
Les Odyssées du Louvre 4/15 : Les Odyssées du Louvre : Le vol de la Joconde
Durée: 19m47s
Date de sortie: 05/05/2020
durée : 00:19:47 - Les Odyssées - En 1911, la Joconde est volée au musée Louvre. Comment le chef-d'oeuvre de Léonard de Vinci a-t-il pu disparaître du musée ? Qui a pu réussir un tel coup ? Il est temps d'enquêter sur cette bien mystérieuse affaire...
Cette enquête commence par une étrange histoire qui m'est arrivée il y a quelques semaines.
Une nuit, alors que je dormais tranquillou comme une saucisse enroulée dans son bacon,
j'ai été réveillée par un coup de téléphone.
Allô ? Allô ? Lo ?
Ma parole, c'était Jimmy. Jimmy, le serveur de chez Happy Nooye.
Passe-moi voir un restaurant, faut que je te parle d'un truc, ça urge.
Depuis tout ce temps que je le connais, Jimmy ne m'avait jamais appelé.
J'étais ultra inquiète, ça sentait la grosse embrouille.
Le lendemain, à l'heure de l'apéro, je me pointe chez Happy Nooye.
Jimmy était là, mais il ne m'a pas dit un mot.
Bizarre, j'ai pensé. Est-ce que quelqu'un le surveille ?
Plus tard dans la soirée, en m'apportant mon dernier petit whisky,
discrètement, il a fait glisser dans ma poche une carte postale avec le tableau de la joconde imprimé dessus.
Au dos, j'ai découvert un message écrit en lettres d'or.
En 1911, la joconde a été volée au musée du Louvre. J'ai étan oeil là-dessus. Ça peut valoir le coup.
Comment ? Quoi ?
La joconde, la Mona Lisa, le fameux tableau de Léonard de Vinci, volée en 1911.
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
Tout de suite, j'ai filé au bureau des Odyssées.
En passant par une ligne archi-secrète et sécurisée, j'ai appelé le directeur du musée du Louvre.
Allô ?
Monsieur le directeur, ici l'or, la dame des Odyssées.
Une source vient de m'indiquer que la joconde avait été dérobée en 1911.
Vous pouvez vous me confirmer cette information ?
Silence au bout du fil.
Puis, le bonhomme a répondu.
Lors, je ne serai pas de commentaires. Mais si vous pouvez mener l'enquête, faites-le.
Ça perd les poids de poêtes. Jimmy avait raison.
Et quand Jimmy a raison, tu sais ce que ça veut dire ?
Génial ! C'est parti pour une nouvelle Odyssée.
Lundi 21 août 1911.
À Paris, c'est la canicule, une chaleur à crever.
Il est 7 heures du matin.
Le musée du Louvre est fermé.
Dans la grande galerie, au premier étage, un homme avance d'un pas mal assuré.
Le parc est crack. C'est pas raison.
Tiens, tiens. Où va-t-il cet homme ? Et qui est-il ?
Parvenu au bout de la galerie, il s'arrête à l'entrée du salon carré.
Il jette un oeil à droite, puis à gauche.
Personne. La voie est libre.
Sans hésiter, ils font sur la joconde.
En quelques minutes, il la décroche du mur, il l'emporte avec lui,
puis il se débarrasse du cadre sur les marches d'un petit escalier.
À 7h15, notre homme a terminé son affaire.
Hop ! Il prend la fuite.
La journée passe.
Mona Lisa s'est fait la mal et pour l'instant,
personne ne semble remarquer son étrange disparition.
Le lendemain, le peintre Louis Bérou s'installe dans le salon carré.
Il s'y flotte. Il est de fort bon humeur, car il s'apprête ce matin
à commencer un nouveau projet. Il va copier la joconde.
Mais problème.
En lieu et place du tableau sur le mur, il n'y a rien. Nada.
Enfin, si.
Une trace blanche et quatre petits clots.
Oh, c'est agaçant ! Mais tant pis. Il attend.
Il se dit ?
Hum, bah tiens, quelqu'un encore déplacé le tableau.
Ah bah ça, ça arrive tout le temps pour la prendre en photo.
Une heure passe, puis deux heures.
La joconde n'est toujours pas revenue.
Ça alors, c'est dingue ! En quelque cas aurait pu le prévenir.
C'est embêtant de perdre sa matinée.
Agacé, il se déplace jusqu'à l'atelier de photographie.
La joconde n'y est pas.
Bon sang de bonsoir ! Où est-il passé ce maudit tableau ?
Avec l'aide de quelques gardiens, Louis commence à farfouiller le musée.
Il cherche partout. Dans les ateliers de réparation,
les couloirs au fond des kajibis abandonnés, le tableau n'est nulle part.
Il est onze heures, l'heure est grave.
C'est officiel, Mona Lisa a disparu.
Il lit qu'au presto, on prévient la préfecture de police.
Moins d'une heure plus tard, un bataillon de 60 agents
parmi lesquels Louis Lépine, le préfet en personne, pénètre dans le musée.
Enfin, l'enquête peut commencer.
Louis Lépine a du flair, de l'instinct, il est agile.
Jusqu'à présent, aucune affaire ne lui a résisté.
A peine arrivé, il annonce à tout le monde.
Dans 24 heures, les gars j'aurais bouclé l'enquête.
La vache, ce qui est prétentieux !
Lépine fait fermer le musée. Il passe le l'ouvre au peigne fin.
Il est en train de compter le nombre de pas qui séparent le salon carré
de l'entrée de la Grande Galerie, lorsque...
Chef, venez voir, vite !
L'un de ces agents l'appelle, depuis un petit conduit, donnant sur un escalier.
Lépine se précipite, il déboule en trombe, tout est soufflé.
A ses pieds, tristement abandonné sur le sol,
il découvre le cadre en bois de la joconde et, à côté,
la vitre qui protégeait le tableau.
Le préfet se penche, il regarde.
Tiens.
Remarque-t-il ?
Qu'est-ce que c'est que cette drôle de tâche ?
Il vient de repérer une trace de pouces.
Une trace de pouces, c'est une empreinte !
Et une empreinte ! Génial ! C'est un indice !
Envoyez tout de suite la vitre au labo.
Ordonne l'épine.
À l'intérieur de lui, il jubile.
Voilà, qui commose bien.
Ensuite, il sort sur le quai fumé un cigario.
Il fait toujours ça quand il a besoin de s'éclaircir les idées.
Voyons, voyons.
La joconde n'a pas été peinte sur une toile, mais sur un panneau de bois.
Le voleur n'a donc pas pu la rouler comme une crêpe ou un bourrit au géant
qui l'aurait ensuite dissimulé sous son menton.
Il est forcément sorti avec un paquet à la main.
Quelqu'un a dû le voir, c'est sûr !
Il se frate les mains, il se dit...
Il est temps de mener quelques interrogatoires.
L'épine questionne minutieusement tous les employés.
Ils sont 150, au moins.
Ça prend du temps, des heures même, mais ça finit par payer.
Monsieur Sauvé est le plombier du Louvre.
Il était de service lundi matin.
Il raconte au préfet ce qu'il a vu de façon très détaillée.
Vers 7h20 à peu près, j'ai remarqué que la porte de la cour du Sphinx était ouverte.
Je trouvais ça très bizarre, alors je me suis approché.
Et là, encore plus surprenant, je me suis rendu compte que la sérieur avait été forcée.
J'ai entendu bruit, je me suis retourné,
un homme était en train de courir dans les escaliers.
Ça pristit ! C'est lui, c'est notre voleur !
C'est Sclame, l'épine, tout excité.
En un quart de seconde, parce qu'il a appris le plan du Louvre par coeur,
il arrive à reconstituer sa trajectoire.
De la cour du Sphinx, il a dû ensuite rejoindre la cour viscontie.
Et de la bingo ! Il est arrivé dehors sur le quai.
A lui, la liberté.
La police est donc à présent par où est passé le voleur.
Reste à savoir qui il est.
Et ça, la trace de pouce sur le verre pourra sûrement le révéler.
Du moins, c'est ce qu'espère le préfet.
Les résultats du labo arrivent le lendemain par la poste.
Crote, zut, flûte !
Ils sont négatifs. Ils ne permettent d'identifier personne.
L'épine est verte, rage.
Ils coursent enfermés au water, où ils poussent en long cri de désespoir.
T'as l'enquoyote au milieu du désert.
Bons sang de bonsoir ! Mais qui est-il ce voleur ?
On a volé la joconde !
Pendant ce temps, l'information fuite. La presse s'empare de l'affaire.
Le vol de la joconde fait la une de tous les journaux de France, Europe et du monde.
Qui, quand, comment, le public est inquiet ?
Ils voient l'enquête.
Il faut savoir où est passée la joconde, diable, et si elle était tombée entre de mauvaises mains.
Ce n'est pas la première fois que d'étranges histoires se déroulent au musée du Louvre.
Il y a quelques années, un journaliste avait réussi à s'enfermer dans un sarcophage.
Une autre fois, un inconnu avait tenté de découper une vitre avec un diamant.
Il y a sur terre de bien drôle de zig.
Pense le préfet.
Cette fois, qui a pu commettre cet horrible crime ?
Et surtout, pourquoi a-t-il agi ?
Pour l'argent ? Pour faire une blague ?
Ou bien pire, par provocation ?
Les jours, les semaines, les années passent.
L'enquête piétine.
On arrête bien quelques personnes, et même une fois un grand poète qui s'appelle Guillaume Apollinaire.
Et là, ce ne sont jamais les bonnes.
Les pines, sombres dans la déprime, ils ne lèvent plus jamais les fesses de son canapé.
On dirait qu'il a jeté les ponges.
Tu veux que je te dise un truc ?
C'est bien dommage, car dans la vie, il ne faut jamais perdre espoir. Jamais.
En revanche, il est parfois utile de s'aérer en peu, histoire de changer de point de vue.
Attention ! Pour les besoins de l'enquête, nous nous télétransportons en Italie.
Nous sommes à Florence, dans la boutique d'Alfredo Gieri.
C'est le mercredi 10 décembre 1913.
Alfredo Gieri est un grand marchandard.
Il est connu, craint, respecté.
Pourtant, ce soir, il a le track.
Il a tant quelqu'un, un mystérieux Leonardo.
Ce dernier a promis de lui apporter une merveille à lui couper le souffle.
Une merveille ?
Oh ! Tiens, tiens ! Voyez-vous cela ? Qu'est-ce que cela peut être, à ton avis ?
À 18h15, la clochette de la porte retentit.
Leonardo entre. Il se dirige tout droit vers Alfredo.
Alors, votre merveille, vous l'avez avec vous ?
Demande le marchandard, avec l'aïkifretille.
Vous êtes fou ! Pas ici, c'est trop dangereux.
Retrouvez-moi mon hôtel demain et n'oubliez pas de prendre votre porte-monnaie.
Le lendemain, Alfredo est à l'heure au rendez-vous.
Sans dire un mot, Leonardo, lui tend un paquet rectangulaire, enveloppé d'un épève-lou rouge.
Le marchand dénoue un oeuf, puis un autre.
Le velours rouge glisse, il tombe à terre, sans faire de prouilles.
Incroyable ! Alfredo allait l'arme aux yeux.
Il n'en revient pas ! Ce qu'il tient entre les mains, c'est la zoconde.
Il y aura ! C'est une contraction de Yuppie et aura.
On a retrouvé le chédeuve de Leonardo, voici !
Tout de suite, le marchand prévient la police, le voleur est arrêté sur le champ.
L'épine, complètement retournée par la nouvelle, assiste à son procès.
La voix calme est posée, Leonardo raconte tout, absolument tout.
Il explique pourquoi et comment il a agi.
Il commence par révéler sa véritable identité.
Je m'appelle Vincenzo Perogia et je suis italien.
Je travaillais au Louvre comme vitrier.
Tous les jours, je passais devant la joconde, je la trouvais magnifique et ça m'a rendu complètement dingue.
Pourquoi cette beauté devait-elle passer sa vie en France alors que Leonardo da Vinci,
l'homme qui la peinte, est un grand maître italien ?
Alors je n'ai volé, pas pour l'argent, non, mais pour la ramener chez elle, dans son pays, à Nitali.
Oui, bon, ça c'est ce qu'il a raconté pour se défendre.
Car en réalité, s'il avait vraiment voulu rendre la joconde à son pays,
il n'aurait pas essayé de la vendre à un marchandard.
Enfin, bref.
En sortant du musée Vincenzo avait tout simplement ramené le tableau dans sa petite chambre parisienne
où il l'avait gardé pendant deux ans sous son lit.
Personne ne l'avait jamais soupçonné.
Le préfet enrage, comment cet homme avait-il pu lui échapper ?
Après un grand tour de l'Italie, la joconde est finalement retournée au Musée du Louvre
le 4 janvier 1914, trois ans après sa disparition.
Elle est acclamée par la foule comme une véritable déesse.
Cette drôle d'aventure l'a rendue extrêmement célèbre.
Elle est désormais le tableau le plus connu du monde.
Quand toute cette affaire a été bouclée, moi aussi, je suis retournée quelque part.
Mais pas au Louvre, c'est Happy Nooye.
D'abord, j'avais un petit creux et puis je voulais revoir Jimmy.
Ah, c'est que Tip, ce Jimmy. Mais mystérieux aussi.
Il n'a jamais voulu me dire comment il avait eu ce super tuyau.
Pas grave, chacun a droit à ses petits secrets. Pas vrai ?
Les Odyssey du Louvre
Les Odyssey du Louvre est un podcast original de France Inter et du Musée du Louvre.
Le Joconde
Le Joconde
Le Joconde
Tiens, mais au fait, pourquoi la Joconde n'est pas exposée en Italie, mais au Musée du Louvre ?
Leonard de Vinci commence à peindre la Joconde à Florence dans les années 1503-1506.
En 1516, le roi François Ier, qui l'admire énormément, l'invite à venir en France.
Leonard, comme à son habitude, n'est pas totalement satisfait du travail qu'il a accompli sur sa peinture.
Il décide d'emporter le tableau avec lui, histoire de pouvoir y ajouter quelques coups de pinceau.
Quelques années plus tard, François Ier décide de l'acheter.
C'est ainsi que la Joconde entre très officiellement dans les collections royales,
son destin est désormais lié à la France.
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