
Les Odyssées du Louvre 13/15 : Champollion le génial déchiffreur des hiéroglyphes
Durée: 15m10s
Date de sortie: 20/04/2022
durée : 00:15:10 - Les Odyssées - Embarque avec nous au cœur du plus grand mystère de l'Egypte ancienne ! Voici l’histoire d’un homme exceptionnel qui fit parler les pierres et révéla les mystères de la langue des pharaons.
...
Jouillet 1798.
Sous un soleil de plomb, le jeune général Bonaparte débarque en Égypte.
Évidemment, le bonhomme n'a pas traversé la Méditerranée
pour se la couler douce au chaud sous les palmiers.
Accompagné par 40 000 soldats et 170 scientifiques,
il espère conquérir le pays, percer tous ses secrets et découvrir de somptueux trésors.
Des statues, des sarcophages, ou bien encore, des momies de très grands pharaons.
Très vite, la situation tourne vinaigre.
Attaqués par les Anglais, les Français perdent tous leurs bateaux.
P'tain, ils sont faits comme des rats !
Que faits-ils ?
Coincés en Égypte, certains s'installent dans une très ancienne forteresse,
près du delta d'une île, non loin de la ville des Rachides, que les Français appellent.
Rosette.
Mais, oh, sute !
Le fort est en très mauvais état, il faut faire des travaux.
Bon, allez, c'est parti.
Les soldats creusent, ils déplacent des pierres.
Quelle bouquante enfer !
Soudain, au milieu de la poussière, le lieutenant Bouchard s'arrête.
Il vient d'apercevoir une pierre étrange, un bloc noir d'environ 1 m, abîmé sur le côté droit.
La face est recouverte de signes bizarres, des inscriptions visiblement en trois écritures différentes.
Mon Dieu, mais qu'est-ce d'où ?
Le lieutenant se penche.
En bas, il distingue du grec ancien et, tout en haut, de mystérieux symboles,
des sortes de petits dessins qui représentent des objets, des animaux,
ou bien encore, des humains.
Paranubis ! Oh oh ! Ce sont des hierroglifes !
Nous sommes en juillet 1799.
Immédiatement, la pierre est confiée à des savants de l'expédition.
Vous lisez comme moi, professeur.
Réponds un fameux archéologue, les yeux, tout plein de feu.
Il s'agit d'une décision officielle du pharaon Ptolemé V, qui date de 197 avant Jésus-Christ.
Ces trois écritures disent peut-être la même chose.
Avec un peu de chance, ce sont des traductions.
Et le grec, contrairement aux hierroglifs, nous connaissons sa signification.
C'est la clé !
Cette pierre nous permettra de déchiffrer cette mystérieuse écriture,
dont nous avons perdu la signification depuis 1600 ans.
L'excitation est à son comble !
Pendant ce temps, la situation des Français virent à la catastrophe.
Les Anglais gagnent la partie et ils récupèrent la pierre de Rosette comme trésor de guerre.
Et c'est ainsi que la mystérieuse stèle prend la main en direction de l'Angleterre.
Très vite, elle devient extrêmement célèbre.
Au même moment, dans le sud-ouest de la France, le petit Jean-François Champollion fait de la corde à sauter.
Wow ! Quel sportif, n'est-ce pas ?
Oui, euh, en fait, j'exagère un peu, mais là n'est pas la question.
L'enfant paraît-il et du genre extraordinaire.
Vif, intelligent, il s'intéresse à tout, particulièrement aux langues étrangères.
A douze ans, il traduit la perfection, le grec et le latin.
A treize, il apprend tout seul, l'arabe, l'ébreu et des langues extrêmement anciennes, comme l'arameen et le copte.
Pourquoi te parles tout à coup de ce jeune homme au temps frais et au magnifique cheveux brun ?
Oui, c'est exact. L'homme qui arrivera à percer les secrets de l'écriture des pharaons, c'est lui.
Et tu prêts ? Nous embarquons pour une fois l'aventure qui nous conduira au cœur du plus grand mystère de l'Égypte ancienne.
Voici l'odyssée de Jean-François Champollion, le génial des chiffreurs des hieroglyphes.
Nous sommes en 1805.
Champollion, à 15 ans, vit dans la ville de Grenoble avec son grand frère, Jacques Joseph.
L'aîné s'occupe du cadet, il le surveille, comme le lait sur le feu.
Dans le cerveau de cet enfant, ça bouillonne. Ce petit, c'est de la dynamite.
À cette époque, l'Europe entière est prise d'une véritable Egyptomagna.
Partout, on se passionne pour cette ancienne civilisation qui a lissé au monde les Sphinx, les Temps, les Pyramides,
et cette bien mystérieuse écriture que personne pour l'instant n'arrive à comprendre.
Jacques Joseph suit la question de Prae.
Un grand savant lui a d'ailleurs demandé d'écrire un article sur la fameuse pierre découverte dans la ville de Rosette.
A ses côtés, Jean-François découvre l'Egypte de l'Antiquité.
Il passe des heures à rêver, les yeux ouverts.
Il aperçoit les fenoucs descendre le Nil.
Il voit le Dieu soleil, rey frappe le sol de ses puissants rayons.
Il imagine les Pyramides de Gizaise.
Mais rien, absolument rien, ne les brouille autant que cette mystérieuse pierre de Rosette.
Le jeune Champollion frisson, tout au fond de lui, il le sent et le sait.
Les secrets de cette grande civilisation disparues, il les consacrera sa vie entière.
Les deux frères vivent désormais à Paris.
Jean-François a 17 ans, il consacre tout son temps à l'Egypte ancienne.
Il étudie sa religion, sa géographie.
Pour se familiariser avec les hieroglyphes, il copie des papyrus à la Grande Bibliothèque Impérial.
Il subit !
Enfin, il s'attaque à la pierre de Rosette.
Pour travailler, il dispose de deux copies, et l'as en bien mauvais état.
Qu'importe, allez, ça fera l'affaire.
Des heures du rôme, il observe les copies de la pierre.
Ces yeux passent du grec ancien au hieroglyphes,
puis des hieroglyphes au grec ancien, il compte chaque signe.
Bon sang ! Que peuvent-ils bien signifier ?
Comment fonctionne cette écriture, quelle est son origine ? D'où vient-elle ?
Champollion travaille nuit et jour, il oublie parfois de boire, de manger.
Tantôt son visage s'éclaire, car il croit tenir une piste.
Tantôt, il sombre dans le désespoir.
Parfois, il s'arrête, décourager.
Mais, il ne peut pas s'en empêcher, toujours, il recommence.
Chaque semaine, il suit une nouvelle piste.
Et si le chinois et l'hieroglyphes avaient un lien ?
Pour le vérifier, Champollion n'hésite pas, il apprend le chinois.
Euh, non, en fait, non, rien à voir.
Les années passent, la pierre résiste.
Le temps presse. Champollion n'est pas le seul à s'acharnir sur la pierre de Rosette.
À Londres, un certain Thomas Jung espère lui aussi percer tous ses secrets.
Damn ! Il fait de grandes avocées !
Champollion ne se laisse pas abattre.
Pas de panique, mon vieux, pas de panique.
Voyons, voyons, qu'est-ce que je sais ?
D'autres avant lui ont tenté de décifrer les hieroglyphes.
Ils s'y sont cassés les dents, mais ils ont tout de même permis quelques avancées.
Grâce à l'abbé Bartelémy, un savant des années 1750,
on sait que les hieroglyphes entourés d'un cadre oval, appelés cartouches,
sont des noms de Pharaon.
Facilement repérable, c'est un excellent indice.
Pour avancer, Champollion possède également une deuxième clé.
Il connaît le copte sur le bout des doigts.
Le copte est une langue égyptienne très ancienne apparu juste après les hieroglyphes.
Il doit bien y avoir des ponts entre les deux.
Champollion réfléchit, son cerveau bon, les idées fuses.
Parce que les hieroglyphes ressemblent à des petits dessins.
Nous sommes persuadés qu'ils représentent des idées, mais...
Mais s'ils représentent également des sons, comme les lettres d'un alphabet.
Des sons ? Oh ! Tiens, tiens ! Voilà qui est intéressant !
Champollion se concentre sur ses trois pistes.
Pour compléter ses recherches, il se fait envoyer des copies de cartouches de Pharaon
comme Ramsès, Cléopâtre ou Toutemesse.
Il les compare ensuite à ce qu'il trouve dans le texte de la pierre de Rosette.
Petit à petit, le chemin s'éclaire.
Champollion commence à repérer certains signes, certains sons.
Il comprend que la main représente le T, le lion, le L, la bouche, le H.
Enfin, dans un cartouche, il reconnaît les sons mess, puis ra.
Champollion se met à lire.
Mess... ra.
Ra... mess... Ramasse ?
Mais ramassez quoi ?
Mais... mais non... mais non, bien sûr ! Ramsès, le grand Pharaon !
Nous sommes en septembre, 1922.
Après 1600 ans de silence, les hieroglyphes enfin se mettent à parler.
Champollion, à la tête qui tourne, son cœur bat ses yeux brilles.
Mais enfin, il le sait.
C'est une chose d'arriver à déchiffrer quelques noms de Pharaon.
Sans être une autre de comprendre tout un système d'écriture.
Sa méthode fonctionne-t-elle vraiment ? Et s'il s'était trompé ?
Pour le savoir, il faudrait vérifier comparé avec d'autres textes.
Où trouve-t-on le plus de hieroglyphes ?
Mais, pardon, en Égypte !
Mais enfin, il faut qu'on se mette à la fin !
Mais enfin, il faut qu'on se mette à la fin !
C'est un matin d'été, la lumière, chaude, vive, il n'onde le musée.
Champollion se promène dans les salles de son département.
Mon vieux, tu as du pain sur la planche.
C'est la première fois que le public français va découvrir les statues, les amulettes et les sarcofages égyptiens.
Alors, comment les présenter ?
Je sais, comme des légumes, des fruits, des poissons sur un marché !
Eux, non, peut-être pas.
Mes objets sont des oeuvres d'art.
Et ils ne sont pas seulement beaux à regarder.
Chacun raconte la civilisation égyptienne.
Les visiteurs doivent découvrir et apprendre.
Bon sang, tout ça est passionnant !
Champollion se retrousse les manches. Allez, c'est parti !
Alors, ça, là...
Il classe les objets de façon thématique.
Ça, là ? Ok, ça, là, ici, oui.
Et voilà, ainsi, youpie !
Le public apprendra les rythmes ortoires, la religion, l'importance du fleuve Nil.
Puis, il rédige un livret explicatif pour renseigner les visiteurs.
Il invente le Musée moderne, tel qu'on le connaît aujourd'hui.
Champollion, à 36 ans.
De temps en temps, il ferme les yeux.
Non, pas pour dormir. Il rêve.
Il s'imagine descendre le Nil.
Il est donc poussé par un petit vent frais, qui se glisse, là, délicatement,
entre les papyruches et les hippopotales.
Le 18 août 1828, pour la première fois de sa vie,
Champollion pose enfin le pied sur la terre égyptienne.
Il est à la tête d'une grande expédition envoyée dans la vallée du Nil.
Le soleil tape fort. Il fait parfois près de 50 degrés.
Champollion se tue au travail.
Dans chaque temple qu'il visite, à Karnak, à Abu Simbel,
il observe les inscriptions, puis il les dessine pour ne pas en perdre une seule miette.
Il étudie, il compare, il vérifie, il est inquiet, excité, il freimit son cœur bas.
Bon sang, a-t-il vu juste avec son système ?
Après de longs mois de recherche, soudain, un étrange sourire apparait sur son visage.
Nous sommes en 1829. Champollion marche sur les bords du Nil.
Sous les rayons du Dieu soleil ray, son visage bré, comme une magnifique pomme d'or.
À travers ses yeux noirs, apparaissent des hieroglyphes, des temples et mille autres merveilles.
Des larmes coulent sur ses jambes. Il le sait désormais.
Oh oui, il en est absolument certain. Il a réussi.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
Les hieroglyphes ne sont pas la seule écriture utilisée par les égyptiens de l'Antiquité.
Conçus pour les inscriptions monumentales sur les temples et les tombes,
ils ne sont pas très pratiques à utiliser dans la vie courante.
Pour aller un peu plus vite, lorsqu'ils rédissent des textes sur des papiers russes par exemple,
les scribes utilisent une autre écriture simplifiée qu'on appelle hiératique.
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Lesodyssées
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