Partir à l'aventure, c'est confier son destin aux éléments, à son expérience et parfois même à son matériel.
Chez Back Market, nous comprenons l'importance de pouvoir compter sur son équipement au quotidien.
C'est pourquoi nous proposons des appareils tech de qualité reconditionnés par des professionnels.
Back Market est fier de soutenir les baladeurs.
Les baladeurs, une série audio, les hausseurs.
Des balades, des aventures, des mésaventures, en pleine nature.
Prêts pour le départ ? Prêts ? C'est parti !
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Dans les ports de Marseille, du Havre, de Dunkerque ou de la Rochelle, sommeil d'immenses carcasses d'acier.
Lorsque leurs silhouettes s'ébranlent sous le sursaut du moteur, d'immenses ils deviennent alors minuscules.
Puis, on ne distingue plus qu'un point disparissant dans la ligne de l'horizon.
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Qui est-il au-delà de cette ligne que rejoignent les chalus ? Quelle est la vie de ceux qui travaillent la mer ?
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Romain de l'Aé, dont le nom de musicien est molécul, trafique les sons, distorre les bruits, harmonise ensuite pour créer des albums électroniques.
Mais son intérêt pour les fréquences l'amène au-delà de ce que peut produire la machine.
Ce qu'ils cherchent, ce sont les bruits de la nature.
Alors, ils décident d'embarquer, de se laisser emporter dans ce point de fuite vers l'horizon, qu'empreinte le chalutier vers l'Atlantique Nord.
Là, il attend, il attend que rurgisse la mer.
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Hiver 2013, Saint-Malo, Bretagne et France.
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J'ai commencé la musique au début des années 2000.
Et j'avais tout de suite cette idée en tête de composer derrière cette ligne d'horizon que je voyais en marchant sur la plage, en me promenant.
Ça m'a toujours interpellé de me dire qu'est-ce qu'il y a derrière ça, avec la conviction qu'on est sûrement inspiré de manière complètement différente que sur le continent.
Avec le doux rêve de mettre en musique la tempête, de me confronter aux éléments.
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Et donc il a fallu trouver le bateau qui pouvait me permettre d'aller dans une zone suffisamment houleuse pour rencontrer cette fameuse tempête.
J'avais aussi cette idée de m'imposer un dogme artistique, un peu comme un larvandre-trier, et de dire je pars avec des pages blanches sans aucune idée de ce que je vais faire là-bas.
Avec tous mes instruments, des microphones pour enregistrer les sons environnants et faire un album complètement in situ sur ce bateau et rajouter aucune note une fois le pied remis à terre.
Il m'a fallu faire une sorte de casting de bateau et j'ai des origines cancalaise. C'est en Île-et-Vilaine en Bretagne.
J'ai activé des réseaux, des connaissances et je suis entré en contact avec un armateur qui a deux navires dans sa flotte qui partent pour des campagnes de pêche longues.
Un tout au nord de la Norvège pêché la crevette et un deuxième qui pêche le merlomb bleu en Atlantique Nord entre l'Islande et l'Écosse.
C'est une zone de navigation qui est réputée pour être une des plus hostile au monde.
Le premier critère était rempli, le deuxième sur la durée, les campagnes de 4 à 5 semaines. Ça laisse quand même un peu de temps et du coup j'ai appelé l'armateur.
Je lui ai exposé mon projet et je dois admettre que je l'ai revu l'année dernière encore. Je ne sais toujours pas pourquoi il a accepté de m'embarquer.
Il y a eu besoin de l'accord du Capitaine entre temps et un an après ce premier rendez-vous avec M. Soisson, l'armateur, j'ai embarqué sur le Joseph Rottith II armé à Saint-Malo.
La rencontre avec le Capitaine et l'équipage, elle s'est faite le jour même, la veille du départ plus exactement.
J'essaye de ne pas devancer le contexte auquel je vais me confronter pour me faire surprendre une fois sur place.
J'arrive vraiment dans un monde inconnu et j'absorbe les choses, l'apprentissage, l'équipage, de la vie à bord. Tout ça, ça s'est fait la première semaine, un peu de navigation.
Je me souviens bien de cette nuit veille de départ, pas mal de doutes et d'appréhension. On largue les amars et après on est prisonniers.
J'avoue que j'ai toujours une petite trousse médicale avec quelques anxiolitis et une bouteille de whisky aussi.
Ce bateau est un espèce de cathédrale assez rouillée et c'est vrai que la veille du départ, j'ai mis quelques doutes à savoir si on va rester à Flo pendant cette campagne de bêches qui s'annonce
et qui durent en théorie entre quatre et six semaines. On sait quand est-ce qu'on parle, on sait pas quand est-ce qu'on revient.
Jusqu'à fin des années 70, ce type de navire en retenait était encore considéré comme des prisons à ciel ouvert et ils embarquaient des prisonniers à bord.
C'est un bateau des années 70 qui fait centaines de mètres, donc c'est un gros navire, 17 mètres de haut je crois et qui embarque 60 marins,
trois nationalités différentes, des polonais, des portugais, des français.
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Le jour J, on largue les amars et ce vieux t'adrouille prend une toute autre dimension quand il commence à braver les flots.
On le sent dans son élément, il prend bien la houle, il le sent épanoui et du coup,
le premier sentiment d'être assuré par rapport à ça.
Ça flotte, ça avance et ça a l'air stable.
Le capitaine, monsieur Kinu, demande un peu mes expériences de navigation, tout fier, je lui explique que j'ai jeune fait l'école des glénants,
j'ai fait plusieurs fois le tour de la Bretagne, ou est sans, molaine, avouale et il me regarde droit dans les yeux et me dit,
bon, t'as jamais navigué et il avait un terme d'ailleurs, c'est un spécifique que j'ai plus en tête pour qualifier les voileux,
c'est pas les gigolos mais c'est un terme qui ressemble à ça.
Il y a une frontière très importante entre les gens qui considèrent la mer comme un terrain de jeu,
de loisirs, les voileux et ceux qui considèrent la mer comme lieu de travail.
Ça c'est rigolant parce que moi je viens de ce milieu de la voile plutôt même si j'ai pas une grande expérience de ça,
mais je suis sensible à la navigation et là je me retrouve sur un gros tas de ferrailles avec des hommes qui ont un rapport à la mer très différent du mien.
Un équipage tout de suite convivial, blagueur, qui me met dans les meilleures conditions très curieux, intrigué,
il rigole un peu de ma présence, une manière très amicale et puis voilà on sent qu'on va apprendre à se connaître.
Historiquement, les jeunes marins français voulaient plus embarquer sur ce type de navire dans ces conditions-là
et donc ils ont fait appel à un équipage portugais qui a une longue tradition,
les portugais ont une longue tradition de pêche en haute mer, c'est très bon marin.
Et pour pas que l'équipage portugais prenne le pouvoir, ils ont coupé la poire en deux
et imposé aussi une partie d'équipage polonais. C'est un peu le pourquoi de ces trois nationalités.
Et tout de suite ce qui me frappe c'est le volume sonore qu'il y a sur le bateau, on s'entend difficilement.
Et le moteur qui a été allumé le matin, une demi-heure avant l'arguer des samars,
qui est un moteur 8 ZL 40, qui est un moteur à quatre temps, qui a à peu près à 117, 116, 117 bpm,
donc c'est une cadence très forte et continue et je sais à partir de ce moment-là que cette cadence va me suivre
pendant des prochaines semaines, il faut comprendre que c'est pas comme une voiture, il n'y a pas d'accélération ou d'écélération,
ça tourne toujours sur le même rythme, c'est juste l'inclinaison des pâles de l'élise qui font que le bateau va plus vite, moins vite,
donc c'est un rythme qui reste constant et qui qu'on entend partout sur le navire, qu'on soit à la proue, à l'arrière, en hauteur,
dans les entrailles, ça fait vibrer les pièces métalliques.
Tout de suite ça me donne un peu le la, parce qu'il a aussi une tonalité dans les fréquences qui chénèrent.
Donc un rythme et une tonalité et je sais que c'est déjà la première piste de travail dans mon entreprise sonore musical.
Je ne cherche pas la solitude, je cherche à me rapprocher des éléments et à aller dans des endroits où la nature est dominante.
Sur un navire comme ça, pour que la nature soit dominante, il faut que le vent souffle et que la mer se forme,
parce qu'autrement c'est la cacophonie des machines, des sons liés à l'activité de la pêche,
c'est ce qu'on a eu d'ailleurs les trois premières semaines sur le bateau, on a fait des ronds dans l'eau,
dans une zone de navigation qui s'appelle le jardin où il pêche plutôt bien, plutôt beaucoup,
et ça je m'aperçois au bout de quelques jours, quelques semaines que je ne suis pas venu sur ce bateau pour ça,
et que j'ai qu'un seul souhait c'est que le vent se lève.
Un jour derrière en siffletant sur le pont, le capitaine me dit amicalement,
ou là malheureux il ne faut surtout pas siffler sur un bateau parce que ça appelle le vent.
Donc ça n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, et je me suis mis assez flotté comme ça,
un peu dans mon coin pour ne pas me faire trop remarquer, pour appeler le vent et pour entendre les éléments,
parce que j'étais vraiment sur une usine à ciel ouvert au milieu de l'Atlantique, mais dans une usine très bruyante.
Je l'appelle, je l'appelle en cette tempête, je l'appelle, j'en ai besoin, j'ai besoin d'être inspiré par elle,
j'ai besoin de la vivre, c'est ce que je suis venu chercher, et je commence à avoir peur de ne pas vivre cette expérience-là.
Je me suis dit un moment, qu'est-ce que je fais quoi, si je ne vais pas faire un album avec uniquement le bruit du moteur,
et des poulies qui grinsent, et des machines de l'usine.
Je suis patient, j'attends mon erreur, je scrute les bulletins météo,
le capitaine comprend aussi ma situation, et on n'a pas le même objectif,
puisque la tempête pour eux, c'est synonyme de chômage technique,
le bateau se met à la capte face au vent, et des faux alertes, des bulletins météo qui annoncent,
une dépression, finalement ça ne arrive pas.
La Choseuse-Rothis, c'est un navire de travail, donc il n'y a aucun espace pour se reposer,
il y a une atmosphère très humide, des odeurs très fortes,
un mélange de gazouale et d'odeur de poisson,
et ce savant mélange, ça donne un air un peu poisseux, qui colle,
et une odeur très singulière.
Pendant presque un an après cette épopée,
mes vêtements portaient encore cette odeur, malgré des lavages successifs,
les couloirs sont étriqués, il y a un univers très archisé,
il y a évidemment la salle des machines, qu'on visite avec des casques anti-brouilles,
parce qu'il y a un volume très très fort,
il y a aussi l'usine qui se met en route une fois le début de la pêche,
si on est souris à son moment, c'était à peu près le 4 ou 5ème jour de navigation,
on se rendra sur la zone de pêche, il y a le carré des officiers,
il y a le carré des marins, et puis tout en haut, un peu comme la tour d'ivoire,
la Timodrine, qui est le lieu où le capitaine pilote les opérations et dirige le navire.
C'est le lieu où il y a tous les commandants, le capitaine en second,
le chef météo qui est un poste très important dans ce genre de navire,
le chef mécano qui vient sé régulièrement aussi,
pareil c'est pas un bateau où on a un accélérateur et on pousse un bouton pour aller plus vite,
on prend un téléphone et on est en relation avec la machinerie
et on leur donne un ordre d'aller plus vite et d'aller moins vite,
c'est des grosses machines.
La Timonrie c'est le seul lieu où on a une vue un peu dégagée sur l'horizon,
tous les autres endroits du bateau, on est quand même quelque chose de très confiné,
les déplacements dans le navire, on ne sont pas comme dans un sous-marin,
mais pas très loin, on peut se conner facilement,
on se lance à glisse, avec la ou l'on se tient,
chaque déplacement est quand même assez perrieux.
Il y a ma cabine qui est au troisième sous-sol juste à côté de l'usine,
il y avait un hublot, j'étais à Fleur d'eau et je me suis vite aperçu
quand l'usine s'est mis en route que c'était pas la meilleure place sur le navire,
j'étais au niveau des polonais et la cabine fuit de dos dans la cabine,
donc des serviettes un peu partout au sol,
de l'eau qui a même le sol pendant toute la durée de voyage,
un bruit important, donc sommeil difficile.
On est complètement coupé du monde,
des contacts très succins avec la Terre ferme,
via un téléphone satelliteur, un désert bleu, on ne voit pas de verdure du tout,
à part cet odeur de mélange de gasoil et de poisson et un peu de friture aussi,
parce que le cuistot cuisinait de manière très très grâce,
on ne sent rien, on ne sent pas une fleur,
donc c'est vraiment un désert monocense au sens où il n'y a qu'une odeur,
il n'y a qu'une couleur presque, ormilciel qui apporte des nuances.
Je crois que le premier coup de vent ça a été le 18e ou 19e jour,
et là, plein de nuit, le contexte change radicalement,
les mouvements du bateau se font plus forts, plus accentués,
on sent une tension se mettre en place, les ordres prennent une dimension aussi différente,
elles sont plus appuyées quand le captain s'adresse au marin,
il y a le risque pour l'équipage qui commence un peu à s'entendre, à se percevoir,
à ce moment là on est en train de pécher,
donc il y a un chalut de plusieurs tonnes, 3 km derrière le bateau,
400 m de fond, le bateau dans ces conditions là est complètement immanœuvrable,
il y a un risque concret qui se met en place dont le captain donne l'ordre de remonter le chalut,
je sors enregistré avec un harnais de survie attaché, la nuit arrive,
et là, là on y est,
on y est des déferlantes impressionnantes arrivent à l'arrière du bateau,
certaines manques ont porté des marins d'ailleurs,
on était à deux doigts de couper je crois le chalut et le laisser,
parce que le chalut pèse plusieurs tonnes remplie de poissons, de merlons bleus,
et du coup ça fait un poids, un contrepoids très important à l'arrière du bateau,
ça jitte comme ça par l'arrière, des vagues s'engouffrent derrière,
et c'est une situation un peu risquée,
il faut vraiment rester face au vent et face au vague pour ne pas se faire déporter,
et la jitte peut être très dangereuse à ce moment là,
l'opération doit prendre trois heures à peu près,
pendant trois heures il y a cette tension, est-ce qu'on va y arriver,
on a perdu personne, et après, une fois le chalut remonté,
le bateau se met à la cape, je ne mette pas le chalut à l'eau,
la tempête pousse les marins au silence,
et c'est à ce moment là qu'on entend vraiment les éléments.
Il y a un côté visuel très fort,
cette mer déchaînée, ce bateau qui se rétrécit aussi,
et là en plein milieu de l'Atlantique, au coeur d'un coup de vent,
on a l'impression d'être sur une coquille de noix,
il y a des déferlantes de 15, 16, 17 mètres qui s'effondrent sur le bateau,
la timonnerie est recouverte d'eau à chaque fois,
l'interdiction de sortir du bateau, donc là on attend,
les hommes attendent, et moi j'observe, j'enregistre le vent qui fait siffler tout ça,
les craquements de la coque, les chocs des déferlantes contre la coque d'acier,
quand on sort dans ces conditions là, on m'équipait,
on donnait une cibi aussi pour rester en contact,
et puis parfois j'avais carrément une interdiction de sortir,
que le capitaine est responsable de son équipage,
et donc c'est lui qui donne les autorisations,
il fallait avoir l'autorisation dans les conditions un peu extrêmes,
que l'équipage soit courant.
Les images fortes que je retiens de la tempête,
c'est plutôt des images de nuit,
ou je ne la voyais pas en fait,
et je pense que le fait de ne pas voir ça,
ça serve aussi le sens de Louis,
et l'attention qu'on a par rapport à ça.
Le moment où j'ai arrêté, où j'allais me coucher, me reposer,
par exemple, c'était des moments où les peurs étaient,
commençaient à jaillir,
ou les questionnements,
ou commencent à cogiter,
et à se dire qu'on est à 300 km des côtes les plus proches,
qu'on a fait des tests de combinaison de survie quelques jours par avant,
et que ce n'était pas pour rien.
On se dit qu'on est peut-être un peu maso,
de chercher à se mettre dans de telles conditions,
enfin plein de considérations,
qui font qu'on vit en tout cas quelque chose de très fort,
et quelque chose qu'on en prend confiance en tout cas,
qui marquera jusqu'à la fin de nos jours.
Et puis on commence,
ou de 24h, 48h, à se dire que finalement, le beau temps, c'était pas mal,
parce que, tout comme c'est péché,
quand la tempête gronde,
le travail de studio, les journées de studio de composition,
ne sont pas évidentes.
J'ai mis du temps à m'amariné,
à pouvoir inscrire un peu mon travail de studio dans la longueur.
Les premières semaines rapidement,
on est quand même un peu barbouillé,
on a besoin d'aller à la Timonerie,
regarder l'horizon,
poser son regard,
pour éviter d'être malade.
Et cette première tempête, clairement,
va stopper dans mon élan de composition,
mais par contre, je savais que c'était un moment
où j'enmagasinais de l'inspiration et puis des sons,
qui allaient permettre à mon projet musical d'avancer.
J'enmenais tous mes instruments,
j'avais pas de limites de matériel,
j'avais une guitare, une basse,
4-5 synthétiseurs,
je pense, un mini-moug,
un prophète-8, un virus, T.I.,
un analogue fort,
des boîtes à rythme analogiques aussi,
beaucoup d'effets.
J'enregistrais avec les petits effets de guitare,
je suis guitariste à la base,
j'ai gardé ça de la guitare,
parce que je l'utilise de moins en moins,
dans mes productions,
mais sur le côté un peu recette de cuisine,
j'utilisais tout un chénage de petites pédales d'effets
qui par ricochets donnent des sons, des textures,
et ça permet aussi de se faire surprendre,
soi-même par ces machines-là.
C'était sans cesse du bruit du son,
il y avait un travail de création,
il s'est dépuré par l'équalisation,
par des traitements,
de sculpter vraiment les sons pour en retenir qu'une fréquence,
d'essayer d'isoler les choses dans quelque chose de très confus.
Après, on a enchaîné plusieurs dépressions,
il y en a eu deux qui se sont enchaînés comme ça,
assez fortes, assez violentes,
et au bout du 24e, 25e,
jour, de 2h00,
je me revois en train de travailler dans le studio,
en tenant les machines en même temps,
avec une jite très importante,
et être dans un état dans mon élément
et arriver à travailler des heures durant,
dans des conditions assez difficiles,
mais avoir les idées claires,
à ne pas être malades,
à être vraiment concentrés entièrement dans la musique.
Le corps s'habitue, s'adapte à ce contexte,
j'ai avancé comme ça dans le processus
d'entreprises de sons et compositions dans le studio,
jusqu'à l'ordre du retour,
qui est arrivé le 33e jour de navigation,
où l'alarmateur appelle le capitaine en lui disant
qu'il y a une prochaine dépression qui arrive,
ça n'appellera plus rentrer.
Donc à ce moment-là, on est tout au Nord,
60°43° Nord,
c'est la latitude la plus au Nord à laquelle on est allé,
avec le bateau,
et on reçoit horde de faire route à terre.
Donc là, à ce moment-là, on n'a pas vu la terre depuis 32 jours.
Faire route sur Terre,
je me souviens des premiers arbres de la côte,
de voir des revenus au début du printemps,
fin avril, c'était un bonheur de revoir des végétaux.
J'ai aucun recul sur ce que j'ai fait.
Par contre, j'ai la conviction d'avoir fait le maximum.
Je reviens assez confiant avec cette idée-là,
une sorte de force tranquille qui m'a envahie
après ces différentes tempêtes essuyées
et de revenir indème, de tout ça.
Et le capitaine me dit à ce moment-là,
tu commences à découvrir ce que c'est la vie de marins,
c'est aussi les retrouvailles.
Et c'est vrai qu'à partir du moment où on a horde de faire route sur Terre,
l'atmosphère, une fois de plus,
d'une ailleurs se transforme, en tout cas j'en découvre une nouvelle.
Et ces marins qui sont assez bourrus,
assez renfermés quand même,
même si ils s'arrégolent et que ça parle fort,
d'un coup on s'aperçoit qu'ils ont quand même un coeur bien ancré
et qu'ils sont émus de trouver leurs proches, impatients.
Et les retrouvailles, c'est quelque chose d'assez fort.
Parce que c'est un très beau moment, très fort.
Et l'envie et la conviction qu'il va falloir repartir prochainement
pour ce type d'aventure.
Et aussi les oreilles fatiguées de tout ce boucan
que j'ai eu pendant 5 semaines.
5 semaines là où le silence n'existe pas.
Et du coup tout de suite cette idée me vient à l'esprit.
Je ferai mon prochain album autour du silence.
Romain est rentré au port avec l'album 60°43 Nord,
composé comme un carnet de voyages.
Ces titres racontent les états de la mer et les états d'âme.
On aime penser que le capitaine d'une franche poignée de main lui dit au revoir
et atteste du regard que maintenant, oui, il sait.
Il connaît la mer de ce qui travaille.
La promesse qu'il s'est faite à lui-même de repartir
l'emmènera dans une nouvelle quête, celle du silence,
dans les déserts blancs du Groenland.
Il signe alors un nouvel album intitulé « moins 22°7 »
où résonnent les grosses espaces vides.
Ce nouvel épisode des Valadeurs est signé « Camille Jusot »
le mixage est réalisé par l'Origali Gany.
Les musiques de cet épisode sont signées par Molecule
et issus de son album 60°43 Nord.
Cette histoire vous a plu ? Parlez-nous-en !
Sur vos applications d'écoute en ligne, par un commentaire ou une étoile
et nous lirons soigneusement ce carnet de bord de votre voyage sonore.
Les musiques de cette histoire sont signées par le « Camille Jusot »
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