Bienvenue sur le podcast Artisan Developers, l'émission pour les programmeurs qui veulent
vivre une carrière épanouissante. Prêt à passer au niveau supérieur ? C'est parti !
Aujourd'hui je suis avec Benjamin Cotrell, Benjamin bonjour.
Bonjour. Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots pour les développeurs et les
auditeurs qui ne te connaîtraient pas ? Oui, moi c'est Benjamin Cotrell,
je travaille pour un sas qui s'appelle Nitro, duquel je suis co-fondateur et je suis également
développeur pour une société qui s'appelle Office Vibe. J'ai ces deux casquettes en ce moment
d'entrepreneur et de développeur. Génial, ça veut dire que tu fais la journée,
tu fais ton table chez Office Valet et puis le soir tu bosse sur ton projet ?
C'est ça, je travaille à ton plan pour Office Vibe et puis les soir et les week-end,
je travaille pour Nitro. D'accord et alors raconte-moi comment est-ce que tu en as arrivé à te dire
tiens, je pense qu'il y a un truc à faire avec ça ?
Alors en fait, on faisait des rétrospectives d'équipes chez Office Vibe avec mes trois
collègues, on était une équipe d'environ 6 personnes et puis dans cette équipe, il y avait un
designer, deux devs dont moi et un coach agile aussi qui nous aidait à animer les cérémonies agile.
Et au fur et à mesure des rétrospectives, on s'est rendu compte qu'il y avait pas mal de problèmes
qu'on vivait, notamment au niveau de, est-ce qu'on sait si on s'améliore vraiment,
s'assurer que les plans d'action des rétrospectives soient respectés ? Parce qu'en fait une
rétrospective, c'est un meeting où on se réunit tous pour déterminer ce qui va bien,
ce qui ne va pas trop bien dans l'équipe et l'issue de cette réunion, c'est de créer une sorte de
tout-doulisse de choses à faire pour s'améliorer. Et le problème, c'est que cette tout-doulisse,
elle était quand même souvent oubliée, donc l'équipe ne s'améliorait pas vraiment.
Et on s'est dit, il faut faire quelque chose pour résoudre ces problèmes-là,
pourquoi pas essayer de créer une application qui permettrait de suivre tes plans d'action
et par conséquent de suivre et de valider l'amélioration continue de ton équipe.
Donc en fait, le projet Nitro est né comme ça, d'un problème qu'on a vécu dans notre
quotidien là où on travaille. On a commencé ça en se réunissant une fois par semaine pour
discuter, faire des maquettes, voir un peu la vision, ce qu'on aimerait faire,
les fonctionnalités qu'on aimerait avoir dedans. Et puis petit à petit,
des meetings une fois par semaine juste pour discuter en buvant une bière,
ça s'est transformé en un site web. Du site web, ça s'est transformé en une version beta,
et puis d'une version beta, ça s'est transformé en une version payante. Et jusqu'à aujourd'hui,
on a environ 150 teams payantes qui utilisent l'application.
Cool. Donc si je fais une opération un petit peu basique, vu que tu as 20 dollars par équipe,
ça fait 3000 dollars de MRR, c'est un truc comme ça ?
Oui, c'est ça. On a 3000 dollars canadiens de MRR.
Pourquoi des dollars canadiens ?
En fait, on facture en US, mais nous on est basé au Canada. Donc dans toute notre documentation,
comptables, etc., tous nos chiffres sont en dollars canadiens. Donc on jongle toujours un petit peu
avec les deux devises. On a les dollars US pour que ce soit un peu plus générique pour les clients
qui veulent payer. Et puis nous, on a aussi notre tout nos fichiers Excel qui sont souvent en dollars
canadiens. Mais en fait, en dollars US, on est à 2,5.
C'est quoi le taux de change ?
C'est 1,18, je pense, ou 1,20.
Un dollar US est un peu plus fort que le dollar canadien, ça.
En fait, ça fait moins en dollars. Donc quand tu fais le 150 fois 20, tu tombes sur 3000,
mais en fait, on n'est pas à 3,000, on est plus à 2500 US.
Parce qu'en fait, il y a une sorte de discount qui s'applique plus t'as d'équipe, moins tu payes cher par équipe.
Ok, d'accord. C'est top. Comment tu gères ?
Alors, il y a plein de questions qui me viennent en tête.
Et déjà, comment tu gères ton temps ?
Alors ?
Tu fais des semaines de combien ? Parce que bosser 35 heures, plus le soir et les week-ends,
tu fais des tout cumulés, tu bosses combien de temps par semaine ?
En fait, ça dépend des moments.
On va dire qu'il y a des périodes où je dois beaucoup coder parce qu'on sort une nouvelle fonctionnalité majeure, on va dire.
Et là, je travaille mes 37, 40 heures par semaine.
Et puis après, je vais faire 2 ou 3 heures par soir et peut-être 10 ou 15 heures la fin de semaine.
Et donc, ça fait des semaines à 10, 25, peut-être 60, 70 heures.
Ok.
Donc, ça, c'est par périodes où vraiment, il faut mettre un gros coup de pied dans la machine à code et puis sortir des fonctionnalités.
Sinon, le reste du temps, quand je code pas, mériser mon sabbillité, c'est surtout forcément discuter de la vision d'entreprise avec mes associés.
Et puis pour la partie plus code, c'est des bug fixes de temps en temps,
en sachant que j'ai vraiment mis beaucoup d'efforts sur le monitoring de l'application.
Donc, les bugs fixes, c'est devenu vraiment très très rares.
Mais forcément, dès qu'on sort une nouvelle fonctionnalité, après, il y a quelques bugs à fixer.
Mais sinon, c'est plus...
Quand je suis pas en train de coder des grosses fonctionnalités, donc peut-être des 1 ou 2 fois par tous les...
On va dire peut-être 2 ou 3 semaines par trimestre ou tous les 2 mois où il faut vraiment que je code intensément.
Le reste, c'est plus pour radix, c'est plus des petits 3 heures, 4 heures réparties un peu aléatoirement dans ma semaine.
Mais ça, c'est parce que maintenant, l'application, elle roule.
On a des clients.
Actuellement, on est plus dans une démarche.
Actuellement, notre priorité, c'est plus d'aller chercher du financement pour essayer de développer un peu plus notre croissance.
Donc, il y a un focus qui est un peu moindre sur le code.
Mais c'est vrai qu'au début, quand il fallait lancer l'application, lancer le website,
pendant des mois et des mois, je faisais des semaines à 70 heures et ça s'arrêtait pas.
En ce moment, c'est plus cool parce qu'on est un petit peu plus mature.
Mais oui, la partie intense au début, au lancement, vraiment, à la création, c'était quasiment tout le temps.
Donc, je pense le fait que ce soit une problématique qu'on a vécue, c'est un élément qui est vachement motivant.
Et puis, qui fait que tu ne lâches pas parce que tu es sensibilisé à ce que tu fais.
Versus si tu as juste une idée et que tu te lances dedans un peu au hasard.
Je pense que c'est plus compliqué.
Et puis, il y a une chose aussi, c'est que nous, on a beaucoup validé avant de se lancer.
Donc, il y a aussi le côté, vu qu'on a validé nos hypothèses et puis qu'on a des données qui ne nous certifient,
mais qui augmentent grandement les probabilités qu'on ait raisons,
ça motive à développer aussi parce qu'on a moins l'impression de se dire,
mais si ça tombe, ça ne servira pas.
On doute moins, en fait.
Le fait de valider, ça enlève beaucoup de doutes et le fait d'enlever du dout.
Justement comment tu as validé ?
Parce que moi, je vois beaucoup de développeurs qui ont des idées, qui disent,
tiens, je vais me lancer dans le dev.
Le fait d'avoir le besoin soi-même, c'est à la fois un truc super cool.
Il y a à la fois un piège.
Parce que le piège, ça peut être de croire que ton problème, qu'il n'y a que toi qui a,
il y en a d'autres qui y ont, qui sont prêts à payer pour alors qu'on fait tout le seul.
Oui.
Donc cette phase de validation, elle est assez contraintutive pour les devs en général.
Et pourtant, elle est essentielle.
Comment est-ce que vous y êtes pris, vous, pour valider ça ?
La première étape, c'était de créer des typeforms.
Donc, tu sais, des sondages en ligne, type sort,
mais manquillent, il y a pas mal d'outils gratuit pour faire ça, pour valider nos problématiques.
Nos problématiques, c'était,
j'en ai cité une qui était le suivi de la méroissance continue de l'équipe,
le suivi des plans d'action des tout doulisses de fin de rétrospective,
pour s'assurer qu'elles soient respectées.
On avait aussi d'autres problématiques qui étaient
gardées les gens engagés dans les rétrospectives,
et puis apportés du fun et du renouvellement dans les rétrospectives.
Donc, ce qu'on a fait, c'est qu'en fait, on a créé un typeform
qui s'appelait Challenge de coach agile, je pense.
Deux-dans, on a mis plein de problématiques.
Donc, on a travaillé avec le coach agile qui était avec nous au début
pour sortir plein de problématiques de coach agile.
Donc, on avait peut-être une liste de 10 ou 15 problématiques.
Et puis, en fait, on a envoyé ça dans plein de communautés liées à l'agilité.
Et puis, on a demandé aux gens de choisir les problématiques qu'ils vivaient
dans leur quotidien de coach.
Donc, ça, en fait, ça nous a donné des statistiques
sur les problématiques les plus vécues dans le quotidien d'un coach agile.
Donc, déjà, ça, ça nous a permis de constater
que nos problématiques à nous, elles ressortaient bien.
On a eu, on va dire, une petite centaine de répondants,
je pense, je pense qu'on a eu 50 répondants anglophones
et 30 répondants francophones.
Et puis, nos problématiques à nous,
donc les deux, trois problématiques qu'on avait cachées dans cette liste
sont quand même ressorties dans le top 3 de cette liste.
Donc, ça, c'était une première étape.
Après, ce qu'on a fait, c'est que, en se disant,
OK, nos problématiques a quand même quelque chose à faire.
On n'est pas les seuls à aller vivre.
On s'est dit qu'on allait en parler à notre entourage.
Donc, en fait, ce qu'on a fait, c'est qu'on a fait jouer notre réseau
pour parler avec plein de coach agile dans notre entourage.
Et puis, on leur a parlé de ce qu'on faisait.
On leur a présenté des premières maquettes,
Weirframe de l'application pour avoir le ressenti
et puis pour en fait, pour leur poser la question,
est-ce que c'est un outil que vous utiliserez ?
Est-ce que c'est un outil qui vous apporterait de la valeur ?
Donc, on a rencontré peut-être 7 ou 8 coachs de notre entourage.
Les retours ont été très positifs.
Donc, là, on s'est dit,
validons ce que dit notre entourage auprès de plusieurs communautés.
Donc, là, on a créé une landing page
avec juste un petit formulaire pour mettre ton email
qui disait, qui présentait succinctement
ce que Nitro allait faire en termes de fonctionnalité.
Donc, un outil de rétrospective qui permet de suivre
l'amélioration de continue de ton équipe
et qui va te proposer des templates
comme ça, tu n'as pas à chercher, on t'accompagne.
On a publié cette landing page un peu partout,
donc dans des communautés LinkedIn, Facebook, des Slack, etc.
On a récolté, je pense, une centaine d'emails,
donc une centaine de prospects, entre guillemets,
de gens qui seraient intéressés d'utiliser l'application.
Et à partir de là, on a commencé à coder la bêta.
Donc, bien sûr, pendant toutes ces étapes de validation,
moi, j'ai quand même codé un petit peu, au moins faire des POCs.
Par exemple, WebSocket, c'est un protocole
que j'avais jamais utilisé et dont on aurait besoin
pour faire un board de rétrospective.
Donc, j'ai commencé à faire des POCs avec WebSocket.
Notre designer, il a commencé à faire,
tu sais, une sorte d'identité graphique de l'app.
Nous, on a commencé à ploguer un petit peu tout ça
pour voir à quoi ça ressemblerait.
Et puis, le vrai dev va commencer
après le website, après la landing page.
Donc, on a quand même eu une période de six mois, je pense.
Ouais, vous avez vraiment une...
C'est hyper intéressant.
Vous avez, vous y êtes vraiment allé par étape
en prenant des infos qualitatives.
Ça fait combien de temps que c'est up and running ?
La bêta, elle est...
En fait, la bêta a été lancée en octobre 2019
et la version commerciale a été lancée en janvier 2020.
Donc là, aujourd'hui, on est fin mai 2021,
donc ça fait 18 mois.
Ouais, c'est ça.
Et elle ressemble à quoi ?
La courbe d'acquisition, elle est vraiment linéaire
ou tu sens qu'il y a une petite accélération ?
Comment tu vois les choses ?
Il y a eu des petites accélérations,
mais parce qu'on était au tout début,
parce qu'on était vraiment à zéro.
Par exemple, en fait, on a lancé la version commerciale en janvier.
On a fait notre première vente en fin janvier.
Et après, c'était une vente par mois,
donc notre pricing model, c'est du pays par équipe.
Donc c'est 20 dollars par équipe par mois.
Donc on a fait une vente à une équipe par mois,
à peu près tous les mois, jusqu'à peut-être juin.
Donc c'était très...
Ça s'est fait vraiment lentement.
À partir de l'été,
donc le Covid, je pense, a eu un effet à beaucoup aider,
parce que nos problématiques, c'était celle que je t'ai citée,
mais la vraie problématique que l'outil résolvait,
c'était les rétrospectives à distance.
En fait, on le savait au fond de nous,
quand faisant un outil de rétrospective en ligne,
ça allait beaucoup servir aux équipes à distance.
Mais vu que nous, on n'était pas une équipe à distance,
on savait pas vraiment si notre outil était bien adapté.
Et en fait, en lançant la beta,
et puis ensuite en lançant la version commerciale,
on s'est rendu compte que 100% des équipes
qui nous utilisaient ni trop étaient des équipes à distance.
Donc ça, ça nous a réussi de permettre de faire une sorte de mini pivot.
Oui, de réorienter la promesse en disant,
on est là pour les équipes rémodes.
Exactement.
Après la bétang, le discours n'était plus
ni trop, c'est un outil pour suivre vos plans d'action
et vous aider à choisir les templates.
C'est devenu un outil purement dédié aux rétrospectives à distance.
Donc ça, c'était en janvier 2020.
Je pense qu'on a fait ce petit switch de discours.
La pandémie est arrivée deux mois après.
Et puis, à partir de septembre,
là, on a une très grosse augmentation en termes de vente.
Je pense qu'en août 2020, on était à 120 dollars par mois de revenus.
Et puis, en septembre, on est passé à 1200.
Je pense à un truc comme ça, on avait des ventes quasiment tous les jours.
Et puis, depuis septembre, la fin d'année, ça a augmenté encore pas mal.
Je pense qu'entre septembre et décembre, on est passé à 1200 à 2000.
Et là, depuis janvier, on est passé de 2000 à 3000 un peu.
Est-ce que je trouve top ?
C'est l'engagement que vous y avez mis, la persévérance que vous avez fait à l'épreuve.
Et j'imagine que c'est un projet qui a réellement le potentiel d'avancer.
Et d'aller, je sais pas où, en fait, jusqu'à quel niveau j'en sais rien.
Mais en tout cas, c'est assez prometteur.
Comment tu gères ta motivation et ton engagement ?
Parce que c'est quand même quelque chose qui demande beaucoup d'implications,
qui demande d'avoir des liens forts avec des associés.
Et finalement, ça fait deux ans que tu es dessus.
Et 3000, c'est à la fois beaucoup.
Et à la fois pour payer trois personnes, pas grand chose.
Comment est-ce que tu gères ?
Est-ce que tu es un espèce de truc où tu dis si à tel moment là,
j'en suis pas à un certain niveau, j'arrête ou comment tu réfléchis une truc ?
Déjà pour la motivation,
moi être entrepreneur et puis avoir lancé mon produit,
c'est quelque chose que j'ai dans la tête depuis très longtemps.
Donc c'est vraiment une sorte d'objectif que j'ai toujours eu.
J'ai toujours voulu quitter la vie de dev' employer
et puis avoir une vie de dev plus en tant que fondateur
et puis en tant que gestionnaire d'un produit.
Donc ça déjà, c'est vraiment une motivation profonde que j'ai depuis longtemps
qui me motive vraiment à faire tout ce que je peux pour faire évoluer mon app.
Le fait d'avoir eu des résultats quand même assez prometteurs
au fur et à mesure de la courte vie actuelle du produit,
ça a aussi beaucoup motivé mon implication dessus.
Mais c'est sûr qu'il y a des moments où c'est plus dur,
surtout avec un travail à côté.
Je pense que c'est quelque chose que t'as au fond de toi
et puis que je sais pas si ça se cultive vraiment la motivation à travailler sur ton produit.
Je pense que nous là, avec mes deux associés,
on a vraiment pour vision d'aller le plus loin possible avec Nitro
et puis de se rendre le plus loin possible et de faire tout ce qu'on peut pour y arriver.
On se met pas vraiment des limites.
On se dit pas, si on n'a pas de 10% de croissance, ce mois-ci, ça ne va pas.
Il faut qu'on décide ce qu'on fait.
On essaie vraiment d'aller le plus loin possible.
Je pense que c'est facile parce qu'on est à temps partiel dessus,
donc on a la sécurité d'avoir notre emploi.
Et puis au final, Nitro, c'est juste un investissement de temps.
Mais c'est sûr que là, on arrive à un moment où on a vraiment envie de passer à temps plein dessus.
C'est pour ça qu'on est en train de voir nos options en termes de financement
parce qu'on a quand même réussi à approuver de la croissance
pour pouvoir faire le switch et passer à temps plein dessus et quitter un peu ce mode hybride.
Parce que forcément, quand t'es impliqué dans ta start-up aussi,
ça devient un peu ton seul objectif professionnel.
En tout cas, là, actuellement, mon travail, c'est vraiment pour payer mon loyer
et puis payer mes factures.
C'est vraiment plus alimentaire.
On va dire que quelque chose dans lequel je m'investis, corps et âme,
dans lequel j'ai envie d'évoluer, de grandir, etc.
Quand je dis mon travail, c'est mon poste d'employé.
Là, je serais vraiment arrivé à un moment où il faut que je fasse la transition
parce que mon futur professionnel, j'ai décidé que c'était mon entreprise
et plus mon activité de salarié.
Donc, je fais toujours mon travail, je fais toujours mes heures, je suis toujours engagé.
Mais je n'ai pas la flamme qui me donne envie de m'investir dans ma vie de salarié
parce que cette flamme-là, elle est au niveau de mon entreprise.
C'est hyper intéressant et c'est un témoignage qui est riche, je pense, pour pas mal de monde.
Il y a pas mal de monde qui rêve de ça, qui rêve de lancer leurs trucs.
Et c'est vrai que c'est dur.
Comment tu m'en a éclaté la Timebox, mais je ne peux pas m'empêcher.
Comment tu traverses les moments de difficulté ?
Parce que les moments d'enthousiasme, ils sont faciles à passer cela.
Tu vas bosser 72 heures dans la semaine, quand tu as la flamme, la journée, tu bosses pour ton patron.
Le soir, tu bosses pour toi.
Je pense qu'il y a une vraie incitation à le faire.
Je ne sais pas où tu en es, ta vie perso.
Je fais le pari qui avait en bossant 70 heures.
Tu es peut-être célibataire ou en tout cas priori, tu n'as pas d'enfant.
Ben si justement, je suis marié et j'ai une petite fille qui a vu...
Comment tu fais pour gérer les deux ?
Alors, oui, du coup, comment tu fais pour gérer ta vie perso ?
Et ensuite, comment tu fais pour traverser les moments de doute ?
Les moments de doute, j'imagine qu'il y a un an avant,
les moments où tu dis j'arrête, j'en ai marre, j'arrête.
Oui, c'est clair.
En fait, il n'y a jamais des moments où je me dis vraiment j'arrête,
mais il y a des moments où je me dis, est-ce que j'ai vraiment envie de travailler sur Nitro ?
Est-ce que je n'ai pas juste envie de me reposer, de faire autre chose ?
Je ne suis pas encore passé par des phases où je me disais vraiment j'arrête,
ça ne marche plus, mais plutôt par des phases où je me disais bon,
est-ce que ça vaut encore le coup que je mette autant d'heures sur Nitro ?
Est-ce que je ne passerai pas un mode un peu plus cool ?
Ou je fais juste quelques heures par semaine,
même quelques heures toutes les deux semaines par ci par là ?
Ok, donc ça c'est un point vachement important.
Ce qui est intéressant là-dedans, c'est que le fait d'avoir ton employeur,
ok, c'est une contrainte, mais comme ça t'amène une certaine sécurité,
la semaine où tu n'as pas l'anian, où tu en as marre,
ou tu t'autorises à te dire, bon voilà,
mais attends puis cette semaine je ne ferai pas et je reprendrai semaine prochaine.
Il y a des semaines où j'ai déjà dit à mes associés,
« Léguia, cette semaine je suis mort, je ne ferai rien,
je ne coderai pas sur Nitro cette semaine, je suis dispo,
s'il y a des bugs, il y a des gros problèmes,
mais on ne se met pas d'objectifs pour notre prochain week-limiting
parce que cette semaine je suis complètement off.
Souvent c'était en sortant de phases où on avait un gros rush,
par exemple on venait de ReZee, de nouvelles features,
et puis on venait de faire tout le QA de l'envoyer en prod,
donc ça veut dire que je sortais dans 3 semaines
où j'avais codé tous les soirs pendant 4-5 heures,
plus les week-ends, des fois je faisais des week-ends
où je codais peut-être 10 heures le samedi, 10 heures le dimanche.
Ça m'arrivait de me prendre des semaines vraiment off.
Mais je t'avouerais que je suis vraiment ultra convaincu,
alors c'est peut-être une erreur, mais je suis ultra convaincu
qu'il y a quelque chose à faire avec Nitro,
et puis qu'on a une super belle opportunité de créer l'application
et l'entreprise dont on rêve, parce que aussi derrière l'entreprise,
il n'y a pas juste l'application, avec mes associés,
on est aussi alignés sur une vision de l'entreprise,
qu'on aimerait pouvoir créer après en embauchant des personnes.
On est quand même assez convaincu par tout ce qui est entreprise libérée,
avec des équipes très autonomes, des modèles d'entreprise
où tu n'as pas forcément des managers,
où les équipes vivent un peu comme des startups et se autogèrent,
et puis c'est un peu une vision des entreprises
qui est fort reliée avec le principe des rétrospectives,
qui est une activité que tu fais en équipe sans personne d'autre
pour t'améliorer, pour prendre en main tout à même
l'amélioration de ton équipe et le développement de ton équipe.
On a quand même une vision assez rapprochée
de la philosophie des rétrospectives au niveau de l'entreprise en général.
C'est aussi quelque chose qui nous motive,
on a vraiment envie de construire en entreprise,
pas juste un produit, on a vraiment envie d'essayer ça.
Comme je disais, je ne sais pas jamais par des phases où j'ai envie d'arrêter,
je passe par des phases où c'est plus dur, où j'ai moins envie de mettre de temps.
Et puis on passe aussi par des phases où il y a des semaines où on ne fait pas de ventes,
il y a des semaines où les visites sur le website, c'est pourri,
il ne se passe rien du tout.
Et puis quand on passe par des semaines comme ça, forcément la motivation,
en fait on doute encore une fois, on se dit,
est-ce que toute la hype que j'ai déjà eu avant,
en voyant des semaines où on faisait plein de ventes,
où on avait plein de visites, est-ce que ce n'était pas juste une illusion,
est-ce que la réalité de mon produit, c'est que en fait,
c'est une courbe qui baisse ou des choses comme ça.
Et puis dans ces moments-là, en fait, c'est marrant parce que je repense souvent
à un graphique dont un ami m'avait parlé,
qui représente la vie d'une entreprise, du début jusqu'à peu importe à quel moment.
Et puis en fait, c'est une courbe en dans de ci qui monte progressivement.
Et puis l'espèce de message un petit peu philosophique qui allait avec cette courbe-là,
c'est qu'il faut profiter un maximum des moments où t'es en haut d'une dent,
donc des moments où t'es vraiment dans un gros high de soit de popularité, soit de vente,
en gros des moments où ça va vraiment bien.
Et il faut essayer de limiter au maximum l'impact des moments où t'es en bas,
donc avant de remonter.
Et puis à chaque fois que je suis dans un moment où j'ai peut-être moins de motivation,
où je doute plus, j'essaie de penser à ça en me disant,
en ce moment, peut-être on a fait deux semaines où ça allait pas,
on n'a pas fait beaucoup de ventes,
ou alors on a aussi vécu des difficultés dans le passé,
on était quatre au début, maintenant on est trois,
il y a deux personnes qui sont partis avec lesquelles on a dû avoir des conversations difficiles,
parce que leur implication dans Nitro ça allait plus trop, etc.
Donc ça c'était des moments de bas aussi.
Et puis dans tous ces moments-là, j'essaie de garder en tête qu'on a une vision,
on a un projet, on est dans des moments pas cool en ce moment,
mais c'est sûr qu'en continuant de travailler et de s'investir,
ça va remonter et puis qu'on va réussir à se rendre où on veut.
Donc je pense qu'il faut vraiment avoir une motivation profonde
et puis une sorte de confiance en toi-même et en ton équipe,
comme quoi toi et tes associés vous êtes capables d'aller très loin.
Et puis aussi une sorte de discipline, je pense de dire,
voilà ton objectif professionnel, c'est ça, et puis accroche-toi.
Mais c'est ça.
Écoute Benjamin, on a fumé la Timebox sur la question de la vie.
Comment tu gères ta vie ?
Non, mais c'est moi qui suis désolé, je suis censé gérer ça.
Tu sais quoi, on va garder la question de la comment tu gères ta vie perso,
l'équilibre vie perso pro pour un autre épisode si tu es ok, ça te va ?
Comme ça enfin, un super teasing d'enfer à toi chère auditeur.
Suis avec attention le prochain épisode avec Benjamin Cottrell,
parce qu'on va parler de cette question.
Écoute Benjamin, merci.
Si les auditeurs veulent en savoir plus, ils peuvent te suivre ou venir découvrir ton outil où ?
Alors pour l'outil c'est nitro.io donc nea.to.io
et puis vous pouvez le laisser gratuitement.
Et puis si vous voulez me suivre sur des réseaux,
vous pouvez me trouver sur LinkedIn, Benjamin Cottrell.
Écoute c'était vraiment top, merci pour ce partage d'expérience.
Merci à toi.
Qu'en t'as-toi cher auditeur, j'espère que cet épisode aura été riche,
que ça t'auras inspiré, donné envie peut-être de toi aussi,
de passer à l'action.
Je sais que Antonie a arrêté son podcast sur les matures d'oeuvre
et du coup j'essaie un petit peu de continuer ça aussi,
ce travail là d'aller chercher d'autres expériences
pour montrer que c'est possible, qu'on a plein de potentiel en tant que développeur
et si tu as envie d'en savoir plus sur Artisan Developers,
si tu as envie de rejoindre la communauté et de rester informé,
je t'invite à rejoindre la newsletter sur artisandeveloper.fr.
Je te remercie et je te dis à bientôt.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org