Il y a 6 mois, vous découvriez le tout premier épisode des baladeurs, le podcast des amoureux
du plein air.
Au travers des 12 épisodes de cette première saison, nous avons parcouru des montagnes
vertigineuses, traversées des jungles épaissez bruyantes, diffilées au fil de l'eau, le long
du fleuve Yukon ou au cœur de tempêtes énormes.
Les baladeurs se sont les témoignages sincères, les souvenirs éprouvants, les anecdotes enthousiastes
des 14 invités qui ont participé à cette aventure sonore et que nous remercions chaleureusement.
Les uns et les autres sont toujours sur les routes d'ailleurs et nous vous invitons à
aller les découvrir dans les liens que vous trouverez sur le site Les Ozzards.
Ces 12 épisodes sont tous disponibles et pour longtemps sur vos appis de podcast et si vous
avez rêvé avec nous, glissez-nous des étoiles ou des commentaires pour nous permettre de
continuer de vous proposer de nouvelles balades sonores.
Alors aujourd'hui sera une balade composite.
Faites des détours que nous avons suivis durant cette saison.
Vous entendrez des passages inédits et quelques moments forts rassemblés en un grand voyage
fantasmé comme une invitation à l'aventure.
Une invitation à découvrir ou redécouvrir chacune de ces histoires avant de nous retrouver
dans quelques semaines pour une nouvelle saison riche de nouvelles aventures.
Prêt ? C'est parti !
Avant de partir un peu à l'aventure dans un voyage comme ça dans la nature, j'en parle beaucoup,
les gens autour de moi sont au courant que je pars.
T'es moins en agirose.
J'en parle pas mal et en fait je réalise pas que je pars.
C'est comme si c'était quelqu'un d'autre qui allait faire ça.
Et le moment à chaque fois où je réalise que je pars c'est quand je me retrouve du
coup seul à l'aéroport et seul dans l'avion.
C'est toujours un moment un peu particulier l'avion.
Et c'est vrai que du coup là déjà le fait d'être à deux c'est pas du tout les mêmes
ambiances, c'est plus sympa.
C'est quand on arrive à Whitehorse.
Donc c'est début septembre et il fait très froid.
Déjà c'est le premier truc que je me suis dit.
On nous dépose sur un lac plusieurs heures de voiture de Whitehorse.
C'est toujours très très agréable de partir comme ça dans la nature.
C'est ça y est, on a tellement de problèmes avant.
On a l'avion, les courses, les passeports, on a réglé les canaux et l'argent.
Et c'est avec le moment où d'un coup on se retrouve seul.
C'est une sensation assez particulière, c'est vraiment agréable.
Ça se sent bien.
Les ans à la fin de l'hiver, quand la lumière commence à revenir dans le nord du monde,
j'essaye de partir avec mon van.
Jérémie Villiers, photographe sur une île du Grand Nord.
La rencontre n'est pas toujours celle qu'il attend.
Jusqu'au Cap Nord, donc le sommet de la Norvège, la dernière pointe de terre tout en haut de l'Europe.
Je pars avec mon van, j'ai un vieux van Volkswagen.
Ce qui est génial, c'est qu'on peut aller tout en haut de l'Europe sans prendre le bateau.
Il y a des ponts entre le Danemark et la Suède, pas sans suède par ces ponts.
Ensuite, je prends en Norouest, tout de suite en Norvège.
Et là, très tôt, à 2h de slo, il y a des très hauts plateaux de Tundra.
Je reste souvent deux semaines où il y a des Reines Sauvages, des beaux musquées
qui sont ces grands bœufs de la préhistoire.
Et après, je continue et je retraverse la Suède.
Là, c'est des paysages de forêts boréales avec des grands sapins et des lacs partout.
Puis je repasse en Finlande, au Nord de la Suède.
La Finlande, c'est aussi des forêts un peu plus austères avec des petits villages de bûcherons.
Et après, au Nord de la Finlande, je retrouve le sommet de la Norvège
qui fait en fait cette banane qui contourne toute la Scandinavie.
Et là, j'arrive au Cap Nord.
C'est souvent mon objectif.
C'est 40h de route que je fais en environ trois jours sans trop m'arrêter.
Mais en même temps, c'est excitant parce qu'on part avec ces images dont on est arrivé,
d'animaux qu'on a aperçu les fois d'avant et qu'on espère enfin photographier.
Donc pendant tout le voyage avec soi-même, on part avec cette imaginaire qu'on développe encore plus.
Et d'un coup, on se garde et on se retrouve au bout de la route.
On part et on doit ouvrir la voiture qu'on avait fermée en partant chez soi en région parisienne.
Je me souviens bien de cette nuit,
veille de départ, pas mal de doutes
et d'appréhension.
Molécule, embarquée sur un chaloutier dans les eaux froides de la Lille.
Ce qui est un large lesamar et après, on est prisonnier.
J'avoue que j'ai toujours une petite trousse médicale avec quelques anxiolitis et une bouteille de whisky.
Ce bateau, c'est une espèce de cathédrale assez rouillée.
Et c'est vrai que la veille du départ, j'ai mis quelques doutes à savoir si on va rester à flot
pendant cette campagne de bêches qui s'annonce et qui dure en théorie entre quatre et six semaines.
On sait quand est-ce qu'on part, mais on sait pas quand est-ce qu'on vient.
Le jour j'y, on large lesamar et ce vieux tas de rouilles
prend une toute autre dimension quand il commence à braver les flots.
On le sent dans son élément, ils prennent bien la houle.
Une voile en le sang est panouie et du coup, le premier sentiment d'être assuré par rapport à ça.
Ça flotte, ça avance et ça a l'air stable.
Quand je suis au large et qu'on attend les vagues, les vagues arrivent par Syrie.
Il y a trois vagues qui vont arriver ou cinq vagues, puis après il y a un temps calme pendant un quart d'heure.
Plus c'est gros, plus il y a des temps morts, donc il y a des temps de 1,5h.
Des fois même 1h où les vagues sont moins fréquentes.
C'est pas calé, des fois elles vont arriver vite, puis après ça va avoir un temps ça qui est beau aussi.
Dans ces temps où il y a peu de vagues, on dérive à aller au courant et on surf par moment face à une falaise.
Et tu dis, voilà, la chute déjà elle est par moment interdite.
Il y a la vagues qui est derrière toi, si tu tombes, tu la prends dans la tête, tu vas passer du temps sous l'eau,
d'où les entraînements d'apnée et beaucoup de réparation.
Et quand ils démarrent le jesquie, on est face à la falaise.
Et quand je pars, au début je suis face à la falaise.
Et après il y a la vision de la plage où tu dis, ça devient du sable, s'il y a une chute,
je finirais sur le sable et pas emplattrer dans un caillou.
Cette vision est assez impressionnante, c'est dur mentalement.
Puis aussi, c'est à moi de mettre dans une situation de compléter mes vagues et de ne pas chuter.
Il y a aussi les fracas des vagues contre cette falaise qui fait un écho.
Et quand t'es au large, des fois, ça crée des taux nations, ça fait bizarre.
Et après l'océan lui-même qui est grande, qui est là, il est puissant,
ils se sont plus beaux jours où il existe, c'est sûr.
Tu sens qu'il y a une présence que c'est fort, c'est intense.
Donc voilà, il y a cette idée de se faire bousculer, de l'avoir peur aussi, c'est un peu cliché.
Je crois que c'est Titon, la mazou qui disait, l'aventure, ça se rapprochait de ses peurs.
Et je pense que dans cette dimension un peu aventure, il y a ça aussi, il faut que ça soit quand même un peu dangereux, un peu dur.
Souvent, on sait ce qui nous marque aussi.
Les beaux moments où tout se passe bien, c'est un peu aussi des moments sans savers.
Donc là, se dire, je me mets dans un tel contexte, sûrement, ça va créer des souvenirs.
C'est un peu trop long, parce que si on se fait prendre ici par du mauvais temps, ça risque d'être la galère.
Wow, incroyable.
On arrive à la tombée de la nuit.
Ça va pour mettre une belle descente dans la nuit.
On est pas rendu.
Non.
Tant qu'il y a être là, on tournait voir le sommet, non ?
Et tu parlais au début de trois interdictions que vous avez, du coup, une à une.
Transgressé.
Ça s'est rappelé à vous, cette chose-là pendant l'exposition où finalement vous êtes juste allé et puis vous avez eu la chance.
Oui, on a eu la chance de... En fait, les trois interdictions, c'était donc de faire de la montagne.
Mais on est parti du principe que, une fois qu'on quittait le camp de base, personne n'allait plus nous chercher.
À partir du moment où il fallait monter sur des moraines, des glaciers, etc.
On voyait mal des militaires chinois venir nous déloger là-haut, nous chercher là-haut.
Donc on a pris le risque.
La seule chose qu'on a faite, par contre, pour éviter tout problème,
ça a été demandé d'ailleurs par notre officiel liaison chinois et par le guide Ouigour.
C'était d'enlever tout le reste du matériel, celui qu'on n'utilisait pas, et de le cacher dans la moraine.
Et donc on est parti du camp de base en laissant un camp de base quasiment vide.
On a laissé deux tentes et la tente messe et de la nourriture, mais aucune trace du fait qu'on allait faire de l'alpinisme.
Il n'y avait pas de corde, pas de crampon, rien du tout.
Tout ça a été planqué sous des cailloux un peu plus loin.
Ça nous a permis d'éviter au moins ce premier souci.
Le deuxième souci, c'était donc le fait de faire un film.
Heureusement, personne n'a regardé ce que j'avais dans mon sac, le matériel que j'avais.
Pourtant, j'avais amené une grue, j'avais fabriqué une sorte d'un système de grue pour faire des images, etc.
Il y avait plein de petites bricoles, mais heureusement, ils n'ont pas ouvert ce sac là.
Donc ça, c'est un coup de chance.
Le troisième point, c'était qu'on n'avait pas le droit de s'approcher de la frontière.
Mais là encore, on se dit, une fois qu'on y est, c'est des endroits tellement difficiles d'accès, tellement dangereux que personne va venir nous chercher.
Alors ce qui est étonnant, c'est qu'on a grimper les 450 premiers mètres en se disant qu'on était vraiment les premiers.
Jusqu'au moment où, tout à coup, on tombe sur un bout de barre de céréales, enfin un déchet de barre de céréales, plantées dans la neige, coincées dans la glace, dans une fissure.
Et puis quelques centaines de mètres plus haut, on tombe sur un vieux piton, pas vieux d'ailleurs, un piton fabriqué maison, avec une inscription en russe dessus.
Et là on s'est dit, ah zut, tête de flûte ! On s'est fait griller.
Et en fait, en revenant, on a creusé un peu pour savoir qui avait pu aller là-bas, et on a compris que en 2007 ou 2008, je me souviens plus, 2008 je crois,
il y avait une équipe de trois Russes, effectivement, ultra doux, enfin très fort, qui sont très connus en Russie, qui avaient fait cette ascension-là.
La seule différence, et elle est notoire, c'est qu'ils ont fait ça en artif, c'est-à-dire en artificiel, c'est-à-dire que c'est l'opposé de l'escalade libre.
En artificiel, la technique, c'est de planter un truc, tirer dessus, planter un autre truc, tirer dessus.
Donc c'est pas du tout la même éthique, c'est pas du tout la même facilité aussi de progresser dans des endroits très difficiles.
Donc voilà, ça reste une ouverture, d'une part parce qu'il y avait pas mal de notre chemin qui n'était pas commun avec ce qu'ils ont fait eux,
et d'autre part parce qu'on n'a pas du tout utilisé la même technique d'ascension.
Mais eux avaient mis huit jours, ils avaient pas de portaleige, ils ont dormi dans des tentes creusées dans la neige, enfin des petits trucs.
Là pour le coup, les conditions, il faut être russes pour faire ça.
Nous on a mis 14 jours, presque deux fois plus, mais voilà.
Ce qui était décevant, c'était le moment où on tombe sur ce papier de barre de serre et on va dire non, c'est pas vrai.
Et donc tu te projettes dans un contexte complètement différent ensuite, après le bruit c'est le silence.
Est-ce que c'est opposé comme expérience, est-ce que tu veux considérer ça comme complémentaire ?
C'est la suite de ce processus que j'ai initié avec l'album 69 et 43 Nord.
Molécule.
Et puis c'est une volonté aussi de prendre un peu le contrepied, d'un point de vue sonore, d'aller dans un lieu...
Alors silence n'existe pas, c'est là tout l'intérêt de ce thème, c'est que ça a aussi une dimension un peu mystique, un peu philosophique.
Et le silence, cette idée de travail sur le silence, un peu par association d'idées m'a amené au Gorenland, l'hiver dernier, en 2017.
Là j'enregistre pareil, des longues minutes, j'entends pratiquement rien.
Et après quand je déruche, il y a toujours des choses en fait.
J'arrive à révéler des sons, des craquements, la banquise qui respire et se retrouver sur la banquise en entendant presque rien.
Et en ayant une attention très particulière justement à ce qu'on pourrait entendre, c'est une manière de se fondre et de rentrer un peu en communion aussi avec le paysage, avec la nature.
Et c'est un état très différent que celui ou ceux que j'ai pu vivre sur le bateau quelques années avant.
Et ça a donné lieu à ce dernier album, moins 22-7, que la température la plus basse que j'ai eu au Gorenland, c'est-à-dire pas très bas, en plein hiver.
Je viens de me faire une sorte d'attaque cardiaque, je ne sais pas si t'as entendu le dulling, mais...
Un clair billon poudec, océanographe face au murmur de la banquise.
Je les donne un moment tôt mon téléphone et en fait, vu que je m'approche du village, je recapte en fait une sorte de réseau Gorenlandais.
Et du coup de temps en temps, je reçois des messages, très peu je dois dire.
Ça, ça doit être mon pote Malik, un Gorenlandais qui m'envoie du coup un message, parce que c'est ce que je poursse voir, ce sont des messages Gorenlandais.
Oui, je vais au village en fait, parce que je dois aller chercher de l'eau qui est à côté d'un iceberg, je dois aller un petit peu piocher tout ça.
Et ensuite, aller faire bouillir tout ça pour boire.
Je suis un peu soufflée, je marche un peu vite, qui arrive à un bon moment, un vin.
Et puis voilà, ça ne traîne pas.
Dans des milieux pas forcément accueillants, où tu te trouves souvent avec essentiellement des hommes,
il y a plein de choses que tu dois mettre de côté qui ne m'ont pas manqué, mais j'avais l'impression d'oublier, ou d'oublier que j'étais femme,
ou d'oublier que j'étais l'unique femme dans le bateau à certains moments, puis à d'autres moments il y avait d'autres femmes,
mais je trouve que c'est des milieux qui questionnent sur les relations hommes, femmes et la différence en fait de genre.
T'as plus une ambiance masculine, mais en même temps, c'est pas des ordres,
il n'y a pas de gros pics de tes sostéronnes, en tout cas,
j'avais pas l'impression de me dire que c'est que des gars qui faisaient super attention à la manière de discuter aussi parfois, par exemple.
Mais c'est surtout, je me suis demandé, mais pourquoi est-ce que mon côté femme, j'avais l'impression de le mettre de côté.
Et pour plein de choses, tu n'es pas considéré, mais tu n'as pas trop de place à plein de choses dans des milieux un petit peu particuliers,
quand tu as tes règles, quand c'est quand même des milieux où tu es toujours sous plein de couvertures, plein de doudounes,
et tu es censé faire les... d'être en tout cas physiquement aussi capable de faire certaines choses,
et d'adapter à des conditions de froid, où tu dois te marcher je ne sais pas combien de temps,
je force de constater il n'y a pas beaucoup de femmes, il n'y a pas beaucoup de femmes,
et toutes les femmes que je croise, elles ont des sacrés caractères,
elles ont des sacrés caractères, alors j'imagine que je dois avoir un peu de caractère,
mais il faut quand même réussir à ne pas trop se laisser marcher dessus,
et ce n'est pas un milieu qui est, je pense, en tout cas où tu te dis,
« Ah ouais, super, je ne sentais surpère bien et je vais y aller en tant que nana, et tout va bien se dérouler. »
Et donc, tu te rends à place, et l'environnement et les contraintes,
en fait, t'amènes toi-même à peut-être être... à t'enlever toutes ces côtés hommes, femmes et ses genres,
et d'être juste humain avant tout, à devoir vivre dans un quotidien différent,
et avec... avec certaines contraintes.
Il y avait un justement, une égalité, une équité, je ne sais pas,
qui était plutôt forte, qui nous rendait quasiment... ben...
ce n'est pas homme ni femme.
Entre la première maison, où on passe la nuit juste à côté,
et on partage le dîner, et la deuxième tente de nomades,
où on arrive, je l'en en un, vers 16h.
Sophie Macieux, sur les pas des nomades, des montagnes du nord de l'Iran.
Le paysage change, on quitte une vallée pour arriver vers l'autre,
on escalade dans le col, et là on s'approche du lac de Néor, Néor Lake,
et donc, l'herbe est plus verte, c'est drôle.
Le paysage semble moins sec, et comme c'est beaucoup plus humide,
il y a aussi plus de moustiques.
Il doit être 16h, 17h comme ça,
et il y a une dame un peu âgée avec une jeune fille,
qui nous propose de boire le thé très gentilement,
nous assis bien sur leur tapis,
et la jeune fille, elle a l'air d'avoir 20 ans,
et on comprend, au bout d'un moment, que le monsieur qui arrive, c'est son mari,
et on comprend que la dame plus âgée, c'est sa belle-mère.
Et là, j'ai le sentiment que le sort des femmes nomades en Iran
n'est pas extrêmement viable, les gens étaient très gentils,
ce n'est pas le problème, mais je me dis que là,
elles ne peuvent pas aller travailler ailleurs,
elles ne font pas beaucoup à l'école,
alors que les femmes que je vois en ville, plus tard après,
elles vont boire le thé toute seule avec leurs copines, elles travaillent,
il y a des intellectuels, elles tiennent des boutiques,
elles font plein de choses.
J'ai l'impression que parmi les nomades, c'est moins le cas,
mais c'est vrai dans beaucoup de pays,
les gens qui ont moins accès à la culture et à l'éducation,
bien entendu, réservent un sort d'autant moins enviable
aux uns et aux autres et aux femmes en particulier.
Cette histoire s'appelait aventure,
et c'était l'apothéose de l'aventure.
Non pas de la banale aventure des livres d'image,
mais de la véritable aventure infidèle et capricieuse,
guide féroce, formidable dans ses punitions et formidable dans ses récompenses,
celle qui exige une terrible patience et le labeur qui tue,
qui offre le triomphal en soleilement,
où la mort lugubre après la famine
et les délire affre de la fièvre,
à travers la sueur, le sang et la vermine,
celle qui conduit parmi les ignobles contacts,
au sommet magnifique et à la domination du monde.
Martin Edel, 1909, Jack London.
Moi, Jack London, c'est vraiment...
je n'aime pas trop lire petit,
c'est vraiment les seuls livres qui me passionnaient,
du coup je les ai tous lus.
C'est vrai que les...
Témoins et Julien, le long du fleuve Yukon.
Les livres les plus intéressants pour moi,
c'était ceux de la Riverlore,
ceux qui découlaient de son expérience dans le Yukon.
C'est vrai que la première fois que j'ai été allé,
c'était pour ça, je pense que c'était en partie pour ça
que j'y allais et que j'avais l'idée d'aller là-bas.
Et y retourner, c'était encore ça,
c'était vraiment...
inconsciemment, on est là et on se dit,
oui, c'est pas là qu'ils sont tous passés,
à ce moment-là, toutes ces histoires,
ça s'est passé ici.
On a croisé un gars à Fort Selkirk,
qui avait...
Ouais, qui avait une...
pas au point d'être digne,
même dans un moment de Jack London,
mais qui avait la gueule de l'emploi,
qui était vraiment...
un vrai dur à cuire,
cette année qui vivait ici,
dans le fort, pour le garder.
On a rencontré un gars qui s'appelle Gerard Cruchon,
qui est garde forestier, mais bénévole là-bas.
Il est très fan de Jack London,
donc il a voulu aller sur les terres du Gold Rush,
et on a été chez lui,
il habite au bord d'une rivière,
dans un typique maison canadienne,
c'est-à-dire tout en pain.
Et en fait, on a passé trois jours avec lui,
il nous a...
On a fini notre voyage dans la forêt,
chez un...
un espèce de trapper,
il était très rock'n'roll quand même.
Ça, c'est déjà 30 ans qu'il habitait au Yukon.
Il est tout seul dans sa maison,
l'hiver, il fait froid,
il m'a dit que presque 3-4 fois par semaine,
il y avait des ours qui passaient au bord de chez lui.
Non, j'adorais, en tout cas, j'ai appris beaucoup de ce gars.
Et avec tes mots, quand vous finissez,
vous vous dites, sans doute, on repartira.
C'est un impact de ta site, ou ça s'est dit ?
Alors, ça s'est dit assez vite, en fait.
Je pense qu'on a parlé même direct,
pendant le voyage, mais...
ça s'est conclu vraiment à la fin du voyage,
où...
en fait, on a vu qu'on s'entendait bien.
Forcément, t'as des petites tensions avec un gars,
tu vis 24 heures avec lui,
24 heures sur 24 avec lui.
Forcément, parfois,
il y a des choses qui passent pas,
parce que d'une, toi, t'as les nerfs,
t'as faim, t'as froid.
Mais en soi, c'est des...
des tensions qui se conclut souvent par...
une blague et on rigole,
et puis on...
on se marre, quoi.
Et on est partis, donc là,
on rentre tout juste du Kamchatka,
pour encore une fois, voilà,
aller voir les ours, parce que c'est la plus grosse concentration de ours
au monde et là-bas.
Il y a 15% de tous les ours de Russie
qui sont tous concentrés dans...
dans cette petite péninsule
qui fait presque la taille de la France,
mais qui est extrêmement sauvage.
Et là-bas, pour le coup, il y a des...
il y a des personnages qui pourraient être dans les...
qui seraient dignes d'être dans les...
les romans de Jack London, oui.
On sent que c'est le...
c'est pas le far-west, mais c'est le far-ist, encore.
C'est vraiment très...
très puissant, comme en moi.
Et là, des ours, vous en avez vu ?
Beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup.
Mais encore une fois,
qui... dès qu'ils nous croisaient,
à part 2 ou 3 sur les... on a dû en voir,
on a eu 40, donc je veux dire...
En fait, vu qu'il y a énormément de saumons,
Kamchatka, c'est comme en Alaska,
vers le... vers le Lille-Codia,
le parc Katmai,
il y a énormément de saumons.
Du coup, les ours
mangent énormément de saumons, donc c'est des réserves...
des réserves de grâce énormes, et donc, ils sont très, très, très, très, très gros.
Donc, il y a des gros mâles qui peuvent...
qui peuvent faire 600 kilos,
presque 1,5 m de 60, au gareau.
Et on marche, et d'un coup,
on est dans la toundra, il y a un buisson,
et d'un coup, il y a un... un ours de...
ouais, de 500, 600 kilos,
qui est presque au gareau, à la même taille, que...
que ton cheval,
et qui te fixe. C'est vrai qu'il y a un petit moment
où tu es qui a vraiment...
10 mètres, 15 mètres, tu te dis bon...
et qui va plus vite que ton cheval,
enfin, c'est... c'est...
c'est vraiment des...
dès qu'il nous voyait, en fait, il y a un moment
de bug pour nous et pour lui, quelques secondes,
où on se regardait,
et...
et là, on pouvait voir l'ampleur de...
de la puissance,
puisqu'il partait, ouais, à 55 km
heure, et...
et en fait, ouais, on s'attend pas du tout
à cette vitesse-là. On le sait,
mais quand on le voit vraiment en vrai,
comme ça, c'est assez impressionnant.
Ah bah là, c'est des... des grands venus sauvages,
que j'ai photographiés en orvège, aussi.
Jérémy Villiers.
Et alors, qui sont durs à trouver dans la neige,
parce que quand la neige arrive, au... au début
de l'hiver, ils perdent leurs bois.
Là, on voit sur cette photo, il n'y a que les 3 premiers
qui ont des bois et les suivants, c'est des mâles,
et on voit qu'ils ont perdu leurs bois.
Et les grands qui ont encore leurs bois
deviennent dominants, alors que c'est souvent les plus jeunes
du groupe qui perdent leurs bois en dernier, donc ils sont à l'avant
du troupeau, là, on voit.
Et alors ça, je les ai trouvés après beaucoup de recherches,
parce qu'ils parcourent des kilomètres et des kilomètres
dans les... au plateau, alors c'est
dans un... un endroit qui s'appelle Foralonia
en orvège, qui est magnifique.
En fait, je les ai trouvés grâce à un...
un chasseur qui m'a aidé, parce que ma voiture
est tombée en panne sur la route, vers glacée.
Il faisait trop froid, il faisait moins 35
et le... le réservoir a gelé.
Donc le gars m'a dépanné,
il a mis ma voiture dans une étape, parce qu'il élève des vaches
pour qu'elle réchauffe le lendemain,
et le... et le soir, il a passé plein de coups de fil,
et notamment à une fille qui est... qui est scientifique,
et qui essuie les rennes par hélicoptère,
cette fille m'a rappelé en disant
qu'un chasseur avait aperçu un groupe de mâles
à tel endroit il y a longtemps, et que comme le vent
était dans tel sens, peut-être que si je partais
depuis le sud de la montagne, dans plusieurs jours,
j'allais les croiser, parce qu'il... il remonte le vent.
Pour pouvoir sentir le danger.
Là, cette photo, on les voit, ils sont en ligne,
et ils... ils remontent le vent, et donc ils m'ont senti,
mais ils ont continué à avancer face au vent
pour mieux m'identifier.
Ah là, il y a un bœuf musqué qui essaye de me faire peur,
même qui me fait peur, qui s'élève dans le bizarre
face à moi, ce que je l'ai surpris, je l'avais pas vu.
Donc il s'est élevé pour m'intimider,
c'était le plus gros du groupe.
On voit vraiment le... les conditions de froid,
de... de bizarre sur sa... ses immenses poils.
J'aime bien celle-là.
Bon.
C'est le moment après cette deuxième journée
de les pieds dans l'eau,
d'enlever les chaussures.
Ouf.
C'est parti.
J'appréhende un peu l'état des pieds.
Chaussures au Gortex, c'est très très bien.
Regardez le pied au sec.
Sauf,
quand l'on remonte,
on se rend dedans.
Ah, yai, yai, yai.
J'en ai une or, me truc, là.
C'est quoi ?
Regardez les champignons.
Julien et Barbara,
biologistes,
sur les traces du sang-jarénier.
Et puis on continue notre chemin
et petit à petit, on s'enfonce
dans la forêt.
Et là, y a un choix quasiment philosophique
qui se dresse devant nous,
c'est est-ce qu'on pousse
l'exploration dans la forêt,
donc la voie, on va dire, la voie terrestre,
ou est-ce qu'on choisit
de suivre la voie fluviale
avec une marche plus facile,
donc on décide
de suivre la voie d'un petit cours d'eau
qui chemine le long d'un vallon
entre deux versants
qui sont recouverts par la forêt.
Et ce qui nous étonne à ce moment-là,
c'est que la forêt est quasi-silencieuse.
On entend par-ci par-là
mais comme un écho,
quelques oiseaux, notamment des perroquets
qui survolent la forêt,
des haraques l'oropterre magnifiques
et on a leur cri comme ça,
roque qui résonne mais très loin dans la forêt.
Et pas grand chose d'autre, on n'entend pas
de singe alors qu'on est au tout début
de la journée, alors qu'on sait très bien
que les singes hurleurs, ils
témoignent de leur présence
en forêt, au lever, en hurlant
comme ça dans la forêt, avec des cris
qui sont en temps, on a 3, 5 km à la ronde
et on n'a pas ça dans notre environnement sonore.
On a très peu d'oiseaux,
très peu d'insectes
et c'est paradoxal parce que la forêt
qui est face à nous, elle nous paraît assez bien
préservée, elle paraît vite de vie.
Cette journée-là, on n'a pas trouvé un seul singe,
on n'a pas entendu un seul singe
et c'est pas normal,
c'est juste pas, en fait,
ça ne devrait pas être comme ça.
Les premières heures de marche au
sortir de Cochalito sont principalement
des traversés de bananes rées,
de bananes plantains,
et les bananes plantains, quand on voit
les centaines de mètres cultivés
et les hectares cultivés
de bananes plantains, on se doute
évidemment à ce moment-là que ce n'est pas
pour la consommation du village de Cochalito
de 100 personnes. Les bananes rées, c'est terrible
parce que
ça épuise le sol, ça épuise la forêt
et là, on traverse
des bananes rées, là, les bananes rées,
c'est assez joli quand même, donc c'est très vert, etc.
Mais, la plupart du temps,
au bout de quelques années,
les bananes rées ne sont plus assez productives,
donc on les brûle
et quand on les brûle et qu'on traverse ça
pendant parfois une heure, une heure et demi,
deux heures de marche, que sur
des cendres, que sur des palmes,
c'est extrêmement triste.
Et cette journée-là, on est épuisés
parce qu'on a traversé
peut-être
trois heures, là, on est à trois heures de marche
et trois heures de marche de
chaos total, de déserts
et on est quand même
dans le cœur
d'une réserve
parmi les plus emblématiques de toute l'Amérique
centrale, on est dans le bouchon du Darien,
si on dit bouchon,
c'est pas pour rien, c'est parce que c'est censé être
inextricable, c'est censé être une forêt luxuriente,
primaire, et là,
c'est pas ça. On est beaucoup sur
de la forêt secondaire, donc ça se décèle
par la présence
d'une forêt très désorganisée
et très jeune.
Donc on sait déjà
qu'on est face
à des cycles différents
de destruction de la forêt
pour de la culture en général.
On anticipait,
peut-être à tort,
que les dégâts
environnementaux n'avaient pas atteint cette zone
et quand on pense qu'on va
explorer un territoire luxuriant
et qu'on est face à ça,
c'est dur.
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