Le Ballon de la liberté

Durée: 16m49s

Date de sortie: 12/02/2021

durée : 00:16:49 - Les Odyssées - Ecoute l'Odyssée de la fuite de deux familles est-allemandes vers l'Allemagne de l'Ouest en 1979 ! Pour retrouver la liberté et espérer un meilleur avenir, les familles Strelzyk et Wetzel, maris, femmes et enfants ont élaboré un plan complètement fou et très risqué : ils vont tenter de s'évader de leur pays en montgolfière !

Le 23 juin 1977, dans la charmante petite ville de Potsnek, à l'est de l'Allemagne,
quatre silhouettes se fofillent dans la nuit.
C'est la famille Stralzik.
Ils marchent en silence, leurs visages sont graves.
Il y a environ une heure, chez leurs amis, les vœux de salle, ils ont pris une grande
décision.
Que disent, ils ont élaboré un plan complètement fond.
Les deux familles vont fuir leur pays en mongolfière.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands vivent une situation dramatique.
Leur pays, comme un gros fromage, a été coupé en deux.
Pour les habitants de la partie Est, appelés désormais RDA, République démocratique d'Allemagne,
la vie est en véritable enfer.
Chaque jour, de nouvelles libertés sont supprimées et la stasi, la fraude polysecrète, surveillent
les citoyens.
Ils ont des informateurs partout, leur pouvoir est immense.
Enprisonnés comme des rats dans leur propre pays, beaucoup rêvent de fuir.
Ils veulent passer à l'Ouest, en République fédérale d'Allemagne, où le gouvernement
ne contrôle pas la population et où la stasi n'existe pas.
Mais comment ?
La frontière entre les deux pays est infranchissable.
Hérissé de clôtures et de barbelés, protégés par des explosifs et des chiens qui aboient
comme des loups, on appelle cette zone le couloir de la mort.
Les Strelzik et les Vetsels ont-ils raison de braver le danger ?
Leurs fragiles mongolfières, ballotées par les vents, les porteras-t-elles de l'autre
côté de la frontière ?
Voici l'incroyable épopée de deux familles, prêtes à tout pour retrouver la liberté.
Peter Strelzik a... oui, dans les 35 ans.
Le matin qu'il neige au qu'il pleuve, il aime boire son café, fenêtres ouvertes,
adossées à la rembarde du balcon.
Peter est un homme prévoyant.
Prévoir ses réfléchirs, Peter réfléchit.
Sans fuir en mongolfière, c'est Gunther Vetsel qui en a eu l'idée.
Passer par la terre, passer sous la terre, ça ne marche pas, tout le monde se fait prendre.
Alors pourquoi ne pas passer par le ciel ?
Peter l'avait regardé dans Drôlder.
Mais oui, réfléchis, les gardes tirent sacrément loin, mais l'orbal ne nous intenderont jamais
à 2000 mètres d'altitude.
Partir en mongolfière, c'est ça qu'il faut faire.
Le projet était complètement fou et surtout extrêmement risqué, mais il avait compris,
c'était leur unique chance, la seule solution.
Oui, bon, eux, plus facile à dire qu'à faire.
Ni lui, ni Gunther, ni leurs épouses Doris et Petra, ni aucun de leurs quatre enfants,
ni connaissaient quoi que ce soit en ballons qui s'envolent.
Il avait fallu se débrouiller, apprendre, se renseigner, sans se faire opérer.
Pendant deux ans, dans le plus grand secret, ils ont paciellement construit la nacelle
qui transportera les huit passagers, morceaux par morceaux, ils ont gousillé l'immensétoil
qui les fera se déplacer dans les êtres.
Le ballon est désormais prêt.
Il n'attend plus que le vent, le bon vent, celui qui arrive du nord et qui pourra les
porter plus au sud, de l'autre côté de la frontière.
Pâteur est sur le point de refermer la fenêtre, lorsque...
Bon sang le bon soir.
Il remarque tout d'un coup une flopée de feuilles qui s'envolent.
Et pas n'importe comment, ma parole, elle se déplace en direction du sud.
Doris, Doris, le vent s'est enfin levé, vite ! Il faut prévenir Gunther et Petra,
cette fois c'est bon, on part !
10 minutes plus tard, le couple est assis dans le salon des vêtements de sel.
Ces derniers ont servi le café et quelques straws d'œil.
Au-dessus des tasses en porcelaine, l'ambiance est glacial, la discussion est à couteau tiré.
Petra, Doris...
Explique Gunther.
J'ai bien réfléchi, j'ai fait et refait tous les calculs plusieurs fois, c'est trop risqué.
On tiendra jamais à 8 dans la nacelle.
Alors je suis désolé, on ne peut pas partir.
Pâteur ne dit rien.
Alors quoi ? Parce que son ami, au dernier moment, se débine, tout s'arrêterait là ?
Impossible, il ne peut l'accepter.
En prenant son courage à deux mains, il demande.
Est-ce qu'on peut tenir à 4 ?
Après un long silence, qui paraît pesé au moins 500 tonnes, Gunther finit par répondre.
Oui, vous pourrez tenir à 4.
La décision est prise.
Petra, Doris, leurs deux garçons, Franck, 15 ans et Andreas, 11 ans, s'envoleront.
Seuls.
Le soir même, la petite voiture des Strelzik sillonne la campagne.
Pour ne pas se faire repérer par la police, ils ont état leur phare.
Les chouettes, ulule.
La lune s'est levée, dans une heure ou deux, peut-être, ils seront passés à l'ouest.
Parvenu à 12 km de la frontière, ils s'arrêtent dans une petite clérière.
Petra, Doris, Franck et Andreas installent le matériel.
Le brûleur agace fonctionne bien, ils recrachent une immense flingue.
Sous l'effet de la chaleur, la toile se déploie, elle gonfle, la mongolfière, tout d'un coup, se dresse.
Tout le monde monte à bord.
Allez, c'est parti.
Hans, va, il traîne !
Pater coupe les cordages, qui le retiennent au sol.
Comme l'air chaud et plus léger que l'air froid, c'est magique, la mongolfière décolle.
Oula, la nacelle tank dans tous les sens.
Eh, crochez-vous les enfants !
Pater et Doris ont les yeux rivés sur leur altimètre.
C'est un petit appareil qui permet de mesurer la hauteur.
600, 700, 1000, 1500 mètres !
Pater, ça grimpe, ça grimpe !
Mais, problème.
Le brouillard est sacrément épais.
Où se dirait-il ?
Ils n'en ont pas la moindre idée.
Parans et enfants se regardent.
Ils sont inquiets, ils ont froid, ils claquent des dents.
Non, nage troudol brésil !
Pater, tout d'un coup, sans trois petits coups d'eau lui tomber sur le nez.
Ils lèvent les yeux.
Ça vient des nuages ?
C'est la toile semouille !
On sera trop lourd et on va redescendre !
Paniqués, ils êtes un œil à l'altimètre.
Ils viennent de perdre 500 mètres en quelques minutes.
La mongolfière se rapproche de la terre à une vitesse à eul récente.
Ah, c'est pas vrai ! Mais on va s'écraser !
Quelques secondes plus tard, dans un fracas de tous les diables,
la nacelle frappe le sol.
Heureusement, tout le monde va bien.
Reste à savoir où ils ont intérêt.
Le vol a duré 32 minutes.
Théoriquement, c'est assez pour passer la frontière.
Ont-ils réussi à s'échapper ?
Le cœur battant. Ils inspectent les alentours.
Hélas, entre deux sapins, ils la perçoivent, là, juste devant eux.
L'horrible, la terrible ligne de barbelés qui coupe l'Allemagne en deux.
Ah, quelques mètres de plus et on aurait réussi.
Sous pire amèrement pétard.
Et maintenant, que faire ?
Pas le choix. Il faut récupérer la voiture et rentrer.
Pour couvrir leur trace, ils cachent le ballon sous des branches de sapins.
Ils marchent 10 km, la boule au ventre, terrorisé par l'idée de se faire arrêter.
De retour à Pesnek, immédiatement, pétard se rancher leurs amis, levé de sel.
Vous le savez comme moi, si la stasi découvre la mongolfière, on y tous cuit !
Réussir à s'échapper ensemble avant qu'ils ne nous retrouvent,
c'est notre seul espoir de ne pas terminer notre vie en prison.
Gunther et Petra acceptent de retenter le coup.
Ils partiront avec leurs amis, cette fois ils le promettent, ils ne flancheront pas.
Bien.
Ajoutent Pétard.
Il faut faire vite.
Ils ne croient pas si bien dire, à 20 km de là, exactement au même moment,
une voiture de la stasi a repéré la mongolfière.
Deux agents sont en train d'observer le matériel.
Inspecteur, mais qu'est-ce que c'est ?
Sa bombe tient, c'est la petite pourriture de traître qui a essayé de faire notre beau pays.
Voilà ce que c'est.
L'inspecteur Von Bredzel ne reculera devant rien pour retrouver le fuir.
Le compte à rebours a commencé.
Qui, de la stasi ou de nos vaillants camarades, gagnera la course contre la montre ?
Pour pouvoir s'échapper, il faut fabriquer une nouvelle mongolfière.
Toutes les nuits, tous les soirs, tous les samedis et dimanche,
dans la cave des Stralzik, les deux familles couze, elles assemblent, elles construisent.
Et surtout, elles attendent le bon vent.
Six semaines passent.
Enfin, le samedi 16 septembre 1979, le bulletin météo de Trésor annonce une bonne nouvelle.
Le vent du Nord soufflera le soir même à la vitesse de 30 kmh.
Pétter et Günther se regardent.
Purer, ils n'ont pas encore fini de coudre la toile.
Pas le choix, ils vont devoir terminer en quatrième vitesse.
C'est ce soir ou jamais.
Pendant ce temps, l'enquête de la stasi avance à grand pas.
Au ministère de la Sécurité, quelques servos fument.
Inspecteur, inspecteur, venez voir.
On a retrouvé des médicaments près de la mongolfière.
L'inspecteur vende Bradsell, des chiffres les tickets sur la boîte.
Pharmacie de Pusnek.
C'est là que vivent les offuyeurs.
L'ordonnance nous révélera leur identité et leur adresse.
Et en effet, en passant un coup de téléphone bien loin,
jusqu'à la pharmacie, l'inspecteur obtient un nom.
Doris. Stresique.
On les tient, les gars.
Allez, on fourche les eaux. Plus une minute à perdre.
Günther et Pétter ont-ils fini de coudre la toile ?
Sont-ils prêts ?
Et surtout, sont-ils déjà partis ?
Une heure plus tard, cette voiture de la stasi débarque devant la maison des Stresiques.
L'inspecteur vende Bradsell, sonne à la porte.
Une fois.
Deux fois.
Trois fois.
Personne.
Les policiers entrent.
Au chousole, ils découvrent une machine à coudre et des tas de livres sur les mongolfières.
Si eux, ça ne faut aucun doute. Faites préparer les vico.
Or de questions qu'ils nous échappent.
Pétter, Günther, Doris, Pétra et leurs enfants sont prêts à décoller.
C'est parti.
Pétter, ça tombe, ça tombe ! La nacelle n'est pas bien équilibrée.
Ah non, c'est pas vrai.
C'est ce qu'elle a fait, Pétter.
La toile a pris feu. Heureusement, ils ont avec eux un extracteur.
Rapidement, ils montent à 2000 mètres d'altitude. Ils se lèvent au-dessus de la forêt.
Dans son hélico, l'inspecteur vende Bradsell, aperçoit un point lumineux.
Là, c'est eux. Vite, rattrapez-moi cette bruiture.
A bord du ballon, ça ne va pas très fort.
Le brûleur à gaz fait un drôle de bruit.
On a trop chauffé.
C'est ce qu'elle a fait, Pétter.
Il n'y a plus de gaz, on va s'écraser !
Trois minutes plus tard, la grande flamme s'éteint.
Dans la nuit noire, sans nuage, ils entendent l'hélico arriver.
Le vent continue de pousser la nacelle, mais ils ne font que descendre.
Le ballon se rapproche dangereusement de la Terre.
C'est fini.
Lances, Pétter, au bord des larmes.
Puis, en se retournant, ils lancent...
Attention ! Un poteau électrique !
Évidemment, ils se le prennent en pleine face.
La Montgolfière s'échoue sur le sol.
Où sont-ils arrivés ?
Les Strelzik et les Védecel marchent dans la forêt.
Ils croient une voiture.
Elles s'arrêtent.
Où sommes-nous ?
Demande Pétter.
À l'ouest ?
Le conducteur les regarde comme des urlubères lus.
Sans dire un mot, il fait signe.
Que oui !
Nos valiant aventuriers sautent de joie.
Ils ont réussi ! Ils sont passés à l'ouest !
11 ans plus tard, le 3 octobre 1990,
après 45 ans de séparation,
les deux Allemagnes seront enfin réunis.
Les Odyssey est un podcast original de France Inter.
Le premier édition de la France Inter.

Tiens, mais au fait, pourquoi l'Allemagne a été coupée en deux ?
En 1945, l'Allemagne perd la Seconde Guerre mondiale.
Les États-Unis, l'Angleterre, la Russie et la France,
pays vainqueurs, occupent son territoire.
Petit à petit, un nouvel ordre politique se dessine.
La Russie et les États-Unis s'affrontent durant une période
qu'on appelle la guerre froide.
Les États-Unis, l'Angleterre et la France,
regroupent leurs zones pour faire face à la Russie.
En 1949, l'Allemagne est officiellement coupée en deux pays.
À l'ouest, la RFA, la République fédérale d'Allemagne,
alliée des États-Unis, à l'est, la RDA,
à la République démocratique d'Allemagne, sous l'influence de la Russie.

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France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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