#12 — Mission d'urgence dans les étoiles, avec Jean-François Clervoy

Durée: 50m0s

Date de sortie: 02/01/2019

En juin 1999, Hubble, perdu au milieu des étoiles, voit son troisième gyroscope sur six clignoter avant de s'éteindre tout a fait. Le célèbre télescope à l'origine de la datation de l'univers est en mode survie.

La NASA planifie alors une mission d'urgence pour le réparer.

Les meilleurs astronautes, dont le français Jean-François Clervoy, sont mobilisés pour la manipulation complexe de l'engin, désorienté à plus de 600 kilomètres de la surface terrestre...

Les Baladeurs est une émission Les Others. Cet épisode est signé Camille Juzeau, avec une composition musicale de Alice-Anne Brassac et un mixage de Laurie Galligani.

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Prêts pour le départ ? Prêts, c'est parti.
STS-66, équipage 5 hommes, 1 femme.
Lancement, novembre 94 en Floride.
Pas de tir, 39B.
Navette spatiale, 30, objectif.
Et toute de l'atmosphère.
STS-84, équipage 5 hommes, 2 femmes.
Lancement, mai 97, Floride.
Pas de tir, 39A.
Objectif, ravitaillement de la station Myr.
STS-103, équipage 7 hommes.
Lancement, décembre 99 en Floride.
Pas de tir, 39B.
Navette, Discovery.
Jean-François Clairvois, astronaute de l'agent spatiale européenne, est détaché vers la NASA pour ses 3 missions spatiales,
qui cumulés, portent à 28 jours, 3h et 4min, sont empassés dans l'espace.
En juin 99, dans les couloirs du Johnson Space Center à Houston,
le bruit court qu'une mission d'urgence va être lancée dans les mois qui suivent.
Dans le noir spatial, quels sont les risques auxquels les astronautes missionnés s'exposeront ?
Quels sensations vivront les quelques hommes flottant dans leur coquille d'acier,
perdu dans les lointains recoins du ciel, vu de la Terre ?
Je pensais en faire un métier, un lieu de travail, mais pour le fun.
C'est quand j'ai fait des études d'ingénieurs pendant mes classes prépa,
comme j'étais fanat de modèle télécommandé d'avion que je pratiquais pendant mon adolescence,
je voulais devenir télécommandeur de son d'interplanétaire.
Ces machines qu'on en voit explorer Jupiter,
ça tourne à des centaines de millions, voire milliards de kilomètres.
Je voulais travailler dans les équipes qui conçoivent ces machines,
puis après, une fois lancées, les télécommandes à distance.
C'est vraiment ça que je voulais faire. C'est ce que j'ai commencé à faire.
J'ai travaillé sur le projet Vega, une sonne franco-rousse d'études de la comète d'aller et de la planète Venus.
Comme je devais être un peu aventurier sur des bords,
un an après être entré dans la vie active,
quand le CNES a lancé sa deuxième sélection d'astronaute,
je me suis dit que c'est pour moi, puis mon prix, ça fait 33 ans et demi.
C'est le record absolu en Europe, et peut-être même dans le monde, il faut que je vois avec John Young.
J'étais sélectionné par le CNES au départ en 1985,
puis sept ans plus tard, j'ai rejoint le corps des astronautes actifs de LESA,
l'Agence spatiale européenne qui réunit les efforts de plusieurs pays en Europe,
d'une vingtaine de pays, dont 10 pour le vol habité,
qui m'a envoyé aussi tôt en détachement à la NASA pour rejoindre le 14e groupe d'astronaute NASA.
C'est la NASA qui m'a entraîné, qualifié, affecté en vol les trois fois.
La façon dont j'ai appris l'affectation à mon troisième vol était un peu bouleversante au départ,
parce que je suis convoqué dans le bureau du chef avec Scott Kelly,
un collègue qui était dans mon bureau, et on se connaissait bien,
et puis on faisait des vols en T-38 ensemble, et puis le chef des astronautes,
qui me connaît bien, parce que c'était le commandant de bord de mon deuxième vol,
qui a consisté à aller ravitailler la station russe, Mia.
Il me dit voilà, Jean-François Scott, je vous convoque, parce qu'on a reçu un Hermis,
un Hermis, en fait une plainte de la Vierçon civile,
pour un manquement au respect des règles de l'aéonautique,
sortis d'un couloir aérien, ne pas avoir tenu une altitude,
et on se regardait, vous êtes bien venu de Floride il y a deux semaines, à tel date,
vous êtes bien passé par tel endroit, on a reçu une plainte,
et vous allez violer un couloir aérien, une altitude,
et moi je commençais à blémir intérieurement, à ne pas être trembler,
et puis je vois Scott qui reste impassible, qui a l'air sérieux.
Nous étions quatre dans cette salle, le chef des astronautes,
deux copains astronautes qui avaient volé ensemble récemment,
sur un avion de chasse pour nos liaisons entre la Floride et le Texas,
parce que c'est en Floride qu'on décolle, et c'est au Texas qu'on s'entraîne,
donc on a des liaisons professionnelles régulièrement,
on les fait avec un petit avion de chasse, bi-supersonique, bi-recteur,
et Col Brown, en charge de la sécurité des vols au sein du bureau des astronautes,
donc c'était normal qu'ils soient présents.
Et puis petit à petit dans la discussion, je les vois incapables de retenir un léger sourire,
un léger rectus, et puis d'un seul coup, le chef du bureau éclate de rire,
en disant, mais non c'est une blague, voilà, on va annoncer demain la composition de l'équipage
d'une mission de réparation du téscope spatial Hubble,
qui n'était pas prévu, c'est juste qu'il est tombé en panne,
il faut le réparer, sinon c'est des milliers de personnes dans le monde
qui sont au chômage technique, puisque les données ne sont pas...
Et comme tu es spécialiste du pilotage du bras robotique,
bien que ce soit pas à ton tour de revoler à nouveau dans l'espace,
on a besoin de tes qualifications, donc voilà, tu vas faire partie d'équipage,
et waouh, alors là c'est super, et on est super heureux,
et on attend impatiemment de pouvoir le dire aux voisins, à la famille,
et on a eu dès le lendemain notre première réunion de tout l'équipage
pour discuter un peu de ce qui allait se passer,
puisque on a été affecté seulement six mois avant le décollage.
Alors d'habitude, l'entraînement pour une mission en avance spatiale,
c'est typiquement dix mois au plus court, un an en moyenne,
là on avait que six mois, donc il fallait des gens qualifiés,
et nous totalisions à nous sept, dix-huit vols spatiaux,
sans compte télescote Kelly pour lequel cela allait être son premier vol.
Donc c'est une équipe d'hommes, pas de femmes,
dans mes deux vols précédents il y avait des femmes,
toutes les trois s'appelaient Helen d'ailleurs,
pas d'expérience secondaire pendant le vol,
pas d'expérience médicale,
juste focalisé sur une mission réparée de l'hélescope spatiale Hubble
qui était en mode survie,
et on m'a dit d'ailleurs,
on ne sait pas te dire dans quelle orientation sera le télescope,
contrairement aux missions précédentes,
comme il est en mode survie, il est grossièrement pointé vers le soleil,
il tourne sur lui-même,
donc tu vas le trouver dans une orientation aléatoire,
en train de tourner probablement sur lui-même,
donc il faudra faire ce qu'on appelle du tracking and capture,
c'est un terme anglais pour dire du vol en patrouille serré,
entre le bras robotique dont j'allais avoir la charge,
pour capturer le télescope.
Donc d'habitude les objets qu'on rejoint dans l'espace sont coopératifs,
ils se mettent dans une orientation stable, précise,
qui facilite la capture pour l'installer dans la soute, pour le travail.
Voilà donc quand on apprend l'affectation à une mission spatiale,
c'est très très fort,
on sait qu'on peut à tout moment être affecté à une mission,
mais là je ne m'y attendais pas du tout,
ce n'était pas à mon tour,
et quelques mois auparavant,
on sortait venir au sein du bureau qu'un équipage allait être nommé
à une mission qui allait être ajoutée,
parce que le télescope commençait à perdre les gyroscopes appareils,
les gyroscopes sont des petits équipements,
comme des toupis qui tournent à très grande vitesse,
et c'est un équipement qui a un rôle fondamental
dans la stabilité de l'orientation de la satellite.
Et dans le cas du télescope spatiale-boll,
ils sont extrêmement fins,
et si le télescope en possède 6,
il en a besoin de 3 minimum pour fonctionner.
Et lorsque le troisième est tombé en panne,
en mars 1999,
la NASA c'est dire qu'on ne peut pas se permettre d'attendre
qu'un quatrième tombe en panne
pour aller fixer ce problème.
Donc on va nommer un équipage,
on va les entraîner plus vite possible,
possible dans 6 mois,
pour être pradécolé à l'automne,
en espérant qu'un nouveau gyroscope ne tombe pas en panne.
Et il se trouve que,
pour plusieurs raisons,
à la fois technique, programmatique, météo,
notre vol a été retardé,
entre temps, le quatrième gyroscope,
un quatrième gyroscope est tombé en panne,
et que nous sommes partis,
il était en mode survie.
Puis nous nous sommes entraînés 6 mois,
et il avait du décollage,
le patron de la NASA nous rend visite
dans les quartiers de quarantaine en Floride,
les mêmes quartiers de quarantaine
utilisés à l'époque de Gemini,
Apollo,
et le patron de la NASA nous rend visite
en nous disant,
« Écoutez, on vient de planter une sonde martienne
pour des erreurs bêtes d'unité, je crois,
et je compte sur vous pour redorer le blason
de la NASA et réparer ce télescope.
Et vous, M. Clairvois,
n'oubliez pas que vous aurez 6 milliards de dollars
entre les mains,
quand vous aurez la charge de capturer le télescope.
Ce vol avait lieu le 20 décembre 1999.
C'était très humide.
Le vent décollait des plaques de givre
qui se formaient sur les tuyauteries
qui alimentent la navette.
Il n'y a pas de givre sur le vaisseau spatial lui-même,
mais les tuyaux qui alimentent notre vaisseau
en oxygène hydrogénéquiste,
c'est des tuyaux qui font plus de 30,
50 cm de diamètre,
et le liquide circule dedans à moins de 200°C.
Donc il y a du givre qui s'accumule,
et le vent le soulève.
Donc ça faisait comme une tempête de neige
autour du vaisseau.
Éclérée par des phares aux xénons extrêmement puissants,
on a eu en fait 13 dates de décollage
qui étaient en fait repoussés
pour des raisons techniques diverses.
Et la première fois qu'on s'est installé
pour de vrai dans l'autre navette,
c'était le 16 ou 17 décembre,
ça dépend si c'est le fuseau vert de la Floride
ou de Paris,
et c'était Armageddon.
Vraiment, on arrive vers le pâtir,
dès qu'il n'y aura jamais avec cette tempête de neige,
c'était imaginer un tourbillon
de flocons de neige énorme
qui tourne autour du pâtir.
C'était fantasmagorique.
Moi j'étais le dernier à m'installer,
donc les collègues s'installent après l'autre,
j'étais l'ingénieur naviguant,
donc assis entre les deux pilotes,
je faisais partie de ce qu'on appelle
l'équipage de conduite du vaisseau,
qui gère les systèmes, le cockpit, etc.
Quand je regardais ça,
donc moi je suis resté à peu près 1,5 heures
sur le balcon, au niveau où on rentre
dans le vaisseau spatial, en haut du pâtir,
à regarder cette tempête de neige,
en passer aux collègues, aux loins,
les familles qui sont venues pour assister au décollage,
je me dis on ne va jamais décoller.
Et en fait, tout le monde est à peu près convaincu
qu'on n'allait pas décoller,
mais il n'y avait eu aucun décollage
de navette spatiale depuis 6 mois.
Donc c'était l'occasion de réentraîner
tout le système, toutes les procédures.
Donc on s'installe et on joue le jeu
jusqu'à l'instant T0,
sauf que T0 on n'allume pas les moteurs.
Et là on en profite
pour évacuer, comme si on devait évacuer en urgence.
Bon on était contents parce que tout s'était bien passé,
on rentre au quartier de Quarantaine,
on dit wouah, j'espère qu'on va quand même décoller
avant la fin de l'année. On est en 1999.
La NASA a une obsession,
c'est que les navettes soient toutes au sol
avant le passage à l'an 2000,
le fameux bug de l'an 2000.
Le Y2K, 2000 2K, 2K.
2K, 2K.
Donc la NASA s'est posée vraiment la question
après l'avortement de ce lancement
de ce comptard-gour,
est-ce qu'on attend la nouvelle année
ou est-ce qu'on lance ?
Vous avez dit, on ne peut pas chaque jour perdu
et un jour de perdu pour la science.
Donc on a quand même tenté à nouveau le 20 décembre.
En disant, on écourtera la mission
pour revenir avec un peu de marge,
deux jours avant, deux, trois jours avant,
le 31 décembre, pour que la navette soit au sol.
Donc le 20, on s'est rabillé de nouveau.
On est allé de nouveau vers le pâtir, pas de vent,
pas de jive qui tourbillonne autour de la navette.
On fait tout comme des pros.
C'était vers minuit, une heure,
c'était en plein milieu de la nuit, dans le noir.
Et là, je vois les étoiles.
Donc je me disais, c'est bon, on va y aller.
On s'installe.
Le comptard-gour, alors avant d'aller dans la navette,
je suis allé aux toilettes.
Les mêmes toilettes qu'utilisaient Nelamstrong et Besadrin
avant d'être partis vers les...
C'est des toilettes métalliques.
Le trône est en métal, les anneaux, l'anneau est en métal,
le couvercle est en métal, assez corrodé, rouillé,
avec des années et des décennies d'humidité,
du rin, mais c'est un peu mythique pour l'instructe,
quand même, d'aller uriner dans les mêmes toilettes que Nelamstrong,
sauf qu'on va pas vers la lune.
Mais on va vers un télescope qui étudie la lune,
qui étudie les planètes, qui voit même plus loin que la lune.
Et on s'installe, on a les annonces dans le cockpit,
on vérifie que la radio marche bien.
Moi, comme ingénieur naviguant,
je suis le premier à parler après la l'image des moteurs.
C'est-à-dire que j'annonce à tout le monde
que le logiciel de vol est passé du mode comptarbourg sol
au mode vol.
103, 103, mode 103, c'est le mode logiciel,
qui veut dire que la navette est en mode décollage.
Et d'ailleurs, c'est moi qui est la deuxième fois qui reprend la parole,
en annonçant LVLH, qui veut dire local, vertical, local, horizontal.
On se met volontairement au décollage dans un mode inertiel
calé par rapport aux étoiles et pas par rapport à la navette.

Mais dès que la navette décolle, elle tourne un peu, elle s'inquiène,
et là on peut passer dans un mode qu'on comprend mieux,
comme pilote d'avion, c'est voir la Terre dans le cockpit
comme si on l'a regardé par le hublot.
Je demande aux deux pilotes de confirmer que leur horizon artificiel
à chacun est passé en mode LVLH, ils le confirment,
et tout est parti, tout est bon, et on est parti pour l'espace.
...
La mise en orbite dure, 8 minutes et demi.
En 8 minutes et 32 secondes, on passe de 0 assis sur le pâtir,
assis, j'irai même coucher.
On est assis comme dans un siège d'avion,
sauf que l'avion, il a né vers le haut, donc on repose sur notre dos.
À la mise en orbite, en 8 minutes et demi.
Donc on décolle verticalement,
et le but de la navette, comme de toute fusée d'ailleurs,
ariane, soyous, etc., c'est de vite traverser l'atmosphère.
Au bout d'une minute, on est à la vitesse du son.
Au bout de deux minutes, on est verticalement à 5 fois la vitesse du son.
Au bout de deux minutes, on est à plus de 50 km d'altitude,
on est au-dessus de l'atmosphère.
Donc on incline la trajectoire à l'horizontale.
Quand on a atteint à peu près 5 fois la vitesse du son,
les propulseurs à poudre sont vides.
On les sépare.
Ça fait une grosse explosion dans la cabine.
On entend un poup poup, mais très fort.
Et on voit un gros flash lumineux.
Ce sont les systèmes pyrotechniques qui écartent les propulseurs à poudre,
pour pas qu'ils nous aiment.
Et on continue, nous, avion spatial,
attaché à son gros réservoir, 3 fois plus gros que l'avion spatial.
Mais c'est l'avion spatial qui porte les moteurs
qui poussent avec cet oxygène hydrogène liquide,
à raison d'une tonne par seconde.
Et la propulsion à poudre, c'est environ 10 tonnes par seconde.
10 tonnes de carburant par seconde.
Et là, on accélère jusqu'à atteindre la vitesse horizontale de 28 000 km par heure.
Au bout de 8 minutes et demi,
on est à 28 000 km par heure, c'est 25 fois la vitesse du son.
C'est à peu près 20 fois plus rapide qu'une balle de fusil de chasse.
Une balle de fusil de chasse, ça va vite, quoi.
Comme la poussée reste la même,
mais que la masse diminue très vite,
le nombre de g, c'est-à-dire la sensation d'écrasement qu'on a,
c'est le rapport entre la poussée divisé par la masse.
La poussée reste la même,
mais au déluminateur de la fraction, la masse diminue.
On arrive à 3g constant,
ce qui est relativement confortable,
mais on est quand même bien précis sur notre siège.
À 3g, c'est pas facile de lever le bras devant vous
pour aller agir sur l'interrupteur.
Mais bon, on y arrive, si on veut, si il faut, on le fait.
Au bout de 8 minutes et demi,
on est à les moteurs,
et on passe de 3g, tassé, pressé,
qu'on pressait sur notre siège.
Nos bras pèsent trois fois leur poids.
Et d'un seul coup, c'est le passage à la pesanteur.
Soudain, c'est-à-dire les bras gicles, la poussière gicles,
les checklistes giques, mais comme elles sont attachées
par un petit cordon pour pas la perdre,
parce qu'on a encore des tâches à faire.
Donc on voit tout ça qui le fait dans le copier,
et on sait qu'on est en orbite.
La phase la plus critique du vol,
qui est le lancement,
c'est une débauche d'énergie, c'est considérable.
Pour vous donner une idée,
si on pouvait convertir la puissance mécanique développée
par les moteurs,
lorsque ça atteint le maximum
environ deux minutes après le décollage,
on est à 45 gigawatts de puissance mécanique développée.
Rien à péter, tout va bien,
là on est content.
Parce qu'on sait qu'on va flotter indéfiniment,
jusqu'à ce qu'on fasse quelque chose pour revenir,
et nous sommes sur une trajetoire
qui vous nous amenez à rejoindre le T-Scope Spacealable
deux jours plus tard.
Et puis on arrive à Hubble,
après beaucoup de procédures, de rendez-vous,
j'étais l'ingénieur du rendez-vous,
j'étais aussi l'ingénieur responsable du pilotage
du bras robotique canadien.
Donc un français qui pilote un bras canadien
dans une navette américaine,
pour jouer dans un télescope européen-naux américain,
parce que souvent on pense que le télescope
Spacealable est américain,
on sait un projet conjoint
avec l'agence spatiale.

Et je me souviens, le commandant de bord,
c'était son sixième vol.
Il arrive vers Hubble.
C'est gros !
Moi je venais du vol précédent vers Mir,
la station Mir,
qui était cinq, dix fois plus grande
que le télescope Hubble.
C'est un truc qui faisait 120 tonnes,
25 mètres de large,
de haut, avec plein de modules.
Hubble, c'est 11 tonnes,
une dizaine de mètres de long,
c'est un gros tube, c'est un télescope,
cinq mètres de large,
et très très beau d'ailleurs.
La navette spatiale
n'a pas le moyen d'éclairer
le vaisseau qu'elle va rejoindre,
à moins d'être à dix mètres.
Donc on ne voit notre cible
que lorsqu'elle est éclairée par le soleil.
C'est pour ça que le rendez-vous est calculé,
on attend que le vaisseau,
qui est même à peut-être 100 km,
très loin,
éclairé par le soleil,
on le voit comme une étoile,
et nos sensors stellaires
étudient sa direction
par rapport aux axes de nos vaisseaux
pour savoir comment agir sur nos moteurs
pour le rejoindre.
On s'approche
à une distance suffisamment faible.
Pour ne voir plus qu'un point,
on commence à deviner
une structure métallique,
comme un papillon.
Parce que les panneaux solaires,
ils sont soit bleu irisés
du côté éclairé par le soleil,
soit en or,
l'huminezcent
du côté opposé.
Et c'est très beau,
c'est vraiment un bijou,
c'est une merveille
inventée par l'homme.
Et on lève notre télescope.
On nous a éduqués
sur ce à quoi il sert.
On n'est pas juste
plombiers électriciens, informaticiens,
on est éduqués
à s'approprier
la raison d'être,
le sens de l'existence de ce télescope.
Quand vous mettez un télescope,
au-delà de l'atmosphère,
il voit des choses
qu'on ne peut pas voir
et qu'on ne verra jamais
depuis le sol terrestre,
parce que l'atmosphère
bloque certains types de signaux
émis par les étoiles et les galaxies.
Donc l'atmosphère sert de
filtre dans certaines bandes de fréquences.
Le deuxième avantage,
c'est comme il n'est pas lié à la Terre,
on peut le laisser pointer
capot ouvert
pendant des dizaines,
voire centaines d'heures d'affilés.
Alors qu'un télescope
qui est fixé sur Terre,
il tourne avec la Terre et régulièrement,
il passe du côté jour, il faut fermer le couvercle.
Mais là, on peut rester
des jours et des jours
en exposition longue,
pour ceux qui font de la photographie.
Il faut comprendre que le problème de l'exposition,
c'est qu'il ne faut pas
avoir de lumière parasite.
Mais avec son pointage extrêmement fin,
quand il marche, on découvre
que dans des zones du ciel
ou depuis le sol on ne voyait rien,
on découvre que c'est bourré de galaxies.
Et donc grâce à Hubble,
on sait que dans l'univers,
il y a plusieurs ordres de grandeur,
de fois de galaxies,
que ce qu'on pensait auparavant,
on pensait à quelques millions peut-être.
Dans l'univers visible,
qui constitue à peu près 4% de notre univers,
on est capable de voir, de percer
voir des signaux que de 4%
de la matière, de l'énergie
qui constituent notre univers.
Dans ces 4% on sait maintenant
qu'il y a de l'ordre de 200 milliards de galaxies.
Et chaque galaxie, c'est 100 à 200 milliards d'étoiles.
Donc ça fait
40 000 milliards,
2 milliards
d'étoiles
dans notre univers observable, grâce à Hubble.
Il a contribué à finir l'âge de l'univers
à 13,8 milliards d'années.
Et puis il a contribué aussi
à démontrer l'existence d'étoiles.
Donc ce télescope, on sait que c'est quand même
un objet de la science
important.
Et je sais que quand je mourrai
sur mon lit de mort,
je me dirais
j'ai servi la science avec un grand S
en réparant ce télescope
qui fonctionne encore aujourd'hui, presque 20 ans
après notre mission de réparation.
Je pense qu'on va parler encore de tout ce
qui nous a apportés, de connaissances,
de l'univers et
d'où l'on est,
d'où l'on va, d'où l'on vient et pourquoi
et comment ça se forme, est-ce que la vie existe ailleurs ?
Tout ça, Hubble a contribué
à soulever toutes ces questions.
On arrive vers le télescope
et les collègues préparent leurs scaffoldres.
Moi je prépare le bras au bautique
qui va me servir d'abord à capturer le télescope
et les jours suivants, à déplacer
mes collègues autour ou dans le télescope
qui puissent bicoller.
Donc on s'approche
et mon corps en bord était très perfectionniste.
Il voulait mettre
le vaisseau spatial Discovery
dans une orientation
parfaite par rapport au télescope
et l'immobiliser parfaitement.
Et avant de lui dire, je lui dis,
écoute, Kurt, ah, vite,
je me sens à l'aise, tu peux me le donner
et je peux l'avoir.
Mais non, non, attends, j'vais la finir un petit peu.
Avant de lui me dire, allez Billy Bob,
c'était mon surnom, parce que Jean-François
c'est trop compliqué pour les américains.
Billy Bob, go for it.
This is yours.
Je mets free drift.
C'est-à-dire, cratimer free drift, c'est très important.
C'est-à-dire, il coupe tout le système de propulsion
de la navette. Pour être sûr qu'il n'y ait pas
un petit moteur qui s'allume
et qui perturberait mon travail de pilotage
du bras au bautique. Donc là, je regarde
le télescope
et puis le télescope est à l'envers, évidemment.
Il tourne légèrement sur lui-même. Donc j'approche
le bras au bautique, c'est comme un bras humain.
Il y a une épaule, un coup d'un poignet.
Et le poignet, il est équipé d'une caméra
et au bout du poignet, il y a des petites lanières,
des petits câbles métalliques
qui peuvent se refermer violemment
sur une tige de la cible
avec une gachette que j'ai
sur le manche de pilotage.
Je m'approche, je décris verbalement
ce que je fais. Ça, c'est pour que mes collègues
comprennent ce qui passe par ma tête.
Parce que quand vous avez quelqu'un qui fait
une tâche critique mais qui parle pas,
vous savez pas s'il est à l'aise
ou pas à l'aise, s'il comprend ce qu'il fait,
s'il essaie aux uns. Donc ça,
c'est quelque chose qu'on apprend à faire dans notre vie.
C'est verbaliser ce qu'on fait. Comme ça, les autres vous suivent.
Et puis, avant de nez,
donc il y a une tige,
ma main s'approche
et quand la tige est enveloppée
par la main du bras,
j'ai un collègue qui regarde
par le côté avec une caméra,
il me dit
« You are in the capture envelope.
» Et moi, je le dis aussi.
Je vois que par la taille de la cible
que je vois dans la caméra,
je sais que je suis assez proche.
Et là, je clique sur la gâchette
et j'annonce à la radio
« Capture of the Hubble Space Telescope
» et là, tout le monde règle.
Parce que si on ne capture pas, la mission, elle ne sert à rien.
C'est quand même le point
de passage obligatoire
pour que toute la travail de réparation soit fait.
Donc là, je prends un télescope,
je lui fais faire une poudreouette vraiment
à ma façon qui a surpris tout le monde
parce qu'il faut que je fixe
dans un berceau qui est dans la soute de la navette.
Il y a que la navette spatiale, elle a un gros fuselage.
Dès qu'on arrive en orbite,
les deux parties supérieures du fuselage,
ce sont deux grandes portes qu'on ouvre.
C'est comme si on ouvrait
la demi-coque supérieure d'un avion ligne
complètement au ciel.
Et donc là, il y a un berceau,
je l'amène sur le berceau,
j'active des verroues qui agrippent le télescope,
je détache le bras au boutique,
je vais chercher un calpier sur le côté
que je détache à distance
toujours par des interrupteurs,
je viens mettre le calpier devant le sas
comme ça le lendemain,
les collègues qui sortiront en scaphandre
verront cette petite plateforme
sur laquelle ils peuvent mettre leur pied
enfin, un des deux seulement.
Donc c'était John, voilà John,
il met ses deux pieds dans le calpier
et là pendant 8 à 9 heures d'affilée
j'étais le chauffeur de mon collègue,
Billy Bob amène-moi vers la B n°9
de moi 10° de roulis à droite
20° de tangage vers l'avant
fais-moi tourner en l'acé de 20° à gauche
avance-moi de deux pieds dans le télescope,
voilà, il me donne des instructions
et moi j'agis sur les manches,
toujours le manche de rotation
avec trois mouvements possibles à droite
le manche de translation à gauche
avec trois mouvements possibles
pour le mettre au bon endroit, dans la bonne orientation
qui permet à mon collègue de bricoler
de remplacer des pièces à changer.
La difficulté c'est que
le scaphandre est sorti dans l'espace
son conçu pour durer au maximum
6 heures.
Le scaphandre c'est comme une enveloppe étanche
mais équipé de tous les systèmes identiques
à ceux qui a dans un vaisseau spatial
de scaphandre spatial c'est vraiment
un mini vaisseau de la Luit tout seul
sauf qu'il a la forme d'un corps humain
mais il y a le système de pressurisation intégré
de gestion de l'air


et de la température de l'humidité
de l'oxygène d'absorption du gaz carbonique
de télécommunications, de générations
électriques
il y a toutes sortes d'outils aussi
l'éclairage, les appareils photos
c'est normalement 6 heures
et si on va au-delà 6 heures
on entame la fatigue déjà forte du collègue
de l'homme qui est dedans
ou de la femme
mais on entame aussi les ressources
on s'approche des limites
en oxygène
en batterie électrique
et en cartouche chimique d'absorption du gaz carbonique
parce que le gars qui est dedans
respire dans une enveloppe étanche
donc il produit du gaz carbonique
donc il faut l'absorber régulièrement
et la sortie, la première sortie
on a battu le record de durée absolue
dans l'histoire des vols habités
depuis Gagarin, depuis Léonoff, le premier
c'est 8h30
le télescope, tant qu'il n'a pas les portes fermées
il est soumis à un risque énorme
d'un pack de météories, d'éclairage du soleil
et il est mort
donc le challenge
c'était de fermer les portes
parce que ce télescope
il a toujours le même côté
exposé au soleil
dans son orientation
et toujours le même côté exposé à l'ombre
donc à force il y a eu des déformations
mécaniques
de la structure du télescope
et entre autres les portes se sont gondolées
donc pour les fermer
ils positionnent en haut le coin des portes
momentanément
mais au moment où il est serré en bas
les fixations
les deux points hauts des deux portes
sautaient
on a mis
presque deux heures
juste à pouvoir fermer les portes
donc je peux vous dire, quand on dépasse de 6h
6h30, dans le cockpit on discute entre nous
qu'est-ce qu'on fait ?
on les fait rentrer ou pas ? non
ils semblent que leurs réserves soient bonnes
donc 6h30, 7h
7h30
le record absolu a été battu
parce que
on s'est entêté
à garder nos collègues dehors
jusqu'à ce que les portes
télescopes soient fermées et verrouillées
et on a fait 8h30
le jour suivant
c'était 8h20
et la troisième sortie a duré 8h11
ce sont des missions courtes
la navette spatiale n'a pas de panneau solaire
donc c'est des missions d'une dizaine de jours maximum
on produit l'électricité
grâce à des réservoirs d'oxygène
et d'hydrogène
qui se combinent
dans une pile combustible
pour fabriquer des électrons
d'électricité et de l'eau
de l'eau pure qui nous sert à boire
il y a mangé d'ailleurs, comme on en fabrique plus
qu'on en a besoin
régulièrement on en jette par-dessus
c'est spectaculaire
ça donne
une gerbe divergente
de micro-crystaux qui s'intiguent
dès qu'il sort
du système d'évacuation
les gouttelettes d'eau se cristallisent
elles tombent sur elles-mêmes
au soleil
ça donne
une puie d'étoiles finantes, s'intigantes
c'est très joli
donc comment on vit à bord ?
c'est du camping
la vie à bord d'une avette spatiale
c'est du camping
sauf qu'il fait pas beau dehors
donc on peut pas sortir d'attente
mais on dort dans des sacs de couchage
qui ont la particularité d'avoir des tendeurs
aux quatre coins pour s'accrocher au plafond
ou au paroi parce que sinon
le sac qui dérive en apesanteur
pendant qu'on dort
donc moi j'aimais bien dormir au plafond
face au sol
c'est un truc qu'on peut pas faire chez soi
et on trouve ça magique
les toilettes c'est pareil
à la bonne franquette
on mange de la nourriture
à longue conservation
lyophilisé pour la plupart
à faible résidue
comme la nourriture pour les randonneurs
qui partent longtemps en montagne
ou en Antarctique
pas de douche, on se lave avec un gant de toilette
qu'on humecte
de savon liquide
sans rassage
quand on dit sans rassage
on dit mais où va la santé
en fait c'est quand on s'est su avec la serviette
mais on se sent propre
il y a un russe il est resté 14 mois
sans redescendre
et il se sentait propre au quotidien
il est revenu et était en mode santé
on peut vivre sans prendre de douche
mais ça va pas dire sans se laver
on vit sur un rythme de 24h
8h de sommeil sont programmés dans le plan de vol
on a un plan de vol
le plan de vol
c'est un peu une feuille de route
c'est un emploi du temps
avec une résolution
quasiment à la minute près
qui dit qui fait quoi quand
et comment
donc qui a chacun à une colonne
chaque astronaute dans le plan de vol
à une colonne qui le concerne que lui
et dans cette colonne en fonction du temps
on lui dit ce qui fait
et quelle checklist
et quelle page dans la checklist
ou quelle chapite de la checklist correspond
à cette tâche qui doit faire là à ce moment là
et on a 8h de sommeil prévu
on a
en gros 1h le matin
entre le réveil
et le début du travail
et pareil le soir entre la fin du travail
et le coucher
pour faire nos toilettes
prendre le petit déjeuner
ou dîner le soir
et puis ranger son sac de couchage
ou le déployer le soir
on a donc à peu près 2h, 2h30
de temps libre le matin
mais pour faire quand même ce qu'il faut faire pour ranger
et pour regarder la Terre
alors comme regarder la Terre c'est l'activité
préférée de tous les astronaute
on s'en laisse pas
on prend sur le sommeil, moi j'ai dû dormir entre
5 et 6h en moyenne par jour
mais jamais plus
et sur une
dizaine de jours si on est en forme
bien reposé au départ ça va
alors que dans les vols de très longue durée
il faut qu'ils dorment leur 8h
sinon ils se fatiguent
au bout de 6 mois c'est dur
on est à d'ailleurs toutes les lumières
comme ça le sol qui voit la position des interrupteurs
ah bah tiens ils ont été à la lumière
ah bah oui c'est l'heure du coucher
et puis en fait on n'est pas couché
on est devant les hublots dans la vête
on se prend en photo, on prend en photo nos objets
pour ramener des souvenirs
on écoute de la musique
et puis on regarde la Terre
surtout que de l'altitude de Hubble
qui est la plus haute altitude
de tous les vols habités
sauf
ceux des vols Apollo qui sont allés
1000 fois plus loin vers la Lune
400 000 km
mais la station spatiale est entre 350 et 400 km
Hubble il est à plus de 600 km
et alors la Terre c'est magnifique
parce que le champ de vue
porte à 2500 km à la ronde
le contenu du champ de vue
change très vite
et en plus c'est très beau
donc c'est très émouvant
et comme tout ça c'est sur un fond noir
vide à l'infini
parce qu'on voit pas les étoiles
quand vous regardez dehors
par l'hublot vous voyez zéro étoile
il y a la Terre
la Lune, le Soleil et rien d'autre
parce que l'œil n'est pas assez adapté
à l'obscurité pour voir les étoiles
donc pour voir les étoiles
faut penser à être
dans une orientation telle
qu'aucune lumière du Soleil
et de la Terre ne viennent frapper
l'un quelconque des 10 hublots du cockpit
quand on est à 28 000 km par heure
on fait le tour de la Terre
en 1h30
c'est à dire qu'on fait 16 tours du monde
par jour
c'est à dire pendant 45 minutes
vous survoler le côté de la Terre
éclairé par le Soleil
et pendant 45 minutes
vous survoler le côté de la Terre
où il fait nuit
donc on voit le Soleil se lever
ou se coucher 32 fois par jour
toutes les 45 minutes
si en plus vous êtes sur une orbite
très inclinée par rapport à l'équateur
c'était pas le cas de la mission Hubble
mais c'était le cas de mon premier vol
eh bien vous changez de saison
visuellement toutes les 45 minutes
puisque vous changez d'hémisphère
au milieu des Etats-Unis
je pouvais voir
dans mon champ de vue
dans un même champ de vue
en regardant à gauche
puis en le basculant
ma tête vers la droite
je pouvais voir la Californie
et la Côte Est
alors que dans mes vols précédents
je pouvais pas voir les deux à la fois
il fallait attendre un petit peu
après avoir perdu de vue la Californie
pour commencer à voir la Floride
ou New York etc
donc la Terre c'est vraiment
une boule
qui est finie, vous voyez qu'elle est finie
et qu'elle est isolée
dans le noir
vide à l'infini du cosmos
la première impression
c'est qu'il n'y a rien d'autre
à part le Soleil et la Lune et la Terre
donc on a du mal à penser qu'il y a d'autres personnes
peut-être dans l'univers
ou qu'il y a ou même autre chose
et cette sensation de voir
l'infini, le noir obscur
et en plus
comme on va très vite
le contenu du champ de vue change très vite
en quelques dizaines de secondes
vous passez des glaciers de l'imalaya
aux atolles turcoises de Poinesies
aux grandes forêts tropicales du Brésil
au désert de l'Afrique
et c'est très émouvant
parce que c'est beau
parce que c'est contrasté, c'est coloré
parce que la Terre
c'était émouvant à la fois
parce que la Terre apparaît comme un être vivant
elle a sa propre vie géologique
climatique, tectonique
quand vous voyez les volcans
vous voyez qu'elle a sa vie tectonique
quand vous voyez des impacts de cratère
d'attente il y a des centaines de millions d'années
vous voyez qu'elle a une vie cosmique
elle a une vie dans le cosmos
où elle est soumise parfois des impacts d'astéroïdes
quand vous voyez des oragans
vous voyez qu'elle a sa propre vie climatique
donc on a conscience qu'elle nous survivra
c'est pour ça que moi j'aime pas dire
que la Terre est fragile, c'est nous qui sommes fragiles
c'est le vivant qu'elle abrite en ce moment
et c'est d'autant plus flagrant
quand on regarde l'atmosphère
non pas verticalement
comme nous on a l'habitude de la regarder
l'atmosphère
c'est ce qui émet le bleu
du ciel
mais quand on regarde à l'horizon
on voit la Terre
et puis quand vous levez le regard
à un moment donné vous voyez plus la Terre, vous voyez le cosmos
et donc l'atmosphère
vous la voyez sur le côté
sur sa tranche
à 2500 km à peu près de distance
de notre vaisseau
donc on voit une calotte de Terre
d'environ 2500 km à la ronde
et ce qui couvre la Terre à l'horizon
c'est la couche d'atmosphère
et à l'échelle de la planète
vous vous rendez compte que c'est extrêmement mince
à l'échelle d'un globe terrestre
de 30 cm de diamètre
l'atmosphère c'est l'épaisseur
d'une feuille de papier
et c'est là qu'on se rend compte que le vivant est vraiment
très très fragile, on tient
grâce à un équilibre
absolument incroyable
d'échange entre l'atmosphère
et l'océan
et donc on se pose des questions après
sur la création
qu'est ce qui a créé ça ?
donc c'est qui a créé la Terre ? est ce que c'est le hasard ?
est ce que c'est Dieu ? on n'a pas la réponse
mais je ne me suis jamais posé la question
et mes collègues pareils
aussi fortement sur
qui l'on est pour quand on est là
qu'est ce qui a fait que la Terre existe
avec le vivant que l'elle abrite
donc voilà
il y a un aspect sensorial
ce que l'on voit
un aspect émotionnel
c'est l'émotion
et même le plus qu'est que des astronautes
le plus endurci qu'a boy
ce pourra s'émouvoir
On se touche, on se pince, on se dit « tu te rends compte, on est là en vrai, c'est
pas un rêve, on est là » et on vit ce spectacle extraordinaire du vivant et de la puissance
climatique de la Terre.
Quand vous survolez de nuit, les zones de tempête avec des orages qui sont éclairées
de l'intérieur par les éclairs, les orores polaires, les éclairs qui éclarent, qui
se mettent à la ronde de masse de nuages à ce moment, c'est vivant, c'est très,
très beau, c'est très mouar et on sent l'aspect.
Le 25 décembre, le jour de Noël, je reprends le téescope avec le maraubotique, j'agripe
le téescope, je déverrouille les verrouilles du berceau qui le m'a tenue attachée dans
la soupe, je le dépouche, je le mets à la verticale du cockpit, à un moment très
précis à la seconde près, je le lâche, il reste là, il tombe en un temps que nous.
Le sol nous donne l'autorisation de nous séparer à quelques centaines de mètres,
200, 300 mètres, nous demandent de rester en patrouille serrée comme la patrouille de
France, à 100 ou 200 mètres près, sur deux ou trois orbites, le temps que les spécialistes
au sol envoient des télécommandes pour vérifier que les 13 boîtiers qu'on a remplacés,
et gyroscope informatique, télécom, batterie informatique, on a profité de la mission pour
placer bien chose, fonctionne bien.
Au bout de trois orbites, Discovery Atlantis, le téescope est 100% opérationnel,
you have a go for full separation.
Et là, on ressent qu'on a notre pubo qu'à de Noël, parce qu'on nous dit que notre
travail est réussi à 100%, et pourtant, c'était pas gagné.
Là, on est quand même très heureux, on se félicite.
Alors, on sort les chocolats, moi je sors le foie gras que j'avais emmené, on sort
les bonges et fruits, l'alcool est interdit, c'est un suisse à bord qu'il y avait emmené du chocolat.
Pas mal de plats du Sud ou est-ce que j'avais emmené confit canard à la sauce bordelais au
sep, enfin des choses comme ça.
Et puis en fait, Noël, voilà, on est contents.
Comment on fait pour revenir ?
Alors c'est très simple, il faut freiner un petit peu notre vitesse orbital.
Donc au milieu du Pacifique, typiquement au-dessus de la Poignolésie française,
on retourne le vaisseau pour mettre des petits moteurs arrière, on les fait pointer vers l'avant.
C'est comme si vous mettez en marche arrière en voiture.
On allume des petits moteurs quelques minutes, quatre-cinq minutes,
et au lieu d'être à 28 000 kmh, on est plus qu'à 27 700 kmh.
On se place ainsi sur une trajectoire légèrement plus inclinée vers le bas,
qui fait qu'elle intersecte la Terre.
Donc en freinant un petit peu au milieu du Pacifique,
on se retrouve à toucher l'atmosphère au-dessus de la Californie une demi-heure plus tard.
Et dès qu'on touche l'atmosphère, l'air de notre atmosphère terrestre,
sans allumer aucun moteur, elle nous freine très vite par frottement atmosphérique.
Et une demi-heure plus tard, on se pose en Floride.
Donc voilà, on freine au milieu du Pacifique et on se pose une heure et cinq minutes plus tard en Floride.
Et cette heure et cinq minutes se composent pour moitié d'une chute libre
qui nous fait perdre beaucoup d'altitude jusqu'à toucher l'atmosphère à environ 100 km d'altitude.
On commence à toucher l'atmosphère.
On appelle ça le entry interface, 400 000 pieds.
Et la navette, ça n'est qu'un planeur.
Donc on ne rallume plus aucun moteur après avoir freiné l'orbite.
Dès qu'on touche l'atmosphère, comme on est freiné, on commence à ressentir à nouveau notre poids
et on se sent peser très très lourd.
On a l'impression qu'on est fabriqué en plomb.
On se sent pesé une fois et demi à deux fois notre poids normal.
Donc c'est très bizarre.
Si on tourne la tête, on a l'impression que le monde autour de nous bascule
parce que l'oreille interne est décalibrée et elle a perdu son fonctionnement normal.
On arrive sur la piste à une vitesse presque deux fois plus grande que celle d'un évent lit.
On ne peut pas remettre les gaz, il ne faut pas se louper.
On se pose à 200 nœuds.
Donc 200 nœuds, c'est environ 360 km heure, presque 400 km heure.
Et...
On freine sur la piste, on déploie un parachute pour économiser les pneus Michelin.
On s'arrête.
Et là, on a une heure de travail au sol pour sécuriser tout notre vaisseau
permettant à d'autres personnes au sol de s'approcher.
Il y a tellement de systèmes pyrotechniques explosifs
que l'on doit pouvoir annoncer par la radio au sol.
On a sécurisé le vaisseau, vous pouvez vous approcher.
Il n'y a plus aucun risque, quelque chose éclate ou s'ouvre d'un seul coup.
Parce que si on ne peut pas ouvrir le train mécaniquement,
on a des boulons explosifs qui l'éjectent.
Et donc c'est seulement une heure après cette posée
qu'on est tranquille.
La mission est finie pour nous.
On donne les clés.
On donne notre vaisseau au mécanicien de piste.
On descend.
En se sentant très lourd.
En général, quand on est en forme, on arrive à marcher.
Mais il faut garder les yeux verts, sinon le risque de tomber est de 100 %.
Et on fait le tour de notre vaisseau en tapant dans les pneus avec nos bottes.
Merci Discovery, nous avons amené à Bon Porre.
Et grâce à toi, on a fait une mission fantastique.
On est fiers.
On est très fiers pour nous.
Fiers d'avoir réussi une mission difficile,
fiers d'avoir servi la science.
Et on sait que grâce à notre mission,
il y a d'autres missions qui vont avoir lieu pour encore améliorer le BUL
et à plein de scientifiques qui vont travailler dessus.

C'est le plus beau cadeau qu'on puisse espérer dans une carrière professionnelle.
C'est qu'on vous dise le jour de Noël
ton engin de 6 milliards de dollars.
Grâce à votre succès, à votre équipe, c'est un travail d'équipe.
Et bien, on va continuer à déverrouiller les secrets de l'univers.
Au cours du Matrix et de la danse dehana,
l'univers est le champ de navigation pour les vidéos supérieures sous la tension.
Nous avons convenu un environnement entre flame et gamma.
Et voilà, la saison 1 des baladeurs se termine en plein coeur de l'espace.
Vous pouvez réécouter, rêver, vous propulser en apesanteur grâce aux histoires de nos
baladeurs à retrouver sur vos applications de podcast.
Et si le rêve est doux, décrochez-nous des étoiles.
Nous vous retrouvons dans quelques semaines pour une saison 2, risque de nouvelles aventures et
mes aventures en pleine nature. À bientôt !

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Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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