#13 — À la conquête du pôle Nord, avec François Bernard

Durée: 40m7s

Date de sortie: 27/03/2019

François Bernard est l’un des rares aventuriers à avoir gravi les « seven summits », les plus hauts sommets de chaque continent, et à être engagé dans le challenge des trois pôles : l’Everest, le pôle Sud et le pôle Nord.

Pour cocher une nouvelle case de ce défi fou, le pôle Nord, il se lance en 1996 avec trois autres chasseurs alpins dans une aventure polaire aux allures de cauchemar : la traversée du Cap Arktichevsky jusqu'au point le plus septentrional de la planète, à ski et en autonomie complète. Un exploit jamais réalisé par des français, et seulement la troisième tentative mondiale... 

Au cours du raid de près de 1000 kilomètres et de 54 jours, le danger est partout, derrière chaque crevasse, dans chaque geste, même le plus anodin. Arriveront-ils au bout de cette entreprise ?

Les Baladeurs est une émission Les Others. Cet épisode est soutenu par Back Market.

Cet épisode est signé Camille Juzeau, avec une composition musicale de Alice-Anne Brassac et un mixage de Laurie Galligani.

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C'est pourquoi nous proposons des appareils tech de qualité reconditionnés par des professionnels.
Back Market est fier de soutenir les baladeurs.
Les baladeurs, une série audio, les hausseurs.
Des balades, des aventures, des mésaventures, en pleine nature.
Prêts pour le départ ? Prêts ? C'est parti.
Au confin du globe terrestre, quelques rares endroits restent en place.
Indomptés par l'homme, tant les conditions y sont difficiles.
Frois ou chaleurs extrêmes, pression sous-marine ou monde végétal impénétrable.
Parmi ces lieux quasiment vierges, le pôle nord est un fantasme pour tous les explorateurs.
Ce pôle, situé en plein cœur d'une mer qui se couvre de glace seulement l'hiver.
Seulement à ce moment, l'homme peut fouler la terre et fait mer flottant sur l'eau gelée.
François Bernard, qu'on appelle Bène une fois qu'on a partagé un café chaud dans son chalet à Chamonix,
face à la vallée blanche, est l'un de ceux qui ont réalisé le fantasme de rallier les trois pôles terrestres.
Le point culminant, les Vrestes, le pôle sud et le pôle nord.
Tandis que les tasques de café se remplissent à nouveau, ils commencent le récit d'un défi,
où le danger est là, partout, dès les premiers pas posés,
sur l'océan de glace du Grand Nord.
Je suis à la base guide de Haute-Montagne.
Après, j'ai passé tous mes boré d'État aussi bien de Parapente, de Delta,
après j'ai fait ULM, et puis maintenant, les derniers que j'ai eus,
c'est, j'ai passé en Yachtmaster pour être capitaine de bateau.
En 1996, avec trois potes, on est partis pour faire la première française à pied,
en autonomie totale au Pôle Nord.
J'étais allé en article déjà une première fois pour voir un peu comment était la banquise,
tout simplement, parce que c'était, on faisait un challenge,
je change du trois pôles, on appelle ça, donc on avait fait l'Evreste avant,
et l'idée c'était d'enchaîner après avec le Pôle Nord, qui reste le point le plus haut de la Terre,
on va dire, sur le globe, et après le Pôle Sud.
Comme on avait réussi l'Evreste en 1993, donc on s'était dit, bon,
il y a 94, on part au Pôle Nord.
On avait fait plein de montagnes, un peu partout sur le globe,
on s'est dit, bon, voilà, on prend un traîneau, on met nos affaires dedans,
et puis on marche jusqu'au Pôle Nord.
On est allé voir un petit coup de la banquise,
et puis en fait on s'est rendu compte que c'était pas du tout la même chose que la montagne,
et que si on partait au Pôle Nord tout de suite, on allait se prendre d'une grosse plaque.
Donc on s'est dit, non, il faut quand même qu'on se prépare,
parce que c'est vraiment une exposition vraiment sérieuse.
Quand on regarde, il y a beaucoup moins de personnes qui sont allées au Pôle Nord en autonomie,
que au sommet de l'Evreste.
C'est incomparable, l'année dernière il y a eu zéro,
nous, quand on l'a fait, on a été quatre, tous les autres, on a abandonné,
c'est une expédition qui est quand même...
Moi, c'est la plus dure que j'ai faite, de tout ça que j'ai faite, en 30 ans de l'expédition.
Donc on se fait déposer, c'est une température qui sont moins 36, moins 40,
c'est quand même bas, il fait froid,
et c'est vrai que quand l'hélicoptère nous a déposés et qu'il y a reparti,
et qu'on s'est retrouvé face à l'étendue de glace qu'on devait parcourir pour aller au Pôle Nord,
là on se sent vraiment tout petit.
Et on savait qu'il y avait vraiment un gros challenge à faire ce Pôle Nord,
et on tenait vraiment à le faire en autonomie totale,
alors ça ajoute une grosse difficulté de poids de traîneau,
parce que si on se fait rabitailler, on n'a pas qu'un traîneau plus léger,
donc on fait bien sûr plus de distance et moins de dur et tout,
mais nous on tenait vraiment à le faire en autonomie totale.
Ça a été fait qu'une fois avant, c'est un norvégien, Borg-Goussland, qui avait fait ça.
Donc il y avait Antoine de Choudin, qui malheureusement depuis s'est tué en Chine,
avec une corniche qu'a pété, après il y avait Antoine Caroll,
donc à qui j'ai fait beaucoup beaucoup de choses, copain du Cantal.
On avait compté, on a passé plus de deux ans dans la même petite tente,
avec toutes les expéditions confondues, et Bernard Vierlaude.
Voilà, on était quatre potes.
Donc on est partis, donc on avait chacun un traîneau,
avec la nourriture pour 56 jours, donc après on lutte contre le poids,
parce que moi j'avais 128,6 kg, donc avec toute la nourriture,
l'essence, l'équipement minimum pour survivre avec ce froid pendant 56 jours.
On voulait vraiment partir de la terre, pour se faire déposer sur le pack,
et c'est toujours un peu pénible la glace entre la terre,
et puis vraiment le pack de glace, où là on tombe sur de la bonne banquise, bien épaisse,
il n'y a pas de soucis, et il y a toujours cette zone délicate de frottement
entre la terre et la glace, où là on s'est retrouvé, il y avait deux kilomètres d'olive,
donc on s'est dit, de toute façon on attend que ça regèle,
ou alors que le vent repousse tout le pack contre la glace,
pour qu'on puisse prendre pied sur ce pack.
Donc là, d'entrée Dieu, on a été mis dans le bain tout de suite,
et en se disant, bon, maintenant il faut espérer que ça regèle vite,
ou que le vent est bien, parce que c'est le genre de truc
où vous pouvez buter tout de suite sans même avoir fait un pas sur la glace.
Surtout quand en nourriture, je veux dire, on n'a quand même pas beaucoup de rab,
et donc on a pris cette option, et on a planté la tente,
puis là on se retrouve dans la tente avec Antoine, donc moins 36,
mais quand même content, parce qu'on avait préparé ça,
et puis c'était un peu, bon, maintenant, à nous d'en découdre avec tout ça.
Quand vous préparez une expédition depuis longtemps,
il y a un moment où il faut y aller, parce que c'est bon, la préparation,
ça va, on est prêt et tout, mais maintenant, il faut vraiment en découdre.
Donc là, on se met dans la tente et tout, et puis on allume notre réchaud,
on avait tout, bien sûr, avec les moufles, la billet, tout ça,
et puis on met notre crône-sac de duvet, on a deux duvets, l'un dans l'autre,
pour affronter ses températures, on s'appuie compte, on met le réchaud,
et puis là, un petit peu de chaleur, et puis on se dit,
« Bah tiens, en fait, on n'est pas si mal ».
Mais quand on allume le réchaud, c'est tout calculé, pour pareil,
comme on lutte contre le poids pour tout, on avait une casserole qui enveloppait tout le réchaud,
pour qu'il n'y ait aucune déperdition de chaleur,
et que toute la chaleur du réchaud, elle soit 100% concentrée pour faire fondre la glace,
qu'on ait de l'eau le plus rapidement possible, quoi.
On a tout ça pour une pure économie d'énergie, et pas en ayant 50 litres d'essence.
Bon, très rapidement, on se dit, « Ça va, on allume le réchaud, tout, ok ».
On prend la casserole, et là, tout de suite, la chaleur disparaît complètement.
Donc là, on remet, parce qu'on a toujours des petits gants, bien sûr,
on peut rien toucher, sinon on a les doigts qui peuvent se coller à la ferraille.
Je rappelle qu'il fait moins 36 de l'or, dans l'attente, il fait moins 34.
Donc on met le réchaud et là, boum, on s'est dit, « Ouh ».
On va pas avoir chaud, déjà, on le savait.
Et puis on met de la glace, et puis on se trouve quand même pas trop mal,
quand on devait, on se dit, « Ah, si, c'est pas mal ».
Et puis après, la glace fondre, bien sûr, c'était nuit polaire,
donc on avait des frontales.
Et puis là, il y a un moment, on soulève le couerc de la casserole,
et puis là, une buée monstrueuse envahit l'attente,
et Sylvain Cantouane, qui était en face de moi la tête, un maître,
il avait sa lampe, on voyait, je voyais juste un espèce de petit faisceau lumineux comme ça.
Mais vraiment, vraiment, on voyait rien, on voyait même plus la casserole, quoi.
On soulevait, on savait même pas le niveau d'eau et tout.
Enfin, c'était vraiment...
Et puis je me retourne, et qu'est-ce que je vois ?
Mon sac, avec toute cette humidité qui sortait de la casserole,
je vois le duvet dessous avec de l'eau qui rentre.
Et là, on s'est dit, oh, mais il faut surtout pas que de l'eau rentre dans le duvet maintenant,
parce que ça va geler après un entire défi, bon, etc.
C'est pas bon, donc on oubite l'attente, on met des sacs dehors.
Puis là, on se retrouve assis comme ça, tout de suite d'une beaucoup moins confortable.
Avoir froid, on voyait rien, et Antoine qui me dit,
et puis là, c'est pas bloc, là.
C'est vraiment ce qui m'a sorti.
Et puis là, moi, je dis, là, on est partis vraiment pour en fier pendant deux mois.
Et ce qui a été le cas après, on s'est rendu compte que, oui, ça y est, c'était parti,
et puis qu'on n'avait pas rigolé quand même pendant un moment.
Mais malgré tout, on était prêt à ça,
on était prêt psychologiquement, mentalement à ça,
et donc après, on a mangé, et très rapidement après,
on coupe le réchaud, et le seul moment où on a chaud,
c'est quand on se met dans le duvet, dans les deux duvet.
Et le surlandement, on a eu de la chance qu'il n'y ait pas de vent.
Donc la laune mer ne bougeait pas trop.
Et là, on a vu qu'il y avait une fine couche de glace,
on allait tester, donc avec les skis, on a vu que ça tenait.
Et donc là, on a traversé sur deux kilomètres.
Alors c'est très, très curieux, parce qu'en fait, c'est de la glace de mer, donc elle est salée.
La grosse différence avec la glace d'eau douce,
vous allez marcher dessus, ça va casser une aide d'un coup comme du verre.
Par contre, la glace de mer, elle gèle,
et puis en fait, avec le sel, elle est beaucoup plus élastique.
Et ce qui est assez impressionnant, c'est que vous voyez des petits mouvements de oules,
arrivent et ça vous soulève sur les skis et tout,
et vous êtes sur 3 cm de glace, alors qu'il y a jusqu'à 4000 m d'eau.
Et là, c'est vrai qu'on ne fait pas les malins quand même.
Donc on prend de la distance entre nous, mais tout se passe bien.
Et puis après, on a rejoint la banquise,
ou quand on a mis de pied sur la banquise,
bon, le froid, tout ça est là, mais marée tout,
on se dit, bon, il n'y a déjà plus ce souci de est-ce que la glace va tenir assez solide.
Au début, il faut savoir que les journées,
vu qu'avec la nuit polaire, on n'avait pas beaucoup de clarté,
donc on marchait 7 heures, pleines par jour,
mais donc avec les poules-là, il y a beaucoup de crêtes de compression.
Une crête de compression, en fait, c'est avec, sous le mouvement,
vous avez l'air d'avoir des plaques de glace qui vont être grandes,
comme un département, d'autres qui vont être grandes,
comme la terre en foot, et puis tout, c'est avec l'effet du vent des courants,
ces plaques se rencontrent, elles viennent l'une contre l'autre,
et ça fait ce qu'on appelle des crêtes de compression,
sous la pression du vent des courants,
ça vous fait des grandes crêtes à passer.
En 96, elles peuvent aller jusqu'à 10, 15 mètres de haut,
puis c'est un amas de bloc, c'est pas un truc,
donc quand vous avez 128 kilos à passer avec ça,
ça prend un peu de temps, d'énergie beaucoup.
Des fois, elles font 4 mètres,
ou alors des fois, on a des champs de bloc de glace,
ou même si ça monte pas haut,
à chaque fois que ça bute, il faut tirer,
c'est quand même assez physique.
On a 1000 km à faire, 970, c'est exactement en ligne droite,
mais vous ne faites jamais de la ligne droite.
La plus grande ligne droite qu'on a faite au Pôle Nord, c'est 45 minutes,
sans avoir à passer une crête de compression,
ou de l'eau, ou des craques, etc.
C'est pas combien d'antartiques, là, c'est tout plat,
il n'y a pas de problème, vous faites 1 mètre, vous faites 1 mètre.
Quand on arrivait à faire 7 km, au début, on était très contents.
Et après, au fur et à mesure, on avance, on avance,
tous les jours, on enlève 20 kilos sans de la poulecard en nourriture et essence.
Et au fur et à mesure, le traîneau s'allège,
après on augmente les temps de marche très rapidement,
parce que le soleil commence à arriver sous ses latitudes,
ça va très vite, parce qu'on gagne 45 minutes de jour par 24 heures.
Donc très rapidement, on est parti à mi-mars, on avait le jour permanent.
On est parti à début mars, là on avait le jour permanent,
où là, très rapidement, on a basculé à 10 heures de marche,
donc on faisait 8 fois 1 h et 1,5 de marche.
On marchait 1 h et 1,5, mais on marchait vraiment au chronomètre,
c'est important, on n'était pas là à dire, on fait 1 h 20, non ?
C'est 1 h et 1,5, parce que, et au bout d'1 h et 1,5, on s'arrêtait.
Là, on buvait un cran vert chocolat, une barre, mais ça dure 4, 5 minutes, pas plus,
parce que de toute façon, après, vous avez froid.
Donc là, on repartait 1 h et 1,5, tout ça 8 fois,
pour marcher 10 heures pleines par jour.
Et quand on arrivait, et bien là, c'était le temps qu'on monte la tente,
parce qu'on brosse beaucoup un des outils les plus importants au Pôle Nord,
si il y en a qui veulent y aller, il ne faut pas oublier la brosse, parce que vous brossez.
Pourquoi brossez ?
Parce qu'il faut toujours marcher en ayant froid, pour transpirer le moins possible,
parce que dès qu'on transpire, ça gèle avant d'être évacué sur les dernières couches de vêtements.
Donc quand vous en enlevez le Gore-Tex,
vous avez toujours la dernière couche chez la Vesse Gore-Tex, avec la capuche,
et tout ça pour le vent et tout, quand on l'enlève,
et bien souvent, dessous on a une polaire, et là, elle est toute blanche de givre.
Pour éviter que toute ce givre après se transforme en eau,
quand vous rentrez dans la tente et se réchauffe, et puis ça, ça rentre dans les fibres.
Le premier truc à faire, on enlève la Vesse Gore-Tex, on brosse la Vesse Gore-Tex,
et on se brosse tout le givre des polaires,
pour justement enlever un maximum d'humidité après dans les vêtements.
Donc on se brosse, voilà, il faut brosser, on a brossé.
Après on brosse la tente, on brosse les duvet le matin avant de partir,
enfin on a passé des heures à brosser, on n'a pas oublié la brosse en fait.
On se couchait c'était 9h du soir,
quand vous vous couchez, c'est dans les deux duvet,
puis très rapidement vous fermez tout,
et en fait on laisse juste un petit torrifice au niveau de la bouche
pour respirer et tout, donc sinon vous fermez tout,
vous ne pouvez pas dormir avec la tête à l'air,
parce que sinon vous avez froid né tout de suite, etc.
Donc c'est, et puis moi il y a un coup, en bougeant, je me suis réveillé,
j'avais l'oreille, mais un froid l'oreille, vous pouvez vous geler l'oreille,
donc voilà, on est vraiment fermé dans le duvet.
Le pire moment de tout ça,
ce n'est pas les moments purement physiques,
ou c'est dur physiquement pour tirer la poule cas des fois dans ces blocs de glace, etc.
C'est le réveil quoi, parce que le réveil,
quand on se réveillait, c'était 5h15 du matin,
pour être prêt, on partait à 8h,
à 8h du matin, mais pour être prêt à partir à 8h,
il faut au moins 2h, parce que pareil, on brosse,
il faut brosser l'attente en partant et tout,
parce que sinon il y a trop de jiffes qui se met,
et puis ça fait du poids supplémentaire, etc.
Donc il faut 2h de temps pour plier tout,
les duvets, apprendre plier l'attente,
on ferme les poules cas et pour être prêt à partir.
Donc quand on s'est passé à 5h15,
nous on se donnait 1h15,
parce que là on sait que c'est la guerre jusqu'au soir
quand on se met dans le duvet.
Et le premier truc qu'on faisait, c'est déjà,
parce que comme on a passé toute la nuit à souffler dans ce petit trou,
le premier truc, c'est que vous réveillez,
c'est qu'un bloc de glace autour de la bouche,
parce que c'est gel, on souffle de l'air chaud,
qui bien sûr est dans l'attente,
ça gel tout de suite, donc là c'est déjà arrivé à casser cette glace
pour se sortir du duvet comme une crise à l'île,
comme un papillon, c'est vraiment ça.
Et puis alors on sort du duvet,
et là tout de suite le premier truc,
il ne faut surtout pas toucher l'attente,
parce que sur l'attente vous avez,
mais je ne sais pas, 3 cm de jivre partout,
à l'intérieur de l'attente.
On sortait du duvet, on roulait le duvet,
on metait le duvet dans le sac,
on fermait le truc, on met tout de suite le Gortex,
on attend que le pote soit pareil,
mais bon on était toujours calé pareil,
et on met la capuche du duvet,
puis là on dit t'es prêt, ok,
là on donne 2-3 grands coups contre l'attente,
et là c'est une avalanche de jivre qui tombe de l'attente,
il faut surtout l'enlever,
parce que sinon si vous mettez le réchaud en route,
et bien tout ce jivre devient de la flotte,
qui tombe partout et c'est l'enfer.
Donc là c'est 2-3 coups, et là pareil,
on prend notre brosse,
et on brosse sous le jivre de l'attente,
qu'on évacue dehors de l'attente,
là on prenait le sac de duvet direct,
on jetait dehors,
surtout que le préservé de l'humidité,
quand on allait mettre le réchaud en route,
et après c'était réchaud,
là on faisait le petit déjeuner,
et dès que le petit déjeuner était fini,
on mettait les chaussures,
tout ça, on mettait les Gortex,
et puis on sortait,
et après c'était en avant,
on plie l'attente,
on met tout ça dans le traîneau,
et là, boom, à 8h, c'est reparti
pour 10h de tractions de traîneau.
De toute façon ces expéditions
ne faut pas du tout se poser de questions,
il ne faut pas se poser de questions.
Si on commence à se poser des questions,
là on va buter, nous on ne se posait pas de questions,
on a dit on a 10h à faire,
qu'il fasse beau, mauvais, qu'il y ait du vent,
il n'y a qu'une fois où on s'est arrêté un peu plus tôt,
on a fait 6h ou 10h tout simplement,
parce qu'il y avait du brouillard,
il faisait très froid du brouillard,
et ça avait beaucoup de vent.
Il y avait de la neige qui courait,
sur la banquise,
et en fait Bernard qui était à ce moment-là en tête,
derrière une crête de compression,
il passe comme ça,
vous allez, et là tout d'un coup,
on l'a vu disparaître,
et puis là on s'est approchés,
et là il était en train de nager,
nager à moins 36 dans la glace,
en fait ce qui s'est passé,
c'est qu'il y avait une couche de glace très fine,
mais qui était cachée par cette petite neige
qui avait été soufflée, donc le piège parfait,
donc là, tremper comme ça,
donc là nous quand on a vu ça,
Antoine qui allait l'aider à sortir,
et nous tout de suite quand on a vu ça,
on a pris, on a tout de suite monté une tente
pour le sortir, il est sorti tremper,
mais vraiment tremper,
donc là on l'a mis dans la tente tout seul,
avec un réchaud,
où on avait prévu quand même
qu'un peu d'essence supplémentaire pour ça,
donc là il a fait sécher ses affaires,
il s'est changé complètement,
parce qu'en fait on n'a pas de polaire de rechange,
on n'a pas de vortex de rechange,
parce que c'est trop lourd,
donc bon je ne vais pas dire,
mais on avait une perte de perte chaussette,
mais qu'on changeait tous les 15 jours,
les chaussettes, tous les 15 jours,
après on avait une première couche de sous-vêtement,
on a changé une fois au bout d'un mois,
après on avait des slips,
c'était tous les 8 jours,
mais ce qui a un truc super bien marché,
c'est qu'on avait des slips papier,
donc ce n'est pas très sexy,
mais c'est super efficace,
là qu'on changeait tous les jours,
après on avait juste un change pour la deuxième couche,
donc ça veut dire qu'on ne peut pas se permettre de pas sécher,
là c'était au bout de 15 jours,
il fallait absolument sécher pour que ça tienne plus longtemps,
parce que sinon après c'est trop trop lourd à traîner,
les traîneaux, moi je suis 71 kilos, 70, 71,
quand moi je n'en avais 128, ça suffit quoi,
il a séché, et puis le lendemain on est reparti,
il ne faut pas se poser de questions,
après de façon il faut y aller,
même si il fait mauvais, il faut avancer,
maintenant avec les téléphones satellite,
c'est génial pour la sécurité,
mais bon même avec un téléphone satellite,
si vous avez un problème là-bas qui fait mauvais,
vous pouvez attendre 10 jours,
donc de ce côté là il y a un engagement aussi,
il faut être prêt à partir,
avec un engagement, on se dit,
si on a un problème, c'est pas sûr qu'on puisse se faire récupérer,
donc ça il faut prendre ça en compte,
même ça nous on habituait, on fait ça tout le temps,
donc moi ça ne me pose pas de problème,
le genre de truc, je dis oui, je sais, c'est bon.
Moi j'étais responsable du GPS,
parce que c'est, y a longtemps, C'était les premiers GPS
, quand vous neכ Kollege les wet eloquuer le dialDuess
il n'y avait pas taxi de téléphone sur le satellite platform,
il n'y avait pas tout ça, donc on en jette avec l'étateb 105w,
le Gamble Nir à Chiana
ça passe varyment出去,
c'était le GPS sienna,
c'était les premiers GPs pour connaître la position,
parce qu'en fait, quand ils marchent au coin nord,
on necesserie adapto àilib melodies,
parce que de toute façon il y a une telle variation, une telle puissance avec le magnétisme là-haut
que la boussole est bloie dans tous les sens.
Et le pôle nord magnétique, il n'est pas du tout au pôle nord géographique,
à l'ex de rotation de la Terre, il était à 1200 km.
Donc je veux dire, ça sert à rien de prendre une boussole,
moi je ne prends jamais de boussole quand je joue au pôle nord.
Et en s'orientent uniquement avec le soleil ou avec le vent.
Mais il faut quand même qu'on connaisse pour ça, pour être à la bonne heure solaire,
il faut quand même qu'on ait notre position en GPS,
qu'on sache sur quelle longitude on se trouve.
Et donc le soir, quand j'arrivais, je faisais un point GPS,
je faisais un le matin avant de partir, et un le soir quand j'arrivais.
Je me rappelle d'une journée, on avait le vent de face,
on avait marché 10 heures pleines,
et on avait vraiment l'impression d'avoir en plus pas été trop embêté par l'eau et tout ça.
Et donc ça c'était au milieu du parcours.
Et quand il me disait, bon ben on a fait combien de kilomètres,
parce que tout de suite c'était combien de kilomètres on a fait, combien il nous reste à faire.
Et puis là, après avoir marché 10 heures, je regarde, on avait fait 2 kilomètres.
Puis là je lui dis, j'ai fait une erreur,
je refais mon truc, je leur mets en route, je lui dis, bon, et puis là non, 2 kilomètres.
Je regarde le truc, et je vois tout d'un coup 1 kilomètre 9.
En fait, ce qui se passe, c'est qu'il faut bien avoir conscience qu'on marche sur un océan gelé.
Donc c'est toute de la glace, mais ce n'est pas compact.
Il y a beaucoup d'eau donc ça bouge beaucoup.
C'est comme si vous prenez une grande bassine,
que vous mettez plein de glaçons dedans, vous bougez, voilà, ça bouge pareil.
Et puis en fait, on marche par rapport, vous prenez un œuf,
la banquise, c'est en gros l'épaisseur de la coquille d'œuf, qui est toute fracturée.
Donc là, dès qu'il y a du vent, si elle est là, vous marchez avec le vent de face,
et ben en fait vous marchez sur un tapis roulant, tout simplement.
Voilà. Et le lendemain matin quand on s'est levé, on était beaucoup plus loin que la veille du départ.
Donc là, ça faut être prêt à l'accepter aussi, moralement, c'est pas dur,
mais heureusement qu'on a marché, parce qu'il se met pas à marcher,
on serait 24 kilomètres plus au sud.
Alors après, surtout sur les deux mois, pour être honnête,
je pense que ça s'est équilibré quand même,
parce que des fois par contre, quand on avait le vent dans l'effet,
et ben là, il nous poussait vers le poule nord.
Bon, la constandance, c'est plutôt que le vent est une aide l'ouest,
et nous poussait toujours un peu à l'est.
Donc là, quand on marche, il faut toujours, on contrait toujours un peu à gauche,
et histoire de rester un peu sur notre axe, vraiment.
Quand vous avez marché pendant 10 heures,
et puis que vous aviez 2 kilomètres au bout de la journée,
on se dit, c'est pas gagné.
Surtout en vouloir être en autonomie,
parce qu'on avait cette échéance de 56 jours de nourriture,
absolument qu'on allait au poule nord dans ce créneau,
parce que silence et échec, pour nous, c'était échec de se faire ravitailler,
même si il y a pas beaucoup d'expéditions,
parce que cet côté dur du poule nord, c'est si on le fait en autonomie.
Donc ça, c'était vraiment un objectif,
donc ça vous met la presse.
En fait, c'est une expédition par rapport à l'Evrest,
où l'Evrest, moi, j'ai trouvé vraiment très, très dur
les 2 jours d'ascension, les 2 nuits à 8000 mètres,
avec le sommet, on passe une 2e nuit à 8000 mètres avant de descendre,
j'ai trouvé vraiment très, très dur, mais c'est court.
Après, l'Evrest, c'était comme base des semaines de récupération,
vous avez tout ça, le poule nord, c'est dur tout le temps.
C'est pas très, très dur, mais c'est très dur tout le temps.
Par rapport à l'Evrest, c'est très, très dur,
mais vraiment un temps très court.
Le poule nord, c'est très dur tout le temps.
Moi, c'est vraiment ce que je retiens de ce truc,
et c'est tous les jours, ça dure 56 jours.
C'est pas un rède de 10 jours ou 30 jours,
c'est 56 jours.
Pour moi, en tout cas, 56 jours, c'était quand même long.
Après, ça va quand même mieux,
parce que vous arrivez au mois de...
Donc, vous faites tout le mois de mars,
après, le mois d'avril où là, les températures,
tout de suite, on n'est plus à...
Il y a des seuils, on sent vraiment des seuils.
Il y a un seuil, je trouve, à moins 30.
Il y a un autre seuil à moins 35,
c'est quand même vraiment dur,
parce que vous allez faire tout le temps,
dès que vous arrêtez, vous enlevez un peu votre gant juste,
vous gardez juste et sous gant,
pour ouvrir votre... boire votre café,
tout de suite vous effrodoit,
après, il vous faut une demi-heure pour vous réchauffer les doigts,
alors vous êtes toujours avec des grosses mouffes.
Je n'avais pas, comme on est devenus agile,
avec des mouffes, quoi.
Tout avec des mouffes, après, mais c'était incroyable.
Après, plus facile,
c'est-à-dire ça au mois d'avril,
parce que là, on tombe à des températures
qui font moins 20, moins 25.
Donc, moins 20, moins 25, pour marcher,
c'est un fraquer sec, s'il n'y a pas de vent,
parce que le vent, après, ça rajoute,
mais s'il n'y a pas de vent,
ça va très bien.
Avec l'équipement qu'on a,
bon équipement, ça va très bien.
Il faut marcher, il faut passer, il faut pas se poser de questions.
Et la journée, on ne discute pas entre nous.
Déjà, pas trop,
parce que je veux dire,
on est visant derrière les autres,
on se surlaye toutes les arrêts qu'à,
et bien, celui de devant, il passe derrière,
et puis, voilà, on tourne comme ça.
Et on n'a pas le temps de discuter la journée,
parce que, puis même, c'est dur,
il faut tirer, etc.
Donc, on est dans notre bulle.
La différence avec le pôle sud,
c'est moins monotone que le pôle sud,
parce qu'on est toujours confrontés à Manciado,
donc vous êtes toujours en état d'alerte,
par où on passe,
alors il y a un grand brado,
et ce qu'on va à droite, à gauche,
on essaie de voir un passage,
les crêtes de compression, on est toujours bien occupés.
Le pôle sud, moi, je me suis ennuyé,
parce que pareil, on faisait 10 heures de marche,
mais c'est tout plat, tout blanc,
vous tirez,
et souvent, il y a le Whitehawood,
vous êtes là, marchez bêtement
dans la poulecade celui qui est devant,
et donc monotone,
ennuyé.
Le pôle nord, non,
pas ennuyé, après, on discute un peu dans la tente,
mais malgré tout, très rapidement,
c'est le but, c'est de se mettre dans le duvel
plus rapidement possible,
parce que je vais vous être fatigué,
puis c'est assez limité,
on ne fait pas beaucoup de filo,
c'est quand même assez intérieur,
la réflexion qu'on a.
Moi, c'est un des plus grands,
mais c'est un des plus beaux,
malgré tout, souvenirs,
parce que c'est une épreuve,
pour moi, c'était une épreuve,
mais il y a eu des bons moments quand même,
quand vous retrouvez des journées
où il n'y a pas de vent qui fait grand soleil,
sur ce banquise, qui est magnifique,
vous arrivez à s'imaginer,
on est sur 50 cm de glace là,
dessous, il y a 4000 mètres d'eau là.
Si on s'imagine un globe terrestre,
on s'imagine où on est sur le globe,
ça prend une autre dimension,
on prend le temps d'ouvrir les yeux,
au début, le premier mois,
on ne l'enlevait pas sur la tête,
et après, il y a des moments de pure bonheur,
où vous êtes en forme,
parce que vous vous en savez,
là, plus le cas, comment ça va être moins lourde,
après, dès qu'on passe en dessous des 100 kg,
ça y est,
puis je dis, on est rodé,
il faut fonctionner un peu,
mais ça va quand même mieux,
et que vous êtes au milieu de cette banquise,
c'est dur à décrire, il faut le voir,
en fait, comme je dis souvent,
le seul danger de la banquise
de ces régions polaires,
c'est quand on y va une fois,
on n'a plus envie de les retourner.
C'est vraiment ça.
C'est pas facile, mais c'est pas un enfer,
permanent quand même,
mais il faut être prêt à ça.
Nous, on était deux tentes,
et on se mettait vraiment toujours très près,
parce que le soir,
moi, je tendais un fil autour des tentes
pour la protection contre les ours,
une fusée,
si un ours arrivait, qui butait la ligne,
il y a une fusée,
ça nous alertait, parce que s'il y avait un ours,
il faut vraiment faire attention à ça.
Il y a beaucoup d'ours au départ,
on en a vu nous en se faire déposer,
donc il faut être méfiant avec ça.
Donc on en tirait un petit fil et tout,
et puis dès qu'on se mettait dans le duvet,
les potes qui étaient juste à côté,
ils disaient bonne nuit les gars, demain,
on se disait bonsoir, on reste assez civilisés.
Et puis moi je me mets dans le duvet,
tout, et puis Antoine qui est
un tout petit peu d'heure tard,
pour se mettre dans le duvet,
il commençait à se déshabiller pour se mettre,
il disait bon salut les gars,
une fois,
je dis bonne nuit les gars,
deux fois, pas de réponse,
et puis trois fois, pas de réponse,
quatre fois, pas de réponse,
on se dit mais...
On les avait entendus par les peu importants,
on était toujours un peu calé paris,
pour se coucher tout, puis je dis bah,
il dorme déjà peut-être, puis je dis
j'ai Antoine mais attends, il faut jeter un oeil peut-être,
alors il va voir, et puis là tout le monde
dit putain mais ben, bien vite, bien vite,
et en fait, si c'est passé,
c'est voilà la routine,
la routine, parce que c'est vrai que c'est de la routine,
en fait, ils ont
ils avaient fermé
complètement la tente,
et il faut savoir qu'une tente,
il y a plein de gens qui en expédition
sont morts dans leur tente à se fixer,
parce qu'une tente, c'est hermétique,
il y a des aérations,
et là, donc nous, on s'était fixés,
toujours 20 cm d'aération,
même si c'est moins 36,
même si il y a du vent et tout,
toujours laissé de la tente à aérer
en haut et en bas,
puis là comme, en plus,
il y a pas un peu de vent, ils ont fait moins 36,
donc c'était très pesant,
et puis là, ben avant de s'endormir,
ils ont un coup comme ça,
ils ont dû fermer complètement la tente,
sans faire trop d'attention,
et puis, ben là, le réchaud,
il y a, ça a manqué,
d'oxygène,
donc le réchaud a commencé
à avoir une moise commission,
et ils se sont retrouvés
complètement gazés, quoi,
et on les a sortis,
mais ils étaient,
on les a sortis dehors,
sortis de l'arduvette, tirés,
mon ami, on l'a ramis,
mais des grandes claques
sur le visage dehors,
ils étaient à moins 36 dehors et tout,
pour les ramener, quoi,
et ils sont revenus au bout d'un moment,
mais ils étaient en train de s'asphyxier
complètement, tout ça pour dire que
c'est moins dangereux que la montagne,
parce que, je veux dire,
en montagne, moi j'ai perdu plein de potes,
donc, vous glissez,
vous tombez, boum, c'est fini.
Le Pôle Nord,
c'est un côté qui est moins dangereux,
quand même, on peut se casser la jambe,
ça peut être dangereux,
si on a une facture ouverte, qu'on puisse pas
se faire évacuer, mais c'est quand même
pas, c'est quand même beaucoup moins dangereux.
Mais, voilà, et le fait,
il faut quand même rester toujours vigilant
avec ce genre de choses qui peuvent arriver,
si on n'avait pas dit bonsoir,
tout ça, ben le lendemain matin, on les retrouvait,
les deux, voilà, il faut
toujours rester vigilant.
Marito, au bout d'un moment,
des jours passent, et passent, et passent,
et passent, et puis, les kilomètres
diminuent, on voit qu'on passe
à la altitude, on a un chaque degré,
nous, on est parti de 82, tout ça pour arriver
à 90, donc, et là,
quand vous passez en dessous du 89,
et là, vous dites, j'ai plus qu'un degré,
à un degré, c'est 111 km,
donc là, on se dit, wow,
60 minutes, 111 km,
il n'y a plus qu'à bien moins lourd,
nous reste quand même assez dans le moment de nourriture,
en marchant, comment on marche là,
donc là, on commence à y croire un peu quand même.
Parce qu'au début, on ne se pose pas de questions,
on ne calcule pas, ça sert à rien.
On n'est pas là à calculer combien de kilomètres,
on sait qu'il faut marcher,
voilà, il ne faut pas se poser de questions,
et on fera le compte un peu à la fin.
Mais en marchant dix heures, pleine par jour,
comme on faisait, on ne peut pas guèrepusses,
parce qu'après, il faut la machine,
il faut aussi la laisser se reposer,
voilà, à l'alimenter,
bien boire, etc.
Donc on était prêt, et on savait qu'on avait
quand même encore la capacité à augmenter
notre temps de marche.
Donc les cent derniers qu'on a, le dernier degré,
on a commencé à se dire, bon,
là, ça commence à se sentir bon,
parce qu'on est capable de passer à 12, 14 heures,
s'il faut, pour ce cent derniers kilomètres.
On avait encore la pêche pour ça,
et puis se dire, voilà,
la motivation pour le faire, on m'en est resté à nos dix heures.
Et le dernier jour,
où là on se dit, bien, là,
on a marché jusqu'à 1h du matin,
au lieu de s'arrêter à 8 heures, parce qu'on se dit,
on est proche, on y va,
on se débarrasse, on finit.
Et puis en fait, à 14 kilomètres de l'arrivée,
là on s'est trouvé face à un terrain
mais complètement fracturé de partout,
de l'eau partout,
et là, tout de suite, ça nous a remis
un gros doute, à se dire,
mais...
c'est pas gagné, quoi.
Jusqu'au bout, jusqu'au bout,
cette banquise va nous défier, quoi.
Et donc là, c'est...
on remettait les traîneaux côte à côte,
et après on monte sur le traîneau
pour traverser ses brados,
en pagaillant avec nos skis, etc.
Après, renvoyer la poulquins,
on avait de la cordelette, donc plus de 50 mètres,
on retirait les traîneaux, tout ça, pour passer.
Et jusqu'au bout,
jusqu'au bout, là, on était quand même à 14
qui aurait de l'arrivée, là, on se dit,
bon, ça y est, c'est sûr, il y aura de la glace jusqu'au bout,
jusqu'au bout, à 40 km de l'arrivée,
on était encore en train de pagailler, et tout,
on se dit, mais c'est pas vrai,
le vent qui se lève, on dit, mais jusqu'au bout,
on ne s'est pas gagné l'histoire, quoi.
Puis là, on avait quand même plus beaucoup de marge
de nourriture, quoi, donc...
il fallait vraiment que ça se termine vite.
Puis après, on a passé cette zone,
et là, les derniers kilomètres,
là, ça a filé, quand même, vachement,
et de trois crêtes et tout, mais...
quand on est arrivé au Pôle Nord, là,
en Sémarron, parce qu'on arrive au Pôle Nord,
c'est le GPS qui nous donne ça,
on est là, et on se dit,
voilà, c'est toujours le même terrain.
OK, on est arrivé, ça fait un peu bizarre.
C'est juste le GPS qui nous montre
le point,
là, avec notre balisargos,
aussi, qui...
parce qu'on a toujours essayé de tourner la balisargos,
ouvert à tout le monde, tout le monde
puisse nous suivre, la progression.
Et donc, là, quand on arrive au Pôle Nord,
on a du mal à Sémarron,
parce que, bon,
gros soulagement et tout, mais...
c'est vrai qu'on était devenus un peu des machines,
à la fin, quoi.
Des machines à marcher, quoi.
C'est vraiment le truc.
C'est pas technique, comme...
vraiment, c'est vrai que...
il y a rien de technique dans tout ça,
pas le matériel, quoi.
Ouais, ça fait un peu bizarre, mais très rapidement,
mais après, bon, il disait froid,
donc très rapidement, c'est mis dans notre tente.
Ouais, là, par contre, on s'est mis tous
dans les quatre d'une petite tente,
et là, on a mangé ensemble,
et puis on était...
ouais, gros soulagement,
gros... bah, satisfait
de l'avoir fait, d'avoir réussi ça,
et puis de...
puis quand même content que ça s'arrête, quoi.
On a attendu...
24 heures, peut-être,
dans ces eaux-là.
Et puis après, ils sont arrivés, donc, et puis là,
c'est vrai que le premier contact,
quand on entend le grid des licos, quoi.
Je trouve que c'est vraiment là, c'est quand on entend
le grid des licos,
où on s'est vraiment dit, mais tiens,
ouais, ça y est, quoi.
Là, ça marque vraiment la fin du truc,
parce qu'autrement, on était tous...
On savait qu'on avait fini, qu'on était contents, tout ça,
mais c'est vraiment quand les licos arrivent,
et puis que là, c'est les...
c'est les potes qui nous... faisaient notre bas-arrière,
qui débarquent des licos.
Ça marque vraiment la fin.
Il y a le challenge des...
de sept plus haut sommets de chocs continuants,
après des sept plus haut vols de chocs continuants.
Voilà, bien ça, c'est des...
des challenges, aucune valeur.
Enfin, voilà, il y a pas mal de gens
de montagnards qui font... qui disent...
voilà, c'est sympa de faire ça.
Après, ce change des trois pôles,
c'était un beau challenge, quoi.
Après, moi, j'ai fini aussi les deux autres,
mais c'est purement personnel, quoi.
Je veux dire, après, ça veut...
Pour moi, ça ne veut pas dire grand chose,
une première française,
ou deuxième mondiale, ou première mondiale.
Pour moi, ça n'a pas de valeur, ça, en fait.
Ça va...
Ces expéditions, moi, c'est bien pour ça
qu'il y a un moment où je...
quand j'ai fait toutes ces expéditions,
il y a un moment où je me suis quand même
vraiment posé la question,
où ça sert à quoi.
Puis, en fait, le constat est dur,
parce que ma réflexion, ça a été...
ça sert à rien, en fait.
Parce que, honnêtement, à part soi-même,
ça sert à rien, on n'apporte rien à personne
en faisant ça, à part à soi.
Mais moi, je ne vis pas du tout avec mon passé.
Moi, ce qui m'intéresse, c'est ce qu'on a à faire
après les prochaines, en fait.
C'est ça qui m'intéresse.
Qu'est-ce qu'il y a à faire maintenant,
quoi.
Moi, je ne fonctionne que comme ça, quoi.
Là, j'ai...
Là, j'ai des trucs de prévu,
déjà, plein.
J'ai plein d'idées.
Et puis, mais ce qui me plaît beaucoup maintenant,
c'est de faire des trucs.
C'est vraiment
toutes les connaissances
que j'ai acquises, toutes les expériences,
tout ça.
C'est vraiment d'arriver à transmettre
et puis justement, de monter des projets
où je peux embarquer avec moi un maximum de jeunes
pour donner un maximum de jeunes
la chance de pouvoir voir ces régions,
de les découvrir.
Et je veux dire, voilà, ça,
ça a du sens pour moi, vraiment.
C'est un film qui est revenu de nombreuses fois au Pôle.
Il parcourt aujourd'hui les contours de terre
du Grand Nord avec son bateau d'expédition
à Tka, un élégant voilier
à bord duquel le capitaine de l'Utopie
n'a pas fini de vivre et de faire
partager des aventures.
Vous pouvez d'ailleurs retrouver un autre récit
polaire aux abords d'Atka, dans le brouillard
du Crois-Henlend.
C'est l'épisode 9 de la saison 1,
Le murmur de la banquise.
Les baladeurs,
une série audio, Les Hauses Heures.
Ce récit est signé Camille Jusot,
la musique est composée par Alisson Brassac
et le mixage est de Lory Galligan.
Pour retrouver plus d'aventures et de voyages
en pleine nature, n'hésitez pas
à découvrir les hausses Heures
sur les autres supports, dans le magazine
papier Amis chemins entre le journal
de bord et le livre d'A,
mais aussi sur le web et les réseaux
sociaux.
Et dans 15 jours, nous vous retrouvons
pour une aventure, accrochée au paroi
vertigineuse de l'Atlas Marocain.
A bientôt.

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Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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