Un peu de sentiment - EP61

Durée: 7m16s

Date de sortie: 29/04/2024

Georges démontre qu'il ne blaguait pas quand il parlait de s'impliquer dans la production ; Camille et Chloé accusent le coup avec plus ou moins de facilité. La Chute de Lapinville Lapin, pervers narcissique en fin de droits, raconte son retour à Lapinville et sa décision de faire un podcast pour se venger de ses anciens camarades d’école. Il est bientôt rejoint par Chloé Bloomington, star de cinéma qu’une énorme shitstorm oblige à revenir dans sa ville natale pour jouer dans une fiction quotidienne à la con. Puis, on suit l’enquête de Spiruline, astucieuse stagiaire à la mairie, qui dévoilera des scandales insoupçonnés dans les plus hautes sphères de Lapinville… Tour à tour, les Lapinvillois témoignent pour essayer de comprendre comment, une chose en entraînant une autre, ils ont fini par provoquer la destruction de la Terre. Leurs destins entremêlés forment une pelote visible de l’espace dont cette série, cinq minutes par jour, va dérouler le fil.
Fresque épique et palpitante, chronique de la catastrophe en cours et de ses ramifications les plus inattendues, La Chute de Lapinville a pu être décrite comme une variante des Simpson à la sauce rond-point ou un jumeau maléfique de Plus belle la vie.

Enregistrements : décembre 2023-2024 - Scénario et dialogues : Benjamin Abitan, Wladimir Anselme, Laura Fredducci - Conseillère littéraire : Noémie Landreau - Direction artistique : Benjamin Abitan - Réalisation : Jean-Yves Pouyat - Assistante réalisation : Alexandra Garcia-Vilà - Distribution : Clémence Bucher - Comédiens principaux : Flore Babled (Chloé), Bernard Gabay (Georges Legroin), Philippe Vieux (Christian), Ali Marhyar (Sami), Noémie Landreau (Camille), Juliette Plumecocq Mech (Robot Français Moyen) - Comédiens silhouettes : Marie Fortuit, Pierre Hiessler - Moyens techniques : Obsidienne, Rémi Durel, Julie Tribout, Alice Lebaube - Illustration : Roxane Lumeret - Musique originale : Samuel Hirsch - Production : ARTE Radio, ARTE Studio, Virginie Lacoste, Sahar Pirouz, Jacques Falgous

Dès le lendemain au studio, mon père a réuni toute l'équipe sous le panier de basket.
Il avait son costume blanc des grands jours et il était entouré d'ingénieurs de chez Le Grand.
– S'il vous plaît, mesdames, messieurs, s'il vous plaît. Merci.
Je suis heureux de vous retrouver ce matin sur la production de « Simple comme bonjour »
ou « SCB » pour les intimes. Un projet qui est un peu mon bébé.
– Bravo ! – Je fais ce métier parce que j'ai le sens de la communauté.
Si j'investis dans un podcast, je veux que tous les Français s'y retrouvent.
Je crois à l'art, bien sûr, mais pas aux artistes. En tout cas, pas quand ils sont enfermés dans leur tour d'ivoie.
– J'observe Camille, du coin de l'œil. Elle avait la tempre qui palpitait. Qu'est-ce qu'elle pouvait penser ?
Est-ce que la construction d'une école à l'échelle 3 pour 1 va aller qu'on supporte ce discours ?
– J'aurais voulu lui prendre la main. J'ai dit de ne pas avoir peur. Mais je connaissais trop bien mon père.
– C'est pourquoi, afin d'être sûr que « Simple comme bonjour » représente les lapins-villois,
le premier épisode sera enregistré en public à la salle polyvalente Georges Legroin dans les conditions du direct.
Il ne sera mis en ligne par la suite qu'en cas de succès.
Et puisque vous êtes rémunérés en droit de diffusion, je vous invite à mettre du cœur à l'ouvrage, les amis.
Mais comment être sûr de plaire au public me demanderait-vous ?
Eh bien, je vais vous répondre. Oui, mes amis, à l'ère de chat J.P.T., je suis convaincu
que l'avenir du podcast est à l'intersection de la robotique et de l'intelligence artificielle.
Aussi, je vous présente votre première auditeur qui sera peut-être aussi le dernier.
– Les gars, faites entrer l'OMRFM. Ok, on en voit.
– Bonjour.
Le robot français moyen.
Entraîné sur un data set de centaines de milliers de podcasts classés selon les préférences des Français.
Il pourra vous dire à tout moment ce qu'il pense de votre travail.
Le robot français moyen est là pour vous entraîner à plaire à ce public.
Posez-lui vos questions, n'ayez pas peur.
Robo français moyen, qu'est-ce que tu as envie d'écouter aujourd'hui ?
Hugo, décrypte, transfert, manue dans le 6-10.
Et maintenant, je vous laisse travailler. Vive la radio !
– Bon, si quelqu'un me cherche, je serai dans ma loge entre me faire vomir.
La chute de Lapinville, une fiction quotidienne en podcast.
– Avec des blagues sur l'intelligence artificielle écrite bien avant ChatGPT.
Mais validée par Arte bien après.
– Et oui, c'est con.
– Episode 61, un peu de sentiment.
– Robo français moyen, quels sont les qualités d'un bon podcast ?
– Il doit divertir, mais aussi être un moyen de s'informer.
– Et un podcast de fiction ?
– Une narration captivante, des effets sonores immersifs, des thèmes de société qui résonnent avec le public,
une direction artistique exigeante.
– Quelle est ton dessert préféré ?
– La tarte au citron.
– Ok, Robo, tu peux assister aux répétitions.
Mais donne ton avis sans concler demander, c'est la déchetterie sans passer par la case d'Arty.
– Le tri des déchets est un geste important qui permet de préserver la biodiversité et le climat.
– Oui, oui, tout à fait, moi je pense ça aussi, tout à fait.
– Ok, maintenant au boulot !
– C'est-à-dire qu'il nous manque toujours à l'onzo ?
– Merde, c'est vrai.
– F***.
– Comment on va faire ?
– Et là, l'impensable s'est produit.
– Vous savez, j'ai fait un peu de théâtre quand j'étais jeune.
Si je peux dépanner, je ne vais pas vous laisser dans la panade sans réagir.
– Bonne idée, tiens.
– Mettez-vous là.
– Regardez le robot, là, toute cette diote qui climète.
– Ça veut dire qu'il est content.
– Mais, mais...
– Ok, enchaînons, on est à la scène 2.
– Alors, à commencer la piérumiliation de ma vie.
– Brrr, miaaa, gros...
– Et pourtant, j'ai fait deux fois fort boillard.
– Et ça tourne !
– Bon, euh...
Pardon, monsieur, la boulangerie est fermée.
Homme et luxe, c'est toi.
– Hmm, l'odeur de ces brioches est divine.
– Je tiens cette recette de ma mère, c'est tout ce qu'il me reste d'elle.
– Oui, je me rappelle, son parfum de fleur d'oranger, tu lui ressembles.
Tu as son teint frais, le rose de ses joues.
– Merci.
– Dis donc le groin, ça t'arracherait la gueule de me donner un peu de sentiment ?
– Je... – Pardon ?
– Pas vous, Georges, hein, vous, euh, c'est très bien.
– Hmm, pas de problème.
– Retrenez.
– J'allais fermer la boutique, veux-tu m'aider à pétrir la pâte pour demain ?
– J'en serai honoré.
Il entre, musique évoquant l'éveil des sens.
– Ah, pardon, c'était là, dit Dascali.
– Ah oui, j'avais pas remarqué, j'étais dedans.
– Tu es si belle ainsi, les mains dans la pâte, comme désarmées.
Laisse-moi m'approcher, tu m'as tellement manqué.
– J'ai essayé de leur expliquer.
– Mais enfin, ça gêne personne, ce qui est en train de se passer, là.
Vous réalisez que c'est mon père ?
Allo, ouh ouh ?
– Je sais pas, c'est ton père, si tu veux, mais au moins il a sa vérité,
il se cache pas derrière des masques, t'as 100 ans.
– Il est une croix gamète à touer sur le front.
– Eh, c'est pas cool.
J'ai toujours trouvé ça violent, les attaques sur le physique.
– Mais c'était vrai, mon père avait bien une croix gamète sur le front,
à la suite d'un accident médical, comme il aimait à le rappeler,
même si on savait peu de chose sur les circonstances de cet accident.
En tout cas, c'était ça qui avait détruit ses chances de remporter la présidentielle de 95.
Bref, c'est une autre histoire.
– Bah, c'est vrai, j'ai peut-être une croix gamète sur le front.
Mais quand je suis avec vous, j'ai aussi un gros sourire sur le cœur.
– Bravo !
– Bon, bah si c'est ça, vous vous débrouillerai sans moi.
Tant que vous ne m'aurez pas trouvé un autre partenaire,
je mettrai plus les pieds sur ce plateau.
– Ah ouais ? Bah si ça se trouve, ça m'arrange.
– Allons, ne nous emportons pas à vêtement.
Je suis sûr qu'on peut trouver une solution.
Je dois dire que j'ai toujours eu un goût pour ces choses-là,
mais s'il le faut bien sûr, je m'effacerai.
– Qu'est-ce que t'en dis-toi, robot français moyen ?
– J'ai bien aimé quand il y avait la musique évoquant l'éveil des sens.
– OK, sans moi. Salut les pervers.
– Long ! Long !
– Je suis rentrée à l'hôtel, assez fière de moi.
Je n'allais pas me laisser traiter n'importe comment.
J'allais vivre en accord avec mes convictions
et tant pis si ça ne plaisait pas à mon père ou au robot français moyen.
Sur le moment, ça paraissait une bonne idée.
A suivre sur Arte Radio.
– Robot français moyen, qu'est-ce que tu penses d'Edouard Philippe ?
– J'aime bien.
– Moi aussi !
– Moi aussi, c'est fou.
– Moi aussi, c'est dingue.

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LaChutedeLapinville-Unefictionquotidienne

Tous les jours 5 minutes de vérité, d’aventure, de cynisme, de dépression, d’humour et d’amour (non en vrai, il n’y a pas beaucoup d’amour, mais il y a quand même un peu de sexe.) Alors voilà le pitch. Lapin a 38 ans, il est cynique et déprimé, un peu amer aussi et il semblerait qu’il soit responsable d’une catastrophe qui a causé la fin du monde. Il décide de nous raconter comment le cataclysme est arrivé, mais pour ça il doit remonter le temps. D’autres narrateurs vont l’aider à reconstituer le puzzle. L’histoire commence donc le jour où on lui supprime les allocations qu’il touchait en sa qualité de pervers narcissique. Pour tenter de les récupérer, il doit s’engager dans un programme de podcast thérapie qui ne l’inspire pas du tout. C’est le début de la fin et il est contraint de retourner vivre chez ses parents souriants et indifférents, Christiane et Christian, à Lapinville. De retour dans cette ville qui lui donne le bourdon et installé dans le garage de ses parents, les mauvais souvenirs remontent. C’est à ce moment-là qu’il décide de faire de son podcast l’instrument de sa vengeance. Ses anciens camarades de classe vont payer pour les humiliations qu’il a subies quand il était petit. Il élabore un plan machiavélique. Ce résumé contient beaucoup trop de spoilers, mais le spécialiste consulté par ARTE a dit qu’il fallait un résumé de 4000 signes pour que la série soit bien référencée sur les plateformes, donc déso. Lapin est bientôt rejoint par Chloé Bloomington, star de cinéma qu’un énorme shitstorm oblige elle aussi à revenir dans sa ville natale pour l’inauguration d’un rond-point à son effigie et aussi pour jouer dans une fiction quotidienne audio à la con. Elle est aussi l’égérie des pâtés Legroin qui ont fait la fortune de son père Georges Legroin. Elle se retrouve d’ailleurs prise dans les filets de l’autorité de maladive de Georges, qui la manipule et qui l’exploite, mais aussi dans ceux de Camille Bourdin, la reine du podcast et de la toxicité. Le tournage se transforme en cauchemar. Puis, c’est Spiruline qui reprend le fil de l’histoire. Astucieuse stagiaire à la mairie, d’une bonne humeur et d’un optimisme inébranlable, elle est totalement exploitée par la maire de Lapinville qui est nulle en informatique mais super forte en corruption et en malversations. Heureusement, Spiruline est surtout une sorte détective dans l’âme qui dévoilera des intrigues insoupçonnées dans les plus hautes sphères de Lapinville… Du coup la mafia locale s’en mêle et des disparitions mystérieuses se succèdent. C’est du moins ce que croit la personne qui écrit ce résumé et qui n’a pas encore lu tous les épisodes, qui sont écrits par des ordinateurs enfermés dans une pièce secrète et qui refusent qu’on les dérange, et qui prennent tout mal, dès qu’on veut changer une toute petite chose (comme le titre) ça les fait vriller alors, on aime mieux les laisser tranquilles. Les destins entremêlés de tous ces personnages forment une pelote visible de l’espace dont cette série, cinq minutes par jour, va dérouler le fil. Alors écoutez et vous ferez bientôt la connaissance de Sami l’ingé-son fan de reggae, du Robot Français Moyen, de Pif le chien, d’une journaliste sans scrupule, d’une assistante sociale qui est aussi cétologue et stagiaire à la mairie, d’un jardinier gréviste, d’un comédien qui fait des clins d’œil, de mafieux érudits, d’un collégien geek et woke et d’un footballeur volage. Il y aura des courses poursuites, des effets spéciaux, des concours de popularité, des conflits générationnels, du mystère, des enquêtes, de la politique locale, de la corruption, des fêtes, de la dystopie, de l’humour noir, des chansons, des groupes de parole, des avant-premières, des inaugurations, des traumas, des coups de feu, des goûters, des kidnappings, des rires, des larmes et même des scènes de crime. Et vous saliverez à l’idée de découvrir la spécialité culinaire de Lapinville, le chichoucha. Parce que finalement « La chute de Lapinville » c’est vous, c’est nous, c’est la classe moyenne, c’est la France, c’est la collapsologie, c’est tout l’univers, des petits riens aux grandes questions existentielles, c’est la retraite, l’épilation et le harcèlement scolaire, c’est la comédie et la tragédie, c’est le monde entier dans un podcast addictif. Une variante des « Simpson » à la sauce rond-point ou un jumeau maléfique de « Plus belle la vie ».
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