Partir à l'aventure, c'est confier son destin aux éléments, à son expérience et parfois même à son matériel.
Chez Back Market, nous comprenons l'importance de pouvoir compter sur son équipement au quotidien.
C'est pourquoi nous proposons des appareils tech de qualité reconditionnés par des professionnels.
Back Market est fier de soutenir les baladeurs.
Les baladeurs, une série audio, les hausseurs.
Des balades, des aventures, des mésaventures, en pleine nature.
Prêts pour le départ ? Prêts ? C'est parti !
À travers l'œil de son appareil photo, Sidney Léa Le Bour observe le monde, s'interroge, le questionne.
Elle s'émerveille des beautés minérales, des couleurs changeantes des pierres selon l'heure du jour,
et des gens aussi, qu'elle rencontre sur ces terrains d'exploration.
Elle capte leur sourire, les modes de vie, tente de retranscrire les nuances, les petits gestes du quotidien, pour les raconter et témoigner.
Mais parfois, la beauté est gâchée, parfois, c'est la révolte qu'elle ressent et qu'elle contient derrière son appareil.
Alors, les clichés prennent une autre valeur, ils dénoncent.
Du haut du volcan Kawaii-Jen en Indonésie, entre les vapeurs de souffre, elle tente de rendre justice aux miniers,
avec seulement son appareil photo, comme arme légère contre la déshumanisation.
Mon père était photographe amateur. C'est lui qui m'a offert mes premiers appareils photos.
J'ai d'abord eu des appareils jetables dans les années 90, puis des petits compacts numériques,
notamment Sony Cyber Shot et un petit Canon Xus.
Un peu plus tard, je me suis offert un réflexe amateur, un petit 550D, que j'adorais et que je me suis malheureusement fait voler.
Donc ça va rendre hyper triste, mais en même temps, ça m'a incité à passer sur d'autres appareils.
Mon voyage le plus mémorable et le plus formateur, ça a été la traversée de l'Eurasie que j'ai fait en autostop,
juste après mes études en 2014.
C'est un voyage qui a duré 8 mois et j'en ai profité pour faire un maximum de reportages,
certains préparés, d'autres beaucoup plus spontanées.
C'est lors de sweat trip que j'ai découvert Pamukaleh en Turquie.
C'est une colline recouverte de calcaire avec des piscines naturelles d'eau bleue turquoise qui est située au nord-ouest d'Ancara.
C'est un lieu vraiment surréaliste et extrêmement photogénique.
Ce qui fait que plusieurs années plus tard, en fait courant 2017, j'ai voulu rechercher des lieux similaires dans le monde
pour pouvoir photographier à nouveau cet environnement très blanc.
C'est comme ça que j'ai découvert les carrières de calcaire en Égypte.
J'ai essayé de documenter les conditions de travail extrême liées à la production de calcaire dans la région d'Alminya.
Donc à peu près 200 km au sud du car.
Du coup, après avoir fait mon sujet en Égypte, j'ai voulu rechercher un autre sujet où j'avais les mêmes problématiques.
En l'occurrence, en Indonésie, on a pas mal de gaz mortels alors qu'en Égypte, en fait, on a pas mal de particules de celles
qui sont elles aussi mortels à long terme.
Le fait qu'on soit vraiment sur un travail manuel extrêmement physique, j'avais envie de voir ça, j'avais envie de le documenter.
Voilà, il y a des amis qui m'ont dit, ah, bah tiens, j'ai entendu parler de ce volcan en Indonésie qui s'appelle Ijjén,
qui est à l'est de l'île de Java.
Après, j'ai été creusée, voir ce qu'avait été fait sur ce sujet.
J'avais prévu en mois au cas où il y avait des alléards et aussi parce que j'aime bien, en fait, quand j'arrive dans un pays,
avoir quelques jours où je prends un peu la température du pays, je discute avec les gens, je vois un peu comment ils fonctionnent, etc.
Avant de rentrer dans mon sujet, je trouve que c'est bien d'avoir cette petite période d'acclimitation.
Avec les conditions, il était difficile sur place.
J'ai acheté un masque à gaz.
Même si l'Indonésie, on se dit, il fait chaud et tout, mais bon, j'allais en altitude.
J'allais faire des photographies aussi de nuit, donc j'ai prévu aussi des affaires pour le froid.
Les conditions avec notamment les gaz toxiques étaient extrêmement effaces pour les appareils photos.
C'est mauvais pour l'électronique, ça peut le souffre oxyd le métal.
Du coup, je me suis posée la question aussi de qu'est-ce que j'ai emmené comme appareil photo.
Est-ce qu'on peut pas changer l'optique sur place, on peut pas ouvrir l'appareil photo.
Il faut se dire que quel faut-quel je vais avoir besoin.
Moi, en l'occurrence, je savais que j'aurais besoin de au moins deux objectifs, donc il me fallait deux boîtiers.
J'avais prévu d'atterrir à Bali et de prendre le ferry pour rejoindre l'île de Java.
Entre Bali et le ferry, j'avais 11 heures de bus.
Après, j'ai pris le ferry.
Quand je suis arrivée de l'autre côté, j'ai pris ce qu'ils appellent un Gojek.
C'est une sorte de hubbeur local.
Là, il y a une moto qui m'a proposé de m'amener à Banu Yangi.
La ville est très dense à Bali alors que quand j'arrive à la ville principale, c'est Banu Yangi.
C'est complètement différent.
Tout de suite, on est dans une ville beaucoup plus proche de la nature.
Je fais beaucoup de coups de surf, du coup je suis hébergée par un autre à Banu Yangi pendant quelques jours.
Ensuite, je vais dans une petite guesthouse plus proche du volcan.
Je suis vraiment dans un petit village.
C'est magnifique quand j'arrive sur place.
Je traverse des risières, une petite rivière, je vois des gens qui travaillent dans les champs.
Le village est vraiment une petite rue toute droite avec des maisons de chaque côté.
Comme on voit souvent d'Indonésie, mais beaucoup de gens sur le pérou de leur maison.
Tout de suite, ils sourient et ils font signe.
La petite guesthouse dans laquelle j'étais, il y avait juste un matelas très très fin posé sur le sol.
Les murs étaient décrépies.
On voyait la peinture qui s'écaillait et qui tombait au sol.
Comme dans beaucoup de chambres, dans ces pays-là, il n'y a pas forcément de fenêtres
parce que ça permet qu'il n'y ait pas de moustiques qui rentrent.
Même par rapport à la chaleur, c'est mieux parfois qu'il n'y ait pas de fenêtres.
Leurs cuisines, c'était vraiment très spartiate avec deux plaques au sol.
Il n'y avait pas du tout de meubles de cuisine et une grande marmille pour faire cuire du riz,
quelques casseroles pour le reste.
Mais après, l'accueil était très chaleureux.
Le volcan est situé dans un parc naturel qui n'est ouvert que entre 1h du matin et 1h de l'après-midi.
C'est dû au fait que la nuit, dans le cratère, le métal, un des gaz qui sort de la mine de souffre
entre en combustion, en contact avec l'oxygène, et produit des flammes bleues.
Ce phénomène est assez impressionnant et il y a beaucoup de touristes qui viennent voir ce phénomène-là
qui a lieu entre 2h du matin et 4h du matin.
Moi, j'ai été sur le volcan à l'ouverture du site, donc à 1h du matin,
pouvoir faire l'ascension en même temps que les autres touristes, voir le lever du soleil à 5h et le midi matin
sur la crête du volcan, qui est aussi une des autres raisons pour lesquelles il y a beaucoup de touristes à cette heure-ci.
Parce que c'est assez impressionnant, on est au bord du cratère,
lumière et les couleurs sont absolument incroyables avec le lac acide au creux du volcan.
Il faut se dire, on va se dire, à bâtiens de nuit, on va faire l'ascension tout seul, mais pas du tout.
Il y a plus de 100 000 personnes qui font l'ascension tous les ans, et notamment la nuit, il y a plusieurs centaines de personnes qui montent au même horaire.
C'était de monter le plus vite possible pour essayer de photographier ces flammes bleues avant qu'il y ait trop de gens autour.
Du coup je pars bien en tête en me disant, il faut marcher vite et arriver en haut le plus vite possible.
Je slalome un peu entre les touristes, chacun leur l'enfrontal, qui avance à différents rythmes.
Il y en a qui s'essoufflent assez vite, qui se mettent sur le bas-côté, il y en a d'autres qui au contraire sont assez sportives,
donc tu les vois tracer. Il y a plein de gens qui jonchent la chaussée, le bord de la piste,
et en même temps une ambiance assez particulière parce que c'est très silencieux.
Il y a juste les gens qui marchent, le bruit des kawais, des vestes, des parcs à et tout.
Quand on arrive la première fois à la haut, la vue est incroyable, même de nuit, c'est assez bluffant.
La ascension du volcan, c'est à peu près 3 km6, selon le rythme des gens, ça peut se monter entre 1 et 2 heures de marche,
voire plus si vraiment il y en a qui ne sont pas très sportives.
Et après il y a 750 mètres de descente pour descendre dans le cratère.
La descente dans le cratère est beaucoup plus difficile que l'ascension parce que c'est un enjeu-vêtrement de pierre pour descendre dans le cratère
et il faut vraiment l'allomer entre les cailloux, les rochers, etc.
On voit quand même parce que les mineurs montent et descendent à cet endroit-là tous les jours, plusieurs fois par jour.
Il y a quand même un petit chemin qui a été un peu balisé.
Mais malgré tout, il faut être très prudent quand on descend parce qu'on peut facilement glisser
et en plus comme le trafic est finalement assez dense avec les gens qui montent et qui descendent,
on se dit que si on tombe, on peut en embarquer plus d'un.
Alors normalement j'ai choisi mes dates en disant « c'est la bonne saison, c'est pas la saison des pluies,
donc il ne sera pas trop chaud, etc. », sauf que j'avais oublié qu'il y était la période du ramadan.
La première inquiétude pour moi, ça a été de savoir est-ce que les mineurs travailleraient,
ce que je voulais quand même photographier les mineurs dans le volcan.
Et en fait pendant le ramadan, pour avoir fait d'autres pays musulmans avant,
je sais que c'est tellement difficile pour eux de pas se nouler dans la journée
qu'en général leur activité se réduit à cette période-là et voire ils arrêtent de travailler pour la plupart.
Et j'avais raison de m'interroger parce qu'ils ne travaillaient pas du tout à cette période-là.
Donc en fait ma première exploration du volcan, ça a été, je me suis dit « tant pis, vas-y, on repérait, je monte une première fois ».
Comme ça tu verras à quoi ça ressemble, profites-en pour faire des images un peu globales
ou alors des macrophotographies de matière en me disant « ça, ce sera fait ».
Et puis ensuite tu pourras attaquer l'humain plus tard.
« ...
Vraiment l'angle d'attaque pour moi c'était la cohabitation entre les touristes et les mineurs,
donc c'était vraiment très important que j'ai cette interaction.
Je sais que le ramadan va encore durer deux jours
et qu'ensuite il y a les fêtes d'idulfitri, donc c'est les fêtes de fin de ramadan,
donc là tous les gens qui ont dans leur famille, il y a le moésine qui chante,
il y a pas beaucoup de prières dans la ville, beaucoup plus que en temps normal,
normalement le moésine chante cinq fois par jour, là en fait il va chanter à
n'importe quelle heure de la nuit et du jour et sur des périodes beaucoup plus longues.
Donc moi j'imagine en fait qu'à la fin des fêtes d'idulfitri,
je vais enfin pouvoir photographier les mineurs sur la mine en train de grimper,
en train de collecter le souffle dans leur panier etc.
Donc juste après ces fêtes du ramadan,
je décide de refaire l'ascension du volcan en imaginant que,
bah, c'est tout huit heures du matin,
je vais enfin pouvoir avoir les mineurs arriver sur le site
et en fait j'attends, j'attends, j'attends et je ne vois personne arriver,
du coup ça m'inquiète qui me dit non mais c'est pas possible,
enfin je vais jamais y arriver,
je fais d'autres images en me disant bah je prends mal en patience
et je redescende du volcan et en discutant à la gasthaus,
il m'explique bah les mineurs en fait sont en train de faire grève
parce qu'en fait ils vendent le souffle 1000 roupiles kilos
qui fait à peu près 6 centimes d'euros donc c'est vraiment que d'elles
et donc ils espèrent en fait obtenir une augmentation du prix au kilo.
Ils espèrent en fait atteindre 1500 roupiles.
Je me dis bah c'est pas là,
je vais essayer d'en profiter pour aller photographier les manifestations,
les gens qui sont devant l'industrie qui manifestent et tout
et ils me disent mais non en fait c'est pas comme les manifs en France,
personne ne va avec des banderoles devant l'usine,
c'est en fait leur seule manifestation,
c'est juste de pas aller travailler et de ne pas ramener de souffre.
La grève dure au final 5 ou 6 jours,
on s'y fait quand même beaucoup,
ils ne peuvent pas se permettre de continuer la grève
parce que bah chaque jour on ont travaillé pour eux ça veut dire pas de revenus
et donc ils finissent par obtenir 25 roupilles d'augmentation au lieu de 500.
Bah ils sont tous extrêmement déçus par ce qu'ils ont pu obtenir.
1000 roupilles ça correspond à 6 centimes donc 25 roupilles c'est une misère,
c'est eux ne me disent carrément mais ils se foutent de nous en fait
mais ils peuvent rien y faire.
Après ils craquent au fur et à mesure,
c'est à dire qu'il y en a qui espèrent qu'ils continuent à être en grève
mais il y en a qui se remettent à travailler
donc j'arrive à avoir 5-6 personnes qui travaillent
et les deux derniers jours j'en ai vraiment beaucoup plus qui se mettent à travailler.
Vraiment la personne qui m'a énormément aidé sur place,
ça a été Harry Pinn,
donc Harry Pinn en fait c'était le propriétaire de ma guesthouse.
Donc j'ai eu la chance de tomber sur vraiment un des mineurs les plus respectés
en plus du volcan Higiene.
Lui en fait quand je suis arrivée sur le volcan tout de suite il m'a présenté
comme étant une journaliste en plus hébergé chez lui etc.
et donc tous les autres mineurs se sont laissés prendre en photo beaucoup plus facilement.
Autant qu'il y a des dizaines de gens qui tous les jours prennent des photos
et les prennent en photo.
Pour moi c'était super important d'arriver à me différencier de cette masse touristique
et d'être acceptée en fait comme journaliste étant là pendant plusieurs jours pour les suivre.
Harry Pinn c'est quelqu'un de très calme, très calme, très posé.
Enfin vraiment c'est quelqu'un qui impose le respect tout de suite quand on le rencontre.
Les indonésiens sont généralement très fins mais lui il est quand même assez carré
pas seulement parce qu'il porte du souffre.
Il y a certains mineurs qui sont plutôt filiformes mais lui il a une carrure quand même qui est assez impressionnante.
Lui connait très bien son métier donc parfois en fait il sait où est-ce que c'est le plus impressionnant.
À quel moment ils vont faire des actions, ils vont faire des choses différentes.
Donc ils me prend vraiment sur son aile et puis par moment il me fait signe, il me dit
« Viens, viens, viens, il faut que tu photographies ça ».
Moi généralement j'arrivais avant eux en fait parce que j'essayais de photographier aussi
tout le business touristique qui se développe sur le volcan.
Donc pour moi c'était important d'arriver au premier verre du jour, d'arriver avec les touristes
pour d'abord les photographier eux et ensuite quand les mineurs arrivaient en général autour de 7h du matin.
J'enchaînais donc avec leur travail à eux et j'essayais de rester autant que possible
mais tout en sachant que comme le site fermait à 13h il fallait que je sois redescendue du volcan avant 13h.
Mon objectif c'était quand même de photographier un peu toutes les étapes, enfin tout le process de collecte,
de souffre et de transformation du souffre pour essayer de documenter au mieux tout le travail à la mine.
Donc il y a plusieurs étapes, il y a toute la maintenance du site où du coup ils vont changer les canalisations
et qui servent en fait à condenser le souffre, les bidons en métal qui servent aussi à condenser le souffre.
Il y a aussi le fait d'arroser les tuyaux régulièrement pour pouvoir abaisser la température.
Il y a évidemment la collecte du souffre qui se fait avec des paniers en osier
et là où il remonte entre 80 et 100 kg jusqu'au sommet du volcan et ensuite il redescend de l'autre côté.
Et ce qui est assez impressionnant c'est que vraiment quand on est au milieu de ces canalisations,
vraiment c'est là où les nuages toxiques sont les plus denses.
Donc moi j'ai jamais été en contact avec ces nuages là, j'étais souvent en périférie
mais eux sont vraiment dans ces nuages en permanence et là en fait peu importe que le vent vienne de l'est de l'ouest du nord ou du sud,
en fait peu importe ils sont vraiment dans le nuage ultra toxique.
Moi j'avais un masque à gaz et en fait même avec les masques à gaz quand on se retrouve dans le nuage de souffre,
c'est ultra dur de respirer.
En fait on sent le souffre qui se dépose dans l'osophage tout au long de la gorge.
On a l'impression qu'on va étouffer en fait.
J'essaie de me mettre en apné pour essayer de respirer le moins possible et avaler le moins de souffre possible.
Mais quand on se retrouve dans un nuage la première fois de souffre,
enfin quand le vent tourne et qu'on se retrouve dans un nuage c'est assez flippant.
Les premières fois c'est vraiment très impressionnant.
Et donc à Répi quand il voyait que j'avais du mal à m'extraire parfois quand ça durait un peu trop longtemps,
il vient de me prendre par le bras, il essaie de me sortir de là parce qu'en fait on ne voit plus rien en plus.
C'est des roches volcaniques et tout donc après pour marcher c'est pas forcément évident.
Et il y a en fait une fois qu'ils arrivent en bas du volcan, ils sont payés au nombre de kilos de souffre qui ramènent.
Donc l'entreprise n'est pas du tout sur le volcan, il y a personne qui surveille.
Elle est uniquement à la réception du souffre à l'entrée du parc naturel.
Et donc là quand ils redescendent avec les paniers, il y a tout un moment ils pèsent le souffre
et ensuite ce souffre là va être emmené jusqu'à l'usine en fait.
Et donc là il va être transformé et malheureusement j'ai pas pu voir toute cette partie,
tout la transformation parce qu'à un gacose de la grève, il n'y avait pas un volume assez important de souffre pour lancer ces étapes là.
Je suis à mesure des jours effectivement, ils me repèrent à tous les uns les autres.
Et quand il y avait un nouveau mineur qui arrivait qui se remettaient à travailler,
celui-là, celui-là à la grève ou au ramadan, il lui disait « Ah mais tu connais pas la petite journaliste française ?
Ah mais elle a déjà fait l'ascension trois, quatre, cinq fois selon les jours.
Il me faisait rire parce qu'il me disait « Ah mais t'es super courageuse et tout. »
Et je leur disais « Mais vous rigolez, vous vous faites ça des centaines de fois par an,
et parfois pour certains depuis 40 ans. »
Moi j'ai monté cinq fois le volcan, enfin en tout cette fois mais c'est que dalle quoi.
Juste avant je discute avec eux des maladies par exemple, qui peuvent développer.
À cause des particules de souffre, il y a beaucoup d'embolipules monaires,
il y a pas mal de maladies chroniques en fait, respiratoires qui se développent.
Ils les empêchent de travailler à long terme parce que parfois ils n'ont plus la condition physique nécessaire
pour continuer à travailler.
Dans certains cas, si les fumées sont beaucoup plus denses, ils vont faire des intoxications
et ça peut être fatal en fait, si ils ont déjà pas mal supporté ces conditions-là auparavant.
Après il y a pas mal d'accidents aussi, par exemple Harry Pinn m'a accompagné régulièrement.
Il a déjà eu plusieurs morts dans sa famille, notamment son oncle-là qui est mort à 41 ans
avec des symptômes d'embolipules monaires et de problèmes à la chronique respiratoire.
Un de ses amis, pareil, 38 ans, qui est mort il y a quelques mois, c'est des mêmes problèmes.
Il y a aussi son père qui a eu un gros accident en entrant en collision avec un touriste.
En fait, il remontait 95 kilos de souffre ce jour-là, en tout cas plus de 90, c'était presque comme a dit Harry Pinn.
Le chemin est tellement étroit que le touriste, c'est de ne pas me le c'est pas mis sur le côté
pour le laisser passer, il lui est rentré dedans, il est tombé à la renverse avec les 95 kilos de souffre sur ses épaules.
Il est resté mobilisé pendant un mois sans pouvoir marcher après cet accident.
Le touriste ne s'est même pas arrêté pour voir s'il allait bien ou pour s'excuser.
Ils sont tellement en contact avec les nuages de souffre en permanence que parfois ils ont besoin de s'en extraire,
de pouvoir respirer normalement pendant quelques temps et donc ils ont une sorte de petite cabane en bâche bleue
dans lequel ils vont faire une petite postée ou déjeuner et tout.
Là c'était le moment du déjeuner et donc on partageait, moi avec 5 ou 6 autres mineurs,
on partageait une assiette de riblan avec quelques biscuits et donc là je vois un chinois qui rentre dans la tente
sans leur demander leur autorisation et qui se met à faire des photos d'eux au moment de leur pause déjeuner
et du coup je me suis vraiment dit mais il n'y a aucune limite en fait et je trouvais ça choquant
en fait je me suis dit mais j'ai l'impression d'être dans un zoo quoi,
d'avoir aussi peu de respect pour l'être humain en fait ça m'a assez choqué.
De manière générale toutes les interactions que j'ai trouvées entre les touristes et les mineurs
étaient un peu surréalistes par exemple pour monter sur le volcan 3 km6 d'assentions
moi je les ai fait à pied comme pas mal de touristes mais en fait depuis quelques temps
un restaurant donc à Bali a offert aux mineurs une centaine de chariots pour leur permettre de redescendre le souffle
plus facilement sans avoir à le porter en fait donc ils peuvent mettre jusqu'à 300 kg de souffle sur le chariot
mais en fait les mineurs se sont rendus compte que c'était plus intéressant pour eux financièrement
de déplacer des touristes avec et donc on les voit qui remontent les touristes donc sur 3 km6
deux qui les tirent avec des cordes et un qui pousse à l'arrière jusqu'en haut du volcan et pareil pour la désente
Harry Pym se laissait assez facilement prendre en photo parce qu'il avait bien compris que ça rapportait quand même beaucoup d'argent
parce qu'en fait un portrait le monnaie entre 5000 rupi et 50 000 rupi ils vendent 1 kg de souffle 1000 rupi
donc une photo c'est comme si en fait lui remontait sur son dos entre 5 et 150 kg de souffle
il avait différents revenus quoi l'extraction de minerais, la gestaouce, les photos, les selfies
et aussi en fait ils font des sortes de petits souvenirs en souffle qu'ils ont des petits moules
dans le cratard ils mettent du souffle liquide dans les moules ils attendent que ça sèche
et après ils les vendent de touristes donc c'est des petites formes de tortues, des petites formes de I love it j'aime
donc le nom du volcan et donc ça pareil ils le vendent finalement beaucoup plus cher au kilo que le souffle naturel
Arrivine c'était le seul à pouvoir monter en moto sur le volcan
avant dernier jour moi je me prépare à redescendre et puis j'ai croisé en fait à la cafétéria
et lui aussi était sur le point de partir
il m'a proposé en fait de me ramener parce que je dois jeter chez lui dans sa gestaouce
donc il m'a proposé qu'on fasse la route ensemble
du coup j'ai pu monter en fait derrière lui sur la motocross
et vont faire toute la descente du volcan donc vraiment très très pentu derrière lui
le seul inconvénient c'est qu'en fait c'est une moto qui est faite pour une personne
et j'avais pas du tout de support pour mettre mes pieds
et la descente jusqu'au village durait environ une heure enfin presque une heure
une fois arrivé au village j'étais en train de tétaniser et tout j'avais vraiment du mal à tenir mes jambes
j'étais obligé de mettre ma cheville dans ma main d'un côté puis de l'autre pour essayer de tenir jusqu'au bout
on a refestragé ensemble et au moment de partir il avait fabriqué un système en fait
avec un petit bout de bois et un caoutchouc qui me permettait de reposer mon pied à l'arrière
le seul inconvénient c'est que quand on a commencé à rouler en fait au bout d'un moment mon pied
en appuyant sur la baguette en bois de l'autre côté il est venu toucher la chaîne de sa moto
et tout à coup en fait on a tendu un grand claquement on a vu plein de pièces de métal partir sur la route
la chaîne de sa moto venait de casser il restait super calme il a juste été récupéré ses pièces dans le fossé
et il m'a dit bah c'est pas grave et tout on remonte et donc on a fait toute la descente en roue libre
en fait sans moteur jusqu'au premier garage à l'ampleu du village et puis il a mis à réparer
vous qui un jour j'avais gagné leur respect j'en connaissais de plus en plus donc c'est vrai que c'est parfois difficile de se dire
qu'on repart et qu'on reviendra jamais et que c'est vraiment une page qu'on tourne
avant de partir j'ai évidemment dit au revoir à Harrypin son fils Wafa et donc à la femme d'Harrypin
qui me faisait à manger tous les jours avec elle était jamais montée sur le volcan
c'est quelque chose qui me surprennait voilà de me dire le volcan est finalement à une heure de chez elle
et son mari il va tous les jours depuis des dizaines d'années et elle n'est jamais montée au sommet du cratère
et donc j'y avais dit mais pourquoi vous faites pas l'ascension
pourquoi vous allez pas voir cet endroit qui déjà est magnifique et puis qui en plus fait partie de la vie de votre mari
et dans un premier temps elle m'a dit mais non mais la route est difficile
c'est physique moi je suis pas très sportive et tout mais en fait en creusant en rediscutant un peu plus longuement avec elle
je me suis rendu compte que ce qui lui faisait elle plus peur c'était pas forcément donc l'ascension
c'était plus qu'il y a un accident en fait sur place parce que elle au cours des années elle a vu son mari
parfois hospitalisé suite à des émanations de fumée très toxiques j'ai posé la question en fait à
ripine de quand t'es exposé à ces fumées toxiques comment est-ce que tu le ressens physiquement
lui il l'a décrit en fait comme des millions de déguits qui lui rentraient dans le corps
ça lui brûlait les yeux donc pendant plusieurs jours il pouvait plus ouvrir les yeux et il était aveuglé
tout son corps était comme brûlé en fait
sa femme en fait elle a connu ces moments là et je pense qu'elle est vraiment très inquiète
voilà plus à l'idée de ce qui pourrait arriver en fait sur place que par l'ascension d'elle-même
je reprends le ferrit pour Bali et une fois sur place j'ai 24 heures de battement et je me dis
j'avais envie depuis très longtemps en fait de laisser un souvenir aux gens qui m'avaient hébergé
pendant le temps de temps comme ça mais généralement j'ai pas le temps et donc là j'ai pris le temps
d'aller dans un petit magasin photo qui m'a imprimé en fait les portraits des mineurs
donc voilà les images qui étaient les plus importantes pour eux et pas forcément celle que moi je vais utiliser dans mon reportage
j'ai plus le temps de leur envoyer par la poste en mettant un petit mot et en leur disant
c'est pour la cafétéria, l'endroit où en fait ils dorment quand ils sont sur le volcan
pour que vous ayez une trace de ce qu'on a vécu ensemble et puis des souvenirs aussi de ce que vous faites au jour au jour
que ce soit les carrières de Calca en Egypte donc cette mine de souffre en Indonésie
et puis le dernier sujet que j'ai fait il y a moins d'un mois en Inde sur une mine de charbon
on est sur de l'extraction de minerais avec des conditions de travail vraiment extrêmes
et tous ces matériaux vont être utilisés dans nos objets du quotidien
on a absolument aucune idée de comment est-ce qu'ils ont été produits
on ne sait pas du tout dans quelle condition les gens travaillent et du coup je trouvais ça super intéressant en fait
de pouvoir documenter ces trois lieux dans l'espoir un jour d'exposer peut-être ensemble
pour qu'on se rende compte qu'en fait c'est plus une problématique locale
mais ça devient une problématique globale et que dans plusieurs pays sur plusieurs continents
on va retrouver les mêmes problèmes
par exemple le calcar ça va être utilisé dans tout ce qu'estimenterie
ça va être utilisé dans des industries pharmaceutiques
ça va être utilisé pour faire des céramiques, de la teinture
le souffre ça va être utilisé dans nos produits cosmétiques pour faire des allumettes
de la poudre pour les armes, des insecticides
pour raffiner le sucre pour qu'il devienne blanc
et le charbon on sait c'est une énergie fossile
Sidney terminera son tréptique photographique sur le travail minier en condition extrême
avec un dernier reportage intitulé Terre de Feu
sur des mines de charbon du nord-est de l'Inde dans la région du Jarkand
son appareil photo en main elle continue d'arpenter la planète
pour raconter le monde tel qu'il est dans ses beautés et dans ses absurdités
Les Balladeurs, une série audio-léoseurs signée Camille Jules
avec la musique de Alison Brassac et le mixage de l'Origali Ghani
Vous pouvez retrouver une autre histoire d'engagement raconté en saison 1 par Albonne Rodidier
pour dénoncer l'industrie pétrolière
Noir Pétrole dans l'Arctique Russe c'est le titre de cet épisode
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