Les Odyssées au cœur de la Seconde Guerre mondiale 2/4 : Irena Sendler, la Juste du ghetto de Varsovie

Durée: 14m20s

Date de sortie: 19/04/2023

durée : 00:14:20 - Les Odyssées - par : Laure Grandbesançon. - Irena Sendler, son nom ne vous dit peut-être rien et pourtant : cette jeune femme est l’une des plus grandes résistantes polonaises. Pendant la seconde guerre mondiale, avec l'aide des réseaux de la Résistance juive, cette jeune assistante sociale sauve 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie.

Les Odyssey de France Inter avec Pronote, toute la vie scolaire en une seule appli,
pour les profs, les élèves et aussi leur famille.
Le 1er septembre 1939, à Varsovie, en Pologne,
le ciel crache du feu.
Les avions allemands sillonnent les airs
et lâchent des centaines de bombes sur la capitale.
Les sirènes hurlent, les russes sont vides.
Et pourtant là, au milieu du chaos,
une jeune femme brune à vélo tente de se frayer un chemin.
A la seconde, où elle a entendu l'annonce de la guerre à la radio,
Irina Sandler n'a eu qu'une pensée,
rejoindre ses amis du bureau d'aide sociale.
Ensemble, on va pouvoir aider, faire quelque chose.
Mais bon, c'était peut-être pas une si bonne idée.
Irina s'arrête net.
Une bombe bien exposée à quelques mètres d'elle.
Elle n'entend plus rien, sa tête est lourde.
Allez, ma vieille, tiens bon !
Soudain, elle aperçoit un homme un peu plus loin, agiter les bras.
Oui, mademoiselle !
Oui, un abri !
Oui !
Irina le rejoint en courant.
Ça va, mademoiselle ?
Vous êtes inconsciente. Allez, entrez vite.
Inconsciente ? Irina s'enlève ?
Sans doute, mais pas que.
Cet homme lignore, mais la jeune femme bientôt,
deviendra l'une des plus grandes figures de la résistance polonaise.
Avec l'aide de fidèle et courageux camarade,
elle va sauver 2500 enfants juifs de la barbarie nazie.
Irina s'enlèrent, 30 ans, sourire impassible,
et caractère en acier trempé est une dure à cuire.
Mais tout ceci, elle non plus, ne le sait pas encore.
Pour l'heure, réfusée dans une cave avec une dizaine d'autres polonais,
elle entend les bombes explosées au-dessus de sa tête.
Irina regarde le plafond.
Elle ferme les yeux et pensa son pêle.
Stanisław Krizanowski porte de grande moustache
et tout le monde l'appelle Stasio.
Medecin dans l'âme, Irina l'a toujours vu soigner et aider les autres.
Irina, quand quelqu'un se noie, qu'est-ce qu'on fait ?
On lui tend la main, papa.
Oui, exactement, ma petite chérie.
Stasio se bat contre la misère et les injustices.
Il déteste les préjugés.
Dans la ville d'Odwosk, au sud de Varsovie,
où la famille habite depuis quelques années,
il est le médecin des pauvres et des paysans juifs.
C'est le seul qui accepte de les soigner.
En Pologne, dans ces années-là,
une grande partie de la population ressent de la haine auvers les Juifs.
Ils sont antisémites. Mais pas Stasio.
Son cabinet, comme sa maison, sont ouverts à tous.
Irina a grandi parmi les enfants de confessions juives.
À six ans, elle parle couramment leur langue, le Yedish.
Sssh !
Bientôt, une grave épidémie de typhus éclate dans la région.
Stasio finit lui aussi par être contaminé.
La maladie, hélas, gagne la partie.
Irina vient toucher ceux d'avoir sept ans et elle se demande.
Est-ce que mon père est mort parce que je n'ai pas été sage ?
Après l'enterrement, le rabin de la ville toque à la porte.
Votre mari était un grand homme. Nous paierons les études de l'enfant.
La mère d'Irina est extrêmement touchée, mais elle refuse.
Je me débrouillerai, Seyra.
Irina, qui a désormais sept ans et une semaine, pense.
Maman est une lionne !
L'Alionne et sa fille quittent Hodevos.
Irina n'oubliera jamais les années heureuses passées là-bas, ni l'engagement de son père.
A l'âge de 22 ans, elle décide de devenir...
...assistante sociale.
En fait, au départ, je voulais être avocate,
mais on m'arrêtait hors-qu'à-c'est que c'était pas pour les filles.
Et tu te laissais décourager.
Et attention, là, une voiture !
Irina et Adam courent dans les rues de Varsovie.
Ils s'aiment et ils le savent.
Mais Irina est déjà prise.
Il y a un an, elle a épousé Mitek Sandler,
un jeune homme qu'elle fréquente depuis le lycée.
Du reste, Adam non plus n'est pas libre.
Il a suivi la tradition et s'est marié avec une jeune femme juive, comme eux.
Grouille, Irina, on est en retard pour la réunion.
À l'université libre de Varsovie,
ils font partie du même cercle de jeunes intellectuels.
Réunis autour de la professeure, Elena Radlinska,
ils luttent contre la pauvreté et militent pour l'égalité
entre les polonais juifs et catholiques.
Pourquoi les juifs, depuis des siècles,
n'ont pas les mêmes droits que le reste des habitants de Pologne ?
À l'université, comme dans le reste du pays,
des idées nosaies abondent,
gagnent du vieux, des gens qui n'ont pas le droit de faire la vie.
Ils ont le droit de faire la vie.
Les élèves ont besoin de les étudiants juifs
à s'assurer dans la partie gauche des salles de classe.
Ils veulent les séparer des autres ?
Non mais ça ne va pas, la tête !
Irina, Adam et leurs amis, pour protester,
restent debout pendant les cours.
En 1939, lorsque Hitler envahit la Pologne,
Irina, séparée de son mari, est assistante sociale.
Elle est inquiétée à la raison.
Son pays a perdu la guerre et il va souffrer.
A peine d'occupation comme aussi,
les Nazis s'empruntent aux opposants et aux intellectuels,
puis aux citoyens juifs qu'ils considèrent comme des sous-hommes.
Comme il a fait en Allemagne,
Hitler met en place des mesures pour exclure les juifs de la société.
Leurs entreprises leur sont confisquées.
La plupart des métiers leur sont interdits.
Ils ne peuvent plus entrer dans les lieux publics
comme les parcs ou les cafés.
On les force à porter un brassard blanc avec une étoile bleue.
La majorité d'entre eux vit dans la misère.
Irina, qui a rejoint la résistance avec Adam et leurs amis,
monte un réseau clandestin pour leur venir en aide.
Un soir, la jeune femme rentre chez elle, bouleversée.
Maman, ils construisent des murs pour enfermer les juifs à l'intérieur.
Ils construisent un ghetto !
Depuis un an, les juifs de Varsovie soient un habitant sur trois,
et ils sont forcés de vivre dans un minuscule quartier du centre-ville.
450 000 personnes se retrouvent dans une zone regroupant à peine 73 rues.
Dans la nuit du 16 novembre 1940, les portes du ghetto sont veronnées.
Plus aucun de ces habitants ne peut plus entrer ni sortir sans autorisation des nazis.
Parmi eux, il y a Adam.
Irina a peur.
Pour lui, pour leurs amis juifs et pour tous les autres.
Comment vont-ils réussir à survivre ?
Les conditions de vie à l'intérieur sont effroyable.
La nourriture et l'espace manquent.
Les habitants, affamés, vivent assez les uns sur les autres.
Très vite, le typhus fait des ravages.
Les Allemands, qui ont une peur panique des épidémies,
autorisent certains polonais à venir soigner les malades.
Irina se débrouille pour obtenir à laisser passer.
Lorsqu'elle entre pour la première fois dans le ghetto, elle porte l'étoile en solidarité.
Irina sert son poids dans sa poche.
Ce qu'elle découvre, lui retourne au l'estomac.
Les russons salles et bondées.
Partout, où fait la queue pour obtenir un bol de soupe.
Et là, à quelques mètres d'elle, un enfant épuisé les ragards,
quémande un quignon de pain allongé par terre.
Lorsqu'elle repasse devant lui, quelques heures plus tard,
il est déjà mort.
Dans le ghetto, Irina retrouve Adam et leurs amis engagés de l'université.
Eva, Alah, Raquelah et Joseph.
Tous sont partis du réseau de résistance juive qui s'est très vite mis en place.
Ensemble, dans des conditions extrêmes, ils se débrouillent pour donner des cours.
Ils organisent des sous-populaires, ils soignent, ils s'occupent de groupes d'erfenins,
ils publient des journaux clandestins.
Pour les aider, Irina fait entrer,
on les cachant dans son soutien gorge,
de la nourriture, des vêtements et des doses de vaccin.
Tu sais ce qu'on raconte sur les femmes polonaises ?
À l'extérieur aussi, la résistance est active.
Depuis quelques semaines, les Allemands placardent des affiches sur les murs de la vie.
Les polonais qui a de les juifs seront exécutés.
Irina désormais n'a plus qu'une obsession.
Il faut sauver les enfants du ghetto.
Nous devons les faire sortir et les mettre en lieu sûr.
Nous sommes en 1942 et il y a urgence.
Ils se murmurent que les familles seront bientôt déplacées dans des camps de travail plus à l'est.
Dans le ghetto, la résistance craint le pire.
Irina, qui fait le lien entre l'intérieur et l'extérieur, propose un plan.
Grâce à mon laisser passer, je peux évacuer les plus mal emplois en ambulances,
faire des hôpitaux à l'extérieur.
On va apprendre aux enfants à mimmer les maladies les plus graves
et on en profitera pour en cacher d'autres dans les ambulances.
Une fois dehors, on les placera dans des familles avec deux faux papiers.
Exfilter des enfants juifs dans une ville entièrement contrôlée par les nazis,
c'est sacrément risqué.
Mais Irina est plus déterminée que jamais.
Comme ses amis résistants d'ailleurs, qui ont d'autres idées.
Les bébés, endormis, sont cachés dans des boîtes à outils,
des valises ou des cartables,
qu'on place sous les banquets du tramway.
Quant au plus grand, ils sont conduits à travers les caves du ghetto.
Et les égouts.
Le réseau ne se contente pas de sauver la vie de ses enfants.
Ils préservent aussi leur histoire.
Certains t'appellent six mois.
Lorsque la guerre sera terminée, ils ne se souviendront de rien.
Comment vont-ils retrouver leur famille ?
Alors Irina écrit chaque nom sur des feuilles de papier à cigarette
qu'elle prend soin de cacher pour les protéger.
Son plan fonctionne bien.
Irina est une organisatrice hors-père, elle fait d'air, on la suit.
À l'intérieur, à l'extérieur, son réseau s'agrandit
et qu'on désormais vincomplisse.
Ensemble, ils arrivent à faire sortir des centaines d'enfants.
Le temps est compté.
En juillet 1942, les nazis lancent ce qu'ils appellent leur grosse action.
Chaque jour, 5 000 à 6 000 personnes sont déportées en train vers les camps d'Oleste.
Tu sais ce qui se passe là-bas, Irina ?
Ils nous assassinent. Tous.
Alors il faut faire plus, plus vite.
En septembre 1942, lorsque cette première vague de déportation s'achève,
il ne reste que 60 000 survivants.
Ils étaient près d'un demi-million quelques mois plus tôt.
Tout le monde sait qu'une nouvelle action de déportation se prépare.
Le 19 avril 1943, la résistance juive se soulève.
Ils sont 750 jeunes gens, munis d'armes de fortune, face à l'armée allemande,
soit 2000 soldats, équipés de multiples tanks, de fusils d'assaut,
de pistolets mitrailleurs, de grenades.
Qu'importe les jeunes du ghetto, leur rage au coeur,
l'utron jusqu'au bout. Ils prennent l'ennemi par surprise.
Cachés dans leur jupe, les femmes lancent des cocktails molotovs sur les soldats allemands.
Ça péterra dans tous les coins !
Nous ne voulons pas sauver notre vie. Personne ne sortira vivant d'ici.
Nous voulons sauver la dignité humaine.
Décidés à en finir, les Allemands incendient les imams.
Iréna, qui ne peut plus rejoindre ses amis,
récupère les familles qui arrivent à s'échapper par les égaux.
Les habitants du ghetto se battent de façon héroïque,
et arrivent à tenir tâte aux Allemands pendant un mois.
Iréna s'enlèrent et ses camarades ont réussi à sauver
2500 enfants juifs de la barbarie nazie.
En 1945, à la fin de la guerre,
elle retrouve Adam qui a survécu.
Elle épouse enfin, deux ans plus tard.
Interrogée à la télévision à la fin de sa vie, Iréna raconte...
Je déteste quand les gens me traitent d'héroïnes.
Ça me rend furieuse. Je ne suis pas une héroïne.
J'ai fait ce que le devoir me demandait de faire.
Et j'aurais pu faire plus, tellement plus.
Elle expliquera aussi que pour chaque enfant sauvé,
dix personnes auraient-ce qu'elle auraient vu.
Aucun de ceux à qui j'ai demandé de l'aide n'a jamais refusé.
Sans eux, rien n'aurait été possible.
Aux heures les plus sombres de l'humanité,
heureusement, des petites lumières continuent à briller.
Dernière cet épisode des Odyssey, il y a...
Fanny le Roi, Cécile Lafon, Basil Boccaire,
Benjamin Orgerais et moi.
Lors, Grand Beaux-en-Sons.
Iréna Sandler est une juste parmi les nations.
Cette appellation désigne les non-juifs
qui ont risqué leur vie pour sauver des juifs
pendant la Seconde Guerre mondiale.
...

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