
Les Odyssées au cœur de la Seconde Guerre mondiale 4/4 : Simon Gronowski : "Ma vie est un miracle"
Durée: 19m39s
Date de sortie: 13/02/2024
durée : 00:19:39 - Les Odyssées - par : Laure Grandbesançon. - Simon Gronowski est un survivant de la Seconde Guerre mondiale. A l’âge de 11 ans, il a échappé à la déportation en sautant du train qui l'emportait vers le camp d’Auschwitz. Agé de 92 ans, ce « miraculé » nous fait l’immense honneur de partager avec nous son histoire.
Les Odyssey de France Inter avec Pronote, toute la vie scolaire en une seule appli,
pour les profs, les élèves et aussi leur famille.
Cet épisode raconte une période très sombre de l'histoire,
et je te conseille peut-être de l'écouter aux familles.
Bonne écoute !
Je m'appelle Simon Gronowski.
J'ai 92 ans, et je suis un survivant de la Seconde Guerre mondiale.
Le 19 avril 1943, j'ai sauté d'un train qui transportait plus de 1600 déportés juifs,
dont 232 enfants, depuis la ville de Malin en Belgique,
jusqu'au Kandahj Fitts en Palais.
J'avais exactement 11 ans, 6 mois et 7 jours.
J'ignorais que j'avais été condamné à mort,
et que ce train allait me conduire sur les lieux de mon exécution.
Mes souvenirs sont durs, terribles.
Ils sont pleins de tempêtes et de chagrin,
mais aussi d'espoir, de fraternité et d'amour.
Ma vie était un miracle, et avec l'or,
c'est ce que nous allons vous raconter maintenant.
Notre odyssée commence à brosser en Belgique dans les années 1930.
Simon Gronowski, 9 ans, zinoir pétillant, cheveux bruns en bataille,
remonte joyeusement la chaussée de vavres dans le quartier Deterbeck.
Il avance, les paupières closent aux zigzagans.
Houlà, attention, c'est le bâtiment.
Simon !
Arrivé devant le numéro 639, il pousse la porte et entre.
C'est chez lui.
Sa famille habite un immeuble de brèques rouges
dont le rède chaussée est occupé par la boutique de sa mère.
Elle vend des sacs, des portefeuilles, enfin, bref, de la marocchinerie.
Simon se souvient.
Elle avait appelé le magasin au sali.
Est-ce pour Simon ?
A pour Anya, L pour Leon et I pour ma grande-sœur Ita.
Persécutés dans leur pays d'origine,
la Lituanie et la Pologne, à cause de leur religion juive,
les parents de Simon ont traversé l'Europe pour se réfugier en Belgique.
En passant la frontière, ils ont changé leur prénom Yiddish.
Jana a choisi de devenir Anya et Leïb, Leon.
La Belgique est notre nouveau pays.
Ici, on peut avoir une vie.
A Bruxelles, les Grosnovski sont libres de travailler
et de pratiquer leur religion sans peur d'être battus ou insultés.
Ici, la famille vit en sécurité.
Elle est parfaitement intégrée.
Tous les matins, à l'aube, Simon voit son père partir,
une valise dans chaque main.
Il prend le bouche puis le train
pour vendre leurs marchandises dans toute la région.
Pendant ce temps, Jana fait tourner la boutique.
C'est une femme joyeuse, énergique, qui a de nombreux amis.
Ils travaillent du heurte de enfants,
leurs petits arbres qui poussent et les aient à la folie.
Simon, le petit dernier, est disons...
Euh... Oui, quelque peu...
Heu... agité ?
Agité ?
Eh bien, l'or, allez-y.
Vous pouvez dire la vérité.
Ok, j'y vais.
Gorgias, énergique, il cherche souvent la bagarre.
Et puis, il a donc roussé des trous dans le jardin
pour faire tomber son cousin,
ou bien un bourrelle et narine ou sa petite amie, Simon,
de boulettes de papier.
Elle a le nez en trompeuide, alors évidemment...
Eh, c'est Tantan.
Tantan comme piqué des pièces dans le sable sa sœur.
Simon ne résiste jamais.
Pourtant, il adore sa sœur.
Ita ?
Oh, Ita...
C'est tout un poème.
Elle a 17 ans, elle est brillante et excellente pianiste.
Passionnée, Ita a l'âme d'une artiste
et elle est surtout complètement d'ingot de jazz.
Chaque été, la femme Nygronowsky
passe un mois au bord de la mer du Nord.
Attention, à la lutte, à la queue, Chive !
Face au rhum, dans les dunes,
c'est justement là que la famille se trouve
le 1er septembre 1939,
lorsqu'Adolf Hitler envahit la Pologne.
Je me rappelle du visage défait de mon père.
Le journal à la main, les vides abattus.
Je me souviens de ces mots.
C'est grave, Shanna. C'est terrible.
Les bottes noires du nazisme traversent les frontières.
Au pouvoir en Allemagne depuis 1933,
Hitler veut soumettre l'Europe entière.
Le 10 mai 1940, il envahit la Belgique.
Pour les Gronowsky, de nouveau,
sonne l'heure du départ.
Il fut vers la France.
Bloqué à la frontière,
ils attendent avec des milliers d'autres réfugiés
dans la petite ville de la France.
Les bombardements font rage.
Simon, en jouant, voit les obus au loin,
explosés dans le port de Berkerk.
On ne peut pas rester là. C'est trop dangereux.
On n'a pas le choix pour rentrer.
De retour à Bruxelles, les Gronowsky découvrent une ville occupée.
Rapidement, des mesures contre les Juifs
sont mises en place dans tout le pays.
Hitler avait une obsession maladive.
Une paranoïa.
Ils voulaient tuer tous les Juifs.
La Gestapo, la police politique nazie,
établit un fichier des Juifs
afin de connaître le nom,
l'adresse et les possessions de chaque fameux.
Bientôt, les Juifs ne peuvent plus être fonctionnaires,
ni professeurs, ni juges, ni avocats,
ou encore, journalistes.
La famille tente, tant bien que mal,
de survivre.
Si Mou rejoint les Boy Scouts,
il devient Louveteau, ce qui le rend sacrément fier.
Ita, elle, découvre l'amour.
Et puis, la situation s'aggrave encore.
Un matin, un commissaire débarque
pour confisquer la boutique.
Ils saisient les marchandises, les meubles,
et même leur machine à écrire.
Et maintenant quoi, Leib ?
Eh bien, nous n'avons plus le droit de sortir
entre 20h et 7h du matin.
Les autorités nazies, avec la collaboration
d'une partie de l'administration belge,
dépoïent et isolent la population juive.
Ils les unilis, les brisent,
afin de mettre en place leur terrible projet.
En mai 1942,
Simeon, 10 ans, est obligé de porter
une étoile juive.
Ma mère l'avait cousue sur mes vêtements.
Là, juste à la place du cœur.
Ainsi, les officiers nazis peuvent désormais
reconnaître les Juifs dans la rue d'un simple coup d'œil.
Quelques semaines plus tard,
les rafles commencent.
En Belgique, environ 10 000 Juifs
sont déplacés de force vers des camps
à l'Est de l'Europe.
Il faudrait fuir encore, partir ailleurs.
Mais c'est impossible.
La famille Kronowski décide à l'heure de se cacher.
Grâce à plusieurs familles d'amis coûts,
ils se planquent dans un municipal appartement.
Pour les nazis, ils se sont volatilisés.
Hélas, il y a toujours ici et là,
des langues bien pendues.
Or, la vermine juive !
7 mois passent.
Le père de Simon, malade,
est hospitalisé.
Nous sommes le 17 mars 1943.
Il est environ 9 heures du matin.
Simon potit des jeunes avec sa mère et sa soeur.
Le café est chaud,
les tartiers, roastés.
Soudain, on sonne à la porte.
Simon, Hita et Shana sont pétréfiés.
C'est la gueste à pan.
Le temps de prendre une valise,
deux officiers les embarquent.
Hita, apercevant en rayant le soleil à travers la fenêtre,
glisse à son frère.
Tu vois, Simon, il y a du soleil,
mais ce n'est pas pour nous.
Ces mots se sont gravés dans ma mémoire,
pour toujours.
Nous avions été dénoncés,
je n'ai jamais su partir.
En camions bourrées à craquer,
les conduits à la caserne d'Ossin,
dans la ville de Maline,
à une trentaine de kilomètres de Boussède.
Simon débarque dans un autre monde,
brutal, terrible, sacré partout,
les couples neufs,
des gardes nazies, des pouilles et les victimes,
les derniers bien qu'elles possèdent.
Simon regarde ses molets.
Ces précieux bas de louveteaux,
en laine blanche tricotée,
ils espèrent qu'ils ne vont pas les prendre.
Et puis,
c'est la tente.
Long,
interminable.
Sana se débrouille pour envoyer quelques lettres à son mari.
Il a réussi à se cacher dans une autre timbre.
Saca, le sémissage,
fait bondir son cœur de joie,
de folle espoir et d'amour.
Pourtant,
la vie est loin d'être rouge à la caserne de Dossin.
De nouveaux déportés arrivent,
chaque jour plus nombreux.
Tout le monde s'entasse,
pas de savon, pas de douche,
et il a peine de croiser nos rires.
Le 19 avril 1943,
on fait monter Simon et sa mère
dans un train à bestiaux.
Le convoi numéro 20.
On leur dit qu'il part de travailler.
Ils sont les numéros 1233 et 1234.
Ita, elle, partira 5 mois plus tard
dans le convoi numéro 22.
Lorsque je lui ai dit au revoir,
je ne savais pas
que je n'en reverrai jamais.
La porte se fait.
Le train démarre.
Le wagon est bondé.
Pas d'air, pas d'eau.
Entre ces grandes personnes,
même de la poêle des pieds,
je ne vois rien.
Je ne comprends rien à ce qui se passe.
Le train roule une casanne de kilomètres.
Puis, s'arrête.
Des coups de feu retentis dans la nuit.
Les soldats nazis hurlent.
Ils courent le long du convoi.
Et puis,
le train finit par repartir.
Simon, épuisé, s'endort dans les bras de sa mère.
Tout à coup, elle le réveille.
Simkelet, Simkelet.
Le petit s'endolère frais, carré ses son visage.
Quelques hommes ont réussi à ouvrir la porte de l'intérieur.
Sans réfléchir,
Sana saisit Simon pour la main et le dirige vers la porte.
Elle asoit au bord du wagon, les gens le donnent vite.
Mais au début, je n'ose pas sauter.
Ce train va quand même très vite.
Alors, Sana soulève son fils par les épaules.
Et le fait glisser lentiment, jusqu'au marche-pied.
Un certain moment, le train ralentit.
Ma mère me lâche. Je saute.
Simon a été rissant mal.
Il attend sa mère.
Soudain, notre race arrête complètement.
Ma première idée est de courir
pour remonter dans mon wagon, pour rejoindre ma mère
et pour ne pas être pris en faute.
Mais elle écoute faux pétarrades dans sa direction.
Sans réfléchir, Simon tourne de l'autre côté et se met à courir.
Vite de toutes ses forces le plus vite possible.
Les balles sifflent à ses oreilles.
Ils courent. Ils entrent dans un bois.
Ils continuent de courir encore plus vite sans arrêter.
La nuit est noire. Il pleut. Il fait froid.
Simon, 11 ans, poursuivait sa force.
C'est bizarre. Je n'ai pas peur.
Je chante en même une de moudes.
L'air à la mode pendant la guerre.
Je vais revoir mon père, nos amis se coudent.
Ces nazis sont ridicules.
Je suis un petit louveteau, débrouillat.
Ça va aller. Je vais me montrer.
On va sortir.
Enfin, au petit matin, les vêtements se déchireraient.
Il arrive à l'entrée d'un village.
Ils sonnent à la porte d'une petite maison.
Un homme ouvre.
Simon remarque que le monsieur porte une arme.
C'est un gendarme. Il va le renvoyer à la Gestapo, c'est sûr.
L'homme part se renseigner.
Puis, reviens.
A l'heure, il m'a dit...
Je sais tout.
Je sais tout.
Tu étais dans le train des Justes, qu'on emmenait en Allemagne.
Tu t'es sauvé.
Mais tu ne dois pas avoir peur.
Tu ne dois pas avoir peur.
Je suis un bon belge.
Je suis un bon belge.
Je ne te dénoncerai pas.
Je ne vais pas te dénoncer.
En tendance et mot, tu tombes dans ses bras.
En avouant, implorant et en lui parlant de ma mère.
Le gendarme aide le petit à organiser son retour.
Pour qu'il passine aperçu, il lui donne le costume de son fils.
Simon paille son ticket de train, grâce à un biais de 100 francs,
que sa mère avait caché dans sa chaussure, juste avant de quitter la caserne d'eau simple.
De retour à Bruxelles, Simon retrouve son père.
Protégé par différentes familles belges, le père et le fils se cachent jusqu'à la fin de la guerre.
Chaque jour, ils attendent le retour d'Ita et de Shana.
Jamais ils le les reverront.
Toutes les deux seront tuées dès leur arrivée dans le Kandao Schwitz.
Desespérés, Laïb Gronowski meurt de chagrin.
Nous sommes en 1945, la guerre est terminée.
Simon a 13 ans et il se retrouve orphelin.
Orphelin, mais vivant.
Pour sa mère, pour sa soeur, pour son père, il se lance à corps perdu dans la vie.
Simon devient avocat, il se marie et devient père de deux petites filles.
Le premier et le second du beau jour de ma vie.
Et en pensant intensément à ma soeur, je deviens pianiste de jazz
sans avoir jamais appris la musique.
J'étais un bébé, puis un enfant, chéri, adoré.
Et cet amour m'a donné une force pour toute la vie.
Ma mère m'a donné la vie deux fois, quand je suis né, et le jour de mon évasion.
Si j'ai survécu à tout ça, c'est grâce à l'amour.
Mon évasion est un miracle, ma vie n'est que miracle.
Le plus grand miracle de la vie.
Cet épisode raconte l'histoire de l'aïb Gronowski,
Shana Kaplan, sa femme, Itta Gronowski, leur fille et Simon Gronowski, leur fils.
Nous vous entendez actuellement une pétillante improvisation.
A la fabrication, il y a Fanny Le Roi, Marion Lollet, Basil Boccaire, Cédric Dialot et moi, leur grand besoin son.
Un grand merci à la Renaissance du livre qui a édité l'ouvrage de Simon Gronowski,
l'enfant du 20e convoi, dont les souvenirs de l'auteur et certains dialogues ont été textrés.
Simon, dans les Odyssey, il y a toujours un bonus. Est-ce que ça vous dit de le faire ?
Rappelement, après le départ, j'ai senti du fond de mon wagon que le train s'arrête
et j'entends des hurlements en allemand et des coups de feu.
J'ai appris après la guerre ce qui s'est passé.
Trois jeunes résistants ont attaqué le train.
George Franklin Mont et Robert Mestriot ont réussi à arrêter le train.
Ils ont ouvert un wagon, pas le mien et ils ont sauvé 17 personnes.
Cet acte héroïque a sans doute galvanisé les hommes de mon wagon,
qui ont ensuite réussi à ouvrir la porte de l'intérieur.
Le convoi numéro 20 est le seul convoi de déporté qui a été attaqué par la résistance durant toute la guerre.
Les Odyssey est un podcast original de France Inter.
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