#11 — À la recherche des plantes sauvages de Nouvelle-Zélande, avec Vincent Piton

Durée: 36m45s

Date de sortie: 12/12/2018

Fin 2017, Vincent Piton s'apprête à emprunter le Te Araroa, un sentier de 3000 kilomètres qui traverse la Nouvelle-Zélande du nord au sud, de Cap Reinga à Bluff.

Dans son sac, un minimum de vivres…

Passionné par les plantes depuis l'enfance, il a prévu de se nourrir des différentes espèces comestibles et médicinales rencontrées sur la route, tout en les cartographiant, des forêts subtropicales aux montagnes au climat alpin. 

Jusqu'où la nature sera-t-elle nourricière ?

Les Baladeurs est une émission Les Others. Cet épisode est signé Camille Juzeau, avec une composition musicale de Alice-Anne Brassac et un mixage de Laurie Galligani.

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C'est pourquoi nous proposons des appareils tech de qualité reconditionnés par des professionnels.
Backmarket est fier de soutenir les baladeurs.
Les baladeurs, une série audio, les hausseurs.
Des balades, des aventures, des mésaventures, en pleine nature.
Prêts pour le départ ? Prêts ? C'est parti.
Lors d'une balade en forêt, j'entends brisser le vent dans les feuilles des arbres.
Les herbes et les puissons d'anse, les feuilles miroites.
Je m'approche, collecte un ou deux bruns,
passe la main sur les écorces.
Les nœuds du bois font des boursous fleurs sous mes doigts.
Auricien commun, ces naçons jacobées, bugleur en pente.
Vincent Piton se balade depuis l'enfance.
Il a observé, écouté, cueilli, goûté, des millions de plantes.
Celles de France et celles au-delà.
Ces périgrénations botaniques l'emmènent jusqu'en Nouvelle-Zélande.
Débarqué tout au nord de l'archipel, il s'apprête à vivre quatre mois
pour cartographier les espèces végétales sur sa route et rejoindre le sud.
Sur la plage, dans la forêt, décribtera-t-il le langage des plantes ?
Saurait-il évalué leurs dangers ou jouir de leurs bienfaits ?
A la base il y a bien longtemps, j'étais ingénieur agrand homme, mais je fais plus à du tout.
Je suis accompagnateur de Moines-Montagne, principalement à la Réunion.
Je suis allé dans les cirques, et je me balade sur le volcan.
Je vais montrer les plantes sauvages aux gens.
Depuis très longtemps, depuis que je suis tout petit, j'ai toujours une fascination sur le fait de jouer à l'indien.
Ça peut pas être un truc hyper enfantin, mais on finit tous par essayer de vivre ses rêves de gosse.
Ça continue impourciment encore aujourd'hui.
Il y avait un truc hyper constituant pour moi de se rêver d'être un indien.
C'était le côté autosuffisance alimentaire dans la nature, mais plus simplement d'être capable de te balader n'importe où
et de connaître la nature, les plantes, etc.
J'ai commencé plein de petites aventures comme ça, traverser la France à vélo, en mangeant des plantes.
À la Réunion, c'est principalement ce que je fais, donc je me balade.
Je montre les plantes sauvages comme estime médicinales, etc.
La Nouvelle-des-Lantes, si j'y suis, je m'embarque pour une marche qui va faire 4-5 mois pour 3 000 km.
Donc de rallier la pointe extrême-nord à la pointe extrême-sûde de l'île du Sud.
Les deux îles, à un moment, je prends un petit bateau pour traverser le détroit.
En cartographiant toutes les plantes que je rencontrais sur la route, en faisant une petite carte,
mon ambition, c'est que j'ai monté une petite application à ce smartphone
et que tout un chacun puisse se balader sur un tronçon de la marche que je m'apprête à faire
ou juste la faire dans son ensemble.
On télécharge la petite appli et savoir que tu as un peu de 2 km, que tu as un peu de tocawa,
que tu peux la manger, que tu as un plan, que tu peux faire un truc avec les feuilles,
avec les... donc, il n'y en se pas avec les feuilles, c'est pas bon les feuilles.
Mais tu peux avoir quand tu peux manger le nectar à la base des étamines, et ça, c'est pas mal.
Et donc, je pense que simplement avoir ces quelques connaissances des plantes,
ça permet de très rapidement avoir un rapport assez entiment, en fait, avec notre environnement.
C'est quelque chose de très apaisant, j'ai juste envie de partager ce truc-là.
Comme moi, je l'ai découvert, genre, le rendre facile.
Et démystifier un peu le côté, tu vas aller plantes, c'est compliqué,
tu faut l'appeler par son mon latin et tout.
Non, en vérité, je pense qu'il faut être prudent, il faut pas manger n'importe quoi,
il faut pas mettre tout dans sa bouche, mais rien que connaître une vingtaine de plantes
qui peut se retrouver chez toi, c'est facile, c'est abordable.
Moucou ou Moucou ?
Le jour où je pars, bien sûr, t'as l'entrain du départ,
je me dis que je vais aller, c'est parti, bien sûr, l'excitation totale.
En plus, une grosse descente de stress, parce qu'il faut imaginer que ça fait un an, je me prépare.
Et t'as le dernier pot au tout-cavois de l'archipel,
qui est perché sur un petit épreuwe rocheux, à l'extrême écté, extrémité nord,
et au pied de ce pot au tout-cavois, une petite source.
Et on dit, en fait, c'est un endroit super sacré pour les marouilles.
Il y a un petit sentier, tu peux le voir depuis le phare,
un petit sentier qui descend pour aller au dernier rap de l'île.
Mais c'est un endroit où personne n'y va,
à part pour des sermons infiniéraires.
Apparemment, on continue à respecter un petit peu ces traditions-là.
Parce que de ces deux sources, en fait, on tire une légende.
Quand les âmes volent de sud-lis et arrivent au pied du pot au tout-cavois,
soit elles boivent la source de gauche, soit elles boivent la source de droite,
et c'est ça qui va emmener le rame à voler vers le paradis
au contraire retourner sur l'île, dans une existence,
une nouvelle existence.
Donc ça viendra particulier.
Je me rappelle de ce moment-là où je marche, je quitte le phare,
je marche en direction du parking, là, où on m'a déposé en stop, il n'y a pas si longtemps.
Et les gens sont en train de partir, parce que c'est vraiment c'est le bout du monde,
après une guerre, tu n'as pas une vie, tu n'as rien.
Et il y a un petit sentier qui descend vers la plage, sur la côte ouest,
et je prends ce petit sentier-là, et vraiment les premiers pas t'arrivent,
et tu comprends que là, tu viens de t'embarquer pour 120 km de ligne droite sur la plage.
C'est tellement, c'est tellement apaisant, tu te sens tellement bien.
Les premiers jours sont assez incroyables.
J'ai envie de dire, la première journée incroyable,
parce que tu n'as aucune fatigue,
tu es encore en train de faire les réglages de ton sac,
tu vois le petit truc que tu as mal calculé,
et le premier truc qui me heurte,
déjà, mais je pense que c'est le truc qui heurt,
tous les gens qui s'embarquent dans des marches d'un long distance,
c'est le poids du sac.
Tu l'as testé, tu sais que ça va être lourd,
mais là, tu dis, je n'aurais peut-être pu couper ça.
Donc je commence déjà à faire le tri, ok, d'accord.
La prochaine ville, je vais enlever ces petits trucs-là.
Le premier jour, c'était pas évident,
parce que marcher avec des grosses chaussures,
quand je me...
Des chaussures qui font 1,5 kg la paire,
on cuire sur du sable,
tu finis par un petit peu avoir mal au jambes,
et surtout, tu te poses la question,
pieds nus ou pas,
mais bon, si tu pars pieds nus,
il y a des chances qu'avec le sable, avec le sel,
tu te fasses des empoules dès le début,
et là, ça va être beaucoup moins égolant d'un coup.
Donc le premier jour se passe,
mais relativement tranquillement,
et puis il faut dire que les paysages sont magnifiques.
C'est très particulier,
l'anantimal, le speech, c'est une ligne droite,
faut s'imaginer que, à ta droite,
tu as toujours le même régime de vague,
à ta gauche, tu as toujours la même forme de dune,
à peu de choses près.
Et c'est comme une cellule d'isolement sensorielle,
mais à la fois qui est infinie,
quand tu regardes ce père sur un horizon,
tu sais, c'est absurde quoi,
c'est un crash test mental, total.
De toute façon, la plupart des gens qui font cette marche,
disent si tu marches la plage,
tu vas jusqu'au bout, je comprends,
parce que tu as 100 fois la possibilité
de te poser la question,
mais pourquoi je me suis embarqué dans un truc pareil ?
Tu mesures très vite, c'est quoi,
l'immensité d'une journée à faire une ligne droite.
C'est vertigineux.
Donc ton esprit cherche d'essayperment
quelque chose pour t'occuper.
Tu comprends très vite que si tu mets
tes écouteurs pour écouter la musique,
ça va très mal se passer,
parce qu'en fait, tu vas devenir
complètement accro à la stimulation sensorielle,
il va te falloir de la musique,
quelque chose à quoi penser.
J'y viendrai, mais les premiers jours,
je m'y refusent,
parce qu'en plus,
je n'en ai pas vraiment envie.
Et surtout, ce qui est très drôle,
c'est que tu vois le moindre petit point
sur l'horizon devient une balise
kilométrique.
C'est genre, tu vois un point loin
et tu te poses, littéralement,
pendant une heure et demi, la question,
« Marquette, est-ce que c'est
une moitié morte ?
Ou est-ce que c'est un bout de bois ?
Est-ce que c'est un sac plastique ?
Non, c'était une méduse !
Donc, tes espaces de pose
sont des objets échoués
sur la plage.
C'est là que je commence à...
Je retrouve des plantes qui sont floraison,
parce que je commence la marche en décembre,
donc c'est l'été australe.
Et il y a notamment le flax,
l'arachiqui, qui est à fleuri.
Je savais qu'on pouvait manger,
vraisemblablement, la base des grandes feuilles,
et sans doute les racines,
si je me trompe pas aussi.
Mais je savais surtout que tu pouvais manger
le nectar, qui était à la base des petites fleurs.
Donc, j'en trouve...
Et c'est super bon, tu vois.
Tu trouves ces espèces de petites fleurs
rouge en cornet, et tu as qu'à sortir
l'étamine et ouvrir un petit peu
la feuille, et manger
la petite goutte de nectar, qui est à la base
de cette petite cône-là.
C'est excellent.
Et en plus, si tu restes suffisamment
autour de ta plante, tu vas voir, elle va
re-remplir la feuille en nectar,
si tu t'es bien débrouillé pour juste aspirer
sans racher la feuille.
Et très vite, ce qui est marrant,
je vois que ça peut pas toujours être le même oiseau
qui rafole de ta goutelle nectar.
Je m'entends en compétition directe,
et je crois que c'était les tuits-tuits qui adorent ça.
Mais aussi, je me heurte un peu
à ce à quoi je me suis heurté,
à chaque fois que je me suis embarqué
dans des espèces de trucs en
d'aventure, de périgénation
comme ça,
autour des plantes sauvages comestibles.
C'est l'extrême difficulté
d'unomadisme
par rapport à la dépense énergétique
que ça suggère,
et à l'ambition d'auto-suffisance alimentaire.
Quand j'avais fait ça en France,
j'avais toujours de la farine avec moi.
Je préparais beaucoup de pince, c'était de la farine,
des soupes, et je me faisais
des chapaties sur le feu avec la farine
de sècle, que je mélangais
avec diverses plantes des orties.
Et je trompais ça dans de la soupe
d'orties, de consous,
de plantes, ce genre de machin.
Ouais, il faut avoir le goût,
il faut être bon cuistot,
ou bien il faut avoir des exigences alimentaires,
on va dire assez alimentaires,
mais ou bien être fort dans les dosages
des épices, les épices vous sauvent la vie,
bien des fois. Donc là,
je me rends compte que, ouais,
si je devais me nourrir pendant 120 bornes
de fleurs de flax,
ce serait un petit peu compliqué.
Mais ça se ferait, hein. Il y a des gars qui marchent
super longtemps, jeûnant complètement.
Ça, ça peut se faire.
J'ai ma petite routine, c'est-à-dire que
je marche toute la journée, généralement
je me fais un petit déjeuner le matin
avec des choses que j'ai préparées pour la rondeau.
J'aime bien le couscous en randonnée, c'est aussi bête que ça.
Je me fais de la semoule, et puis quand je trouve
des plantes sympas sur ma route, je les mange.
Après, il y a un certain qui se mange cru,
d'autres qui sont meilleurs, un peu bouillis,
typiquement il y a des fougères. Les fougères, il faut faire très gaffe.
Toute la famille des pteridium,
ça, ça...
Quand on a observé des occurrence
d'inormalement élevées de cancers de l'estomac
dans les régions,
les consommer traditionnellement, donc je suis
assez prudent avec ces familles-là.
La famille des blèches-nomes, par contre, faut les bouillir.
Je me suis fait plein de trucs, des pains aux fougères.
Ça, c'est quand j'avais le temps
de me faire des petits pains.
Idéalement, c'est ce que je fais. Je tape dans mon sac
le matin et le soir, et le midi.
Et durant tout le long,
je grignote ce que je trouve.
Ou je me sens un peu
des fruits secs si j'ai faim. Je ne me prie pas
à niveau de nourriture. Mon objectif, c'est vraiment
pas de brouter littéralement tout ce que je vais
trouver. Parce qu'en plus, il y aurait une notion
un peu de risque, je pense, si je m'étais
dans une situation où j'avais vraiment faim
et où je me ressentir la
nécessité de manger ce que je trouve
et le risque de prendre une mauvaise plante
normalement élevée. J'ai envie de
rentrer chez moi en bonne santé.
En fait, ça fait vraiment un bout de temps
que j'essaie de récupérer des données en France,
en je bossand d'Amérique latine aussi, sur ce genre
de thématique. Et il y a une espèce de point commun
sur le fait de communiquer du savoir,
sur les savoirs
ancestraux, traditionnels,
ethno-botards.
C'est que généralement, c'est assez
dur d'avoir du partage de connaissance.
Franchement,
ça m'a mis des années pour avoir la vraie
réponse pour que les gens ne veulent pas trop
transmettre. Donc en Bolivie, c'était des amérindiens
qui ne voulaient pas spécialement transmettre,
ou je travaillais un temps avec quelqu'un
qui officiait comme un shaman dans une communauté
et c'est... il était vraiment un peu frileux. Alors peut-être
qu'il y ait une peur que je sois un agent
de bioprospection, un camouflé
qui est de la récupération.
Mais c'est... il y a quelque chose au-delà,
c'est ce qu'on m'a appris à la réunion récemment.
Un vieux guide
super.
Il m'a dit qu'il y avait un aspect culturel et culturel
autour de la plante. Alors ça coule de sourd,
ça me prend la plupart des gens, mais ce qui implique
vraiment une plus grande potentie en avoir
de la rétention d'information. C'est autant, tu vois, le culturel,
tu peux l'approcher facilement, tu ouvres un bouquin, tu vas savoir
que t'as le plan, c'est ça son nom latin, c'est son usage,
machin traditionnel, historiquement, on la consommait,
on l'utilisait en cataplasme, etc.
Mais dès qu'il y a une dimension
qui est à la fois culturel et à la fois culturel, c'est-à-dire
que cette plante, elle prend aussi part dans des rituels
une notion de sacrée.
Et la notion de sacrée, quelque part pour préserver
un peu le pouvoir du sacré,
ce savoir devient un savoir d'initié,
quelque part ce serait
diluer son pouvoir
ou
faire preuve de manque de respect pour ta culture
de dévoiler ça à quelqu'un qui n'en fait pas partie,
un paquillat en occurrence,
comme moi, c'est un blanc marouillis, quoi.
Le kawa est une plante originaire du pacifique occidental.
Connais-tu le nom de Awa ?
Awa est
kawa, ou sa moi ?
Yaku n'a pas kouichi.
Le kawa est utilisé depuis des siècles
dans la vie religieuse, culturel et politique
de l'ensemble du pacifique.
Donc, en Nouvelle-Zélande,
je fais un peu le tour
de toutes les, on va dire, les communautés traditionnellement,
les communautés Facebook
qui parlaient de Plans de Sauvage,
essayé de chercher sur Google
les gars qui avaient écrit des ouvrages
sur le sujet.
Et très, très peu,
très, très peu m'ont répondu, alors que
j'ai clairement présenté mes intentions.
En Nouvelle-Zélande,
beaucoup de gens,
il y a une culture quand même de backcountry
qui a assez développé, où les gars
ont un intérêt,
affiche un intérêt
pour la fleur
et pour leur nature.
Et comme très souvent,
tu vas avoir des gars qui vont te dire
qu'ils ont une connaissance, mais en fait,
c'est très, très réduite.
Et c'est pas leur faute, c'est juste,
c'est déjà d'une part au niveau des plantes,
c'est souvent plus réduit au niveau de la chasse et de la pêche.
Je sais pas pourquoi, on va dire
que la plante, ça semble plus cryptique comme connaissance.
Donc il y a des super communautés
de chasseur pêcheur là-bas, mais alors
au niveau des plantes, c'est assez limité.
J'ai affiché mon intention
auprès de certains gars,
dire moi tout ce que je veux c'est créer une carte
pour que les jeunes maorilles
puissent télécharger ça sur un smartphone
et savoir que tu vois là, t'as un Mamacou,
là t'as un pouc tout kawal,
t'as un kawakaw, tu sais c'est que des noms
un peu comme ça,
et de juste aller voir ces plantes-là.
Et pour ton égat, vous voulez pas trop,
trop me rencontrer ni rien.
Donc en fait j'ai eu du bol,
à chaque fois ça s'est passé par
des concours incroyables de circonstance
et donc je suis allé voir des gens
qui disaient, t'y en regarde c'est une feuille de kawakaw,
j'ai lu dans un bouquin
qui tu peux faire du thé avec,
qu'est-ce que tu fais du thé avec etc.
Quand t'arrives avec déjà une connaissance
et que t'arrives déjà en visuel,
que t'arrives avec la feuille,
regarde tu connais ce truc là, les gens sont beaucoup plus
pronds à te parler.
Et là on m'a appris des trucs super quoi.
Des méthodes de guérison
qui sont là pour le coup c'est complètement du cultuel
et du culturel à la fois.
Et c'est typiquement la feuille de kawakaw,
il y a un truc très sympa.
J'en ai parlé à deux de gars dans la rue, ils me disaient
waa c'est marrant, c'est ma grand-mère qui m'en avait parlé.
Il y a un truc, tu prends une feuille de kawakawakaw,
c'est de la famille des macro-peepers,
c'est marrant comme ça, si tu la mâchoues
tu as une anesthésie un peu la langue.
Tu la mets dans le l'eau bouillante
et après tu la colle sur un endroit où tu as mal,
tu vois ça peut être une plaie,
tu vois imagine, tu es une tristesse,
tu la mets sur le coeur ou si tu as mal au crâne,
tu la mets sur ta tête.
Et on dit qu'elle va changer de couleur,
en fonction du type de mal qu'elle va enlever de toi,
c'est une feuille qui va aspirer une douleur.
En fonction de la couleur elle peut dire noir,
blanche ou rouge et ça
s'enlevé une douleur différente.
Alors bon, enfin le test, moi ça m'a fait rire,
donc j'ai mis 2 feuilles, j'ai des feuilles bousillères,
après je les ai mis sur un côté différent de ma tête,
tu vois un côté à gauche, un côté à droite
et je me suis dit bon, il m'est sur à gauche, il m'est sur à droite,
normalement ça n'a pas les fonctions,
normalement ça devrait avoir une couleur différente.
Et effectivement il y en avait une qui était un peu rouge,
et une qui était un peu blanche.
Et alors là du coup, ce que c'était très marrant
dans le backpacker, c'est qu'il y avait un jeune Maurie qui était là
et il me dit tu fais quoi,
je suis en train de préparer des feuilles de kawa kawa
pour voir si ça va aspirer des douleurs
psychiques ou émotionnelles
ou spirituelles de mon corps
et il me dit oh mon dieu, ça vient d'où ton histoire ?
C'est l'autre qui me l'a raconte,
il me fait dire c'est génial,
j'ai pas entendu ça du coup, on était tous les 2
à faire bouillir des feuilles et tout.
Les 120 km, je me dis que j'allais faire 30 km par jour
et j'arrive enfin dans ces jolis forêts de kawai.
Alors on en parle pas,
c'est un nouvel zélande,
généralement l'image des pineales qu'on a de cet archipel,
c'est des montagnes,
c'est le Seigneur des Aînbs,
c'est le Mordor,
cette imagine terbeau,
et en fait c'est une île qui s'étend
sur un gradient de latitude
absolument gigantesque.
Donc si tu vas au nord de l'île du nord,
c'est tropical, c'est des fougères aborécentes,
d'ailleurs pour toutes les personnes qui sont déjà allées
à la réunion et qui connaissent la forêt de Bélou
c'est à peu près la même chose,
c'était vraiment un peu des fengents,
des grandes fougères aborécentes,
c'est la forêt du Condoana,
c'est vestigial de ce qui restait des grandes forêts
qui poplaient le premier continent.
Par contre au sud du sud,
c'est vraiment ce qu'on appelle les Alpes du Sud
où là c'est beaucoup plus haut.
Donc là j'arrive dans ces forêts de kawai
qui sont magnifiques, qui sont des arbres gigantesques
vous imaginez, c'est des troncs
qui font plusieurs mètres de diamètre.
Vraiment tu t'arrêtes devant eux, tu as envie de te prosterner.
Il n'y a pas de doute.
Une forme de... tu ressens la forêt
de manière très différente,
je pense qu'on a tous des espèces de sens animaux.
On a des espèces de sens qui sont
au fond de nous et qu'on n'utilise pas vraiment
parce qu'on n'est pas amenés,
on n'a pas la nécessité de les utiliser.
Mais si tu te retrouves catapulté en forêt,
tu es sans séguise, tu vois,
ton nouill devient beaucoup plus sensible,
ton regard,
à un moment où très honnêtement
j'avais l'impression de vraiment sentir
qu'un servidet était passé sur le sentier.
Peut-être qu'il était un côté de moi,
en fait, il était bien planqué,
je l'avais pas détecté, mais...
Je me rappelle de ce jour très étrange
où je traverse une forêt
et
je me sens un bout de temps
que je marchais
et je sens une odeur
de bouleur,
il y a un gars
qui cuisine,
mais qui ne cuisine pas.
Je le sens, il y a un gars qui vient d'allumer
un réchaud quelque part.
Je me battais, mais franchement
j'étais super loin, c'était absurde
avoir poté qu'il y ait eu une effluve
et je descends, j'arrive en bas
d'un petit pente
et
ma tête se tourne sur la gauche
et je vois un gars qui est en train de cuisiner
et on a étonné, puisqu'il n'y a personne,
on échange quelques amabilités
et je me rends aussi très vite compte
que je n'ai pas du tout envie
parce que je me t'ai dit que j'ai allé bivouaca
à l'endroit où le gars était, parce que c'était un petit point d'eau
et je me dis bon, je vais aller bivouaca ailleurs
parce que je n'ai pas envie du tout
d'être à côté de quelqu'un d'autre
et c'est là que ça devient un peu étrange,
parce que tu dis mon dieu,
mais
ça fait trois jours que je parle à la personne, je vois quelqu'un
et je ne veux toujours pas parler à quelqu'un
et donc je continue ma route, je m'éloigne,
je m'éloigne
et
et je monte, et je monte
et là j'arrive à un endroit mais qui était
c'était absurde, c'était une fois qu'il était tellement dense
une fois de titris, de manukas
tout-à-c'est le cas où on fait les évitations
il y a une espèce de petite clériar
et la clériar, la plus
la plus accueillante du monde
c'est absurde, il y a une clai
il y a un dernier rayon de soleil
l'herbe est grasse et verte
mon dieu, j'ai l'impression que c'est un coussin
en fait, j'avais observé
t'es mon arrive dans la forêt
il y avait une plante que j'avais déjà goûté
qu'on appelle le seppeljack
ou le père
la pyrite, vine, c'est le liane
on peut manger les extrémités, les petits bourgeons
c'est le liane qui vient hyper lignueuse
ça en sert les arbres
ça ne se voit pas possible
par contre si tu trouves l'extrémité, la pexe de la liane
tu peux me voir


je peux la manger, ça a le goût
d'aric ovaire
un peu comme des asperges
mais j'avais une réaction un peu particulière
avec ce truc là
à chaque fois ça me donnait une énergie
mais très étrange
genre, je mangeais
je sais pas, 2, 3
à pexe de liane
et j'avais l'impression que j'étais obligé de courir
comme si j'avais envie de courir
mais c'était fait, je sais pas
comme une espèce d'excitement, pas comme un café
où ça peut te donner la tremblote
quoi que ce soit
vraiment un truc presque explosif
et je traversais
la chaîne de montagne
des Tararrois
la marche
faut pas la découper en plusieurs grosses étapes
à plus ou moins de la plainte
la montagne et là j'avais une belle étape
de montagne qui allait me durer
pas quelque jour
et le truc c'est qu'il y avait
dans cette session de montagne, dans les Tararrois
il y a un sentier de crête, peut-être que t'as 4 jours
3, 4 jours sur une crête
donc le problème c'est que sur la crête, bah un tapadeau
donc c'est hyper vertigineux
et les Tararrois sont assez connus
parce que c'est très explosé au vent
et la météo peut changer très vite
si tu peux avoir grand beau et il va geler
le lendemain ou maintenant un jour
il y a eu pas mal de bords d'ailleurs là bas
c'est un endroit particulier
depuis que j'étais arrivé
de nuit, j'avais commencé la marche
de nuit sur le
quoi ouais
j'étais entré dans une optique un petit peu
c'était un peu lugubre au début
cette marche là
puis toutes ces histoires de gens qui étaient morts
que soient disparues
soit
qui étaient morts de froid à 100 mètres
d'un abri
parce qu'ils avaient été surpris par une tempête
et plus aucune visibilité
ils avaient perdu le chemin, ils ne savaient pas trouver le kebab
et
je crois que j'étais à 2 ou 3 jours
de sortir
de vraiment le sentier de crête
et le matin je pète ma poche d'eau
j'étais dans une petite cabane
et personne, j'ai pas eu du monde depuis vraiment un bout de temps
et je casse ma réserve de flotte
donc c'est bien
il y a un gros
un gros citerre donc je sais que
là je peux boire aujourd'hui donc je bois, je bois
je me dis bon, j'ai quoi, j'ai 5 heures de marche
moi il faisait quand même sacrément chaud
je me dis bon ok j'ai 5 heures de marche mais j'ai pas de eau
pour la journée, c'est pas grave ça, il y a des gens
ils font des jeunes
et je m'engage
là dedans après avoir bu 2 litres d'eau réveille
sensation particulière
en plus j'avais
un truc, je crois que je m'étais
cassé une dent
je m'étais pété une dent
quelques jours auparavant
c'est plutôt une espèce de résine
j'étais un peu affaibli
j'étais pas de très bonne humeur et là je commençais
de déshydrater et c'était la fin du long de marche
à chaque fois il y a ce truc là, à chaque fois quand je m'engage
sur un tronçon montagneux
avant de quitter un massif
les derniers jours avant de quitter le massif c'est comme si c'était plus dur
comme si
quitter cette montagne là
c'est un tanume mal
donc je m'engage et là en fait je prends
un méchant coup de chaud dans ma journée
parce que plein canard
sous le soleil
en pleine crête pas non du tout
et je sens que je commence vraiment
à pas aller bien du tout
quand j'ai été de qui tour
mais bon ça va aller mais c'est juste
j'ai chaud, j'ai chaud, fait ce qu'il me faudrait
ce serait juste un demi-dite de flotte
pour mouiller mon espèce
de fouleur et me le mettre sur la tête
pour me refroidir parce que vraiment
quand j'ai chaud, j'ai chaud, j'ai chaud
et en fait j'ai l'arbre, j'ai une allure
j'ai une allure de déshidratation
et je me suis dit, oh la la, qu'est-ce qu'il se passe
je m'assois, je fais une pause
et je vois un point blanc
au loin, sur l'autre crête
que je me rends compte plus tard
c'est une espèce de balise météo
un truc comme ça
et je vois le point blanc
et plus je le regarde et plus je me dis
en fait c'est quelqu'un en blanc qui me fait coucou
et je l'observe
et je sais mais je me dis c'est pas possible
c'est pas possible
et pourtant je le vois qui fait coucou
et je me dis mais non c'est en fait
c'est juste que tu sais les volutes avec la chaleur
je me rends compte que là, je suis fatigué
je suis vraiment fatigué
il va falloir terminer cette journée rapidement
il faut pas trop s'attarder
et puis il y avait tout ce truc un peu pesant
pesant, d'un sentier
où il y a eu des accidents
donc je me dis on va pas trop attendre
et on avance
et typiquement, là c'était une journée assez longue
et je me rappellerais toujours
quand sur la descente
en fait j'ai retrouvé de la forêt
enfin j'en ai pas vu depuis des jours
et là j'ai trouvé du supple jack
et mon dieu comme cette
fameuse liane m'a aidé
à rentrer sur chaleur
c'est là en fait où tu redécouvres un peu le
côté un peu nourricier de la forêt
ou un limite providentiel
ou
mais il y avait pas une dimension
et je me sentais pas très bien accueilli quand même
à ce jour là j'avais l'impression que c'était un peu à l'aider gage
pour descendre dans la vallée
quitte la craette et métoie à l'ombre
mais
en fait c'est un peu ce que je recherchais
dans la forêt
ou dans
cette aventure immersive
c'est le moment
où tu te sens porté par quelque chose
par la nature
qu'il y a une espèce de sentiment de confiance
et confiance qui soit basée sur
de l'expérience
où tu as échappé d'un pépin
grâce à tes connaissances
ou grâce à simplement une espèce de côté un peu providentiel de la nature
et
j'ai trouvé un petit cours d'eau
en fait
en redescendant il y a une petite ravine
je me rappelle et j'ai entendu
de loin le petit glouglou
de la rivière et je me suis posé
et j'ai filtré de l'eau comme j'ai pu
parce que j'avais toujours mon filtre
et j'ai bu directement
avec le filtre
j'ai pu j'ai dû remplir ma timbelle
il y avait du seppeljack à côté
et je suis genre fiitour, je suis bu
et bon j'ai du seppeljack à fond
ce qui était très problématique parce que après j'avais une patate improbable
et genre la fin de la journée
je suis arrivé au campement
j'avais l'impression d'être sur excité
d'un coup tu passais d'un monde à l'autre
t'es épuisé et tu crèves de soif
tu es dans un milieu hyper aquatique
tu as une énergie improbable
souvent quand tu te bats dans une nouvelle zélande
tu peux voir sur les sentiers
qu'il y a des fois des espèces de gros paquets de liens
assez noirs
et si tu cherches le bout de ces liens là
tu vois que souvent ils sont coupés parce que c'est un truc assez connu
et les gars qui marchent
qui font de la distance en forêt
ils se tapent volontiers des apex de liens
et je sais pas si ça fait le même effet pour eux que pour moi
mais effectivement, moi, chaque fois j'avais l'impression
que c'était un côté un peu hyper
remniralisant mais vraiment ça te donne envie
tu peux pas t'asseoir
tu as besoin de marcher
tu as vraiment besoin de dépenser de l'énergie
On arrive à la fin
c'est
une ville qui s'appelle Bluff
où il y a un petit panneau
une petite directionnelle
avec des directions
tu vois genre à 15 000 km
New York
Le truc je l'ai vu de loin
et franchement je m'y attendais pas trop
mais genre tu vois c'est une espèce de truc
dans le ventre qui monte
et à fois tu as un sourire gigantesque
je crois que ça va être un truc
je crois que c'est la seule fois que j'ai compris
ce que c'était quand on dit pleurer de joie
et c'est vraiment étonnant
c'est une émotion étrange
c'est un truc
que tu as contenu
tu te mets par là du compte que tu peux contenir
et c'est là
et
j'ai eu l'impression de voir ce poteau
tu vois
j'ai tapé dessus
tu vois du plat de la main
et c'était genre
hein c'était tellement agréable
d'ailleurs
d'être au bout de tout ce truc là
puis je me suis juste assis
et j'ai regardé
le ressac
bouger un peu les gros kelps
qui sont des magnifiques algues
un gros paquet de kelps
sous le rocher
et regardé le ressac
et la mer
et m'assoir un peu
mais attendre
très étonnamment tu t'assoirs
j'ai gardé contact avec des gars qui ont marché
sur le sentier
et tout le monde
a un rapport vraiment très différent
avec la fin
et certains disent tu vois
c'est marrant pendant des mois j'attendais la fin
et j'arrive à la fin j'ai rien ressenti
certains ont dit vraiment
pas du tout
ça a été quand même un sacré truc
déjà moi je voulais pas m'arrêter
pas du tout
parce que je m'étais rendu compte que j'avais une vie
excessivement simple
qu'à force d'ajustement
bon ça qui était plus en plus léger
je savais de plus en plus ce qu'il me fallait pour parcourir
tu vois c'est un espèce de calcul
instinctif
tiens 200km
ça fait tel nombre de jours
il me faut telle quantité de nourriture
et je vais passer par là
et c'était devenu tellement normal
que
en fait tout ce dont j'avais
uniquement à penser à ça
avancer
bien te nourrir et devenir plus fort
et observer les plantes
observer les différences
tu vois le printemps
l'automne arrive
tiens tel champignon
il pousse différemment dans cette forêt
tu commence à être de plus en plus attentif
avant le regard de plus en plus aiguisé
c'est une vie tellement saine
en fait très simple
t'as pas de
de préoccupation
non matériel
et combien même t'en as
comment dire elles glissent sur toi
t'es calme
t'es profondément calme et curieux
comme t'étais curieux de la forêt
à nouveau t'es vraiment curieux des gens
et tu les regardes
comme des arbres
comme des animaux, comme un truc nouveau
et vraiment t'as ce nouveau regard
d'intérêt
véritable
et malheureusement ce regard se perd
tu vois j'ai l'impression que c'est comme une espèce de moyen aromatique
tu passes
6 mois de ta vie a faire ça
et tu vas tenir pendant 6 mois
avoir ce même regard et puis après
tu vas te reharmoniser
c'est un jeu de nuance quand on
on absorbe
ce qu'il y a autour de nous
les baladeurs
podcast leo-surs
signé kamie juso
musique originale
alisson brassac
mixage l'oreille galigani
leo-surs







si cet épisode vous a donné l'envie
de partir explorer la nature
proche chez vous
et si lors d'une balade
vous avez une pensée pour vincent, julien,
thémo ou encore sofi
et vrard
que vous avez croisé dans les épisodes précédents
c'est qu'il est temps de nous mettre
des petites étoiles sur vos applications podcast
à bientôt

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LesBaladeurs

Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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