
Les Odyssées du Louvre 14/15 : Les Odyssées du Louvre : Eugène Delacroix, grand peintre romantique
Durée: 16m56s
Date de sortie: 20/04/2022
durée : 00:16:56 - Les Odyssées - Delacroix a remué son époque, il a dérangé, choqué, fasciné. Il voulait peindre la grande Histoire, telle qu'il la rêvait. Avec lui, la peinture a changé. Découvre ici son histoire et quelques-unes de ses plus belles toiles.
A Paris, au numéro 6 de la rue de Fürstenberg, il y a une grande porte verte.
Derrière cette porte, on trouve une cour.
Et dans cette cour, un magnifique petit jardin.
Ici, habité un immense artiste.
Il fait gris ce matin de février 1863.
Les nuages ont envahit le ciel, par terre, l'ombre graignote la lumière.
Diable, aurait-elle une petite frangale ?
Soudain, la neige se met à tomber.
Une porte claque, un homme descend un petit escalier.
Il fait un froid de canard, pourtant il transpire à grosse goutte.
A-t-il la fièvre ?
Sans doute.
Mais pas seulement.
Cet homme s'appelle...
Il s'appelle...
Ah, mais...
Comment s'appelle-t-il déjà ?
Du rond ?
Du trian ?
Oh !
Du garai peut-être ?
Pûrée, c'est pas vrai, l'or.
C'est de la croix, mon nom.
Mais oui, oh, je sais bien, jeanne.
Je voulais te taquiner, voilà tout.
Jeanne de la croix brûle d'un feu intense, ravageur, énergique,
le feu sacré de la peinture,
rouge-vermillon,
bleu indigo,
vert-hémrode.
Sur ses toits, les couleurs vibrent, elles éclatent.
On dirait qu'elles font cet on-en-cri magnifique et féroce.
Jeanne peint des batailles, des incendies, le désir,
la mort et de grands personnages à la gloire héroïque.
De la croix veut être grand et mesurée, oui, dans les 1,85 mètres.
Mais non, pas du tout !
Il veut briller, briller comme un astre pour l'éternité.
Va-t-il y arriver ?
L'art est un jeu dangereux,
pas la peine d'être en poulet pour y laisser des pluies.
Qu'importe les tempêtes, les critiques, les attaques,
de la croix tiennent sa ligne, elles ne portent qu'un seul nom, la peinture.
Alors, qu'en dis-tu ?
Allez, on se jette dans le poulailler ?
Euh, la peinture !
Jeanne, n'étant 1798, ses débuts dans le monde sont un peu difficiles.
Ou disons, accidentés.
A l'âge de trois ans, cinq fois, il a déjà échappé à la mort.
Quel est le problème ?
Le veine, pourvu que ça dut !
L'enfant est choyé, adoré, il grandit.
YAHOO ! La vie est belle !
Et puis, le tonnerre gronte.
Eux, Jeanne, perséparant.
Après leur mort, il ne reste absolument plus rien de la fortune familiale.
Ah, si, eux, pardon, un pot, une cuvette et deux vases.
Le jeune homme reste calme, mais tout au fond de lui, son cœur palpite.
Il frémit.
J'ai tout perdu.
Mais un jour, j'aurai la gloire !
De la croix joue de la musique, il écrit, il dessine.
Que faire ? Que choisir ?
À 17 ans, il décide de devenir peintre.
Oui, pourquoi pas ? Mais comment ?
Nous sommes en 1815.
Eux, Jeanne, vit à Paris.
Depuis peu, il est élève du grand peintre, Pierre Narcisse Guerin.
Il travaille dans son atelier, il y apprend son métier.
La peinture, ça se pratique, c'est physique !
Il ne faut pas avoir peur de s'en mettre plein les doigts.
De la croix décide, peint, fait et refait encore, il perfectionne sa technique.
Trois fois par semaine, Eux, Jeanne, se rentre au Musée du Louvre
pour copier les grands maîtres du passé.
Et oui, c'est aussi comme ça qu'on apprend.
Il passe des heures, face au toile de Véronès, Vélasquez,
au Rubens.
Il le reproduit, chaque petit détail, il se lance un défi.
Je serai plus grand.
Dans les 1,85 mètres ?
Eux, pardon, excusez-moi.
Je ferai mieux, je les dépasserai tous.
Oh, quand tu y vas, Jeanne, où ?
Il est temps de passer aux choses sérieuses.
Pour un peintre de cette époque, cela veut dire, exploser au salon.
Celui de tes parents ?
Non, pas tout à fait.
Celui du Louvre.
Tous les 2 ans, des peintres triés sur le volet,
ont la chance de montrer leurs œuvres sur les murs du fameux Musée.
Ils peuvent se faire des choses,
et peuvent aussi se faire acheter.
Au salon.
Tout peut commencer.
En 1822, de la croix termine l'une de ses premières grandes peintures.
Dante et Virgile aux enfers.
Les 2 poètes.
Réverser les enfers en barque.
C'est la tempête.
L'eau est agité, les corps se tordent,
les visages sont inquiets, au fond, le ciel est sombre.
Entre nous,
ça fait un peu froid dans le dos.
C'est un peu froid,
c'est cette toile que Jane décide d'exposer au salon.
Immédiatement, elle fait grand bruit.
Pour certains, c'est l'œuvre d'un génie,
pour d'autres,
eh bien, disons que les critiques n'y vont pas avec le dos de la cuillère.
C'est une tartouillade.
Comment ? Une quoi ?
Vous pouvez répéter ?
Une tartouillade.
Je comprends toujours pas.
C'est une sorte de tarte.
Oh, ça se mange ?
Mais non, une tartouillade,
une croûte, une nullité.
Ah oui, d'accord.
Je vois.
Une chose est sûre,
l'artiste est passé de l'ombre à la lumière.
Bingo, Jane, tu n'es vraiment plus n'importe qui.
Le peintre se plonge dans le travail.
À son époque,
on n'a pas encore inventé les tubes de peinture.
Une fois préparés,
les couleurs sont conservées
dans des vécis de bord.
Des vécils de l'est transporté
et donc d'aller peindre dans la nature
de la croix œuvre dans son atelier.
Pour ne pas être gêné par la digestion,
ils sautent souvent le déjeuner.
La vache !
Alors ça, tu vois,
j'en serais bien incapable.
Ils travaillent des heures durant,
sans s'arrêter.
Ils ne fait jamais de petite pause pipi.
De la croix, à 23, 25, 27 ans,
ils cherchent, ils explorent.
Ces œuvres ne ressemblent qu'à lui.
On n'a jamais vu ça.
Ils continuent d'exposer au salon
et toujours, ils déchèrent.
Les passions !
De la croix, ils massacrent la peinture.
Regardez-moi ça.
Les proportions, la perspective, rien ne va.
Les couleurs passent encore,
mais le dessin, franchement,
on dirait que c'est dessiné avec les pieds.
Je n'ai qu'une chose à dire.
Black, et red-black.
Oui, je sais que le dessin
n'est peut-être pas ce qui l'intéresse le plus,
mais la lumière,
la douceur des contours,
la puissance des mouvements,
la vérité des expressions.
C'est tout de même infiniment émouvant.
Vous ne trouvez pas ?
Non ?
Grâche !
Heureusement,
le peintre a aussi de fervents défenseurs
parmi lesquels de très grands auteurs.
Et c'est d'ailleurs dans les pages d'un poète anglais,
Lord Byron,
qu'il trouve le sujet de l'une de ses plus belles toiles.
La mort de Sardinapal.
La scène se passe en mesopotamie.
Sardinapal, sanguinère roi d'Aciri,
sachant l'ennemi à ses portes,
incendie son palais.
Ses cheveux, ses serviteurs et même Myra,
sa maîtresse adorée,
tous vont périr avec lui dans les flammes.
La toile rougeois, comme des tisons sur la braise.
Des roses, des bruns,
des roses font tournoyer la scène,
les corps convulsent de douleurs.
Et tandis que tout succombe dans d'attroces souffrances,
le roi, allongé sur son lit,
contemple le carnage.
Partout, le chaos danse.
La peinture est immense.
De la croix épuisée, la termine à bout de souffle.
Qu'importe, le peintre y croit mort.
C'est mon chédœuvre.
Avec lui, c'est sûr, je vais frapper fort.
Ah oui, je crois qu'on ne pourrait pas mieux dire.
La toile fait sandale, elle soque.
Oh, pardon, excuse-moi, j'ai perdu ma dent.
La toile fait scandale, elle soque.
Pour les critiques,
cette étrange mélange, que disent-ils,
ce gluby-boulga de cornue,
d'animaux et d'objets,
ne peut en aucun cas se faire appeler Euvruda.
Il y en a trop, c'est confus, déséquilibré, grossier,
et surtout, immoral.
En plus, la toile est si grande que personne ne sait qu'en faire.
Même les musées n'en veulent pas.
Pourtant, bah, ils auraient la place.
Pour de la croix, c'est la dégringolade.
Crois-moi, cela ne rime pas du tout avec rigolade.
Les commandes se font rares.
Le pauvre homme est au fond du saut, il n'y fait pas très bon.
À Paris, également, le ciel est sombre.
Le roi Charles X craint pour son pouvoir,
il teinte, en met son coup d'autorité.
Immédiatement, le peuple se soulève.
Les 27, 28 et 29 juillet 1830,
les Parisais envahissent les rues,
ils montent des barricades,
les fusils tirent dans tous les sens.
Ils sont en train de se battre.
De la croix qui n'est pourtant pas révolutionnaire,
pas un insurrection parisienne.
La toile s'appelle La liberté guidant le peuple.
Elle montre une femme, la potrait nue,
ouvrir la voix au révolutionnaire,
au milieu du brouillard et du tumulte.
La peinture dérange, elle fascine,
mais cette fois, n'est à la chette.
Eugène, j'hubile.
À la bonheur.
Tiens, et si j'en profiter pour prendre un peu l'air, moi ?
Depuis des années, le peintre rêve de la Grèce,
de la Turquie et de l'Afrique du Nord,
de tous ces pays qu'à l'époque on appelle...
l'Orient.
En janvier 1832,
enfin, il part destination,
le Maroc.
La lumière du Sud le remue jusqu'au fond de l'âme.
Avec passion, il découvre de nouveaux paysages
et se perd dans ces immenses marchés
qui portent le nom de Souk.
Eugène se ruine, il veut tout acheter,
des instruments de musique, des poteries,
des sabres, des tissus.
Il ne veut surtout rien oublier.
Alors, dans de petits garnets,
il dessine des femmes, des objets, des paysages.
Ces centaines, ces milliers de croquis deviendront plus tard
de magnifiques peintures.
De la croix, à désormais 34 ans,
lui qui voulait être grand, veut se faire éternelle.
De retour à Paris, l'artiste réfléchit.
Les peintures sont fragiles,
elles peuvent s'abîmer, disparaître.
Comment laisser une trace qui dure jusqu'à la fin des temps ?
Puis, il se sert un petit thé.
Plus tard, dans la nuit, il se réveille en churson.
Ça y est, il l'a trouvé !
Les murs ! Je vais peindre des œuvres gigantesques sur des murs.
Oh, bien sûr ! Pas n'importe quelle mure !
De la croix, ils choisissent pour décorer des bâtiments importants
comme le palais Bourbon, l'église Insulpice,
ou encore la prestigieuse galerie d'Apollon,
au musée du Louvre.
C'est un travail épuisant, titanesque.
Entourés d'assistants, eux gènent peindre le froid,
perchés sur de grands échafaudages.
Ça sentait qu'ils, des jeunes et pas bien bonnes, se dégradent.
De la croix tous, il a la fièvre.
Mais il continue de peindre, c'est plus fort que lui !
En 1855, 36 de ses toiles sont exposées au palais des Beaux-Arts.
Un million de personnes se déplacent pour admirer son travail.
Un million !
Waouh ! Ma foi, c'est la consécration !
Deux ans plus tard, ils s'installent au numéro 6 de la rue de Furestinbeu.
Là-bas, il fait aménager l'atelier de ses rêves.
Génile Odiou, sa fidèle gouvernante, barre la route à Ticou,
voudrait le déranger.
Ainsi, le peintre peut travailler des heures,
sans s'arrêter, et bien sûr,
sans jamais faire de petites pousses pipis.
De la croix remise son époque.
Il a déranger, choqué, fasciné.
Il voulait peindre la grande histoire,
non pas de façon réaliste, mais telle qu'il la rêvait.
Avec lui, la peinture a changé.
Ces toiles sont déséquilibrées, vivantes, bouillonnantes.
Ces couleurs, si intense, comme des flèches décochées à toute allure,
touchent le spectateur en plein cœur.
Pour toutes ces raisons, on a fait de lui
le chef d'un courant, qui s'appelle le romantisme.
Les peintures de de la croix ont été élevées
et en réalité, ne font pas tout trembler la terre.
L'une de mes préférés se trouve au musée du Louvre.
Dans un appartement, à LG, des femmes se prélassent.
La lumière caresse les visages,
les couleurs sont splendides, l'atmosphère.
Très douce.
Au premier plan, on voit trois minuscules babouches.
À qui appartiennent-elles ?
Dis-moi.
Ce ne serait pas toi qui vient de les laisser ici.
Dernière cet épisode,
Il ya Fanny Le Roi, Anne-Sophie Ladonne,
Basil Bocaire, les équipes du musée du Louvre
et du musée de la croix et moi,
l'or grand-businson.
Les Odyssey du Louvre
est un podcast original de France Inter
et du Musée du Louvre.
Le dernier atelier du peintre,
aux 6 rues de Furstenberg,
est aujourd'hui un musée,
le Musée National, eugène de la Croix.
N'hésite pas à aller le visiter ?
Tu pourras voir ces palettes,
le coffre dans lequel il rangait les trésors
qu'il a ramené du Maroc,
et bien sûr,
quelques merveilles de peinture.
Les infos glanées
Lesodyssées
France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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