Les Odyssées des musées d'Orsay et de l'Orangerie 2/5 : Berthe Morisot, la première femme impressionniste !

Durée: 13m45s

Date de sortie: 16/04/2024

durée : 00:13:45 - Les Odyssées - par : Laure Grandbesançon. - Berthe Morisot est la première femme impressionniste. Un chevalet sous le bras, des souliers roses, une volonté en titane et des doigts de velours. Berthe a refusé un destin tout tracé pour vivre sa passion jusqu’au bout.

...
C'est un tourbillon que rien ne peut arrêter.
Un chevalet sous le bras,
un vêtue de noir,
chaussée de soulis roses,
ce tourbillon porte un nom,
Berte Morizo.
Notre héroïne est peintre.
Pourtant, rien ne la destinait à devenir artiste.
Rien ?
Sinon, un désir a fini et une volonté en titane.
Coincés dans une époque où les femmes...
...euh... bah... sont quand même pas mal limitées, hein.
Et de toute façon, jamais reconnues.
Berte Morizo hausse et va jusqu'au bout de son rêve.
Face à sa toile, c'est seulement là qu'elle respire.
Alors, elle est prête à prendre tous les risques.

Le regard intensément plongé dans le monde,
porté par la peinture, elle avance.
À coups de touches rapides et ultra-énergie,
elle peint le bonheur et nous offre un déluge de sensation.
Quand elle peint la paille, au pluré,
non seulement on la voit,
oh, mais on la sent.
On avance sur son temps,
elle veut vivre, plonger dans la couleur,
au coeur de la beauté des choses.
Voici l'odyssée de Berte Morizo,
la première femme impressionniste.
...
Lorsque commence notre odyssée,
Berte Morizo n'a pas 3, 4 ou 9 ans,
mais plutôt 17.
Oui, c'est vrai, je fais commencer le film en cours de route,
mais c'est le privilège de l'autrice.
Nous sommes en 1855,
le soleil inonde, le salon de la famille Morizo.
Et dit donc,
c'est coquet par ici,
ma zette, le parc est essiré,
le plafond orné de moulure.
Entre les plantes,
il y a de jolis canapés et oh, là, un piano !
Dans ce salon,
Marie Cornelie Morizo aime rechevoir du beau monde.
Sur ce piano, ces 3 filles,
Yves, Edma et Berte,
prennent des leçons.
Dans les années 1800,
les jeunes filles de très bonne famille apprennent la musique et la peinture,
non pas pour devenir des artistes en bossa, non,
mais pour avoir un petit pastin.
Pour les femmes d'alors,
le chemin est tracé d'avance et se résume à ces quelques enfants.
1, vous mariez, 2, avoir des enfants,
3, servir votre mari,
et s'il est assez riche, ne jamais, jamais travailler.
Allez, mesdames, c'est parti, faites les bébés !
C'est si bizarre, j'entends tes voix.
Et oh, qui me parle ?
Euh, c'est moi, Berte. Je suis la voix de la société,
de la tradition, de l'ordre établi.
Ah non, merci, je suis pas intéressée.
Intense, vive, bouillonnante !
Berte Morizo, sans tambouriner au fond de son cœur,
un appel, une sorte de pressentiment.
La vie, bon sang doit avoir d'autres choses à offrir !
Les 3 sœurs Morizo prennent des cours de dessin.
Chaque fois, Berte est saisie d'un drôle de piquotement.
C'est comme un courant électrique qui parcourt son corps.
Le fusin à la main, elle a l'impression de trouver une place sur la terre.
Oh, c'est donc ça, purée, le fameux feu sacré de l'art !
Berte, en plus, est diablement douée, tout comme sa sœur et des mains.
Entre ces deux-là, c'est l'amour fou, la fusion.
Absolument inséparable, c'est ensemble que Marie Cornely, leur mère,
les conduit chez un nouveau professeur,
un peintre réputé qui s'appelle...
Euh... Pardon, excusez-moi, j'ai du mal à lire sur la sonnette.
Ah, voilà, c'est ça !
Joseph Benoît Dichard !
Le maître, impressionné, ne mâche pas ses mots.
Ah, n'est-ce pas gigaud d'ailleurs, car ce serait rudement impoli.
Vos filles seront des peintres.
Dans votre milieu, madame, ce sera une révolution.
Pire, une catastrophe !
Marie Cornely aime jouer avec le feu.
Benco, monsieur, enseignez-leur ce que vous savez, et pour le reste, nous verrons.
Dichard conduit les deux sœurs au musée du Louvre.
Devant vous, se tiennent deux milandards et deux beautés.
Ouvrez grands vos pupilles.
Edmah et Berte, après leur art, en copiant l'étoile des maîtres anciens.
Bon, le passé, il n'y a pas à dire, hein, c'est merveilleux,
mais c'est un peu figé.
Alors que dehors, la vie, la nature, partout autour d'elle,
sa frétille, sa promie, sa bondine, Berte et Edmah veulent peindre les cheveux dans le vent,
le visage dans le ciel.
Youhou, c'est parti pour le planère !
Jean-Baptiste Corot, leur nouveau professeur, leur enseigne l'art de peindre les paysages.
Ça qu'était la famille Maurisovo du Paix.
En Normandie, ou bien à les Pyrenees, Berte se transforme en aventurière.
Youhou, chaque jour, elle parcourt les champs de blé,
ou bien les falaises abruptes à la recherche d'un motif à peindre.
Edmah, ne bouge pas !
Là, oui, comme ça.
Ta silhouette allongée à côté du mouton, c'est magnifique !
Elle pousse chaque fois plus loin ses explorations.
Berte veut peindre l'eau au plus près, si près qu'elle essaie de peindre tant l'eau.
Euh, enfin non, sur nous.
Ok, là, ok, attendez, il faut que je grimpe sur le bateau.
Oh, lala, qu'est-ce qu'elle est vive et rapide ?
Ça va Berte, comment ça se passe ?
Euh, peindre sur un bateau, c'est coton.
Oh, la la la, ça arrête pas de tanguer.
Oh, et puis le soleil, le vent, les moustiques.
Oh, ouai, je reviendrai.
Normal, vous êtes sur un bateau.
Les deux soeurs exposent hésormais chaque année leur toile au salon officiel.
Bravo, Peter, comme des artistes professionnels.
Alors non, Laure, je vous arrête tout de suite.
Là, vous racontez des carabistouilles.
Ah bon ? Qu'est-ce qu'elles sont alors, vos filles ?
Euh, spécial.
Elles ont un don qui fera d'elles des femmes épanouies, mariées et épanouies,
mais pas des peintres professionnelles.
Oh non, Marie Cornelie, mais vous étiez juste que la scie chic.
Edmond épouse un officier de marine.
Et avec le train qui l'emporte vers son mari, disparaissent tous ses rêves de peinture.
Edmond rentre dans le rond, elle renonce à sa passion.
Non !
Le choc pour Bert est terrible.
C'est un rat de marée, un tremblement de terre.
La rage au coeur, elle se fait inserpant.
Eux, insèrement.
Jamais je n'abandonnerai la peinture.
Bert est pleine de feu et les flammes toujours appellent d'autres flammes.
Au Louvre, il y a un an, Bert a rencontré un type pas tout à fait comme les autres.
C'est un peintre, sûr de lui, sulfuré comme un volcan,
qui fait connaître ses toits à la coup de sandal.
Eux, non, scandale.
Ce peintre, enthousiaste, rire, toujours ultra chic, mais oui, c'était d'hormonnet.
Bert, elle aussi est d'usure qui ne passe pas inaperçu.
Elle est très belle, c'est vrai, mais c'est bien plus que ça.
Il y a quelque chose au fond de ses yeux verts, une intensité rare, une force qui vous attrape.
Immédiatement, Manet a eu envie de la peindre, sans hésiter, Bert a accepté.
Dans l'atelier de Manet, la jeune femme prend la pose.
Manet l'observe, la scrute.
Il fera 14 fois son portrait.
Jamais le pinceau à la main.
Par contre, il ne se prive pas pour l'olupiqué.
Un jour, alors que Bert est en plein travail, il lui chip sa palette pour retoucher sa toile.
Purer, mais c'est ma peinture !
Bert, on rage, c'est caché, je voulais pas faire du Manet !
Manet pourtant l'admire.
Il lui fait rencontrer du beau monde et pas n'importe qui.
Des nouveaux créateurs comme elle portaient sur l'aventure.
Edgar de Ga, Claude Monet, Camille Pissarro, Alfred Sisley, Auguste Renoir,
tous veulent renouveler la peinture et passent aux yeux du public pour de véritables fous.
Ces gars-là peignent des gens dans les bistrots, ils peignent le beau, le nez, leurs amis, la nature.
Et la vie, tout à coup, pour Bert, c'est l'argis.
Peindre l'instant, fixer des impressions, des sensations.
Mais oui, c'est ça que je cherche !
Bingo !
Bert vient de rencontrer sa bande.
Et une bande dans la vie, ça ne fait pas tout, mais beaucoup !
C'est toi, le peu à peu, c'est Clair Sis.
Du blanc, bien peu de rose, du vert, du jaune, de la joie partout !
Bert, par les femmes de leur intimité.
Face à un berceau, en train de lire ou bien à l'esprit ailleurs.
Sa touche, énergie, glive et si légère.
Faites apparaître la féerie de la vie quotidienne.
Des scènes toutes simples, révèlent tout à coup leur beauté fragile.
Absolument merveilleuse.
On a l'impression qu'elle ne termine pas ses toiles,
qu'elle les peintes rapide au presto en 5 minutes,
mais en réalité, c'est beaucoup plus profond.
Bert donne à la peinture une fraîcheur qu'on n'avait jamais vue.
Elle ouvre la voix, elle fonce, direction, la liberté !
Bon, alors, est-ce que tous ces peintres d'avant-garde peuvent se passer de son talent ?
Évidemment que non !
En 1874, il l'a invité à participer à une grande exposition
qu'ils organisent eux-mêmes pour court-circuiter tous les vieux croulants du salon.
Bert, aimez-vous le saucisson ?
Ah ! C'est déjà l'heure de la paix rôme ?
Pas du tout !
Du saucisson, c'est ce que tous les officiels du salon ont à la place des yeux.
Ouvrez-les-vous ! Rejoignez-vous !
À ça, je n'aime que la nouveauté extrême !
Contre la vie de Manet, elle accepte leurs propositions.
Ainsi, elle unit courageusement et pour toujours,
son destin à celui de ce groupe qu'on appellera bientôt, les Impressionnistes.
Toute sa vie, elle le restera fidèle.
Par son immense talent et sa force, Bert les fait d'elle.
Comme le dit si bien de gars...
Bert ? Oh ! Elle fait partie du bâtiment !
La peintre a désormais 33 ans.
Ses deux soeurs sont mariés, pas elles.
Pour sa famille, c'est une catastrophe.
Mains de fois, elle a reçu des propositions qu'elle a toutes refusées.
Mais peut-être, qui sait que tout ça va changer ?
Les Maurizaux sont proches de la famille Manet.
Du même milieu, ils vivent entourés d'artistes et d'intellectuels.
Édouard Manet est un frère, ce frère est fou de Bert.
Si fou que lorsqu'il ne la voit pas,
il cherche désespérément ses petits sous les roses à travers les rues de Paris.
Tu vas épouser Eugène Manet,
cette fenia s'est moitié sanglée qui n'a pas de carrière.
Ça, c'est le frère de Bert. Et franchement, la barbe !
Certes, Eugène a 36 ans, papillon ici et là,
certes, il n'a pas de profession, mais c'est peut-être un avantage.
En épousant Eugène Manet, Bert trouve un formidable soutien.
Son temps, son argent, il les consacre à la carrière de sa femme.
Il encadre ses toiles et le supervise les accrochages lors des expositions
et n'hésite pas à provoquer en duel les journalistes qui osent attaquer sa peinture.
Et sinon, oh, il adore poser pour elle,
seules ou bien avec Jolie, leur enfant, leur petite fille, la prunelle de Bert.
Ainsi vécue Bert Morizot, grand artiste,
peintre parmi les peintres,
qui comme ses camarades impressionnistes, a réinventé la peinture.
Les peintres sont essentiels à nos vies,
non pas parce que ce qu'ils font est beau, mais parce qu'ils nous apprennent à voir.
Bert Morizot, avec ses toiles qui vont si vite nous a révélées,
comme personne avantelle, la feuille éricachée de la vie quotidienne.
Derrière cet épisode, il y a Manon Oussin, Fanny Le Roi,
Anne Leroux, Basil Boker, Hélodie Fiat, Clarisse Orne,
les équipes du Musée d'Orsay, et moi, leur grand Boisanson.
Le style très particulier de Bert Morizot,
ce côté faussement pas terminé, porte un nom, c'est le Fa Presto.
Ainsi, si d'aventure, l'un de tes professeurs te fait remarquer que ton exercice ne lui semble pas terminé,
n'hésite pas à lui répondre,
« Bah, comme Bert, je travaille, Fa Presto ! »
Les audicès des Musées d'Orsay et de l'Orangerie
est un podcast original de France en Terre.

Les infos glanées

Je suis une fonctionnalité encore en dévelopement

Signaler une erreur

Lesodyssées

France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Tags
Card title

Lien du podcast

[{'term': 'Society & Culture', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}]

Go somewhere