[PARTAGE ESTIVAL] Découvre un épisode du podcast "Bourlinguez"

Durée: 45m31s

Date de sortie: 02/08/2023

Cet été, durant tous le mois d'Aout, chaque semaine, je vous propose de découvrir un podcast voyage que j'aime ! 

Cette semaine, c'est au tour du podcast  "Bourlinguez"   d'ouvrir le bal de ces partages. 

2 fois par mois, Marc-Antoine Malaspina invite une personne qui se raconte au travers d'un de ses voyages.


Dans ce 93ème épisode, Nicole raconte la Grèce et sa relation particulière avec ce pays.

La Grèce est une seconde patrie pour Nicole Dubois-Tartacap, qui ne compte plus les voyages dans ce pays méditerranéen aux portes de l’Orient. Sa langue, sa culture, son histoire et sa littérature n’ont plus de secrets pour elle.

Au début des années 2000, après avoir exploré de nombreuses îles grecques dans ses précédents voyages, elle décide de partir à la découverte de la Grèce continentale. Entre vestiges antiques et lieux de vie plus modernes, elle décrit un pays qui la passionne tout autant que ses habitants.

Avec Nicole on a parlé de poésie, de café et du Mont Saint-Michel.

Musique d'intro et d'outro : "J'ai Bourlingué", écrite et interprétée par Serge Raphaël 

Identité Graphique : Chloé Hueber (@chloehueber)

Bourlinguez est un podcast voyage produit par Marc-Antoine Malaspina
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Bel été ! Et à très bientôt (à l'Automne) pour la sortie de la saison 5 des Coulisses du voyage.


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Musiques : Clover, Instrumental de Sebastian Barnaby Robertson   



Je m'appelle Nicole Dubois-Tartacap, j'ai pas mal voyagé à travers le monde,
mais parmi tous les pays que j'ai visités et que j'ai aimés,
il y en a un avec lequel j'ai créé un lien tout à fait particulier.
Ce pays, c'est la Grèce, que j'ai aimé au point d'y revenir un nombre incalculable de fois,
de le visiter du nord au sud et des destes en Ouest, pour finir par écrire un livre,
peut-être en partie pour le remercier de tout ce qu'il m'a offert au cours de mes différents voyages.
Vous écoutez Bourlingue, le podcast qui donne la parole à celle et ceux qui voyagent.
Deux fois par mois, je reçois un ou une invité qui se raconte au travers d'un voyage qui l'a marqué.
Dans cet épisode, Nicole raconte la Grèce, avec elle on a parlé de poésie,
de café et du Monsain Michel.
La première fois que je suis arrivée en Grèce, je devais avoir une vingtaine d'années.
Je suis arrivée à Athènes, j'avais l'intention d'y rester quelques jours.
Et puis j'ai commencé à hérer dans les rues. Hérer, c'est vraiment le mot,
parce que j'ai trouvé qu'il y avait trop de bruit, trop de poussière, trop de béton,
il y avait trop de tout. Donc je me suis dit je vais quand même aller à l'acropole.
Et à l'acropole, il y avait trop de touristes. Donc tout simplement, j'ai fait demi-tour et puis
j'ai envisagé de quitter Athènes et de me diriger vers une île.
Donc je suis allée au Pyrée, j'ai pris le premier bateau qui partait pour l'île la plus proche d'Athènes,
qui était Aigine. Et là, en arrivant dans ce port qui est très harmonieux, c'est un port avec une
jetée, une petite chapelle toute blanche au bout de l'acheter, je suis descendue, j'ai vu les terrasses,
les bateaux qui étaient amarrés et là j'ai commencé à réellement aimer la Grèce.
Et puis je savais qu'à Aigine, il y avait un temple, qu'on disait très beau, qui était le temple
d'Aphéa. J'ai donc pris un bus, j'ai traversé l'île avec ce bus, les paysages je les ai trouvés
magnifiques. Le bus m'a laissé là, j'étais seul, absolument seul. A l'époque le temple était
encore en rénovation et il n'y avait même pas de droit d'entrée. Il y avait l'odeur de peint
déjà qui m'a envahi avec le bruit des cigales. Et en levant les yeux, j'ai vu ce ciel tout bleu.
Et puis les colonnes blanches du temple qui se dessinaient sur le ciel bleu, je suis montée jusqu'au
temple, je suis rentrée dans le temple, ce qu'on ne peut absolument plus faire aujourd'hui. J'ai
découvert la mer à l'infini qui était tout aussi bleue que le ciel et puis je me suis assise
entre les colonnes du temple, ce qu'on peut encore moins faire aujourd'hui. Et là j'y suis resté
des heures et je crois que c'est la première fois dans ma toute jeune vie que j'ai eu la perception
de la juste mesure des choses, de la juste mesure des événements et de la juste mesure de nos petites
vies dans ce temple des gines qui étaient là, lui depuis 25 siècles. Quand j'ai quitté les gines,
j'étais sûre que j'y reviendrai, ce que j'ai fait de nombreuses fois et que je reviendrai en
Grèce d'une manière générale. Donc j'ai exploré les îles parce que la Grèce c'est quand même
quand on y pense comme ça essentiellement les îles. Donc j'ai dû en explorer une trentaine et puis à
force de naviguer d'îles en île, je me suis dit qu'il fallait que j'aille un peu plus loin, donc j'ai
commencé à apprendre les rudiments de la langue grecque qui m'a entraîné vers la littérature,
vers l'histoire, la géographie. J'ai réalisé, je me suis rendu compte à ce moment-là que la Grèce
est un pays charnière parce qu'on pense toujours aux côtés méditerranéens et à Ulysses, mais il y a
aussi en Grèce toute une partie balkanique, la Grèce à des frontières communes avec l'Albanie,
avec la Bulgarie, avec la Macédoine du Nord et non seulement à des frontières communes,
mais à des paysages communs. Par exemple en Épire, il y a des ponts qui sont très semblables au pont
de l'Albanie avec des légendes qui ne sont plus liées à Haumère, mais qui sont des légendes
qu'on retrouve en Albanie, de femmes emmurées dans les piles des ponts de manière à les maintenir
bien solides, des légendes qu'on retrouve d'ailleurs dans les livres de l'écrivain Ismaël Kadaré.
Et puis c'est un pays aussi qui est très européen, profondément européen depuis l'Antiquité,
mais qui est aussi très oriental puisque après l'Antiquité il y a eu Byzance. Byzance
c'était quand même l'actuelle Turquie que les Grecs occupaient pendant plus de 3000 ans et dont
ils ont été obligés de partir en 1922 dans un exône massif. Donc je me suis rendu compte que la
Grèce était un pays beaucoup plus complexe que ce que j'imaginais au départ, beaucoup plus riche
aussi et qu'en dehors des îles que j'avais visité et aimé, il était peut-être temps de passer à
la partie continentale. Et c'est là que j'ai entrepris mon premier voyage sur le continent qui était
un voyage dans le Péloponnèse. Donc quand je suis arrivée à Athènes, au lieu de me précipiter vers
le Pyrée comme d'habitude, je suis allée vers un endroit qui est beaucoup moins poétique, qui était
la gare routière d'Athènes, avec tous les bus de la compagnie C'tèl qui allait m'accompagner pendant
tous mes périples en Grèce. Et là j'ai pris un bus pour la première ville du Péloponnèse qui allait
me servir de base pour explorer un petit peu la région et qui est Nauplie. J'ai découvert une
ville très guée, très riant, très ouverte avec un petit côté italien, des maisons un peu colorées,
des ruelles, des escaliers, une grande place d'allée de marbre sur laquelle des enfants jouaient au
ballon, il y avait des églises orthodoxes bien sûr, mais au détour d'une ruelle je découvrais une
fontaine ottoman, une mosquée et puis la ville est dominée par une citadelle, on accède au
sommet de cette citadelle en franchissant mille marches et arrivé au sommet j'ai été récompensé
parce que depuis le haut on voit les toits de la ville qui descendent jusqu'à la promenade en
bord de mer avec une place d'ailleurs qui est consacrée au fil hélène c'est à dire tout notamment
des intellectuels, tous ces européens qui ont pris fête écosse pour l'indépendance de la Grèce au
début du 19e siècle et puis au-delà de cette promenade la mer à l'infini et puis les montagnes
de l'argonlide. Et puis il y avait à Nauplie un endroit que je tenais absolument à voir et que je n'ai
pas trouvé pour la bonne raison qui n'existe plus et cet endroit c'était un café nier, l'équivalent
en gros de nos cafés de campagne souvent beaucoup plus petit avec la différence qu'il n'y a pas de
barre auquel ça coudait mais des petites tables en marbre blanc en général des chaise en paille
sont des tables petites on peut tenir à deux rarement plus ce sont des cafés qui sont essentiellement
fréquentés par les hommes et ça c'est peut-être le côté oriental gardé de l'orient de la Grèce
alors les femmes ils sont bienvenus simplement elles n'y viennent pas et les hommes ils jouent au
tavelis c'est une espèce de baggamon et jusqu'a récemment ils avaient dans les mains pratiquement
systématiquement un comboloy. Le comboloy c'est un chaplet que les grecs avaient emprunté au
turc du temps de l'empire ottoman alors pour les turcs c'était un objet religieux c'était le
chaplet dans son acceptation avec lequel ils disaient les prières pour les grecs c'était devenu un
objet complètement paillant qu'ils utilisaient simplement pour s'occuper les mains j'ai jamais
vu une femme d'ailleurs avec un comboloy dans les mains parce que je suppose qu'elles sont les
mains occupées à autre chose qu'elle s'amusait avec un comboloy. Ce chaplet j'en parle à l'imparfait
parce qu'on ne le voit pratiquement plus parce qu'il a été remplacé malheureusement on devine par
quoi par le téléphone portable et c'est comme ça que des traces de l'orient disparaissent petit
à petit après le narguilet qui avait disparu le comboloy est en train de disparaître de la
graisse et je trouve que c'est un petit peu dommage en plus d'être la réunion de toute une société
d'homme bien sûr mais toute la société s'y retrouve des pêcheurs des gens des universitaires
des gens qui sont à la retraite tous les hommes se retrouvent là mais en plus ce sont en quelque
sorte des petits musées c'est à dire que sur les murs il y a tout un tas de gravures de photos
qui sont accrochées alors ça va de reproduction de héros de la guerre d'indépendance des grands
hommes grecs comme véniles héloce des ancêtres qui nous regardent un petit peu sévèrement qui
est posé chez le photographe on peut voir aussi des souvent des vues de Constantinople l'ancienne
bisance dans les grecs ont toujours la nostalgie jamais les grecs ne disent istambul ils disent
toujours Constantinople et puis des cartes postales qui viennent de new york ou d'australie
ça c'est ce sont les grecs émigrés il y en a beaucoup qui envoient des cartes de toutes les parties
du monde et c'est café en fait il reflète non seulement l'histoire d'une famille mais aussi
l'histoire du pays en ce qui concerne le cet endroit que je voulais absolument voir à noplis il a lui
disparu comme les combolailles c'était en fait le premier café nio qui a été ouvert dans la
graisse indépendante et j'aurais aimé le voir mais il n'existe plus malheureusement de noplis après
avoir bien exploré nos plis et j'y serais bien resté encore plus mais j'ai entrepris d'aller à
missaigne quand il s'agit de visiter des sites antiques je pars très tôt le matin déjà je
voyage hors saison et je pars très tôt le matin parce que je veux le plus possible être seul dans
ces sites là donc je suis arrivé à missaigne effectivement j'étais seul je suis arrivé devant
la porte des liens et là je me suis arrêté complètement stupéfait simplement par le lintot
qui est en pierre massif qui fait 4 mètres de long 1 mètres d'épaisseur qui doit me peser à
peu près 50 tonnes et c'est quelque chose d'absolument incroyable donc je suis passé sous la porte
des liens et je me suis retrouvé dans les ruines de l'ancienne missaigne je me suis assise et là en
fait c'est tous les souvenirs qui a flux c'est à dire missaigne pour nous c'est quand même associé
à gamme mnons à gamme mnons et la guerre de trois et puis à gamme mnons c'est aussi Clithème
nestres c'est orest c'est les atrides et ce qui me fait dire que dans ces lieux quand je suis seul
en fait je suis pas vraiment seul parce qu'ils sont peuplés de tous ceux qui les ont habité autrefois
donc après missaigne je suis retourné à nopli qui était ma base et puis quelques jours après
je suis parti à épidore là c'est la découverte ou le constat de la perfection je pense que
l'œil humain est capable d'éprouver la perfection que ce soit d'un visage d'un corps d'un monument
et c'est ce que j'ai éprouvé devant le théâtre d'épidore c'est à dire des gradins blancs qui s'étalent
en éventail sur le flanc d'une colline et puis en bas la scène dans un écrin de verdure et au fond
l'horizon est fermé par des montagnes je suis monté à peu près au milieu de ces gradins je me suis
assise j'étais seule ou du moins je croyais être seul parce que tout en haut des gradins il y avait
un chemin qui passait que je n'avais pas vu et t'arrivais à berger avec son troupeau et il s'est
arrêté il allumait une cigarette et il a commencé à parler je croyais que c'était à moi au départ
mais c'était pas du tout à moi c'était quelqu'un qui était beaucoup plus bas au niveau de la scène
et ils se sont parlé et je les entendais comme si ils étaient à côté de moi et ça a été ma
manière à moi privilégié d'entendre l'acoustique d'épidore extraordinaire je serais bien resté
beaucoup plus longtemps à épidore mais on est toujours partagé dans un voyage entre l'envie de
rester plus longtemps et puis l'envie de découvrir autre chose et la prochaine étape pour moi était
sparte qui était ma deuxième base pour explorer une autre partie du péloponais à sparte je ne suis
pas resté parce que je voulais loger dans le village de mistras qui juxte la mistras la cité
bizantine et donc j'ai repris un bus local j'ai traversé des champs d'oranger en fleurs avec une
odeur absolument extraordinaire ce parfum des orangés en fleurs reste associé pour moi à
sparte et je suis arrivée dans le petit village de mistras et là il y avait sur la place du
village un gros platane un café dans lequel je prendrais mon petit déjeuner tous les matins
une maison en pierre dans laquelle j'ai trouvé une chambre à louer donc on m'a donné cette chambre
qui était spacieuse très agréable qui donnait sur un couloir et le couloir lui-même donnait sur un
balcon sur lequel il y avait une prêle une table de chaise donc dès le premier soir j'ai pris un
livre je me suis installé sur le balcon j'ai commencé à lire mais j'ai pas lu longtemps parce que
mal au jeu c'est arrivé c'était une dame âgée toute l'idée qui s'est assis sur la deuxième chaise
et qui a commencé à me parler à me poser les questions rituelles que posent toujours les
grecs aux étrangers qui est une curiosité très bienveillante qui est la curiosité de l'autre
c'est à dire ça commence toujours par apopou il sait d'où viens tu je viens de paris ah oui tu
viens de paris est-ce que tu es marié est-ce que tu as des enfants tu as deux enfants des garçons
ou des filles etc et puis tous les soirs le même scénario se reproduisait et petit à petit elle a
commencé à me raconter sa vie et notamment son voyage de nos où elle m'a raconté que depuis
mistrac elle n'avait jamais quitté elle avait pris un bateau sur lequel il n'y avait que des
couples en voyage de nos et ce bateau elle est à rhod et elle me décrivait l'aile de rhod elle
me décrivait les fleurs dont était couvert l'île et c'était fascinant de voir son visage qui de
tout ride et ses yeux qui s'animait et ce visage qui redonnait pratiquement le le visage de la jeune
fille qu'elle était quand elle était partie en voyage de nos pour rhod et ça ce sont les belles
rencontres qu'on fait quand on peut loger chez l'habitant et quand on voyage seul parce que c'est
plus facile de lier la conversation quand on est seul finalement qu'un couple qui est déjà un petit
groupe et puis de ce village de mistrages montait régulièrement à pied vers la cité bizantine
qui avait déjà une cité une cité franque c'est une ville du Moyen-Âge cette mistra
bizantine qui s'étale sur une colline qui est comme un peintre sucre qui avait été donné en
gros à Guillaume de Villuardouin qui était un seigneur qui est arrivé là au 13e siècle avec
la 4e croisade où c'était un descendant des seigneurs qui était arrivé là à la 4e croisade
et donc il avait construit cette forteresse et puis elle était tellement belle que les
bizantins l'ont voulu ils sont entrés en conflit les bizantins ont gagné et de franque mistra est
devenu bizantine elle était plus belle encore elle était tellement belle qu'on l'appelait la
merveille de morée la morée étant le péloponnèse aujourd'hui mistra heureusement a été récupérée
par l'unisco parce que la cité tombait plus ou moins en ruine et maintenant mistras c'est un
enchaîvêtrement de coupoles d'églises orthodoxe d'arcade et de piliers de monastère avec des cours
d'églises qui sont ombragés avec des glissines avec beaucoup de fleurs des jeunais en fleurs j'y
étais au printemps et c'était une merveille de voir tous ces monuments au milieu de la végétation
à l'intérieur des églises il y a des fresques bizantines qui sont d'une finesse extraordinaire
et puis tout en haut de la colline il y a les restes des remparts du château des villes ardoins et
puis en contrebâle à pleine de spartes qui s'étend jusqu'au monde du tégète qui était encore
enneigé quand j'y étais au mois de mai donc je suis retourné à sparte j'ai quitté mistras à
nouveau et de sparte je me suis dirigé alors au sud du péloponais il y a deux doigts en quelque
sorte de terre qui s'avance dans la mer l'un qui est plus l'est sur lequel il y a une forteresse la
forteresse de moname vacia et l'autre où il y a une région qui s'appelle le mangue donc de sparte
j'ai pris un bus qui allait vers moname vacia alors cette forteresse oui de moname vacia il faut
penser au mont samichel elle a exactement la même configuration que le mont samichel c'est à dire
c'est un bloc au milieu de l'eau relié par une jetée avec la différence que le mont samichel
est élancé c'est comme une biche est lancée je dirais et moname vacia c'est comme un taureau
massif c'est à dire c'est un rocher carrés trapus et c'est toute la différence autrement
c'est un mont samichel et d'ailleurs j'ai vu une exposition dernièrement de photos qui faisait le
parallèle entre les deux je voulais aller à moname vacia pour voir la forteresse bien sûr pour voir
cette ville médiévale mais je voulais aussi voir une maison qui me tenait beaucoup à coeur qui est la
maison du poètre yannis ritsos qui est probablement le poète grec que je préfère parce que je trouve
que c'est lui qui a le mieux décrit la graisse la graicité avec ses paysages arides son soleil
dur ses petites gens aussi les pêcheurs les femmes de pêcheurs qui attendent et puis ritsos
était communiste c'était un grand résistant pendant la période de la dictature de 1967 à
1974 ritsos a été déporté dans les îles parce que ces îles qu'on trouve paradisia qu'aujourd'hui
ont servi de lieu pour enfermer les déportés du temps de la dictature et c'était pour eux des îles
qui étaient un enfer parce qu'en général on les mettait dans les îles les plus arides les plus
décharnés il y avait le vent qui soufflait le soleil qui cognait on leur donnait pas d'eau et c'est
des poèmes ils les ont terrés pourquoi on ne les trouve pas et ces poèmes arrivaient quand même à
sortir de l'île par des prisonniers qui eux sortaient de temps en temps et qui les avaient appris par
coeur et qui ensuite allaient les donner à micis theodorakis qui est un compositeur un grand
compositeur de musique grec qui les mettait en musique et c'est comme ça que toute la graisse
connaît par coeur pratique une bonne partie de l'oeuvre de ritzos qui a été mise en musique
Et les grecs ont un rapport à la poésie qui est complètement différent d'une autre, beaucoup plus proche d'une autre.
Ensuite, je devais repartir le lendemain matin de Monem-Vassia pour regagner Sparte.
Et je suis partie le matin, je crois, vers 10h, et on m'avait dit que je devais changer de bus à un euroutier qui s'appelle Molaï.
Donc j'ai pris mon bus, je suis arrivé à Molaï, il était un peu, je sais pas, 11h ou 11h30.
Et là, je me suis assise dans la gare routière, j'ai commencé à observer autour de moi, j'aime bien ces agitations de gare routière ou de port.
Et puis, d'un œil, je suis réveillé le tableau et je cherchais mon bus pour Sparte qui était pas affichée.
Et puis le temps passé, bon, je m'inquiétais pas, je suis pas de nature très inquiète, le temps passé, passé, j'ai vu midi, mois dix, je me suis dit, tiens, c'est bizarre.
Je suis sorti, j'ai été voir ce qui était affiché sur les bus, les destinations, il y avait pas Sparte.
Je suis rentrée, j'ai encore attendu un peu, et puis à midi, je suis allé vers le guichet, j'ai dit, bus pour Sparte, t'es retardé.
Et là, j'ai vu les rétonnées de la dame qui était derrière le guichet, qui m'a dit, mais quelle bus pour Sparte, de quelle vous parlez, celui de midi ?
J'ai dit oui, elle me dit, mais il vient de partir.
Je suis dit, je comprends pas, j'ai regardé le tableau, j'ai regardé les bus, elle me dit, mais vous avez cherché quoi sur le tableau ?
J'ai dit Sparte, elle me dit oui, mais il allait à Tripoli, votre bus, il continuait, donc il fallait chercher Tripoli.
Et là, je me suis dit, mais qu'est-ce que je fais ? J'ai dit, mais il y a un bus, à quelle heure le prochain ?
Elle me dit, cinq heures ou six heures le soir, je me suis dit, mais qu'est-ce que je vais faire là ? J'avais bien vu qu'à Molah, il n'y avait rien à faire.
Quand elle a vu ma tête, elle me dit, mais si vous êtes pressé, prenez un taxi.
Je lui ai dit, je vais pas prendre un taxi pour Sparte, ça va me coûter une fortune.
Et elle me dit, mais non, non, vous ne prenez pas un taxi pour Sparte, vous prenez un taxi et vous rattrapez le bus.
Ça aurait été ailleurs pour en Grèche, je me suis dit, un suffiche de moi, mais bon, elle avait l'air très sérieuse, bon, je me suis dit après tout.
Donc, je suis sortie de la gare, j'ai eu les un taxis et je lui ai expliqué, je lui ai dit, je voudrais rattraper le bus qui va à Tripoli et qui s'arrête à Sparte.
Pas du tout étonné, il m'a dit, oui, oui, on y va.
Donc, on est partis, la route était magnifique, il y avait des lorillers roses en fleurs qui t'accavait la taille des arbres, c'était extraordinaire.
On roulait, on roulait, à un moment, il me dit, qu'est-ce qu'on fait ? On continue, je lui ai dit, bien sûr, on continue.
Et puis, à un moment, il me dit, regardez votre bus, il est là-bas, il a fait des appels de phare.
Et là, j'ai vu le bus qui mettait son clignotant, qui s'arrêtait sur le bas côté de la route.
On l'a rejoint, le chauffeur était descendu, il avait ouvert les cales du bus pour mettre mon bagage.
Et je suis montée dans le bus et là, tout le monde a commencé à me poser des questions, mais on vous a vu à la guerre de Molaï, pourquoi vous n'avez pas demandé ?
Mais vous venez d'où ? Mais vous parlez grec, comment ça se fait ? Vous avez un mari grec, vous travaillez en Grèce, vous avez des parents grec ?
Et quand je disais non à tout, on me disait, alors pourquoi est-ce que vous parlez grec ?
C'est toujours l'étonnement des grecs qu'on puisse apprendre leur langue.
Et donc, finalement, je me suis retrouvée à Sparte, donc je suis repartie le lendemain pour le Magne.
Alors le Magne, c'est une région qui a longtemps été réputée comme sauvage, comme aride et comme terriblement inhospitalière.
Donc j'ai pris le bus et mon premier arrêt devait être un village qui s'appelait Iithio.
La route pour arriver jusqu'à ce village était un enchantement, il n'y avait rien de ce qu'on avait décrit.
C'était une nature luxuriente, c'était au printemps, il y avait tous les tons de verre, depuis le verre le plus tendre jusqu'au plus foncé, il y avait des fleurs partout.
Quand je suis arrivée à Iithio, c'était un petit port extrêmement vivant avec une ville étalée sur la colline.
Et en fait, j'étais non pas dans le Magne des pierres, mais dans le Magne qu'on appelle extérieur et qui est le Magne, un Magne accueillant et encore riant.
Le vrai Magne, si on peut dire, commence 25 km plus au sud et là commence un Magne qui a longtemps été effectivement le royaume des pierres, il est toujours le royaume des pierres, et qui a longtemps été jusqu'à presque récemment le royaume des Vendetta.
C'est-à-dire que dans cette région, se réfugiaient tous les insoumis, plus tous ceux qui fuyaient des envahisseurs, ils ont constitué une société extrêmement fermée, extrêmement clinique qui a commencé à se faire la guerre.
Dans deux buts, c'est l'espace vital qu'ils voulaient conquérir et le pouvoir, avec un orgueil démesuré qui les amenait à construire des tours.
Alors c'est vrai qu'il y avait qu'à se baisser pour ramasser les pierres, donc ils en profitaient, ils ont construit des tours carrés, toutes les tours du Magne sont carrés.
Le but de ces tours, c'était de balancer des pierres sur le toit du voisin qu'on voulait annéantir, si on n'y arrivait pas, on prenait le fusil.
Donc moyennant quoi, le voisin en question ou la famille qui en restait, construisait une tour plus haute que la tour précédente pour pouvoir balancer des pierres dessus.
Et ainsi de suite, et c'était une société tellement guerrière que quand un garçon naissait, on l'appelait un fusil.
Et que les prêtres, quand ils officiaient, avaient une arme sur l'hôtel.
Et dans ce magne-là, on a développé, c'était une culture de mort avec des chants qui sont très particuliers à cette région qu'on appelle des myroloïs,
qui sont des chants qui sont chantés par des pleureuses, qui c'est un métier en fait.
Tout le monde ne peut pas myroloiller.
C'est un art en fait, ça répond à des règles et puis il faut bien connaître la vie du mort, etc.
Et ces myroloïs se sont perpétués pendant très longtemps, je ne sais pas s'ils n'ont pas encore cours d'ailleurs dans le magne.
Et la porte d'entrée du magne pour moi, ça a été le village d'Aréopoli.
C'est un village construit bien sûr entièrement en pierre, qui est un petit peu austère quand on y arrive en plein midi sous le soleil,
parce qu'il n'y a pratiquement pas de végétation, et par contre qui s'adoucit beaucoup le soir,
parce qu'avec les lumières, la couleur miel des pierres apparaît et là c'est vraiment un très très beau village.
Et très près d'Aréopoli, il y a un petit village qui est intéressant, qui s'appelle Itillo,
par le fait qu'au 17e siècle, dans ce magne des vendétas, 700 maniotes sont partis avec les icônes et la cloche de l'église,
et ce qu'ils en avaient assez des vendétas, je ne sais pas qu'elles étaient leur raison,
toujours est-il qu'ils ont quitté le magne et qu'ils se sont installés en corse,
bon ils ne devaient pas être trop dépaysés finalement, et ils se sont installés à Cargesse.
Et il paraît qu'à Cargesse, aujourd'hui encore, certains rites ont persisté et sont toujours vivaces dans ce village corse de Cargesse.
Et là j'étais pratiquement au bout du magne, mais un petit peu plus au sud,
il y avait encore un village que je voulais voir qui s'appelait Hiéroliménace.
J'y suis allée, c'était un ancien repère de Corsair, et quand je suis arrivé, j'ai tout de suite vu quand le bus m'a lâché,
qu'en une demi-heure j'aurais tout vu.
Et en fait je crois qu'il reste à peu près 50 habitants dans le village,
et il y avait en tout et pour tout, et heureusement, une épicerie qui était ouverte et qui faisait part.
Donc je me suis dit qu'est-ce que je fais ?
Je vais reprendre le bus, le prochain bus.
J'ai attendu le prochain bus, sauf que le bus qui repartait,
ne repartait pas du même endroit que l'endroit où il m'avait laissé.
Donc j'ai attendu, attendu, attendu, et j'ai raté mon bus, je me suis dirigé vers l'épicerie barre,
et j'ai demandé s'il y avait un taxi.
Elle m'a dit oui, oui, si, il y avait un taxi, pas de problème.
J'ai dit, est-ce qu'il peut m'emmener à Ithio, où je voulais reprendre mon bus pour ce part ?
J'ai vu la dame qui me dit oui, oui, oui, mais pas tout de suite.
J'ai dit, vous pensez qu'il sera libre quand ?
Elle me dit, ben là il est en train de faire la sieste.
Et j'ai dit oui, vous pensez que je pourrais repartir quand ?
Et là elle m'a regardé un peu interloqué, elle m'a dit qu'on t'aurait fini sa sieste.
Et là je me suis rendu compte que ma question finalement dans cet endroit-là
était complètement stupide parce que moi je fonctionnais encore avec des oreilles,
ou une montre, et que là-bas on vit au rythme de la sieste,
et bon j'ai attendu, j'ai attendu, j'ai attendu, je tournais autour de l'épicerie,
il y avait un petit chemin, je suis allée me balader, bon.
Et puis à un moment j'ai vu un monsieur qui arrivait avec un pas un peu pesant,
et puis qui s'est installé derrière le volant de sa voiture, il s'est affalé là.
Il m'a pas décroché un mot jusqu'à Ithio, et j'ai bien senti que je l'avais dérangé dans son greveil de sieste,
et que j'avais été particulièrement mal poli.
Et donc de Ithio j'ai regagné Sparte, et c'était la fin de mon voyage en solitaire et en bus,
parce que le lendemain je rejoignais Calamata, et à Calamata je rejoignais mon mari,
où on devait louer une voiture pour explorer la dernière partie que je voulais voir du Péloponnès,
qui est l'Arcadie, avec des villages qui sont absolument magnifiques,
mais à deux et en voiture c'est un autre voyage.
Merci beaucoup pour ton récit, pourquoi t'as voulu raconter ce voyage-là en particulier ?
Alors j'ai choisi ce voyage-là pour deux raisons.
D'abord c'était mon premier voyage sur le continent, et il montrait une graisse autre que la graisse de l'Antiquité,
et autre que la graisse des îles.
Et la deuxième raison, c'est que c'est un voyage que j'ai effectué en grande partie seul,
que j'ai pris le bus, et en étant seul on a des relations tout à fait différentes.
J'ai voyagé souvent seul, j'ai voyagé avec mon mari et j'ai voyagé avec mes enfants,
ce sont trois voyages différents en fait.
Seul, on parle facilement, on crée des contacts,
dans les bus on s'imprègne de la société, on voit comment elle fonctionne.
Avec mon mari on crée moins de contacts, on est déjà un petit groupe à deux,
en plus je parle grec, mon mari ne parle pas grec,
donc ça rend les choses un peu plus difficiles.
Et avec les enfants en revanche, c'est beaucoup plus facile,
les enfants attirent et c'est un moyen aussi de communiquer.
Tu mentionnais en début de ton récit que tu vas écrire un récit de voyage sur la Grèce,
qui s'appelle Calimera.
Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu comment s'est fait l'écriture de ce livre et quel a été ton cheminement ?
Alors ce livre, j'ai eu l'idée vraiment de l'écrire quand il y a eu la crise grecque,
c'est l'acte l'idée à vraiment germer,
pour parler de la Grèce, non seulement de la Grèce de l'Antiquité,
mais de tout ce qui s'était passé entre l'Antiquité et aujourd'hui.
Les Grecs n'ont pas disparu, ils ne sont pas réapparus comme par enchantement.
Il y a eu Byzance, il y a eu l'occupation ottomanes,
il y a eu leur résistance extraordinaire pendant la Seconde Guerre mondiale,
il y a eu une guerre civile, il y a eu une dictature,
et puis je pense que leur manière de résister justement,
dans toutes les occasions, montrait qu'ils étaient profondément européens,
et ça j'avais envie de le dire parce que je le... je trouvais que ça n'était pas assez écrit,
qu'on se référait toujours à l'Antiquité,
mais qu'il y avait autre chose, et que par leur résistance farouche,
les Grecs sont profondément européens,
mais c'est pas pour rien que l'un de leurs livres de leurs grands auteurs,
Kazanzaki, s'appelle La liberté ou la mort.
L'idée a donc germé, et puis petit à petit j'ai écrit,
j'avais beaucoup d'années de voyage en tête,
donc j'ai voulu tricoter dans ce livre,
mes voyages mêlés à l'histoire de la Grèce,
pour chaque lieu, et puis à des références de littérature,
d'auteurs, de manière à donner une image aussi complète que je pouvais
de la Grèce et de son histoire, et du peuple grec.
Donc finalement, le livre qui s'appelle Kanimera,
Ces jours et songes en terre grecques,
a été publié en 2017 et réédité depuis par Transboréale.
Pour ouvrir de manière un peu plus générale,
sur ta façon de voyager,
comment tu prépares tes voyages,
et quelle place tu laisses à l'improvisation,
une fois que tu es sur place justement ?
Alors, ça dépend si je voyage seul ou non,
et ça dépend où je vais.
Il y a des pays où je prépare énormément,
et puis je trouve que préparer,
ça me libère d'avoir des guides sur place.
Et c'est justement là que ça laisse peut-être place à l'improvisation.
En revanche, quand j'ai voyagé avec mes enfants,
notamment, je préparais beaucoup plus,
parce que ce n'est pas les mêmes responsabilités,
ce n'est pas les mêmes besoins,
mais quand je suis toute seule, j'aime aussi l'improvisation,
j'aime l'imprévu, je trouve que c'est ce qui a de plus intéressant.
Et puis, même si j'ai prévu des choses,
j'aime bien aller voir ce qu'il y a derrière le dernier virage,
derrière le dernier colline, je dépasse ce qui est prévu,
et je me laisse libre d'improviser.
Je me permets de te poser la question,
car tu es la doyenne de mes invités.
Est-ce que voyager, c'était mieux avant ?
Je dirais que c'était mieux avant pour une chose.
C'est qu'avant, il n'y avait pas le téléphone portable.
Si je me réfère à mes voyages d'avant,
quand on partait dans un pays lointain,
pour peu qu'on ne connaisse pas la langue,
on était complètement coupés des nouvelles du monde,
on ne savait absolument pas ce qui se passait,
et on était plongés complètement dans la société
où on était, dans le pays où on était.
Et ça, je trouvais ça extraordinaire.
Maintenant, ça n'existe plus, parce qu'on a le portable
et on ne peut pas s'empêcher de regarder les nouvelles qui tombent,
on est dans le pays où on voyage,
mais on est aussi ailleurs, on n'est pas complètement dedans,
et ça, ça me gêne.
Et puis, on n'était pas tout le temps en train de prendre des photos,
et puis on n'était pas non plus tout le temps en train de répercuter ces photos,
soit sur des réseaux sociaux, soit des amis,
si bien que quand on revenait, le choc du retour
était atténué par le fait qu'on avait des choses à raconter,
que les gens étaient curieux de savoir ce qui nous était arrivé,
et qu'on était heureux de le raconter.
Maintenant, quand on revient, on n'a rien à dire en gros,
parce que tout le monde sait tout.
Donc, c'est peut-être la seule chose que je trouvais mieux avant.
Quand tu pars en voyage,
qu'est-ce que tu prendras toujours avec toi dans ton sac ?
Alors, en général, je m'arrange pour avoir un livre,
soit de l'auteur du pays, soit un roman qui se passe dans le pays.
Si je vais aux États-Unis, je prendrai un livre de Steinbeck.
Si je vais en Grèce, je prendrai un livre de Kavafi,
ou des poèmes de Kavafi,
ou un livre de Kazan Zaki, notamment le rapport au Gréko,
que je lis et que je relis.
Donc, dans chaque pays où je vais,
j'ai aimé emporter au moins un livre
qui raconte le pays à travers un roman,
de manière romancée en général.
Comment tu racontes et comment tu documentes tes voyages,
et est-ce que tu as un médium préféré pour le faire ?
Alors non, je n'ai aucun médium.
Je ne note rien en voyage.
J'aurais aimé savoir dessiner.
Ça, c'est un de mes grands regrets.
J'aurais aimé savoir faire des carnets de voyage.
Parce que contrairement à la photo
qui nous coupe de ce qu'on photographie,
je trouve que dessiner nous force à mieux regarder,
et qu'en dessinant, on s'approprie un paysage, un visage.
Et ça, c'est mon grand regret.
Autrement non, je ne note rien.
Je n'écris rien.
Et en fait, je laisse le tamis du temps et de la mémoire
faire son œuvre.
Si bien qu'avec les années,
il me reste, je crois, les souvenirs les plus beaux,
les plus marquants, les plus cocasses.
C'est ma manière de procéder.
Une fois que tu es de retour au pays,
est-ce que tu atteins du blues de la voyageuse ?
Et si c'est le cas, comment tu te soignes ?
Alors, ça dépend d'où je reviens.
Je me rappelle d'un blues terrible
quand je suis revenue d'un endroit qui s'appelait Canaima.
C'est un endroit qui était en pleine forêt amazonienne
dans le Venezuela.
Un petit campement au bord d'un lac
avec des cascades qui tombaient de plateaux rocheux.
C'était un endroit absolument extraordinaire.
C'est un voyage qui m'a ébloui,
que j'ai tellement aimé,
que je voulais y retourner, passer six mois,
avec mes enfants, qui étaient petits à l'époque,
et je me disais, je leur ferais l'école,
ils étaient en âge, ils étaient faisables,
et je me disais que là-bas,
ils apprendraient plus de choses
qu'ils n'en auraient appris en restant en France.
J'ai un mari qui est beaucoup plus raisonnable
que moi, qui a la tête sur les épaules,
qui m'a un peu freinée et il ne m'a peut-être pas tort.
Et donc, je n'ai pas mis mon projet à exécution,
mais ce retour a été terrible,
parce que j'avais eu là-bas une autre notion
de ce que pouvait être la vie,
la notion du temps, de la société de consommation, etc.
Ça avait tout chamboulé en moi,
et j'ai eu énormément de mal à me remettre
à notre vie, à notre quotidien.
Autrement, quand je reviens de Grèce,
qui est souvent le cas, je me soigne en cuisine, en grec,
en écoutant la voix de mon poètre,
il y a Nisri Tsos, qui a une voix superbe
et qui était acteur aussi.
Et j'évite d'écouter de la musique,
parce que ça, ça me ferait plutôt pleurer.
Comment tu considères les rencontres en voyage ?
Est-ce que ce sont plus des relations et usages uniques
ou des relations que tu fais durer par la suite ?
Est-ce qu'il y a une rencontre en particulier
qui t'a marquée au cours d'un de tes voyages ?
Alors, les rencontres, c'est primordial.
Elles peuvent être sans nom de main,
comme malogeuse dont j'ai parlé à Mistra,
mais qui restent très présentes dans ma mémoire.
Il y a une rencontre aussi que j'avais faite aux États-Unis,
au Nouveau-Mexique.
C'était un indien qui vendait des petites navettes
faites avec des herbes pour allumer le feu dans les cheminées.
Je lui avais acheté quelques-unes de ces navettes
et tout d'un coup, il a commencé à me raconter
qu'il avait été longtemps en couple
avec une belge et que cette belge était partie
et qu'il y pensait toujours depuis des années.
Il me disait, mais je ne sais pas pourquoi je vous raconte ça aujourd'hui.
Il m'a sorti un numéro de téléphone et il m'a dit
s'il vous plaît, est-ce que vous pourriez l'appeler
ce numéro de téléphone et lui dire que je pense toujours à elle.
Quand je suis revenue en France,
j'ai essayé d'appeler plusieurs fois
et je n'ai jamais eu personne au bout du téléphone,
mais c'est une rencontre qui m'a marquée,
une rencontre très brève.
Et puis il y a une rencontre par contre
qui a été très importante pour moi sur l'île des Gines
avec un grec qui s'appelle L'Ephthéris
et c'était au début une rencontre du hasard
et L'Ephthéris m'a raconté un petit peu de sa vie
et puis m'a donné à lire ce qu'il avait écrit sur sa vie
et puis des poèmes qu'il écrivait
parce que souvent les grecs écrivent des poèmes
et en le lisant, j'ai compris, je suis entrée beaucoup plus
dans ce qu'était l'âme grec
dans ce qu'ils appellent le Képhi et le Kaïmos.
Le Képhi c'est l'espèce de joie spontanée
qu'ils ont, qu'ils les amènent à chanter
à danser très facilement et qu'on retrouve dans leur musique.
Mais le Kaïmos c'est l'espèce de chagrin,
de chagrin sous-jacent, qu'on retrouve aussi dans la musique
et dans les voix de leurs interprètes qui se brisent souvent.
Et toute la vie de l'Ephthéris,
qui était originaire de l'île de Kos,
dont il garde toujours la nostalgie,
les grecs ont la nostalgie de leur patrie quand ils sont exilés,
mais aussi de l'endroit d'où ils viennent,
lorsqu'ils appellent leur topos.
L'Ephthéris, à la nostalgie de l'île de Kos,
il a été exilé pendant dix ans au Congo
pour des raisons économiques.
Il est revenu, il vit maintenant à Egin
et j'ai compris beaucoup mieux ce qu'était l'âme grec,
j'appelle ça l'âme grec,
par ses colères, par ses énervements par moments,
par ses poèmes et par le récit de sa vie.
Donc ça c'est une relation durable
et l'Ephthéris est toujours un ami.
Pour se parler du futur à présent, quels sont tes futurs projets ?
Curieusement, après avoir beaucoup voyagé,
un petit peu partout dans le monde,
j'ai deux projets essentiels,
retourné en Grèce bien sûr,
parce que c'est en quelque sorte ma deuxième patrie,
mais voyagé en France.
Parce que je connais pratiquement rien de la France
et j'ai envie de découvrir la Bretagne,
j'ai envie de découvrir tout un tas de régions
que je ne connais pas et qui sont beaucoup plus proches de moi.
Écoute, on arrive à la fin de cette entretien.
Tu as un petit test parce qu'il t'est réservé,
dans lequel tu peux partager une anecdote,
une recommandation, un proverbe, une citation.
C'est à toi.
Alors je vais revenir à mon...
ma presse d'enfance,
quand j'ai découvert la Grèce
grâce à mon professeur de français
qui nous lisait Lillia de l'Odyssée.
Et j'avais pris une carte contemporaine de la Grèce,
c'est-à-dire une carte de mes années,
quand j'avais 10 ans,
et j'avais découvert une île
qui est l'île d'Itac,
existée.
Et ça, ça avait été un éblouissement,
j'arrivais pas à le croire, je me disais,
mais alors, Itac, ça existe.
Et je me suis toujours promis d'aller à Itac.
Et pendant des années et des années,
des dizaines d'années,
je suis allée en Grèce,
et je ne suis pas allée à Itac.
Et finalement, quand j'y suis allée,
j'ai trouvé Itac absolument superbe.
C'est une des plus belles îles que j'ai connues.
Mais je n'ai ressenti aucune des émotions
que j'attendais.
Et là, mes revenus en mémoire,
un poème de Kavafi,
dont je vais lire la conclusion,
qui dit,
quand tu prendras le chemin d'Itac,
souhaite que la route soit longue,
que nombreux soient les matins d'été,
ou avec quel plaisir et quel joie
tu découvriras des ports que tu n'as jamais vu.
Ne te hâte surtout pas dans ton voyage.
Mieux vaut le prolonger pendant des années
et n'aborder dans l'île que dans ta vieillesse
riche de ce que tu auras gagné en chemin,
sans en attendre aucun autre bien fait.
Itac t'a offert le beau voyage,
sans elle, tu n'aurais pas pris la route,
elle n'a rien de plus à t'apporter.
Merci beaucoup.
Et voilà, c'était Bourlingue,
le podcast qui donne la parole à Sel et ce qui voyage.
Merci beaucoup pour votre écoute.
J'espère que ça vous a plu.
Merci également à mon invité pour sa chouette histoire.
Si ce n'est pas déjà fait,
je vous invite à vous abonner au podcast
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Ah oui, une dernière chose.
La musique que vous entendez derrière s'appelle
G. Bourlingue.
Elle a été écrite et interprétée
par Serge Raphaël.
Merci à lui.

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