#15 — L'amour sous la surface, avec Julie Gautier et Guillaume Néry

Durée: 47m57s

Date de sortie: 24/04/2019

Julie Gautier évolue au milieu des poissons depuis sa naissance à l’île de la Réunion. Elle passe des journées entières à tenter de les attraper à la main. Plus tard, elle découvre la chasse sous-marine et le monde de l’apnée.

En déplacement à Nice pour sa première compétition internationale, Julie s’immerge aux côtés d’apnéistes de renom : Umberto Pelizzari, Andy Le Sauce… Du côté de l’organisation, les plongeurs de sécurité sont en place. Parmi eux, un jeune homme prometteur appelé Guillaume Néry…

Devenus champions de leur discipline, Guillaume et Julie explorent ensemble les eaux profondes du globe. Sous la surface, leur histoire intime avec l’océan s’écrit au fil de rencontres aussi magiques qu’inattendues…

Les Baladeurs est une émission Les Others, supportée par Audible, l’application de podcasts et livres audio.

Cet épisode est signé Camille Juzeau, avec une composition musicale de Alice-Anne Brassac et un mixage de Laurie Galligani.

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Back Market est fier de soutenir les baladeurs.
Les baladeurs, une série audio, les hausseurs.
Des balades, des aventures, des mésaventures, en pleine nature.
Prêts pour le départ ? Prêts ? C'est parti !
Assis sur le bord d'un petit bateau, une poignée d'hommes et de femmes,
la double peau luisante de la combinaison entourant leur corps s'apprête à s'immerger.
Leurs souffles à longes, l'air inspiré passe dans chaque poumon, dilate les alvéoles, les caches thoraciques se soulèvent.
Un insfilé d'oxygène s'échappe encore de leurs bouches ouvertes comme un œuf.
Les organes dus entre ce contracte, le sang se concentre là où il sera vital,
dans cette zone thoracique où les battements du cœur, peu à peu, ralentissent.
Au signal, des corps des hommes et des femmes poissons glissent d'un même élan et s'enfoncent sous la surface de l'eau.
Julie Gauthier et Guillaume Néry, apnéistes plusieurs fois champions, nous racontent la histoire,
les peurs et les espoirs dans les profondeurs de la mer.
Je suis née à Lille de la Réunion, donc pour moi l'eau c'est juste un état naturel.
J'ai toujours passé ma vie dans l'eau, mon père était chasseur sous-marin, donc dès les petites,
j'ai fait de la chasse sous-marine et j'ai passé énormément de temps dans l'eau.
Et je me rappelle qu'on allait très souvent avec ma mère, avec mon frère jouer sur la plage.
Et déjà petite, mon grand bonheur et mon grand jeu, c'était d'essayer d'attraper les poissons.
Et j'y arrivais très bien, d'ailleurs, c'est des petits poissons, des petits Picasso qu'on appelle,
des petits ballistes, qui vont, quand on leur court après, ils vont se cacher dans des rochers.
Et une fois qu'ils sont dans des petits rochers, on arrive à sortir le rocher de l'eau et à sortir le poisson.
Je passais mes journées entières à faire ça, à courir derrière les poissons,
les attraper et à montrer à mes parents comme j'étais fière d'avoir réussi à attraper un poisson à la mer.
Pendant quatre ans aussi, de 10 à 14, 15 ans, on est parti vivre à Mayotte,
qui init l'encore plus petite, encore plus reculée au milieu d'un immense lagoon.
Et c'est là que mon père, pour la première fois, m'a mis un fusil entre les mains, dont j'avais 11 ans.
Et j'ai commencé cette aventure familiale avec lui, ce que ma mère chassait aussi.
Et ça, ça a été vraiment une immense découverte et une pratique sportive
et encore plus un mode de vie, un héritage familial qui m'a énormément construit.
C'est quelque chose qui fait vraiment partie de moi, cet esprit de chasse.
J'aime aller dans l'eau pour y faire quelque chose.
C'est vrai que voilà, j'ai eu cette espèce du virus d'être en état de chasse, de cueillette.
C'est quelque chose que j'adore, aller dans la mer pour en ramener quelque chose.
En chasse sous-marine, en fait, on est un peu comme un apneïs,
donc on a une combinaison, on a une ceinture de plomb et on a un petit harpon,
un ou un grand, ça dépend des poissons.
On descend au fond de l'eau et on se cache et on attend pour pouvoir fléchir des poissons avec ce fusil.
La chasse sous-marine est souvent décrissée, c'est vrai que c'est pas un sport très populaire,
mais quand elle est pratiquée avec des valeurs, c'est une pratique magnifique,
parce que c'est l'essence même de l'homme d'aller attraper sa nourriture.
Et moi, mon père m'a inculqué énormément de valeurs à travers la chasse sous-marine
et aussi j'ai découvert le milieu, j'ai une connaissance énorme du milieu grâce à cette pratique.
Je sais que, pendant très longtemps, je rêvais d'attraper un barracuda.
Les barracudas, c'est des poissons très longs avec des dents qui font un petit peu peur et qui deviennent très gros.
Et je sais pas pourquoi. Est-ce que ce poisson me faisait peur ? Est-ce qu'il m'intimidait ?
À chaque fois que je me retrouvais en face d'un barracuda, je le loupais. C'était impossible de le ramener.
Et une fois, avec mon père à la réunion, comme d'habitude on partait du bord, on partait pas en bateau,
donc à la palme, tous les deux. Et on arrive sur ce ton vent et je descends au fond de l'eau
et j'étais là à la gâchon et m'arrive ce magnifique barracuda.
Enfin, je sais pas si c'était le bon moment ou si j'étais suffisamment prête
et si j'avais suffisamment d'expérience, mais ce poisson a donné sa vie pour me récompenser de tout ce travail que j'avais fait.
Et j'ai ramené ce magnifique barracuda et j'étais tellement fière.
Et mon père était tellement fière que ça a été vraiment un très très beau souvenir de Chasse-Omarine avec...
C'est mon père, encore une fois, qui a vu un article dans le journal,
dans le journal Le Lille, de deux champions réunionnais,
Andy Le Sos qui était champion de statique, d'apnestatique,
et Nathalie Desrayac qui était une championne justement au profondeur, une femme.
Et on découvre que l'apnée pure est une pratique sportive.
Moi, je l'ignorais totalement. Pour moi, l'apnée était un moyen d'aller au fond de l'eau, de rester pour ramener du poisson.
J'ignorais totalement que l'apnée était une vraie pratique sportive.
J'avais vu pourtant le grand bleu, mais pour moi, c'était un mythe, c'était une fiction, c'était pas du tout une réalité.
Et je découvre alors qu'ils ont monté un club d'apnée,
et donc évidemment, mon père, tout excité, m'inscrit dans ce club.
Et c'est là qu'a commencé mon aventure de l'apnée.
J'ai commencé par faire des petites compétitions, et évidemment avec le vécu que j'avais, j'ai progressé très rapidement.
J'en ai fait une année, et c'est au bout d'une année que j'ai été sélectionnée en équipe de la réunion
pour participer au championnat du monde qui se déroulait à Nice en 2000.
C'était mes premiers championnats du monde.
Mon histoire avec l'apnée, elle a commencé pendant l'adolescence.
Parce qu'avant, je passais beaucoup de temps dans les montagnes finalement.
Donc mon premier contact avec la nature brute, je l'ai eu avec les montagnes.
Et dès 4 ans, je faisais des randomés dans le mercantour,
C'est le parc national, la fin des Alpes,
juste avant de se jeter dans la Méditerranée.
Je faisais beaucoup, beaucoup, beaucoup de marges,
de randonnées, de sommées.
J'ai passé toute mon enfance avec mes parents à écrimer toute la région.
Et la mer, c'était juste le terrain de jeu, l'été,
comme tout l'initialité,
à la mer, un petit peu chaud.
Et c'est à l'adolescence,
toujours dans cette idée de la verticalité,
j'ai toujours été attiré par les sommées.
J'ai eu envie de rester dans cette ligne verticale,
mais vers le bas.
Et donc du coup, la Méditerranée, c'est un terrain de jeu extraordinaire.
On la voit, on va se paraître à l'horizon,
mais sous la surface, c'est pas ce qu'il y a finalement.
Il y a eu tout un tas d'événements qui ont fait que,
au moment donné, j'ai mis un masque et que j'ai commencé à descendre,
et là, ça a été une évidence.
À ce moment-là, c'est devenu une évidence.
Quand je mets la tête dans l'eau et que je vois...
La vraie évidence,
c'est le jour où je me suis éloigné suffisamment du bord
pour ne plus voir le fond depuis la surface.
De plus en plus, le fond, c'était sur la promenade des Anglais,
avec ces galets, je devenais de plus en plus lointain,
et je voyais les galets de plus en plus petits.
Déjà, c'était impressionnant.
J'avais des sensations qu'il y avait vraiment un défi,
un cheminement pour aller jusqu'en bas,
et à un moment donné, les galets, on les voit plus.
Et là, ça a évoqué quelque chose d'assez fort.
Alors, moi, cette idée que plonger en apnée,
c'est aller à la quête de l'inconnu.
On ne voit pas où on va.
Il faut quand même y aller.
Il y a quelque chose de...
C'est excitant, mais en même temps effrayant.
Et je pense que c'est cette saveur-là qui m'a interpellée,
et finalement qui m'a accompagnée, qui m'a accompagnée...
Et puis toujours, on me l'a dit.
Le littoral de la Côte d'Azur, il est très construit.
Il est trop construit.
La promenade des Anglais, c'est un environnement qui est très phaisurbin.
Et il y a deux, trois petits endroits qui sont un peu les...
Néavres de paix encore, mais petits coins de nature un peu préservés,
qui sont juste à côté de Nice,
une petite plage avant d'arriver aux quatre de Nice.
Il y a un côté du Port, et c'est une petite plage avec des galets aussi,
mais entouré de rochers.
Et quand on regarde les photos du XIXe siècle, on retrouve les mêmes décors.
Donc c'est un des seuls endroits qui n'a pas trop changé.
Et c'est un endroit où j'aime aller m'immerger dans la Méditerranée, justement.
Je pars de là, je nage, et je fais le tour du Cap de Nice,
qui m'amène jusqu'à l'entrée de la Rade de Ville-de-Franche.
Et cette zone-là, c'est peut-être une des dernières zones un peu sauvages
de la côte d'Azur.
Cette French Riviera qui va de Monaco à Saint-Tropez.
On sent quand même l'environnement urbain qui est là,
mais on arrive à recréer des espaces un peu sauvages.
Et surtout le peu d'urban qu'il y a,
à une certaine âme, parce que ce sont des vieux, vieux bâtiments.
Dès que je mets la tête sous l'eau, là par contre,
on bascule dans un autre monde.
C'est-à-dire que cet environnement urbain disparaît,
et là on se retrouve dans la Méditerranée.
Et ces rochers étaient là, ils sont depuis des millénaires.
Et du coup, on fait instantanément un voyage dans le temps
où on peut retrouver une nature un peu intouchée,
avec un paysage très typique de la Méditerranée.
La pocydonie, ce sont des plantes,
ce ne sont pas des algues, ce sont des plantes.
C'est un gros bouquet d'herbes verres foncées.
Quand on ne connaît pas, ça peut être un peu inquiétant.
Il y a des rochers assez blancs,
avec pas mal de végétation dessus, de petites algues.
On sent qu'elle ne la vit.
Des petits poissons, surtout les castagnols.
C'est vraiment un disemblème de la Méditerranée.
C'est du tout petit poisson noir,
avec une queue en V derrière, qui se sont toujours en bandes.
Et quand on voit des images des castagnols,
on sait où on est, on sait quoi on est dans la Méditerranée.
Des bandes sables, des fois.
Et très souvent, ce que j'aime dans cette Méditerranée,
et surtout particulièrement dans la région de Nice,
c'est que ça plonge très vite, en est profondeur.
C'est-à-dire qu'on est le s'approcher de ces parois.
Et les parois sont comme des falaises sous-marines,
on va passer à des tombants.
Et donc ces parois,
elles sont un peu le prolongement du relief du mercantour,
cette montagne qui se jette dans la mer.
Mais ça continue dans l'autre sens.
Et du coup, je retrouve un peu ce lien avec la verticalité, qui me plait tant.
Et moi, c'est là où j'aime aller.
J'aime aller là parce que c'est un peu la continuité des randonnées que je vais faire,
mais je l'ai fait dans l'autre sens.
Et...
Et il y a un bleu dans la Méditerranée qui est assez unique.
Alors en Poulinaise, dans les océans,
on peut voir aussi des magnifiques bleus profonds tropicaux.
Et là, il existe une espèce d'ambiance,
il y a des bruits aussi, il y a les sons de la Méditerranée.
Général, on entend un peu au loin les galets qui roulent,
le ressac des vagues,
mais ce n'est pas un ressac comme on peut entendre dans l'océan.
Un Atlantique, par exemple, c'est une grosse oule
qui va faire un espèce de grondement.
Là, c'est beaucoup plus fin comme bruit,
parce que la Méditerranée est réputée pour être assez calme.
Donc il y a une espèce de petit clapot quand on entend sous l'eau,
on entend le roulement de quelques galets, de quelques cailloux.
Et donc tout de suite, on sait où on est.
On sait qu'on est dans cette Méditerranée.
On part tout étroit, on était trois en équipe de la Réunion
et on était un petit peu livrés à nous-mêmes.
C'est vrai qu'on a eu ce voyage, on avait un sponsor
qui à l'époque nous a livrés du matériel quand on est arrivé à Nice.
Il faut savoir qu'on a appené, le moindre changement
peut vraiment affecter la plongée.
Tout ça, je l'ignorais à l'époque.
On était toutes contentes d'avoir ces nouvelles palmes,
cette nouvelle combinaison.
Et on n'avait pas conscience que ça pouvait peut-être modifier
nos sensations, modifier notre approche de la profondeur.
On essaye ce matériel et déjà,
pendant les entraînements, la fatigue se fait sentir.
Évidemment, il y avait aussi toute la prévention
par rapport à ce championnat,
à être entouré de tous ces apneisses,
d'être entouré de champions.
Une nouvelle expérience à nouveaux lieux.
C'était beaucoup de choses à gérer.
Ma première immersion, ça a été dans la rade de Ville-Franche.
C'était à ce moment-là où on devait essayer
toute notre nouveau matériel.
J'étais super excitée et très étonnée
par la température de l'eau quand même.
Revenant de la réunion, de passer de 27 degrés à...
Je ne sais pas où...
C'était quand même l'été,
l'eau devait être bien à 22 ou quelque chose comme ça.
Voilà, premier petit choc.
Ayant grandi dans les tropiques,
pour moi, la mer, c'est les coraux,
c'est les couleurs, c'est les poissons tropicaux,
c'est la diversité.
Et au début, M. Nice,
je trouvais tout ça très monotone.
Mais maintenant, j'ai appris à aimer profondément
la beauté minérale de la Méditerranée.
Mais trop concentré, finalement,
sur ma compétition pour être dans le relationnel
à la beauté de la Méditerranée.
C'est vrai qu'à ce moment-là,
je n'ai pas de souvenirs forts de ma première rencontre
avec les fonds Méditerraniaires.
J'ai 18 ans, je viens, finalement,
d'être un peu révélé dans la plaine française.
C'est vraiment au cours de l'année qui vient de se dérouler
que j'ai une progression énorme.
Et je suis passé du petit jeune dans le club
à un des meilleurs français, l'espoir.
Donc, forcément, il y a plus de vie et de beauté,
parce que je me rappelle qu'on me regardait, on disait,
c'est lui, le petit jeune, là, est 18 ans,
c'est un des meilleurs.
En profondeur, cette année-là,
je voulais me sélectionner en équipe de France
pour participer à ce championnat du monde
qui avait lu à Nice, à la maison.
Et j'étais parmi les meilleurs,
mais il manquait un petit quelque chose,
probablement lié à ma jeunesse.
Et les sélectionneurs ont décidé de dire
il est encore un peu trop jeune,
laissons-le participer à ce championnat,
mais plutôt avec nous dans l'organisation.
Il y a eu un peu de frustration, il faut l'admettre,
parce que c'est vrai que j'étais dans une phase
de nascension ennuée de la progression,
mais en même temps, je pense que ça aurait été un peu brutal
si jeune, là, me retrouvait dans ce bain-là,
et finalement, c'était une expérience extraordinaire
d'être de vives de l'intérieur
dans l'organisation, ce championnat.
Donc, j'étais un jeune homme avec un enthousiasme fou.
J'étais très excité à l'idée de faire partie
de cet événement, mais tout en étant,
c'est détendu, finalement,
parce que j'ai pas tout le stress qu'il y a autour.
C'est la première fois que je pouvais rencontrer plein de champions aussi.
C'était une des premières fois que je rencontrais Humberto Pellizari.
C'est la légende, c'est grâce à lui que j'ai commencé à faire de la pnée,
parce que j'avais vu des images de lui dans un documentaire.
Je suis jugué par cet athlète,
et donc du coup, intimité, fasciné, impressionné.
Il y a d'autres athlètes que je découvrais aussi,
parce que c'est un sport qui est un peu en plein effervescence à ce moment-là.
Et donc, moi, je suis tous les jours sur l'eau, le soir,
j'aide à tout organiser, je dois dormir 4 heures par nuit,
parce que je donne tout mon temps, mon énergie,
pour que ce championnat se fasse le mieux possible.
On vit une aventure humaine extraordinaire
avec tous les copains de l'organisation.
Il y a un temps dans lequel les athlètes vont plonger,
tous les jours, et ils ont besoin d'être encadrés,
parce qu'on ne plonge jamais de seuls,
et donc il y a toujours cette nécessité d'avoir une surveillance
par des apnéistes, qui sont experts, aussi dans leur domaine,
mais dont le rôle n'est que de s'occuper de la sécurité,
c'est-à-dire qu'on va être présents à côté d'eux,
les regarder descendre,
plonger à leur rencontre quand ils sont en train de remonter,
et les accompagner un peu comme des anges gardiens
sur les derniers mètres de leur montée.
Et en fait, on est là pour s'assurer qu'il n'y a pas de problème.
S'il y a un problème,
ce qui peut arriver, c'est-à-dire une perte de connaissance,
on appelle ça une syncope, donc là on perd complètement connaissance,
et nous, on est là, appelés aux sécurité,
à ce moment-là pour, si jamais il y a un problème qui arrive,
aider à ce que l'athlète se remette au mieux.
Si jamais il y a un grave problème,
il faut le récupérer, éviter que l'appeliste avale de l'eau,
l'évacuer sur le bateau, là où il y a une équipe médicale qui nous prend en charge,
donc c'est un personne clé dans l'organisation.
Si il n'y a pas d'appeliste sécurité, il n'y a pas de compétition,
il n'y a pas d'entraînement, il n'y a rien.
Ce qui est hyper marquant, en fait,
c'est pendant les jours d'entraînement.
On part en bateau pour aller sur la zone d'entraînement,
où il y a un câble,
sur lequel il y a des apnésises de sécurité qui nous entourent,
et on peut tester des plongées, s'acclimater, s'admettre.
Et moi je vais sur un câble,
où l'apnésise de sécurité s'appelle Guillaume,
et on m'apprend que ce Guillaume est le futur petit champion d'apnée,
petit jeune, qui est très prometteur,
qui n'est pas partie de la compétition à cette époque,
qui était dans l'organisation.
En fait Julie, je l'avais repéré dans les jours qui précèdent,
parce que les délégations arrivent,
et puis parmi la délégation, la réunion.
Moi, je n'avais jamais voyagé de ma vie.
A l'époque, j'avais dû prendre l'avion une fois pour aller à Paris.
Je n'ai pas voyagé enfant.
Donc, délégation qui mène la réunion,
tout de suite, je vois les cocautiers, les montagnes, la mer, l'exotisme.
Déjà, c'était...
Voilà, c'était du boulot, c'était quelque chose de très exotique là-dedans.
Et puis dans toute la délégation,
il y a une jeune nana,
elle était jeune, mais elle n'était plus vieille que moi.
Donc, mais voilà, très impressionnante,
et c'est Julie.
C'est Julie qui a cette espèce de côté un peu sauvage dans sa démarche.
Elle m'interpelle, je la trouve magnifique.
Et voilà pas que quelques jours après,
on reçoit des délégations, ça marche par groupe.
Ah, il y a les belles, j'ai ma chien, la réunion.
Les filles en plus, ce qui avait les garçons et les filles.
Du coup, moi, c'est génial, je m'occupais des filles.
Et on se parle pas, parce que, voilà, ils sont ensemble,
et nous, on est juste là pour...
Et donc je regarde plonger, je la vois descendre,
elle a une très belle technique dans l'eau, donc elle est très gracieuse.
Mais en même temps, une espèce de détermination
qui fait qu'il y a un côté garçon manqué,
qui se complète, qui se mêle bien, à ce côté un peu sauvage.
Et puis je ne sais pas, c'est un truc qui m'interpelle,
qui me plaît bien.
Et je vais sur ce câble avec ce fameux guillaume,
donc très intrigué aussi, parce que étant
une domaine de la compétition, je me dis, un petit jeune,
je crois qu'il était proche des 80 mètres,
déjà à l'époque, je fais abstraction de ça,
et je commence à faire des descendres.
Elle descendait, donc c'est un entraînement,
dans les 40 mètres, je ne sais plus exactement,
c'était 40, 42, 44 mètres.
Et donc moi je m'étais à ranger, on était de vête 2 ou 3,
elle avait dit, c'est moi qui fais la chercher,
c'est moi qui vous occupe d'elle.
Et là, je me sens hyper bizarre.
J'ai des sensations très étranges,
mais je ne me fais pas confiance.
Je ne me fais pas confiance, je me dis, je suis forte,
je suis capable, je me connais,
ça va bien passer, donc je ne suis pas à l'écoute.
Là je me prépare, je suis en surface,
accroché à la bouée,
et je respire, et je descends.
Je descends, je me laisse couler,
et je n'ai pas l'impression d'aller si profond.
Je ne m'aime pas à souvenir à l'époque,
parce que moi je n'ai pas d'ordinateur de plongée,
je ne regarde jamais la profondeur à laquelle je vis.
Donc je m'arrête un petit peu, quand je le sens.
Je trappe la corde, je fais mon demi-tour,
et je commence à remonter.
Et donc je descends, je la retrouve,
alors qu'elle est en train de remonter.
On se regarde, yeux dans les yeux,
parce que c'est le protocole.
L'apnise qui est en train de remonter,
il a besoin, il aime bien regarder son apnise de sécurité.
Parce que c'est un peu une forme de réconfort.
C'est que l'apnise de sécurité est là pour nous.
Donc on aime bien se raccrocher à...
C'est une forme de lien avec la surface.
On sait qu'on peut compter sur lui.
Et l'apnise de sécurité doit regarder dans les yeux sur ma traite,
parce que c'est dans les yeux qu'on peut voir si on est bien,
on n'est pas bien,
elle a l'air bien.
Elle a l'air d'être bien sorene, elle est détendue,
il y a des fois elle ferme les yeux même.
Et là j'ai des espèces de sensations de vertige.
Je me sens vraiment pas bien.
Je sais de me concentrer, de me persuader que ça va,
que tout va bien se passer et je commence à remonter.
La compagne, elle sort de l'eau.
Là faut aussi jamais quitter des yeux à l'apnise qui sort de l'eau.
Ça veut pas dire que...
Dès qu'il perce la surface, ça veut pas dire que ça y est,
tout va bien.
Très bien, au bout de quelques secondes,
être très essoufflé et être un peu limite.
Donc elle sort, elle respire,
je la regarde, elle a l'air bien,
mais je peux même garder 5-10 secondes.
Et je commence à respirer.
Et là je fais ce qu'on appelle une samba.
Une samba, c'est un début de perte d'intégrité physique,
sans perte de conscience.
Donc on a un petit peu des mouvements de tremblement,
c'est pour ça qu'on l'appelle la samba.
Donc elle perd un peu de contrôle de son corps
et puis elle commence à vaciller.
Et là, c'est mon rôle, je vais la prendre dans les bras
pour qu'elle reste à la surface
pour qu'elle ne se voie rien dans l'eau.
Ça dure rien du tout, 2-3 secondes.
Et forcément, elle revient, elle se réveille,
et là on se regarde.
Et voilà, je sais plus ce qu'on se dit exactement,
mais c'est samba.
Oui, elle était un peu surprise.
Je pense qu'elle voulait me dire
mais pourquoi il me prend dans les bras ?
Quand on fait une petite perte de connaissance comme ça,
on n'est pas toujours conscient de ce qui est en train de se passer.
Et moi je suis tellement déçue, tellement perturbée
puisque ça ne m'est jamais arrivé.
Je ne comprends pas.
En 20 ans de chasse sous-marine,
je n'ai jamais eu à faire cette sensation.
Guillaume m'attrape et m'emmène sur le bateau pour récupérer.
Je vais sur ce bateau et là je suis complètement abattue.
Et toute la suite de la compétition se passe de la même manière.
Je n'arrive pas à récupérer, je ne reprends pas de confiance,
je ne reprends pas à retrouver mes sensations.
Et le jour de la compétition,
j'annonce moins que ce dont j'avais été capable
à l'entraînement à la réunion.
Déjà hyper déçue parce que moi j'étais là,
je t'ai dit je vais impressionner le monde de la plée,
je vais me livrer au monde la petite fille des îles
qui vient montrer ses capacités.
Donc déjà premier coup au moral,
je baisse mes performances
et je pars pour ma plongée.
Et malheureusement cette plongée,
même chose, sensation de vertige à le remonter,
pas très très bien.
J'arrive en surface, cette fois pas de s'en bas.
Je respire mais je ne suis plus là.
J'ai une espèce d'absence,
j'ai regard un peu vague, je regarde
et je remets la tête dans l'eau
parce qu'il y a plein de bulles,
il y a cette époque-là qui faisait de la sécurité
qu'il n'y a plus aujourd'hui.
J'ai dit mais pourquoi il y a toutes ces bulles ?
Et là les juges me regardent et ils disent
carton rouge, carton rouge,
parce qu'on n'a pas le droit de réimager
les voies respiratoires dans l'eau
une fois qu'on est sortis de l'eau.
Et là, le drame,
j'ai été
abazourdi, j'ai été figée,
j'ai été coupée par cette énorme déception
et du coup on est revenus à la maison
très attristée, finalement, par cette expérience.
Et d'ailleurs, après cette expérience,
j'arrête la plaine pendant cinq ans.
En 2005, je vais faire des études d'aquaculture
à sept, un master d'aquaculture.
Et donc, il faut que je trouve un logement sur Nice.
Parce que je ne peux pas vivre à Monaco,
j'ai quatre mois de stage
et je dois absolument trouver une colocation.
Je commence à chercher les sites
et là je réfléchis et je dis
la seule personne que je connais cette Nice,
c'est Guillaume.
On n'a jamais eu vraiment de relations
amicales
que je ne sens pas trop de l'appeler.
Et là, les copains me poussent,
mais non, non, non, t'es folle,
tu vas pas aller dormir chez les gens que tu connais pas,
appelle-le.
Donc je l'appelle.
Salut Guillaume, tu te rappelles ?
C'est Julie.
Écoute, je suis en stage au Monaco.
Je n'ai besoin de venir juste le week-end
pour trouver un appartement.
Est-ce que je peux passer la nuit chez toi ?
Elle vient et passe une nuit, on discute
et puis on lui dit, avec notre pote Colloc,
est vraiment, très sincèrement,
de manière très désintéressée,
parce que je me suis dit,
première fois je la vois, elle me calcule pas
et donc je lui propose,
bah nous, si tu veux, on a de la place,
si tu as envie de dormir à la maison,
ça te coûtera rien
et puis voilà, elle accepte.
Donc elle débarque, elle débarque des bujoins.
Et je reconnais l'appartement,
parce que sur le balcon,
il y a des billions de combis qui sèchent.
Je dis, bah là, c'est forcément là.
Et là, je rentre dans cet appartement
et c'est Guillaume qui m'ouvre,
hyper heureux de me voir et...
Et on part nager à l'eau avec un autre copain, elle.
Et c'était vraiment, on met une paire de palmes
et puis on va nager.
Et je la vois dans l'eau
qui fait des espèces de pierouettes,
des grands técars avec les palmes.
Oh !
Je reste cooché, je me dis,
waouh, elle est vraiment sexy.
Et c'est qu'au bout d'un mois seulement,
qu'on se décide en fait à sortir ensemble.
Et moi tout de suite,
à partir du moment où je l'embrasse,
là je vris complet
et j'ai une espèce d'intuition
que c'est la bonne,
enfin c'est fou, mais vraiment,
alors qu'elle, pas du tout.
Elle se dit, bon, je suis là trois mois,
c'est un amour, c'est un...
c'est un petit jeu de vacances,
à moi, pas du tout,
moi tout de suite,
mais vraiment instantanément,
genre on s'est embrassés,
on a passé une demi-heure à s'embrasser,
et pas plus,
même si j'ai tenté un coup,
un petit truc, mais c'est pas les plus loin,
je vais tout de suite chez mon pote Loïc,
et je lui dis,
putain, ça y est, hein.
Ça y est, je me suis avec Julie, quoi.
Et là tout de suite, je lui dis,
mais comment je vais faire
ma carrière,
parce qu'elle est venue repartir la réunion,
je la laisse pas partir la réunion,
je la rejoins,
et lui, la Lucine,
il me dit pas,
ah, tu viens de l'embrasser,
mais qu'est-ce que tu racontes,
elle se tombait,
non, c'était clair dans ma tête,
je la lâcherai pas,
et quand elle part, je la suis,
ou alors j'essaie de la convaincre de rester, quoi.
Et en fait, ça m'a pourri mes 3 mois d'été,
parce que j'étais angoissée à l'idée
de dire comment je vais faire.
Je voulais pas aller en parler,
je voulais pas qu'elle prenne un fou, quoi.
On s'embrasse une fois,
et ça y est,
je me vois me marier avec elle, quoi.
Donc j'attends, j'attends,
que ça soit sérieux,
et puis ça devient un peu sérieux,
elle se dit,
elle s'imagine pas que
moi je suis accroché comme ça.
Et quand je lui parle,
à un moment donné,
bon, bah, qu'est-ce qu'il va se passer,
elle dit, bah, je vais rentrer chez moi,
et puis voilà,
je vais commencer,
et puis voilà.
J'étais choqué que elle imagine pas,
qu'elle essaye pas de me proposer quelque chose.
Donc là, bon, même si j'étais vexé
dans mon orgueil, je lui ai dit,
non, mais non, non,
c'est soit tu rentres pas et tu restes,
ou si tu dois vraiment rentrer,
je te suis.
Là, elle a halluciné.
Parce qu'elle voyait bien
que j'étais dans mon objectif de carrière,
je devais,
enfin voilà,
j'avais un rêve que je voulais accomplir,
j'avais tout quitté
pour faire cette carrière d'apniste,
et partir à la réunion,
c'était quand même
prendre un énorme risque
de mettre de côté
ce que j'avais commencé à entreprendre.
Et pour autant, je lui ai dit,
bah non, on verra,
mais moi je te suis.
Et là, je pense qu'elle de son côté
l'a compris aussi
que ça va devenir sérieux.
Voilà, on arrive en Anise.
Forcément,
d'hier, on a envie de me ramener dans l'eau.
Moi, j'avais arrêté
pour être traumatisée
par mon expérience des championnats du monde.
Je voulais plus entendre parler de l'apniste.
J'avais même peur du câble.
Ça m'était mal à l'aise.
Il me dit, mais viens,
t'inquiète pas, viens avec moi.
Alors forcément,
vu ce qu'il était devenu,
moi je lui fais confiance
et je me dis, bon, je vais retenter l'expérience.
Donc, on part en bateau
et il me remet sur ce fable câble
où je descends.
Et là, c'est...
c'est la panique, c'est la panique.
Je me sens vraiment pas du tout...
pas du tout à l'aise.
Et voilà, je me dis, je dis à Guillaume,
mais là, j'arrive pas.
Au moment-là, Guillaume me dit,
mais faut arrêter la bipalme.
Il faut que tu essaies une monopalme.
Donc, il en avait une sur le bateau.
Donc, j'essaye,
je mets au pied cette monopalme.
Et là, je trouve de nouvelles sensations.
C'est vrai que...
la bipalme,
moi, c'est ce que j'ai toujours fait.
Voilà, pour chasser.
On a toujours ces bipalmes.
On me retrouve avec cette queue de sirènes,
cette queue de dauphins de mammifères au pied.
Tout de suite, je me sens un petit peu différente.
Je me sens devenir plus un animal marin.
Je fais quelques descentes.
Au début, c'est très bizarre.
Quand on a une monopalme au pied,
on a une paire, un peu, son équilibre naturel.
On est obligés de repenser
sa façon de s'équilibrer sous l'eau.
Mais finalement, je retrouve confiance
grâce, du coup, à cette monopalme.
Et voilà.
Et plus tard, je fais 2 records de France,
plein de compétitions au côté de Guillaume.
Et je redémarre, on va dire,
une carrière de daphnéiste en compétition.
Quand je commence à aller de plus en plus profond,
ça se fait dans un cadre,
avec un bateau en mer,
il y a un câble.
Et il y a une dimension sportive, forcément,
puisqu'on mesure ce câble,
on doit, pour des raisons de sécurité,
décider à quel profond d'arrivée à avant.
Ça permet de marquer une progression.
Donc il y a quand même une approche,
on peut pas appeler, de performance.




Mais pour autant, et je pense que c'est vraiment
une spécificité de ce sport,
je pense que ça se retrouve dans tous les sports
de compétition qui sont ancrés dans la nature,
ça ne vient pas rompre le lien avec
l'élément avec la nature.
En tout cas, pour moi,
c'était très important de ne pas le rompre ce lien,
parce que sinon, ça perd tout son sens.
Et la base, même, est l'essence même,
même dans une quête de records,
même quand on cherche à aller
repousser les limites,
ça doit rester une symbiose
et une connexion avec l'eau.
C'est la colonne vertébrale
de cette activité, de mon approche.
Et je l'ai jamais perdu,
même dans cette pratique sportive.
Et c'est ce qui m'a permis de garder,
pendant toutes ces années,
cette passion, ce plaisir,
parce que finalement, la compétition
est venu s'ajouter comme un élément en plus,
comme une forme de jeu.
C'est un jeu, et c'est presque un prétexte
pour se retrouver, déjà,
avec tous les passionnés.
Et c'est un prétexte aussi pour tout mettre en œuvre,
pour donner le meilleur de soi-même,
pour s'améliorer,
pour se perfectionner.
Donc quand on se progresse,
on progresse aussi dans son rapport avec l'eau,
on connaît mieux son corps,
on arrive à trouver les clés
pour être plus en harmonie,
plus détendu,
et prouver plus de plaisir.
Donc la recherche de performance,
elle se met aussi au service de
cette essence de la plée.
Elle n'est pas contradictoire, en tout cas,
moi je n'ai jamais vu comme quelque chose de contradictoire.
Les sensations qu'on a quand on descend,
déjà au départ,
à la surface,
on se remplit d'air au maximum.
On est un petit peu
compressé, engoncée,
en surpression presque pulmonaire.
Les premiers maîtres
sont assez désagréables,
mais au fur et à mesure qu'on descend,
l'air se comprime,
et là, on commence vraiment
les sensations de plaisir.
Notre corps est fait pour passer du temps tout sous l'eau,
il s'adapte, il y a énormément de mécanismes d'adaptation
qui nous permettent d'aller en profondeur.
Déjà, à le premier effet que se dit Mersion,
dès qu'on met le visage dans l'eau,
ça entraîne une baisse du rythme cardiaque.
Donc le corps se prépare,
le corps sait, le corps n'a pas oublié
qu'il a la capacité d'aller dans l'eau.
Pour moi, une plongeant en apné,
c'est de me retrouver avec tous mes membres,
mes pieds, mes jambes, mes bras,
en suspension, comme si j'étais dans l'espace.
C'est ça que je vais rechercher sous l'eau,
c'est finalement ce sentiment aérien.
Comme si j'étais en orbite, autour de la planète,
et c'est magique de pouvoir aller dans l'eau
et de revivre ces sensations.
On a une sensation vraiment de liberté.
Alors la liberté, on a déclené,
dès qu'on est immergé,
et qu'on sent que l'on peut faire,
on peut aller où on veut.
On peut aller dans toutes les directions de l'espace.
C'est un peu le rêve de l'homme de pouvoir voler.
On peut pas sur terre,
sous l'eau on peut le faire.
Donc les premiers maîtres,
on continue de palmer
jusqu'à arriver à la phase de neutralité.
Où on monte pas, on descend pas,
on est là bloqué,
dans cette espèce d'espace en suspension.
Évidemment, c'est pas là qu'on reste.
On continue, on dépasse cette zone,
et on commence à couler.
Et c'est le début de la chute libre.
La chute libre en apné,
c'est le graal de tous les apnistes.
C'est ce qu'on cherche,
et c'est ce qu'on veut faire durer le plus longtemps possible.
Et c'est peut-être pour ça qu'on essaie d'aller le plus profond possible,
c'est pour faire durer ce moment.
Et le moment que je préfère,
c'est le moment où ma flottabilité va s'inverser,
je suis libéré finalement de la poussée d'archimètre
qui me tient en surface,
et que je peux chuter.
Je chute vers le fond,
comme si les profondeurs, les abysmes,
et du moins c'est une sensation de vol,
mais très douce.
Le vol sur Terre, j'ai fait de la chute libre,
c'est violent, c'est l'adrénaline.
Le vent vient de fouetter le visage,
là c'est juste une caresse de l'eau.
C'est un grand moment de perfection.
Et on se laisse apé, on se laisse attirer,
on se laisse aspirer par ce bleu.
Et depuis que je chasse,
j'ai toujours été attirée par cette profondeur,
comme si c'était comme un appel.
C'est vrai que je me sentais appelée par ces profondeurs.
Angst



On décide de partir vivre à Montréal parce qu'on sait que
c'est un义 qui est assez sauvage,
On choisit un endroit bien précis parce qu'on est vraiment au bord de l'eau et on peut aller sur la pente externe,
c'est-à-dire en dehors du lagon, là où on est dans le plein océan.
Et donc là où potentiellement peut y avoir des baleines.
On choisit la saison des baleines ici pour y aller.
Et donc on prend l'habitude tous les jours d'en regarder et de voir des baleines passer, d'aller à l'eau,
essayer de les rencontrer, mais ce n'est pas toujours évident.
Ce n'est pas toujours évident parce que des fois les baleines passent, des fois on n'est pas tout seul.
Et puis un matin, la mer est d'huile, d'huile, d'huile, d'huile.
Et il n'y a pas de baleines.
Et là, Julie me dit, non mais c'est la saison, on est venu pour ça.
On part à l'eau avec le paddle, on se met un peu au large et puis on attend.
Puis on voit.
On en donnait un petit souffle au loin mais bon, pas évident.
Et puis on avance et puis on entint un bruit bizarre.
Alors moi j'avais mon masque et mon tuba là.
Et des fois quand il y a un peu de vent et que le vent passe dans le tuba,
ça fait un espèce de...
Et j'entends ça.
Je me dis, c'est d'être le vent dans le masque.
Non, il n'y a pas de vent.
On se regarde, on ne comprend pas de où ça vient.
Je sens la planche qui vibre et c'est moi le premier qui ressenti
parce que je suis dans notre couple, elle c'est les yeux, moi je suis les oreilles.
Et donc du coup, c'est la planche qui vibre, ça vient de la planche, c'est une baleine.
Et là, à l'extérieur, on sentait la planche de paddles vibrer
et on entendait le chant de la baleine à travers la vibration du paddle.
Là on s'est dit, ok, là il y a un mal chanteur pas loin,
on n'avait encore jamais ressenti ça et vu ça.
On nous en allait parler du mal chanteur.
Des fois on allait en mer et on entend un chant au loin.
C'est vrai que pendant la saison des baleines, on les entend.
Mais c'est un espèce d'écho comme ça, loin, là c'était romissement.
Et donc on se met à l'eau, on entend cette vibration
et en fait on essaie de fermer les yeux et de ressentir d'où vient.
C'est hallucinant parce que dans l'eau on ferme les yeux
et on arrive à sentir que ça vient d'un endroit, d'une direction
et on s'avance, on s'avance.
Et là on tombe, on voit une ombre et on voit
à que d'une baleine, ils ont distingué le corps vers le bas
parce que la baleine est posée en fait, tête vers le bas et que vers l'aube.
Et là, elle est en train de chanter.
Et là on est complètement hypnotisé.
Édnotisé parce que ce champ de la baleine,
il ne touche pas que Louis, il va toucher tous les sens.
Et il va créer une véritable vibration à l'intérieur.
C'est tous les organes, toutes les parties du corps,
qui rentrent un peu en résonance avec cette baleine
et on se sent pénétré totalement par le champ de la baleine.
C'est extrêmement puissant, extrêmement émouvant
et on se risse sur le gâteau, on est seul.
J'avais déjà vécu cette expérience.
Quand j'ai dansé autour du monde avec tous ces animaux marins,
il y a des moments magiques parce que les baleines dansent.
Les baleines font des mouvements avec leur pectorale
qui sont comme des mouvements de danse
et que je trouvais extraordinaire, c'est qu'il y a des moments
où je me mettais à danser avec une baleine
et j'avais l'impression, est-ce que c'était qu'une impression
ou que c'était réelle, que la baleine reproduisait mes mouvements.
Et il y a une espèce de duo qui se faisait
avec cet animal qui naturellement lui danse sous l'eau.
Et je suis persuadée, je dirais, c'est son des animaux
tellement intelligents, qu'il y avait une forme de prise de contact,
de essayer de se comprendre et de cette imitation
entre la baleine et moi.
Quand je danse dans l'eau, c'est une danse avec l'eau.
Alors forcément, je pense que ça imite l'animal
et moi ce que j'essaie c'est de suivre le rythme naturel
de mon corps dans l'eau.
Le poids, les différentes dynamiques,
le fait de faire un mouvement vous entraîne
à en faire un autre parce qu'avec l'inertie qu'il y a dans l'eau,
forcément le corps a une façon de réagir
complètement différente que sur Terre.
Sur Terre, le corps est lourd,
le corps n'a pas d'influence avec l'air.
C'est l'eau qui m'emmène finalement à faire des mouvements.
Là, il y a tout qui se met en place.
La baleine est la posée pour nous.
On se met dans l'eau, puis on descend.
D'abord très doucement et elle s'en va pas.
Elle aurait pu très bien remonter et dire
bon là vous me gonflez et se barrez.
Elle reste et elle redescend.
Et en fait au bout de quelques plongées,
elle remonte et elle redescend.
On sait qu'elle nous a accepté dans son champ.
Et là on peut vraiment plonger.
Et là on descend et on se met vraiment
assez proche d'elle au-dessus de sa queue.
Ils n'ont déparé ce champ.
Et là on évolue tous les deux sous l'eau.
Et donc alternativement, c'est Julie qui va
se laisser porter, danser.
Puis des fois c'est moi qui descend.
Je me pose juste au-dessus de sa nageoire.
Il y a tout qui s'arrête.
Tout s'arrête.
On est vraiment conscients qu'on vit un moment
suspendu dans le temps.
C'est un cadeau de la nature.
On assiste à un comportement animalier
qui est incroyable.
La baleine se pose au fond et elle chante
dans l'espoir d'attirer une femelle
qui passerait esséduit par le champ.
C'est toute l'histoire de la vie.
C'est toute l'histoire des humains.
C'est toute l'histoire du règne animal.
Sauf que là on y assiste en plein monde sauvage
avec une masse qui fait 15 mètres, plusieurs tonnes.
Et nous on a la chance de faire partie de ça
de manière respectueuse, sans la déranger.
Et c'est un moment qui restera
un de mes plus beaux moments sur nous.
...
Julie et Guillaume continuent d'explorer les eaux profondes
et capture même ces instants en suspension
dans des courts métrages sensibles.
One way through on the world,
Narcos,
ou encore Amma.
Retrouvez une autre histoire bleue de mer
dans l'épisode 3 de la saison 1.
Dans les vagues géantes de Nazaré
avec Justine Dupont, championne-surf grosses vagues.
Les balladeurs, une série audio-léoseurs,
signent Camille Jusot,
avec la musique aquatique de Alisson Brassac
et le mixage de l'horreur galigène.
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de vous proposer de belles histoires.
Et dans 15 jours, nous vous retrouvons
au beau milieu de la jungle vénézuélienne,
contre les parois humides et vertigineuses
du Salto Angé.
À bientôt.

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Récits d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Avez-vous déjà poursuivi un loup dans les étendues sauvage d'Alaska, greloté au beau milieu des icebergs ou dormi le long d’une paroi d’escalade à plusieurs centaines de mètres de hauteur ? Tous les 15 jours, découvrez des récits et témoignages d'aventures et de mésaventures en pleine nature. Un podcast du magazine Les Others (https://www.lesothers.com).  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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