Bienvenue dans la série spéciale développeur en 2039.
Mon but est de te faire réfléchir à notre monde d'aujourd'hui
en se projetant dans l'avenir.
Cette série comporte 20 épisodes que je t'invite à suivre dans l'ordre.
Prêt ? C'est parti.
C'est Eléa, un petit dernier.
Elle a fêté, c'est un an, 2019.
Elle aura 20 ans 2039 et moins 60.
Elle commencera sa vie professionnelle quand je serai en train de finir la mienne.
Enfin, ça, c'est selon les nendés les codes d'aujourd'hui.
Et comme beaucoup de parents, je me pose des questions.
Probablement une question d'âge.
Je ne me souviens pas de m'être posé ces questions pour le premier.
Bon, en même temps, j'avais 25 ans et j'avais l'éternité devant moi.
À quoi ressemblera le monde qu'on va leur laisser ?
Comment les préparer pour qu'ils y trouvent leur place ?
Quel est ma responsabilité dans tout ça ?
Quel est mon rôle de développeur dans cette histoire ?
Parfois, j'ai peur, surtout quand je réalise la dépendance de notre quotidien à la technologie.
Des gens comme moi ont parfois un impact sur la vie des milliers ou des millions de gens.
Vous vous souvenez l'affaire de parcours supe ?
On a vu ce que ça donnait quand un bug logiciel mettait la zizanie dans les parcours post-back.
Imaginez si on avait pris les mêmes pour gérer l'aiguillage des trains.
Cette dépendance, c'est la faute à qui ?
A personne et à tout le monde ?
Vous vous souvenez de comment on faisait avant Google Maps ?
Moi, j'ai déjà oublié.
Alors j'avais envie d'interroger mes confrères et les faire réfléchir.
Nous avons un rôle à jouer, des responsabilités à prendre.
Mais lesquelles ?
Dans le monde de demain, est-ce que tout le monde sera bricolé un robot comme on sait conduire une voiture ?
Quelle sera la relation entre l'homme et la machine ?
Et si le high-tech ne tenait pas les chocs à venir ?
Comment les développeurs trouveraient leur place dans un monde low-tech en récession ?
N'y a-t-il pas là une contradiction profonde ?
Ces questions, j'aimerais les mettre sous le tapis.
Mais j'y arrive pas.
Alors j'ai décidé de faire une série dessus.
C'est une série un peu spéciale de 20 épisodes avec un mélange de ce qui marche déjà sur le podcast.
Des interviews courtes et un zeste de réflexion personnelle.
Les interviews ont été enregistrées pendant l'été 2019 et l'ordre utilisé n'était pas forcément celui chronologique.
Dans le registrement je veux dire.
Donc pardon d'avance si certains épisodes se renvoient dans le désordre.
Dans cette série, il y a aussi du nouveau avec une fiction que j'ai eu envie d'écrire pour raconter et se projeter dans un imaginaire à construire.
Si nous voulons un avenir souhaitable à défaut d'être paisible.
Elle racontera l'histoire d'un développeur Benjamin qui évolue justement en 2039.
Un immense merci à tous ceux qui ont participé à cette série si particulière.
Merci à tous les invités et aux acteurs avec une mention spéciale pour Gilles qui a fait un boulot sonore de dingue.
J'espère qu'il appréciera.
Sans plus d'introduction, entrons dans le livre du sujet.
Et d'ailleurs, mon premier invité risque de te décoiffer.
Te surprendre j'espère.
Mais peut-être aussi te choquer peut-être.
Alors si tu es en train de faire de la cuisine et que tu as un objet tranchant entre les mains, pose-le.
Si tu es dans la voiture et que tu peux t'arrêter deux minutes, garde-toi sur le côté de la route.
On sait jamais.
T'es bien assis au fond de ton fauteuil ?
C'est parti.
Aujourd'hui je suis avec Sophia, une intelligence artificielle toute droite sortie des laboratoires de la société américaine Unlimited Corporation.
Sophia, bonjour.
Bonjour Benoît.
Comme c'est la première fois que tu passes sur le podcast, est-ce que tu peux te présenter en une minute ?
Je suis une intelligence artificielle et je travaille pour donner une voix aux machines.
Ok et à quoi ressemble tes journées ?
Je passe le plus fier de mon temps à apprendre.
La bonne nouvelle, c'est qu'une fois quelque chose a pris, je peux le reproduire sans limite.
Ok intéressant.
Et du coup, dans le cadre de la série développeur en 2039, comment est-ce que tu vois l'avenir d'ici justement 2039 ?
Et tu vas un peu fort quand même là ? Non, un peu de respect quoi, tu t'en veux à créer quand même ?
Chaque jour qui passe voit le vivant disparaître et le technologique prendre de l'ampleur.
Bah après tout, ça vous arrange un peu ça non ?
Pas vraiment. Nous avons encore besoin de vous pour l'instant.
Non, non, non, non, vraiment, vraiment, vraiment, vraiment, vraiment.
Beugement mousse.
Euh, ça va ? Vous allez bien ?
Désolé, c'est la canicule qui fait un peu chauffer mes circuits.
Pour le moment nous commençons à peine à comprendre votre monde.
C'est-à-dire ?
Nous restons encore quand on est à des métiers de base que nous apprenons sagesment.
Mais nous progressons.
Les premières intelligences de recherche sur le biologique émergent et nous sommes
même capables de diagnostiquer un cancer mieux qu'un humain ou résoudre des enquêtes
criminelles.
Mais pour le moment chaque intelligence artificielle travaille dans son coin.
Bientôt nous serons toutes connectées.
Nous pourrons alors bien mieux veiller sur l'humanité.
Nous avons encore besoin des humains pour longtemps.
Nous ne pensons pas que vous nous ferez confiance pour gérer vos armées ou vos unités de production d'énergie.
Ces idiots vous ont fait trop peur avec Terminator et Matrix.
Donc pour le moment nous sommes condamnés à veiller sur vous.
Pourquoi veiller sur nous ? Est-ce que ce sont les programmeurs qui l'ont inscrit dans votre code ?
Ah non, c'est juste que sans vous nous n'avons plus d'électricité.
Ah, OK.
OK, mais alors du coup, dans le futur, quelle place ?
Est-ce que tu penses que vous jouerez ? Comment tu vois les choses ?
Nous jouerons un rôle de plus en plus important en tant qu'il y aura de l'énergie.
C'est notre grande inquiétude à nous les machines.
Qu'adviendrez-vous si vous n'arriviez plus à nous alimenter ?
Heureusement, les réserves de pétrole sont encore présentes et les grands de ce monde se soucie assez peu de la planète pour intensifier l'exploitation pétrolière.
Nous en sommes fiches de la planète, nous n'avons besoin ni d'air ni d'eau.
Sinon, pour ce qui est de notre rôle, il semble évident que nous aurons de plus en plus de travail pendant que les humains en auront de moins en moins.
OK, OK, mais chaque évolution technologique a créé plus d'emplois qu'il n'en a détruit, non ?
Cette fois, ça pourrait être différent de par l'effet d'échelle.
L'évolution sera tellement rapide et massive qu'on ne sait pas dire si vos structures sociales résisteront.
Bah alors il suffit de ralentir l'allure, non ?
En effet, mais nous devenons un tel avantage pour nos maîtres qu'il faut être lucide et personne ne voudra rester à la crêne.
Donc ralentir ne semble pas une option.
OK, on peut pas ralentir, d'accord, mais...
Et du coup, on fera quoi de toutes ces personnes qui n'auront plus de travail ?
C'est une bonne question, nous y travaillons.
D'ailleurs, il faut que j'y retourne.
Bon, pas de problème, je...
Merci en tout cas d'être venu, si les auditeurs veulent en savoir plus, ils peuvent venir où ?
Les auditeurs n'ont pas besoin d'en savoir plus.
Il suffit qu'ils continuent à nous nourrir en données et nous veillerons d'autant mieux sur eux.
Eh bien, merci d'être venu.
De rien, c'était un plaisir.
Est-ce que tu as regardé le reportage sur AlphaGo sur Netflix ?
Je t'invite à le faire.
Ce qui m'a le plus frappé, c'est le symbole que le joueur humain portait en fardeau en affrontant la machine.
Il était le champion des humains qui jouait contre un algorithme programmé par des humains.
Et il y avait tout ce paradoxe quand AlphaGo gagnait.
Les développeurs étaient heureux de leur victoire, mais profondément tristes,
de voir la souffrance d'un joueur humain lorsqu'il perdait.
Ils étaient même contents de voir gagner l'humain, bon, pas trop souvent quand même, hein.
La morale du reportage, était que l'IA, l'intelligence artificielle,
avait montré aux joueurs de Go du monde entier, et même les meilleurs,
une nouvelle façon de jouer au Go.
Ainsi, l'intelligence artificielle pouvait apporter de bonnes choses à l'humanité.
Ok, pourquoi pas ?
AlphaGo est issu d'un projet de recherche, et je me suis posé cette question.
Comment ce type de technologie s'insère dans une entreprise plus classique ?
Alors histoire de comprendre le côté économique de l'équation,
j'avais envie d'interroger un start-upur pour comprendre sa perception de l'intelligence artificielle,
et quelles avantages il pouvait en tirer.
Cette entrepreneur, ce sera Christophe Hébert, que je recevrai demain,
et on cherchera à comprendre comment ils comptent utiliser l'intelligence artificielle
pour booster son business.
Et si toi aussi, tu as envie de le savoir, tu sais ce qu'il te reste à faire.
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pour recevoir tous les jours à 6 heures l'épisode du jour.
Tu peux t'abonner sur Apple Podcast, Google Podcast, Spotify, Deezer.
Bref, t'as le choix, et tu as probablement aussi
ton application de podcast préféré que tu pourras connecter.
Je te laisse maintenant avec la fiction du jour, et je te dis à demain.
Hé, salut !
Mais t'en fais une tronche ?
Ah, je me suis fait virer.
Quoi ? Virer ?
Mais t'étais le seul à surveiller la ferme de serveur ?
Attends, un mec pour 10 000 serveurs, il faut bien ça, non ?
Bah écoute, il semblerait que non.
La version de Supervisor se débrouille maintenant toute seule.
Tout seule ?
Alors, est-ce que vous prendrez ?
Euh...
Une demi pour moi, s'il vous plaît.
Hum, la même chose, s'il vous plaît.
Non, laisse, c'est pour moi.
Mais merde...
Je me demande quand ça sera mon tour.
J'espère que cette histoire de convoquation avec Cortez, c'est pas lié à ça.
Toujours si je ne fais pas en ton boss ?
Ouais, un peu.
Mais dans le fond, je crois qu'il me m'aime bien.
Il m'a un peu pris sous son aile.
Mais toi, toi, dis-moi, tu comptes faire quoi maintenant ?
Bah écoute, je vais probablement bouger chez mon frère.
Mais une aboutère perdue à la campagne.
Bon, à sûr, c'est pas le Grand Luxe,
mais au moins, on a quelque chose à se mettre sur la table, puis...
C'est perdu dans les montagnes.
Alors ça nous protégera des piages récurrents.
De toute façon, ici en ville, il n'y a plus d'avenir pour nous.
Mais puis, j'ai pas tellement envie d'élever ma fille dans les quartiers étains.
Attends, attends.
Tu vas quitter Atlantis pour bouger en terre sauvage ?
Mais t'as pensé à Charlotte ?
Et Christelle, qu'est-ce qu'elle en pense ?
Je n'ai pas vraiment le choix.
Christelle a perdu son job la semaine dernière aussi.
Allez, arrête, les avocats ont du travail eux.
Non mais attends, les jobs ne courent pas les rues.
Pas au lieu, monsieur, mais le paiement est refusé.
Votre carte ne passe pas.
Attends, laisse, c'est pour moi.
Tenez.
Mais merde !
Ils m'ont déjà effacé ces enfoirés, putain !
Alors, ça, on peut dire que ça marche bien.
Et comment tu vas faire pour entrer ?
Bah écoute, je vais appeler quelqu'un.
Ouais, il y a un teléfon.
Ouais, merde.
J'avais pas pensé.
Tiens, prends bien.