Qu'est ce que le tourisme communautaire ? Récits et astuces concrètes

Durée: 41m46s

Date de sortie: 21/02/2024

Cette semaine, j'ai le plaisir d'accueillir Jules du blog Explore le monde pour échanger sur le tourisme communautaire. Cette forme de tourisme qui met les habitants et les communautés au cœur de la démarche est une belle manière de voyager autrement.


Dans cet épisode, on redéfinit les principes clés du tourisme communautaire, des astuces pour trouver ces initiatives et ne pas les confondre avec d'autres propositions trompeuses et mercantiles. Jules nous raconte aussi plusieurs de ces expériences de tourisme communautaire que ce soit en Tanzanie, en Colombie mais aussi en France où il est également possible de vivre des expériences similaires.


Ressources mentionnées dans l’épisode :


Le podcast « les coulisses du voyage » sort tous les 15 jours avec différents formats d’épisodes pour aider les baroudeurs et baroudeuses à voyager autrement. Selon les épisodes, vous trouverez des exemples de voyages alternatifs, des conseils sur le tourisme durable, des initiatives d’écotourisme, de mobilité douce pour vous aider à voyager durablement.


Pour découvrir mon univers : rdv sur mon blog « les globeblogueurs »


Pour poursuivre les échanges : 

*Rejoignez moi sur mon compte Instagram

*Abonnez vous à la newsletter du podcast

* Envoyez moi un mail à laura@lesglobeblogueurs.com    


Musiques : Star night - Wonderland

Visuel : Héliora


Thématiques du podcast : Voyages alternatifs, tourisme durable, voyager autrement, voyager en train, tourisme écoresponsable, tourisme communautaire, tourisme équitable

Bienvenue dans les coulisses du voyage, le podcast pour voyager avec sens et bon sens.
Je suis Laura du blog de voyage et des globes bleues.
Si comme moi tu souhaites voyager autre mort, tu trouveras par ici des témoignages inspirants
et des conseils pratiques et ressources originales pour t'aider à planifier tes prochains voyages
durables.
Hello hello, j'espère que vous allez bien.
Cette semaine j'ai le plaisir de vous faire découvrir ou redécouvrir le tourisme communautaire.
Pour démarrer, une petite définition s'impose.
Le tourisme communautaire est une forme de tourisme qui est pensée, initiée et portée
par des communautés locales dans un esprit d'échange culturel et de rencontre.
Ces initiatives se déroulent bien souvent dans des zones rurales, des espaces naturels
protégés, un petit peu à l'écart des circuits touristiques classiques.
C'est la communauté qui décide de s'ouvrir au tourisme et qui gère l'accueil des visiteurs
en proposant des hébergements et des activités pour partager leur quotidien et leur culture.
Les bénéfices issus de ces expériences reviennent entièrement à la communauté,
ils apportent un revenu complémentaire aux familles et peuvent permettre également
de soutenir des initiatives locales.
Mais je ne vais pas vous en dire plus pour l'instant car pour en discuter plus en profondeur
et concrètement, j'ai invité Jules du blog Explore le monde.
Au cours de ces dernières années de voyage en compagnie de Marine, il a vécu à travers
le monde de nombreux séjours de tourisme communautaire.
Il va donc nous partager ses expériences et ses conseils pour trouver à son tour
de beaux moments authentiques à vivre en voyage avec les communautés locales.
Belle écoute !
Salut Jules !
Salut Laura !
Comment ça va ?
Eh bien ça va, tout fraîchement revenu du Sénégal en pleine forme.
Pour commencer, dis-nous un peu quel voyageur es-tu ? Ou plutôt quel voyageur êtes-vous
car tu voyages avec Marine qui est ton acolyte dans la vie comme dans la blogosphère ?
Ouais c'est ça.
Eh bien écoute, j'ai la chance de voyager depuis une dizaine d'années, depuis 2015.
J'ai la chance de voyager parce que j'en ai fait mon métier, un peu comme toi.
Quel voyageur je suis ? Je pense que je serai malheureux si je voyageais sans rencontrer
les gens.
C'est un peu ce qui dicte nos voyages.
C'est sûr que les paysages, les animaux, etc.
C'est des choses qui marchent et qui marquent.
Mais rencontrer les gens, c'est vraiment ce qui va nous animer parce qu'on importe
avec nous des souvenirs, on importe des rencontres, des moments passés, des moments privils
dédiés.
C'est ça qui nous guide d'aller vers l'autre, de rencontrer des cultures, des traditions,
découvrir des choses.
C'est en fait la curiosité de l'autre.
Et ça on le sent vraiment dans vos contenus.
Vous arrivez très bien à retranscrire la richesse des rencontres, les émotions.
Mais c'est vrai que je pense que tu connais ce sentiment de frustration quand tu rentres
de voyage, qu'on a vécu quelque chose de fort.
On essaie de le partager à des proches et en même temps ils ne peuvent pas se rendre
compte à quel point on a vécu quelque chose de fort.
Et on a toujours eu cette frustration là.
Et tant mieux si ça peut inspirer des gens et les inciter à rencontrer les autres.
Si je t'ai invité, c'est pour parler du tourisme communautaire.
Je trouve qu'on n'en parle pas assez, que c'est pas assez connu, alors que c'est
vraiment une très belle manière de voyager.
Alors ma première question, c'est tout simplement, quelle est ta première expérience
de tourisme communautaire ? Comment ça a commencé pour toi ?
On avait barout d'un petit peu en Europe, en France, etc.
Mais notre premier voyage lointain en 2015, du coup, c'était au Costa Rica.
On est parti un mois à la découverte du pays.
On a eu la chance de rencontrer les Yorkin sur la côte Caraïbe vers Puerto Vierro.
Et en fait, ça a été un peu le déclic parce qu'on s'est retrouvé deux ou trois jours
au coeur de la forêt après une heure et demie de voiture, trois quarts d'heure de pirogue,
une demi-heure de marche.
On s'est retrouvé au milieu de la nature, pas de civilisation moderne, pas de route.
Un retour à l'essentiel et surtout une découverte d'une autre culture,
une découverte de tradition, de choses simples, mais tellement efficaces.
Et ça a été un peu ce déclic là.
Et vous aviez trouvé cette initiative par hasard à l'époque ?
En fait, on n'avait pas trop préparé ce voyage.
On était moins que maintenant, en tout cas.
On était un petit peu à la rache et on avait rencontré un Français qui vit là-bas
et qui a su gagner la confiance des Yorkin parce que lui, il les connaissait depuis longtemps.
Et il proposait aux voyageurs, alors à peu de voyageurs à l'époque,
un petit peu plus aujourd'hui, je pense, mais il proposait aux voyageurs d'aller passer
quelques jours chez eux.
Donc lui, il faisait l'intermédiaire, faisait le rôle un peu de guide et d'intermédiaire
entre le voyageur et la communauté.
Mais ce qui est important, c'est que c'est l'idée venue de la communauté.
Et c'est vraiment quelque chose d'impermeable dans le tourisme communautaire.
Enfin, pour moi, c'est la condition numéro un.
Le projet, l'idée doit être portée par la communauté et non pas par des agents de voyage, etc.
Qui peuvent être là en soutien, évidemment.
Il faut aussi les aider parce qu'il faut faire cette mise en relation entre voyageurs et habitants.
Mais le projet doit venir de la communauté.
Et c'était le cas chez les Yorkin.
Qu'est-ce qui définit selon toi les principes vraiment fondateurs du tourisme communautaire ?
Quelles sont les valeurs qui se dégagent de ces initiatives ?
Comme je disais, le tourisme communautaire doit être porté par les habitants.
Il faut qu'il y ait une volonté de leur part d'accueillir des voyageurs,
de partager leur quotidien via des activités, via une nuit ou même un séjour plus long.
Et il faut qu'il y ait une volonté de deux côtés d'échange culturel, d'ouverture d'esprit.
Il ne faut pas qu'il y ait hérarchisation culturelle.
Il n'y a pas de culture meilleure qu'une autre.
Il y a des cultures différentes.
Et c'est intéressant de les comparer, mais sans hérarchisation.
C'est y aller avec modesty, avec humilité.
Et dans l'état d'esprit, évidemment, on va comparer les cultures.
Parce qu'elles sont différentes, mais toutes les cultures sont différentes.
C'est ça qui fait la richesse de notre planète.
On va comparer, mais sans se dire,
« Nous, on fait ça, mais on le fait différemment, on le fait en mieux.
Nous, c'est plus moderne, ou alors nous, c'est plus efficace. »
Ou « Sans le faisais avant, maintenant on le fait plus, parce qu'on a trouvé d'autres moyens. »
Ce n'est pas cette approche-là qu'il faut avoir.
Mais la comparaison n'est pas mal saine tant qu'elle est avec humilité.
Je pense que le fait que les habitants soient vraiment initiateurs de la démarche,
ça fait qu'ils vont vraiment partager leur culture de manière très différente
par rapport aux autres propositions touristiques.
Les habitants vont être presque dans une démarche intime de partager de leur quotidien,
de défense même de leur communauté.
C'est un échange qui est vraiment très différent.
Est-ce que tu as pu ressentir cela toi aussi ?
Ouais, totalement.
Ça change toute l'approche.
Le fait que l'initiative vienne des habitants
fait qu'eux déjà ont une volonté de partager,
une volonté de faire découvrir leur culture.
Et qu'eux en même temps sont aussi hyper curieux de rencontrer la culture du voyageur,
surtout qu'ils rencontrent des voyageurs qui viennent un peu partout dans le monde.
Donc ils sont confrontés à pleines cultures ou de sous-cultures différentes.
Et c'est que des échanges enrichissants au-delà de cette ouverture d'esprit,
il y a même parfois de la fierté et une espèce d'accomplissement personnel hyper fort.
Je pense par exemple à des immersions qu'on a pu faire
où l'initiative vient plutôt de l'enfant de la famille,
qui est jeune, qui est dans le tourisme un petit peu,
ou en tout cas qui a cette ouverture au tourisme,
et qui se dit, pourquoi pas faire venir des voyageurs dans ma famille ?
Je vais en parler à ma famille,
et en tout cas dans les cas que je connais,
quand la personne en parle à la famille,
la famille au premier abord peut se dire,
mais qu'est-ce que des voyageurs vont venir faire chez moi ?
Et en même temps s'ils viennent, wow, quelle fierté !
Enfin, des voyageurs vont s'intéresser à moi, à ce que je fais, à mon quotidien,
et c'est assez fort, ça change aussi des villes, des destins pour certaines familles.
Au-delà des retombées économiques, de la création d'emplois
qui peut y avoir dans une zone,
alors des emplois directs,
il y a des personnes qui cuisinent, il y a des guides, etc.
ou même indirects,
parce qu'on va solliciter des producteurs pour la nourriture,
on va solliciter des artisans, etc.
Il y a une forme de fierté d'être un peu la personne du village
qui va accueillir des voyageurs,
parce que les voyageurs vont s'intéresser à cette personne
plutôt qu'à une autre du village,
ça on la ressentit,
on a même plus que ressenti,
parce que la personne nous en a parlé,
en Tanzanie notamment, dans un petit village près du lac Victoria,
où la maman disait de son fils que c'est la plus belle chose qui lui est arrivé,
parce qu'aujourd'hui elle recevait des voyageurs chez elle,
elle a pu changer son quotidien via ses retombées économiques,
mais elle a pu partager sa culture,
et même son mari disait,
merci de venir être un peu des messagers,
nous parler de votre culture,
mais aussi parler de notre culture à nous quand vous rentrez dans votre pays,
c'est vous nous donner de l'importance,
parce que c'est la communauté courrière,
et que peu de gens connaissent,
finalement en ce qu'on Tanzanie ou Kenya,
on connaît beaucoup les massas,
et qui sont très médiatisés,
mais on connaît peu les autres communautés,
et pourtant il y en a plus de 120,
et ils nous ont dit,
on va entendre parler des courrières dans votre pays,
c'est fort, c'est cool.
Au-delà, comme je disais,
de toutes les retombées directes qu'il peut y avoir,
et même des vocations que ça peut créer,
parce que des jeunes voyants
qu'ils peuvent travailler dans leur village,
plutôt que d'aller à la ville un peu loin,
quitter les parents, etc.,
vont se dire, je peux peut-être me former, être cuisinier,
être guide ou être artisan,
et rester dans le village.
Le tourisme communautaire a aussi ce pouvoir-là
de limiter un peu l'exode rural dans certaines parties du monde.
Dans ce genre de rencontres interculturelles,
on a vraiment tendance à re-questionner sa culture,
sa manière de vivre, ses valeurs,
et peut-être que ce qu'on a tendance à m'estimer
à certains moments,
on va, par le regard de l'autre,
se rendre compte que ce soit du côté voyageur ou habitant,
que ça peut être très intéressant,
et très curieux, en fait, qu'on a des choses à dire,
à partager, et que cela peut vraiment être intéressant
pour les autres qui vont le regarder d'un œil différent et plus curieux.
Ouais, complètement, tu as totalement raison.
Le fait de faire cette rencontre-là,
et de deux côtés, comme tu l'as dit,
nous, par rapport à notre propre culture,
on fait un peu un pas de côté,
et on se met un petit peu à s'auto-observer aussi,
et à se dire,
dans le sens positif et négatif,
parce qu'on a des côtés pervers dans notre culture,
dans la modernisation,
avec des gros guillemets,
parce que je n'aime pas trop parler de modernisation,
là, justement, on rentre un peu dans cette hiérarchisation,
mais on va dire la modernisation entre guillemets,
et se dire qu'il y a des côtés pervers,
et en même temps, il y a aussi des choses super intéressantes,
super pertinentes qu'on peut apporter,
et pour les habitants, souvent, tu l'as dit,
il y a une sous-estimation de sa propre culture.
Après, avec du temps,
ils se rendent compte que finalement,
dans certaines communautés,
leur culture, leur tradition,
sont hyper riches, hyper intéressantes,
et donner de l'intérêt à cette découverte-là
apporte ça, apporte ce côté un petit peu valorisation,
et créer une nouvelle estime de cette culture-là.
Ça me fait vraiment penser quand on rencontre des artisans,
des militants, des hébergeurs qui ont créé leur petit cocon.
Quand on discute avec eux, comme c'est leur quotidien,
eux, ils ne se rendent pas forcément compte à quel point
ce qu'ils ont pu accomplir, c'est extraordinaire,
c'est enthousiasmant,
et c'est dans l'échange et dans le regard de l'autre
que parfois, ils se rendent compte que ce qu'ils font,
ce n'est pas rien du tout, c'est hyper intéressant,
c'est hyper enrichissant,
et d'ailleurs, je trouve que c'est souvent les gens les plus humble
qui ne se rendent pas compte à quel point
leur vie peut être vraiment très inspirante.
Et c'est justement cette humilité,
je pense qu'il fait l'authenticité,
la véracité de la rencontre,
quand on parle de ce genre de voyages lointains,
mais même en France,
aller passer quelques jours avec un agriculteur ou un éleveur,
on va nous découvrir un métier qu'on ne connaît pas,
qu'on n'entend parler, etc.,
mais tant qu'on n'est pas dans le métier, on ne le connaît pas,
c'est quelque chose d'enrichissant pour soi,
c'est quelque chose d'enrichissant et de valorisant
pour la personne qui nous accueille.
Et c'est possible de le faire en France aussi,
et passer deux, trois jours,
alors je prends l'exemple d'un éleveur,
mais ou alors avec un éleveur de brebis dans la montagne,
enfin c'est quelque chose où, comme tu disais tout à l'heure,
on sort des sensibles bâtus,
on sort des vacances classiques.
C'est aussi ça, c'est aussi à découvrir du territoire,
parce qu'on va vers la rencontre,
mais finalement, c'est une porte d'entrée
vers la découverte de son territoire,
parce que ce qui m'a marqué dans les immersions qu'on a pu faire,
alors évidemment, on découvre des savoir-faire, etc.,
mais c'est surtout la connaissance du territoire
par les habitants qui nous accueillent.
Alors quand je dis connaissance du territoire,
c'est à la fois l'histoire,
mais aussi la connaissance des plantes,
l'utilisation des matières naturelles, des roches, etc.
et ça c'est hyper enrichissant, c'est assez fort.
Et la connaissance des petits spots secrets ?
Ouais, c'est vrai que je pense à un spot particulièrement canon,
aussi en Tanzanie, pas au lac Victorien,
mais pas très loin du lac Maniara,
où il y a un point de vue sur un rocher,
à chaque fois que je vais dans le village, on va là-bas,
elle se pointe de vue, il est juste incroyable.
Et d'ailleurs, à chaque fois qu'on l'a posé sur les réseaux,
tout le monde nous dit, c'est où, c'est où, je veux y aller ?
Si vous voulez le voir les gars, il faut aller dans le village,
j'ai rencontré les gens,
et puis voilà.
Et d'ailleurs même, c'est il y a ce phénomène,
ou de plus en plus,
parce que sur Instagram, etc., les voyageurs, les blogueurs, etc.,
posent des spots magnifiques,
et derrière ils sont vite bondés, etc.
Et quand on est sur un spot comme ça,
on le divulgue pas l'emplacement pour le préserver,
mais par contre on incite les gens à aller parler aux gens des environs,
et qu'ils aient aussi la chance de le découvrir.
Ah c'est sûr, ce sera pas le même plaisir de découvrir ce spot-là,
juste en suivant son GPS.
Je me rappelle, dans mes premiers voyages,
on n'avait pas autant d'outils qu'aujourd'hui,
donc on devait beaucoup plus chercher,
galérer parfois pour trouver des petits spots,
des endroits sympas,
mais quelle satisfaction quand on y arrivait,
c'est un plaisir qui n'est pas du tout le même.
On a beaucoup parlé d'échanges culturels.
Quelles activités les plus marquants tu as pu vivre
dans ces séjours de tourisme communautaire ?
Je devais citer deux, trois exemples.
On a eu l'occasion l'année dernière
de partir chez les Hikus dans la Sierra Nevada en Colombie.
Alors on n'est pas sur le chemin de la cité perdue
qui est devenu une zone d'overtourisme à mort,
où on prétexte de la rencontre avec des communautés,
mais bon, il n'en est rien.
Là, on est vraiment dans un endroit pour te donner une idée.
Il faut faire une heure et demi de bus,
une bonne heure de moto à monter sur des grosses pentes,
où on a les Caraïbes qui se dévoilent, c'est magnifique.
On finit par trois quarts d'heures de marche
et une rivière à travers Saint-Pyrrhoge.
Voilà pour situer un petit peu le lieu.
Et puis là-bas, on a redécouvert,
on a reconpris tout le conflit armé avec les Farcs.
Parce qu'il faut savoir que dans cette zone-là,
il y avait énormément de fermes de cocaïne,
alors que des communautés Hikus vivaient ici.
Donc il y a une espèce de cohabitation,
enfin, ou plutôt d'expulsion des Hikus de la région.
Ils ont réappris à s'approprier les lieux,
malgré les vestiges des laboratoires de cocaïne, etc.
Donc il y a une espèce de passé présent au même endroit,
qui est assez fort.
Et redécouvrir le conflit à travers leurs yeux
était quelque chose d'assez nouveau, enrichissant,
parce qu'on entend plein de choses,
et finalement, on comprend beaucoup plus de choses
en étant sur place.
Donc ça, ça a été assez fort.
Comme autre exemple,
il y a un exemple qui m'a émarqué il y a 5-6 ans,
dans la pénacule de Yucatan au Quintanaro.
Évidemment, la culture Maya est ultra présente dans la région.
Mais je ne savais pas que des Mayas, qui ne parlent que Maya,
qui ont la culture Maya, qui ne parlent pas espagnol,
vivaient encore.
Et quand je suis arrivé sur place,
donc c'est un projet qui a été monté par l'enfant de la famille,
justement, on en parlait un petit peu de cette création d'immersion,
qui lui partit vivre à Cancun pour étudier, etc.
et qui est revenu dans sa famille pour se dire,
en se disant qu'il y a quelque chose à faire,
il faut amener des voyageurs, voir ma famille,
découvrir la culture Maya, etc.
Donc son projet est top.
Et on a passé du temps avec son grand-père,
Pedro, 80, alors à l'époque il avait 82 ans, je crois,
et lui ne parle que Maya.
Et là, ça a été presque un choc pour moi,
dans le sens positif,
c'est-à-dire une culture que je croyais,
enfin une langue que je croyais morte,
une culture que je croyais morte,
et en fait encore ultra présente,
et c'était ultra passionnant.
Alors évidemment, il y avait son neveu avec nous pour traduire,
mais ses connaissances étaient incroyables.
En plus, son histoire, lui, au moment de l'arrivée,
en fait, si tu es au moment de l'arrivée des colons,
il y a eu tout un tas de choses qui ont été mises en place,
notamment la culture, enfin les tchikleros,
c'est les hommes qui étaient cherchés d'entailler les arbres
pour récupérer la sève et faire la pâte à chongombe,
qui servait en niveau de l'artisanat, etc.
Et lui, il était tchiklero,
jusqu'à 75 ans, il montait à 60 mètres de haut dans les arbres,
avec juste une yane,
et il a fait ça toute sa vie.
Donc son histoire post-colonial, on va dire,
plus sa culture Maya, c'était ultra marquant.
C'était, enfin j'en ai la chair de poule d'en parler,
tu vois, parce que c'était en force,
c'était vraiment un on-off dans mon esprit.
Si je devais citer un dernier exemple,
je reviens dans le petit village de Nyamburi,
près du lac Victoria, en Tanzanie.
Comme je disais, c'est une culture,
enfin une communauté qu'on ne connaissait pas à la base.
Et là, on a pris, on a découvert le fonctionnement
un petit peu de leur société,
où finalement l'individu n'a pas sa place,
et c'est vraiment la communauté qui prend le pas.
Alors ça se ressent dans les lois tribales,
qui font qu'on ne banni pas quelqu'un,
on ne laisse pas quelqu'un seul,
ou alors s'il est banni,
il faut vraiment qu'il ait fait quelque chose de grave.
Et puis les lois tribales s'organisent pour qu'une femme,
par exemple, qui a perdu son mari,
ne se retrouve pas seul,
parce que c'est l'homme qui est propriétaire des terres.
Donc il y a un mariage autorisé entre femmes
pour partager les terres, etc.
Enfin la place de l'individu et de la communauté
était assez incroyable,
parce que différentes de notre culture à nous,
et c'était ultra-pasionnant.
Alors en plus, on a eu la chance d'arriver au moment
où il y avait une cérémonie de passage à l'âge adulte
pour un garçon.
Alors pas du tout mis en scène,
c'était pas du tout prévu pour nous.
Il s'est trouvé qu'on arrivait ce jour-là,
au même moment.
Donc on arrivait avec beaucoup d'humilité,
presque de la mise en retrait,
presque de la gêne d'être là,
parce qu'on ne sentait pas notre place.
Et finalement, on a été intégrés hyper chaleureusement.
On était en plus les premiers voyageurs
à se rendre sur le village.
Donc c'était quand même assez fort de rencontres
et d'enrichissement.
Et comment vous les trouvez toutes ces belles expériences ?
Déjà, je pense qu'il faut chercher.
Il ne faut pas s'arrêter à ce que proposent toutes les agences.
On parlait des maçailles en Tanzanie.
Toutes les agences ou presque proposent une immersion chez les maçailles.
Une immersion avec de gros guillemets,
puisqu'en fait, en réalité, on va y passer une demi-heure,
trois quarts d'heure maximum.
On va payer, je ne sais pas, 15 euros, 20 euros peut-être.
Et on va regarder les maçailles dansées,
on va regarder Artizana et on va partir.
Ça, ça n'a rien d'une immersion.
C'est une attraction, c'est une activité.
J'aime même pas dire ce mot,
parce que je révule tellement ce genre de choses
que je pense que la base, pour vérifier si une immersion
est solide en termes de valeur,
c'est déjà à savoir quel temps on va y passer.
En une heure, on ne peut pas rencontrer des gens.
On ne peut pas aller,
enfin, à part se dire bonjour et demander le prénom,
je ne vois pas ce qu'on peut vraiment connaître de l'autre.
Donc je pense que déjà, le minimum, c'est de y passer une journée.
C'est vraiment le minimum.
Je comprends que certaines personnes
soient freinées à l'idée de passer une nuit, deux jours
parce que des fois, le voyage peut être court, etc.
Mais une journée, c'est le grand minimum.
Et je dirais qu'à deux, trois jours,
ça commence à devenir intéressant.
Après, il y a des agences engagées qui le proposent.
Alors, le réseau de la Thès,
agir pour un tourisme équitable et solidaire,
est une valeur sûre parce qu'ils ont un cahier des charges
en termes de valeur qui est très précis, très lourd.
Et c'est que des immersions, pour le coup, menées, choisies,
décidées par des locaux.
Les agences sont là pour créer le lien,
pour amener les voyageurs, tout en les préparant aussi, c'est important.
Mais c'est vraiment ce fil rouge.
C'est vraiment les locaux qui sont décideurs
et qui ont envie de mener ces immersions.
Après, il y a pas mal d'associations nationales
qui regroupent ce genre d'initiatives de tourisme communautaire
alors à chercher en français ou en anglais, dans certains pays.
Ou en Espagne, parce qu'il y a beaucoup d'initiatives aussi
en Amérique du Sud.
Oui, en Amérique du Sud.
Du coup, en Espagne aussi.
Je pense au Sénégal, où je reviens,
il y a par exemple une association des campments villageois en Casamance,
dans le sud du pays, qui regroupe tous les campments villageois.
Alors là, on est à cheval entre l'immersion communautaire
et un tourisme local moins immersif.
Mais on est quand même au coeur des villages,
on est quand même au coeur de la culture.
On n'est pas dans un hôtel, on n'est pas dans un lodge.
Donc c'est une forme de tourisme communautaire aussi
et qu'il y a des retombées économiques, sociales et environnementales
assez fortes.
Après, il y a quelques médias, quelques blogs,
mais malheureusement trop peu, je trouve, qui en parlent.
Babel Voyage est un média engagé sur le tourisme durable.
Parle de ce sujet-là, c'est intéressant.
Après, il y a quelques structures comme Vaolo Canada qui le proposent.
Alors ils sont plus sur de l'émergement.
Donc ça peut être un peu à cheval,
mais il y a quand même une forme de...
Il y a une idée quand même de tourisme communautaire.
C'est marrant que tu parles de Vaolo,
car au moment où sortir un podcast,
sabément, on sera au Mexique pour labéliser des hébergements
pour Vaolo justement.
Donc peut-être pour en dire un petit mot,
parce que ça peut être une ressource aussi très utile
pour chercher des initiatives de tourisme communautaire.
Donc Vaolo, en fait, c'est une plateforme
qui recense des hébergements à travers le monde,
mais pas n'importe quel hébergement,
puisque ce sont des lieux qui ont une démarche engagée,
alors que ce soit d'un point de vue environnemental,
mais aussi humain.
Il y a tout un tas de critères,
notamment l'authenticité, les valeurs humaines,
l'échange culturel,
le fait que les bénéfices soient vraiment utiles
pour les locaux, pour les communautés.
Tout un tas de critères qui en font vraiment
des initiatives très intéressantes à regarder.
Et parmi ces hébergements,
il y en a pas mal qui sont justement gérés par des communautés.
Et donc en lien avec ces hébergements,
on peut aussi trouver des activités
alors qu'ils ne seront pas directement réservables
sur la plateforme,
mais qui seront gérés par les gens, justement,
de l'hébergement qui pourront nous mettre
en relation avec les bonnes personnes.
Donc sur la plateforme Vaolo ou Yucatan,
il y a déjà plusieurs expériences
qui sont labellisées,
qui font partie de ce qu'on appelle le tourisme communautaire,
qui sont portés par des communautés.
Et ces mêmes communautés d'ailleurs
font partie de réseaux organisés
qui permettent aussi de leur donner une visibilité.
Donc à la fois avec les réseaux de communauté
et la plateforme Vaolo,
on augmente les chances et la visibilité
de ces très très belles initiatives
qu'on aurait du mal à trouver autrement.
Parce que ce qu'on n'a pas encore dit,
c'est que les habitants impliqués
dans le tourisme communautaire,
ce n'est pas leur première activité le tourisme.
Souvent, ils sont artisans, agriculteurs
ou plein d'autres métiers.
Et donc, ils ne sont pas forcément le temps
de faire la communication,
ils n'ont pas forcément les compétences en marketing,
par exemple, pour attirer des nouveaux voyageurs.
Donc c'est vraiment très utile d'avoir des outils
comme ça, d'avoir que ce soit des agences,
des réseaux ou cette plateforme Vaolo,
qui fait vraiment le lien entre les voyageurs
et ces initiatives-là.
En fait, on disait tout à l'heure,
le rôle de ces structures-là,
c'est de faire la mise en relation.
Parce que je crois que c'est une...
Il y a des études de fête
sur les initiatives de tourisme communautaire dans le monde.
Et finalement, sur tous les projets qui existent,
il y a une infime partie qui accueille des voyageurs,
parce qu'ils n'arrivent pas à capter cette clientèle,
parce qu'il y a un aspect mercantile,
même si ce n'est pas la valeur de ces projets-là.
Il y a quand même hanté d'accueillir des gens,
mais si tu n'arrives pas à rencontrer ces gens,
tu ne peux pas les accueillir.
Donc ces structures-là ont cette utilité-là.
Et tu parlais aussi de préparation,
parce qu'on ne peut pas accueillir tout type de voyageurs.
Et je pense que c'est hyper important aussi
que les voyageurs soient préparés,
parce qu'effectivement, on ne va pas juste,
dans sa chambre d'hôtel,
on va passer du temps.
Donc il faut avoir cette envie-là,
de passer du temps,
de ne pas juste rester à rien faire.
Alors ça peut être rester à rien faire,
mais rester à rien faire avec les autres.
Voilà, il y a cette ouverture d'esprit à voir.
Et puis, il y a cette différence culturelle,
on parlait tout à l'heure,
de ne pas hiérarchiser.
Donc il y a un comportement aussi d'humilité à avoir.
Et c'est important que ces structures-là soient là pour préparer.
Il y a une autre chose que tu as évoquée.
C'est que généralement,
les projets d'accueil de tourisme communautaire
sont des activités secondaires,
ou parallèles à leur activité normale.
Et je pense que c'est hyper important que ça le reste,
parce que d'une, ça permet de ne pas dénaturer aussi leur quotidien,
parce que leur métier, c'est pas d'adglide ou d'être maison d'autre.
Mais c'est bien d'être artiste, artisan, fermier, etc.
et de faire découvrir ce quotidien-là.
Le deuxième argument, c'est que
on l'a vu pendant des crises comme le Covid,
où le tourisme s'est arrêté quasiment dans certains pays.
Si ces gens-là étaient devenus dépendants du tourisme,
ça veut dire que pendant un an et demi, deux ans,
ils n'auraient plus eu de revenu du tout.
Et c'est hyper important que le tourisme reste une activité secondaire
qui apporte complètement de revenus et qui ne soit pas tributaire de ça.
Ça fait partie des critères un petit peu qu'on peut estimer
quand on fait des recherches, voir si l'initiative est bonne ou non.
Tu parlais de préparation au voyage.
Vous êtes partis plusieurs fois avec des agences sérieuses.
Je pense à Ndala, je pense à Solidérance.
Comment elles préparent les voyageurs en amont ?
Oui, alors tu parlais d'Ndala.
J'ai même depuis un an, je les accompagne aussi.
Je les aide sur ça, pas que j'apporte une expertise particulière,
ce qui vous est très bien sur moi avant,
mais je suis là un peu en backup pour les aider sur la préparation des voyageurs.
On a toujours un entretien d'un quart d'heure,
20 minutes avec chaque voyageur avant le départ.
Alors c'est sûr que c'est du temps que l'agence pourrait se passer
et l'occuper à autre chose.
Mais c'est un temps qui est primordial.
C'est un critère à ne pas retirer.
Pendant ces 20 minutes, on va essayer de comprendre un peu aussi
les attentes du voyageur, lui dire ce qui est possible, ce qui n'est pas possible.
L'amener dans cette démarche d'ouverture d'esprit,
d'être actif pendant son voyage, pendant son immersion,
et puis lui introduire un petit peu la communauté et la culture
sans le dévoler parce qu'on n'est pas membre de cette communauté,
donc on n'a pas assez connaissance là.
Mais faire ce petit travail de brise glace
en lui présentant aussi les gens qui vont les accueillir,
que ce soit le guide du village ou la personne qui accueille les voyageurs chez eux, etc.
Alors déjà, dès la prise de contact au moment où le client veut réserver un voyage,
on arrive à sentir dans ce qui recherche, on arrive à sentir si la personne
est la cible ou non pour aller dans les villages.
Alors en temps de zanine, par exemple, beaucoup disent
j'aimerais rencontrer les maçailles.
Ça, c'est le discours classique.
On explique un petit peu ce qui se passe avec les maçailles.
Et là, on voit tout de suite si la personne nous dit,
ouais, je vais quand même les rencontrer.
Next, ce n'est pas la peine, ce n'est pas le type de voyageur que l'agent s'est accueillir.
Si la personne est ouverte sur la question de d'autres communautés
et d'autres façons de faire que juste une heure ou une an et quart,
dans ce cas là, on ouvre les portes du village.
Ce qui est important aussi, et je reviens un petit peu sur les critères de choix
comme on trouvait des immersions, c'est que quand un voyageur réserve,
par exemple, deux jours dans le village d'Hendala,
à telle date, il n'y aura aucun autre voyageur.
Il n'y a pas question que le village soit envahi de voyageurs
et qu'il se retrouve avec 10, 15, 20 voyageurs d'un couple.
Quand un couple est présent, par exemple, deux jours,
il n'y aura que ce couple présent dans le village.
Voilà, c'est un des critères aussi.
Alors c'est sûr qu'au niveau business,
l'agence pourrait se dire, tel jour, je peux envoyer quatre groupes,
je vais faire un moment, mettre plein les poches,
mais ce n'est pas du tout les valeurs et ce n'est pas du tout comme ça
que le tourisme communautaire doit être géré.
Donc voilà, il y a cette notion aussi de refuser du business,
refuser d'être dans le mercantil à tout prix
et juste d'être dans le respect des autres.
Ailleurs, en Tanzanie, sur les maçailles, on le voit,
il y a un village, je passerai régulièrement devant quand j'y vais
parce que c'est sur la zone des parcs, etc.
Il y a un village sur les flancs d'une grande goro
où il y a des fois jusqu'à 30 voitures garées
avec des gens qu'on devine à moitié sur une espèce d'estrade
et puis cinq ou six maçailles devant eux.
Enfin, c'est honnêtement agerbé.
Alors c'est vrai que dans le tourisme communautaire,
on n'a pas de mise en scène culturelle.
Ça, c'est vraiment un point très, très important.
On ne va pas organiser, par exemple, un rite spécialement pour les touristes
si c'est pas le moment.
Pareil, on ne va pas montrer une danse si elle se fait uniquement
dans un cadre, dans une cérémonie particulière.
Le voyageur va vraiment découvrir ce qu'il y a au moment du voyage,
ce qui se passe au moment où il est là dans la communauté.
Donc ça peut être des activités du quotidien,
ça peut être des activités d'artisanat.
Et puis parfois, il peut y avoir aussi des événements culturels.
On peut avoir la chance d'arriver au moment où, je ne sais pas,
il y a un mariage, il y a un rite initiatique,
il y a une fête particulière.
Mais sinon, on ne va pas faire de mise en scène de spectacles folkloriques
juste pour les touristes.
C'est ce qui permet aussi de garder vraiment toute l'authenticité de l'expérience.
On le voit trop dans ces mauvaises initiatives.
On le voit beaucoup trop.
On nous garantit des choses déjà.
C'est pas mal, on ne peut pas garantir ce qui va se passer dans une immersion.
Il n'y a pas de deux immersions identiques
parce qu'on est à deux moments différents.
Il se passe des choses différentes dans le village.
Selon le saison aussi, on ne peut pas garantir aux gens
là, tu vas aller travers les vaches,
après tu vas aller ramasser telle chose.
Puis après, il y a une danse.
Non, ce n'est pas possible parce que quand on va dans un village,
selon la saison, on va se retrouver.
Si on est avec une famille, par exemple, de fermiers,
on va se retrouver aussi bien à ramasser des poids,
qu'à les cahiers de bananes, qu'à les labourrer les champs.
Enfin, voilà, il n'y a pas de choses équivalentes.
Après, il y a des choses qui se font toute l'année
ou par exemple, on va les rencontrer à un artisan.
Dans ce cas, ça reste un petit peu continu.
Enfin, sous tendu qu'il est disponible aussi
parce que ce n'est pas vrai, on ne va pas bloquer son temps
pour des voyageurs, alors que lui, un vrai métier entre guillemets.
Donc, c'est hyper important.
Là où ça devient un peu délicace,
c'est que dans certaines cultures, la danse d'accueil fait partie
à part entière d'une tradition, qu'on soit touristes, pas touristes.
L'occasion de la danse locale, etc. qui est une cérémonie ou non.
Et dans ce cas, elle s'entend.
Oui, oui. Dans ce cas-là, c'est logique effectivement.
Je pensais plus aux danses, car j'ai déjà vu dans certains pays
ce genre de spectacles, de mises en scène hyper fake.
On te fait croire un peu que les habitants, ils font cette danse-là
quasiment tous les jours, alors qu'en fait, ils le font juste
parce qu'il y a des touristes qui passent.
Et en plus, on n'a pas de lien avec les gens qui font ces spectacles.
C'est vrai que l'expérience n'est pas tellement intéressante.
Cette mise en scène, elle peut même aller plus loin avec des fois
même des reconstitutions complètement factistes.
Il faut savoir qu'en tantes années, il y a des villages qui sont créés
par des tours opératoires, pièces où personne n'habite dedans.
Mais quand les voyageurs viennent, ils vont mettre trop quatre maçais
juste pour les accueillir.
Rien que de le dire, ça me meurt de moins.
C'est hallucinant et ça cumule ça plus les danses d'accueil
où les célèbres sauts des maçais qui en fait sont une tradition très ancrée,
mais qui ne se fait pas à ce moment-là.
C'est dommage qu'ils se dérivent là parce que ça dessère le tourisme communautaire quelque part.
Mais je pense que quand on voyageurs, si on fait cet effort
d'aller plus loin que juste la proposition devant nos yeux,
nous pour le coup, on le viage à fois.
Il y a des moments et des immersions magnifiques à faire, des rencontres
Je pense qu'on a brossé quelques critères qui permettent déjà de faire
la différence entre une vraie démarche de tourisme communautaire
et une proposition mercantile, on va dire, sans réel engagement.
On peut, comme tu le disais, s'appuyer sur des agences fiables
du réseau Athez, sur des plateformes comme Vaolo aussi.
Sur place, je pense qu'il faut aussi garder l'œil et les oreilles bien ouvertes,
et de ne pas se renseigner parce qu'il y a certaines initiatives
qu'on va découvrir vraiment que sur place parce que la communication
va se faire de manière vraiment très locale.
Comme on le disait, les habitants, ils n'ont pas forcément les moyens
de faire de grosses campagnes de communication.
Donc ça peut aussi beaucoup marcher par le bouche à oreilles.
Surtout qu'il y a aussi pas mal d'expériences à la journée
qu'on peut tester, c'est-à-dire plutôt que de faire appel à des prestateurs,
on va dire classiques, on va plutôt choisir des gens d'une communauté,
par exemple, qui proposent d'aller te guider dans un espace naturel,
de te faire découvrir du patrimoine, etc.
ou de te faire découvrir, par exemple, un artisanat local ou la gastronomie.
Et je trouve que c'est toujours très, très différent quand on est avec des habitants
d'une communauté impliquée.
L'échange, la rencontre va être complètement différente,
elle va être beaucoup plus incarnée.
Je pense, une fois, par exemple, on était allés au Nicaragua,
on était allés faire du canyoning.
Et en fait, c'était une famille qui tenait ça,
ils avaient un bout du canyon,
ils avaient leur village à proximité, donc qui proposait des hébergements,
et la découverte de ce canyon.
Et en fait, on s'est vite rendu compte que ce n'était pas une science de canyoning
classique, on n'était pas avec un moniteur.
Alors bien sûr, ils faisaient attention à la sécurité et tout ça.
Mais il était beaucoup plus dans l'échange aussi
émotionnel, personnel de ce que le canyon pouvait représenter pour lui.
Et il connaissait par coeur les moindres détails de l'endroit.
Donc c'était vraiment aussi faire du canyoning.
C'était vraiment là un prétexte aussi pour le rencontrer,
pour échanger sur son quotidien, etc.
Donc c'était vraiment très, très différent.
Je suis totalement d'accord avec toi.
Et d'ailleurs, j'ai un exemple hyper similaire au Mexique, en basse-Californie,
où c'est pareil, c'est une petite famille qui avait de génération en génération,
un terrain dans un petit canyon, un coin vraiment pas connu.
L'arrière petit-fils, aujourd'hui, l'exploitent.
Alors ils ont toute une ferme, etc.,
qui est leur activité première.
Et ils ont fait une petite maison d'autre avec deux, trois chambres,
pas plus.
Le coin est juste incroyablement beau.
C'est des grosses pierres blanches avec de mots transcussibles.
C'est incroyable.
Et il accueille les voyageurs comme ça et des emmènes faire un peu de canyoning,
se baigner, faire une rondeau de 2-3 heures, parler des plantes.
Enfin voilà.
Et comme tu disais, il n'est pas guide de canyoning à te dire,
met les bras croisés, etc.
Par contre, il connaît par coeur la profondeur de ce trou là.
Il connaît par coeur le toboggan ici.
Et du coup, c'est une porte d'entrée pour te parler d'autres choses,
de son histoire, de sa vie.
Et c'est peut-être une porte d'entrée sympa pour les personnes qui ne veulent pas
s'immerger pendant trois jours, quatre jours, dans un coin reculé, etc.
C'est juste une philosophie, je pense, de vouloir rencontrer des gens.
Et ça peut se faire de diverses formes.
Même dans les zones un petit peu de ville,
j'ai un petit exemple en tête, en tant que famille,
ou général qui est devenu d'ailleurs un ami, à force de retourner,
de créer du lien avec sa famille.
On parlait au début, je parlais du fait qu'on ramène des souvenirs et des moments
forts. Là, pour le coup, on a ramené une raconte tellement force
que c'est devenu des amis proches, au point que ce soit des personnes qui
comptent plus que certaines qui sont dans mon quotidien ici en France,
qui sont là dans les moments durs, dans les moments de joie.
Et ce lien, je n'aurais jamais eu sans aller chez eux.
Et eux sont plutôt en ville dans la zone de Aroucha.
En la base, c'est une maison d'autres.
Encore une fois, la maison d'autres, c'est une porte d'entrée.
D'arrière, on peut rester journée, deux journées, trois journées,
aller dans le village, se baigner avec les enfants à la rivière,
aller au resto de sa maman.
Enfin, on peut faire plein de choses.
Presque, finalement, pour les personnes qui ont le plus de freins,
la maison d'autres, ça peut être la première expérience,
la première ouverture qui va donner envie de peut-être
d'aller dans une deuxième maison d'autres, mais plus longtemps,
et puis petit à petit d'aller dans un village, etc.
C'est ce que proposent justement Vaolo, car dans leurs différents hébergements,
il y a aussi cette ouverture vers des activités authentiques
portées par des habitants, par des locaux,
et qui sont proposées par les bergeurs qui fait un peu la mise en relation.
Ça peut être une porte d'entrée facile pour ceux qui ne veulent pas forcément
chercher des heures et des heures la petite pépite sur le net.
C'est clair.
C'est vrai qu'il y a certaines expériences qu'on a trouvées au bout de quelques pages Google.
En France, on va pas obtré d'aller loin, forcément.
Je pense en immersion, qui est une agence française qui a été créée il y a
deux ans par Loïc et qui propose lui, j'en parle un petit peu,
d'aller rencontrer un berger au fin fond de l'Osoirati dans les Pyrenees,
d'aller avec un guide pastoraliste en forêt.
Et à chaque fois, le point commun, c'est qu'on va passer du temps avec cette personne.
On va dormir chez lui ou dans sa maison d'autre.
Mais on est au contact de cette personne et n'est pas juste dans la maison d'autre
à manger et dormir.
On va le berger, par exemple, on va aller passer une ou deux journées
dans les pâtes-turages avec lui, etc.
Comprendre son histoire, comprendre son activité.
Et ça, ça peut se faire très facilement du coup en France.
Il me semble que vous aviez travaillé avec Accueil paysan aussi qui fait ce.
C'est aussi une façon d'aller rencontrer, de découvrir l'activité en son coeur et
sans que ce soit en termes de zone de confort, sans que ce soit forcément compliqué.
Écoute, je crois qu'on a brossé pas mal de choses.
Sur notre blog, on a un article avec différents exemples de tourisme communautaire.
Je vais l'enrichir avec les ressources dont on a parlé.
Je conseille aussi aux auditeurs et auditrices d'aller découvrir votre blog, donc Explore le monde
et aussi se procurer le guide Taomonde que vous avez écrit et qui ressentent plein d'initiatives
intéressantes à travers le monde, dont des expériences de tourisme communautaire.
Donc il est disponible en format web ou en format papier.
On reste quelques ans en stock en papier, il bouc évidemment à l'infini.
On parle de tourisme communautaire dedans.
Il y a une petite partie, il y a une première partie un peu, qu'est-ce que le tourisme durable ?
Et puis après, on est une partie où on donne 1000 adresses à travers 50 pays.
Et là, évidemment, on donne quelques initiatives de tourisme communautaire très sympa.
Je te remercie énormément.
Tu feras plein de bisous à Marine.
Et surtout, je vous souhaite plein de jolis voyages.
Mais je ne doute pas que vous allez nous cocompter de très très belles escapades.
J'ai hâte de voir tout ça.
Merci énormément d'avoir écouté ce nouvel épisode des coulisses du voyage.
J'espère qu'il vous a plu et que vous serez utiles.
Comme toujours, vous trouverez toutes les ressources mentionnées dans la description de l'épisode.
Si vous aimez mon podcast et souhaitez vous soutenir,
n'oubliez pas de vous abonner si ce n'est déjà fait.
Et de me laisser une plus éditoile et de commentaires sur toutes les plateformes
qui le permettent comme Apple Podcast et Spotify.
Venez aussi.
Si papoter avec moi sur mon compte Insta,
à rebase,
Google blogueur, c'est toujours un plaisir d'échanger avec vous.
À bientôt.

Les infos glanées

Je suis une fonctionnalité encore en dévelopement

Signaler une erreur

Lescoulissesduvoyage

« Les coulisses du voyage » c'est le podcast pour voyager avec sens et bon sens !   Tous les 15 jours,  tu trouveras : Des conseils pour voyager durablement 🌱 Des réflexions et des initiatives originales pour barouder différement 🚲 Des immersions sonores où je t'emmène avec moi en voyage à la rencontre d'habitants, artisans, guides à qui je tend mon micro Slowtourisme, hébergements durables, écotourisme, mobilités douces, jolies rencontres, alternatives engagées ... sont au programme.  Pour découvrir mon univers tu peux déjà consulter mon blog « les globeblogueurs » (https://lesglobeblogueurs.com/) ou me rejoindre sur  Instagram (https://www.instagram.com/globeblogueurs/),  sous l'identifiant « globeblogueurs ». Je serai ravie d'échanger avec toi.  Si tu aimes ce podcast tu peux me soutenir en : 👍 t'abonnant à ce podcast sur ta plateforme préférée ✉️ t'abonnant à la newsletter pour contribuer au podcast, c'est par ici (https://podcast.ausha.co/les-coulisses-du-voyage?s=1) ⭐ En me laissant une évaluation 5 étoiles et un commentaire sur Apple podcast.   Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Tags
Card title

Lien du podcast

[{'term': 'Society & Culture', 'label': None, 'scheme': None}, {'term': 'Society & Culture', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}, {'term': 'Places & Travel', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}, {'term': 'Science', 'label': None, 'scheme': None}, {'term': 'Science', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}, {'term': 'Nature', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}]

Go somewhere