#04 — Au coeur des vagues géantes de Nazaré, avec Justine Dupont

Durée: 33m9s

Date de sortie: 25/07/2018

Depuis quelques années, le surf de gros a le vent en poupe. À 26 ans, la championne Justine Dupont en a fait sa spécialité.

Avec simplicité, elle raconte une session hivernale à Nazaré au Portugal. Avec ses 10 000 habitants et son petit port de pêche, cette petite ville est devenue le spot des surfeurs les plus fous, avec des vagues hautes comme des immeubles.

Comment se prépare-t-elle ? Et une fois sur la planche, dans 30 mètres d'eau, comment dompte-t-

elle la vague ?

Les Baladeurs est une émission Les Others. Cet épisode est signé Camille Juzeau, avec une composition musicale de Alice-Anne Brassac et un mixage de Laurie Galligani.

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Back Market est fier de soutenir les baladeurs.
Les baladeurs, une série audio, les hausseurs.
Des balades, des aventures, des mésaventures, en pleine nature.
Prêts pour le départ ? Prêts ? C'est parti.
Oh et réveille-toi ! Ça fait combien de temps que t'es endormi là sur cette plage ?
T'as la gueule en farinée de sable, les cheveux blanches chi par le sel.
C'est le bruit des vagues qui t'a fait sombrer ?
Viens, réveille-toi et regarde qui sort de l'eau.
C'est Justine, Justine Dupont, la jeune championne de surf qu'on connaît pour avoir dévalé les plus grosses vagues du monde.
2013, la vague de Ballara, de 15 mètres.
2016, Jaws à Hawaii, aussi Alien et Mulak Mord en Irlande et Maverick en Californie.
Ça t'impressionne ?
Elle se marre maintenant, avec son rire cristallin, ses cheveux blondes ou miroids de soleil,
mon cœur lui a aussi de ton air ébaillé.
T'as un mignon minouin comme ça, tu sais ? C'est pas grave.
Je te remets les idées en place.
Là, on est au Portugal, dans le spot des surfers les plus fous, nasarrés.
Les pieds dans le sable, les yeux dans le bleu de l'eau, Justine va nous raconter l'histoire de son dernier hiver ici.
Le soleil n'est pas toujours au rendez-vous et le calme de ce soir souvent chahuté par des tempêtes.
Il y a des frayeurs, il y a des grandes joies.
Comment Justine ressent-elle chaque vague, qui, pour chaque session, présente un nouveau défi ?
Sèche tes yeux et ouvre tes oreilles. Elle le raconte ça, maintenant.
Quand on part au Portugal, on sait qu'on s'est entraînés tout l'été.
Ces entraînements ont vraiment longs.
J'aime beaucoup de temps sur l'ordinateur, sur la préparation,
sur tout le travail, sur le matériel, sur l'évolution des planches, du jet ski,
de tout le matériel, on a des études, on a des études, on a des études.


On voit autour d'une chose qui est moins sympathique.
Quand on part au Portugal, on prend la route, c'est généralement ce qu'on a beaucoup de planches à mener.
La voiture est bien chargée à chaque fois.
On part pour 9-10 heures de route.
On sent que le dur a été fait.
Maintenant, ça va être place plus au surf et à l'action.
C'est une belle sensation, c'est agréable.
Mon copain est parti à Nazaré, à la base, juste rejoindre un ami qui l'a appelé, qui avait des belles vagues.
Lui, il devait partir quelques jours, il est rentré au bout de 15 jours
parce qu'il y avait des grosses vagues en France, c'est que l'appelait.
J'avais besoin de lui aussi et je voyais les jours passés et qu'il n'y rentrait jamais.
Il a dit, c'est chouette cet endroit, il faut qu'on y aille ensemble.
On est repartis du coup cet hiver, tout l'hiver là-bas.
On a tout simplement adoré l'endroit.
Je pense qu'on ressent vraiment une énergie, une émotion dans cet endroit-là.
L'océan est fort, il est puissant.
Souvent, c'est très gros.
J'ai vu pendant l'hiver où il y a quand même des grosses tempêtes, il y a du vent, on sent que ça vit.
Il y a une grosse falaise qui se projette comme ça dans l'océan,
avec un tout petit phare sur une grosse falaise qui domine l'océan.
Il y a une ambiance qui est particulière, avec d'un côté une grande forêt,
et enfin avec la nature.
Il n'y a quasiment personne sur la plage, ou quelques pêcheurs de temps en temps.
Et de l'autre côté, il y a le petit village typique.
De l'autre côté de la falaise, le village où il y a le locaux,
il y a un mélange de surfeurs de grosses vagues du monde entier,
et de locaux qui vivent de la pêche.
Parce que nous n'avons plus un village de pêcheurs.
Ce phare qui domine aussi avec ces grosses vagues,
qui sont formées grâce à un gros canyon dans l'océan.
Et c'est un endroit unique au monde où il y a un canyon aussi profond,
qui vient aussi proche de la plage.
Et il est pile en face de ce petit phare.
Donc c'est ça qui produit des vagues aussi grosses,
et qui rend encore plus l'endroit magnifique.
On ne le voit pas, mais sous l'eau, il y a quelque chose qui se passe,
ce qui fait que les vagues grosses aussi, c'est d'un côté, de l'autre côté,
il n'y a plus une vague, c'est tout calme.
Il y a quelques pêcheurs qui posent son filet, qui s'épanne à gel,
qui, avec ses avis de vagues normales, dans son petit bar,
qui posent son filet tout cool.
Et juste à côté, à 20-30 mètres en train de surfer,
des vagues immenses avec le jesquie dernier cri,
parce qu'il faut qu'il soit puissant,
et qu'il soit efficace.
J'aime bien ce contraste-là qu'il y a de l'ancien Nazaré,
de nouveaux Nazaré avec ces grosses vagues,
et tout le côté technique et tout ça qu'on a mis en place.
La première session, quand je suis arrivée là-bas,
il y a quand même maintenant, il y a de plus en plus de visibilité
sur cette vague ou de médias ou autres.
C'est là où il y a les plus grosses vagues au monde,
donc on l'associe à ça, à toute la danger.
Quand on arrive là-bas, la première session,
on va déjà appréhender,
et c'est vrai que plus presque le nom que la vague en elle-même.
On se rend compte que si la vague, elle est impressionante aussi.
Mais petit à petit, on s'habitue,
et on apprivoise l'environnement, l'endroit,
et on n'associe plus juste à une très grosse vague
qui fait peur et dangereuse,
mais aussi à toute la beauté qu'il y a autour,
où on ne met pas que l'image nazarée et des grosses tempêtes.
Ce jour-là, c'était un petit jour,
avec mes mots peut-être,
mais c'était un jour, c'était des vagues normales,
et c'était vraiment ce que se le mot,
le fait d'aller surfer cet endroit-là
qui m'a impressionné plus que les vagues en elle-même,
parce que j'avais déjà surfé des vagues de cette taille là.
Mon copain, c'est à rigoler presque un peu de moi,
et dire, mais t'as peur dans ce taille là, qu'est-ce que c'est ?
En fait, non.
Mais c'était sympa aussi d'avoir la sensation,
presque, de recommencer un peu à zéro,
même si on recommence jamais à zéro,
mais de commencer en respectant,
et en déjà des sensations dans des presque petites vagues.
On est vagues de 2 mètres, c'est des vagues normales.
Après, on ne peut pas caractériser une vague
sur une journée, c'est l'océance et la nature,
donc on sait qu'il y a plein de facettes,
donc on est de belles journées,
et des journées avec des chutes,
où j'en ai vu un paquet,
parce qu'on est à 7 août tout hiver,
donc on a eu toutes les hauts.
On regarde à chaque fois sur les cartes les vagues
qui va avoir, les prévisions météo,
les dépression en large,
et on voit si c'est en bonne augure,
si on s'est en train d'arriver dans la bonne direction,
et la bonne puissance,
le vent dans la bonne direction également, et tout ça.
Et quand on commence à voir
qui se passe quelque chose en mer,
là forcément,
l'impression gentille commence à monter,
à chaque fois,
on a un appel de nos amis
qui sont en France, Pierre et Juliane,
et qui viennent dès qu'il y a des grosses oules.
Dès que le écart,
on a vu qu'il y avait du rouge sur ordinateur,
et le téléphone qui a sonné,
on sait que voilà,
deux jours après,
la grosse oule arrive,
nos amis nous rejoignent,
on est à Nazaré,
l'ambiance elle est hyper chouette,
puis quand nos amis viennent,
voilà, on a vraiment cette sensation
d'être bien,
d'être chez nous aussi.
On arrive à la veille de la session,
tout le travail s'est fait en amont,
donc c'est plus la partie
plaisir qui est là,
et aussi,
je peux gérer les émotions aussi,
parce que c'est pas évident,
on s'est concentré en même temps,
et je dis, on,
parce que c'est toute l'équipe,
c'est vraiment une équipe,
on fonctionne tous différemment,
mais moi,
je vais commencer à me remettre bien
en question la veille après Rendée,
c'est là où j'ai fait mon tour,
j'ai fait le pic d'appréhension,
ou...
Oui, ça fait bizarre,
après,
je le fais en plus avec mon compagnon,
mon copain,
et donc,
dans l'eau,
et sur...
et dans la vie,
et dans l'eau,
c'est lui qui me tracte
sur le jet ski,
qui fait la sécurité aussi.
Le soir,
voilà,
je suis avec la personne
avec laquelle je vais aller
l'an demain,
dans les grosses vagues,
donc quand même,
on parle,
je vais lui dire
si je me sens bien
ou comment je me sens ou pas.
Par moment,
je préfère ne rien dire,
souvent, c'est presque
même plus sponsorne qu'autre chose.
Je garde pour moi,
c'est mon petit secret,
je me dis que je me sens bien,
et demain,
ça va être une belle journée.
Et à des moments,
on a un peu plus de doute,
même si on le sait très bien,
que les deux,
on le fait pour la passion,
pour le plaisir,
et qu'il n'y a aucune pression,
et on veut tous rentrer le soir,
sans esophage, tous,
et voilà,
c'est vraiment pour le plaisir
et la sécurité, avant tout.
Donc, souvent, voilà,
le soir,
même dans le lit,
encore dans le lit, en retard,
on fait cool demain,
on n'a pas de pression,
on le fait pour le plaisir,
et on ne prend pas de risque.
Et voilà,
souvent,
il y a cette petite montée,
le soir,
où tu vois aussi,
je pense, c'est de la conscience,
aussi, c'est de voir
le risque qui est en face.
Et voilà,
je prends la mesure,
et est-ce que je suis,
est-ce que j'ai envie,
est-ce que je me suis suffisamment entraînée,
est-ce que c'est dans mes capacités,
est-ce que j'ai envie aussi
de me mettre face
à un légérisme
de face à l'action ?
Voilà, le réveil sonne.
C'est un peu dur,
comme tous les matins,
quand il y a un réveil,
je pense pour tout le monde.
Et après,
on fait une petite routine,
je fais un smoothie,
il y a tout le monde qui se réveille,
et on va partir,
on va partir voir les vagues,
levé du jour,
des fois, on a regardé,
la houle rentre plus le soir,
donc on me patiente.
J'aime moins,
je préfère quand la houle,
c'est le matin,
on se réveille,
on va au phare,
voir les vagues,
levé du jour,
et j'aime bien quand c'est l'action,
on dirait,
quand il n'y a pas trop de moments de pause,
on attend que la houle qui grossit,
on est sur le phare,
on revient de voir les vagues
toutes les heures,
et on voit que ça grossit,
est-ce que le brouillard
il va partir ou pas,
est-ce que ça sera
trop gros,
est-ce que le vent,
c'est ce genre de situation-là,
c'est quand même assez dur,
mentalement,
et toi,
tenir toute la journée,
mais quand c'est des sessions,
ou ça part dès le matin,
ça c'est vraiment chouette,
tu sens que c'est fluide,
on a vu que les vagues
sont prévues là,
on a vu qu'il y avait
de grosses vagues,
et hop,
on va au port,
on met tout en place,
tout matériel,
il est prêt de façon la veille,
et voilà,
là,
on se jette
à l'eau avec le jet ski,
tout matériel,
et...
Il arrive au large pareil,
il y a encore quand même une petite montée
où on se reprend,
on prend conscience
des vagues,
de la situation,
est-ce que c'est un jour
dangereux ou pas,
est-ce que c'est un jour facile,
ou enfin,
c'est jamais facile non plus,
donc on prend les mesures
un peu de l'environnement,
ce qui se passe autour,
et si on le sent bien,
puis il y a la petite voie
qui pose pas de problème,
on y va,
je prends la corde,
et je vais prendre des vagues, et...
On va regarder les vagues
pendant longtemps,
on est tous arrivés,
ils plevaient,
même pour aller jusqu'au large,
on avait du mal à voir
juste devant nous,
donc après,
dans l'océan,
avec des vagues immenses,
ça devient bien plus compliqué,
il y avait du vent qui était fort,
et vraiment beaucoup de pluie,
et on arrivait au large,
il y avait une oube,
une très grosse oube
qui était attendue,
donc on n'était pas tout seuls,
il y avait d'autres équipages,
et on se regardait tous un peu,
et c'était qui sait
qui va le premier,
qui sait qui fait
le crash test, le cobaye,
et au final,
il y en a quelques-uns
qui ont essayé,
mais c'était pas jouable,
c'était pas bon,
donc finalement,
tout le monde est rentré au port,
et puis,
notre copain Pierre,
qui était là,
Frédémois,
on était sur 2 GSK,
donc notre équipage,
il y restait,
parce qu'on y croyait,
on n'avait pas forcément
d'autres choses à faire sur le bord,
les vagues, elles étaient là,
c'était quand même beau,
donc on voulait rester
pour voir le spectacle,
pour...
Et puis oui,
je pense que tous,
on y croyait un peu,
on avait envie de
voir si le vent allait tomber,
ou autre,
et finalement,
il y a eu une petite fenêtre,
une fenêtre,
c'est là où il y a le vent,
et tomber,
et là,
c'était...
Ouais,
je sais pas quand c'est fluide,
comme ça,
où on a attendu dans le froid,
pendant...
plus de 2 heures, je pense,
ou même 3 heures,
je sais plus combien de temps,
on a attendu,
et au final,
voilà, le vent,
il n'y en avait plus,
et hop,
on a pu partir dans l'eau,
et ça refait, bon non,
3 heures, tout seul,
super,
des super vagues,
des énormes vagues, et...
Ça se passait bien,
et je pense,
le petit côté,
je voulais en maîtriser,
des fois, je veux
trop contrôler,
ça bloque avec Fred,
qui est sur...
qui pilote,
c'est lui qui choisit plus la vaille,
donc je dois avoir confiance en lui,
et lui,
lâcher prise sur des choses,
et finalement,
ouais,
on s'est embrouillés,
ça a monté un petit peu dans les tours,
il y avait nos amis
qui étaient pas très loin,
qui ont dit,
non, allez,
persister, persister,
ça, c'est vraiment chouette,
d'avoir cet entourage autour,
s'il voit quand il faut
un tout petit peu pousser,
ou alors quand il faut, justement,
tempériser,
dire non, c'est bon,
vous avez raison,
et là, ils ont plus poussé
à continuer,
parce qu'il n'y avait pas
une raison d'arrêter non plus,
d'en monter dans les tours,
mais c'est tout.
Donc j'ai pris la corde,
j'ai arrêté de parler,
parce que je parlais trop.
Il a démarré le jet ski,
et je suis partie sur une vaille,
et le moment où je vais lâcher la corde,
j'étais juste là,
et je vivais, je surfais,
je descendais,
mais toutes les petites vagues
dans la vaille,
jusqu'à la complétée jusqu'au bout,
alors qu'il y avait plein de...
En plus, c'était une vaille dure,
s'il y avait plein de traces dedans,
elle était pas propre à...
Mais je trouvais ça d'autant plus beau,
parce qu'il y avait, voilà,
des côtés techniques,
il fallait jouer avec elle.
J'ai vécu la vaille,
c'était ma plus grosse belle vaille
d'oliver,
qui était plutôt mal partie au début,
et finalement,
c'était ma plus belle session d'oliver.
On est en chez au large,
et qu'on attend les vagues.
Les vagues arrivent par série,
donc il y a 3 vagues qui vont arriver
ou 5 vagues,
puis après, il y a un temps calme,
pendant 1,5 heures,
plus c'est gros,
plus il y a des temps morts,
donc il y a des temps,
voilà, de 1,5 heures,
des fois même 1 heure,
où les vagues sont moins fréquentes.
Et après, c'est pas calé,
c'est des fois,
elles vont arriver vite,
puis après,
ça va avoir un temps...
Ça qui est beau aussi.
Et dans ces temps,
où il y a peu de vagues,
on dérive avec le courant,
et on surf par moment face à une falaise,
et tu te dis,
voilà,
la chute,

elle est par moment interdite.
Il y a la vagues,
oui,
qui est derrière toi,
ou si tu tombes,
tu la prends dans la tête,
tu as passé du temps sous l'eau,
d'où les entraînements d'apnée
et beaucoup de préparation.
Et quand ils démarrent le jesquie,
on est face à la falaise.
Et quand je pars,
au début,
je suis face à...
il y a encore cette falaise,
et après,
il y a la vision de la plage,
où tu dis,
ça devient du sable,
pas en plâtré dans un caillou.
Cette vision,
elle est assez impressionnante,
c'est dur mentalement.
Puis aussi,
c'est à moi de mettre
dans une situation
de compléter mes vagues
et de ne pas chuter.
Il y a aussi
des fracas des vagues
contre cette falaise,
qui fait un écho,
et quand t'es au large,
des fois,
ça crée des taux nations,
ça fait bizarre.
Et après,
l'océan, lui-même,
qui est gronde,
qui est là,
il est puissant,
et ce sont plus beaux jours,
il existe,
ça c'est sûr.
Tu sens qu'il y a une présence
que c'est fort,
c'est intense.
...
...
...
...
...
...
J'aime beaucoup aussi
le sort de Brozac
pour toute l'équipe
qui est autour,
et la solidarité qu'on a,
je trouve ça vraiment chouette.

notre binôme,
avec Fred,
on est plus sincère,
on est amoureux
dans la vie,
et dans l'eau,
on se respecte
et on a envie
de le mieux pour l'autre.
Et dans notre équipe,
voilà,
des deux autres amis
qui est surfeur de Grozveil,
j'adore la relation qu'on a,
on se respecte tous énormément,
on se connaît,
et j'aime beaucoup,
cette relation,
à chaque fois,
de pousser un peu l'autre,
ou justement,
d'arrêter quand il faut arrêter,
quand ça sert plus à rien,
où on est plus dans la fatigue
qu'autre chose,
et il vaut mieux repousser
au lendemain.
...
La première fois que Pierre
est venu surfer avec nous,
il faisait juste la sécurité,
il était sur le deuxième jet ski,
et il avait attendu,
toute la journée,
dans le froid,
sur le jet ski,
avec le vent et tout,
il ne voulait pas forcément surfer,
et on a tous un peu insisté,
mais en même temps,
tu ne peux pas lui dire,
va surfer une vague de 20 m,
et il passe des fesses dans l'eau,
et vas-y,
non,
tu ne peux pas non plus le...
mais tu vois qu'il a envie quand même,
donc on lui a dit,
allez, s'il, vas-y,
mais s'il, mais s'il, mais s'il,
et en fait,
il a pris l'accord,
il est parti sur
une vague qui était gigantesque,
la plus grosse vague de sa vie,
pour ça encore,
et qui s'est écrasée sur lui,
c'était violent,
j'étais avec un ami,
on est venus le chercher,
on l'a raté,
enfin moi,
j'étais juste derrière,
donc on n'a pas pu le prendre,
et Fred, qui tractait Pierre,
lui, qui était sur le jet ski,
donc il a voulu récupérer Pierre,
mais en le posant sur la vague,
il s'est renvolé avec le jet ski,
donc c'était vraiment la scène,
mais la scène catastrophe absolue,
c'est la dernière vague de la session,
tout le monde était parti,
et nous, on en voulait encore,
et ouais,
cette scène de fou,
et moi, j'étais sur le jet ski avec Juliane,
le jet ski de sécurité,
il m'a posé sur la plage,
j'ai cette image de être au bord,
on me dit,
c'est la première grosse foule de l'hiver,
et il y a Pierre,
qui était encore dans l'eau,
Fred et Juliane, qui allaient chercher un peu tout le monde.
Et je vois l'image,
où il y a un bout de planche qui arrive,
il avait cassé la planche,
c'était ma meilleure planche,
et le premier roule, en plus,
il dit, bon, voilà,
le matériel, il en a plus,
et mais c'est surtout, voilà,
à ce moment-là,
je n'ai pas pensé à ça,
je l'ai vu la première petite bout de planche arriver,
c'est un mincement,
déjà, il y a une planche cassée,
après, j'ai vu un jet ski qui était retourné,
tu prends l'état de la situation,
et là, voilà, tout le monde est rentré au bord,
les jet skis, ils allaient bien en plus,
mais surtout, Pierre, Juliane et Fred,
les trois équipiers, collègues,
et tout le monde allait hyper bien,
il était hyper content.
Apparemment, il y en a avec qui court sur la plage,
il y en a un autre qui porte la planche,
donc c'est que tout va bien.
Eh, t'as eu peur pour Noda.
Moi, j'ai voulu en prendre une,
j'ai vu qu'elle m'est pédéçue,
j'ai passé la planche avec le dit gonflé,
ah, je me suis parti en bas.
On a un jet de sécurité
qui nous aide à monter à surface,
donc on déclenche les capsules de CO2,
on a quatre vies,
donc on peut déclencher,
et ça, c'est,
mon capsule se gonfle,
et notre jet est rempli d'air,
et on remonte à surface,
et il avait le jet qui était tout gonflé,
il avait tout déclenché,
mais il avait un énorme sourire,
vous voyez qu'il était allé dans du dur,
qu'il avait souffert,
mais qu'il était très content d'avoir eu cette expérience,
et c'était quand même dingue,
même là, c'était pas moi l'action,
c'était Pierre qui a pris cette vague de fou,
cette boîte de fou,
mais c'était beau,
parce qu'on a tous vécu,
on vit tous l'expérience,
et c'est chouette,
et dans le moins bien,
dans le bon,
il y a eu une session en hiver,
où c'était hyper compliqué,
on l'a tous vécu ensemble,
et on a tous décidé aussi d'un tempi,
il restait encore des heures de jour,
où on pouvait encore surfer,
on a tous dit non,
il fallait pas, on arrête.
Et puis, quand on sort de l'eau,
on passe par le port,
le port il n'y a jamais de veille,
donc on arrive dans un endroit,
c'est calme, plat,
souvent il y a le bruit qui s'arrête,
et Jessica, il fait moins de bruit,
ce qui fait du bruit aussi,
cette sacrée machine,
et on arrive, on rejoint les pêcheurs,
et c'est comme si on remet les comptes,









on sort de notre bulle,
et à ce moment-là,
il y avait quand même vraiment un arrêt,
où il y a une bruit,
on est tous bien,
ça se tousse bien passé,
et c'est bien s'étudier.
Si j'aime beaucoup la mer le soir,
le matin aussi,
mais tu la vois moins souvent,
parce qu'il faut quand même faire
tous les levées du jour,
donc...
mais j'aime beaucoup le soir,
parce que tu te rends compte
que la nature reprend le dessus,
et les vagues deviennent,
il n'y a plus de surfeurs dessus,
elles deviennent toutes seules,
toutes nature, toutes brutes,
et...
c'est un peu plus important,

je ne sais pas pour autant
que nous, on a arrêté de surfer,
mais que l'océan s'arrête,
ça continue, voilà.
Tu sens vraiment que...
que peu importe,
c'est juste en fait une succession de vagues,
et jusqu'à l'infini,
ça s'arrête pas,
et que tu es en fait juste une...
tu as juste la chance de surfer
un petit moment,
une petite vague,
dans tout cet espace,
tous ces vagues-là.
Et...
oui, j'aime bien,
le soir,
coucher le soleil, tu vois.
Tu vois que c'est...
que c'est ridicule
par rapport à tout ça.
Cette nature,
et que c'est beau,
c'est parci que, comme nous,
comme les humains,
comme...

Oui, je sais pas.
Et après, voilà,
on pose des pieds sur...
sur la terre ferme,
et...
c'est trop partout,
dans la vie normale.
On va aller cuisiner
un bon petit repas,
on va aller manger tous ensemble,
et puis,
en règle générale,
il y a des vaglons de mains aussi,
puisque c'est là où
les restes plusieurs jours,
et voilà, on en a...
On continue, on rigole,
la vie normale.
On s'entraîne tous, ça,
c'est vraiment chouette d'ailleurs d'en l'équipe,
c'est qu'on s'entraîne tous énormément,
et puis, on a appené aussi
sur notre capacité
à rester pour les restes.

















longtemps sous l'eau. C'est le risque principal. En plus, du coup, c'est chouette parce qu'on a
tous confiance, on sait qu'on est résistant. On a plus confiance qu'on en voit dans la veille.
L'apnée, c'est plein d'exercices. Au début, c'est plus pour apprendre sur soi,
comment ça se passe, qu'on n'a plus d'air, quelles sont les sensations, et jusqu'où on peut
aller. Parce qu'en fait, on se rend compte que les premières sensations, c'est plus mental
qu'autre chose. On n'a pas forcément besoin d'air à ce moment-là où on a envie de respirer.
On apprend ça, ça donne la confiance aussi de se dire que c'est juste un signal,
par exemple le diaphragme qui va taper. Ça veut dire qu'à l'intérieur, ça va se
contracter et être envie de respirer. En fait, non, c'est juste un premier signal,
mais ce n'est pas du tout à la main. Et d'apprendre tout ça aussi, c'est vraiment chouette. Ça
permet d'avoir un peu plus confiance et de pousser un peu plus. Et après, on va dans
l'entraînement qui fait un plus mal où on va chercher à remonter le coeur,
comme sur la vague où on va vivre l'action à les rudes, où les jambes vont amortir.
Ça pourrait vous présenter vraiment une piste noire, donc pas aussi longue qu'une piste
noire, mais voilà, on est 20 mètres, on est tout droit, hyper vite et il faut tout absorber
toutes les perturbations dans les jambes. Donc c'est intense, le coeur monte bien,
et puis après, s'il y a une chute, on passe de l'intense avec le coeur qui est haut à devoir
rester sous l'eau pendant le temps que la vague aura dessiné. Donc voilà, on a plein d'exercices
où sous l'eau, justement, on a à acheter vite et à prendre de l'air de rester sous l'eau.
Il y a beaucoup de préparation physique générale, plus de diverses cise de pilates,
Crossfit, yoga, plein de diverses cise qui sont sur plus sur les muscles profonds pour tout simplement
éviter les blessures, et après être plus performant sur la vague aussi, mais l'axe premier pour
moi c'est la sécurité, c'est éviter toute blessure. Et après, yoga, décièrement et tout ça,
moi je ressens énormément le besoin quand on sort d'une session, quand on arrive au port,
on sent qu'il y a tout qui s'arrête, mais aussi il y a toute l'énergie qu'on sent qu'elle
plus là, qu'on a laissé beaucoup beaucoup d'énergie dans l'océan et quand on me remet les pieds
sur la terre faire, on se sent lourd ou bien vide, bien fatigué. Donc pas ça, j'obligais les
étirements, le yoga, tout ça pour apprendre, pour avoir un bon équilibre, se donner aussi des moments
de bien-être aussi, d'être gentil avec soi, d'avoir notre petit côté cocon où on se fait du
bien, où on n'a pas envie de forcer tout le temps de lutter, mais d'être gentil, tolérant avec ça.
Donc là c'est un équilibre, un équilibre de tout ça.
L'hiver ça a été un hiver très long, il y a eu beaucoup de tempête, beaucoup de dépression qui
ont fini jusqu'en avril les dernières, donc c'est des hivers qui sont maintenant
très étendus. Donc c'est chouette pour moi pour les grosses aigles, mais je sais pas si c'est
vraiment chouette pour la planète, mais oui, la fin de l'hiver on a toujours un petit bossement,
on s'est dit, ah bon mais c'est fini, mais aussi on a tellement eu beaucoup de bon moments que
finalement on sait que c'est un cycle comme tout, c'est juste la fin d'un cycle et on se revoit
l'hiver prochain et encore plus motivé, déjà une envie de faire mieux l'année prochaine,
qu'est-ce qu'on va mettre en place. Donc on est toujours dans autre chose, dès qu'on a tourné le
page, de toute façon il y en a une autre qui doit s'écrire et qui est chouette. Donc là je repars
sur les compétitions, je sais que ça va être l'été, les plus petites vagues, mais c'est
passionnant aussi, il y a d'autres choses à faire donc on s'en dit pas.
C'est là que Justine nous quitte, elle s'éloigne, pieds nus dans le sable, dans le soleil couchant,
et nous laisse rêveur, la tête encore sonnée par le fracas de la vague. Elle rejoint Fred,
son ami écoéquipier, pour d'autres sessions sur des plages exotiques, et peut-être de nouveaux records.
Cet épisode est une production « Les Haussers » signé Camille Juzot. La musique est composée par
Alisson Brassac et l'Origaligani s'occupe du mixage. Cette histoire de glisse vous a mis d'humeur à
prendre la planche et vous aussi vous jeter à l'eau, retrouver d'autres récits de surf sur
le site « Les Haussers » et bien sûr pour les amoureux des livres en pleine page et sur papier
couché dans le magazine Ebonime.

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LesBaladeurs

Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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