Les Odyssées du Louvre 3/15 : La découverte de la Victoire de Samothrace

Durée: 18m55s

Date de sortie: 05/05/2020

durée : 00:18:55 - Les Odyssées - Au sommet du gigantesque escalier Daru, trône une bien étrange créature... Elle n'a ni tête ni bras mais deux grandes ailes déployées dans les airs... Le saviez-vous ? Cette sublime statue de marbre blanc, juchée sur une proue de navire, cache bien des secrets...

Au musée du Louvre, tout en haut du gigantesque escalier d'arrue, réside une bien étrange créature.
Elle n'a ni tête ni bras, mais deux grandes ailes pleines de plumes déployées dans les ailes.
La pointe de son orteil droit caresse le sol, on dirait qu'elle est en train de se poser sur la terre.
Ca alors, mais qui est elle ?
On l'appelle la victoire de Samotras et c'est une déesse de marbre blanc, l'une des plus sublime statues du musée du Louvre.
Sublime, H.D. ? Oh, pardonne-moi, je voulais dire, mystérieuse.
Comme toutes les oeuvres d'art, Madame cache de petits secrets.
Dis-moi, ça te dirait content de les débusquer ?
Si oui, alors prépare-toi.
S'approcher d'une oeuvre d'art, c'est comme s'approcher du soleil, c'est dangereux, ça éblouit, ça peut parfois brûler.
Heureusement, tout au long de l'aventure, nous ne serons pas seuls, nous serons guidés par des personnages.
Ils vont apparaître, disparaître et puis parfois revenir.
Pourquoi ? Mais ma foi, les oeuvres d'art sont exigeantes, elles se font désirer, elles ne confient jamais tout leur secret à la même personne.
Il faut être nombreux et patient pour arriver à les apprivoiser.
Comme beaucoup de statues qu'on voit dans les musées, la victoire de Samothras, un jour, quelqu'un la découverte. C'est par là que nous allons commencer.
Nous sommes en Grèce, au nord de la mer Eger, sur l'île de Samothras. Ici, le ciel et la mer se confondent, partout, on est entouré d'une immense hîté bleue.
C'est une île magnifique, c'est vrai, mais c'est surtout un endroit très spécial, un lieu sacré.
Il y a plus de 2000 ans, les hommes venaient y prier les dieux.
Tout au nord de l'île, c'est le vêt un ensemble de temples grandioses et magnifiques qu'on appelait le sanctuaire des grands dieux.
Charles Champoiseau, un 27 ans, c'est un jeune diplomate très ambitieux passionné d'archéologie. Le 13 avril 1863, il se trouve sur l'île pour faire des fouilles.
Depuis quelques semaines, avec son équipe, il creuse partout. Il espère trouver quelques merveilles comme des statues, des morceaux de temples, des enfants. Tout cela, il adore.
Le soleil tape déjà très fort lorsqu'il se dirige entreotinant, sans trottinette, sur le chantier des fouilles. Arrivée sur place, il se met au travail.
Aux alentours de midi, Charles sent son ventre gargouilleux. Il a faim. Va-t-il prendre sa pose déjeuner ? Il hésite. Et puis non, il continue. Il fait bien, car moins de quelques secondes plus tard, il entend une voix qu'il appelle.
C'est un ouvrier du chantier.
Au pied de son camarade, Charles découvre un étrange morceau de pierre. On dirait un bout de poitrine de femmes. Les deux hommes se mettent à gratter le sol.
Ah oui, c'est bien ça. C'est un joli sauron qui a fleur sous la terre. Et s'il venait de faire une découverte, la pensée traverse l'esprit de Charles comme un éclair, s'allumer des étoiles plein les yeux.
Vite, il continue de creuser.
Quelques heures plus tard, ils arrivent à dégager l'objet tout entier. C'est un immense corps de femmes, sculptée dans le marte.
Ça alors, ce qui est beau, s'exclame Charles.
Cette statue est exceptionnelle. Il le voit tout de suite.
Sur les jambes, la mousse lime taillée dans la pierre semble vivante. On dirait que le tissu tourbillonne dans le vent.
C'est un corps.
Observe Charles.
Selon toute logique, il devrait y avoir quelque part deux têtes et un bras. De bras et une tête.
Le jeune homme continue ses recherches. Cela ne donne rien.
Pas grave. Ils découvrent autre chose. Des morceaux d'aile et de gigantesques blocs de marbre gris.
Sans doute, un bout de sarcophage ou de tombe.
Ma parole. Mais ça sent l'incroyable découverte à plein nez.
Charles ne perd pas une seule seconde. Il envoie par bas tout le corps et les morceaux d'aile au musée du Louvre à Paris.
Les gros blocs de marbre sont trop lourds. Ils doivent rester sur place.
Après une telle journée, que faire ?
Charles est un homme simple. Il rentre à son campement pour se préparer à dîner.
En posant un saucisson sec et quelques fromages sur sa table de camping, il se demande.
Tout de même, ces morceaux d'aile, c'est étrange. A quel genre de statut avons-nous à faire ?
Quelques secondes plus tard, il a une révélation.
Bon sang de bonsoir, mais c'est bien sûr.
C'est une représentation de Niké, la déesse grecque de la victoire.
Grâce à ces deux ailes, elles descendaient, par est-il, sur la terre pour annoncer aux humains une victoire aussi proche que certaines.
Parce qu'il l'a trouvé sur la merveilleuse île de Saint-Montras.
Il l'appelle...
...la victoire de Saint-Montras.
Fantastique !
Pense Charles en croquant dans sa tartine de brebis.
Ils vont voir ce qu'ils vont voir au musée du Louvre.
Un an plus tard, le 11 mai 1864, les blocs de marbre arrivent à destination.
En tout, il y a 118 morceaux.
Édiable ! Ça fait beaucoup !
Saint-Pristit, mais qu'est-ce que je vais faire avec tout ça ?
Se demande Adrien de Lompérié, le directeur du département des antiquités.
Reconstituer la santé de la victoire.
Le statut... Ouh ! Ça semble un sacré défi.
Bonne nouvelle ! Les défis, l'ompérié, ils l'adorent ça !
Pendant deux ans, nuit et jour, ils s'enferment au musée.
Comme s'il avait affaire un peu seul géant, ils laissaient toutes les combinaisons possibles.
Laisse-moi te dire que ce n'est pas de la tarte.
De grosses gouttes de suèret tombent de son front, ça fait plique-plouc !
C'est un peu dégoutant, c'est vrai, mais après tout, c'est normal.
Il fait des efforts, il transpire.
Les jours, les semaines, les mois, les années passent.
Adrien est à bout de nerfs, il est très pire, il tape du pied.
Mais il continue. Prendre soin des œuvres d'art, c'est ce qu'il aime faire le plus au monde.
Ça donne du sens à sa vie.
Enfin, un matin, ils croient être arrivés au bout du puzzle.
Le musée est désert, un rayon de lumière passe à travers la fenêtre.
Adrien de l'Ompérié contemple la statue.
Charles avait raison.
Elle est magnifique, c'est un chef d'œuvre, une statue rare et exceptionnelle.
Oui, mais voilà.
Elle n'a toujours ni tête ni bras, sans compter qu'il manque de gros morceaux au niveau du buste
et qu'il n'a réussi à reconstituer qu'une seule elle sur les deux, qu'il n'arrive même pas à faire tenir.
Une déesse de pierre avec des trous, amputés de ses membres.
Est-ce qu'il peut exposer une drôlerie pareille ?
Courageusement, il fait le pari que oui.
Pour la première fois de son histoire, en 1864, la victoire de Samothras est exposée au musée du Louvre.
Mais attention, ces aventures ne s'arrêtent pas là.
Trop de questions, trop d'énigmes n'ont pas encore été résolues.
Où sont passées la tête et les bras ?
Dans quelle position la victoire se tenait-elle ?
Avent-elle les bras en l'air, façon, haut les mains, peau de lapin ?
Ou bien se grattait-elle l'oreille ?
Et ces blocs, laissés sur l'île, par Charles Champoiseau, à quoi pouvait-il servir ?
Toutes ces interrogations finissent par obséder Adrien.
Adrien ?
La nuit, il voit la status animée en rêve.
Adrien ?
Il se met à genoux devant elle, il la supplie, il lui demande.
Victoire de Samothras, oh grande déesse, révélé-moi tous vos secrets.
Mais la statue, jamais ne lui répond.
C'est l'avantage quand on a ni tête ni bras et qu'on a un corps de pierre.
Personne ne peut vous obliger à ouvrir la bouche.
En réalité, il n'y a qu'une seule solution pour obtenir des réponses.
Il faut retourner à Samothras en mission d'exploration archéologique.
En 1873, un grand archéologue allemand du nom d'Alexander Konzö
se rend sur l'île accompagné d'Alois Hauser, un architecte autrichien.
Les deux hommes sont fortiches, ils ne tardent pas à faire une incroyable découverte.
En observant attentivement, et pendant plusieurs heures,
évidemment, les gros blocs de marbre gris découverts par champoiseaux,
ils se rendent compte que, mis ensemble, ils constituent...
Tiens-toi bien, l'avant, d'un bateau en pierre.
Et ça, tu sais ce que ça veut dire ?
La victoire n'est pas une simple statue, certes, renversante de beauté.
Elle était autrefois posée sur un navire de marbre.
Elle faisait partie d'un immense monument.
Incroyable, n'est-ce pas ?
Et attends, ce n'est pas fini.
Quelques semaines plus tard, Côte Théâtre, Charles Champoiseaux et Alexander Konzö
se retrouvent par hasard sur le même bateau.
Nom d'une pipe en bois, les deux hommes se croient sur le pont.
L'archéologue ne peut s'en empêcher, ils se vendent, ils tournent Charles en ridicule.
Alors comme ça, vous pensiez que les gros blocs de marbre gris étaient des bouts de sarcophages ?
N'importe quoi.
Ce sont des morceaux de navire de pierre.
Charles est vert de rage. Tout de suite, il envoie un message à Paris.
Ça ne va pas du tout, les gars. On est en train de se faire doubler.
Laissez-moi retourner à Samotras, ça urge ! Pétard ! Il n'y a pas une seconde à perdre !
Le message est un peu sec, c'est vrai, mais il est rudement efficace.
Charles obtient immédiatement l'autorisation de retourner à Samotras.
En 1879, il est de retour sur l'île.
Fils à fils à, il fait embarquer les blocs de marbre, direction Paris.
Tandis que le bateau s'éloigne de la côte, il murmure tout bas.
Rensez-don les dents, Alexander Kondze.
La base de la statue arrive à Paris.
Entre-temps, il y a eu du remuménage au Louvre.
Le directeur des antiquités a changé. Il s'appelle désormais Félix Raveisson Mollien.
Félix va connaître un grand bonheur, celui de reposer la statue sur son navire de pierre.
Mais il ne fait pas que cela. Il décide de lui refaire une petite beauté.
Le directeur lance un grand chantier de restauration.
Il rafistole les morceaux du buste auquel il arrive à accrocher l'aile droite.
Pour équilibrer le tout, il en fabrique une deuxième avec du plâtre.
Tout cela prend du temps, 4 ans exactement.
Enfin, en août 1883, la nouvelle victoire est dévoilée au grand public.
Pour qu'elle inonde le Louvre de toute sa beauté, on la place au sommet du gigantesque escalier Daru,
où elle trône majestueusement posée sur son navire de pierre les deux ailes déployées dans les ailes.
Certes, il lui manque toujours une tête et deux bras, mais les archéologues continuent de chercher.
Ils vont sans doute finir par les retrouver.
Car la somptueuse, la magnifique victoire de Samotras n'a pas fini de dévoiler tous ses secrets.
Si tu te rends un jour sur l'île de Samotras, n'hésite pas à jeter un œil entre les chaînes et les lourriers roses.
Si tu découvres quelque chose, oh je t'en supplie, écrez-nous une petite carte postale pour nous tenir informés.
Nous publierons très officiellement le résultat de tes recherches sur le site du Musée du Louvre et sur la page des Odyssées.
Les Odyssées du Louvre est un podcast original de France Inter et du Musée du Louvre.
La victoire de Samotras
La victoire de Samotras est donc une représentation de la déesse grecque, Niké.
Dis-moi, est-ce que tu la connais ?
Niké n'est certes pas la déesse la plus importante de la mythologie grecque.
N'empêche, elle était à ses proches de Zeus, le roi des dieux.
C'est en effet de sa part qu'elle descend sur terre, annoncer la victoire aux humains.
Comme elle doit se déplacer un peu partout, on lui a mis des ailes qui lui permettent de voler et d'aller très vite.
Si le père Noël avait vécu durant l'Antiquité grecque, il aurait sans doute lui aussi eu des ailes et non pas un traîneau tiré par des règles.
Tu vois, chaque époque a son style et ses petites habitudes.
Une dernière chose. Le mot « Niké » doit sans doute te rappeler le nom d'une marque de chaussures de sport très connue.
Évidemment, ce n'est pas un hasard. Le nom de cette marque de chaussures vient directement du nom de cette déesse grecque de la victoire.

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France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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