professionnels.
Backmarket est fier de soutenir les baladeurs.
Bienvenue dans Les Baladeurs, un podcast Les Ozzers.
Vous soyez chez vous ou dans la rue ? Avez-vous déjà rêvé de crapeauter en pleine jungle ?
De poser un an pour vous embarquer sur un bateau pour une transe atlantique ?
Le frisson de l'ailleurs vous traverse peut-être, vous sentez que vous pourriez partir un jour, sur un coup de tête.
Ces histoires sont faites pour vous. En attendant le jour, prochain peut-être, de votre départ.
Vous pourrez y goûter les aventures des autres, des péripéties de ceux qui se baladent.
Nos baladeurs, ce sont les aventuriers, les curieux du plein air, les sportifs, les contemplatifs.
Ils se baladent, loin ou proches, dans des zones extrêmes ou à côté de chez nous,
alors nous leur avons demandé de nous raconter au creux de l'oreille les récits que l'on compte au coin du feu.
Prêts pour le départ ? On vous embarque vers d'autres ailleurs, pour 40 minutes.
Pour ce premier épisode, Jérémie Villiers a pioché dans sa mémoire une image blanche
parmi l'album de ses souvenirs d'expédition photographique en région polaire.
Il est photographe animalier et avec son van, il parcourt les territoires enneigés du nord de la Terre.
Ses clichés sont blancs, poudreux, sauvages. Il capte un instant, un vol d'oiseau le regarde un bœuf musqué.
Souvent solitaire, les photos de Jérémie témoignent pourtant de rencontre avec le monde sauvage.
Mais parfois, la rencontre n'est pas celle qu'il attend.
Tous les ans, à la fin de l'hiver, quand la lumière commence à revenir dans le nord du monde,
j'essaie de partir avec mon van jusqu'au Cap-Nord, le sommet de la Norvège, la dernière pointe de Terre tout en haut de l'Europe.
Je pars avec mon van, j'ai un vieux van Volkswagen,
alors qu'il n'est pas aussi beau que tous les vans qu'on voit sur les réseaux sociaux,
qui sont un van fourgon sans fenêtres sur les côtés, mais dans lequel j'arrive à mettre tout mon matériel.
Je mets des skis, un traîneau qu'on n'appelle plus qu'à, qui me permettent d'avancer avec du matériel dans la neige.
J'essaie de regarder des webcams pour voir s'il y a assez de neige, parce que je veux faire des photos dans la neige.
Et aussi, j'en vois parfois des messages à des gens que j'ai rencontrés sur place qui sont fermiers,
éleveurs de rennes, en Norvège, en Suède, en Finlande, ou scientifiques, ou pêcheurs,
et je leur demande s'ils ont vu des animaux.
Je fais un peu de repérage comme ça, puis je fais aussi du repérage sur Internet,
où je vais voir des hashtags de lieux sur Instagram, je tombe sur des photos des habitants faits dans un lieu,
où je sais qu'il y a des animaux, pour voir si par exemple cette année les lièvres blancs sont là,
ou si les rennes migrent.
Et puis aussi, j'ai des cartes sur lesquelles je dessine des itinéraires,
que je retranscris sur des GPS de randonnée où je rende des points,
qui me permettent de me guider un peu quand je suis à pied sur le terrain,
et surtout je me fais un itinéraire pour faire avec mon van.
Ce qui est génial, c'est qu'on peut aller tout en haut de l'Europe sans prendre le bateau,
qui a des ponts entre le Danemark et la Suède, et passe en Suède par ses ponts,
et puis ensuite je prends en Norweste, tout de suite en Norvège,
et là, très tôt, à 2h de slo, il y a des traits au plateau de Tundra,
où je reste souvent deux semaines, où il y a des rennes sauvages, des beux musquets qui sont ces grands bœufs de la préhistoire.
Et après je continue et je retraverse la Suède, donc là c'est des paysages de forêts boréales,
avec des grands sapins et des lacs partout.
Puis je repasse en Finlande, au nord de la Suède, donc la Finlande c'est aussi des forêts un peu plus austères,
avec des petits villages de Buche-Rond.
Et après, au nord de la Finlande, je retrouve le sommet de la Norvège,
qui fait en fait cette banane qui contourne toute la Scandinavie.
Et là, j'arrive au Cap-Nor.
C'est souvent mon objectif, donc c'est 40h de route que je fais en environ trois jours, sans trop m'arrêter.
Mais en même temps c'est excitant parce qu'on part avec ces images dont on est arrivées,
d'animaux qu'on a aperçus les fois d'avant et qu'on espère enfin photographier.
Donc pendant tout le voyage avec soi-même, on part avec cette imaginaire qu'on développe encore plus.
Et d'un coup, on se garde et on se retrouve au bout de la route, on part et on doit ouvrir la voiture,
qu'on avait fermé en partant de chez soi en région parisienne.
Et donc voilà, dans cette sinéaire, j'ai plusieurs étapes.
Et là, souvent la dernière étape, c'est d'aller dans une île au large du Cap-Nor.
C'est un petit bateau norvégien qui me dépose mon van avec des caps sur l'île, il n'y a pas de route.
Et après je débrouille tout seul avec... Ça me sert de camp de base, donc la voiture est posée à même la neige.
Et je pars avec mon traîneau, et là je vais photographier des lapins blancs, des lièvres variables,
qui sont superbeaux et en immense quantité sur cette île, ce qui n'a aucun prédateur.
Et j'avais dit au bateau de venir me chercher telle semaine, et il peut m'envoyer un message sur mon téléphone.
Et le bateau m'envoye un message un jour en me disant, on va venir vous chercher tel jour
parce qu'on doit déposer quelqu'un sur une autre île.
Et en fait, ce quelqu'un sur l'autre île, c'était un monsieur de plus de 60 ans.
Il est au fond du bateau, il parle pas. Et là, comme tous ces norvégiens,
enfin, comme beaucoup de marins, un norvégien, comme une petite boîte dans laquelle on mettraient des bonbons,
mais dedans, il y a du tabac qui mâche en fait, comme une chique, mais un corps différemment.
Et puis, il y a aussi du tabac qui mette dans les narines.
Et il a des tics un peu comme quelqu'un qui roule une cigarette dans sa façon de disposer ces choses.
Donc on voit tout de suite qu'il a un petit rituel personnel dans tout ce qu'il fait, mais très fermé sur lui-même.
Et puis il a une gueule très burinée, il a les grands brins très musclés,
son âge, il y a des larges épaules, mais en même temps des jambes fines.
Et il a des mains très très burinées, donc avec on voit très peu les ongles,
il a les mains un peu gonflées, quand beaucoup de marins ont aussi les marins norvégiens,
pendant les saisons de pêche, on voit, ils ont la main qui gonfle sur les doigts.
Donc tout de suite, c'est des choses qui parlent énormément de ce qu'ils font de sa vie.
Donc moi, ça m'a tout de suite assez intrigué, puis on imagine plein de choses.
C'est dans des moments où on est en bateau, donc c'est un peu comme si on était dans le métro et qu'il y ait quelqu'un face de nous.
On regarde sans le regarder, puis on se fait une histoire sur sa vie.
Il m'a dit, mais viens avec moi sur mon île, il y a aussi des lapins blancs, tu vas adorer.
Et ça pourrait être chouette que tu découvres mon île, j'habite tout seul sur cette île.
Donc tout de suite, ça fait écho à plein de concepts un peu fascinés de robinsons
et puis aussi d'une vie en autonomie dans un endroit tout blanc.
Alors il faut imaginer, les îles norvégiennes sont des toutes petites îles au large des fjords
avec une montagne un peu au centre et ce qu'on appelle un fjord,
donc une entrée de baie avec des falaises de montagne des deux côtés et après un replas blanc.
Et en même temps, après, le bateau a dû retourner au port sur le continent parce qu'il y avait une genre de tempête.
Et donc on est resté une nuit dans la même cabane qui sert de waiting room, de salle d'attente,
dans lequel il y a une cuisine et un lit.
Le lendemain, on est allé chez lui, on est arrivé le soir par bateau.
Le bateau nous a remis ma voiture reposée dans la neige et lui a sorti des skis derrière un rocher.
Il a dit, « Prends matériel pour vivre une semaine, prends ton petit trénau dans ta voiture et tu vas venir chez moi.
» Et puis, donc moi, hyper enthousiaste de rencontrer quelqu'un qui a cette vie qui me fascine.
J'ai suivi sans me poser du tout de question.
Alors on skie la nuit avec des skis de randonnée nordique, c'est des skis qui vont très vite,
comme des grands skis de fond.
Il y avait des horreurs boréales, donc il faut imaginer la neige qui change de couleur,
même la neige tellement il y a des horreurs boréales.
Et on arrive dans une descente et en fait, il y a perçoit une maison qui est une cabane de pêcheurs,
une maison en bois, carré, jaune.
Tout est en bois dans la maison comme dans un bateau un peu.
Et il sort une clé derrière un peau de fleur un peu, même si il n'y a pas de fleur.
Et il ouvre la porte et il dit « Bonne nuit, tu peux dormir dans cette étage-là.
Demain je te lève tôt parce qu'on doit se nourrir, on doit aller avoir de la nourriture.
Le lendemain matin il me réveille à 5h et il me demande si je suis tiré.
Et donc je suis parti à ski avec une carabine sur le dos,
un peu comme un Martin Fourcade norvégien,
donc on skie avec une petite carabine sur le dos et il me dit « Là on doit aller chasser des lièvres ».
Donc c'est une vision un peu bizarre parce que normalement je photographie des animaux.
Mais là, c'est un rapport à la nature et même à la nourriture
que je trouve beaucoup plus naturel que tout ce qu'on peut chercher ici.
Mais je l'ai vraiment découvert quand il a mis ses skis,
et que je l'ai vu dans la nature parce qu'il a une forme d'élan,
il se met à courir d'un coup, comme moi je me mets à courir dans la neige par enthousiasme.
C'est cette espèce de pudeur qu'ont les marins,
surtout les gens du Nord, une austérité très forte,
selon l'impression qu'ils n'ont pas de sentiments.
Et là il n'avait plus du tout, il était devenu un gosse comme moi,
il criait, il voulait skier plus vite que moi,
et il tombait, il rigolait alors que c'était le marin au coin du bateau.
Donc tout de suite j'ai vu qu'il avait un rapport à la nature
qui était complètement émerveillé,
qu'ont beaucoup de gens dans ces endroits lointains,
alors parfois c'est parce qu'ils justement, ils ont une relation très forte.
La nature, l'environnement ne nous offre pas beaucoup d'excitation,
ou quelque chose comme ça c'est quelque chose de très austère.
Donc je pense que ce qui arrive à tenir, c'est ce qui arrive à puiser un émerveillement plus fort,
parce qu'ils ont la nuit pendant les trois quarts de l'année,
et ils ont le jour, toute l'été.
C'est vraiment quand on dit des terres de contraste,
là c'est vraiment quelque chose qui pèse énormément sur la psychologie,
qui donne ce caractère austère et en même temps qui donne des extrêmes dans les attitudes.
Puis au bout d'un moment je lui ai demandé qu'est-ce qu'ils faisaient sur cette île,
s'il avait toujours habité là, et tout.
Il ne voulait pas me répondre, puis un soir il m'a passé son téléphone,
il m'a dit, appelle ta famille pour leur dire que tu vas bien, et tout, je lui ai dit,
« Maman, ils ne sont pas inquiets, des amis, mes proches savent que je parles longtemps,
je n'ai plus que j'étais parti en van jusqu'au Cap-Nord,
donc je suis parti pour un mois et demi, deux mois.
Et en fait j'ai vu sur son téléphone qu'il avait photographié ma carte d'identité,
qu'il avait retrouvé au fond de mon sac,
qu'il avait fouillé dans mon sac, dans la doublure de mon sac de Rando,
il a pris en photo ma carte d'identité.
Normalement j'aurais dû avoir peur de lui, mais je lui ai demandé pourquoi il avait pris en photo ma carte d'identité.
Il s'est demandé si j'étais pas venu pour lui en fait.
Si il vit sur cette île, c'est qu'il est payé par le gouvernement américain
pour disparaître, parce qu'il a été instructeur chez les névices îles américains,
qui sont les forces spéciales qui interviennent derrière les lignes ennemies.
Il avait été repéré en Norvège parce qu'il avait passé des tests de services militaires,
il était meilleur que tout le monde pour vivre dans la montagne,
et donc ils l'ont embauché, petit à petit il a monté des grades
et il a travaillé pour le gouvernement américain,
puis pour les forces spéciales, il a fait des plans quand on russie en Afghanistan,
il a vécu des choses très dures, il a fait des interventions qui ont tué des gens,
même des civils, et quand il revenait chez lui, il n'arrivait plus à parler à sa femme et ses enfants,
et il a décidé d'aller vivre dans la nature,
parce qu'il a dit que c'est là qu'il se sentait vraiment bien
et qu'il arrivait à se retrouver un peu lui-même,
et donc il vit sur cette île en autonomie complète depuis plus de dix ans.
J'ai parti photographier des lapins sur une île,
alors j'avais trouvé cette île grâce à des forums de chasse norvégien,
où il y a des gens qui disent qu'ils vont sur cette île
pour chasser ou pour faire des études sur ces lieèves
qui en fait ont aucun prédateur sur cette île,
et on pense qu'ils sont venus par la mer, les lieèvres, parce qu'ils nagent.
Donc j'ai passé trois semaines à chasser à péché avec lui,
puis il m'a pris un peu sous son aile,
ce qui l'a vu que j'aimais beaucoup dans la nature,
puisque j'avais des formes d'habitude à vivre dans la neige et tout.
Alors il est chasseur, mais il a un rapport à la nature hyper fort
quand il sort le matin pour aller chercher de l'eau,
parce qu'il a une source qui descend de la montagne.
Il parle aux grands corbeaux qui sont au-dessus de lui,
il regarde les nuages, il me dit quel temps il va faire le lendemain.
Il récupère des bois flottés qui arrivent de Russie,
qui se perdent dans l'océan, qui fait sécher en les mettant en pile,
et avec l'eau et la neige, le sel s'en va,
il peut faire du feu, et puis il chasse et il pêche.
On a croisé un bateau de pêcheurs russes,
qui fait surtout des polonettes qui est un nouveau art pour demander
pourquoi en anglais ils ont dit qu'est-ce que vous faites
sur cette coquille de noix en pleine mer.
En fait on était au bout du fior, donc on était parti de chez lui à moteur,
mais le moteur avait été arrêté donc on finissait à la rame.
On pêche avec juste une ligne, qu'on fait tomber jusqu'à 100 mètres de fond.
D'un coup on sait qu'il va faire beau le lendemain,
parce qu'on arrive à voir la nuit.
Après une tempête, il va souvent pêcher,
parce que la mer revient très calme après,
il peut partir loin avec son petit bateau.
Et moi quand il fait beau, j'ai essayé d'aller faire des photos d'animaux
sur cette même île, alors je fais dans des zones où lui ne chasse pas,
parce que je sais qu'il trouverait plus d'animaux.
Donc le matin il part vers son bateau et il me dit
« Ben moi je vais à la mer, toi tu veux à la montagne ».
Il monte la montagne qui est de côté du fior,
qui est vraiment en face de sa maison,
qu'on la voit depuis, c'est comme un sabore, un petit carré dans la maison,
on voit la montagne en face, et lui part avec son petit bateau,
et moi avec mes skis.
Donc toute la journée à ski, je grimpe une des phases du fior,
qui est comme une conne, un grand couloir blanc,
qui n'est pas du tout dangereux.
Et donc en juste en 200 mètres de montée,
on se retrouve tout en haut de ce qui ressemble vraiment à une montagne.
Donc il y a genre comme un petit plateau,
dessus il y a des lagopèdes, donc ces petites perdries blanches,
et des lièvres blancs,
qui ont cherché des zones très venteuses,
surtout après la tempête où le neige est parti,
où ils peuvent accéder à du liquenne,
il y a des baies même qui restent sous l'année.
Et moi, depuis le haut de la montagne,
je vois mon pote qui est dans son petit bateau
et qui avance loin dans la mer,
et qui va chercher le dîner des prochains jours.
C'est au printemps, au mois d'avril,
au début il y a que 4 heures de jour,
et puis tous les jours on gagne 1,5 heures à peu près.
Donc ça va très vite,
il y a un moment où on passe vraiment de la nuit au jour,
c'est un moment aussi qui correspond
avec les périodes un peu plus douces en température,
il fait plutôt moins 10 degrés que moins 30 degrés.
Ce qui est vraiment une grosse différence pour vivre dehors.
Le soir je monte mes photos sur mon écran,
et lui, il ramène son seau avec du poisson,
ou pas dedans, parce que parfois il en prend pas du tout.
Et après, en cuisine, quand on est français et qu'on part à l'étranger,
on trambale derrière nous une espèce d'étiquette de cuisinier.
Un jour, le bateau devait repasser une fois
pour déposer des caisses qui servirait à des marins,
qui allaient passer sur l'île prochainement,
et c'était des caisses avec du sel et des choses dont ils ont besoin,
les marins, ils se font livrer sur cette île qui sert de checkpoint à ce moment-là.
Ils envoient un message à mon pote trapeur
pour lui dire qu'ils vont passer sur l'île et qu'ils peuvent apporter des choses.
Donc souvent, il demande la nourriture qui se périmvite,
donc là, il a demandé des œufs.
Il m'a dit qu'il aurait demandé des œufs et de la moutarde,
parce qu'on va essayer de manger du lieve le lendemain,
de la première fois cuisiné,
et ça pourrait être chouette comme tu es français,
que tu nous fasses une mayonnaise.
Donc le soir, il avait tout préparé,
il a une espèce de vieille table qui ressemble plus à un bar coincé dans le chalet,
avec de l'huile végétale qui garde chez lui.
Il m'a dit, mais maintenant, tu dois pouvoir faire de la mayonnaise.
Alors par chance, je savais à peu près faire monter une mayonnaise.
Et pour lui, c'était comme un immense cadeau de la civilisation qui arrivait,
comme si on lui a porté une télévision.
Donc après, je l'ai appris, on a passé la nuit à lui,
à essayer de faire monter sa mayonnaise,
qu'il n'arrivait pas du tout à faire monter,
alors qu'il utilisait la même fourchette que moi,
une même bol.
Donc pour une fois, c'est moi qui savais faire un truc
que lui, il ne savait pas faire dans ces conditions-là.
Mais c'était quelque chose qui venait un peu de mon monde à moi.
Le soir, on se couche assez tôt,
parce qu'on commence à dîner à 5h de l'après-midi.
Donc en fait, à partir de 21h,
c'est comme s'il était 1h du mathe dans notre tête.
Il y a aussi soir, le vent se lève.
Le vent, c'est aussi quelque chose qui en dort vite,
qui fatigue énormément.
Dans la maison de trapeur, c'est une vieille maison en bois,
il y a des entrées d'air partout.
Il y a des sifflements incessants,
qui sont très très beaux,
puisque c'est apaisant.
Puis on a l'impression de nous d'être dans cette espèce d'alcool
au milieu de quelque chose de très très hostile.
Alors moi, je le mets au riche osseil, lui, à l'étage.
Il fait des cauchemars la nuit.
Donc il se réveille en criant,
et il se rend dort pas souvent.
Ça me réveille souvent,
et puis ça crée quelque chose dans cette situation
d'une maison où il y a le bruit du vent,
d'être perdu et tout.
Ça crée une situation un peu qui devrait être inquiétante,
mais qui n'est pas, parce que je sais qu'il a un rapport très apaisé à ça.
Puis en même temps,
moi je me sens beaucoup plus en sécurité ou à la bruit
dans ces situations que,
parfois quand je dors dans un coin de ville,
depuis que je suis petit,
je vais dormir en forêt avec mes frères d'abord,
puis moi tout seul.
Ça me réveille même plus le bruit des sangliers
qui viennent jusqu'à mes pieds.
Souvent, je n'ai pas de temps,
je dors dans un sursac de couchage, un bivou bag.
Je sais qu'un sanglier ne me chargera,
sauf si je l'ai blessé,
et ce qui ne risque pas d'arriver.
Et alors il y a aussi le fait
qu'il n'y ait pas de toilette dans la maison,
et qu'il y a en fait une espèce de toute petite cabane
qu'il a fabriquée,
où il a fait un trou suffisamment profond
pour aller aux toilettes.
C'est compliqué parce que la neige est profonde,
donc on sort,
imaginé à moitié en pijamas,
en collant de ski,
puis on met des grosses bottes de pêcheur
dans laquelle la neige rend,
donc on a les pieds trempés,
et puis aussi le fait de rester aux toilettes
dans le froid, au milieu du vent.
Et après, souvent,
quand on sort la nuit,
il y a des horreurs brouillales.
Donc on arrive,
on ouvre la porte,
qui dure à ouvrir d'ailleurs,
ce qu'elle est souvent face au vent.
Et tout de suite,
je me retrouve
dans un endroit en neige,
complètement,
et avec du vent,
le froid qui pique sur le visage,
et au-dessus, quelque chose d'hyper rassurant,
qui sont cette danse de filaments,
comme des grands nuages verbes,
bleus, violet,
quelque chose d'assez complètement divin,
qui apaisse complètement,
mais dans un climat hyper hostile.
Donc c'est souvent ça,
ces contrats des endroits très beaux
et très loin.
On mélange des sensations d'accueil,
de chaleur et d'hostilité très fortes.
Il me parle de son nom,
qui a été chasseur d'eau spoiler
aux Valbards,
donc entre l'Islande et le Groenlande,
qui est en fait une île
où il y a beaucoup d'eau spoiler, encore,
qui est l'île,
jusqu'où arrive la banquise,
et les ours arrivent par la banquise,
et restent tout l'été.
Enfin, restent tout le temps sur cette île,
et partent sur la banquise,
et les ours arrivent à la fin de l'hiver,
jusqu'à cette île,
qui est le Valbard.
Malheureusement, la banquise n'arrive
plus tous les ans,
ou elle est souvent à moitié,
donc les ours doivent nager,
ou n'arrivent pas à se nourrir.
Donc sur cette île,
avant, il y avait des chasseurs d'eau spoiler,
qui paraît complètement bizarre, maintenant.
Alors malheureusement,
il y a encore des chasses d'eau spoiler
dans certains pays,
et la Russie est prête
à l'autoriser à nouveau en Russie,
ce qui est triste.
Mais lui, son oncle,
il tuait à peu près
50 oeurs spoiler par an,
et tous les ans,
il arrivait avec les peaux d'eau spoiler,
à Alta,
qui est la dernière ville
au nord de la Nivej,
et il vendait ces peaux d'eau spoiler
qui apprépartaient
pour des labourgeoisies
de toute l'Europe.
Et en même temps,
cet oncle,
il vivait en autonomie totale,
et il voyait des gens
qu'une fois par an,
donc il sait ce concept du marin
qui rentre au port,
et qui voit des femmes,
et il disait que lui,
pour ne pas penser aux femmes,
son oncle lui avait dit
qu'il devait sortir
et couper du bois.
Mais que lui,
il avait un problème,
c'est que sur son île,
il n'y a pas d'arbres.
Donc il devait trouver des solutions,
alors ce qu'il fait,
c'est qu'il va skier,
ou qu'il part à la pêche,
ou à la chasse,
et même quand il a ces nourritures,
il disait qu'il exprède
les animaux,
et qu'au moins,
il avait l'impression
de faire un truc différent,
et qu'il lui permette
d'échapper à ça,
et des questions de la relation sociale
ou même amoureuse.
Ces questions,
qui sont les premières questions
qu'on se pose à aller vivre
tout seul dans la nature.
Alors moi,
j'ai la chance de passer
quand même beaucoup
dans la nature.
Je ne vais pas pour être seul,
mais la solitude est vraiment
le meilleur moyen
de se construire un imaginaire
et d'avoir une relation forte
avec tout ce qu'on voit,
le soir, de penser à ce qu'on a vu,
et c'est ça, en fait,
qui crée notre inspiration.
Dans la nature,
on doit être très silencieux
tout le temps,
et on n'est pas le bienvenu,
parce que les animaux,
quand ils nous voient,
ils sentent une odeur
d'abord, ils nous sentent,
souvent, où ils nous entendent.
C'est la pire odeur
qu'ils peuvent sentir,
et ils partent à toute vitesse,
ils nous montent leurs fesses,
et ils se sentent.
Et donc,
il faut apprendre
à se faire accepter.
Donc là, il y a une relation,
quand même, avec quelques animaux,
qui est de l'ordre
d'un effort qu'on fait
et d'être accepter par eux, vraiment.
En même temps,
je ne vais pas pour être seul,
et la photo me lit vraiment aux gens.
C'est-à-dire, quand je vois des choses,
je me rendrai bien que d'autres gens les voient.
Moi, je me suis donné
les moyens d'aller là
parce que j'avais envie d'y aller,
mais surtout, je me dis,
ça pourrait être trop bien
que dans ma photo,
j'arrive à retranscrire
tout ce que j'ai vécu
pendant la journée.
Alors, ce qui est très dur,
parce que, quand on va dans la nature,
même dans une expérience de vie différente,
on passe par tous nos sens.
Donc, on va entendre le sifflement du vent,
on va être ébloui par la lumière du soleil,
on va voir un côté
où il y aura un plateau,
un immense plateau de neige,
tout blanc, tout...
Et là, on a vraiment l'impression,
moi, j'ai cette impression
de rentrer dans un autre monde
dans lequel je suis invité spécialement,
et alors qui, à la fois,
très dur à vivre,
parce qu'il faut bien s'équiper,
il faut savoir se déplacer,
avoir des réflexes pour camper.
Donc, on n'a pas l'impression d'être le bienvenu,
puis c'est un monde qui est très dur,
et en même temps, il nous offre
une sensation de calme,
de pureté, de...
Le soir, je rentre dans ma tante.
Expédition en solitaire.
La tante, c'est une tante d'expédition
en tunnel, donc c'est pas très haut,
ça doit faire un...
Temps de structure,
moins 30 de hauteur,
donc on peut pas être debout,
enfin, pas moyen en tout cas.
Et il y a peu d'espace,
et je dois réussir
à mettre toutes mes affaires à l'abri,
donc des affaires que je sors de mon traîneau.
Mon traîneau, je le renvers,
et je le mets dans la neige.
Mais ce qui, je les plante
au bout de ma tante
pour permettre de mieux...
de mieux tenir la tante.
Mes bâtons servent aussi
à enacher la tante,
parce que c'est très compliqué
d'accrocher une tante dans la neige,
parce que quand on plante une sardine,
elle ressort.
Et avec les génie-pels,
qui me permet aussi
de dégager ma tante de la...
de la neige,
parce que le soir, en fait,
le bizarre se lève.
Quand on revient d'avoir fait des photos,
quand je reviens,
je trouve plus ma tante.
Donc il faut que je prenne un point GPS
au milieu de ma tante,
avant de partir.
Il ne faut pas que je prenne mon point GPS.
Par exemple, à 5 mètres de la tante,
en partant,
je la puissons gps,
et je me dis,
bah c'est bon, j'arriverai à 5 mètres.
Le soir, dans le bizarre,
on ne voit pas à 5 mètres.
Donc il suffirait que je revienne
sur mon point GPS, à 5 mètres.
Et là, je ne sais pas
si je dois aller à gauche,
à droite, devant,
et je ne retrouverai jamais ma tante.
Donc en plus,
je pars souvent avec un sac à dos
dans lequel je mets
mon duvet, mon sac de couchage.
Au cas où je me perd,
je peux dormir une nuit,
à peu près.
Donc là, je l'ai déjà fait une fois.
Donc je dors dans mon sac de couchage,
dans le bizarre.
Alors là, il y a des techniques
qu'il faut renverser ses skis,
dormir sur ses skis,
sur son sac aussi,
puis dormir avec une surface de contact
dans la neige, soit plus faible.
Il y a plein de petites techniques
de survie comme ça,
qu'il faut bien avoir en tête.
Puis être très rigoureux
avec toutes ces petites étapes
de matériel,
qui finalement,
quand on les fait,
il n'y a plus aucun risque.
Le soir, il faut que je me fasse à manger,
parce que j'ai très vite préfin,
et puis surtout,
on est très déshydraté.
Donc je vais chercher de la neige
que je tasse avec ma pelle,
donc des carrés de neige
comme pour faire des igloos.
Je mets dans ma tante,
je l'en mets deux ou trois,
puis j'ouvre l'avant de ma tante,
et j'ai un réchaud
qui fonctionne avec
de l'essence.
Et avec cette essence
qui brûle dans mon réchaud spécial,
j'arrive à faire fondre de la neige,
qui me fait de l'eau,
que je fais bouillir
pour ma nourriture déshydratée,
ou pour mes pâtes chinoises,
que je mélange
avec des épices différentes
chaque soir,
et j'ai l'impression d'avoir
des menus différents.
Donc j'aime beaucoup,
mais c'est très long,
on ne met plus d'une heure
à tout cuisiner.
Pour ça, il faut être un peu attentif,
parce qu'on a son réchaud
entre les pieds,
il ne faut pas le faire tomber.
Il ne faut pas sortir
ses mains de ses gants
trop longtemps,
puis on n'a plus la sensation
du chaud et du froid,
donc on peut se brûler
avec la flamme qu'on ne voit pas
dans le froid.
On se fait souvent avoir
une fois et on ne recommence pas.
Puis si on brûle ses gants,
par exemple,
on n'a plus de gants
et on a froid tout le temps.
Donc il faut être un peu rigoureux,
parce que normalement,
un photographe rêveur
qui part dans la nature
n'est pas au début.
Donc je prends un peu
sur moi-là-dessus même beaucoup,
et c'est plus un effort,
c'est un processus que j'ai.
Et après, le soir,
j'ai aussi un petit rituel,
je mets mes batteries
dans des chaussettes
que je mets dans mon duvet.
Mes batteries,
j'avais gardé dans ma doudoune
toute la journée
pour pas qu'elle refroidisse.
Je mets mes gants,
les chaussons de mes chaussures
de ce quiderando
dans mon duvet
pour qu'elles sèchent.
Alors j'ai un duvet
en plume d'oie qui est extrêmement chaud,
qui va à moins 35°C.
Et je dois regonfler
mon tapis de sol,
essayer de mettre des choses
autour de moi,
parce qu'il faut imaginer
que je suis juste allongé,
je peux pas me lever
et je bricole mes affaires au tour.
Il faut pas que j'oublie
de sécher mes chaussures,
sinon le lendemain,
j'arrive pas à les mettre.
Plein de choses comme ça
qu'on apprend en campant,
en fait, je suis juste
bon camper.
Et aussi le soir,
je me fais chauffer plus d'eau
qu'il faut que je mets
dans mon thermos
et que je laisse dans mon duvet
pour que le lendemain,
en partant,
je puisse mettre
des pâtes chinoises
dans mon thermos
et avoir un déjeuner.
Et aussi,
je remplis une bouteille vide
de neige
que je mets aussi
dans mon duvet.
Lendemain matin,
c'est à la fondue en eau,
donc j'ai un tir de bouteille
avec de l'eau.
Alors dans la neige fondue,
il n'y a pas de sel minéraux.
Par contre, mon corps,
c'est habitué à manger
ou à boire de la neige,
qui normalement
n'est pas le cas au début
quand on n'est pas habitué.
J'ai mon gros téléobjectif
et mes boîtiers photos,
je mets à l'abri du blizzard,
mais que je dois pas mettre
en contact
mon duvet
ni d'éléments chauds.
Sinon, ça condense très vite
parce qu'il passe de moins 30
à un peu plus de chaud.
Et parfois,
quand je dormais même
dans des cabanes que je trouve,
il ne faut surtout pas
que je chauffe la cabane
avec les appareils dedans,
sinon ça fait trop de choc.
Ça peut condenser
et après, je ne peux plus
nettoyer ni rien.
Donc là, il y a un rapport au froid
qui est beaucoup dans l'habitude.
Il faut savoir ne pas
avoir trop de couches
pour pas transpirer,
avoir des matériaux
qui ne gardent pas la transpiration.
Il faut bien gérer ses mains
parce que pour faire des photos,
c'est très dur avec des moufles.
Donc j'essaye de déclencher
à travers mes moufles
quand je fais des photos.
Et surtout, il y a plein de réglages
à faire sur des boutons devant
que je n'arrive pas à accéder
parce que j'ai une main
qui tient le gros objectif
avec ma mouffe
et une autre main
qui essaie de déclencher
et que si je baisse
mon appareil photo
alors qu'il y a un animal devant moi,
il va me voir plus
ou il va avoir un mouvement.
Donc souvent, je suis coincé
ma tête derrière mon appareil
et avec mon nez,
j'essaie d'appuyer sur des boutons
pour changer des réglages
ou sinon avec mes dents
de travers,
j'essaie de croquer
dans un bouton
que ça change.
Alors ça met de la baffe partout
et ça devient de la glace énorme
donc je ne peux plus toucher
au bouton après
et je dois abaisser
mon appareil photo
et l'animal s'en va.
Donc il y a des moments
un peu complètement absurdes
où les gens me disent
mais comment faire des photos
quand il fait froid,
est-ce que vous enlevez vos gants ?
Alors oui, parfois
j'enlève mes moufles
mais il faut compter
dans sa tête jusqu'à 20 par exemple
pour vite les remettre
et pas être pris dans l'enthousiasme
de ne pas sentir le froid
parce que le froid généralement
aux mains quand on le sent
c'est trop tard.
Si je vais passer une journée
à grimper une montagne
et quand il y a un...
Imagine un boucetin
ou d'une montagne en neige
eh ben j'aurais envie de le mettre
en haut sur la photo
pour retranscrire le vertige,
le vide
alors que si j'étais monté
en hélicoptère
j'aurais pensé juste
à cet animal atteint
et j'aurais fait un gros plan
et donc je trouve que
tout ce qu'on vit
c'est ça dont on doit servir
pour nos photos
et c'est ça en fait
qui permet aux gens de
vivre à travers ces photos d'animaux
toutes ces sensations qu'on a nous.
Ça passe par des techniques
de savoir qu'il faut réussir
à tout transmettre
mais malheureusement
dans une photo on peut pas mettre
tout ce qu'on vit en une journée
parce qu'une photo c'est juste un instant.
Donc la neige me permet
d'avoir...
elle purifie tout
et elle retransmène
mieux cette émotion personnelle
avec le réel lui-même
comme si quelque part
dans la nature
la neige et ses paysages
c'était un endroit
où mon imaginaire à moi
était réel.
Je suis parti un jour
avec mon amie Trapper
une journée pour faire des photos
donc je voulais même qu'il en fasse
lui avec mon appareil photo.
Alors c'était un peu compliqué
parce que c'était
pas une très bonne journée
pour faire des photos
parce qu'il y avait beaucoup de soleil
ça demande des réglages compliqués
sur la neige et tout
donc je réglais tout pour lui
et puis je lui repassais l'appareil.
Et aussi quand on est deux
les animaux ont beaucoup plus peur
mais c'était rigolo
parce qu'il faisait pas du tout
comme nous les gens
un gros plan d'un animal
et il avait cette frustration
tout le temps de pas réussir
à mettre dans les photos
tout ce qu'il a envie de mettre
parce qu'il part avec beaucoup plus
de concept de cet endroit que nous.
Ce soir en rentrant
quand on a gardé les photos
il était hyper déçu de lui
et en même temps
il trouvait ça génial
de se dire que moi
je commence à réussir
à mettre grâce à mes techniques
et à mon expérience
de ce que je vois
dans tous ces endroits
à mettre ces émotions
ces émotions intérieures
dans la façon
sur le terrain de faire des photos.
Il me dit bah tu retoucheras mes photos
pour qu'elles deviennent comme les tiennes
et tout. Alors je retouches pas
du tout mes photos
parce que j'essaye justement
d'avoir ces situations
ou des moments que je cherche
dans la vraie vie.
Donc ça me plairait pas
de faire des photos
dans des situations pas très belles
et de les rendre belles
en rentrant.
Je voulais repartir
parce que je voulais aller
photographier des oiseaux
des maquereux qui reviennent
sur une autre île
qui est très loin
qui est de l'autre côté
de la Norvège
qui est au large de la Russie
et en fait
il fallait que j'y aille maintenant
parce que je vois
que la neige était en train
de fondre et que c'est à ce moment-là
que les oiseaux reviennent
de l'océan Arctique
et commencent à nicher
et la neige peut revenir
encore une fois
et j'arrive à faire des photos
de ces animaux
très colorés
dans la neige qui est rare
des maquereux
comme des petits pingouins
colorés
et aussi des pingouins
des pingouins tordats.
Et alors là je dis
à mon pote
bah il va peut-être falloir que je pars
qu'il faut qu'on appelle le bateau
et en fait
on appelle le bateau
mais pendant cinq jours
il y a eu une tempête
j'étais bloqué chez lui
donc c'était chouette
c'était une bonne excuse
et finalement
donc j'ai pris le bateau
cinq jours après
qui m'a ramené
jusqu'au bateau
qui est souvent
à cause de l'autre côté
de l'île à l'abri du vent
au gasquis
et puis
il avait
une façon hyper pudique
de
de cacher ses emotions
et puis en fait
il m'a dit au revoir
comme si on allait se revoir
une semaine après
on ne s'est pas vu depuis deux ans
alors tous les ans
il m'envoie des mails
et il m'a offert un grand couteau
de trapeurs norvégien
qui est un couteau
qui sert normalement
à déposser des élan
ce qui ne risque pas
de m'arriver tout de suite
mais qui me sert
maintenant partout où je vais
parce qu'il n'est pas si grand que ça
mais qui est une lame très dure
qui permet de couper la glace
de
c'était son couteau à lui
donc je lui dis non je ne le vais pas
et puis en fait il a pris
un autre couteau
un petit et il a écrit mes initiales
et maintenant il dit
bah maintenant il est à toi
et il me l'a donné
quand je reviens
je reviens très vite d'un coup
donc il y a 40 heures de route
pour venir du Cart Nord
et je l'ai fait en 2 jours et demi
donc je roule
plus de 15 heures de
par jour
donc je m'arrête juste
pour reprendre de l'essence
et je repars
je ne suis pas fatigué pour ça
et au début
donc c'est des très belles routes
donc c'est de la neige
sur les 2000 premiers kilomètres
donc c'est un peu plus compliqué
de conduire, même compliqué
donc là il y a souvent des rennes
qui traversent, des élan
donc il faut ralentir
déraper, repartir
c'est assez drôle
mais en même temps fatigant
et là souvent quand on revient
au mois d'avril
il y a tous les oiseaux
qui remontent d'Europe
et qui vont dans toute la Scandinavie
donc il y a énormément
d'ois et de signes
donc c'est des signes chanteurs
les signes de l'Holgerseine
et les grandes oiseaux cendrés
qui arrivent de toute l'Europe
l'Europe centrale, de France
et qui remontent
et qui correspondent
aux mêmes axes que les autoroutes
et les grus aussi
donc je passe mon temps
à regarder plutôt
au sinon par brise
et à voir toutes ces oiseaux
qui remontent
et que j'entends aussi la nuit
quand je dors dans un parking
les oiseaux le matin
font énormément de bruit partout
donc là il y a un rapport
à la migration
que j'ai moi aussi en revenant
qu'on se croise
parce que en novembre
quand je descends
souvent je les croise dans l'autre sens
et ça correspond exactement
au même moment que moi
puisque moi j'y vais pour chercher la neige
au moment où elle fuit la neige
et au printemps quand je reviens
quand il n'y a plus de neige
elle en profite pour remonter
donc c'est mes compagnons
de route inversées en fait
et donc ça me permet de me lier
toujours à la nature
tout en étant dans des autoroutes allemandes
où les gens vont à 200 à l'heure
et tout
et puis souvent quand je rentre
mon van est rempli de plein de choses
toutes mes affaires sont mouillées
j'ai essayé de sauvegarder
mes photos sur un autre ordinateur
parce que j'ai peur de me dire
que toutes mes photos qui sont là
de plusieurs mois
ben d'un mois
il ne faut pas que je les perde du tout
et puis en même temps quand j'arrive chez moi
tout de suite
c'est une vie complètement différente
où je passe mon temps juste assis
tout le rythme que j'avais avant
et en contraste énorme
tout ce que je fais
j'ai moins l'impression de le vivre vraiment
ou d'y mettre beaucoup d'attention
par exemple
quand je fais à manger dans ma tente
il faut absolument que j'aie tout un rituel
pour réussir à faire fondre de la neige
pour manger les peaux de choses
que j'aime
des petites pâtes
ou du lieu filisé
la nourriture pas très bonne
mais que je trouve très bonne là-bas
et pour lequel je suis hyper content
de la manger après avoir réussi
à enlever mes chaussures
à refaire ma tente
à me mettre dans mon duvet
à allumer mon réchauffe dans le vent
alors que là je mets une pizza dans le micro-ondes
je retourne voir mes photos
et je sais plus si je mets la pizza dans le micro-ondes
c'est un contraste qui est à la fois très dur
et puis en même temps qui te donne de la valeur
au moment vécu avant
en même temps il y a cette excitation
de reprendre une vie sociale
mais il y a un contraste fort
et qui va très vite
Ce podcast est une production
« Les Hoseurs »
réalisée par Camille Juzot
avec une composition musicale de
Alisson Brassac
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