Les évadés d'Alcatraz

Durée: 14m38s

Date de sortie: 06/07/2021

durée : 00:14:38 - Les Odyssées - Etes-vous prêt à découvrir Alcatraz, la prison la plus célèbre et terrible de toute l'Amérique ? Je vous embarque sur une petite île de l'Océan Pacifique, un gros caillou, entouré de requins d’où nul n’est sensé pouvoir s’échapper. Enfin, c’est sans compter les ruses de quelques prisonniers …

Dans certaines aventures, ce sont les méchants qui sont les héros.
Je te préviens. C'est le cas de cet odyssé.
Dans l'océan Pacifique, à l'ouest des États-Unis, face à la ville de San Francisco,
flotte un gros caillou.
Ce gros caillou est en fait une île qui abrite la prison la plus célèbre de toute l'Amérique.
Alcatraz !
Ici sont enfermés les criminels les plus dangereux du pays.
Les têtes brûlées, les rebelles, ceux dont les autres prisons ne veulent absolument plus.
Ils finissent tous enfermés là.
Et pour longtemps, figure-toi, certains sont condamnés à 90, 150 ou même 300 ans de prison.
Alcatraz est un endroit terrible, totalement isolé du monde.
En plus des hauts murs, des grilles et des barbelés, l'île est encirclée de tout côté par l'océan.
Ces vagues, son glacis, des chaînés, bien sûr, remplis de...
Cette plastique ?
Mais non, pas encore !
De rocailles.
Personne jusqu'à présent n'a réussi à s'évader.
Ah oui ?
Vraiment ?
En 1962, quatre hommes vont tenter l'impossible.
Il s'appelle Frank Morris, John et Clarence Angline, et oui, ce sont de frères et Alan West.
Pour retrouver la liberté, ces bandits vont inventer un projet complètement dingue, qui demande...
patience, endurance, précision, détermination, patience, endurance, précision, détermination, patience, endurance, précision, dé...
Oh, oh ! Didon, j'ai déjà dit ! Enfin bref, enchaînant.
Sont-ils faux ? Cela ne fait aucun doute.
Vaut-il réussir ?
Oh, eh bien, rien n'est moins sûr.
Voici l'odyssée des évadés d'Alcatraz.
Il y a une plage !
Nous sommes en janvier 1961.
Cela fait un an que Morris est enfermé à la prison d'Alcatraz.
Jamais, il n'oubliera la nuit de son arrivée.
Le vent est églacien.
Le ciel est est est clair et sa chemise, oh, p'tite, le pauvre !
Sa chemise était trempée !
Depuis des heures, des litres et des litres d'eau tombés par gros paquets sur la terre.
Furent ses premiers mots en arrivant sur les lieux.
Alcatraz est un endroit où l'on ne rigole pas.
Notre homme l'a tout de suite senti.
Et Morris, écoute-moi bien.
Lui a brutalement expliqué le gardien qu'il a accompagné jusqu'à sa cellule.
Ici, les prisonniers ont seulement trois doigts. Non, non, trois, trois doigts.
Le droit de manger, le droit de vous habiller, le droit d'aller à la firmerie.
Attention, la firmerie seulement, si vous êtes vraiment très malade.
Pour le reste, là, les trucs, là, les lirs, rêver, faire des blagues, ou même...
C'est brouh. Et bah, t'oublies !
Ce qui est lourd, de l'humour de prison, j'imagine.
Oublie, bienvenue Alcatraz, prisonnier Morris.
Morris est un type extrêmement intelligent qui maîtrise trois choses à la perfection.
Les bananas split, les braquages de banque, et bien sûr, la vie en prison.
La première fois qu'il s'est fait coffrer par la police,
ou comme on dit chez les prisonniers, les poulet, il avait 11 ans.
Il en a aujourd'hui 38, autant te dire que des séjours derrière les barreaux.
Il en a fait pas mal.
La dernière fois, il a même réussi à s'évader.
Alcatraz, sera-t-elle lui résister ?
Pendant des mois, Morris observe le système de sécurité de la prison.
À cette époque, c'est l'un des plus perfectionnés du monde.
Les détenus vivent seuls dans deux minuscules cellules fermées par une grille en acier, réplutées, indestructibles.
L'après-midi, s'ils sont sages, ils ont le droit de prendre l'air durant une petite heure.
Évidemment, sous haute surveillance.
Aux quatre coins de la cour, c'est l'ave de grandes tours dans lesquelles sont postées des gardiens, la métraillette au point.
Pour s'assurer que les détenus ne cachent aucune arme dans leur chaussette, on les fait régulièrement passer à travers.
L'Inspectoscope, une drôle de machine qui permet de voir à travers leur vêtement.
Enfin, oui, quand ils en portent.
Oh non, McCoonies a encore oublié de mettre son slip !
Eh oui, il y a parfois de petites surprises.
Bref, très vite, Morris en est arrivé à cette terrible conclusion.
Alcatraz n'est pas une prison, c'est une machine à broyer les hommes.
Alors bon, je sais pas d'aller là tout de suite. Oui, c'est vrai que ça parait un peu compliqué.
Il est maintenant temps d'en venir à une question de la plus haute importance.
Comment Morris a-t-il rencontré ses complices ?
Alan West occupe la cellule juste à côté de lui.
Rapidement et discrètement, les deux hommes se sont mis à échanger quelques mots.
Le soir, à travers la grille de leur cellule, histoire de ne pas devenir complètement fou.
Quand au frère Clarence et John Anglinn, figure-toi qu'ils se connaissent déjà avec Morris.
Eh oui, ils se sont rencontrés bien avant Alcatraz dans une autre prison.
En consultant des dossiers ultra secrets, j'ai réussi à reconstituer la scène de leur retrouvaille.
C'est un soir d'octobre. Franchement gris, il fait un froid d'œuf.
À la cantine de la prison, Morris, petite cuillère à la main, remue la bouillie qui lui sert de dîner.
Soudain, deux hommes s'assaillent en face de lui.
Il lève les yeux.
Oh, ça pristit ! Mais il les reconnaît cet avisage !
Oh, les frères Anglinn vieilles canailles ! Alors, on s'est encore fait choper !
John et Clarence, comme Morris, adore braquer les banques.
Mais, surtout, ce sont des pros de l'évasion.
Immédiatement, les yeux de Morris se mettent à pétiller.
Vous pensez ce que je pense, les deux frérots ?
Quoi ?
a répondu John Anglinn.
Qu'est-ce que tu as oublié de refermer ta braguette après ton petit pipi du matin ?
Parce que je sais pas si t'as remarqué, mais elle est ouverte, mon pote !
Mais non, pas ça ! Il serait peut-être temps de mettre les voiles, non ?
Sans ajouter un mot, John et Clarence ont cligné des yeux.
Deux fois, c'est un code secret qui veut dire...
Oui, oui, on est d'accord pour s'évader.
Assy, juste à côté de Morris, Helena également remue ses paupières.
Super ! Lui aussi est partant.
Oui, c'est comme ça. Vois-tu que tout a commencé ?
Enfin, encore faut-il avoir un plan, une idée !
Les semaines passent.
Un soir, alors qu'il est allongé sur la banquette de sa cellule,
Morris aperçoit un cafard se faufiler à travers la grille d'ahération,
juste au niveau du sol, puis disparaître.
Disparer ? Oh ! Mais où donc ?
Piqué au vif, il s'approche.
À quatre pattes, il zét un œil à travers la grille.
Cette plaque d'ahération est reliée à un conduit d'ahération.
Un conduit d'ahération, sa prestige, ça donne toujours sur l'extérieur.
En l'escaladeant, à tous les coups, on arrivera sur le toit.
Avec son ongle, il se met à gratter le béton tout autour de la grille.
Bonne surprise ! La pierre est en si mauvais état que des morceaux de murs se détachent.
Morris la tient son idée !
Le lendemain, dans la cour, il échange quelques mots,
le plus discrètement possible, bien sûr, avec ses camarades.
Les gars, vous voyez la grille de ventilation d'un ocellule ?
Eh ben on va élargir le trou jusqu'à ce qu'on puisse se faufiler à l'intérieur.
Ensuite, on escaladra le conduit d'ahération, qui nous mèlera directement sur le toit.
Et là, à nous la liberté !
Oui, pas bête Morris.
Lui a tout de suite répandu John Anglene.
Mais t'as pensé au mitraillette ?
Et les murs de barbelés à l'extérieur de la prison ?
Et puis comment tu veux qu'on creuse ?
Avec nos doigts ? Ça va prendre un temps fou !
Pas de panique, mon petit John.
Chaque chose en son temps.
Et à chaque problème, sa solution.
Ce matin-là, ni vu ni connu,
les quatre prisonniers quittent le réfectoire de la cantine,
après avoir glissé dans leur poche une petite cuillère.
Le soir même, chacun commence à creuser son trou entre deux passages de gardiens.
En après-midi, John Anglene chuchote à ses camarades dans la cour.
Mais les gars, on a oublié un petit truc !
Les rondes de nuit !
Une fois qu'on sera glissés dans le conduit d'ahération,
les gardiens vont tout de suite remarquer qu'on n'est plus dans nos petits lits !
Ils vont sonner l'alarme et on s'affoutit ! J'ai foutu !
Bien vu, John. Bien vu.
Heureusement, Maurice a plu d'un tour dans son sac.
John, tu travailles toujours chez le coiffeur de la prison ?
Discrétose, tu vas piquer les cheveux.
Pas sur la tête des détenus, bien sûr, non ?
Ceux qui sont tombés par terre.
Avec du papier journal et de la colle qu'on volera à l'atelier de menuiserie,
on va fabriquer les poupées géantes.
Juste avant de partir, on les églissera dans nos lits.
Espérons que les gardiens n'y voient que du feu.
Pétard, c'est risque aimé. C'est une idée géniale.
Cependant, d'autres problèmes se posent.
Mais, et l'océan alors ?
Vous savez penser ?
Les courants sont trop forts, l'eau est glacée.
À la nage, on n'y arrivera jamais jusqu'à San Francisco !
Cette fois encore, Maurice trouve une solution.
Clarence, puisque tu travailles à la laverie,
tu vas faucher les imperméables.
En collant les manches entre elles, on va construire un radeau.
Pendant six mois, les quatre hommes grattent chacun leur mur.
Maurice, qui est autorisé à jouer de l'accordéon,
parce que son comportement est exemplaire,
couvre le bruit de ses camarades en pieds notant sur son instrument.
Par chance, en effet, les quatre saluels ne sont pas très loin les unes des autres.
Enfin, tout est prêt.
Le plan est aussi bien fislé qu'un saucisson corse.
C'est dire !
Le 11 juin 1962, à 21h30, après la ronde des gardiens,
chaque détenu dépose sa poupée dans son lit.
Puis, sans faire de bruit,
il se fofie la travers le trou de la plaque d'aération de leurs cellules.
Voyons voir !
Douche !
Non !
Jute !
À la Nouest, n'arrive pas à passer,
son bidou est trop grand !
T'envie pour lui, c'est horrible à dire,
mais dans ce genre de situation,
c'est chacun pour sa pomme !
Maurice, John et Clarence Angline,
remontent le conduit d'aération.
Parvenu sur le toit,
ils se fofinent entre les rayons lumineux des projecteurs.
Grâce à une échelle de sécurité,
ils descendent le long du bâtiment.
Ils courent vite, sans faire de bruit.
Ils escalent à des murs de barbelés,
enfin, ils arrivent sur une petite plage,
tout au nord de l'île.
Là, ils déplient leur radeau de fortune.
Comment le gonfleut-il ?
Refléchis, je te laisse un indice un peu plus haut.
Eh oui ! Bingo !
Ils utilisent la cordée ou de Franck Maurice.
Puis, ils s'élancent dans la mer.
Ce qui s'est passé ensuite,
personne ne le sait.
De l'an demain, à la première heure,
les gardiens trouvent trois cellules.
C'est la panique ! On sonne l'alarme !
La traque commence.
Pendant plusieurs semaines,
la police passe toute la zone au pannefin.
Aucune trace de nos prisonniers.
Enfin, si, on retrouve un sac et une paquet.
Bref, pas grand chose.
Pour les autorités,
cela ne fait aucun doute.
Vu la température de l'eau et les courants violents,
ils se sont forcément noyés.
Oui, sans doute.
Mais comment expliquer
qu'on n'est jamais retrouvés leur corps ?
Les évadés d'Alcatraz pendant quelques années,
ou n'en entend plus parler ?
Jusqu'à ce qu'une mystérieuse photo fasse son apparition.
Elle a été prise au Brésil et montre deux hommes qui,
tiens tiens, ressemblent comme deux gouttes d'eau aux frères Anglès.
Ça, c'était le vraiment de nos deux prisonniers ?
Les trois hommes ont-ils réussi à s'évader ?
Impossible à dire.
Mais, personnellement, oh, je préfère croire que oui.
Les Odyssey est un podcast original de France Inter.
Mais au fait, pourquoi l'île d'Alcatraz s'appelle Assy ?
Parce qu'il a donné son nom au rocher.
En espagnol ancien,
pelican, ça se dit Alcatrazès.

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Lesodyssées

France Inter invite les enfants de 7 à 12 ans à se plonger dans les aventures des grandes figures de l'histoire. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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