Bienvenue sur le podcast Artisan Developers, l'émission pour les programmeurs qui veulent vivre une carrière épanouissante.
Prêt à passer au niveau supérieur ? C'est parti !
Aujourd'hui je suis avec Emmanuel Ernest de la chaîne Captain Dev, salut Manu !
Salut Benoît !
Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaîtraient pas ?
Ben salut à tous, moi c'est Emmanuel, sur Youtube j'anime la chaîne Captain Dev
et mon but c'est d'aider les développeurs à faire progresser leur carrière.
Alors justement tu crées du contenu avec la chaîne Youtube
et tu me disais dans ce col, juste avant quand on travaillait la préparation,
tu me disais c'est important de faire du contenu pour les développeurs,
même s'ils n'ont pas forcément l'ambition de faire d'animer une chaîne Youtube
ou d'avoir un truc vraiment gros comme ça, qu'est-ce qui t'amène à penser ça ?
En fait je me dis qu'en tant que développeur on est quand même des professionnels qui évoluent sur un marché
et en tant que professionnel c'est important de pouvoir être reconnu pour notre travail.
Ça va pouvoir nous servir si par exemple on est développeur freelance,
qu'on veut accéder à des clients de plus haut niveau ou trouver de nouveaux clients
et même en tant que développeur salarié c'est quand même important pour moi
de pouvoir être en mesure de créer du contenu par exemple pour sa boîte
si on travaille sur un produit qui est potentiellement par exemple dédié au développeur.
C'est important de créer du contenu pour changer de boulot aussi,
ça permet de se donner plus de visibilité.
Toi tu as récemment trouvé une mission de freelance,
est-ce que tu as l'impression que d'avoir fait tout ça, d'avoir animé la chaîne,
d'avoir pris l'habitude d'envoyer des emails,
ça t'a aidé à trouver une mission ?
En quoi ça t'a aidé par rapport à une mission plus classique on va dire ?
Alors sur ma mission actuelle j'ai creusé vis-à-vis de mon nom réseau
donc je pense que la chaîne n'a pas forcément aidé.
Par contre c'est vrai que ma mission précédente,
quand je faisais mes recherches,
dès que je mettais en avant le fait que je crée du contenu,
déjà tout de suite on passe pour quelqu'un de passionné.
Donc ça s'appelait beaucoup côté recrutement
et c'est vrai que la capacité à vulgariser de l'informatique,
moi c'est un truc qui a toujours été noté de manière positive côté recrutement.
Après ce qui est aussi intéressant c'est que ça peut intéresser des futurs collègues
ou même ton client, si tu es sur un domaine particulier qui peut servir,
je te prends un exemple de React par exemple qui est le libéré frontaine,
si tu crées du contenu autour de React,
tu peux être sûr que quand on cherche un développeur frontaine,
ton nom va apparaître beaucoup plus haut dans la liste finalement.
Moi l'expérience que j'en ai sur ça est assez,
c'est presque dichotomique et diamétralement posé,
j'ai des boîtes qui ne vont pas du tout valoriser ça,
voire même qui comprennent, même pas forcément le truc,
et j'ai des boîtes qui valoriseraient beaucoup ça,
à voir parce que je ne suis jamais dans une logique d'aller jusqu'au bout,
soit dans une logique de mission de freelance ou de salariat,
mais je sais qu'il y a des boîtes pour qui ça a de la valeur.
Après je ne sais pas mettre un chiffre en face de cette valeur.
Oui carrément.
Après il faut aussi comprendre que les plateformes sociales aujourd'hui,
elles ont tellement évolué vers des plateformes de contenu,
je prends par exemple l'exemple de LinkedIn,
qui avant, on a tous connu LinkedIn comme un site d'emploi
pour chercher un job avec plein d'où d'emplois,
et depuis quelques temps c'est vraiment devenu une plateforme de contenu,
donc avec un algorithme pour l'instant qui est assez généreux,
et en fait toute cette mutation des plateformes sociales
ou des plateformes professionnelles vers des plateformes de contenu,
moi personnellement elle me conforte dans l'idée que créer du contenu pour un développeur,
c'est important pour pouvoir faire grandir une marque personnelle
et atteindre toujours plus de monde en fait.
Moi l'intérêt que je vois au-delà du personnel branding,
c'est plutôt un aspect pédagogique,
c'est que le fait de formaliser du contenu que tu as appris
pour moi c'est un peu l'état ultime de la digestion,
et quelque part c'est là où tu accèdes vraiment à une forme de maîtrise
du sujet que tu es en train d'aborder,
parce que le fait de le restituer, je trouve oblige à mettre en mots
des choses qui peuvent paraître évidentes,
ou je sais pas si tu as déjà eu ça dans ta tête, c'est clair, c'est évident,
et au moment de sortir ça ne se sort pas, ou c'est pas clair,
et c'est le fait de le rendre clair et intelligible et structuré,
c'est cette phase-là qui quelque part dans le sens où elle finalise l'apprentissage,
est-ce que ça te parle ça ou pas ?
Mais carrément, pour moi appartient de mon point d'arrivée,
tu arrives à expliquer quelque chose de compliqué, de manière simple,
donc compréhensible pour un développeur junior par exemple,
si on reste dans le domaine du dev,
c'est que finalement tu es sûr de l'avoir compris,
du moins c'est comme ça que je le perçois.
Oui, moi j'encourage à créer au-delà du personnel branding,
justement pour cette idée-là, c'est que ça t'oblige à aller un grand plus loin.
Mais alors du coup, qu'est-ce qu'on peut suggérer de faire à nos auditeurs,
parce que imagine-nous, on tient un auditeur de cet épisode,
et tu dis « ouais c'est vrai, ils ont raison,
j'ai cette idée d'article que j'ai envie de publier depuis longtemps ».
Tu vois, il y a un peu une idée,
si je commence à faire ce genre de choses,
ça va m'embarquer loin dans longtemps,
ça va me mettre une contrainte de plus,
comment est-ce qu'on peut faire ça si on est un créateur occasionnel par exemple,
et que ça fasse du sens ?
C'est vrai que si on est un créateur occasionnel,
je déconseille de se lancer dans YouTube,
je pense qu'on se rendra vite compte que ça peut,
ça peut prendre énormément de temps.
Les blogs de manière totalement indépendante
sont un peu en perte de vitesse, mais il reste viable.
Il y a des plateformes comme Medium qui te facident pas mal toute la partie découverte,
être découverte par d'autres personnes.
Donc commencer par des articles de blogs ou des articles techniques
sur des problématiques rencontrées,
ça peut être un bon moyen déjà d'une de montrer
qu'on a su résoudre un problème,
de discuter de la manière dont on la résolu
et surtout d'éduquer les autres personnes
sur un problème donné,
donc les articles techniques sur une problématique assez précise,
c'est assez intéressant et ça se référence bien
parce que dès qu'un a exactement le même problème,
c'est ton article qui va répondre à la question.
Donc le blogging pour moi c'est un des premiers aspects,
et forcément au début on a peut-être un peu peur
d'être jugé,
et il y a un truc qu'on peut faire,
c'est tout simplement l'écrire, le publier,
ne pas trop en parler au départ
et attendre d'avoir quelques articles décris
et de publier bien sûr avant de,
je sais pas moi, le tweeter ou le partager avec des collègues.
Moi la question que je me pose,
moi ce que je vois en tant que créateur de contenu depuis maintenant 3 ans,
c'est qu'il y a vraiment un enjeu de tenir dans la durée
et le créateur occasionnel,
je crois que j'aurais tendance à lui suggérer de faire un article invité en fait.
C'est-à-dire de venir sur le blog ou sur la chaîne
ou le podcast de quelqu'un d'autre.
Je sais qu'au début j'étais réticent à ça en mode
bon non, attends je vais pas créer du contenu
et le filigratos à quelqu'un d'autre,
mais je pense que ça aurait probablement pu aider
à bout-strapper ma marque en tout cas.
Par exemple le contenu texte,
ça n'a pas été quelque chose que j'ai vraiment tenu,
c'est pas un truc que j'ai produit de manière régulière.
Avec le recul je me dis que ces articles
ils auraient probablement amené plus de valeur
si je les avais postés sur un endroit où il y avait déjà de l'audience en fait.
Parce que tu as toujours cet enjeu en fait,
comment est-ce que tu vas capter l'attention,
comment est-ce que tu vas être vu,
parce que le web regorge d'articles top
qui génèrent parfois du trafic si ils ont les bon mots clés,
si Google les a en odeur de sainteté,
mais si Google t'ignore.
C'était un peu, si d'un point de vue SEO
t'es un peu mis de côté, effectivement,
ton article tombe un peu dans le gobelis.
C'est là où je trouve que Medium a un rôle à jouer,
même si c'est une plateforme où du coup
on n'est plus vraiment propriétaire de son contenu,
un peu comme la majorité des plateformes sociales,
tant qu'on les berge pas à la maison.
Medium a un algorithme de recommandation
qui est vachement intéressant
et qui, à la manière de YouTube ou d'autres plateformes,
te permet de cibler très facilement
les personnes intéressées par un sujet.
Après, le problème de Medium qu'on va avoir aujourd'hui,
c'est que j'ai l'impression que les articles en anglais
fonctionneront toujours beaucoup mieux que les articles en français.
Oui, j'ai ça et puis après,
j'ai le modèle de Medium qui me questionne,
mais après, il y a un retour,
donc à la rigueur pour qu'on parle,
il y a un certain équilibre où tu peux être remuléré
aussi pour tes articles.
Tu vois, il y a cette espèce de frontière
où Medium rend le contenu à un moment donné payant.
Et je me dis si moi, je suis créateur de contenu
et que je veux pas forcément,
enfin, que je fais ça dans une logique
un peu de personnel branding,
j'ai pas spécialement intérêt à ça.
Au contraire, j'interresse qu'il soit accessible facilement
puisque je veux pas spécialement en tirer de revenu pour moi.
Medium s'adresse déjà à des gens
qui ont la volonté de tirer de revenu,
mais je ne sais plus de ce travail-là, en fait.
Sinon, je trouve que c'est bloquant.
Je ne sais pas.
Après, il y a d'autres...
De manière assez parallèle,
il est aussi possible d'écrire un article
mais d'en faire la promo sur deux plateformes.
On voit beaucoup aujourd'hui de développeurs
qui vont faire la promo de leur article sur Twitter
ou sur LinkedIn, par exemple,
avec un post qui va résumer les grandes lignes
et les bons hashtags permettent de faire découvrir ton article
sans attendre que Google indexe ton contenu.
Tu crois que les hashtags sur les réseaux sociaux marchent bien ?
Je pense que ça marche bien pour l'algorithme de recommandation,
pas forcément pour les personnes qui vont chercher par hashtag,
mais je pense que sur LinkedIn, c'est encore viable.
Peut-être moins sur Twitter
parce que la masse de contenus est encore plus énorme
et LinkedIn a encore un algorithme assez permissif, on va dire, ou généreux,
on va encore voir pas mal du contenu qui est publié,
ce qui est plus du tout le cas sur les autres plateformes sociales.
Donc je pense que l'hagghtag, il y a encore quelque chose à jouer dessus.
Après, il y a aussi le problème de la régularité,
c'est que les algorithmes des plateformes sociales,
si tu n'es pas régulier, tu ne seras pas mis en avant comme tu le souhaites.
C'est pour ça que pour moi,
tous ces trucs-là sont...
C'est pour ça que je dis si jamais la personne est créatrice,
je pense que c'est toujours convaincu.
Elle a plus intérêt à être mise en avant au travers d'un autre blog,
au travers d'une autre plateforme.
Je l'ai fait par exemple sur artisandeveloper.fr,
j'ai eu parfois quelques invités dessus
dont certains articles qui ont eu un beau succès,
mais justement, c'était une combinaison.
Parce qu'il y avait déjà une belle audience,
la personne arrive avec un sujet, un angle intéressant, nouveau, frais,
et ça a fait, et voilà, ça a bien matché et ça a bien décollé.
Je suis à peu près convaincu que la même personne
postait la même chose sur son blog perso,
ça aurait rien donné.
Et c'est ça que je trouve dommage.
C'est pour ça que compagnons, d'ailleurs, cher auditeur,
si tu es curieux d'aller voir,
je t'invite à aller voir dans Compagnon,
il y a une veille communautaire qui a pour but
de partager justement les belles pépites francophones,
en particulier anglophones aussi si on les trouve,
mais il y a cette idée de valoriser tout le contenu francophone
qui existe, qui est technique.
J'ai trouvé moi des articles assez dingues
et je me disais, mais c'est incroyable
que ces articles n'aient pas plus de succès que ça.
Il faut absolument que d'autres développeurs
les voient, les lise, les étudient.
Et c'est tout l'esprit de la veille communautaire
dans Compagnon.
Je te mettrai le lien dans la description, cher auditeur.
Et d'ailleurs, pour rebondir sur les articles invités,
il faut vraiment pas hésiter,
en fait, à contacter un créateur de contenu
que l'on apprécie et lui proposer une collaboration.
C'est souvent, on ne se passe pas aussi ce pas-là,
peut-être par intimidation
ou parce qu'on ne se sent pas forcément légitime.
Mais moi, je pense qu'il ne faut vraiment pas hésiter.
Dans le pire des cas, c'est un nom pour X ou Y raison.
Et ce n'est pas un drame.
Et dans le meilleur des cas, ça peut être le début
d'une belle collaboration.
Clairement.
Et surtout, je vois, j'ai pas mal de gens en coatings
qui ont cette difficulté à se mettre en avant.
Il y a souvent une espèce de syndrome de l'imposteur.
Non, mais je ne suis pas légitime,
je ne maîtrise pas forcément super bien le frein à mort ou le truc.
Et quand j'écoute la personne parler,
je vois bien qu'elle est compétente
et qu'elle a forcément des choses à partager.
Et il y a cette difficulté.
Je ne sais pas si toi, tu l'as voir aussi,
cette difficulté chez pas mal de monde
un petit peu se mettre en avant,
à oser affirmer des choses
et qui reste un petit peu, du coup, en retrait.
Carrément.
En fait, il y a beaucoup de gens qui pensent
que pour prendre la parole publiquement,
il faut absolument être un expert.
C'est un peu le...
Moi, je le vois un peu comme si on était dans la télé des années 90.
T'es pas invité sur le plateau TF1,
si t'es pas un expert reconnu dans un, dans tel ou tel domaine.
Et aujourd'hui, avec les plateformes qu'on a
qui sont complètement ouvertes,
il n'y a plus de ce qu'on appelle le middleman,
c'est la personne qui allait décider qu'est-ce qui passe à l'antenne.
Ça n'existe plus.
Et donc, ce qu'il faut comprendre,
c'est qu'aujourd'hui, pour prendre la parole,
il faut juste avoir quelque chose à raconter.
Bien sûr, on demandera de savoir un peu de quoi tu parles,
parce que sinon, personne n'écoutera vraiment.
Mais il ne faut vraiment pas atteindre le niveau ultime d'expertise.
Il faut juste avoir quelque chose à raconter.
Et le meilleur moyen de commencer ça,
c'est de documenter ce qui s'est passé dans ton parcours.
Si t'as un bon moyen de commencer,
c'est de dire, j'ai eu tel problématique,
voilà comment je les résolu, qu'est-ce que vous en pensez ?
Tu vois, ça, tout le monde peut le faire finalement.
Un développeur jeuneur peut le faire.
C'est basique, un côté explorateur.
En fait, tu exposes ton chemin, tu exposes ta réflexion.
Probablement, ça servira à des gens.
Et puis, ceux à qui ça ne servira pas,
c'est que ce n'est pas tes lecteurs.
Et puis, le monde est grand.
La pire erreur qu'on puisse faire,
c'est se positionner en tant qu'expert, si on ne l'est pas.
Ça, ça peut vraiment tuer l'audience dans l'œuf.
Mais vraiment, se positionner en tant que débutant et de dire,
regardez, je suis en train d'apprendre ça.
Et je vais vous décrire tout ce qui se passe.
Bah ça, en fait, tu vas avoir plein de gens qui vont s'identifier à ça.
Et ça, du coup, tu peux le faire à n'importe quel niveau d'expérience.
Carrément.
Je te propose que ce soit le mot de la fin,
si les auditeurs veulent en savoir plus sur ce que tu fais, ils peuvent venir vous.
Alors, moi, on peut me retrouver,
principalement sur YouTube, sur la chaîne Captain Dev,
sur les autres réseaux sociaux,
on peut me retrouver sur Captain Dev 404.
Merci Manu.
Merci Benoit. À bientôt.
Quant à toi cher ami, convainc-on.
J'espère que cet épisode t'as plu.
Si tu as envie d'écrire un épisode,
un épisode, pas un épisode de podcast ou un article
et que tu as envie qu'on réfléchisse ensemble,
si ça pourrait être publié dans la ligne éditoriale d'artisan développeur,
bah t'hésite pas, tu m'envoies un email Benoit à RobaseartisanDeveloppeur.fr.
On en parle et on voit ce que ça peut donner.
Je te remercie et je te dis à bientôt.